Les événements décrits ne se passent pas tous dans la série, certains sont modifiés et la temporalité est différente, certains événements se produisent à un autre moment que dans la série.

Je ne suis pas médecin, je ne connais absolument rien aux procédures de réanimation, de chirurgie ou de quoi que ce soit d'autre. Je m'inspire de ce que j'ai vu dans Grey's Anatomy pour écrire les scènes qui contiennent des détails médicaux, je sais donc que ce que j'écris n'est pas nécessairement réaliste ou correct !

Les personnages et Grey's Anatomy en général ne m'appartiennent pas et je ne gagne pas d'argent en écrivant cette fanfiction.

Cette fanfiction est la mienne, merci de ne pas la copier sans ma permission. Si vous souhaitez la traduire, demandez-le-moi. Soyons respectueux les uns des autres.

« Envoie Madame Chi au scan et bipe-moi une fois que les résultats sont prêts. »

« D'accord, docteur Webber. »

« Oh, et fais aussi un bilan cardiaque, » cria le docteur Yang à l'interne qui venait de quitter la salle de trauma avec leur patiente.

Les deux chirurgiens retirèrent leurs gants, leurs blousses tachées de sang et quittèrent à leur tour la Mine.

« Docteur Webber, vous avez des nouvelles de Meredith ? Je sais qu'il n'y avait pas d'intervention prévue ce matin mais il est quinze heures et elle ne manque jamais un jour de travail. »

« Oh, oui c'est vrai, Shepherd a appelé tout à l'heure. Il a dit que Grey et lui ne viendraient pas aujourd'hui. »

« Shepherd ? »

« En effet. »

« Vous n'avez pas eu plus de détails ? »

« Il y a un problème, Yang ? »

« Euh, non pas du tout, docteur Webber. »

« Bien. »

Ils prirent chacun un chemin différent.

Cristina sortit son téléphone portable.

« Qu'est ce que tu fabriques avec Shepherd ? », elle tapa avant d'appuyer sur la touche envoi.

Message reçu du côté de Meredith.

Elle se réveilla en sursaut, une brève vibration lui chatouillant le bras. Les yeux encore à moitiés clos, Mer lu le message que Cristina venait de lui envoyer. C'est vrai, qu'est-ce qu'elle fabriquait avec Derek ? Les souvenirs lui revinrent rapidement. Elle jeta un rapide coup d'œil autour, l'appartement était vide. Meredith bailla et s'enveloppa dans la couverture avant de quitter le canapé sur lequel elle avait visiblement fait une sieste après la dispute. À petits pas, Mer grimpa les escaliers. La dernière fois qu'elle l'avait vu, Derek était monté sur la terrasse. Un instant plus tard, sa présomption s'avéra correcte. Il était assis sur un banc en fer forgé, dos à l'appartement, face à la ville qui paraissait si basse depuis le haut de l'immeuble.

La jeune femme s'avança doucement et vint s'assoir à côté de lui. Il ne lui adressa pas un coup d'œil. Elle resserra la couverture autour de son corps, refroidie par la brise.

« Je sais que tu me détestes. Je veux juste te dire… Je suis désolée, Derek. Je suis désolée que toutes ces merdes nous soient arrivées et je sais que la façon dont je les ai gérées t'a fait beaucoup de mal mais… »

Mer essuya une larme sur sa joue.

« Mais s'il te plait, ne me déteste pas trop parce que je me hais déjà du mieux que je peux. »

Il la regarda.

« Je peux voir ? Ta cicatrice ? »

Elle fut surprise.

« Euh… oui, si tu veux. »

Mer se leva, laissa la couverture sur le banc et se retrouva à frissonner presque nue. Elle souleva le bas de la chemise donnée par Derek et lui montra la ligne blanche dans le bas de son ventre.

Il l'observa de longues secondes puis murmura,

« C'est tout ce qu'il reste de notre bébé. »

Elle hocha doucement la tête, attrapa la couverture et se rassit à côté de lui.

« Une fille, c'est ça ? »

« Oui. »

« Tu as des photos ? »

« À la maison. Tu veux que je passe les prendre avant d'aller à l'hôpital ? Quelle heure est-il, d'ailleurs ? »

« Il est quinze heures. J'ai appelé Richard pour le prévenir qu'on ne viendrait pas aujourd'hui. Tu n'as pas pris ta voiture, je te conduis. »

Derek se leva. Sa voix était plate, presque dénuée d'émotions. Meredith se demanda ce qu'il avait bien pu se passer durant sa sieste. Elle, qui s'attendait à le retrouver fou de colère, était plus que surprise. Agréablement surprise.

Aujourd'hui, le docteure Paulson devait composer sans Grey. Les autres résidents en chirurgie générale n'avaient que peu d'intérêt à ses yeux. Meredith Grey était spéciale, elle avait un truc. Et pas seulement au bloc.

Notamment à cause de sa propre expérience, Margot avait horreur des médecins qui laissaient les deux pôles de leur vie interférer, le privé et le professionnel. Et à vrai dire, ce truc qu'elle sentait entre Grey et Shepherd était étrange. Bien qu'elle ait très rarement eu des discussions avec Derek Shepherd, chef de la neurochirurgie, elle n'aimait pas vraiment ce type. Il était tout le temps morose, de mauvaise humeur et tirait la tronche du matin au soir. Quand il quittait l'hôpital, c'était toujours avec une femme différente. Il avait bien un ami, Mark Sloan de la plastique, un vrai obsédé celui-là. Le premier jour de Margot au Seattle Grace, Sloan avait tenté de la draguer et à côté de lui, Shepherd avait le regard d'un poisson mort.

Mais ces dernières 24 heures, le docteure Paulson avait seulement pensé à sa propre vie, alors peu importait ce truc entre Meredith Grey et le neurochirurgien. Ce matin, en arrivant, Margot avait espéré revoir Allison pour pouvoir lui parler, enfin sauter le pas, mais elle ne l'avait trouvée nulle part. Elle s'était donc rabattue sur les visites du matin et post-op de ses patients.

À la pause de midi, Margot partagea un tête à tête dans la cafétéria avec une chaise vide. Elle n'avait pas d'amis, mais c'était un choix. Margot ne parlait pas de ses problèmes de cœur avec les autres chirurgiens, ne rappelait jamais les femmes qui lui avaient donné leur numéro, n'était jamais allée dans ce bar de l'autre côté de la rue. Une fois son plateau en plastique vidé, elle quitta la cafétéria et se mit à la recherche du registre des chirurgiens de Seattle Grace Mercy West. Il l'attendait sagement au poste central des infirmières. Elle entreprit alors de le feuilleter dans l'espoir de trouver le numéro de téléphone d'une certaine résidente en chirurgie générale. Après de longues minutes de recherche, quelqu'un la bouscula. Elle la reconnut, c'était cette fille prétentieuse de cardio.

« Poussez-vous, c'est une urgence. »

« Attendez votre tour, je suis occupée. »

Cristina Yang leva les yeux au ciel.

« Qu'est-ce que vous cherchez ? »

« Un numéro de téléphone. »

« Lequel ?! J'ai pas tout mon temps, j'ai des vies à sauver, moi. »

Margot l'ignora.

« Hé Ho, vous êtes sourdes ou quoi ? Je suis pressée. »

« Je cherche le numéro de Meredith Grey, » grinça la cheffe

Le docteure Yang leva les yeux au ciel, sortit son téléphone portable de sa blouse blanche, chipota quelques secondes et le fit ensuite glisser sur le comptoir jusqu'à l'autre chirurgienne.

« Voilà. Vous pouvez me laisser passer, maintenant ? »

Margot entreprit de l'encoder dans son propre téléphone puis le rangea et jeta un coup d'œil à Cristina Yang, qui écumait le registre.

« Vous avez de la chance de ne pas être dans mon service, ou vous seriez déjà hors de cet hôpital. »

Une fois rhabillée avec ses vêtements de la veille, enfin secs, Meredith s'assit dans la voiture de Derek Shepherd. Ils se rendirent silencieusement jusqu'à la maison d'Harper Lane. Elle s'éclipsa quelques minutes et revint avec une veste et une boite en métal rouillé. Alors que la voiture redémarrait, son téléphone portable vibra. Un message venant d'un numéro inconnu s'afficha.

« Laparo exploratrice demain 8 heures. Tu es sur le cas. Visites à 6 heures. Tu as intérêt à être prête.

Dr Paulson. »

Mer soupira.

« Tout va bien ? » demanda Derek.

« Ma cheffe me déteste. Euh, on ne retourne pas à ton appart ? »

« Non. La caravane ça te va ? »

« Ok. »

Ils roulèrent en silence durant de longues minutes, traversant Seattle d'un bout à l'autre.

« Mer ? »

Elle détacha sa peau de la froide fenêtre et leva les yeux vers lui.

« Oui ? »

« Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé au mariage. »

« Moi aussi. »

« Alors on fait quoi ? »

« On n'a qu'à... mettre ça de côté pour le moment ? »

« D'accord. »

Ils se turent à nouveau. Peu après, Derek ralentit et ils traversèrent une large passerelle qui les mena dans les entrailles d'un ferry. Une fois la voiture garée, tous deux en sortirent et grimpèrent jusqu'au pont.

L'air frais les frappa de plein fouet. Seulement vêtu d'une chemise et d'un pantalon, Derek ne semblait pas avoir froid. Meredith, cependant, frissonnait sous sa veste.

« Tu as froid ? »

Elle fut surprise qu'il s'intéresse à ce qu'elle pouvait ressentir, même s'il s'était montré totalement différent depuis le réveil de la sieste.

« Non, c'est bon. »

Il la suivit quelques mètres plus loin lorsqu'elle s'assit sur un banc, la vue de l'eau lisse et paisible face à eux.

« Pourquoi tu n'es plus en colère ? »

Shepherd haussa les épaules.

« Je suis encore en colère. J'avais juste besoin de crier un peu, tout à l'heure. »

« Tu crois que tu me pardonneras, un jour ? De t'avoir caché la vérité. »

« Je n'en suis pas sûr. Mais c'est peu probable. Je t'en veux vraiment, Meredith. »

« Je sais, » elle murmura.

« Et toi, tu vas pouvoir te pardonner ? »

« Non. »

Il ne dit rien.

« Ça fait longtemps que je ne suis pas monté sur un ferry. »

« Pourquoi ? »

« Je ne vais plus à la caravane. »

« Quelqu'un y habite en ce moment ? »

Quand elle était partie, la caravane du fond des bois passait de mains en mains, parfois occupée pour une soirée, parfois pour des mois.

« Non. Owen y est resté longtemps mais il est retourné vivre avec Cristina et maintenant, elle est vide. J'espère que les ours n'ont pas tout dévoré. »

Elle sourit.

« Il y avait des ferry à Baltimore. Je n'y suis jamais allée. »

« Ils étaient mieux que ceux de Seattle ? »

Mer sourit à nouveau.

« Moins bien. »

« J'aurais dû m'en douter. Baltimore ne m'a jamais paru être une ville très intéressante. »

« Eh bien, je ne peux pas en dire grand-chose. Je n'ai pas visité plus de trois quartiers en trois ans là-bas. Mon appart, l'hôpital, le bar. »

Il haussa les épaules.

« Pas besoin de plus pour vivre. »

Ils rirent.

C'était si bien, comme moment. Mer avait l'impression de retrouver le Derek d'avant, celui qui était fou amoureux d'elle, qui la faisait fondre en un regard, celui qui la faisait rire des heures entières. Elle lui jeta un regard en coin. Le vent faisait frémir ses cheveux, ses yeux bleus étaient tournés vers l'autre partie de Seattle qui se rapprochait de plus en plus, la colline verdoyante au sommet de laquelle ils avaient tant vécu. Dans son regard, une étincelle. L'excitation de retourner là-bas, la compagnie de Meredith, la tristesse ? L'étincelle disparut brusquement de ses iris.

« On devrait retourner dans la voiture, on sera arrivés dans une minute. »