8 ANS PLUS TARD

Comme chaque soir Jay D'Agrabah rentrait chez lui beaucoup trop tard. Comme il l'avait toujours voulu il était devenu médecin en rééducation. Il avait quitté la Baie du Triton pour retourner à Auradon avec Carlos. Ils avaient ensemble acheté une maison victorienne dans le centre ville, qui était devenue récemment terriblement vide pour le jeune médecin. L'absence de Carlos était devenue comme un poignard dans son coeur depuis qu'il était partit i mois de cela. Il remit correctement sa sacoche sur son épaule par inconfort. Rentrer après une si longue journée de travail, et passer une énième soirée seul dans cette si grande maison où tout lui rappelait leur vie d'amour, allait être encore un enfer. Il ouvrit le petit portail en fer forgé du jardin avant, et constata que le Roi l'attendait assis sur le perron.

"Votre altesse ! Que me vaut l'honneur de votre visite ?" fit Jay d'une voix moqueuse. "Tu sais... c'est pas parce que Carlos est plus là que tu dois venir tous les soirs hein... Je gère très bien tout seul." dit il en l'aidant à se relever.

"Jay... c'est exactement parce que Carlos n'es plus là que je dois venir tous les soirs ! Je sais très bien ce que ça fait Jay, de se sentir seul, ça va faire bientôt 4 ans que Gil n'est plus là..." dit il avec un sourire triste.

"Mince Ben. Je suis désolé..." lança Jay en le prenant dans ses bras.

Il fallait dire que la mort de Gil avait été un déchirement incommensurable pour le Roi.

*FLASHBACK*

Cela faisait déjà 3 jours. 3 jours pleins et entiers qu'il était partit. Qu'il n'était plus à ses côtés. Que le monde portait la lourde absence de son sourire lumineux, de sa joie de vivre, de ses petites phrases niaises et innocentes. Cela aurait été mentir que de dire que Gil avait été cette personne solaire jusqu'à la fin de sa vie. Non, son état s'était dégradé à cause du SIDA, et il avait rapidement maigri. Lors des derniers mois de sa vie sa peau se nécrosait, il vomissait tout le temps et il avait même finit par perdre ses cheveux. Et pourtant Ben était resté jusqu'au bout, car il l'aimait. Car même si il n'avait plus que la peau sur les os et qu'il ne ressemblait plus, physiquement, au Gil dont il était tombé amoureux, il était toujours celui qu'il aimait, celui qui lui permettait de garder les pieds sur terre. Il lui avait surtout promis. Promis d'être là jusqu'au bout "peu importe si son bobo grandissait". 3 jours sans être à son chevet était étrange. Malgré ses fonctions royales, il avait toujours été à ses côtés, et là il se sentait seul au monde, dépossédé, démuni. Son regard se posa sur une photo d'eux deux en vacances à la Baie du Triton quelques années auparavant, posée sur son bureau. Il prit le cadre doré entre ses mains et sourit. Il caressa doucement le visage de l'homme qu'il avait aimé sur la photo. Ils avaient décidé d'aller rendre visite à Jay, Lonnie, et Carlos. Gil avait découvert la plage pour la première fois lors de ce séjour, et c'était clairement le souvenir préféré de Ben. Ils étaient si heureux.

Un léger tapotement sur la porte lui fit rompre ses pensées. Il reposa le cadre avec douceur et invita à entrer. C'était Jay et Carlos qui venaient le chercher pour aller à l'enterrement. Le blond s'avança en premier, alors que Jay refermait la porte derrière lui. Cela faisait quelques mois qu'ils ne s'étaient pas vu, et le couple était revenu à Auradon spécialement pour l'enterrement.

"Hey mon pote..." fit doucement le fils de Cruella en le prenant dans ses bras. Le monarque fondit dans son étreinte, et se cramponna à son petit corps. "Toutes mes condoléances Beny..." murmura t il. Jay s'approcha et ce fut à son tour de prendre le Roi dans ses bras.

"Je suis tellement désolé mec..." il se détacha légèrement. "Si t'as besoin de quoi que ce soit tu sais qu'on est là. On va rester quelques jours à Auradon." dit il en essuyant les larmes silencieuses du châtain.

"Merci d'être là les mecs, je me sens déjà mieux."

Les trois hommes se dirigèrent vers la voiture du brun. À peine sortit du château royal, une horde de paparazzi leur fonça dessus en criant le nom du Roi. Instinctivement Jay serra le Roi contre lui, comme pour le protéger en repoussant les journalistes du mieux qu'il pouvait. Carlos quand à lui, plus petit et plus furtif tentait de leur frayer un chemin devant eux.

"Tu parles ! C'est pas les chiens mais les journalistes qui vivent en meute et qui sont assoiffés de sang !" pesta t il en marchant sur le pied d'un photographe.

Les garçon réussirent à rentrer dans la voiture et fermèrent instantanément toutes les portes. Jay poussa un grognement de frustration.

"Ils peuvent pas te lâcher les basques cinq minutes ?! Merde ! Ils pouvaient pas choisir un autre jour !" cracha t il en essayant d'insérer sa clé dans le contact.

"C'était... c'était peut être une mauvaise idée..." tenta le châtain d'une petite voix. Jay se retourna en un instant et pointa sa clé de voiture de façon menaçante vers lui.

"Non Ben ! C'est un jour important ! Il est hors de question que tu ne lui dise pas au revoir à cause de ces trou du cul !" cria t il un peu trop fort. Le Roi se mit à pleurer, le fait d'entendre 'lui dire au revoir' était un peu trop tôt pour lui, cela rendait sa mort réel. Carlos regarda son petit ami avec reproche, et détacha sa ceinture. "Merde Ben, je suis désolé..." fit Jay d'une voix confuse. Carlos passa une jambe vers la banquette arrière et rejoint son ami veuf. Il s'attacha, invita Jay à se mettre en route et prit Ben dans ses bras.

"Hey Beny Beny Beny !" murmura t il avec douceur en prenant son visage dans ses mains. "Regarde moi. Ça va aller. Tu es fort, tu es si fort Ben. Il serait tellement fière de toi. Tout ira bien, il sera toujours là avec toi, il ne te quittera jamais, et tu ne l'abandonnera jamais. Aujourd'hui tu dis juste au revoir à son corps. Vos souvenirs sont éternels eux." souffla t il avec douceur.

"J'aimerai tellement qu'il soit Carlos..." dit il avant de fondre en larmes dans ses bras.

"Je sais Beny, je sais..."

Le trajet se fit en silence, silence uniquement rompu par les hoquets et les soubresauts des sanglots du monarque. La voiture de Jay se gara sur le parking du crématorium. Leurs amis les attendaient déjà sur le parking. Chad, Lonnie, et Evie discutaient ensemble alors que Mal venait à la rencontre du groupe. Jay coupa le contact et se retourna, Ben était toujours blottit dans les bras de Carlos sur la banquette arrière.

"Jay on te rejoint d'ici quelques instants..." souffla Carlos. Le fils de Jafar lui tendit les clés et sortit de la voiture. Il avança également vers le groupe et salua toute la bande.

"Ben et Carlos ne sont pas avec toi ?" demanda Lonnie en prenant la main de Chad.

"Si, ils sont dans la voiture. Ben a été un peu chamboulé par les paparazzi à la sortie du Château, Carlos tente de le rassurer."

"Oh... je vois." fit Lonnie.

"Ces connards de journalistes, ils ont vraiment zéro respect... Comme si c'était pas suffisamment insurmontable pour lui..." pesta Chad.

"Tu étais avec lui à l'hôpital quand ... quand Gil est partit non ?" demanda Evie en s'essuyant les joues.

"Oui... C'était si..." il ravala un sanglot. "Il est juste partit en dormant. Ben lui a tenu la main tout du long, jusqu'à ce qu'il se rende compte que Gil ne respirait plus. C'est la première fois que je le voyais si fragile. Je sais pas si il a bien réalisé ce qu'il se passait. Tout s'est passé si vite, et dans le silence..." expliqua Chad avec émotion.

"On va être la pour lui mon chéri, tout ira bien." répondit Lonnie avec douceur.

"Oh fait, où est Uma ?" demanda Jay.

"Oh justement, elle est dans la voiture, est-ce que tu peux m'aider à sortir le fauteuil d'Uma? J'ai vraiment pas assez de muscles..." demanda Mal.

"Bien sûr..." répondit le brun avant de disparaître avec elle vers la voiture mauve de la jeune fille.

Carlos et Ben descendirent enfin de la voiture. Tout le monde prit le Roi dans ses bras.

"Mer... merci d'être là les amis. Il va être tellement heureux que vous soyez tous là..." fit Ben en essuyant ses yeux humides. Carlos passa un bras rassurant derrière ses épaules. Tout le groupe observait la mine défaite du Roi. Gil et lui étaient vraiment des âmes soeurs, la vie était si injuste.

"Merde ! Un troupeau de journaliste à 4h !" fit Chad inquiet.

"Viens Ben on va rentrer dans le crématorium..." souffla doucement le blond décoloré.

L'ensemble du groupe les suivit, formant une sorte de bouclier autour du Roi. Ils aimaient leur ami, ils voulaient le protéger à tout prix. Mal, Uma ainsi que Jay arrivèrent eux aussi. Le châtain et la fille d'Ursula se regardèrent un instant avec douleur, avant que le Roi se penche vers elle et l'enlace.

« Uma... je suis tellement désolé... » sanglota le châtain dans son cou, alors que la horde de journaliste approchait de plus en plus.

« Il a eu une si belle vie grâce à toi Ben. Merci... » gémit la fille aux cheveux turquoise contre son oreille.

« Ben, les journalistes sont vraiment tout près, il faudrait qu'on rentre... » ordonna doucement Carlos en lui caressant le dos.

Le souverain se retira de l'étreinte d'Uma et ils entrèrent ensemble dans le crématorium. Même si après leur mariage Gil était considéré lui aussi comme un Roi d'Auradon, Benjamin n'avait pas souhaité lui faire un gros enterrement dans l'église des Rois d'Auradon. Il avait préféré un enterrement intimiste, à l'abris des regards, dans le respect de leur amour et de la vie de son époux. Mais surtout : sans retransmission à la télé, sans ribambelles d'officiels. Après tout, les plus grands chanceliers du Royaume n'avaient-ils pas critiqué leur relation depuis le début ? Le fils de la Bête avec le fils de Gaston 'ça ne se faisait pas'. Et tous ces journalistes qui se moquaient de Gil à chacunes de ses apparitions à la télé ou dans les journaux pouvaient bien aller se faire foutre ! Dans le hall du crématorium, un bon nombre de personnes étaient déjà présentes, Belle, La Bête, la Bonne Fée. Gaston avait également été autorisé à venir. Bien que Ben ait tout fait pour ouvrir la barrière magique, les discussions autour de sa chute étaient toujours en pourparler pour le plus grand malheur de son Altesse Royale. Il était d'autant plus triste de se dire que Gil ne vivrait jamais l'unification de leurs deux chez eux. Auradon & l'Île de l'Oublie.

La Bonne Fée prit le Roi dans ses bras, et cette présence le rassura un peu. Lorsqu'il arriva dans les bras de ses parents ce fut un peu trop d'émotion pour lui.

"Maman... comment je vais faire..." gémit t il en larmes dans le cou de la Reine-Régente.

"Tout ira bien Benjamin, on est tous là pour toi mon chéri." dit elle d'une voix rassurante.

"C'est pas vrai..." fulmina la Bête en les quittant.

En effet 3 photographes avaient réussi à rentrer dans le crématorium. Jay et Chad tentaient de les repousser du mieux qu'ils pouvaient. Le Roi-Régent les rejoints pour faire poids. Carlos quand à lui se dirigea vers Ben.

"Beny. Ils viennent de rapporter le cercueil... est-ce que tu veux aller lui dire quelques mots avant la cérémonie ?" demanda t il paisiblement en lui caressant la nuque. Les deux hommes étaient devenus très proche au fil des années, Ben lui confiait absolument tout. Belle regarda le fils de Cruella avec un sourire reconnaissant, et le monarque hocha la tête.

"Je vais faire en sorte qu'on ne te dérange pas mon chéri." dit elle.

Le blond décoloré passa un bras autour de ses épaules, et ils se dirigèrent vers la salle de deuil. Là, trônait le cercueil ouvert de Gil Villeneuve-Beast sur une estrade en marbre. Ben s'arrêta un instant, d'où ils étaient ils ne pouvaient pas encore voir le corps. Il était terrifié à l'idée de s'approcher de lui, de se rendre compte qu'il allait partir à tout jamais. Reconnaîtrait il encore son visage ? Est-ce que Gil saurait qu'il était prêt de lui ?

"Ben, si tu as changé d'avis tu n'es pas obligé..." tenta Carlos.

"No...non... Je... Tu peux venir avec moi ?" demanda le Roi d'une voix mouillée en lui attrapant la main.

"Bien sûr Benjamin. Prêt quand tu le seras."

Le monarque ferma les yeux un instant, et inspira un grand coup avant d'inviter Carlos à avancer vers l'estrade avec lui. Dans un temps qui parut infiniment long, ils furent tous deux à côté du cercueil ouvert. Carlos n'avait pas vu Gil ces derniers mois, n'avait pas vu son corps maigrir et se détériorer, et donc il eut un mal fou à le reconnaître. Ce n'était pas le cas de Ben qui trouva d'ailleurs que le maquillage funéraire lui donnait une meilleure mine.

"Gil..." gémit t il à bout de souffle en caressant de sa main libre la joue du mort. "Tu as vu ils t'ont mis ton collier préféré mon coeur..." le Roi continua de lui parler comme si il était toujours là, comme si il pouvait l'entendre, alors qu'il n'était qu'une enveloppe vide sans âme.

Carlos, tout en ne lâchant pas la main de son ami, regarda ce spectacle avec émotion. Il comprenait très bien ce que le souverain pouvait ressentir, si ça avait été Jay il aurait sûrement été dans le même état. Carlos avait été témoin de Ben lors de leur mariage royal. L'amour qui les unissait était si fort et indéfinissable. Les deux hommes avaient vécu tant de moments heureux et forts ensemble. Chaque fois qu'un journaliste osait se moquer du garçon de l'Île, le Roi n'avait pas hésité à montrer les dents. Dans l'intimité Jay et Carlos avaient aussi été témoins de la douceur et de la tendresse qu'ils partageaient ensemble. Grâce à l'amour de Ben, Gil avait réussie à mieux dialoguer, à développer son intelligence et son potentiel. Le Roi quand à lui s'était apaisé au contact du Pirate. Il avait trouvé le bonheur qu'il avait cherché toute sa jeunesse. C'était donc normal qu'aujourd'hui à côté de son corps inerte, Ben sente une partie de lui-même s'en aller. Ben continuait de caresser doucement la joue froide de l'homme qu'il avait tant aimé. Ses propres joues étaient trempées et il pleurait en silence.

La Bête entra discrètement dans la pièce et rejoint l'estrade. Il posa une main réconfortante sur l'épaule de son fils.

"Mon garçon, ils vont commencer la cérémonie dans quelques minutes..." dit il calmement.

"Je... je peux rester encore un peu avec lui ? Je veux pas le laisser tout seul..." répondit le châtain sans détourner son regard des joues émaciés de l'homme de sa vie. La Bête et Carlos se regardèrent avec une infini tristesse. Il était là l'amour sincère et véritable.

"On va vous laisser un instant rien que tous les deux Beny. On vient te chercher dans 5 minutes pour aller dans la salle de cérémonie d'accord ?" fit doucement le blond en caressant sa main.

"Oui d'accord..." lança évasivement le jeune veuf.

La Bête et Carlos sortirent en silence de la pièce sous le regard inquiet de tout le monde. Le fils de Cruella rejoint le groupe d'amis du Roi, et passa ses bras autour de la taille de son petit-ami.

"Ben va bien ?" demanda Jay. Carlos enfouit son visage dans le torse de son petit ami et pleura un instant avant de le regarder avec son regard mouillé.

"C'est... c'est si triste... Jay je t'aime." dit il. L'ancien Voleur se doutait bien que son amoureux faisait une projection du couple Gil x Ben sur le leur, il le serra un peu plus contre lui pour le rassurer.

La cérémonie commença quelques minutes plus tard. Ben fut soutenu par Chad jusqu'à sa chaise, et écouta avec un self-control incroyable le maître de cérémonie raconter la vie de Gil Villeneuve-Beast. Le Roi avait demandé à ce qu'on mette "Ordinary World" de Duran Duran lors de l'office, une chanson que Carlos et Jay avaient mis une fois en soirée et sur laquelle ils avaient dansé avec Gil. C'était sur cette chanson que Ben avait décidé de demander Gil en mariage. Ce qu'il avait bien évidemment fait quelques mois plus tard. La suite faisait partie de l'histoire d'Auradon. Le châtain fût invité à partager quelques mots, il avait bien évidemment écrit un discours à la mémoire de son époux défunt. Assis sur sa chaise, il sortit le papier froissé de sa poche, puis chercha Carlos du regard. Son ami comprit en un éclair et l'accompagna jusqu'au pupitre. Le blond décoloré lui passa un bras autour de la taille, comme pour lui dire que si il tombait : il serait là.

"Je... mer...merci à tous d'être là pour honorer sa mémoire. Comme vous le savez tous, Gil était quelqu'un avec une infinie gentillesse, une vision absolument rêvée de la vie, et un sourire infini." il avala ses sanglots. "Il était un ami formidable, un mari aimant, un bon fils. J'ai tant de souvenirs merveilleux avec Gil que je ne pourrais pas tous les citer tant il était hors du commun. Par exemple, comment oublier la réaction de Gil quand je l'ai demandé en mariage ? Quand j'ai mis un genoux à terre, il s'est accroupis en pensant que je m'étais fait mal..." dit il avec un sourire. "C'était la façon de Gil de montrer qu'il se souciait de vous. Même ces derniers mois, quand je lui rendais visite à l'hôpital il s'inquiétait toujours de savoir si j'avais mangé avant de venir. Comme vous le savez la cuisine était sa grande passion, un hobby qui l'avait fortement aidé à s'épanouir et à se concentrer. Il nous faisait tout le temps des bons petits plats, comme le Noël d'il y a deux ans où il nous avait fait le meilleur boeuf bourguignon de l'histoire d'Auradon. J'aimerai vous remercier chacun d'entre vous de l'avoir épaulé toute sa vie dans ses passions, d'avoir été patient et bienveillant à son égard, car c'est ce qu'il était avec tout le monde. Gil..." il se mordit les lèvres pour ne pas fondre en larmes, mais l'émotion était beaucoup trop forte pour ne pas le faire. Carlos resserra sa prise autour de sa taille, comme pour lui dire qu'il était là. "Gil mon chéri tu vas tellement manquer à ce monde, mais tu vas encore plus me manquer à moi... Les journées ne seront plus les mêmes, les saisons changeront en ton absence, et le temps s'écoulera. Il... il y aura un matin où je me réveillerais sans me souvenir de ton parfum, sans me rappeler du son de ta voix, sans me rappeler de la chaleur de ta peau, mais sache que malgré tout, notre amour demeura infini et tu seras dans mon coeur à tout jamais. Merci d'avoir fait de moi un homme heureux, de m'avoir rendu meilleur, de m'avoir montré ce que je n'arrivais pas à voir tout seul. Merci pour ta gentillesse et ton amour. Merci d'avoir vu en moi Benjamin, et simplement Benjamin. Merci d'avoir été toujours authentique, droit et toi même. Ta lumière resplendira toujours sur Auradon, et je te le promet un jour je ferais sauter cette barrière pour toi mon amour. Car comme l'amour nous a réuni tous les deux : moi un garçon d'Auradon et toi un garçon de l'Île, Auradon à le droit de s'unir une bonne fois pour toute avec l'Île. J'espère que tu souffres moins où que tu sois, et que tu continues à m'aimer un peu malgré la distance. On se retrouvera un jour, et j'espère que tu m'accueilleras encore avec ton si beau sourire et ta douceur. Je t'aime Gil. Bonne route."

*FIN FLASHBACK*

"T'inquiète pas. C'est pas grave. Allez ouvre moi cette porte ! J'ai pris à emporter dans ton traiteur chinois préféré !"

"Puisque tu me prends par les sentiments, allez rentre !"

Le brun ouvrit la porte et se mit à l'aise. Il passa par la cuisine et rapporta deux bières dans la salon, où le Roi était entrain de déballer les divers plats qu'il affectionnait tant. Cette routine depuis quelques mois avec Ben qui passait à l'improviste, réconfortait le brun d'un certain sens.

"Alors ta journée de boulot ?" demanda Ben en se léchant le doigt couvert de sauce aigre-douce. Jay lui tendit une bière et s'affala sur le sofa en cuir blanc.

"Pas grand chose... Deux entorses, une luxation de l'épaule, une scoliose et une fracture du coccyx." dit il en passant une main dans ses longs cheveux sombres.

"La routine quoi !" fit Ben avec amusement. "Tiens les nems au porc, et les brochettes de crevettes c'est pour toi." ajouta t il en lui tendant une assiette.

"Carlos me tuerait de manger autant d'animaux morts." répondit le brun avec amusement en croquant dans son nems. Camarade appâté par l'odeur de la nourriture trottina depuis son panier, jusqu'à eux. Ben lui posa quelques morceaux de boeuf dans une petite assiette.

"Comment tu gères son... absence ?" Le fils de Jafar posa son morceau de nems et son assiette sur la table basse. "Étonnement... au début ça ne me faisait rien. Ça faisait comme si il était partit en vacances. Tu sais qu'ils adoraient se faire des petits voyages avec Chad le week end. Mais là... 6 mois ça commence à peser. J'ai l'impression que cette maison est si vide sans lui, et à la fois chaque partie de la maison me rappelle Carlos."

"Je comprends ça..." souffla Ben en trempant sa bouchée vapeur dans sa sauce soja.

"Et toi comment tu vas ? C'est bientôt les quatre ans de sa... disparition. Tu veux en parler ?" Le Roi mâcha lentement sa spécialité asiatique avant de répondre.

"C'est toujours un moment difficile, mais ça va un peu mieux, enfin je crois. J'ai été commander les fleurs pour mettre sur sa tombe et j'ai pas pleuré, c'est déjà ça. Je pense qu'après 4 ans je garde tout le positif de notre mariage et pas toute la douleur de son absence." Jay sourit tendrement.

"Je suis si fière de toi Ben. Carlos le serait aussi tu sais." répondit le brun en posant une main délicate sur l'épaule royale.

Ben rompit les derniers centimètres les séparant en embrassant l'ancien Voleur à pleine bouche. Après la mort de Gil, le pacte entre les trois hommes avait été remis en place, et depuis le départ de Carlos la tendresse était plus que bienvenue entre le monarque et le fils de Jafar. Ben se détacha légèrement de lui, complètement essoufflé.

"Je suis désolé Jay, j'en ai besoin ce soir..."

"Je crois que moi aussi." répondit le brun tout aussi essoufflé.

Ni une ni deux le monarque enjamba le corps du médecin et l'embrassa avec passion. L'anniversaire de la mort de Gil le rendait toujours un peu vulnérable, même si il n'avait pas pleuré en allant chercher les fleurs cette année, cela ne voulait en fait rien dire. Il était meurtri, il se sentait si seul sans l'amour du fils de Gaston à ses côtés. Déjà 4 ans ? Combien de temps encore avant qu'il puisse enfin le rejoindre et l'embrasser au ciel ? Il descendit son visage vers l'entre jambe du brun et engloutit son pénis avec dévotion. Il voulait ressentir quelque chose, il voulait se sentir aimé. Jay bascula sa tête en arrière sur le canapé, appréciant chaque coups de langue, chaque caresse.

Ironiquement Carlos, qui avait été le plus réticent à aller à la Baie du Triton était celui qui y était resté le plus longtemps. Lors de ses études le fils de Cruella avait intégré bénévolement une ONG qui se chargeait de protéger les animaux, et l'écosystème marin de la baie. Ses études finies, l'ONG lui avait proposé un contrat de plusieurs mois pour les aider dans une mission de protection des petites îles aux alentours. Si au début il avait donné des nouvelles quasiment tous les jours à celui qu'il aimait, cela faisait 2 mois que c'était le silence radio complet. Jay le savait en mer, et donc avec des moyens plus que sommaires pour communiquer, mais ce silence s'immisçait dans chacunes de ses veines au plus le temps passait. Et si le blond l'avait oublié ? Et si il ne revenait jamais ? Comment ferait il sans lui ? Ce pauvre Ben avait vécu pire avec la mort de Gil, ce n'était pas juste de sa part de penser comme ça alors que Carlos était toujours vivant, lui. Il fit descendre sa main sur l'arrière train royal qu'il caressa doucement, et l'invita à rejoindre la chambre à l'étage.

Le corps nu de Ben était étonnement froid, à la hauteur sûrement de ce qu'il ressentait actuellement dans son coeur. Jay le colla un peu plus contre lui. Leurs deux sexes étaient tendus l'un contre l'autre.

"Mince t'es gelé Ben, ça va ?" fit l'ex-Voleur en lui caressant le dos. La fougue de leur adolescence avait fait place à la tendresse de la maturité.

"Je crois que je vais pas aussi bien que je le pense en fait... Tu veux bien me serrer un peu plus contre toi et... et m'aimer un peu cette nuit ?" chuchota t il.

"J'espérai que tu m'aimes tout autant cette nuit..." avoua le brun. Il y eut comme un lourd silence dans l'intimité de la grande chambre du couple Jaylos, et Ben commença à se frotter doucement contre le corps athlétique de son homologue.

"Jay..." murmura t il en posant son front contre celui du brun. Comme pour lui dire qu'il l'écoutait le garçon aux cheveux longs lui caressa la joue. "Est-ce... est-ce que je peux penser à lui pendant qu'on fait... tout ça ?" implora t il.

"Bien sûr Benjamin, et tu le sais déjà. T'as même pas besoin de le demander." dit il paisiblement. "...et moi, je peux penser à Carlos aussi ?"

"Oui... Même si tout ça m'inquiète un peu... Est-ce que c'est bien ce qu'on fait ?"

"Ben... quand Carlos est parti il a bien précisé qu'on pouvait continuer à faire ça sans lui. Arrête de t'inquiéter." dit il en capturant ses lèvres.

"Mais... Gil... tu crois qu'il pense que je le trompe ?" Le fils de Jafar soupira et poussa le corps du souverain sur le côté.

"Ben... Tu te souviens du nouvel an après le lycée ? Gil avait eu une indigestion phénoménale à cause de l'omelette aux champignons qu'on avait cuisiné et qui est ton plat préféré. Tu te souviens de ce qu'il a dit alors qu'il vomissait ses tripes dans ma baignoire, et que Carlos lui tenait les cheveux ?"

"'Ben a mangé son plat préféré c'est le principal...'" se souvint le châtain avec nostalgie.

"C'était Gil ça Ben. Toujours à penser à ton bonheur avant le sien. Parce que te savoir heureux et épanouie le comblait de joie. Je suis sûr qu'il serait très heureux de savoir que..."

"...que je couche avec un autre que lui, qui plus est un homme presque marié ?"

"... que quelqu'un veuille te donner de l'amour, et que tu réussisses à lâcher prise." Il y eu un nouveau silence où Jay se contenta de caresser doucement les cheveux du Roi. "Écoute Ben on l'a déjà fait pleins de fois, faut que tu arrêtes de t'en vouloir. Mais si tu n'as pas envie de le trahir je comprendrais, on peut juste dormir l'un contre l'autre sans rien faire ça me va aussi." dit il calmement. Ben roula sur le dos et contempla le plafond de la chambre en silence pendant un moment.

« Je me sens si vide parfois, j'ai juste envie de ressentir à nouveau quelque chose d'aussi fort qu'avec Gil. J'aimerai tellement lui raconter ce que j'ai dans la tête parfois..."

"Et qu'est-ce que t'as dans la tête Benjamin ?"

"Je... j'en sais rien, mon coeur cogne trop dans ma poitrine." dit il en se passant une main nerveuse dans ses cheveux. Jay plaça ses bras musclé autour de son corps, et remonta les couvertures sur eux, il déposa de léger baisers sur la joue du monarque. "J'aimerai tellement avoir ce que vous avez Carlos et toi..." ajouta t il avec une petite voix.

"Tu l'as eu avec Gil, mon pote, certains le cherchent toute leur vie et ne le trouvent jamais... Je sais que ça va faire très mal ce que je vais dire mais tu fais parti des chanceux qui ont pu le vivre. Toi qui aimes les livres, y'avait une citation que Carlos me disait souvent, attends c'était quoi déjà... ah oui : Quelle chance j'ai d'avoir quelque chose qui rend les au revoir si difficile." Ben sourit timidement.

"Oui c'est dans Winnie L'Ourson, ma mère me le lisait quand j'étais petit..." avoua t il.

"Et bah ce petit ourson avait raison. Sois pas triste parce que c'est fini, soit heureux parce que c'est arrivé Ben." Le monarque caressa doucement la peau hâlé de son ami.

"Jay... " il se mordit la lèvre. "Fais moi ressentir quelque chose ce soir je t'en supplie..."

La nuit fut tendre et douce pour les deux hommes en manque d'amour. La violence et la rage sexuelle de leur adolescence s'était transformée en une sensibilité et une caresse charnelle. Jay avait touché avec délicatesse chaques parties de la peau laiteuse et royale. Le châtain s'était accroché au corps puissant et révélateur du fils de Jafar. Il l'avait laissé le faire revivre cette nuit là, comme ils l'avaient déjà fait tant de fois. Ils s'étaient endormis dans les bras l'un de l'autre suant, collant, en s'embrassant avec affection. Ils pensaient bien sûr à leurs amours respectifs sous ces doux baisers, mais devaient-ils s'en sentir coupable ? Si une chanson avait pu décrire cette nuit là, ça aurait probablement été "Wicked Game" de Chris Isaak.

Le fils de Jafar se réveilla dans son lit seul le lendemain, le tintement des ustensiles dans la cuisine lui prouvèrent que le Roi était toujours là et levé aux aurores. Le médecin mit un kimono, s'attacha les cheveux en un chignon lâche et descendit le rejoindre.

"Hey salut ! Je sais que tu commences tôt ce matin je me suis dit que j'allais te préparer un petit dej." fit le châtain avec animation. "Je t'ai aussi emprunté un tshirt ça te gênes pas ?"

"Tu sais très bien que tu es comme chez toi ici Benjamin." répondit il en mordant dans un pancake à la myrtille. "Mmmm... c'est si bon. Tu veux pas abandonner le Royaume pour devenir mon responsable petit déjeuner ? Ceux-là sont excellents !" Le portable du brun vibra. "Bordel de merde ! Lonnie a accouché !" s'écria t il en lâchant son pancake.

"QUOI ? Oh mon dieu fait voir !" fit Ben en lâchant la poêle et en se ruant sur lui. On voyait sur l'écran un petit bébé aux joues roses emmitouflé dans une petite couverture rouge brodée d'orchidées blanches. Surement un cadeau de Mamie Mulan. "Alors attends attends... qu'a dit Chad ? ...blablabla... après 14h de travail la petite Sue est née à 3h ce matin, elle pèse 3,2kg et elle m'a déjà foutue des coups de poings dans la face, je crois que c'est une future boxeuse. Franchement qu'est ce qui m'a prit d'épouser et de m'accoupler avec une sportive médaillée olympique ? À deux doigts d'appeler l'association des parents battus par contre. Quelle petite chieuse celle là... Comme sa mère :D" Les deux garçons sourirent, Chad n'avait pas perdu de son répondant même papa. Un bruit sourd à la porte les fit sortir de leur rêverie. Les deux amis se regardèrent avec appréhension.

"T'as... t'as bien fermé la porte hier ?" demanda Jay.

"Je... oui je crois..." fit Ben incertain.

Une tête blonde passa la porte de la cuisine.

"Putain ça pue le pancake brûlé ici !" lança Carlos en entrant dans la cuisine. Les deux garçons restèrent comme figés face à cette apparition soudaine. "Bah qu'est-ce qui se passe ? On dirait que vous avez vu un fantôme !" Le blond regarda la gazinière d'où une fumée épaisse s'échappait. "Les mecs je crois que ce pancake est un peu trop cuit..." dit il en pointant du doigt la poêle. Ben retrouva un peu ses esprits et courut vers la plaque de cuisson pour arrêter le massacre. Jay n'arrivait pas à se lever, ses jambes étaient comme engourdies par l'émotion. Le blond en profita pour dire bonjour à Ben en l'enlaçant avec force.

"T'as bonne mine dis moi !" fit Ben avec affection.

"Mens pas j'ai chopé des coups de soleil de l'enfer et mes racines sont ignobles, mais c'est gentil !" fit le fils de Cruella le bras autour de sa taille. "En tout cas merci de nourrir Jay pendant mon absence, le pauvre se nourrirait que de barres de céréales si t'étais pas là."

"On le connait par coeur." fit Ben avec un clin d'oeil avant de glousser avec son ami.

"Plus sérieusement tu as l'air lumineux Ben !" ajouta le fils de Cruella.

"Je suis si heureux que tu sois là Carlos, ça fait vraiment du bien au moral." ajouta le souverain.

"Je suis super content aussi que tu sois là quand je rentre." dit il en lui pinçant la joue avec affection. Jay réalisa enfin ce qu'il se passait autour de lui. Carlos était rentré. Il était là, en chair et en os dans leur cuisine.

"Car... Carlos... tu es rentré quand ?" demanda t il les larmes aux yeux. Le blond se dirigea vers lui en attrapant un pancakes au passage. Il s'écroula sur les genoux de son fiancé.

"Ce matin je... oh mon dieu Ben ! Ces pancakes sont excellents ! Je vous parle pas de la gastronomie qu'on mange sur un chalutier, c'est vraiment..." il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Jay captura ses lèvres avec ferveur. Il lui avait tant manqué. Ben s'éclipsa de la pièce pour laisser un peu d'intimité au couple, et accessoirement donner à manger à Camarade.

"Eh bah ! Je devrais disparaître plus souvent si j'ai des accueils comme ça à chaque retour !" fit Carlos en passant ses bras autour de la nuque de son fiancé.

"Chéri ça fait 6 mois que t'es partis dont 2 mois que j'ai plus aucune nouvelle de toi !" s'étrangla le brun.

"Ah euh oui... je suis désolé le réseau était ignoble en mer et puis, c'est une histoire assez marrante... On allait aller sauver un récif corallien pas loin de l'Île aux rochers, quand on est tombé sur une Île habitée, tiens toi bien : que par des chiens ! J'étais aux anges du coup on y est resté un petit peu plus longtemps que prévu. T'aurais du voir ça ils étaient si mignons, ils couraient partout, et... j'ai été faible. Il se peut que j'en ai ramené un avec moi..." expliqua t il avec une mine coupable.

"Franchement mon coeur à ce stade là je m'en branle complètement que tu ais ramené un petit frère à Camarade..."

"Une petite soeur en fait !" rectifia le blond.

"...oui bref. Je m'en fiche maintenant que t'es là. Tu m'as tellement manqué Carlos, si tu savais à quel point."

"Toi aussi doudou. Tu sais... 6 mois loin de toi et surtout sans sexe c'est un vrai supplice. Donc maintenant la vraie question c'est : est-ce que tu as quelque chose là dessous ?" dit il espiègle en passant une main sous le kimono de son fiancé." le brun gloussa avant de l'embrasser avec amour. Ils restèrent un instant silencieux à s'embrasser avec passion. Carlos caresser doucement sous le kimono, la peau hâlée qui lui avait tant manquée. Jay tenta de réfréner leurs hardeurs. Si ils partaient sur ce terrain là il ne serait jamais au travail dans 2 heures. Le Brun se détacha de lui avec un sourire reconnaissant, resserrant sa prise autour de la taille fine du blond. Ce dernier caressa doucement le visage bronzé de celui qu'il aimait. « Comment j'ai pu me passer de toi ? » souffla le blond contre ses lèvres .

« T'as pas pu te passer de moi c'est ça le truc... tu m'aimes beaucoup trop ! » admit mièvrement le fils de Jafar.

« Je crois que tu as raison. Bon c'est quoi le programme du jour ? Tu bosses aujourd'hui ? »

« A ton avis pourquoi je repousse tes avances ? Si je bossais pas tu serais déjà en haut dans la chambre... »

« Tu veux pas faire un abandon de poste rien que pour moi aujourd'hui ? » susurra Carlos en mordillant son oreille.

« Los... aussi tentant que ça puisse paraître, j'ai des patients qui comptent sur moi... » gémit-il en le repoussant légèrement. « Et puis loin de moi l'idée de faire subir un porno en live dès 6h30 du matin à Ben ! » ajouta Le Brun avec amusement.

"Comme si nous deux on allait choquer Ben ! C'est plutôt lui qui nous choquerait, tu veux que je te rappelle nos années lycée ? » fit le blond avec lubricité avant de reprendre un peu son sérieux. « D'ailleurs c'est cool qu'il soit là... Il va bien ? C'est bientôt l'anniversaire de la mort de Gil..."

"Ça va il gère à peu près, on a... on a passé la nuit ensemble si tu vois ce que je veux dire... Il en avait besoin, et moi aussi d'un sens..." dit il en anticipant la réaction de son amoureux. Carlos se contenta de sourire avec bonheur.

"Vous avez bien fait les garçons. Je suis heureux que vous ayez passé un bon moment ensemble. Je t'aime tu sais ?"

"Je sais. Mais redis le pour voir..." répondit le brun en frottant la pointe de son nez contre celle du blond.

"C'est pas bien de me piquer mes phrases D'Agrabah !" réprima le blond avec douceur.

"Je plaide coupable de plagiat Monsieur D'Enfer." Les deux hommes s'embrassèrent à nouveau.

"Tu sais que quand je porterais ton nom de famille tu pourras plus être aussi sarcastique ?" fit Carlos en le toisant du regard.

"Tu m'as manqué même si Chad déteint toujours autant sur toi. Oh tiens d'ailleurs : félicitation tu es officiellement parrain d'une petite Sue depuis..." il regarda l'horloge de la cuisine à peu près 4 heures..."

"QUOII ?" s'écria le blond en se levant des genoux de son fiancé. "Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Faut que j'appelle Chad !" s'écria t il en prenant le smartphone de son fiancé. Il courut à tout rompre hors de la pièce, manquant de bousculer Ben au passage. Ce dernier entra dans la cuisine deux petits chiens à ses pieds.

« J'ai trouvé une petite clandestine dans le salon... » dit le châtain.

"C'est donc cette petite boule de poils notre nouvelle pensionnaire..." fit Jay en caressant le pelage blanc du spitz nain. "J'espère que tu vas être gentleman avec elle mon garçon !" ajouta t il en fixant Camarade. Le petit chien d'Auradon se mit à renifler l'arrière train de la femelle. "Bon apparement pas..." réalisa t il avec une grimace. Le Roi se prépara une assiette. Le portable du souverain vibra à tout rompre.

"Tu peux regarder ce que c'est pour moi Jay ?" demanda t il en se servant une tasse de thé.

"C'est Evie... Apparemment la presse vient de... rendre publique la date officielle de l'ouverture de la barrière magique, elle veut savoir si tu souhaites un dresscode particulier pour l'occasion." Jay posa le téléphone du souverain sur la table de la cuisine. « Tu vas faire tomber la barrière ? Mais comment c'est possible ? Tu m'as dit le mois dernier que pratiquement tout le Conseil Royal et l'archevêché était contre malgré ton remaniement du dossier ! Qu'ils avaient encore une fois plaidé la menace de l'insécurité nationale si on laissait entrer la dangereuse population de l'Île ! Qu'ils avaient même insulté Gil, t'étais bouleversé, t'as passé la nuit ici ! » s'écria Jay perdu. Le Roi s'installa avec son petit déjeuner et souffla sur son thé brûlant.

« Ah euh oui... fort heureusement pour moi j'ai le Roi Régent de mon côté, la Bête, avec qui j'ai passé tout un week end, avec Mal également, à étudier tous les décrets royaux sous le règne de mon père. Et comment te dire que ce Roi qui a créé cette barrière a trouvé les failles de sa propre création, de son propre dossier. J'ai ainsi réussi à annuler le texte de loi sur la création de la barrière et voilà ! » le fils de Jafar resta un moment silencieux. Tous les VK avaient rêvé de ce moment depuis si longtemps qu'ils n'y croyaient à force plus. En 8 ans Ben avait tout de même réussi à amener sur le continent quelques nouveaux enfants de méchants tels que Java la fille de Javote, Célia la fille du Docteur Facilier, ou encore les jumeaux de Monsieur Mouche, mais jamais une telle avancée.

« Waouh... c'est fou Ben ! Tu te rends compte ! » glapit il avec surprise.

« Oui je sais, je touche enfin mon rêve du bout des doigts, je me sens tellement bien. Je voulais pas trop vous en parler sans être sûr, j'avais peur que ça porte malheur... Gil aurait été si heureux... » ajouta son altesse Royal.

« Gil aurait été extatique oui ! » ajouta avec entrain Le Brun.

« Par contre Jay, je veux pas que tu t'inquiètes pour... Harry Crochet. Je sais que cette histoire remonte à très longtemps, mais j'ai prévu quand même des prisons de hautes sécurités pour les plus récalcitrants qui ne souhaitent pas s'intégrer. Vos parents seront mis à l'épreuve et surveillés bien entendu. Je veux vraiment que vous dormiez sur vos deux oreilles avec Carlos... » dit il avec fermeté. Le blond entra au même moment dans la pièce.

« Carlos ? C'est moi ! De quoi vous parliez ? » dit il en s'asseyant autour de la table avec une assiette.

« C'est officiel mon chéri : Ben fait sauter la barrière magique ! » répondit son fiancé avec enthousiasme. Le blond se figea net.

« Que...quoi ? »

« Oui j'ai enfin trouvé une faille dans le système avec Mal et mon père pour rendre tout ça possible. J'ai choisi la date de votre arrivée à tous les quatre à Auradon comme date d'ouverture officielle. Je voulais faire les choses bien... » dit il les joues rougies. Carlos le couvra instantanément de bisous sur le visage.

« Oh merci merci merci ! T'es le meilleur ! » cria t il avec bonheur. Dans sa joie il renversa la tasse de café de Jay sur son t shirt et dut s'absenter pour en changer. Ben reprit la discussion où elle était.

« Sinon, par rapport à ce que demandait Evie. Je me disais... vu que je vais baptiser le pont entre l'Île et Auradon, "le Pont Gil Villeneuve-Beast", j'aimerai beaucoup que tout le monde s'habillent en couleur camel le jour J, je sais que c'est pas très Auradon, mais c'était sa couleur préférée. C'était si emblématique chez lui."

"Oui c'est vrai... Ça sera génial ! Même si on en connait un dans cette maison qui va pleurer parce qu'il pourra ni porter de blanc, ni de noir, ni de rouge !" fit Jay avec humour. Lui et le monarque rièrent doucement, puis le châtain lui attrapa la main.

"Je suis content qu'il soit revenu Jay..."

« Celui qui doit être vraiment heureux à l'heure actuelle c'est Gil. Il doit être en train de danser au dessus de nos têtes en agitant des banderoles partout dans le ciel 'Ce Roi qui assure de ouf : c'est mon mec' ! » répondit il avec tendresse. Ben sourit doucement.

« Merci d'avoir toujours été là pour moi vous deux... » répondit le Roi avec affection, alors que le blond revenait avec un t-shirt propre.

« C'est toi qui a toujours été là pour nous Ben. » répondit Jay en lui prenant la main.

« Oui, tu es notre ciment. » ajouta Carlos en passant ses bras autour de ses épaules. Ben leur sourit tendrement avant de se lever.

"Bon les amoureux je vais vous laisser, j'ai une audience à préparer avec Mal ce matin..." fit il en s'étirant.

"Vos emplois du temps sont vraiment pas sexy..." constata Carlos en se ré-installant sur les genoux de son fiancé. Le châtain le questionna du regard. "Jay veut même pas laisser souffrir deux trois patients pour profiter de moi et de mes charmes." répondit il la mine boudeuse.

"Attends... t'avais pas un rendez vous de 2h en balnéothérapie ce matin avec Uma ? Mal m'a dit qu'elle devait la déposer à ton cabinet avant de venir au Château... Limite je la préviens, je pense qu'elle comprendra que tu abandonnes ton poste pour te concentrer sur ton patient préféré." proposa le Roi en finissant le fond de sa tasse de thé. Carlos se tourna tout sourire vers l'homme de sa vie.

"Je te l'avais dis mon coeur : abandon de poste !" dit il en battant des cils. "Allezzzz s'il te plait doudou !" fit il contre ses lèvres. C'était bien trop pour Jay. Sa conscience professionnelle avait beau être immense, il fallait bien s'avouer qu'après 6 mois sans Carlos, avoir le petit blond gesticulant sur ses cuisses était bien trop tentant. Il avait juste envie de continuer à le serrer dans ses bras, et ne plus le lâcher de la journée.

"Putain je suis le pire médecin d'Auradon..." s'écria Jay. Ben sourit timidement en sortant de la pièce, et Carlos s'agita un peu plus sur les genoux du brun.

"Je t'aime ! Je t'aime ! Je t'aime !" s'égosilla le blond décoloré en ponctuant chaque point d'exclamation de baisers.

"J'y vais les gars !" lança le Roi depuis l'entrée.

"À PLUS BENJAMIN !" crièrent à l'unisson les deux amoureux transis.

Après un long baiser plein de passion, Jay contempla l'océan de tâches de rousseurs devant lui.

"Je t'ai enfin tout à moi..." souffla t il.

"Tu m'as toujours tout à toi J."

"Pars plus aussi longtemps s'il te plaît..." supplia le brun.

"DIxit le grand aventurier ?"

"Los..." commença t il doucement en lui prenant la main. "Ça a vraiment été très compliqué pour moi ces 6 derniers mois. C'est pas la même chose sans toi ici... Je veux pas te museler parce que je sais que tu as la bougeotte, et que je t'imposerais jamais rien, mais j'aimerai que tu reste ici. Je veux t'avoir près de moi." Carlos lui caressa paisiblement la joue.

« Tu sais... je comptais plus partir de toute façon. C'était une super expérience cette mission en mer, mais c'est pas vraiment ce que je recherche dans la vie... tout seul dans ma petite cabine de 4 mètre carré, à dire adieu au coiffeur, et me toucher vulgairement sur des photos de toi ça m'a... remis les idées en place. Je veux reprendre notre petite routine tous les deux. Me blottir contre toi après une journée de travail avec un thé chaud, me promener avec toi et Camarade au parc, bon et Lady aussi... »

« Lady ? C'est ça le petit nom de cette petite boule de poil ? » dit il en fixant le spitz nain qui grignotait dans la gamelle de Camarade..

« Oui... et je voudrais aussi qu'on avance la date du mariage, je sais qu'on avait dit qu'on prendrait notre temps, mais j'ai pas envie de prendre mon temps. Ça va faire maintenant 2 ans qu'on est fiancé... On a bien vu avec Gil que la vie été très courte, je veux pas attendre aussi longtemps pour enfin être Carlos D'Agrabah... » Jay fixa un moment le visage radieux du blond, au plus il le regardait au plus il ne comprenait vraiment pas comment il avait pu faire sans lui pendant aussi longtemps... "C'est quand même marrant que tu me supplie de pas partir, tu te rappelles que je t'avais demandé exactement la même chose il y a quelques années ?" ajouta Carlos.

"Mon dieu me rappelle pas ce bal de promo. C'était si naze !" fit Jay en enfouissant son visage dans son cou.

"Tellement naze !" s'écria le blond en rigolant. Le brun resserra sa prise autour de sa taille, ce rire lui avait tellement manqué. Le blond plongea son regard dans le sien avec un sourir infini.

"Ça fais 8 ans, mais tu te souviens comment on avait terminé cette soirée ?" murmura t il contre les lèvres charnues du blond.

"Comment l'oublier ?" souffla t il.

"Tu veux une piqûre de rappel ?" susurra l'ancien Voleur.

"Oh oui Docteur soignez moi !" s'écria Carlos avec délice.

"Tu vas prendre si cher..." affirma t il en le toisant du regard.

"C'est ce qu'on verra..." fit le blond de manière aguicheuse, en se levant de ses genoux. "Le dernier dans la chambre se fait dominer !" hurla le fils de Cruella, espiègle, en courant vers les escaliers. Jay se leva derechef, hors de question pour lui de perdre.

"Reviens par là D'Enfer ! Et puis d'abord la règle c'est : le dernier dans la chambre se fait sucer !"

"Tu mens D'Agrabah !" hurla Carlos, mort de rire.

Jay arriva dans la chambre à coucher, elle était vide. Le retour de Carlos était-il un simple tour de son imagination ? Son coeur se serra dans sa poitrine à cette idée. Le blond était toujours en mer, et il avait rêvé. Il était encore seul dans cette maison. Soudain il sentit une force le projeter sur le matelas, et en un instant il retrouva le blond goguenard à califourchon sur lui, lui maintenant les bras derrière la tête.

"C'est très mal de mentir D'Agrabah !" dit il en se rapprochant de son visage.

"Tu t'es vraiment caché derrière la porte ?" fit Jay moqueur.

"Arrête de me regarder avec ton petit air de salope, c'est un peu trop vulgaire si tu veux mon avis..." surenchérissa Carlos en se frottant contre la bosse de son pantalon.

"Putain Carlos laisse moi te faire plaisir, tu vas me rendre dingue là..."

"Je croyais que le dernier dans la pièce devait se faire sucer ?" fit Carlos faussement interrogateur, et à ces mots il descendit vers l'entre jambe du brun.

FIN