Holà holà ohlalalala !
Suuuurpriiiise ! c'est re-mwa :3
Je n'ai pas voulu prendre la parole pour l'interlude, j'me suis dis que ça casserait le truc XD Donc me re voilà ^^ ! * caresse le bidon du chat qui dort sur le bureau et se prend une baffe *. Pour l'interlude, je voulais faire un truc qui ne dévoilerait pas tout non plus, c'est pour ça que je l'ai arrêté en 1182, on apprendra au fur et à mesure ce qu'il s'est passé pendant le reste du temps de l'Ellipse, surtout pour les péripéties de Lunalee :3
En ce qui concerne ce chapitre, j'ai bavé de plaisir ! C'est pour cela que vous retrouvez Felix en narrateur pour la première partie, histoire de faire durer un peu le mystère. J'ai hâte d'avoir vos avis concernant la nouvelle Lunalee ! Héhé, c'est vraiment un renouveau pour moi de commencer la seconde partie, c'est comme une nouvelle donne ! J'espère pouvoir mettre dans le récit tout ce dont j'ai envie. Je pense qu'on prendra peut-être deux chapitres pour prendre possession de ce nouveau monde avant d'entamer les conquêtes * zieute Little D. Tartine *. Mais ça va envoyer du pâté ( en tout cas j'espère * serre les fesses*).
C'est donc parti pour la seconde partie de SOUS LES CENDRES ! en avaaaaant !
* tagada tagada *
La review des reveiws :
- Zergathopassagerpassifantôme : Oooooh ! * rajoute ta fic dans la liste-montagne de tout ce qu'elle doit lire * ça m'a fait rire ton "j'étais pas chaud à l'idée que tu fasses un interlude " XD ça m'a un peu fait flipper ... mais oui pour le chapitre de la fuite de Luna, je voulais pas que la bataille soit trop illustrée, je voulais plus pouvoir montrer l'aspect de l'avancée de l'armée impériale, je comprends que ça t'ai manqué. Et pour savoir si Luna est bel et bien allée à Enbarr ... héhéhé * rire diabolique * j'espère que ça ne tardera pas à arriver :) on connait mon rythme légendaire. En tout cas merci de prendre le temps de passer par là ! * coucou de Ingrid satisfaite d'avoir pu coller une droite à Luna *
- Mijoquialaperruqueblonde : Mouhahahahahah ! * s'étouffe en pensant à Farblendt qui n'est d'ailleurs pas un personnage du jeu, bien vu ! * Ewi c'est ton Archer qui mène les rebelles ! héhé ! * je vois les taches de rousseur de Ashe rougir *. Tu trouves ça étrange qu'il signe "F.F" ? moi ça m'a fait rire XD et pour la lettre mmmmmh tu le sauras héhé comme Dimitri et Luna sont nés tous les deux au même mois c'était rigolo de mette le doute * nouveau rire démoniaque *. Merci pour ces reviews * te prépares une nouvelle banderole *.
- Chaouettte : oui oui très belle illustration n'est-ce pas * hum hum * je me demande qui l'a faite ;P ! * poutoux *
SOUS LES CENDRES
(Partie 2)
Chapitre 28 :
Rouge, comme un levé de soleil.
Lune des étoiles, année 1185, point de vue de Felix Hugo Fraldarius.
Tous les brigands ont été chassés des ruines du Monastère. Cette promesse puérile, il a fallu cela pour nous rassembler aujourd'hui. Presque tous. Certains manquent toujours à l'appel.
D'autres, sont revenus d'entre les morts.
Le phacochère est là, plus puant que jamais et plus incontrôlable que je ne puisse le penser. Ses yeux, sa voix, sa démarche, tout à changé. Il faut dire que nous avons vieillit, tous, durant ces cinq années écoulées. Le poids de la guerre, des responsabilités et de la survies nous a pesé lourd. Aussi lourd que nous a coûté la vie.
Le Royaume n'existe plus. Mais les populations subsistent. De toute manière, il n'y avait plus ni couronne, ni Prince. En tout cas, jusqu'à aujourd'hui. Durant ces cinq années, Sylvain, Ingrid et loi avons tenu nos frontières et mis en tenaille l'expansion de Cornélia. Grâce aux agissements des rebelles de l'Ouest, la liaison commerciale avec l'Empire est périlleuse. Peu à peu, ils ont cherché à prendre possession des routes de ravitaillement pour affaiblir ce qui est aujourd'hui "le Duché de Faerghus". La Capitale est sous le contrôle de cette folle aux yeux bleus. Mais nous tenons.
Je refuse de la laisser marcher sur nos terres. Il faudra m'ôter la vie pour y parvenir.
Dans les ruines du Monastère, difficile de s'imaginer que nous avons vécu ici, cinq années à peine et il ne reste plus grand-chose de notre vie d'avant. Des murs détruits, des tableaux déchirés, des vitraux brisés. Pourtant, dans notre salle de classe, la lumière bleue du Lions colore toujours les murs.
- Felix, vous n'avez pas faim ?
Annette. Sa voix chantonne d'une ou deux tonalités plus graves. Nous avons tous subit les assauts du temps. Pourtant elle parvient à rire. Elle qui a sillonné seule le continent, avec l'espoir fou de retrouver le Prince... l'espoir. Le mien est parti en fumé, comme le corps de Luna.
Il ne me reste que la colère.
Je tourne les talons et m'en vais nettoyer le terrain d'entrainement. Sylvain est parti avec son escouade faire le tour des abords du Monastère pour détrousser les éventuels espions et fouineurs. Les portes sont toujours aussi lourdes. Le sable est gris. Notre passé est, sous les cendres. Je me demande ce qui en sortira.
Mes pas résonnent dans le vide contre les colonnes qui portent encore les marques de la colère du Phacochère. La trahison d'Edelgard, j'ai l'impression que c'était si futile, par rapport à ce qui est notre réalité désormais Les armes ont rouillé.
Puis une bourrasque soulève les cendres.
- Le soleil est rouge.
Je sursaute, je ne m'attendais pas à la voir ici.
- Hapi ?!
Derrière moi, la jeune femme s'avance. Elle parle de l'astre, mais il me semble que le temps l'a rendu plus éclatante encore. Comment peut-elle sourire ?
- Cela vous amuse ?
Elle croise les bras et continue sa route vers moi.
- Je suis restée ici tout ce temps, laissez-moi être heureuse de voir de nouvelles têtes ! En dehors des émissaire impériaux évidement.
- Des émissaires ? Je pensais que l'Empire avait abandonné les lieux depuis longtemps.
Hapi s'étire et se plante à ma droite.
- Des émissaires, des espions et des tragédies ... beaucoup de choses se sont déroulées ici, le temps n'est jamais mort.
Mort ... Ma poigne se serre dans mon gant. Lorsque le Professeur a ressurgi tout à l'heure, j'étais ... heureux et pour autant furieux. S'il était en vie, pourquoi n'est-il pas venu en renfort ? Ses grandes phrases sur le sacrifice et son rôle, puis après il nous laisse, à notre sort, pour lutter jour et nuit et tenir un drapeau qui ne flotte plus. Et Dimitri, le Prince, lui non plus n'a rien protégé. Il est resté là, dans ces ruines, pendant combien de temps? A pourri de l'intérieur comme de l'extérieur. Qu'il éponge sa détresse, qu'il en souffre. Moi j'ai enterré les miens, mes hommes et mon frère pendant qu'il chouine se morfond.
- Le jour n'est pas encore terminé. Il faut lui laisser encore un peu de temps.
Hapi scrute l'horizon.
- De quoi parlez-vous ?
Elle ose rire ?
- Venez !
Elle m'attrape par le poignet et m'entraine à travers les décombres. J'ai beau m'énerver, elle ne s'arrête pas pour autant. Sur les pavés martelés nous croisons Ingrid.
- Venez vous aussi ! Aller !
Ingrid se trouve attrapée à son tour par Hapi qui poursuit sa cavalcade. Nous pestons derrière, trainés de force c'est comme si Hapi ne nous entendait pas.
- Ashe, Annette ! Rejoignez nous !
Les deux déposent leurs cageots de denrées et s'élancent comme des bienheureux. Nous voici désormais à cinq, courant sans savoir où. Les rires de Ashe finissent par couvrir mes plaintes, cela faisait si longtemps. Au abords des grilles, nous trouvons Sylvain, son escouade et le professeur qui de nous voir arriver, il s'écartent et Hapi claque le derrière de la monture de Sylvain qui se cabre et il manque de tomber. Le professeur le rattrape de justesse et grimpe sur le dos du cheval.
- Attendez ! Hurle Sylvain. Il faut que je vous dise que ...
- Plus tard ! Nous devons aller la chercher, elle doit s'être perdue quelque part !
Hapi lui coupe le sifflet et nous poursuivons notre course étrange. Je parviens à me défaire de sa prise et cavale à sa hauteur.
- Mais de qui bon sang parlez-vous !?
Je dois avoir les veines du front contractées à force de m'énerver. Et elles vont se contracter encore plus si elle ne me répond toujours pas ! Hapi s'élance dans la forêt et c'est tout à coup devenu un jeu de la poursuivre. A travers les branchages, ce ne sont plus des questions des râleries, mais des rires qui fusent. Des rires, comme autrefois, quand chantait encore la voix des Lions.
Puis Hapi ralentie. Elle marche désormais, dans cette petite clairière baignée des derniers rayons du jour. Elle s'avance et s'accroupie devant ... une tombe ?
Piqués de curiosité, nous nous rassemblons tous autour de la sépulture et je ...
- Comment ? Vous avez récupéré son corps ?
Des larmes me montent aux yeux, je tente de les réprimer mais je ... je ne ... m'attendais pas à la trouver ici. La tombe de Luna. Son nom est inscrit dessus.
- Son corps ? Non voyons, elle n'est pas ici. En tout cas pas encore. C'est pour cela que je vous ai amenés jusque là.
Le mots de Hapi n'ont aucun sens. Je serre les poings et Sylvain dépose sa main sur mon épaule. Je vois à son expression, qu'il est troublé lui aussi. Qui ne le serait pas ... Annette et le Professeur s'agenouillent près du petit monticule.
- Hapi, cette tombe ...
La petite voix d'Annette est décidément plus grave.
- C'est ici que nous avons enterré Luna von Arundel avant la bataille du Monastère.
Un sourire se dessine sur le visage de Hapi. Je ne tiens plus.
- Cela suffit ! Vous nous avez mené jusqu'ici pour de pareilles sornettes ?! La mort vous amuse ? Eh bien venez jouer avec moi ...
Descendu de son cheval, Sylvain a beau me retenir, j'ai envie de lui en coller une à lui-aussi. Hapi rit encore, elle s'étire et plante son regard dans le ciel dentelé derrière les arbres.
- Sortez donc vos armes, les monstres vont arriver. C'est l'heure d'appeler la Bête.
Le ciel s'assombrit et il me semble entendre des sabots de chevaux. Je glisse un oeil derrière nous, à l'orée de la clairère. Deux silhouettes à cheval se dessinent alors. Sous leur capuche, je ne distingue rien et dégaine mon épée. Quand soudain, le professeur écarquille les yeux et s'avance vers eux. Sous l'une des capuche, je reconnais le visage de notre soigneuse.
Toujours aussi concentrée, Hapi murmure.
- Mercedes, vous voilà juste à temps.
L'une des deux montures secoue ses oreilles et je vois une mèche de cheveux, claire comme la crème, sortir de la capuche.
Puis Hapi dégaine sa hache et plante son regard dans le mien. Ses lèvres s'entrouvrent et elle réalise sa malédiction.
* soupire *
Un silence puis un tremblement. Nous avons tous sorti nos armes, même le professeur. Il est monté sur la monture de l'encapuchonné et a sorti le fer de sa Wo Dao récupérée il y a peu sur la dépouille d'un pillard. Je n'en reviens pas, Mercedes. Aucune nouvelle pendant cinq ans et la voila, revenue à point nommé pour une chasse aux monstres ?
- Hapi ! Mais qu'est-ce que c'est que tout ça ?!
Ashe a déjà saisie son arc et ajusté son carquois.
- Hihihihiiii ! Ouvrez l'oeil, elle ne sera pas loin !
Le vent se lève et je vois, dans le ciel obscurci, les silhouettes menaçantes de premiers monstres aériens. Hapi siffle et commence à rebrousser chemin.
- Ingrid, venez avec moi ! Mon pégase va nous rejoindre !
La jeune blonde, désormais délestée de sa longue chevelure, emboite le pas de la fuyarde et nous laisse quelque peu en plan. Le sol recommence à trembler, des cris des hurlement jaillissent des ténèbres. A travers l'obscurité qui s'installe, j'entends la voix de Hapi qui s'envole dans les airs.
- Battez la forêt, elle est forcément quelque part. Suivez les cris des loups !
ET PUIS QUOI ENCORE ?!
Soudain, le premier museau pointe entre les branchages. Vite Ashe grimpe derrière Mercedes et décoche sa première!re flèche dans la peau velue de la bête.
- En Marche !
Le professeur agite son épée et nous tonne l'assaut. Sylvain me porte sur sa monture et attrape aussitôt les rênes. Le cuir claque et la clairière s'illumine de la magie d'Annette.
- Je suis la seule à pieds ! Prenez donc de l'avance !
La jeune fille rit et commence à courir dans une autre direction. La monture de Sylvain abat ses sabots sur le sol feuillu et nous quittons la clairière. Les troncs défilent sous mes yeux et les impacts retentissent. Magie, flèches et bris de hache contre les crânes des monstres qui se ruent à nos trousses. Nous dévalons la forêt et pourtant j'ai l'impression que nous nous enfonçons. Je m'accroche à la taille de Sylvain et invoque un sortilège de feu pour nous éclairer.
Nous sommes seuls.
Je ne sais précisément quelle bête nous venons d'achever, mais son râle a été absorbé par les tréfonds de la forêt.
Les autres guerriers se sont éparpillés dans l'assaut. Il n'y a que le souffle haletant de la monture de Sylvain. Entre les troncs massifs et sombres, je ne distingue rien. Mon sang bat contre mes tempes et je suis à l'écoute du moindre mouvement. Le vent me fait frissonner, j'en tremblerai presque tant je suis tendu. Sylvain est muet, mais il a déposé sa main sur les miennes. De l'autre, je sais qu'il maintient fermement les rênes, prêt à les claquer dès le premier danger.
Aucun de nous n'ose parler.
Je tends le bras, discrètement tandis que la monture avance à tâtons, et allume une flamme bleue dans la paume de ma main. La monture se fige alors. Les ténèbres oppressants ... s'illuminent.
Une flamme violette perce dans le noir et s'avance peu à peu. Puis d'autres étincelles s'embrasent un peu partout entre les troncs, tout autour de nous. Les feux dansent et virevoltent dans l'air, leurs crépitement sonne comme une mélodie. Certains viennent jusqu'à moi et s'éteignent près de mon visage. Dans cet éclat furtif, je suis certain de les avoir vus.
En face, au coeur des ténèbres. Derrière de longs cils, deux yeux gris, opalins.
Tous les feus s'éteignent et j'entends alors les sabots lourds d'un cheval et le fer du métal qui claque. Sylvain ordonne la poursuite à sa monture.
Même si c'est un fantôme, je veux la voir.
Je tire un sort vers le ciel pour avertir Hapi et Ingrid. Aussitôt, j'entends son pégase hennir, elle nous couvre dans les airs. A notre niveau, il n'y a que l'éclat du métal qui nous guide alors je décide de balancer à nouveau une flamme bleue dans le noir. Quand elle éclate, elle nous laisse apercevoir la monture massive que laquelle Luna nous fuit.
- Infâme n'était pas aussi gigantesque ?!
- Ce doit être une étalon !
Sylvain pousse encore plus sa monture, mais elle se fait distancer de plus en plus, nous allons finir par perdre sa trace. Les branches des arbres craquent et le vent nous agresse, nous repousse. Quand soudain, une nouvelle détonation verte illumine la forêt en contre-bas.
- C'est Annette ! Elle l'a trouvé aussi !
La lumière se dissipe et Sylvain guide sa monture cavalante au travers des arbres. L'odeur de la forêt emplit mes poumons, je me rends alors seulement compte du rythme auquel bat mon coeur : il bat la chamade.
Deux autres détonations, une verte et une rouge ont retenti. A présent, je peux apercevoir la lueur des étoiles, droit devant nous, la forêt commence à se découvrir et je m'avance pour me caler encore plus dans le dos de Sylvain. L'impatience.
Le vent fini de défaire mes cheveux qui s'envolent... vers le vide ! La falaise s'arrête juste là et Sylvain freine de toutes ses forces sur les liens de cuir. De justesse. Des gravas dégringolent des hauteurs. Annette est déjà là. Ses cheveux sont couverts de feuilles arrachées durant sa course. Derrière elle, Mercedes et Ashe arrivent eux-aussi.
- Vous croyez que c'est bien elle ?
Annette est toute impatiente, comme je la comprends, mais je n'ose répondre.
- Elle nous a retrouvé finalement, et nous l'avons guidé tous ensemble vers la sortie !
Le pégase noir de Hapi est arrivé, fendant fièrement les airs et se stationne un peu plus haut. Nous avons tous les yeux rivés vers les arbres. Une brise colorée de magie s'en échappe, accompagnée de hennissements, de chocs de métaux. Il duel s'u livre.
Et le silence revient, juste avant de voir jaillir la monture du professeur. Devant lui, un jeune homme au visage allongé et aux yeux bleus. Son air me dit quelque chose mais je ne saurais quoi précisément. L'inconnu balance un nouveau sort aux lueurs écarlates et vient guider sa monture jusqu'à nous. Le battement des ailes du pégase habille la tension qui règne dans l'air. Tous les yeux sont rivés vers l'entrée de la forêt. Malgré l'appel du vide, nous restons immobiles, tendus à attendre le moindre clapotis de sabots, le moindre morceau de silhouette qui sortirait de la nuit.
Mon coeur tambourine. Qu'elle puisse être en vie et un nouveau joue se lèverait sur le monde. Mais si elle l'est bel et bien, qu'a-t-elle pu faire tout ce temps?
- Luna sortez de la ! rejoignez-nous !
Le pégase de Hapi claque des ailes après l'intervention d'Annette.
- Je vous ai sciemment conduit sur la tombe de Luna, ce n'est pas elle qu'il faut appeler !
Dans la forêt, une ombre semble bouger. J'entends le chant de l'étalon et ses sabots qui avancent. Vers nous. Tous, nous trépignons d'impatience à mesure qu'apparait, sous les rayons de la lune, la musculature de l'animal. Ce n'est définitivement pas Infâme, vu la largeur de ses sabots, c'est un mâle. Il est encore plus impressionnant que la jument. SA robe noire luit et je ... Mon souffle se coupe. Ces mains qui se dessinent dans la nuit et qui tiennent les rênes du géant. Ces mains aux articulations meurtries, ces doigts tordus. Ce sont les siens.
Sylvain attrape mon bras et sens qu'il tremble lorsqu'apparaît enfin la silhouette encapuchonnée. De part et d'autres du large dos de l'animal, ses jambes sont revêtues de métal sculpté qui disparait sous sa robe de velours aux reflets bleutés. Il y a des broderies mais je ne les distingue pas. Il fait même trop noir pour que je puisse voir ses yeux. La lueur qui perce, c'est l'éclat des étoiles sur la lame de sa faux. Lorsque je l'ai quitté, il y a de cela plus de quatre ans, la lame était bien plus large.
Combien de fois l'a-t-elle aiguisé ?
Pendue à l'horizontale et harnachée au corps de le l'étalon, la faux pourrait trancher les nuages.
- Te voilà.
Hapi a beau chuchoter, ses mots parviennent à mes oreilles, sans doute parce que mon esprit a eu les mêmes.
- Juste, à temps. Bon retour parmi nous.
Dans les airs, la cavalière range sa hache et sur un coup sec sur les liens de cuir. Son pégase hennit et se met à battre des ailes avec force. Une bourrasque se déclenche alors qui vient percuter l'étalon. Sans doute vexé, celui-ci se dresse sur ses pattes arrière, bat des sabots et ... la capuche sa tombe.
C'est alors qu'un torrent de boucles noires se déverse sur la cape en velours. Plus épaisses et dense, comme une fourrure qui orne son visage. Je ne pensais plus jamais le revoir. Ni même croiser à nouveau son regard, éclairé et perçant.
Dans la marée de ses cheveux, la raison de son absence pointe alors sous mes yeux.
Je ne saurais dire si cela la rend plus belle encore, ou bien plus mystérieuse. Dans tous les cas, elles doivent être réelles, bien qu'incompréhensibles.
Ces deux cornes brunes, dressées sur sa tête.
- Te voilà, Lunalee.
L'étalon abat ses énormes sabots que le sol et fait dégringoler des rochers. Personne n'ose dire quoique ce soit. Qui est Lunalee ? Je ne comprends pas. Pourtant Luna semble saisir le sens de ces mots puisqu'elle guide doucement sa monture, un peu plus proche de Hapi. Le pégase et l'étalon sont presqu'à la même hauteur. Puis elle glisse un regard vers nous. Ses longs cils battent et sa bouche, désormais charnue et écarlate, s'étire en un sourire.
- J'ai bien failli être en retard !
Dans l'obscurité du jour mourant, sa voix résonne, comme un chant, un souffle, un rire qui se répand. Tout comme les rires des Lions.
Tandis que moi, je n'arrive pas à sourire.
/
Lunalee:
Cela faisait si longtemps que je n'avais pas gagné les abords du monastère. J'ai voyagé jusqu'aux confins des terres éloignées, mais pourtant la j'avais la boule au ventre sur tout le trajet qui m'a mené aux montagnes d'Ogma. Tellement la boule au ventre que je me suis perdue en chemin... Funérailles s'est précipité sur le derrière d'un ou deux lapins et nous avons finis égarés, au beau milieu de nulle part et au tombé de la nuit. Autant il tient sa belle carrure de sa mère, autant Infâme était bien plus dégourdie que lui ... Je dois aussi être un piètre instructeur.
Heureusement que Hapi s'est risquée à user de son talent. J'ai entendu son appel et il m'a guidé jusqu'à eux. Les Lions. Nous rentrons. Comme c'est agréable et nostalgique. Pourtant dans cette bonne humeur nocturne, je sens leurs silences et leurs interrogations. Même si Ashe ne me pose pas la question, je ressens la frayeur de Mercedes dans mon dos. Ou plutôt, au sommet de ma tête.
Comment leur en vouloir, même moi, elles me terrifiaient au début.
- Il va falloir nettoyer le monastère et organiser des tours de garde.
Ashe a prit de l'assurance et son ton est plus affirmé. Ces années à tenter de déjouer sans cesse les plans de l'Empire l'ont rendu un peu plus intrépide. J'ai eu vent de certaines de ses actions et entreprises et j'ai hâte qu'il m'en raconte davantage.
Oh, quelque chose qui titille dans mon dos ? C'est Annette (qui a du user de magie pour monter Funérailles, il est si haut ...), elle s'amuse à tresser mes cheveux.
- Qu'ils sont devenus épais ! On dirait une vraie fourrure.
- C'est presque cela hahaha !
Oh oh ... les prunelles de la rousse grossissent et elle se fige.
- Vous ... avez, rit ?
- Euh .. eh bien oui, il me semble ... Cela vous surprend ?
- Assez je dois l'avouer. Poursuit-elle en relâchant mes cheveux. Je n'en avais ni l'habitude, ni le souvenir.
Funérailles sifflote, depuis qu'il est poulain, il aime fredonner seul. Je crois savoir qui le lui a apprit.
- Le temps s'écoule Annette.
Une fois encore Funérailles s'énerve quand le pégase approche. Il a une sainte horreur de ces bestioles et je le soupçonne de rêver de s'en farcir un...
- Avoue Lulu ... tu t'étais perdue.
Les sourcils de Hapi se froncent et un air moqueur se dessine sur son joli visage.
- Je dois l'avouer. J'ai dormi en chemin et Funérailles nous a perdu. La faute au joli derrière d'un lapin ou d'un chevreuil. Il est totalement indiscipliné.
Puis, le professeur Jeritza gagne ma hauteur. Derrière lui, Byleth me sourit.
- Tu ne pourras pas le dresser, Souffrine était ainsi.
C'est la première fois que j'entends le vrai nom d'Infâme. Mon amie fidèle, en définitive c'est elle qui m'a apprit tant de choses, et m'a donné bien du courage. Elle a bien mérité sa retraite en campagne, à se faire dorloter. Au repos, après avoir mis au monde un tel géant (écervelé)!
- Vous avez raison professeur Jeritza, ce sont des esprits libres.
Je tapote le flan de l'héritier Funérailles et me crispe en entendant Felix hurler.
- PROFESEUR JERITZA ?
Byleth et moi échangeons un regard d'incompréhension avant de finalement réaliser.
- Vous ne l'aviez jamais vu sans son masque ... peut importe lequel d'ailleurs.
C'est à ce moment que Mercedes approche.
- Eh oui, c'était bien Emile !
La soigneuse termine de choquer tout le monde en expliquant son lien de parenté avec le professeur-chevalier. Moi ce qui me choque, c'est davantage le fait qu'il soit son "petit" frère. Pauvre Felix, ça a dû être une journée difficile pour vous. Tandis que Mercedes nous fait à tous le récit de la mise en scène de la mort du Chevalier, à Remire, je sens glisser sur moi le regard de Sylvain. Je lui souris, avec toute l'affection que je lui porte et je sais qu'il comprend ces mots que je chuchote à son intention.
- Je vous expliquerait tout.
Il sourit, fatigué, et hoche la tête.
Ce sont Mercedes, Constance et Byleth qui avaient mis en place la tromperie. Ils avaient tout imaginé pour permettre à Jeritza (ou Emile) de quitter les rangs de l'Empire et se mettre à l'abris. Malgré l'attachement qu'il avait pour la Souveraine, il venait, pour la première fois, d'avoir un rêve. Celui de sillonner le monde aux côtés de Byleth qu'il prendrait pour toujours comme amant et adversaire. C'est ainsi qu'il a pu trouver la force de quitter l'Empire et de combattre son alter ego. Le Chevalier Macabre, dont j'ai revêtu la dépouille pour sauver ma peau.
Nous avons tous les deux encore du chemin à faire pour ne plus effrayer les autres, mais je suis confiante. Le voir aujourd'hui à visage découvert, me remplit de joie.
Tout comme déposer Funérailles dans l'ancien box d'Infâme. Il y a peu de fourrage et les bois sont froids. Mais nous avons connu bien pires comme conditions, l'étalon têtu prend déjà possession de son espace. Puisqu'il n'y a personne d'autre dans écuries, j'en profite pour attraper une moitié de mes longs cheveux et la nouer autour d'une corne. Je glisse une épingle et fait de même sur l'autre côté. Les yeux des gens sont moins enclins à être choqués par des coiffures ridicules. Lorsqu'elles sont ainsi couvertes par mes cheveux, mes cornes ne font pas peur. Mais dès que ces excroissances sont visibles, je deviens une créature effrayante.
Je réajuste ma capuche dans mon dos et retire certains brins de pailles pris dans le tissu avant que Funérailles ne décide d'avaler le tissu entier (comme il l'a fait plusieurs fois). Et en profite pour resserrer un peu mes cuissardes en métal. J'ai pris l'habitude de mes mettre plus large quand je chevauche. Le métal ciselé englobe parfaitement le tour de mes cuisses et le caleçon de lin en-dessous protège ma peau.
Je quitte les écuries et retrouve Sylvain, sans sa monture et qui s'apprêtait à regagner lui aussi l'intérieur du Monastère. La vision de mes cheveux dressés le rassure quelque peu.
- Ce géant se prénomme donc Funérailles ?
- Oui, il a un peu plus d'un an et n'a pas encore fini de grandir ...
Surpris, Sylvain sourit et j'en viens à l'imiter. J'ai toujours su qu'il était en vie, que lui, Felix et Ingrid tenaient leurs terres face à l'étau de Cornélia et la pression de l'Empire. J'ai suivis leur lutte de loin. Du bout du monde.
Nous marchons tous les deux et mon coeur me crie de lui dire. Alors j'attrape sa main et y glisse mes doigts.
- Je suis désolée de n'avoir pas pu vous dire que j'étais en vie. Tant de choses se sont produites après mon départ. Je me suis retrouvée dans un engrenage où j'ai bien failli me perdre et sombrer pour de bon. Et puis ... je ne pouvais pas me montrer.
Je noue mes bras autour de son corps et dépose ma tête contre sa poitrine en prenant soin de ne pas toucher son visage avec mes cornes. Même recouvertes, elles sont dures et aiguisées.
- Les temps ont été difficiles, je ne pourrais dire le contraire. Mais vous voir finalement, en vie et ... vous ne cesserez jamais d'être un mystère. Je suis soulagé que le professeur soit parmi nous. C'est incompréhensible qu'il n'ait fait que dormir. Et cet Emile ... La situation est étrange mais elle me donne tout de même de l'espoir. Mais ce ne sera pas facile.
Sylvain m'enlace à son tour et poursuit.
- Dimitri est en vie. Il est en haut dans la cathédrale. Muré dans une violence comme ... personne ne l'avait vu ainsi. Jamais. Nous allons avoir besoin de vous ... Lunalee ?
Un petit rire s'échappe de mes lèvres lorsque je l'entends prononcer mon prénom. C'est doux et agréable, comme les baiser que nous avions échangé cette fameuse nuit de détresse, il y a plus de quatre ans.
- Je l'ai su, par des murmures lointains, et je dois vous faire une confidence. Lorsque j'ai appris qu'il était en vie, je me suis effondrée. L'annonce de sa mort m'avait tant fait de mal, que l'espérance de sa survie a bien faillit m'achever pour de bon. Mais il fallait que je vous revoie, tous. J'ai quitté ma route, ma mission pour revenir en ces terres où vivent nos souvenirs.
- Il me tarde d'entendre vos histoires Lunalee, il me tarde d'entendre votre voix me les conter.
Nous nous séparons et cheminons en silence jusqu'au vestibule. C'est étrange, j'ai tant de choses à lui dire et pourtant, j'apprécie d'être muette, mais de sentir sa présence. C'est alors que nous croisons Annette, Ashe et leurs escouades. Ils semblent s'entretenir à propos de la Capitale Royale.
- Mon père et toute la garde sont toujours à couverts, retranchés non loin de nos frontières. Je vais leur faire parvenir une missive.
Les soldats acquiescent les dire de la jeune femme et j'abandonne Sylvain lorsqu'il se joint à eux. Un peu plus loin, sur le pont, j'aperçois Ingrid et son escouade qui sillonnent les airs pour surveiller le territoire tout juste reprit. Le vent est froid en cette nouvelle lune des Etoiles. Je poursuis ma route jusqu'aux anciens dortoirs, une flamme brûle derrière les vitraux opaques de la chambre de Byleth. Je souris dans ma manche en imaginant leur impatience. Car moi aussi je le suis, impatiente de le revoir. Peu importe les noirceurs qui entourent son coeur désormais, je les prendrai une par une s'il le faut, et les vaincrai toutes.
Poussées par les souvenirs, je décide de faire un petit détour par les dortoirs du premier étage. Les pillards ont bien saccagé les cloisons et les meubles, il va falloir un peu de temps pour remettre tout en place. Le velours de ma cape rase le sol et je m'arrête devant la porte de mon ancienne chambre. Les flacons sont vides ou éclatés un peu partout, l'armoire n'a plus de portes et mon bureau est démonté. Peu importe. De toute manière, je ne cherchais rien. Au-delà des meubles, les souvenirs sont bien présents, et mon journal, mis en sureté depuis des années.
- Les quartiers des Capitaines sont en meilleur état.
Sur le pas de la porte, Felix se tient adossé au mur, les bras croisés et les sourcils froncés.
- Qu'est-ce que vous avez sur le crâne ?!
J'aurai pu parier qu'il serait le premier à me poser la question. La diplomatie ou les faux-semblants, très peu pour lui. Alors je me relève et avant vers lui.
- Des cornes. Je vous les aurait faites toucher avec plaisir mais vous risqueriez de vous blesser. Elles sont résistantes et aiguisées. J'ai essayé de les couper avec tout ce que j'ai trouvé mais ne suis même pas parvenue à entamer une écaille.
Il décroise ses bras et suis des yeux les mouvements de mes cheveux.
- Et ça vous est poussé ... laissez tomber, peu importe.
Puis il s'en va en soupirant. J'arque un sourcil avant de l'entendre râler au fond du couloir.
- Eh bien quoi ? vous ne venez pas ?
- Si, si. Bien sur ...
Je sautille, mon armure résonne et je me précipite jusqu'à lui.
- Où m'emmenez-vous ?
- Aux quartiers des Capitaines voyons ! Vous n'écoutez donc rien ?! Vos cornes vous ont elles privé d'audition ?
- Non ...pardon...
Il soupire et attrape ma main pour me tirer vers l'avant. Je sais toute l'affection qu'il me porte alors je m'amuse sincèrement de son comportement. Il était ainsi, cette nuit-là, lorsque nous étions tous les trois, avec Sylvain, perdus dans le noir.
- Qu'est-il arrivé à votre faux? Il ne me regarde pas et continue d'avancer. Sa lame a fondu.
- Oh, vous avez remarqué ... j'ai du ... beaucoup l'aiguiser. Vos lames ne s'émoussent jamais ?
- Si elles ...
Je ne lui lasse pas le temps de répondre et avance ma jambe pour le devancer et déposer un baiser sur sa joue. Mes lèvres carmin ne laissent aucune trace et pourtant sa peau devient rouge. Il fuit. mon regard.
- Felix, vous êtes si adorable.
Je sais que ça va l'énerver mais j'en profite pour nouer mes bras autour de son cou. Ses cheveux sentent bon mais je préfère quand il les détache (Sylvain aussi d'ailleurs). Il se fige sous mon étreinte alors je poursuis.
- Mangeons ensemble bientôt. Vous et moi. J'irai à la chasse et nous ramènerai de quoi nous régaler. Je veux tout vous raconter.
Je lui souris avant de me défaire de lui. Mais il m'attrape le poignet.
- N'y allez pas. En tout cas pas tout de suite. Lun... j'ai... je vous ai cru morte, à jamais et sans que j'ai pu vous secourir. Lui n'a rien fait à part se nourrir de sa haine et laisser son peuple à la merci de la guerre. Je vous en prie, ne courrez pas le voir. Pas tout de suite. Restez un peu.
On m'avait prévenu que les retrouvailles allaient me montrer les blessures que le temps avait infligé. Alors j'attrape la main de Felix.
- Je suis là. Je ne vous quitterai plus. Le chemin que j'ai accompli durant ces années ne se traverse qu'une fois. Alors n'ayez crainte Felix. J'ai cru en vous chaque jour, peu importe quel soleil se levait...
- Vous pensiez à lui.
Comment le nier ? J'ai écris chaque jour à Dimitri, des mots couchés à l'encre et des heures à espérer qu'il m'entende. Des nuits à hurler de douleur et des minutes à panser mes plaies. J'embrasse les gants de Felix et le quitte en lui souhaitant une douce nuit. Cette fois il ne me suit plus et ira très certainement rejoindre Sylvain, sa véritable âme soeur. Moi je m'en vais vers la mienne.
Je monte jusqu'aux portes de la Cathédrale. Se présenter ainsi dans un lieu sacré, en portant sur la tête le fardeau des emblèmes, cela me parait ... amusant. Il m'a fallu du temps pour comprendre pourquoi une telle transformation frappait mon corps. J'ai même sombré dans la folie et le désespoir le plus complet. La nuit où elles ont poussé, où elles m'ont percé le crâne pour venir couronner l'acte impardonnable que je venais de commettre. Tandis que le sang coulait, il me semblait avoir perdu le dernier morceaux de mon âme.
Et l'on m'a sauvé. On m'a aidé à repousser mes peurs et mes angoisses. A lutter contre l'obscurité qui noyait mon coeur et à la faire mienne.
Je suis Lunalee. Bestiale et magicienne. Plus rien en ce monde ne pourra me faire peur car les plus grandes frayeurs, je les porte en moi. La morts, le meurtre, la colère, le sang ... Des cornes m'en sont poussé sur la tête.
Alors tient toi près Dimitri, mon tendre Prince, je ne te laisserait pas sombrer dans un abime loin de moi.
Héhé * essuie sa bave * pour le prochain chapitre : un nouveau dessin de couverture avec Lunalee ! (version post ellipse). A tout bientôt !
