Bonjour ! Voici la suite. :)
Merci à tous ceux qui me lisent et me soutiennent depuis plus quatre ans ( Oula, déjà ?) vous êtes très patient ;)
N'hésitez pas à me laisser un petit mot doux dans les reviews pour me dire ce que vous pensez de ce chapitre et bonne lecture ;)
« Alors, vous avez trouvez les preuves ?! » S'enthousiasma Kakashi à la vue de son ami et collègue à la cicatrice.
« Oui, oui, on a trouvé... » Lui répondit-il, son regard était triste et ne se détachait pas de celui aux cheveux blancs.
« Iruka, qu'est ce qui se passe ? » Lui demanda-t-il, inquiet.
« La cheffe arrive ... » La voix de l'inspecteur était chevrotante, puis son regard se détacha de Hakate pour rencontrer les prunelles onyx de Sasuke qui le fixaient depuis qu'il était entré. Le jeune inspecteur s'appuya enquite dos contre le mur sans ajouter un mot.
Tous les regards étaient fixés sur lui dans une attente angoissante. Au bout de quelques minutes, Tsunade et Obito entraient à leur tour silencieusement dans la petite salle. Le brun habituellement rieur était aussi fermé que Iruka, il ne prononça aucun mot. Tsunade ferma la porte derrière elle et d'un signe de la tête en direction de Gaï lui fit comprendre qu'il était attendu à l'extérieur. Ce dernier se leva, elle lui chuchota à l'oreille et l'inspecteur en vert prit une expression sévère que Kakashi ne lui connaissait pas. Après cela, il quitta la pièce promptement la tête baissée pendant que Tsunade s'avança au milieu de la petite salle :
« Kakashi, on a pas trouvé tes preuves. » Commença doucement Tsunade. « Mais on a trouvé des preuves.
- C'est quoi ce regard, Obito ?
- Explique-moi, Kakashi ! » S'écria Obito comme un appel au secours.
L'homme brun se mit à pleurer et même temps qu'il s'approcha de la table devant laquelle ils étaient réunis et jeta sur cette dernière une chemise rouge qui arriva sous le visage du gamin Uchiwa. Lorsque cette dernière s'écrasa sur la surface de la table, elle laissa glisser des photographies qui semblaient avoir été prises à l'aide d'un appareil photo polaroid.
Tous eurent un regard médusé sur ce qu'avait été photographié. L'avocat se leva et étala davantage les photographies afin de pouvoir les voir mieux. Il s'agissait de photos de Sasuke, qui semblaient avoir été prises à son insu puisque ce dernier ne regardait jamais l'objectif. Certaines montraient le jeune garçon en train de faire ses courses quand d'autres le montraient encore dans les transports en commun, en train de se changer ou de se doucher. Le gamin apparaissait nu ou presque sur la plupart des photos. Kakashi prit d'une main tremblante l'une des photos, ses yeux s'écarquillaient au fur et à mesure qu'il découvrait les photos. Pourquoi y avait-t-il des photos de ce gamin ? Certaines étaient à la limite de la pédopornographie. Qu'est ce que cela voulait dire ?
« Obito, qu'est ce que c'est que ça ?
- C'est plutôt à toi de me dire ça !
- Pourquoi ? » S'écria à la même hauteur sonore l'inspecteur aux cheveux gris.
« Que faisaient ces photos chez toi ? » S'écria Tsunade.
« Quoi ?! » Kakashi tombait des nues. De quoi parlait-elle ? Ces photos, chez lui ? Impossible !
« Ton appartement était dans un état lamentable ! » S'indigna son ami de quasiment toujours pendant que Iruka fixait le sol semblant retenir ses larmes. « Et dans ton bureau, on trouve des photos nu du gamin que tu harcèles depuis des mois. »
Kakashi ne su pas quoi dire. Comment était-ce possible ?! Que faisaient ces photos chez lui ? Quand avaient-elles pu être mise ?
« Je ne sais pas, je ne comprends pas. » Marmonna-t-il tout de même assez fort pour qu'on l'entende.
L'inspecteur était perdu. Et ses preuves à lui ? Celles qu'il avait trouvé grâce à un véritable travail de recherches. Les connexions du gamin au serveur de la police, la disparition de son postier, celle d'un informaticien après être passer chez lui ? Ses achats illégaux ? Ses travestissements pour échapper à ses voisins ?
Où étaient ces preuves-là ?
Il vit le gamin Uchiwa prendre l'une des photos et la regarder comme si de rien n'était. Toute l'attention était sur Kakashi mais personne ne voyait que le gamin n'était même pas surpris qu'il y ait des photos de lui nu chez le policier. Puis son regard onyx indifférent croisa celui sombre de l'inspecteur et l'énigme se résolut d'elle-même.
« C'est toi ! » S'écria-t-il, fou de rage en désignant Sasuke du doigt : « C'est toi qui a mis ça chez moi ?! »
Le morveux bredouilla timidement une réponse inaudible, qu'est ce que Kakashi détestait quand le môme parlait ainsi !
« De quoi tu parles, Kakashi ?!
- Laisse ce gosse tranquille, par pitié ! » S'écria Iruka en attrapant Kakashi par l'épaule.
« C'est lui qui a manigancé tout ça contre moi ! J'avais des vraies preuves !
- Pourquoi tu m'as pas dit que tu allais mal ? » Obito s'approcha de lui à son tour et le prit dans ses bras, Kakashi rejeta son affection. Avant de hurler encore plus fort :
« Il a manigancé tout ça
- Et quand est-ce qu'il aurait eu le temps de faire ça ?
- Hier soir, c'était la soirée pour Neji, le fils du chef de la Police. Avant la soirée, les preuves y étaient et il n'y avait pas ces photos. Je ne suis pas rentré chez moi depuis.
- Je n'ai rien fait. » S'éleva une petite voix dans la pièce.
« Sasuke... » Fit Obito, la voix confuse.
« Que faisais-tu hier soir ?
- Kakashi, c'est pas à toi de poser les questions. » Le coupa Tsunade, le retenant par les épaules.
« Je jouais à un jeu en ligne. Vous pouvez vérifier ma connexion et demander aux gens avec qui j'ai joué.
- Très bien, faisons ça. » Décida Obito.
« Attendez ! » Commença le père de Karui en tapant du poing sur la table : « Le simple fait que l'on ait retrouvé ces clichés pornographiques chez lui en plus de l'agression devrait le mettre en état d'arrestation.
- Vérifions juste ça ! » Le supplia Iruka en se tournant vers le plus jeune présent dans la pièce. D'un regard il l'implorait d'accepter cette dernière demande, ce que Sasuke fit sans aucune réticence à la surprise de Kakashi. Puis Obito demanda au plus jeune de donner toutes les informations dont ils avaient besoin.
« Pas de soucis. Je ne les connais pas dans la vraie vie, mais je joue avec eux depuis deux ou trois ans.
- Tu jouais avec eux hier ? Sûr ? » Demanda l'avocat à son tout nouveau client.
« Oui, je suis sûr. » Réitéra le lycéen sous le regard noir de Kakashi.
« Très bien, c'est la demande de la dernière chance. Après ça, je ramènerai le jeune Uchiwa chez lui et cela prouvera que votre collègue n'est pas en état de diriger l'enquête. Je demanderai personnellement, par les voies légales, qu'il la quitte.
- Ça va prendre un peu de temps avant de pouvoir les contacter tous. » Iruka prit le bout de papier sur lequel figurait ce qu'il avait demandé, son pseudo, son mot de passe puis il lut les noms des autres joueurs à voix haute : « il y a : "jean-midu42", "lEventail", "Ramen-Chan", "Kirito69", "Kaaal" et "Cerfsama"-
- Cerfsama ? » Répéta Shikaku.
« Ça te dit quelque chose ? » Le questionna Iruka.
« Je sais que mon fils joue à ce jeu, il y passe énormément de temps. Et je suis relativement sûr que c'est son pseudonyme. Ma famille vient d'un petit village près de la forêt des cerfs, c'est un animal symbole dans la famille.
- En attendant les résultats, on peut demander à ton fils ? Il est dans le coin en plus, non ? » Demanda Obito.
« Il est en stage avec Choza.
- Faisons comme ça, alors. » Décréta Tsunade.
Obito marchait vite sans s'en rendre compte, il fallait qu'il sorte où il allait exploser. Il aurait voulu qu'on foute la paix à ce môme pour le reste de la journée, il en avait suffisamment bavé. Lui et Shikaku étaient parti sur le champ pour aller interroger le jeune Nara, l'aîné avait pris la liberté de le suivre et marchait rapidement juste derrière lui. Heureusement qu'il était venu, Obito ne savait absolument pas à quoi ressemblait le fils. Leurs pas résonnaient dans les longs couloirs blancs et vides en direction de la section scientifique. Arrivés au laboratoire, il vit Choza accoudé à une table d'autopsie avec un verre de vin à la main. Il discutait avec une personne étrangement ressemblante à son collègue aux cheveux attachés :
« Choza ! » L'interpella joyeusement Shikaku avant que ce dernier ne se retourne vers eux.
Le jeune individu qui arborait la même expression de flegme qu'avait l'habitude de porter Shikaku releva à peine les yeux quand l'inspecteur brun arriva près d'eux. Quand Shikaku fut près de son fils, il passa son bras autour des épaules de sa version miniature avant de lancer en direction d'Obito :
« Ob', je te présente mon fils : Shikamaru. Ou comme j'aime le surnommer : "mon Erreur Préférée". » Le dénommé Shikamaru leva les yeux aux ciel.
Malgré énervement et le stresse qui compressait son cœur, Obito lâcha un sourire malgré lui. Il fallait qu'il se reprenne. Ce n'était pas en agissant comme Kakashi qu'il allait aider son ami. Il délaissa l'expression sérieuse qu'il abordait depuis qu'il avait quitté la salle d'interrogatoire pour une expression plus relaxée, plus naturelle pour lui :
« Salut, ravi de faire la connaissance du mini-Shikaku. Depuis le temps que je travaille ici, c'est incroyable qu'on se soit pas vu avant.
- Salut, c'est pas faux ! » Rit l'étudiant en stage à son tour.
Le jeune homme était tout simplement une version plus jeune de son père, même couleur de peau, de cheveux, de yeux. Un visage identique et des expressions faciales similaires à son père.
« Tout se passe bien pour ton stage dans la police scientifique ?
- Ouais, c'est nickel. Tout le monde est vraiment top avec moi.
- Heureusement que Papa a pu te trouver un stage, mon petit chéri d'amour. » S'exclama Shikaku tout en attrapant l'une des joues de son fils qu'il tira avec affection.
« Papa ! » Râla Shikamaru sous le regard hilare d'Obito qui ne cherchait même pas à se cacher.
« Puisque c'est comme ça, je t'appellerai "le Vieux" à partir de maintenant.» Cet homme avait décidément un humour vraiment spécial et malheureusement pour les gens qui entouraient le fils, ce dernier semblait en avait hérité.
« T'as raison, je veux pas que les collègues apprennent que toi et moi on est liés... » Rit encore une fois Shukaku face à son fils qui levait les yeux en l'air.
« Choza, on a besoin de lui. On peut te l'emprunter ?
- Pas de soucis, mais il s'appelle "Reviens avant 18h".» Rit le gros homme accompagné du père qui trouvait cette blague particulièrement hilarante.
« Il s'agit de quoi ?
- Viens, suis moi, s'il te plaît. » Fit le père au fils : « Il faudrait que tu nous confirmes un alibi pour quelqu'un.
- Qui est-ce ?
- Tu ne le connais pas.
- Je suis l'alibi de quelqu'un que je ne connais pas ?
- Ouais... Avec sa connexion internet et les pseudos utilisés, on est remonté jusqu'à toi. Apparemment, vous jouez souvent aux jeux vidéos ensemble. Il faut juste que tu nous dises si effectivement il était connecté ce jour-là.» Lui expliqua le collègue de son père, arrangeant un peu la vérité.
« Tu peux nous confirmer ton pseudo en ligne ? Tu sais le jeu auquel tu joues tous les jours jusqu'à pas d'heures?
- C'est Cerfsama. » Répondit l'étudiant en pharmacie un sourire en coin.
Obito inspira profondément, se réprimanda un sourire et l'emmena vers les salles d'interrogation. Choza décida de s'inviter à leur suite. Shikamaru suivait silencieusement les plus âgés posant son regard un peu partout. Il connaissant pourtant cet endroit comme sa poche, combien de fois il avait joué ici étant gosse. Le couloir principal avait toujours été son favori, il y passait en skate dans sa période rebelle et se faisait toujours reprendre par cet abruti de Hûyga.
Il écoutait, sans vraiment prêter attention, la discussion de l'inspecteur brun, Choza et son père quand quelque chose capta son regard. Il vit dans l'une des salles d'interrogatoire, un gamin avec de grosses lunettes, il était accompagné d'un homme aux allures sévères qui téléphonait et tapait du poing sur la table et de Tsunade. Sûrement une conversation houleuse... Les lunettes du gamin étaient si épaisses qu'il ne parvenait même pas à voir son visage. Il avait la tête baissée et semblait regarder ses doigts mais il était évident qu'il ne les regardait aucunement, le pauvre gamin devait être perdu dans ses pensées.
« Pourquoi est-ce qu'il y a un gosse en salle d'interrogatoire ? Celui avec les cheveux noirs, là-bas. » en disant cela, l'étudiant s'approcha de la vitre teintée et pointa du doigt le gamin en question.
« C'est... Je suis pas censé te dire pourquoi les gens sont là.
- Ah ok. C'est juste qu'il a l'air super jeune.
- Il l'est.
- Criminel ?
- J'espère pas... » Répondit Obito ne laissant rien voir son inquiétude.
Mais face à Shikamaru, ce genre de stratagèmes n'avait aucune chance de fonctionner. Il était évident qu'Obito avait de la peine pour le môme et voulait le protéger. Le frémissement de la lèvre supérieure d'Obito, cette façon qu'il avait eut de se ratatiner quand la voix de l'étudiant s'éleva : il n'y avait aucun doute :
« C'est lui que je suis censé innocenter ? »
Obito détourna les yeux laissant de nouveau malgré lui échapper l'information voulue. C'était bien ce gosse dont il devait confirmer l'alibi. Il jeta un dernier coup d'œil au gamin. Il se demandait ce qu'il avait bien pu faire, mais face à la mine déconfite de son interlocuteur, il lâcha prise.
« Ok. » Répondit Shikamaru qui croisa ses bras derrière sa tête, signe de reddition.
Comme s'il les avait entendu, le garçon leva la tête en direction de la vitre teintée derrière laquelle il ne pouvait rien voir. Shikamaru observa encore son visage sans parvenir à distingué une quelconque émotion avant de rependre la marche. Quelques pas plus tard, les trois hommes le firent entrer dans une autre salle d'interrogatoire similaire à celle où se trouvait le jeune garçon. Il prirent place autour de la place en silence, et Obito débuta les hostilités de suite :
« Que faisais-tu le 2 juin ?
- J'étais à la soirée avec vous.
- Ok.» Répondit Obito surprit. Sans se laisser décourager, il reprit : « Tu as eu des informations sur les personnes avec qui tu as l'habitude de jouer ce jour-là ?
- On voudrait savoir si tu peux nous dire qui était connecté.
- Ouais, bien sûr. »
Sans laisser paraître quoique ce soit, Shikamaru sorti son téléphone portable naturellement et il commença faire défiler les messages qu'il avait échangé avec son amie la vieille. Il était excité à l'idée d'être enfin dans la confidence d'une vraie affaire, Choza était fort sympathique mais il ne le laissa rien faire par peur de le choquer ou de le bousculer alors que lui n'attendait que ça.
« D'après une joueuse qui s'appelle "jean-midu42" toute la bande était en ligne ce soir là : Ramen-Chan, Kirito69, lEventail, Kaaal et Taka aussi.
- Tu nous confirmes bien la présence du joueur "Taka" ce jour-là ? » Demanda Obito un peu trop joyeux sous le regard réprobateur de Choza.
Shikamaru relut les messages de la soirée à voix haute, sa demande quant à Taka et la réponse de jean-midu42 qui lui avait annoncé que que ce dernier était bien parmi eux.
« Oh putain de merde ! » S'exclama gaiement Obito en mettant ses mains en prière.
« Obito ne fait pas de préférence.
- Je ne fais pas de préférence.
- On dirait pas. » Lui répondit Choza dépité sous l'œil de Shikaku qui préférait ne pas intervenir.
« Comment tu peux me sortir une chose pareille, Choza ?! Kakashi est mon meilleur ami, il pourrait me cracher à la gueule, m'insulter, me haïr, moi je l'aimerai toujours et je serai là quand il aura besoin de moi. Et là, on a la preuve qu'il va mal et qu'il doit s'arrêter. Je ne veux rien d'autre que l'aider, l'aider à aller mieux. Et pour cela, il doit admettre qu'il a eut tort.
- C'est pas une mince affaire ça... » Commenta Shikaku, bien conscient du mauvais caractère de leur collègue.
« Tu es aussi content pour le gamin.
- Oui. Je l'apprécie beaucoup. Un peu trop, peut-être, pour être totalement objectif. » Avoua presque honteusement Obito. « Il est étrange mais... quand je le vois, je vois un enfant qui a besoin d'aide.
- Ne t'inquiète pas, je ne te juge pas.» Lui sourit Choza. « J'ai la même impression que toi.»
Shikamaru les regardait se disputer sans trop saisir la portée de l'information qu'il venait de livrer quand la connexion neuronale se fit :
« Oh c'est pas vrai ! Le gamin dans l'autre salle, c'est TAKA ?! »
Il était si heureux de mettre un visage sur cette voix si singulière. Étrangement, il ne l'avait pas imaginé comme ça. Il l'aurait imaginé plus... souriant... en même temps l'endroit n'était pas propice aux sourires :
« Bien sur qu'il est innocent ! » S'écria Shikamaru sans pouvoir se contrôler.
« On te demande pas ton avis.
- Mais c'est un gamin ! Il est tout gentil, il s'est fait emmerder toute sa scolarité par des gros lourdauds, ses parents s'occupent pas de lui, ne l'aiment pas et s'en fichent complétement. Je peux vous donner le numéro de ceux qui ont joué avec lui le soir-même, vous verrez ! »
En disant cela, il se saisit de son téléphone et appuya rapidement sur le numéro de jean-midu42. Au bout de plusieurs bips, une voix visiblement très fatiguée et inquiète décrocha.
« Cerfsama ? Tu as un soucis ? C'est étrange que tu appelles...
- Bonsoir jean-mi, j'espère que je te dérange pas avec ton bébé. Mais Taka a un soucis et on a besoin de toi pour l'aider.
- Oh non ! Mon pauvre Taka ! Dis-moi tout. » S'angoissa la voix à l'autre bout du fils.
« Bonsoir, Madame. » Fit Obito, en prenant le téléphone du fils de son collègue, avec un professionnalisme que Shikamaru ne lui connaissait pas. « Nous aimerions que vous puissiez nous confirmer la présence en ligne du joueur "Taka" le 2 juin au soir. Pour cela, nous aurions besoin que vous veniez faire une déposition à l'Hôtel de Police de Konoha.
- Konoha ? C'est loin, ça !
- Si vous ne le pouvez pas, nos collègues de votre ville viendront à vous pour prendre votre déposition.
- Oui, je veux bien. Avec mon conjoint, on ne peut pas vraiment se déplacer.
- Pourrais-je avoir vos coordonnées s'il vous plaît. »
Obito marqua rapidement quelques mots sur un bout de feuille déchirée que Shikamaru aperçu brièvement : " Mlle. Hotaru No Gyôja à Tsuchigumo". Il comprenait la réaction de jean-midu42, Tsuchigumo était effectivement à plusieurs heures de train de Konoha, mais la connaissant, elle ferait des jours de train si c'était pour l'un de ses amis. Et pour Taka, son chouchou, encore plus.
Obito quitta la pièce sous les chapeau de roux, trop heureux d'avoir un alibi pour le gamin. Il fallait qu'il prévienne Itachi, lui aussi s'était pris d'affection pour ce môme à l'air impassible.
Après vingtaines tentatives, Ino réussi finalement à sortir de son lit. Plus elle avançait dans sa grossesse, moins elle parvenait à se déplacer seule. Sept mois déjà.
Sept mois ?!
Cela faisait déjà tant de temps ? Elle avait l'impression que c'était pourtant hier qu'elle était encore au lycée... Ses crises de rire dans la cour avec Karui, les cours de sports, Temari, ses parents... Elle n'avait jamais pensé que les cours de Maths de Mme Mitarashi lui manquerait un jour. La vie était décidément surprenante. Heuresement qu'elle avait eu le droit de sortir un peu sinon elle ne sait pas si elle serait encore lucide.
L'était-elle encore ?
Elle haussa les épaules et se dirigea vers le frigo. M. Uchiwa avait fait le plein, visiblement. Elle sorti une barquette de tomates cerises et s'avachit de tout son long sur le canapé. Elle voulait manger des sucreries mais ces dernière s'étaient vues interdites de séjour dans la cave par son ravisseur parce qu'elles étaient soi-disant "mauvaises pour les dents" et "mauvaises pour la santé". Qu'est ce qu'il pouvait être sévère ! En même temps, elle avait pris plus de poids que nécessaire, du coup il n'avait pas tord. Monsieur le sociopathe ne se rendait même pas compte à quel point il était bien plus intentionné que certaines personnes "saines d'esprit". Il faudrait juste qu'il arrête de tuer des gens et il serait l'homme parfait !
Ino rit toute seule à ces chimères.
Il faudrait déjà qu'elle trouve comment l'aider à aller mieux. Qu'est ce qui pourrait bien lui être arrivé ? Au point de le changer aussi radicalement ? Elle en avait une vague idée mais les scénarios dans lesquels il lui était arrivé des horreurs la minaient et elle ne voulait pas y penser. Tortures, viols et violence. L'être humain dans ce qu'il fait de mieux. Pendant combien de temps ? Elle ne voulait pas le savoir non plus.
Une sensation de violence électrocuta jusqu'à ses pointes de pieds. Elle s'assit subitement en se tenant le ventre.
Encore des contractions.
Depuis une semaine, il lui arrivait souvent d'en avoir. Et d'après ce qu'elle avait lu, ce n'était pas prêt de s'arrêter. Depuis hier elles étaient particulièrement douloureuses, s'appliquant à détruire le bas de son dos, elle peinait à respirer normalement.
Tout va bien se passer...
Ino s'estimait heureuse, elle avait eu grossesse tranquille et n'avait pas eu de gêne particulière. N'ayant pas eu de suivis médical, elle espérait que ce soit bon signe et cela voulait dire que le bébé allait bien. Elle aurait aussi aimé savoir si le bébé était un garçon ou une fille. Pas que qu'elle ait une préférence, simplement pour savoir et s'imaginer son enfant.
Ce qu'elle redoutait vraiment c'était l'accouchement. Elle aurait aimé pouvoir aller à l'hôpital mais Sasuke ne la laisserait jamais sortir. Elle pouvait lui jurer son amour à s'en saigner les veines mais lui ne voudrait pas prendre le risque qu'elle le dénonce. Peut-être que Sasuke avait pensé à un plan pour l'accouchement ? Ils avaient encore deux mois pour ça, donc elle ne se faisait pas trop de soucis. Mais il faudrait commencer à s'y intéresser sérieusement. Une contraction plus virulente se fit sentir et plongea la jeune fille dans un état de panique. Tout son corps se mit à trembler tandis qu'elle essayait désespérément de se calmer.
Rentre vite...
Cela faisait déjà trois heures qu'ils étaient là et la table d'interrogation était jonchée de dizaine des gobelets de café vides pour certain et de chocolat pour d'autres. Iruka était sur le point de s'endormir sur sa chaise tandis que Tsunade et l'avocat restaient de marbre, plongés dans un combat de regards sans fin. Obito et Shikaku avaient emmené Kakashi dans une autre salle d'interrogation en attendant que les experts informatiques aient fini d'analyser le compte du jeu en ligne de Sasuke Uchiwa. Le gamin avait lui aussi l'air épuisé et semblait lutter contre la fatigue mais ce dernier se réveilla d'un coup quand enfin on toqua à la porte.
C'était Kakashi, Shikaku et Obito suivis des experts informatiques qui étaient allés les chercher quelques minutes plutôt. Tous prirent place autour de la table tandis que les experts informatiques prirent la paroles :
« La connexion de Sasuke Uchiwa démontre bien qu'il était en train de jouer chez lui le soir du 2 juin. » Les informaticiens l'annoncèrent durement.
Kakashi tomba des nues. Comment ? Comment était-ce possible ? Il n'avait pourtant pas rêvé. Toutes ces heures à traquer les informations. Comment ?
« C'est pas possible...
- Kakashi... » Obito s'approcha de son ami et le prit tendrement dans ses bras.
« Tu as besoin de repos, Kakashi. Et je serai là pour toi.
- Obito, c'est pas... je- c'est pas possible. Mes preuves ! Il y avait quelqu'un chez lui, ce n'est pas possible autrement.
- Les discussions écrites démontrent des détails personnels de la vie du jeune garçon.
- De plus tous ses amis ont des alibis qui ont été confirmés. Il n'y avait personne de sa connaissance qui pouvait y jouer à place. » Informa Shikaku.
« Le gamin était bien chez lui. » Synthétisa l'avocat, puis il posa sur regard dur sur l'Inspecteur aux cheveux blancs.
« Kakashi, je suis désolée mais je te retire de l'Affaire Yamanaka et ton insigne.
- Quoi ? Tsunade, tu ne peux pas me faire ça ! » La voix tremblante de Kakashi avait résonné dans toute la pièce comme un appel à l'aide.
Il ne pouvait pas s'être fait avoir par ce môme ! Ce n'était qu'un gamin ! Comment ? Comment ?
« Je le fais pour toi. Ce n'est que temporaire, tu vas te reposer et tu devras montrer que tu es digne de ton insigne pour le retrouver. »
« Et de mon côté, je ferai en sorte que jamais cet homme n'ait de responsabilité aussi importante que celle de veiller sur ses concitoyens.
- Maître Kunoichi !
- Cet individu est un être dangereux en plus d'avoir l'air gravement malade. Rien que pour les clichés, il mérite la prison et je suis sidéré de voir la police être si tendre avec un criminel.
- Je ne suis pas un criminel ! » Hurla encore Kakashi aux abois, indigné qu'on le nomme de la sorte.
Il avait lutté toutes ces années contre les criminels, on ne pouvait pas le mettre dans le même panier que ceux qu'il avait envoyé en prison. Il voulu se lever de sa chaise mais quand Shikaku lui attrapa l'épaule, lui intimant en silence de rester assis, il ne s'était débattu. Iruka s'approcha de son coéquipier et l'entraîna en dehors de la pièce. Résigné, Kakashi se leva et le suivit en silence. Avant de quitter la pièce, il fit face à Sasuke et à son visage sans émotion comme pour l'imprimer à jamais dans son esprit.
« Sasuke, je te demande pardon. Au nom de toute la police. » Tsunade s'inclina respectueusement devant lui. Obito baissa les yeux aux côtés de sa supérieure hiérarchique sans rien dire : « Nous avons été négligeant parce qu'il était l'un des nôtres.
- Je comprends.» Commença le lycée bien plus confiant dans ses mots qu'au début de l'affaire : « Je n'aurai pas été le principal concerné, j'aurai cru l'inspecteur Hatake aussi. J'imagine qu'on ne peut pas savoir ce qui se passe dans la tête des gens.
- C'est bien vrai. » Appuya l'avocat.
« Est ce que tu souhaites porter plainte pour les clichés ? Il y aura évidement un procès pour la possession de ces clichés mais tu peux également porter plainte pour atteinte à ta vie privée et harcèlement.
- Non, une simple ordonnance d'éloignement m'ira. Je ne veux pas embêter mes parents avec des scandales inutiles. Ils ne seraient pas d'accord pour payer un avocat et ils ne me donnent pas assez d'argent pour cela de toutes façons.» Répondit le jeune garçon surprenant Obito par sa maturité.
« De mon côté, je veux un examen psychologique et la preuve d'une prise en charge de l'inspecteur Hatake. Je ne veux pas que l'homme qui s'en ait pris à ma fille soit en possession d'une arme à feu.
- Je comprends, Monsieur Kunoichi. Vous serez tenu au courant de ce qu'il en adviendra.» Assura Tsunade au père de famille.
« Très bien, je pense qu'il est l'heure pour Sasuke de rentrer chez lui.» Fit l'homme aux traits sévères en direction de l'Inspectrice générale. « Tu dois être épuisé » Reprit-il à l'intention de Sasuke cette fois, adoucissant sa voix.
Le garçon ne répondit que par un hochement de tête positif et suivit l'avocat qui sortait de la pièce, après que ce dernier ait donné ses coordonnées à la cheffe du service, l'inspecteur Obito les escorta vers la sortie. Le chemin jusque l'extérieur se fit en silence. Devant l'entrée du poste de police, Obito dit au revoir à Sasuke qui le lui rendit avant d'ajouter :
« J'espère que l'inspecteur se soignera bien. »
Obito était surpris que le gamin ne garde pas de grief contre son ami :
« Ne t'inquiète pas, je vais veiller personnellement sur lui. Je vais le requinquer, il sera comme neuf !» Plaisanta l'inspecteur brun avant d'ajouter plus sérieusement : « Jamais je ne l'abandonnerai.
- Il a beaucoup de chance de vous avoir, alors. » Ajouta l'Avocat moins en colère que précédemment, Obito ne répondit que par un sourire triste.
La voiture du père de Karui se gara dans l'allée. Sasuke sortit et remercia poliment le père de son ami pour son aide. Sur le chemin, ils avaient parlé des droits de Sasuke quant à l'Affaire Hatake mais ce dernier ne souhaitait que rentrer chez lui. Tant que Hatake n'était plus en mesure de s'opposer lui, cela allait au sociopathe. Il n'y avait pas de raison de s'acharner sur lui, ce n'était pas son but. Si l'Inspecteur Hatake ne s'était obstiné à le voir coupable, rien de tout cela n'aurait été nécessaire.
Étrangement le regard remplit de confusion de Hatake et la tristesse des inspecteurs Umino et Tobi le chiffonnaient. Il ne savait pas pourquoi... S'il était effectivement satisfait de la façon dont son plan s'était déroulé, il n'était pas aussi fier que ce qu'il avait espéré. Il avait pourtant battu un ennemi extrêmement dangereux et s'était fait des "alliés" dans la police. Les derniers mots de l'Inspecteur Tobi restaient dans la mémoire de Sasuke. Ses "amis" l'abandonnaient bien souvent. L'inspecteur Hatake méritait bien ce soutien, il était chanceux...
Il fit un signe de la main à Monsieur Kunoichi que ce dernier lui rendit en souriant. Pourquoi les gens étaient-ils gentils avec lui ? Il ne le méritait pas. Cela le dépassait... L'Avocat disparu dans la nuit et au fur et à mesure que son visage disparaissait Sasuke ressentait une gêne profonde. Il ne le méritait pas...
Il était tout de même satisfait de la tournure qu'avaient pris les événements et de la réussite de son plan. Jamais il n'avait imaginé qu'il aurait pu rentrer aussi aisément dans l'appartement de Hatake, détruire les preuves de l'inspecteur et laisser trainer les photos de lui nu qu'Ino avait prises avec le polaroid.
L'utilisation de ce type d'appareil avait été vitale, outre le côté vintage qu'il appréciait bien, Sasuke n'avait pas eu besoin d'utiliser un logiciel pour retoucher les photos afin faire disparaître ses cicatrices. Et étant donné qu'il n'était pas un spécialiste dans la matière, cela se serait vu tout de suite à cause de la trop haute définition des photos, alors qu'avec le polaroid, la qualité légèrement plus médiocre avait caché ce secret qu'il tenait à converser à tout prix. Ino avait déjà été mise au courant, il ne souhaitait que personne d'autre ne le sache.
Il ouvrit la porte d'entrée, fatigué de tous ses événements et pensait à son lit. A sa douceur et à son confort. Il ira tout d'abord prendre une douche, longue et relaxante. Ensuite, il ira à la cave pour regarder la télévision avec Ino, sinon elle lui fera encore un scandale parce qu'il ne passait pas assez de temps avec elle. Et ENFIN, il pourra retrouver son lit et dormir.
Franchement quelle victime d'enlèvement râle parce qu'elle ne passe pas assez de temps avec son ravisseur ?
Avec sa grossesse cela devenait difficile de lui faire entendre raison. Il fallait encore qu'il s'occupe de ça. Comment faire accoucher la jeune fille ? Peut-être trouver un hôpital qui ne dira rien ? Un praticien pas très net que Sasuke, pourrait faire chanter en échange de son silence et puis après il le tuerait pour plus de sécurité. Et après quoi ? Elle vivra tranquillement dans la cave avec son enfant ? Qui sera sans doute encore plus bruyant que sa mère ? Si tenté que cela fut possible. Sasuke soupira, il n'avait pas envie d'y penser ce soir. Il avait encore le temps, au moins deux mois s'il se souvenait bien. Une fois la porte fermée, il appuya son dos contre celle-ci. Le silence qu'il aimait tant l'accueillit comme un bon ami.
Un silence trop silencieux. Une petite voix dans sa tête lui chuchotait que rien ne serait aussi facile. Il avait une mauvaise impression. Suivant son instinct, il descendit rapidement à la cave, appelant sa colocataire dès la première porte passée. N'ayant pas de réponse, il accéléra le pas pour trouver la jeune fille inconsciente dans le salon. A terre. Il se précipita vers elle, appela son prénom dans le vide. Une fois près d'elle, il la retourna et lui donna de légères gifles pour la réveiller. Quand enfin elle ouvrit les yeux, son visage se tordit de douleur :
« Ino, ça va ?
- Le bébé arrive. »
Réponses aux reviews :
Sakka-Sensei : Coucou ! Ca va bien et toi ? L'inspiration vient et va :) Effectivement, pour Obito tu mets le doigt sur quelque chose d'intéressant, mais je ne peux rien dire de plus (pour le moment, héhé) ;P Bisous !
Miko2005 : Effectivement ils ont un petit lien... mais lequel ? x)
