Hello tous le monde !
Voici le nouveau chapitre de la semaine :)
Je vous souhaite une bonne lecture, et on se retrouve en bas.
Enjoy !
Réponses aux reviews anonymes :
Lu Dona : Je suis ravie d'avoir pu faire une heureuse et j'espère que la suite te plaira autant. Aussi, je te remercie, je vais beaucoup mieux ! J'attends de lire ta réaction suite à ce chapitre :)
Le lendemain matin, Dorea se réveilla, reposée et repue, pour la première fois depuis longtemps.
Après être retournés à Poudlard, ses quatre amis l'avaient emmenée – de force – dans les cuisines et elle avait dévoré goulûment tout ce qui lui était passé sous le nez.
Elle se redressa sur son lit et vit que ses camarades dormaient encore. Alors elle prit conscience, que cette nuit, elle n'avait enduré ni cauchemars, ni rêves en tout genre, représentants son enfance avec son père. Habituellement, elle jetait un sortilège d'insonorisation autour de son lit et refermait les rideaux pour ne pas revivre la nuit qu'elle avait vécu après son retour d'Higclere. Cependant, cette nuit-même, elle avait dormi si paisiblement, qu'elle pourrait presque exploser de joie.
Elle se leva, empoigna ses affaires posées sur sa chaise et se dirigea dans la salle de bain. Quand elle aperçut son reflet dans le miroir, elle fut satisfaite de voir que son visage avait recouvré un peu de couleurs et que ses yeux semblaient moins ternes.
Dorea fit sa toilette rapidement, puis ressortit de la salle d'eau alors que Daphné se réveillait à son tour.
- Tu es déjà levée ? dit-elle dans un long bâillement.
Dorea acquiesça d'un signe de tête puis lui signifia qu'elle l'attendait dans la salle commune pour aller ensemble dans la Grande Salle.
Elle déserta la chambre et dévala les escaliers pour se retrouver dans une salle commune vide à cette heure-ci. Elle profita de s'installer dans un fauteuil près de la cheminée.
À cet instant, le mur glissa et laissa émerger Henry Montague qui rentrait de son jogging matinal. Ce dernier s'arrêta un instant sur le seuil puis se dirigea vers la jeune fille qui ne l'avait pas encore remarqué.
- Salut Artwood, fit-il en se postant devant elle.
Cette dernière leva la tête.
- Enfin, je ne sais pas si on t'appelle encore par ce nom ? dit-il avec hésitation en se dandinant sur place.
Dorea découvrit pour la première fois un Henry Montague embarrassé.
- C'est mon nom de famille, affirma Dorea.
- Bien, parce que… Je souhaitais m'excuser pour tout ce qu'il s'est passé depuis le match, en novembre. Je… Je crois que le professeur Rogue t'a fait une proposition à Noël que tu as refusé ... Et je comprends, s'empressa-t-il d'ajouter. Je ne te l'ai pas redemandé parce que j'imagine que tu as d'autres soucis en tête, mais… est-ce que tu souhaiterais faire à nouveau partie de l'équipe et récupérer ton poste ? Il y a un match dans deux semaines contre les serdaigles.
Henry reprit son souffle, guettant la réponse de la rousse. Cette dernière réfléchit un instant, puis pensa à l'Éclair de Feu que son père lui avait offert et qui prenait la poussière en haut, sous son lit.
- Ce serait avec plaisir Henry, répondit la jeune fille.
- Ho super ! s'exclama-t-il soulagé. Je vais m'arranger avec le professeur Ombrage. Je t'attends mardi sur le terrain d'entraînement.
Dorea approuva silencieusement, puis Henry chemina vers la montée menant aux dortoirs des garçons.
- Et Artwood ? dit-il en se retournant vers elle.
- Oui ?
- Je suis sincèrement désolé pour ce qu'il s'est passé, dit Henry sur un ton d'excuse.
- Moi aussi Henry, murmura Dorea, avec un mince sourire.
Henry emprunta l'escalier et disparut au tournant.
Daphné descendit quelques secondes plus tard et aperçut la mine pensive de Dorea.
- Tout va bien ? s'enquit la blonde.
Dorea releva le chef vers son amie et arbora un sourire tendre.
- Henry vient de me réembaucher dans l'équipe pour le match dans deux semaines.
- Ho, mais c'est super ! s'exclama Daphné.
- Qu'est-ce qui est super ? demanda Blaise en arrivant dans la salle commune, talonné par Théo et Drago.
- Henry a réintégré Dorea dans l'équipe, annonça la jeune Greengrass avec engouement.
- Génial ! s'exclamèrent Blaise et Théo en chœur.
- Je propose que l'on aille déjeuner et qu'après on fête ça en allant jouer sur le terrain, proposa Blaise.
Les autres acquiescèrent, et Dorea se hissa du fauteuil pour cheminer à leur suite à travers le passage de la salle commune. C'est seulement lorsqu'elle passa près de Drago, qu'elle souligna son regard sombre et animé, posé sur elle. Elle se mit soudainement à rougir, pressentant le malaise la gagner.
Dorea se mordit la lèvre en abaissant ses prunelles et alors qu'ils empruntaient le long corridor conduisant aux escaliers de marbre, elle perçut les orbes orageuses du garçon, s'assombrirent de plus belle.
Les serpentards s'installèrent au centre de la table et quelques élèves leur jetèrent des coups d'œil alarmés.
Dorea prit une assiette d'œufs au bacon et vit Théo et Drago, assit en face d'elle, lever leur regard par-dessus son épaule.
- Je crois qu'il va falloir que tu t'expliques avec ton frère, marmonna Théo.
La jeune fille pivota sur son banc et aperçut Harry gouverner vers eux. La verte et argent se dressa alors rapidement et s'empressa d'aller à sa rencontre, entre la table des serpentards et des serdaigles, puis l'empoigna par le bras et le mena à l'extérieur de la Grande Salle.
Elle se doutait qu'elle allait devoir une explication à Harry en s'affichant publiquement avec ses amis, mais elle n'avait pas réellement réfléchi à ce qu'elle allait lui dire. Elle espérait seulement qu'il comprendrait. Et puis sa colère, contre son frère, était retombée depuis longtemps à présent et la dernière chose qu'elle souhaitait, c'était de batailler avec une personne de plus, qui plus est Harry.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le Hall d'Entrée, Dorea se retourna vers Harry.
- Est-ce que tout va bien ? demanda le brun perplexe. Je sais que … tu es en colère contre moi, mais je m'inquiète et …
- Je ne suis pas en colère contre toi, répondit Dorea de but en blanc. Enfin ... je ne le suis plus, ajoute-t-elle plus doucement.
Harry entrouvrit la bouche, puis ferma les yeux utilisant une grande inspiration, l'air soulagé.
- En revanche, j'espère que tu comprendras que les personnes que je fréquente sont mes amis, et que ça ne changera pas, poursuivit Dorea d'un ton sans réplique.
Le gryffondor rouvrit ses globules vertes et considéra un instant sa sœur.
- Tu … tu ne crois pas qu'ils profitent de ta ... faiblesse ? questionna-t-il. Surtout en ce moment ...
- Tu ne le sais peut-être pas, mais ils m'ont soutenu malgré tout.
- Après tout ce qu'ils t'ont fait ?! s'étonna le jeune Potter.
- Si on y réfléchit bien, Daphné, Théo ou Blaise ne m'ont rien fait. Ils m'ont juste ignoré pendant une partie de l'année. Mais je les comprends. Je me serais également sentie trahi à leur place.
- Nott est le fils d'un mangemort, Dott', répliqua Harry plus durement. Et ne parlons pas de Malefoy.
- Je sais, répondit Dorea. C'est même Henry Nott qui a assassiné mon père, dit-elle dans un murmure.
- Quoi ?! s'exclama Harry. Mais alors qu'est-ce que tu fiches avec Théo Nott ?!
- Harry, c'est son père, pas lui, rétorqua sèchement Dorea. Ça ne t'est jamais venu à l'idée que Théodore Nott, tout comme Malefoy pouvaient être des victimes collatérales.
Harry arqua un sourcil, dubitatif.
- Enfin, Malefoy, une victime… c'est un peu poussé, je l'avoue, se ressaisis Dorea avec un mince sourire rêveur – Harry haussa un peu plus ses sourcils, disparaissant sous ses mèches brunes – mais je peux t'assurer qu'ils ne l'ont pas choisi. Théo m'a révélé des choses pas du tout glorieuses à propos de son enfance et je le crois.
- Et Malefoy ?
- Eh bien quoi Malefoy ? interrogea Dorea un peu trop sur la défensive.
- Le fait que tu me poses la question, Dorea, me prouve qu'il se passe quelque chose entre vous, dit Harry en se renfrognant et en croisant les bras sur son torse.
- Il ne se passe rien du tout.
Dorea se sentit empourprer à nouveau, mais continua d'afficher une expression impassible.
- Je te rappel que tu es sortie avec lui au début de l'année.
- C'était une erreur.
- Ça, c'est ce que tu dis, pouffa Harry d'un air moqueur.
- Franchement Harry, en quoi je pourrais être séduite par Malefoy ? Il est vil, cruel, méchant et n'a aucun charisme ! s'exclama Dorea subitement énervée. C'est de l'histoire ancienne entre lui et moi. Nous ne sommes même pas amis. Mais il l'est avec Greengrass, Zabini et Nott. Alors je tolère et je supporte sa présence.
Harry soupira puis lança une œillade dans le dos de Dorea. Celle-ci se retourna et vit les quatre serpentards se tenir sur le seuil de la Grande Salle. Drago qui fixait Dorea, contracta sa mâchoire et serra ses poings sous le coup de la fureur.
La rousse obstrua ses prunelles et baissa la tête l'air mortifiée. Elle avait tout fichu en l'air avec le seul garçon qu'elle désirait, dans l'unique but de ne pas se disputer avec son frère. Elle en avait plus que marre d'avancer sur des œufs, que ce soit avec Harry ou Drago.
Ce dernier lui lança un regard assassin, puis quitta le Hall d'entrée d'un pas rageur pour se diriger vers les cachots.
La jeune fille reporta son attention vers son frère qui lui émit un sourire contrit, puis l'enlaça rapidement pour lui chuchoter à l'oreille :
- Fais attention à toi Dott'.
Le gryffondor se détacha, la contourna et repartit vers la Grande Salle alors que ses trois amis, qui se tenaient en retrait jusque-là, s'avancèrent vers elle. Un léger moment de flottement régna entre les verts et argent, puis Blaise frappa dans ses mains.
- Et si on allait récupérer ton Éclair de Feu et faire une partie de Quidditch, je peux demander à quelques membres de l'équipe de se joindre à nous.
Dorea acquiesça du chef et une heure plus tard, elle se retrouvait sur le terrain, le cœur battant. La dernière fois qu'elle s'était trouvée là, elle avait entièrement dévasté le stade. Ce dernier avait été aussitôt reconstruit, mais d'après les dires de Blaise, ils n'avaient pas pu jouer durant deux semaines. Une pointe imperceptible de culpabilité avait pris place au creux de son estomac déjà noué depuis que Malefoy avait intercepté sa conversation avec Harry.
Elle tâchait de ne pas y penser, mais se sentait quelque peu peinée pour le garçon, ainsi que pour sa relation future avec lui. Il allait lui porter sans aucun doute une rancune manifeste. Elle en certaine.
Comme si le deuil qu'elle endurait à chaque minute de la journée ne suffisait pas, il fallait qu'en plus, elle se mette des bâtons dans les roues avec Drago.
Colin et Henry les avaient rejoints et après avoir chacun fait un tour de terrain sur l'Éclair de Feu de Dorea, les quatre coéquipiers disputèrent une partie, la jeune fille se dévouant à jouer au poste d'attrapeur, puisque Drago n'avait pas daigné quitter le dortoir sous prétexte d'un trop-plein de devoirs en retards. Ce qui était un mensonge éhonté, puisque Drago Malefoy n'avait jamais de devoirs en retards.
Dorea savait très bien que le jeune homme n'avait aucune envie de la voir.
Alors que la serpentard survolait une fois de plus le stade à la recherche du vif d'or, elle aperçut Théo et Daphné discutaient vivement dans les gradins.
Dorea décida de laisser un instant la partie de côté, pour rejoindre ses deux comparses. Elle atterrit près d'eux et prit place à côté de Daphné. Les deux jeunes gens cessèrent de bavarder et un silence gênant s'installa.
Au bout de quelques minutes, alors qu'elle roulait entre ses doigts le manche à balai qui était en équilibre sur sa croupe, Dorea se lança :
- J'ai merdé, n'est-ce pas ? murmura la rousse.
Daphné et Théo braquèrent leur regard vers la jeune fille.
- Ça lui passera Dott', répondit Daphné d'un ton qui se voulait rassurant.
- Drago n'est pas bête, il sait très bien pourquoi tu as fait ça, ajouta Théo.
- Alors pourquoi je me sens aussi mal ? demanda Dorea en observant Blaise lancer un but dans l'un des anneaux d'or.
- Parce que tu tiens à lui, et qu'il tient à toi, et que vous avez tous les deux envies d'être ensemble, déclara Daphné comme si c'était une évidence.
Dorea jaugea son amie quelque peu surprise.
- Oh, je t'en prie Dott'! s'exaspéra la blonde en levant les yeux au ciel. C'est vrai que pour toi, c'est compliquer en ce moment, mais il n'y a qu'à voir comment tu le regarde et comment il te dévore des yeux. On dirait qu'il a envie de te bouffer toute crue.
Les bajoues de la rousse adoptèrent une teinte vermeille, se sentant subitement, mal à l'aise.
- Tu n'as qu'un mot à dire et il est à tes pieds, ajouta Théo en ricanant.
- Je… Je ne suis pas la première fille qu'il regarde comme ça, rétorqua Dorea. Il y en a eu pleins d'autres avant moi et puis… et puis je n'ai pas vraiment l'impression qu'il m'observe de cette façon, en fait qu'il m'observe tout court.
Daphné grogna et jura dans sa cape en claquant ses mains sur ses cuisses puis s'orienta vers Dorea, l'air déterminée et plus qu'agacée.
- Bon Dott', c'est peut-être loin d'être le moment de penser à ça, mais il va falloir que tu ouvres les yeux une bonne fois pour toute et que tu arrêtes de te trouver des excuses ! s'exclama-t-elle le ton irascible. Premièrement, après le match de Quidditch, il n'est sorti qu'avec Parkinson, que pour te rendre jalouse. Chaque fois que tu étais dans la même pièce que lui, il embrassait exprès ce greluchon et chaque fois que tu la quittais, il la repoussait systématiquement. Quand tu es tombé dans le coma, je peux t'assurer qu'il est devenu fou. Je ne l'ai jamais vu dans cet état – Théo approuva d'un signe de tête. Il a même frappé sans aucunes raisons ton frère devant l'infirmerie et menacé de le tuer si tu n'y survivais pas. Par la suite, quand tu t'es réveillé, il n'attendait qu'une chose, c'était de pouvoir à nouveau te parler. Et maintenant, après que vous vous soyez embrassés hier – et ne fais pas cette tête-là, on est très bien au courant – tu le repousses sous prétexte que tu n'es pas prête ou que tu ne veuilles pas vexer Potter.
Daphné, qui avait débité sa diatribe d'un seul souffle, prit une grande inspiration pour aspirer à nouveau. Dorea demeurait sans voix, ne sachant quoi dire ou quoi faire.
- Mais mon frère…
- Laisse ton frère là où il est et vie ta vie Dorea ! trancha sèchement Daphné. Vous avez réussi à nous berner durant un mois entier, alors ça ne devrait pas être difficile à recommencer.
- Il t'a dit tout ça ? s'étonna Dorea.
- Non. Mais c'est mon meilleur ami et je le connais comme si je l'avais fait. Il est aussi handicapé sentimentalement que toi, et jamais il n'ouvrira son cœur au point de déclarer ses sentiments. C'est de Drago Malefoy dont on parle, pas de Cupidon. Il est moqueur, pénible à souhait, même parfois méchant quand il se sent blessé ou en danger. Il n'a rien pour lui, soupira Daphné. Néanmoins, depuis qu'il te connaît, il a énormément changé. Jamais, avant, il aurait déploré ses bêtises au point de vouloir faire machine arrière pour une fille, jamais il n'aurait tourné en rond comme un lion en cage au point d'arrêter de vivre pour une fille. Jamais. Alors réfléchis bien, avant de le repousser définitivement, parce que tu pourrais amèrement le regretter. Je conçois qu'il ne t'amènera que des problèmes et pareil pour lui, en vous fréquentant…
- Ouaip, intervint Théo, vous êtes dans une sacrée merde tous les deux.
- Cependant, tu ne voudrais pas tenter l'expérience ? interrogea Daphné. Il n'y a qu'à vous regarder, ricana la blonde en levant les bras au ciel. Je suis certaine qu'on vous laisse deux minutes dans une chambre, seuls, avec les hormones en délires et il te prend sur-le-champ dans toutes les positions qui peuvent exister. Et je peux t'assurer que Drago, au lit, c'est une véritable bête.
Théo éclata de rire tandis que Dorea qui rougissait déjà, prit une teinte pivoine jusqu'aux oreilles, essayant de fuir les regards amusés de ses amis.
- Daph' à raison, concéda Théo en pouffant. Drago te déshabille du regard chaque f…
- Ça va, ça va, j'ai compris ! s'empressa d'interrompre Dorea qui avait à présent la gorge sèche, une image lubrique s'insinuant dans son esprit.
Les deux amis rirent alors que l'adolescente se frottait la nuque, plus embarrassée qu'autre chose et ne sachant pas où se mettre.
- Ne soit pas gênée Dott', dit Daphné en haussant les épaules. On possède une vie sexuelle très active ici, il n'y a aucun tabou entre nous.
Dorea entreprit de se lever, mais Daphné la retint par le bras reprenant son sérieux.
- Dott', dit-elle plus gravement, arrête de penser à ce qu'il va advenir de nous tous dans quelques mois ou quelques années. Profite. C'est simplement ce que je cherche à te faire comprendre. Pro-fi-te, articula-t-elle. Tu as vécu des choses très choquante ces derniers mois, mais je crois que tes parents, que ce soit ton père ou les Potter, tous autant qu'ils soient, auraient aimés que tu vives une vie d'adolescente normale. N'ai-je pas raison ?
La jeune fille considéra Daphné, puis sourit timidement et se leva enfin, pour enfourcher son balai et rejoindre la partie.
- Tu crois qu'elle va céder ? lui demanda Théo.
- Je crois surtout que comme tu l'as dit, ils sont dans une sacrée merde tous les deux.
Le mardi matin, Henry vint la voir à la table des serpentards, lui annonçant une excellente nouvelle.
- Tu vas pouvoir venir t'entraîner ce soir, dit-il joyeusement en lui tapant amicalement sur l'épaule. Ombrage m'a accordé l'autorisation de te réembaucher dans l'équipe. J'ai un peu bataillé, mais j'ai réussi. Alors on se dit à ce soir !
Dorea approuva et Henry repartit dans l'autre sens. Lorsque Dorea pivota sur son banc pour revenir à son déjeuner, elle vit Drago empoigner sa fourchette et l'observer avec une expression furieuse. La jeune fille se demandait pourquoi il arborait continuellement cet air colérique depuis le dimanche précédent ? Éventuellement devait-elle faire ses excuses ? Toutefois Dorea n'osait pas se lancer. Et si Drago la repoussait, ayant soudainement changé d'avis ?
Plusieurs jours passèrent, durant lesquels ni Dorea, ni Drago ne s'adressèrent la parole. Ni l'un ni l'autre ne souhaitait amorcer le premier pas. Et ce, au plus grand désespoir de leurs amis. Dorea avait peur de la réaction de Drago et ce dernier estimait amplement avoir démontré son affection à la rousse. Daphné ne cessait de lui conseillait de prendre son mal en patience, pourtant le blond commençait à s'impatienter.
- Laisse-lui du temps, tu ne crois pas qu'elle ait assez été éprouvée comme ça ? indiquait Daphné.
- Ouai, mec, interféra Blaise, il ne faut pas la brusquer, sinon elle risque de se braquer encore plus.
- J'essaye, s'agaçait Drago. Mais sincèrement, je ne sais pas comment réagir. Et puis ce qu'elle a dit à Potter…
- Tu sais très bien qu'elle a dit ça, pour ne pas se disputer avec lui, soupira Théo. Elle se sent déchirée et en plus de cela Potter représente sa seule famille à présent, alors c'est normal qu'elle ne veuille pas se le mettre à dos. Essaie de la comprendre.
- Oui, eh bien moi, j'aimerais que l'on me comprenne autant, s'exacerba le blond.
- Chut ! Elle approche, chuchota Daphné, en apercevant Dorea se diriger vers eux.
La jeune fille restait sinistre et atterrée et avait bien d'autres pensées en tête que sa relation à dent de scie avec Malefoy. Alors plus les jours passaient, plus elle faisait marche arrière devant l'insistance du jeune homme.
Néanmoins quand le blond la contemplait de ce regard ardent, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à sa discussion avec Daphné et Théo, et des images, toutes plus licencieuses les unes que les autres défilaient dans son esprit. Elle en voulait presque à ses amis d'avoir abordé un tel sujet avec elle.
Le vendredi suivant, alors que les devoirs s'amoncelaient de plus en plus, les cinq amis avaient décidés de se rendre à la bibliothèque.
Drago, qui était installé non loin de Dorea dans la diagonale face à elle, desserra sa cravate, la chaleur du printemps s'immiscent dans le château, puis défit les deux premiers boutons de sa chemise, pour pouvoir respirer et se mettre à l'aise.
La jeune fille fixa le jeune homme, et caressant sa plume sur ses lèvres inclina la tête, ne cessant de scruter l'objet de convoitise. Elle avait pris conscience, qu'à présent, à cause de la perversité d'esprit des serpentards, elle abordait sa relation avec Drago sous d'autres angles.
Daphné et Théo interceptèrent le regard de la rousse et réprimèrent à peine un ricanement. Le blond leva la tête vers les deux comparses, pour voir ce qu'ils les faisaient rire comme deux idiots quand il aperçut Dorea, le fixer d'une drôle de façon. Cette dernière s'empourpra aussitôt et retourna d'un mouvement vif à sa rédaction.
Le soir même, la jeune Artwood s'affala sur son lit et frotta ses yeux et son visage pour mettre de l'ordre dans ses idées, lorsqu'elle sentit quelque chose chauffer dans la poche de sa cape.
Elle en sortit une pièce de monnaie semblable à un galion. Seulement, à la place du chiffre, était inscrite une date indiquant le jour même.
Elle en avait pour ainsi dire oublié l'A.D. Elle était consciente qu'elle avait déjà manqué deux réunions, mais étant dans un état léthargique et ayant aucune envie d'être en présence de son frère, elle les avait délibérément séchées. Cependant, à présent qu'elle s'était réconciliée avec Harry, devait-elle y aller ? En avait-elle envie ? Peut-être bien.
Daphné surgit soudainement dans la chambre.
- Dott' ! s'exclama-t-elle. Tu descends, les septièmes années ont préparés une petite fête.
- En quel honneur ? dit Dorea en fronçant les sourcils.
- Il n'y a pas réellement de raison pour faire la fête ! déclara Daphné en haussant les épaules.
Dorea examina la pièce qu'elle tenait entre ses mains, puis elle sentie son cœur s'étioler, le visage de son père flottant subitement dans son esprit.
Daphné perçut un voile de tristesse s'abattre sur les prunelles émeraudes de la rousse, comme elle le distinguait de temps à autre, et sut qu'il était temps de laisser l'adolescente à sa peine.
- Heu… Si tu veux nous rejoindre, on est en bas, dit-elle d'une voix douce.
Dorea cligna des yeux, tâchant de ne pas pleurer devant son amie qui déserta le dortoir après lui avoir lancé un dernier regard navré.
Le samedi matin, Dorea se retrouvait sur le terrain de Quidditch, écoutant attentivement les instructions et les conseils stratégique de son capitaine.
Elle glissa subrepticement un regard vers la droite et distingua nettement le blond la dévisager sans ambages.
- Bien, dit Henry en frappant dans ses mains. Par conséquent nous devons toujours passer le souafle à Dorea et Blaise, tu te mets en position de défenseur avec moi pour qu'elle puisse survoler le terrain sans trop de soucis. C'est entendu ?
Dorea revint brusquement sur terre, trop happée par les orbes métalliques du jeune Malefoy.
L'entraînement se passa plutôt tranquillement et deux heures plus tard, tous se retrouvèrent dans le vestiaire, posant leur balai dans leur casier.
Un à un, les équipiers quittèrent le vestiaire, et ne restant plus que Dorea, cette dernière qui traînassait un peu, alla refermer la porte de son casier quand elle sortit une présence dans son dos.
La jeune fille se retourna et vit Drago, la toiser de sa hauteur. Il s'approcha d'elle, tandis qu'elle cessait de respirer, puis se pencha et posa son balai dans son casier, à côté de celui de la rousse.
Il était tellement près, que la jeune fille pouvait humer son parfum musqué.
Drago se recula, arborant un sourire carnassier, puis tout aussi silencieusement, il se dirigea vers la porte qu'il ouvrit, et avant de partir, il lui jeta un coup d'œil narquois et referma la porte.
Dorea, qui avait soudainement chaud, saisit qu'il l'avait fait exprès et plissa les yeux, brusquement furibonde contre lui. À quoi jouait-il ?
La jeune Artwood remua la tête pour remettre de l'ordre dans ses idées tâchant de ne pas trop y porter attention puis quitta à son tour les vestiaires.
La semaine défila à une allure si phénoménale, que Dorea n'eut même pas le temps de se poser deux secondes pour souffler. Les professeurs leur donnaient de plus en plus de devoirs et les B.U.S.E. approchants à grands pas, l'entière totalité des cinquièmes années étaient pris par leur travail.
Le samedi suivant, le jour du match, ils se trouvèrent tous dans les vestiaires, écoutant les dernières recommandations du capitaine. Puis ils le quittèrent conjointement la pièce, se joignant aux serdaigles sur le terrain de Quidditch.
Madame Bibine, arriva munit d'un sifflet et du coffret qui renfermait le souafle, les deux cognards et le vif d'or.
- Les capitaines, vous vous serrez la main ! s'exclama l'arbitre.
Henry s'avança au centre du cercle que formaient les joueurs et tendit la main pour empoigner celle de Bradley Chambers. Dorea nota qu'il y avait plus de cordialité dans ce geste qu'il n'en avait eu avec Angelina Johnson.
Le dernier match revint en tête de Dorea, mais cette dernière, souhaitant se concentrer, fit fi des souvenirs et également des cris et acclamations survenant des gradins. Elle se mit dans sa bulle, le bonheur de pouvoir à nouveau jouer au Quidditch, la prenant.
- Enfourchez vos balais ! se récria le professeur Bibine.
Les joueurs s'exécutèrent et Dorea lança un coup d'œil anxieux vers les gradins de Gryffondor cherchant le visage rassurant d'Harry. Elle se rendit compte, que ces dernières semaines, elle lui avait à peine parlé, trop accaparée par sa nouvelle amitié avec les serpentards. Peut-être devrait-elle lui accorder un peu plus de temps ? C'était son frère et sa seule famille à présent.
Dorea déglutit avec pénibilité. Elle devait absolument se concentrer et ne pas penser à des choses qui pouvaient parasiter son cerveau.
Madame Bibine tapa d'un coup de pied le coffre où les cognards s'en échappèrent, ainsi que le vif d'or, puis prit le souafle entre ses mains, porta le sifflet à ses lèvres et souffla dedans.
Trente minutes plus tard, les serpentards se retrouvaient sur le banc des vestiaires, l'air complètement abattus.
Personne ne disait mot, pas même Henry. Le match avait été un désastre et bien sûr, ils avaient perdu. La saison était finie pour eux.
Henry déserta les lieux, claquant sèchement la porte, puis fut suivit par Colin, Goyle, Crabbe et Blaise qui lança un dernier coup d'œil à Drago et Dorea, qui étaient assis non loin, tous deux la tête baissée.
Au bout de dix longues minutes d'un silence interminable, Drago, l'expression aigre, se leva inopinément.
- Franchement Artwood, t'a déconné grave ! dit-il brusquement.
Dorea redressa vivement le chef et entrouvrit la bouche, offusquée.
- Moi, j'ai déconné ?! demanda Dorea en s'énervant. Mais enfin Malefoy, je n'ai pas arrêté de marquer des buts. Ce n'est pas moi qui suis incapable d'attraper un vif d'or.
- Et ce n'est pas moi qui suis incapable d'éviter un cognard.
- Je n'ai fait que tomber ! dit Dorea en se hissant du banc à son tour, haussant le ton de sa voix. Et je me suis relevé aussitôt ! Toi, tu t'es fait battre par cette idiote de Chang, ce qui est d'autant plus humiliant !
- Humiliant ! HUMILIANT ?! répéta Drago en criant tout en se postant face à sa camarade. T'es qu'une foutue Artwood ! Parce que tu crois que ce n'est pas humiliant de tomber de son balai !
- LE COGNARD M'AVAIT EFFLEURÉ L'ÉPAULE, J'AI SURSAUTÉ ! hurla Dorea en serrant ses poings
- T'AS SURSAUTÉ ?! C'EST L'ERREUR D'UNE DÉBUTANTE, ÇA ! Tu sais quoi, tu as peur de ton ombre ! Et tu veux mon avis, t'es vraiment qu'une peureuse.
- JE NE SUIS PAS UNE PEUREUSE ! rétorqua Dorea.
- AH OUAI !?
- OUAI ! ET TU SAIS QUOI MALEFOY, TOI CE N'EST PAS MIEUX : T'ES QU'UN SALE GOSSE GATÉ POURRI QUI VEUT TOUJOURS TOUT CONTRÔLER ! dit Dorea en faisant un pas vers le jeune homme.
- MOI TOUT CONTRÔLER ? C'EST TOI LA MANIAQUE DU CONTRÔLE À JOUER LES PRUDES ! dit Drago en s'approchant à son tour de Dorea.
- JE NE SUIS PAS PRUDE ! tonna Dorea en s'avançant vers le blond. TOI T'ES MÊME PAS CAPABLE DE TE DÉRIDER UN TANT SOIT PEU. T'ES AUSSI FIER QU'UN PAON ALBINOS !
- TU VEUX QUE JE ME DÉRIDE ?! dit Drago à présent nez à nez avec Dorea. C'EST ÇA QUE TU VEUX ?
- BAH VAS-Y ! QU'EST-CE QUE TU ATTENDS ?
Drago attrapa la nuque de la jeune fille puis écrasa brutalement ses lèvres contre les siennes. Il la fit reculer contre le mur, la plaquant avec force contre son corps qui s'emboîtait si bien avec le sien. Dorea gémit de douleur, sa tête butant contre la pierre froide puis elle sentit la langue de Drago quémandant sa bouche qu'elle ne tarda pas à ouvrir, approfondissant le baiser.
La rousse mordit la lèvre inférieure du jeune homme et ce dernier grogna, commençant à se sentir exalté par ce geste fougueux.
Ne cessant de l'embrasser ardemment, Drago empoigna brusquement les fesses de la jeune fille – qui glapit dans un souffle – puis la souleva et elle entoura instinctivement ses jambes autour du bassin du garçon, s'accrochant à lui et collant son bassin contre le sien. C'est à cet instant qu'elle sentit quelque chose de dur contre son bas-ventre et stoppa net le baiser dans un bruit de succion.
Elle dévisagea Drago, quelque peu paniquée et baissa le regard vers l'excitation non moins ostensible par la bosse déformant son pantalon.
La conversation avec Daphné, ainsi que les images qui avaient circulées dans sa tête revinrent dans son esprit tel un boomerang. C'était la première fois qu'elle se retrouvait dans une telle situation avec lui.
Drago, pressentant le trouble de Dorea la reposa, puis se recula pour se détourner d'elle, passant nerveusement une main dans ses cheveux.
L'adolescente comprit qu'il avait envie d'elle dans tous les sens du terme et qu'il ne servait à rien de céder du terrain ou de se trouver de multiples excuses, car il en était de même pour elle. Rien qu'à percevoir cette chaleur se diffuser en elle, la fébrilité dans laquelle elle se trouvait en ce moment même, ne faisait que confirmer sa volonté de se tenir dans les bras de Drago. Elle éprouvait des sentiments pour lui, elle ne devait plus en avoir peur. C'était une grande fille à présent et elle devait les assumer. Du moins en privée, avec lui et seulement lui. Par la suite, advienne que pourra.
- Je veux être avec toi Drago, murmura alors Dorea.
Le serpentard fit volte-face et écarquilla les yeux de surprise, puis Dorea continua sur sa lancée.
- Tu m'as demandé un jour, si je tenais à toi ? Et à l'époque, je n'étais pas certaine de ce que je ressentais. Mais à présent, si. Et la réponse est : que je tiens à toi. Je… Je ne sais pas si c'est des sentiments amoureux ou simplement le goût de l'interdit ou même un caprice passager, mais là, j'ai envie d'être avec toi. C'est de ça dont je suis sûre.
Drago observa fixement l'adolescente, restant muet et ne sachant que dire. Ainsi, Dorea, elle, devant le silence du jeune homme, fronça des sourcils et ressentit alors un grand mal être naître en elle. S'était-elle trompée sur ses intentions ?
- Je… Je te laisse réfléchir, dit-elle l'air contrit en se retournant vers la porte.
Drago agrippa son bras et la retourna, la collant à nouveau à lui, la surplombant de quelques centimètres.
- Tu en auras mis du temps, soupira-t-il.
Dorea, fut soudainement soulagée et sourit tendrement à l'instar de son nouveau petit-ami. Drago Malefoy n'était plus un ami, un flirt, un simple camarade ou un ennemi, c'était son petit-ami.
- Tu peux parler, toi t'es un vrai handicapé sentimental, dit Dorea avec une œillade provocatrice.
- Handicapée sentimentale toi-même.
Drago se pencha vers Dorea pour à nouveau l'embrasser, mais elle l'arrêta d'une main sur le torse.
- Je … je veux que l'on reste discret à… à propos de nous.
Drago arqua un sourcil, le regard subitement facétieux.
- Dommage, moi qui attendais avec tant d'impatience de pouvoir t'embrasser devant ton frangin en lui faisant un doigt d'honneur.
- Drago ! réprimanda Dora d'un ton ferme.
- Ok, ok, concéda ce dernier en levant les deux mains en signe de réédition. On peut au moins le dire à Théo, Daph' et Blaise, ils arrêteront de me faire chier et je te promets que pour le reste, on sera extrêmement discret, sourit-il avec équivoque.
- Ok pour ces trois emmerdeurs, approuva Dorea.
- Et maintenant je peux embrasser ma copine ?
Un grand sourire apparut sur le visage de Dorea et Drago se pencha vers elle pour goûter enfin, sans limites aux lèvres de cette rousse qui le rendait dingue.
Oui, je sais, ça fait du bien ! N'est-ce pas ? Il fallait quand même un peu de romantisme dans ce bas monde.
Je vous dis à la semaine prochaine !
Dame Roulia
