Chapitre 28 : Phoenix

Les heures passent, le temps change, les fleurs se fanent. Rien n'est constant, même pas les gens.

.

Oublions tout ce que nous savons. Les choses ne viennent jamais comme prévu, alors à quoi bon espérer ? Un jour tout est rose, le lendemain tout devient gris. L'été s'en va et, telle une malédiction, l'hiver arrive et déracine tout sur son passage. Vive ou mourir, vivre pour mourir, vivre ou ne plus vivre ? A quoi bon se poser ces questions, la vie est ainsi faite de déceptions. De malheurs. De chutes. De malentendus. De surprises. De mauvaises surprises. Revenir en arrière est impossible et pourtant tellement tentant. Revenir à cette période de plénitude, de chaleur, de fraicheur. D'insouciance. L'âme meurtrie, comment le cœur arrive-t-il à battre dans ce corps ? Les yeux ternes, comment le sang arrive-t-il à couler dans ce corps sans vie, froid, dur ? Si seulement ç'avait été le cas, peut-être que la peine aurait été moins immense. Si seulement la souffrance avait-elle été moins forte, peut-être que tout ceci aurait sens.

Vivre ou mourir, est-ce un choix ou une obligation ?

Mourir plutôt que vivre me semble être la meilleure solution.

Mais pour l'instant, et pour le moment encore, la vie me donne une raison de vivre. Une raison de lutter. Une raison de guérir et de soigner mes maux. Pour l'instant. Parce que, je le sais, ne me mentez pas, rien ne durera.

Pour l'instant, je ne le sais pas encore. Mais dans un futur proche, la mort sera préférable à toutes mes supplices, tout ce que je penserais, tout ce que je ressentirais. Mon péché, mes larmes, mes cris, mon enfer personnel. Mon affliction face à cette douleur.

Bientôt, je verrais la mort comme une échappatoire. Mais pour l'instant, je suis encore heureuse. Pourvus que je puisse revenir à ces instants.

« Bells, tu vas bien ? »

Je restais figée devant le hublot de l'avion, essayant de me détendre. Tous mes muscles étaient rigides, inquiète de ce qu'allait devenir le voyage.

L'avion entamait sa descende douloureuse vers l'aéroport de Phoenix, ma ville. Là où je retrouverais mes parents, où Edward rencontrera ma mère et mon père. Où je devrais sûrement lui parler de moi, de ma vie.

Je détestais probablement autant que lui détailler mes souvenirs douloureux. Et, ici, j'en ai connu des tonnes !

« Oui. Je suis un peu stressée, c'est tout. »

Il me prit dans ses bras, m'embrassa le front.

« Tout ira bien. Je suis impatient de rencontrer ta famille ! »

« Je sais », soufflais-je.

J'avais su tout ce que son ex petite-amie lui avait fait. Il m'avait tout raconté. Dans les détails.

C'avait été dur, tellement dur pour lui... Les larmes ont coulé. La blessure est encore ouverte.

Après cela, il m'avait fait une déclaration d'amour digne des plus beaux films d'amour. Tout en lui avait transpiré la sincérité, j'avais pleuré à mon tour. De joie. Je l'aimais bien plus que des mots pouvaient approcher, bien qu'il en eût fait une belle démonstration.

'Dès la première nuit où je t'aie vue, je t'ai trouvé magnifique. Tu étais à couper le souffle. Jake m'a forcé à t'inviter à danser, il avait vu l'effet que tu as eu sur moi en une seconde seulement. Il avait déjà essayé de me mettre avec des filles mais, s'il te plait, crois moi lorsque je te dis que tu es la seule à avoir attiré mon attention. En plus d'être magnifique à rendre aveugle, tu es d'une intelligence, d'une gentillesse, d'une bienveillance... Bella, n'ose jamais croire que je voudrais quelqu'un d'autre. Je suis certain, n'aie pas peur, mais, tu es la femme de mes rêves. J'aime ton sourire, tes joues rosies, ta maladresse. J'aime tes défauts plus que tout le reste. Mon amour, je t'aime plus que quiconque. Plus que n'importe qui pourrait aimer un autre être.' Avait-il dit, m'embrassant, essuyant mes larmes.

Suite à cela je m'étais offerte à lui. Je lui avais fait un baiser passionné, démontré l'étendue de mon amour. Même si nous n'étions jamais allés jusqu'au bout de la chose, je savais que cela arriverait bientôt. Je l'aimais, il m'aimait, pourquoi avoir peur ?

« Oh mon dieu ! »

Je sentis l'avion se poser au sol. Tout le monde applaudissait le pilote mais, moi, j'étais tétanisée. Je détestais les descentes.

« Et dire que tu as fait ça toute seule deux fois ! » rit-il.

Je lui tirais la langue.

« C'est uniquement la descente. Et, je suis aussi stressée à l'idée que tu rencontres ma mère. »

« Tu ne veux pas que je la rencontre ? » me demanda-t-il, peiné.

Je savais que son ex ne l'avait jamais présenté et que ça l'avait beaucoup touché. Ce n'était pas mon cas, je voulais bien qu'il rencontre ma mère, je ne savais juste pas comment celle-ci allait réagir.

« J'ai peur que tu t'enfuie en courant en entendant ma mère. »

« Quoi ? Elle est pire qu'Alice, peut-être ? »

Mon regard suffit à répondre à sa question. Oui, elle l'était.

Il m'embrassa la tempe.

« Tout va bien se passer »

Nous sortîmes lentement de l'avion et nous nous dirigions vers nos bagages. Une fois ceux-ci pris, nous sortions de l'aéroport.

« Bella ! Bella ! Ma chérie, nous sommes ici ! »

Courant vers moi, je vis ma mère. Edward me fis un regard entendu, l'air de dire 'c'est ta mère ?' auquel je répondis par un hochement de tête.

Sitôt à mes côtés, elle se jeta à mon coup et m'embrassa.

« Ma chérie ! Tu m'as manqué ! Tu as ramené ton petit-ami ? »

« Il est juste là maman », dis-je d'une voix étouffée par son étreinte.

« Ah oui, » dit-elle lorsqu'elle m'eut lâché. « Bonjour, je suis Renée, bienvenue à Phoenix, tu es déjà venu par ici ? » lui demanda-t-elle.

Il lui tendit la main mais ma mère le prit directement dans les bras. Embrassé, il répondit qu'il n'était jamais venu. Ma mère lui promit de faire un tour de la ville au plus tôt.

Mon père, resté en retrait comme à son habitude, vint vers nous.

« Salut Bells. Ça fait du bien de te revoir. »

Il ne me toucha pas, mais son sourire en disait autant que l'embrassade féroce de ma mère. Je m'étais toujours sentie plus proche de mon père pour cela.

« Enchanté, je suis Edward », dit mon petit-ami en tendant la main. « Merci d'être venus nous cherchés Madame et Monsieur Swan. »

« Je t'en prie, appelle-moi Charlie. » répondit mon père en lui tendant la main.

« Appelle-moi Renée aussi ! Ne sois pas si formel. »

« Entendu. »

Nous nous dirigions vers la voiture. Ma mère proposa directement de nous arrêter en ville, manger le diner dans un restaurant au lieu de directement se reposer à la maison.