Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien (et que votre confinement se passe bien). Pour ma part, je suis très heureuse de vous présenter ce chapitre parce que, pour plusieurs raisons, je l'aime beaucoup. J'espère qu'il vous plaira également, n'hésitez pas à me le dire !

Nouvelle semaine, nouveau mois. Hermione s'était rarement sentie aussi prête pour aller au travail. Elle n'avait eu aucun problème à se lever, ni à quitter son lit pourtant merveilleusement chaud et accueillant. Même ses cheveux avaient été conciliants et s'étaient laissés coiffer sans se rebeller. A n'en pas douter, c'était un beau lundi.

C'est donc toute souriante que Hermione arriva au Ministère de la Magie, prête à attaquer sa journée de travail. Apparemment, c'était sans compter le regard des autres. Pour la première fois depuis longtemps, Hermione s'était sentie oppressée. Beaucoup la regardaient et cela n'avait plus rien à voir avec son statut d'héroïne de guerre. C'était si différent ! Tout le monde autour d'elle discutait en la jugeant du regard. Beaucoup lui offraient des yeux bien éloignés de ceux, admiratifs, dont elle avait pu avoir l'habitude auparavant. Cette fois-ci, ils étaient plutôt craintifs, dégoûtés, questionneurs…

A la limite, Hermione se connaissait assez pour savoir qu'elle réussirait à travailler malgré tous ces regards inquisiteurs. La suite, pourtant, elle ne s'y était pas attendue. De nombreuses personnes vinrent toquer à sa porte. Tantôt, il s'agissait de collègues ou de connaissances lointaines venant lui demander des explications. Tantôt, elle retrouvait des journalistes plus ou moins déguisés venus obtenir un témoignage sur toute cette situation.

Lorsque l'horloge sonna midi pile, Hermione prit ses affaires et décida de s'enfuir chez elle plutôt que d'aller en pause repas.

- Salut, Granger.

Devant la porte de son appartement, quelqu'un attendait Hermione.

- Je peux savoir ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle sans aucune gentillesse.

- Voyons, Granger. Je ne voulais juste pas que tu passes le reste de ta journée toute seule.

Ce que Hermione détestait chez lui, c'était qu'on ne savait jamais s'il se moquait de vous ou s'il disait quelque chose de réellement gentil.

- Rentre chez toi, Malefoy.

Pour simple réponse, il entra à la suite d'Hermione et se dirigea vers la cuisine, pièce de laquelle il sortit quelques minutes plus tard avec une tasse de thé à la main.

- La politesse demande à ce que tu remercies les gens lorsqu'ils te tendent quelque chose, Granger.

Hermione préféra lever les yeux au ciel plutôt que d'effectivement le remercier. Elle n'était sincèrement pas d'humeur à parler avec qui que ce soit, encore moins avec Drago Malefoy.

- Alors, comment c'était, ce matin ? lui demanda-t-il, un sourire presque amusé aux lèvres.

Encore une fois, Hermione ne répondit pas. Une partie d'elle avait tout simplement envie d'être seule et de pleurer tout son saoul. Une autre partie était heureuse de ne pas être totalement abandonnée avec ses seules pensées. Toutes deux étaient cependant d'accord sur le fait que la présence de Drago, ici, était étrange.

- Granger, je suis pas là pour me moquer de toi, soupira-t-il dramatiquement. Si t'es revenue ,c'est qu'il y a eu un problème, non ?

- De toute évidence.

Peut-être qu'en lui donnant ce qu'il est venu chercher, il partira plus vite ?

- Raconte.

- La politesse demande à ce que tu utilises le mot magique "s'il te plait" lorsque tu demandes quelque chose, Malefoy.

Cette réponse eut au moins le mérite de le faire rire. Visiblement, Granger reprenait un peu du poil de la bête et cela lui fit également très plaisir.

- Raconte, s'il te plaît, Ô vénérable Granger, reprit-il d'une manière moqueuse.

Sans réussir à se retenir, Hermione éclata de rire. Depuis quand parvenait-il à faire ce genre de choses ?

Cela aida Hermione à se décider et, tout en buvant son thé -qui se trouva être merveilleusement bon contrairement à ce à quoi elle s'était attendue-, elle commença à raconter. Au bout de quelques minutes seulement, Drago se leva sans faire attention à elle. L'ennuyait-elle à ce point ? Il fallait croire que oui. Apparemment, il n'en avait pas tant de choses à faire que cela de son état. Quelle blague. Apparemment, il faisait semblant depuis son entrée dans l'appartement mais venait d'en avoir marre.

- Malefoy, t'es sérieux, là ?!

Il ne répondit même pas.

- Tiens, attrape ça, lui ordonna-t-il quelques minutes plus tard en lui jetant un paquet de mouchoirs en papier. Je n'arrivais pas à le trouver dans le bordel qu'est ton appart.

C'est seulement à ce moment-là que Hermione se rendit compte que, effectivement, elle pleurait.

- Merci, Drago.

- Mr. Zabini, je suis ravi de vous voir.

D'un ton poli, Blaise serra la main de son patron avant d'entrer dans son bureau. Ce matin-là, il avait été convoqué par Mr. Arco Cuffe, le nouveau directeur s'étant battu pour obtenir ce poste au sein de la Gazette après le travail critiqué et critiquable de son père, Barnabas Cuffe, lors de la guerre. Le fils avait sans aucun doute été poussé par l'idée de faire oublier à tous de quel côté le journal s'était rangé.

- Asseyez-vous, je vous prie.

A vrai dire, Blaise n'avait aucune idée de pourquoi il avait été convoqué. Son travail restait toujours excellent, surtout ses articles sur les Harpies de Holyhead et Ginny. Et même s'il y avait eu un problème, Blaise aurait plutôt dû être appelé par son patron direct et non pas par le directeur lui-même. Qu'est-ce que le grand patron voulait donc lui dire ?

- J'imagine que vous savez pourquoi je vous ai appelé, déclara Mr. Cuffe de sa voix grave et posée à laquelle Blaise répondit en secouant la tête. Vraiment ? J'aimerais discuter avec vous d'une de nos précédentes unes. Nos vedettes étaient Miss Granger, Miss Parkinson et Mr. Malefoy.

Si cette histoire lui apportait des problèmes, Blaise se promettait sincèrement de le faire regretter à ces trois idiots. On ne mélangeait pas travail et vie personnelle mais, depuis quelque temps, cette frontière semblait vouloir s'amenuiser.

- Je vois très bien de quelle une vous voulez parler, Mr. Cuffe. Je n'y ai pas pris part puisque je travaille pour la rubrique sportive. Je ne pense donc pas être le plus à même pour vous aider.

- Au contraire, Mr. Zabini.

A entendre son interlocuteur parler, Blaise sentait qu'il n'allait pas du tout apprécier ce qu'on allait lui demander.

- Vous connaissez personnellement Mr. Malefoy et Miss Parkinson, n'est-ce pas ?

Mentir étant inutile dans ce cas-là, Blaise hocha la tête. Toute la communauté sorcière de Grande-Bretagne était au courant de son amitié avec Drago et Pansy, de toute façon. Il n'y avait rien de spécialement nouveau sous la comète.

- J'aimerais que vous élucidiez cette histoire pour moi, Mr. Zabini.

- Pardon ?

Blaise espérait sincèrement avoir mal entendu, ou même juste avoir mal compris. La personne la plus haut placée de la Gazette du Sorcier lui demandait réellement d'enquêter sur ses meilleurs amis et leurs déboires ?

- Vous êtes un excellent journaliste, Mr. Zabini. Et j'aimerais énormément que vous continuez à grimper les échelons. Malheureusement, j'ai plusieurs besoins qui empêchent cette envie de se réaliser. J'ai besoin que nos lecteurs en sachent plus sur cette histoire et qu'ils vous apprécient. Si vous acceptez, cela fera d'un sort deux morts, si vous m'excusez l'expression.

Jamais Blaise n'avait trouvé cette expression sorcière aussi morbide. C'était bien l'une des premières fois également qu'il n'arriva pas à conserver son sang-froid.

- Évidemment, vous n'avez pas besoin d'accepter tout de suite. Prenez donc votre journée, vous en avez besoin.

- Tu es sûr que c'est par là ?

- Oui, Ron, je suis sûr, pour la cinq-centième fois ! Qu'est-ce qui t'arrives, par Merlin ?!

Depuis l'arrivée de Ron, beaucoup de choses avaient changé dans la vie de Neville. Il avait dû, de longues semaines durant, composer avec une sorte de larve presque mutique. Ces derniers temps, cette dernière se transformer de plus en plus en un papillon braillard.

- Je sais pas, répondit Ron en soupirant. J'ai l'impression de ne pas avancer et de te servir à rien, ça m'énerve.

Ca aussi, c'était un changement opéré par l'influence de Neville. Désormais, Ron parlait avec beaucoup plus d'honnêteté, parfois trop, même, mais on ne pouvait pas non plus changer le manque de tact du plus jeune fils Weasley en si peu de temps. Il faudrait encore des années, pour cela !

- Je pense que je vais rentrer.

- Vraiment ? demanda Neville.

Dire qu'il ne s'attendait pas à cela serait mentir. Cependant, Neville aurait aimé que Ron reste un peu plus longtemps. Cela lui faisait du bien, finalement et contre toute attente, de ne plus être seul au bout du monde. Après tout, peut-être aurait-il besoin de rentrer aussi, non ?

Non, ce n'était définitivement pas pour tout de suite.

- Tu devrais venir aussi ! s'exclama Ron. Et puis, comme ça, je ne serai pas seul !

Doucement, Neville secoua la tête. Il expliqua à Ron que non, il ne le suivrait pas.

- Je vais envoyer une lettre à Hermione avant de rentrer. Elle sera la plus à même de me pardonner.

La plus à même de le pardonner ? Neville se demandait parfois comment Ron pouvait être aussi idiot mais… trop tard. Il était déjà parti prendre un morceau de parchemin.

"Hermione,

J'espère que tu vas bien. Où je suis, je n'ai pas vraiment de nouvelles de ce qu'il se passe en Angleterre et au Royaume-Uni en général. J'imagine que tu travailles et que tu réussis toujours autant. J'imagine que tu vois souvent Harry, Ginny et même que tu continues à aller au Terrier. Maman et Papa me manquent, comme tout le monde, en fait.

Je crois que j'aimerais rentrer. Partir m'a fait du bien et je ne remercierai jamais assez Neville pour ce qu'il a fait pour moi. Aimerais-tu que l'on se revoit ?

Amicalement,

Ron Weasley"

Lorsque la lettre arriva jusqu'à elle, Hermione crut d'abord qu'il s'agissait d'une fausse. Après de multiples sorts, il s'avéra que ces mots avaient effectivement été écrits de la main de Ron.

D'un côté, Hermione n'avait pas envie de lui en vouloir. Il allait visiblement mal et il avait eu besoin de se mettre un peu à l'écart pour aller mieux. Ce n'était pas spécialement une mauvaise idée. De l'autre, Hermione en avait marre. Combien de fois Ron l'avait-il laissée tomber ? Combien de fois s'était-elle retrouvée sans lui pour gérer ce qu'il se passait dans sa vie ? Combien de fois aurait-elle eu besoin qu'il soit à ses côtés ? Beaucoup trop, à chaque fois.

Définitivement, Hermione n'avait aucunement envie de lui en vouloir mais, au fond d'elle, elle pouvait déjà sentir qu'elle n'avait plus envie de le revoir. Du tout.