Chapitre 7 : Nostalgie ou mensonge ?

- Alors mon Général, comment va-t-elle !? S'exclama Havoc lorsqu'il vit son supérieur de retour à l'ambassade.

Il avait attendu son retour avec inquiétude devant le bâtiment, fumant cigarette sur cigarette. Après avoir informé Miles et Scar que son boss ne pourrait pas terminer leur discussion il était allé se doucher et se changer. Puis, il avait guetté le retour de ses collègues en se posant mille et une question. Il avait beaucoup de réponses en attente de validation et il ne savait pas si son supérieur serait disposé à enfin lui parler ouvertement à ce sujet.

- Bien, elle est aux arrêts minimums jusqu'à notre retour à East City et restera chez le Docteur Marcoh pour se reposer, informa-t-il son subalterne qui approuva d'un signe de tête.

Havoc suivit son supérieur, il s'était presque attendu à le voir pénétrer dans l'ambassade, mais il se contenta de suivre sa route jusqu'au domicile de fonction où ils avaient leurs appartements. De par son grade et son implication dans la cause Ishval, il avait le privilège d'avoir droit un petit logement qu'il partageait avec l'équipe lors de leur visite à Ishval, ce qui leur évitait de dormir dans les dortoirs. L'avantage, c'est qu'ils étaient seuls et pourraient donc discuter librement.

- Qu'est-ce qu'il y a Havoc !? S'agaça le Général en fronçant les sourcils.

Il voyait bien que depuis son retour, il le suivait partout. Que voulait-il qu'il lui dise de plus !? Si vraiment il était inquiet pour Hawkeye, pourquoi ne retournait-il pas chez Marcoh !? Bon d'accord, il exagérait... Il prendrait mal le fait qu'il aille attendre au chevet de sa subordonnée. Il savait qu'il n'y avait absolument rien entre eux, mais ça ne lui plaisait pas quand même. Il n'arrivait pas à accepter cette image dans sa tête.

- Vous ne pensez pas qu'il serait tant d'être honnête ! S'exclama Havoc sans en découdre.

Il savait qu'il risquait de se faire cramer la cervelle en parlant aussi ouvertement avec l'alchimiste de flamme, mais au bout d'un moment, il fallait que le Général se fasse une raison. Il ne pourra pas garder son secret éternellement. Il en avait marre d'être le dindon de la farce et qu'aucun d'eux ne daigne le tenir au courant de la situation. Il pensait pourtant avoir fait ses preuves et être digne de confiance et de respect.

- Être honnête !? Renchérit l'alchimiste en haussant les sourcils d'un geste interrogateur. Et à quel sujet !? Renchérit-il en croisant les bras.

- A propos de votre relation secrète avec le lieutenant ! S'exclama Havoc n'y allant pas par quatre chemins.

C'était dur de dire ça comme ça et l'enjeu était de taille, il risquait gros ! Mais aujourd'hui, il était plus qu'inquiet pour l'état de santé de sa collègue et il savait que ça avait été provoqué par quelque chose d'ordre intime entre son supérieur et elle. Il en mettrait sa main à couper.

- Tu divagues Havoc ! S'exclama Roy en secouant la tête avant de reprendre son chemin vers sa chambre, mettant ainsi fin à la conversation.

Mais le fumeur n'était pas prêt à se laisser rembarrer aussi facilement.

- Ah d'autres ! Vous pouvez nier, je suis sûr que vous couchez ensemble ! S'exclama-t-il en prenant de cours l'alchimiste.

Ce dernier stoppa sa route et se retourna vers son subalterne avec un regard impassible. Ce n'était pas la première fois qu'il énonçait ce sujet, mais c'était la première fois qu'il le disait aussi ouvertement. D'habitude, il était plus subtil et tentait de le lui faire cracher le morceau en lui tendant des pièges qu'il avait toujours su éviter, parfois facilement, parfois de justesse. Il était doué. Mais alors que lui prenait-il aujourd'hui de sortir ça aussi facilement et avec cet air si déterminé !? Il fronça un instant les sourcils. Non, il ne plaisantait pas ! Il était carrément sérieux !

- Encore cette histoire !? S'exclama-t-il finalement en soupirant.

Le mieux pour le dissuader était de jouer la carte de l'ennui et de l'accablement. S'il s'énervait, il savait qu'Havoc jubilerait car il saurait qu'il aurait touché une corde sensible. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il n'avait pas envie de se prendre la tête et de faire en sorte d'induire son subordonné en erreur. Pourquoi fallait-il qu'il remette ça sur le tapis là maintenant !? Est-ce que c'était le moment pour avoir ce genre de conversation !? Le lieutenant était convalescente et ils étaient à Ishval pour une affaire d'attentat... Il était sérieux !?

- Vous savez, je n'ai jamais parlé à personne de ce qu'il s'est passé à Arnétise ! Renchérit-il bien décidé à entrer dans le vif du sujet.

Quand Breda était à ses côtés, il ne pouvait jamais sortir cet argument car le rouquin n'était absolument pas au courant de cette histoire. Mais aujourd'hui, ils étaient seuls dans ce logement de fonction et personne pour venir les interrompre. Alors il se disait qu'il pouvait à présent utiliser cet argument de poids contre l'alchimiste pour l'obliger à être honnête.

- Il ne s'est rien passé à Arnétise ! Rétorqua Roy en le fusillant du regard.

Il avait peut-être répondu un peu trop brusquement et froidement... Ce qui suscita grandement l'intérêt du fumeur qui ne répondit pas tout de suite mais qui laissa naître un petit sourire en coin sur le bout de ses lèvres. Pourtant, les paroles de l'alchimiste n'était pas totalement fausse ! Mais elle n'était pas totalement vrai non plus... S'ils n'avaient pas officiellement couché ensemble cette nuit-là, ils avaient eu un rapport beaucoup plus intime qu'une simple relation de supérieur à subordonnée...

- Vous avez dormi ensemble, notifia Havoc en insistant sur les détails après un instant de silence.

Roy voyait bien que son subalterne n'était pas près de lui lâcher la grappe et il soupira avant de rétorquer.

- Effectivement, nous avons dormi ensemble ! Dormir, du verbe dormir ! Et !?

Il lança un regard froid au fumeur qui ne voulait pas faire disparaître ce stupide sourire sur son visage et qui commençait sérieusement à agacer l'alchimiste. Il était hors de question qu'il flanche aujourd'hui. Pas alors que la loi aller bientôt paraître et qu'il n'aurait plus besoin de se cacher. Ne pouvait-il pas patienter jusque-là !?

- Je pense que tu te souviens aussi bien que moi de l'état de détresse dans lequel se trouvait Hawkeye ! Je ne pouvais me permettre de la laisser seule ! Renchérit-il plus froidement encore.

Oui, Havoc se souvenait très bien de l'état de Riza ce jour-là. Il ne pouvait pas l'oublier, surtout pas depuis qu'il avait eu pour la seconde fois de sa vie un comportement similaire de la jeune femme aujourd'hui même.

- Je ne pourrais jamais l'oublier ! Surtout pas avec la piqure de rappel à laquelle j'ai eu le droit aujourd'hui ! S'exclama-t-il en clouant le bec de son supérieur.

Et pour lui avoir cloué le bec, il l'avait fait. Roy se rendit compte qu'il ne connaissait rien de la cause qui avait conduit Riza dans cet état... Havoc était venu l'informer, et il n'avait pas cherché à en savoir plus. Il blêmit. Et s'il était au courant de quelque chose qui lui avait échappé !?

- Que s'est-il passé !? S'exclama-t-il avec inquiétude.

Tout à coup, il était prêt à communiquer avec son subalterne. Il laissa tomber l'idée de s'enfermer dans sa chambre et alla s'assoir à table, suivi par le fumeur, heureux de voir que pour une fois, son supérieur se montrait enclin à la conversation.

- ça y est vous êtes prêt à coopérer !? Tenta-t-il de blaguer avec un demi-sourire.

Mais son sourire mourut aussi vite que son regard croisa celui froid et dur de l'alchimiste.

- La ferme Havoc, ne me cherches pas si tu ne tiens pas à finir en steak grillé ! Répondit-il d'une voix qui ne trahissait en rien son émotion.

Il serait vraiment capable de commettre ce geste s'il le poussait à bout. Il devrait savoir depuis le temps qu'on ne plaisantait pas aussi ouvertement avec lui quand il s'agissait de Riza.

- Que s'est-il passé !? Répéta-t-il pour la seconde fois.

Havoc déglutit avant d'expliquer la situation. Se disant qu'en parlant ouvertement avec lui, peut-être en retour en ferait-il de même.

- J'ai obéi et j'ai suivi le lieutenant comme vous me l'aviez demandé. Tout se passait bien, elle sillonnait la ville dans l'espoir stupide d'y croiser par hasard ce Daniel, puis une fillette est venue la chercher et la conduit jusque chez elle.

- Une fillette !? S'exclama Roy en fronçant les sourcils.

Un piège !? Aurait-elle été conduite dans un piège !? D'un coup Roy se posa des questions et au regard du Colonel, il s'était posé les mêmes.

- Oui, renchérit le fumeur. Je me suis renseigné sur cette adresse en vous attendant, il s'agit de la demeure d'un officier Ishval travaillant ici à l'ambassade. Il est marié et père de famille. Il vient d'être père pour la seconde fois. Je ne pense pas qu'il s'agissait d'un piège mais juste d'une hospitalité généreuse !

Roy approuva d'un signe de tête. Ce que venait de dire le Colonel venait de faire tilt dans son esprit. "Il vient d'être père"... Est-ce la vue du nourrisson qui aurait provoqué le déclic chez Riza !? Si sa grossesse avait été menée à terme et sans encombre, leur fille devrait être elle aussi un nourrisson... Est-ce que Riza se serait imaginé à la place de la jeune maman !? Certainement...

Son estomac se noua à l'idée d'imaginer dans quel état devait se trouver Riza après avoir fait la rencontre d'une jeune maman et de son nourrisson...

- Et après !? Demanda-t-il d'une voix sombre, même s'il avait une idée de la suite.

Havoc sursauta, surpris par l'intonation de son supérieur. Il avait les sourcils froncés et semblait en pleine réflexion intérieur.

- Après !? Reprit-il. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans la maison, mais lorsqu'elle en est ressortie peu de temps après, elle semblait complètement déboussolée et dépassée. Elle est passée devant moi sans même me voir et quand j'ai essayé de lui parler, elle ne m'a même pas entendu... Alors je l'ai suivi et lorsque j'ai vu qu'elle s'éloignait vers le désert, je l'ai rattrapé !

Il se tut un instant au souvenir de l'image à laquelle il avait fait face et qu'il l'avait perturbé.

Roy n'insista pas, il avait une bonne idée de l'état dans lequel Havoc avait retrouvé Riza. Et la tête qu'il affichait confirmait sa supposition.

- A-t-elle dit quelque chose !? Demanda-t-il simplement.

Il fallait qu'il sache si Riza s'était confiée à lui comme elle s'était confiée à Marcoh. Parce qu'autant il savait que Marcoh serait muet comme une tombe, autant il ne savait pas avec quelles séquelles en ressortirait le Colonel. Le Docteur avait déjà vu la mort en face avec Ishval... Havoc n'avait pas connu la guerre et s'il avait appris pour la perte de leur enfant, comment réagirait-il !? Il ne pourrait en parler avec personne ! C'était un fardeau qu'il préférait lui épargner.

- Rien... S'exclama simplement le fumeur. Absolument rien... Renchérit-il avec un regard contrarié.

- Rien !? Répéta Roy en fronçant les sourcils.

Il était étonné de cette révélation.

- Elle a surtout pleuré... Je lui ai demandé s'il fallait que je vous prévienne, mais elle a refusé et quand ses sanglots se sont taris, elle m'a juste dit qu'elle était désolée et que ça allait aller... J'ai voulu la croire, mais juste après ses sanglots sont repartis de plus belle et elle était inconsolable... Je ne savais pas où l'emmener du coup je l'ai laissé chez le Docteur Marcoh. Et je suis venu vous chercher.

Roy approuva et n'insista pas. Il était rassuré de savoir qu'il n'était au courant de rien. Il n'avait pas besoin de savoir.

- Vous savez ce qui est arrivé à Riza !? Demanda le fumeur en laissant tomber les formalités.

Roy approuva d'un signe de tête. Il savait que ce n'était pas vraiment une question que lui avait posé son subalterne, mais plutôt une espèce d'affirmation.

- Vous n'allez rien me dire !? Osa demander le blond.

Roy approuva une nouvelle fois. Il ne pouvait pas confier cela à Havoc. Non pas qu'il n'avait pas confiance en lui, mais parce qu'il ne méritait pas de vivre lui aussi avec ce poids sur les épaules. La vie leur avait fait un coup dur à lui et à Riza, mais ce n'était rien à côté des années de bonheur qu'ils leur restaient encore à vivre. Il savait qu'un jour, ils auraient eux aussi droit au bonheur, même si c'était difficile à croire au jour d'aujourd'hui, il ne voulait pas perdre cet espoir.

- Pourquoi !? Insista-t-il sourcil froncé.

- Parce que ce n'est pas à moi de la faire !? S'exclama le brun en haussant les épaules.

Mais était-ce une question où une affirmation ? Après tout, ce n'était pas à lui de lui dire ce que Riza avait traversé. Même s'il s'agissait de sa fille à lui aussi, même s'il avait été présent ce jour-là. C'était Riza qui avait subi cette épreuve et si elle ne voulait pas que ça se saches, c'était son droit, pas le sien. Il ne pouvait pas se permettre de raconter ses secrets si elle ne le voulait pas.

- Tout comme ce n'est pas à vous de dire que vous avez une aventure avec elle !?

Surpris par cette soudaine remarque, l'alchimiste sursauta. Il ne s'était pas attendu à une telle répartie de son subalterne.

- Tu ne vas pas repartir là-dessus !? S'énerva Roy en le foudroyant du regard.

Pourquoi insistait-il !? Qu'est-ce qu'il gagnerait à avoir la réponse !? Il savait qu'il pouvait avoir confiance en lui et qu'il n'irait pas les dénoncer, mais l'euphorie pourrait lui faire oublier de tenir sa langue et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Autant il savait qu'il ne dirait jamais rien sur Arnétise car cette histoire restait assez sombre, autant là, rien ne retiendrait sa joie d'en parler.

- Pourquoi pas !? Rétorqua le blond avec un sourire narquois. Vous semblez vraiment très inquiet pour elle !

- Autant que toi Havoc ! Signala l'alchimiste avec un regard entendu. Est-ce pour cela que je t'harcèle en insinuant que tu as une aventure avec elle !?

Havoc ouvrit la bouche avant de la refermer. Bon d'accord, un point pour Mustang ! Mais il n'allait pas se laisser faire ainsi.

- Je n'ai pas votre complicité ! Renchérit-il pour sa défense.

- Nous avons traversé des épreuves qui ont créé des liens ! Répondit-il sombrement.

Havoc sentait qu'il parlait d'Ishval en disant cela, mais bizarrement, il avait l'impression que d'autres raisons s'ajoutaient à l'équation. Ces mêmes raisons qui le poussaient à comprendre que quelque chose s'était passé entre eux deux.

- Vous êtes borné ! Grogna Havoc qui n'avait plus d'idée pour faire avouer son supérieur. Je suis sûr qu'il s'est passé quelque chose entre vous et que c'est ça qui a mis le lieutenant dans cet état !

- Pas autant que toi ! Rétorqua Mustang en levant les yeux au ciel, agacé par cette conversation. Pourquoi penses-tu que je suis la cause de son état !?

- Je dois tenir ça de mon supérieur ! S'exclama-t-il en souriant. Je dirais mon instinct ! Il n'est peut-être pas aussi bon que celui du lieutenant, mais je sens que cette fois-ci il ne me fait pas défaut !

- Qu'est-ce que tu veux à la fin Havoc !? Soupira Roy qui ne souhaitait qu'une seule chose, que la conversation s'achève et qu'il puisse enfin aller se coucher.

En espérant qu'il arrive à s'endormir ! Mais ça, c'était un autre problème.

- Que vous arrêtiez de me prendre pour un imbécile !? Répondit Havoc en croisant les bras. À force je ne sais plus si je peux encore vous faire confiance !

Et il était sérieux en disant cela. C'était frustrant de suivre aveuglement ces deux personnes en qui il avait un grand respect quand on avait l'impression qu'ils vous cachaient des choses.

- T'es sérieux !? S'offusqua Roy.

C'était la première fois qu'Havoc impliquait la confiance dans la conversation et cela risquait de fortement faire pencher la balance. Roy tenait absolument à avoir la confiance de ses hommes, sinon, comment pourraient-ils les envoyer en missions pour lui !?

- Oui, répondit simplement le fumeur avec fermeté.

- Tu es prêt à tout pour arriver à tes fins !? Renchérit l'alchimiste en posant ses coudes sur la table et son menton dans ses mains.

- À tout ! Rétorqua Havoc en le défiant du regard.

- Et qu'est-ce que tu gagneras à la fin !? Un pari stupide fait avec Breda !? Poursuivit l'alchimiste d'une voix étrangement calme.

- Les paris ne sont qu'un passe-temps ! Lui fit comprendre le fumeur. Je gagnerais surtout à enfin avoir droit à votre respect à tous les deux ! N'oubliez pas que j'ai perdu l'usage de mes jambes pour vous Général !

- Et tu les as également retrouvé grâce à moi ! Signala-t-il en retour.

Havoc approuva d'un signe de tête. Effectivement, c'était également grâce à lui qu'il pouvait de nouveau marcher à ce jour.

- Du coup, est-ce que j'ai le droit à votre respect !? Insista-t-il en prenant la même posture et le même regard que son supérieur.

Ils restèrent là à s'observer. Ce demandant lequel des deux capitulera en premier. C'est Roy qui céda...

- Après tout, ce n'est qu'une question de jour avant que les choses ne changent... Finit-il par s'exclamer en haussant les épaules et en retirer ses coudes de la table.

- Une question de jour !? Répéta Havoc perdu.

Il lança un regard interrogateur vers son supérieur qui poussa un long soupir avant de renchérir.

- Personne n'est au courant, pas même Riza... Expliqua-t-il. La loi sur la fraternisation a été remise en question comme un bon nombre d'autres lois et l'application de ces modifications ne devrait plus tarder à voir le jour officiellement.

- Ce qui veut dire !? S'exclama le fumeur.

En vrai, il avait compris, mais c'était tellement soudain et inhabituel de voir son supérieur capituler qu'il avait peur qu'il ne soit juste qu'en plein délire.

- Que nous n'aurons plus besoin de nous cacher ! Rétorqua le brun simplement.

- Alors c'est vrai !? S'étonna Havoc.

Entre le supposer et le confirmer, il y avait une grande différence et cela choqua le fumeur beaucoup plus qu'il ne l'aurait cru. Alors il n'avait pas rêvé toutes ses tensions ! Il y avait vraiment quelque chose entre le Général Mustang et le lieutenant Hawkeye ! Ça répondait à tellement de questions ! Au fait que le lieutenant est refusée ses promotions ! Au fait que malgré ses aptitudes pour être Général, elle ne soit que l'assistante d'un Général. Tout ! Tout était justifié.

- Waouh ! Ne peut-il s'empêcher de s'écrier. Et ça fait combien de temps !?

- Alors là, vous pouvez toujours courir pour que je réponds à vos questions ! Rétorqua l'alchimiste en se levant et en allant s'enfermer dans sa chambre.

Après tout, il en savait déjà beaucoup trop et il ne fallait peut-être pas pousser le bouchon un peu trop loin ! Il laissa donc là un Colonel avec un sourire niais sur le visage. Il ne désespérait pas d'avoir un jour plus de détails sur la naissance de cette union entre le Général et son assistante.

oOo

Le lendemain, Riza se réveilla un peu perdue. Elle n'était pas dans son lit à East City, ni dans celui qu'elle occupait généralement quand elle était en visite à Ishval. Où était-elle !? Un peu gazeuse, il lui fallut une bonne dizaine de minutes pour retrouver ses esprits et se souvenir des évènements de la veille et de son passage chez Dorah, l'élément déclencheur de son état.

Aujourd'hui elle se sentait beaucoup mieux. Elle ne savait pas trop ce que contenait le mélange que Marcoh lui avait fait boire, mais il lui avait fait beaucoup de bien et elle avait pu passer une nuit reposante et réparatrice sans rêve ni cauchemar. Elle pensa à Roy qu'elle n'avait pas pu voir depuis... Était-il au courant !? Elle avait eu cette étrange impression d'avoir senti sa présence auprès d'elle durant son sommeil. Mais n'était-ce qu'une impression !? Il y avait de grande chance qu'il soit vraiment passé la voir à son chevet. C'était même sûr le connaissant.

Avant de se lever, elle prit le temps de cogiter un peu sur les évènements qui l'entouraient. Penser à la mort prématurée de sa fille lui faisait encore mal, mais depuis qu'elle avait pu en parler avec Marcoh, elle se sentait mieux. Le fait que ce ne soit plus un secret la soulageait beaucoup. Ce qui est encore plus dur dans le fait de devoir vivre avec le deuil de son enfant mort, c'était celui de n'avoir personne avec qui partager sa douleur.

Il y avait bien Roy, mais lui ce n'était pas pareil. Il vivait le même deuil qu'elle et c'était avant tout avec quelqu'un d'extérieur à l'histoire qu'elle avait eu grand besoin de se confier. Elle s'y était toujours refusée de peur de créer des ennuis à Roy si l'histoire s'ébruitait... Elle s'était donc évertuée à enfouir ça tout au fond d'elle et à se concentrer sur son travail pour ne pas y penser. Mais ça avait été une très très mauvaise idée... À la place, elle n'avait fait qu'aggraver son cas chaque jour un peu plus... Que serait-elle devenue si la vision de Dorah et de son nourrisson ne l'avait pas fait réagir !? Jusqu'où se serait-elle enfoncée dans le déni !?

Riza préféra ne pas y penser. Le tout était d'aller de l'avant désormais et de ne plus essayer de le cacher. Maintenant que le Docteur Marcoh était au courant de la situation, elle pourrait toujours profiter de ses passages à Ishval pour venir lui parler par la suite, non !? Enfin, avant toute chose, il lui faudrait d'abord en parler avec Roy. Il méritait au moins cela ! Elle avait des excuses à lui faire. Mais bon, pour cela, il faudrait qu'elle attende qu'ils soient de retour chez eux. Ishval n'était certainement pas l'endroit adéquat pour avoir cette conversation.

Tout en s'étirant, la jeune femme finit par se lever. Elle était encore étourdie de son malaise d'hier, mais bon, si elle avait passé la nuit chez le Docteur, Roy ne devait certainement pas l'attendre à la voir débarquer à l'ambassade aujourd'hui. Elle n'appréciait pas trop l'idée d'être mise à l'écart, mais elle devait se rendre compte qu'elle était allée loin pour se retrouver dans cet état et qu'il fallait qu'elle se repose totalement avant de reprendre le boulot. Si elle faisait une rechute elle serait un boulet plutôt qu'autre chose. Du coup, elle capitula et s'avoua vaincu. Mais ne voulant pas rester à ne rien faire, elle se décida à aller rejoindre le vieux docteur pour lui donner un coup de main avec ses malades du jour.

- Mademoiselle Hawkeye ! S'exclama Marcoh avec un sourire. Comment vous sentez-vous !?

- Je vous en prie appelez-moi Riza ! Répondit-elle avec un sourire à son tour. Je me sens beaucoup mieux merci.

- Asseyez-vous et prenez des forces ! Renchérit-il en lui désignant une chaise.

Il était en train de déjeuner et la sniper s'installa à table pour l'imiter. Elle mourrait de faim et la table du Docteur était beaucoup plus alléchante que le petit déjeuner de la cantine militaire.

- Je suppose que le Général Mustang ne souhaite pas me voir quitter votre maison aujourd'hui !? Osa tout de même demander la jeune femme tandis qu'elle se servait une tasse de café.

Le vieillard ne put retenir un demi sourire derrière sa propre tasse.

- Vous supposez bien ! S'exclama-t-il sans même prendre la peine de masquer son amusement ce qui fit hausser les sourcils de la militaire.

Pourquoi cela amusait autant le vieil homme !?

- Il vous retire de l'enquête le temps de votre convalescence ! Poursuivit le vieillard voyant la mine interrogatrice de la jeune femme.

- Il a fait quoi !? S'offusqua Riza en relâchant sa tasse brutalement, renversant un peu de café sur la table.

Elle n'en croyait pas ses oreilles. Qu'il refuse de la voir aujourd'hui, certes, elle pouvait le tolérer. Une journée de repos ne pourrait que lui faire du bien et la remettre d'aplomb pour la suite. Mais qu'il la retire carrément de l'enquête !? Mais pourquoi !? Elle n'avait pourtant commis aucune faute qui justifiait une telle réaction.

Tout à coup la jeune femme se sentit contrariée.

- Il est passé ce matin ! S'exclama l'alchimiste de cristal. Il m'a dit de vous prévenir qu'il viendrait vous chercher ce soir pour vous emmener à la gare.

- À la gare !? Répéta Riza sans comprendre.

Enfin, sans comprendre... Pas totalement... Elle avait justement peur de comprendre un peu trop ce qu'était en train de faire Roy ! Il était en train de l'éloigner d'Ishval. Pourquoi !?

- Un train part pour East City en fin de journée, précisa le Docteur, même s'il se doutait que la jeune femme avait compris toute seule.

- Quoi !? Et si je refuse !? S'offusqua-t-elle.

Elle était énervée et elle prenait sur elle pour ne pas se pointer à l'ambassade illico presto pour lui faire comprendre le fin fond de sa pensée. Mais était-ce vraiment le moment de faire une scène de ménage !?

Le vieil homme soupira car lui de son côté, n'avait pas envie de subir les répercussions de la colère de la jeune femme à l'encontre du Général. Il savait qu'elle n'apprécierait pas d'être retirée de l'affaire mais que pouvait-il y faire !?

- Le Général repart également ! Se sentit-il obligé de préciser pour calmer le courroux de la jeune femme. Il dit qu'il y a du travail à East City qui l'attend et il laisse le soin au Colonel Havoc de poursuivre l'enquête sur place.

Riza se renfrogna. Roy avait-il vraiment du travail sur East City !? Où rentrait-il exprès pour elle !? Elle n'aimait pas beaucoup l'idée que ce soit à cause d'elle, mais elle n'avait pas le choix... S'il avait déjà tout prévu, elle ne pourrait pas le faire changer d'avis. Du coup, elle se contenta de terminer son petit déjeuner en silence, renfrognant sa frustration.

Après son passage à la salle de bain pour se rafraîchir, et avoir enfilé des vêtements civils apportés par Roy du matin même, elle se rendit auprès du Docteur pour l'assister. Ce dernier ne savait pas si le Général apprécierait qu'il mette à contribution la jeune femme pour l'assister alors qu'elle devait se reposer, mais il connaissait le caractère d'Hawkeye et savait qu'elle ne lâcherait pas l'affaire. Après tout, elle ne risquait rien à panser quelques bobos d'enfants et cela lui ferait du bien de s'occuper l'esprit.

La matinée se passa calmement mais à l'heure du midi, alors que Marcoh s'était rendu au domicile d'une vieille dame Ishval trop âgée pour se déplacer, un homme débarqua au cabinet du vieillard alors que Riza s'y trouvait seule.

Il semblait avoir une cinquantaine d'année et un charme qui perturba Riza sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Dans ses yeux brillaient un éclat qui lui rappeler quelqu'un. Mais qui !? Elle était trop troublée pour s'en souvenir... Il était blond comme les blés et avait une musculature parfaite pour son âge. Ses lunettes lui donnaient un air intelligent et séduisant qui lui allait plutôt bien. C'était un très bel homme et elle se demandait bien ce qu'il faisait ici à Ishval. Travaillait-il à l'ambassade !? Son profil ne lui disait absolument rien. Un homme aussi beau, elle l'aurait forcément remarqué ! Il devait certainement être de passage ici.

- Bonjour ! S'exclama-t-elle avec un sourire chaleureux tout en l'accueillant.

Marcoh avait voulu fermer le cabinet durant son absence, mais elle avait suggéré de tenir une permanence. Si un enfant montrait le bout de son nez pour soigner un bobo, elle devrait pouvoir le soigner sans difficulté ! Mais elle ne s'était pas attendue à voir un aussi "grand enfant" débarquer.

- Bonjour Mademoiselle ! Je venais voir le Docteur Marcoh ! S'exclama l'homme avec un sourire charmeur qui se transforma très vite en grimace de douleur.

Riza intriguée baissa son regard sur le corps de l'homme et nota qu'il se tenait le bras douloureusement et qu'un vêtement taché de sang était enroulé autour.

- Le Docteur est absent pour le moment ! Il est en visite à domicile. Que vous est-il arrivé !? S'exclama-t-elle en s'approchant de lui pour l'aider à s'assoir.

Elle n'était pas médecin, mais à l'école militaire, elle avait appris les bases de la médecine mais surtout comment désinfecter, soigner et panser une blessure ! Et après avoir passé la matinée à le faire sur les différentes égratignures des enfants, elle pouvait peut-être appliquer les premiers soins à cet homme qui semblait souffrir avant le retour de Marcoh.

- Je me suis entaillé le bras en travaillant ! S'expliqua l'homme en dévoilant sa blessure.

Riza retint un instant un haut-le-cœur avant de reprendre contenance. Pourtant elle avait déjà vu pire et ne comprenait pas sa réaction... Peut-être était-elle encore un peu fatiguée par tous ces évènements !? Elle était devenue beaucoup plus sensible qu'à l'ordinaire. Mais bon, il allait falloir qu'elle se reprenne car si elle se sentait nauséeuse juste à la vue de cette blessure, qu'en serait-il le jour où elle serait mise sur une enquête de meurtre et qu'elle devrait se rendre sur la scène de crime !?

- Je ne suis pas médecin, mais je peux peut-être vous appliquer les premiers soins en attendant le retour du Docteur ! S'exclama-t-elle donc avec un sourire en reprenant contenance.

L'homme lui sourit en retour et sans qu'elle n'en comprenne pourquoi, elle se sentit charmée. Se retenant pour autant de rougir, elle l'emmena dans la pièce d'à côté et commença à procéder à la désinfection de la blessure en silence pour rester concentrée.

Elle évita de regarder l'homme dans les yeux pour ne pas être déstabilisée par son regard charmeur et se contenta de nettoyer la plaie qui ne semblait pas si profonde que cela, mais qui nécessiterait certainement des points de suture pour éviter une affreuse cicatrice.

- Vous êtes sûre de ne pas être médecin !? S'exclama l'homme en entamant une conversation. Vous faites cela tellement bien et avec un tel professionnalisme ! Vous êtes assistante peut-être !? Demanda-t-il par curiosité.

Riza laissa échapper un fin sourire tout en restant concentrée sur son travail et en évitant donc de le regarder.

- Non rien de tout cela, je rends simplement service au Docteur pour la journée ! Répondit-elle sans lever le regard de ce qu'elle était en train de faire.

- Oh ! Peut-elle entendre l'homme répondre. Et que fait une aussi charmante demoiselle dans la vie !?

Il avait une telle intonation en prononçant ces mots que Riza se sentit frémir. Mais que lui arrivait-il !? Pourquoi cet homme lui faisait cet effet-là !? C'était frustrant et intriguant.

- Enfin, si ce n'est pas indiscret !? Renchérit-il voyant que Riza ne répondait pas.

- Je travaille dans l'armée, répondit-elle simplement en continuant ses soins.

Après tout, pourquoi le cacher !? Ce n'était pas un secret d'état et elle sentait qu'il l'aurait titillé jusqu'à ce qu'elle parle. Elle pensait qu'en étant franche ça lui clouerait le bec et qu'il arrêterait ses questions. Mais elle se trompait. Cela ne sembla pas l'étonner le moins du monde et il continua son interrogatoire comme si de rien n'était.

- Dans l'armée !? S'exclama-t-il d'un ton surpris.

Tellement surpris que Riza se demanda même si ce n'était pas un peu trop exagéré.

- Je n'aurais pas imaginé une aussi belle femme que vous dans l'armée ! Rétorqua-t-il soudainement.

Un peu vexée de la répartie machiste de cet homme, Riza fronça les sourcils. Il était sérieux !?

- Ah... Répondit-elle. Et où me voyez-vous donc !? Répondit-elle un peu trop froidement à son goût.

Elle n'avait pas forcément envie d'engager la conversation avec cet homme, mais pour défendre sa cause, elle était curieuse de savoir dans quoi il la verrait bien. Tout à coup à ses yeux il avait l'allure du type lourdingue et machiste qui voyait la femme à la maison à élever les enfants tandis que le mari travaillait pour subvenir à ses besoins... Le genre de comportement déplacé qu'elle n'appréciait que très peu d'entendre. Des fois elle trouvait les tactiques de drague de Roy complètement déplacé, mais au moins lui, il avait l'audace de ne jamais rabaisser les femmes dans leur estime ! Ce séducteur de pacotille avait certainement quelques leçons de séductions à prendre s'il voulait éviter de froisser les femmes à l'avenir !

- Je ne voulais pas me montrer offensant ! S'exclama l'homme en voyant qu'il avait vexé Riza.

Et bien c'était peut-être trop tard ! Il aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Il avait perdu toute crédibilité à ses yeux.

- Pourtant vous l'êtes ! Rétorqua-t-elle toujours aussi froidement.

- Vous semblez avoir du caractère, renchérit-il presqu'immédiatement.

Mais c'est qu'il s'enfonçait en plus... !

- Ça vous pose un problème !? Tempêta-t-elle en levant un regard froid et dur sur lui.

Ce dernier déglutit difficilement face à ce regard avant de laisser apparaître un petit sourire en coin.

- Absolument pas ! S'exclama-t-il en accentuant son sourire. J'aime les femmes qui ont du caractère ! Vous devez être très respectée ! Poursuivit-il cette fois-ci avec un sourire ravageur.

Riza se retint de lever les yeux au ciel, ce regard elle ne le connaissait que trop bien... C'était exactement le même que celui de Roy quand il voulait charmer les femmes, mais n'était-il pas trop vieux pour la séduire elle !? Ou alors il s'agissait d'un de ces types fortunés qui aimait se pavaner avec des filles ayant la moitié de leur âge !? Pourquoi avait-il fallu qu'elle tape dans l'œil de ce type !? S'il fallait le remettre à sa place, elle ne se gênerait pas pour le faire en tout cas.

- Ça devrait aller pour l'instant ! Se contenta-t-elle de répondre en terminant son bandage et en changeant de sujet.

L'homme sembla d'ailleurs un instant perdu devant la réponse de Riza et elle dut lui montrer son pansement pour lui faire comprendre de quoi elle parlait.

- Voulez-vous attendre le Docteur Marcoh ? Monsieur... ?

En fait, comment s'appelait cet homme !? Elle ne lui avait même pas demandé son identité.

- Appelez-moi Rey ! S'exclama-t-il avec un sourire énigmatique. Et quel est le nom de ma jolie infirmière du jour !?

- Riza... Répondit-elle plus par automatisme que par politesse. Le Docteur ne devrait pas tarder à arriver et il pourra examiner votre blessure !

- Oh, mais avec le joli bandage que vous m'avez fait je suis sûr que je n'aurais vite plus rien ! S'exclama-t-il avec un sourire ravageur.

Bien qu'au début son côté charmeur la faisait rougir gentiment, à présent, cela l'agaçait. Il devenait trop lourdingue et pot de colle. Riza s'apprêta à l'envoyer balader quand il reprit la parole d'une voix extrêmement douce et nostalgique.

- Riza... C'est un joli prénom ! Le diminutif d'Elisabeth je suppose !?

Prise de cour, Riza ne sut que répondre. C'était bien la première fois que quelqu'un faisait le rapprochement entre son véritable prénom et son diminutif !

- Je... Bredouilla-t-elle simplement, incapable d'en dire plus.

Le sourire de Rey s'intensifia et Riza en fut encore plus troublée.

- Vous me rappelez beaucoup une Elisabeth que j'ai connu dans ma jeunesse ! Vous avez la même silhouette, le même sourire... Vous lui ressemblez beaucoup !

Ou voulait-il en venir !? Riza ne comprenait pas. La charmait-il en souvenir de cette époque !? Si ce n'était que cela, elle ne pourrait pas l'en blâmer, mais si c'était juste pour tenter de la séduire, il se faisait fausse route. Elle n'était certainement pas intéressée.

- Qu'est devenue cette femme !? Demanda-t-elle pour rester dans le sujet de son Elisabeth et non pas sur sa propre personne.

- Elle est morte... Répondit-il d'une voix remplie par la douleur et le remord.

Riza se sentit mal, elle n'avait pas voulu manquer de délicatesse en disant cela.

- Pardonnez mon impolitesse ! Renchérit-elle précipitamment, essayant de masquer son malaise devant sa bourde.

- Il n'y a aucun mal ! S'exclama Rey avec un sourire innocent. Passer ce moment avec vous m'a rappelé l'époque où nous étions encore ensemble ! Elle soignait tous mes petits bobos aussi bien que vous !

Riza ne put s'empêcher de rougir légèrement face à l'explication de cet homme. Son Elisabeth semblait lui manquer et avait dû être quelqu'un de vraiment important pour lui ! Comment pourrait-elle lui en vouloir pour son comportement s'il s'était juste perdu dans une image de son passé !? Au moins lui, il avait des images nostalgiques qui semblaient tout de même plus heureux que les siens !

- Bon et bien je suppose que c'est ici que nos routes se séparent ! Poursuivit-il une fois devant l'entrée du cabinet.

- Heureuse de vous avoir apporté un peu de réconfort ! S'exclama Riza en souriant tendrement.

- Vous êtes beaucoup plus jolie quand vous souriez sincèrement ! Renchérit Rey avec un sourire sincère.

Riza se sentit rougir face à cette remarque. Mais était-ce de honte de s'être montrée aussi froide avec lui ou bien par simple flatterie !?

- Vous êtes sûr que vous ne voulez pas attendre l'arrivée du docteur !? S'exclama-t-elle pour changer de sujet.

- Sûr et certain ! Renchérit Rey. Je vous souhaite une bonne journée mademoiselle Hawkeye. Merci pour tout et peut-être à bientôt !

Sur un dernier sourire, il sortit du cabinet et s'éloigna dans la ruelle. Riza le regarda s'éloigner intriguée. Depuis qu'il était parti, elle avait de nouveau ce mauvais pressentiment qui l'animait tout à coup. Mais pourquoi !? Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui la tourmentait à ce point...

Elle n'eut pas plus que cela l'occasion de se poser des questions car le Docteur rentra de sa visite à domicile à ce moment précis.

- Tout va bien lieutenant !? Demanda-t-il en voyant la mine grave qu'elle affichait.

Riza sursauta, un peu prise au dépourvu. Allait-elle bien !? Maintenant qu'il en faisait la remarque, elle se sentait complétement épuisée.

- Oui... Oui ! S'exclama-t-elle précipitamment, surement un coup de fatigue ! Renchérit-elle en s'asseyant tout à coup trop fatiguée pour rester debout.

- Vous en faites trop ! Vous devriez vous reposer ! Le Général va être furieux s'il ne vous récupère pas en pleine forme !

Riza ne put retenir un sourire, effectivement, il n'apprécierait certainement pas de savoir qu'elle avait passé la journée à assister le Docteur au lieu de rester au lit et de se reposer. Mais bon après tout, ce n'était pas dans ses habitudes de se laisser dorloter... Enfin, elle devait bien avouer qu'à l'heure actuelle, elle n'en menait pas large est qu'elle était complètement épuisée. N'était-ce pas le contre coup de cette pression qu'elle avait évacué la veille !? Certainement.

- Je vais m'allonger un peu ! Ça ne vous dérange pas !? S'exclama-t-elle à l'intention du Docteur que la regarda en fronçant les sourcils.

- Vous êtes avant tout ma patiente et non pas mon assistante lieutenant Hawkeye ! Répondit-il avec un regard soucieux. N'en faites pas trop !

Riza ne renchérit pas et se contenta simplement d'aller s'allonger. Elle ne se rendit pas compte tout de suite qu'elle était plus qu'épuisée, ni même qu'elle avait mal au crane. Lorsqu'elle posa sa tête sur l'oreiller, elle se sentit tanguer et le plafond de la chambre tournait un peu devant ses yeux. Pourquoi ce sentait-elle aussi mal !? Pourtant elle n'avait rien mangé d'extraordinaire pour se sentir aussi mal... Elle devait être contrariée par la visite incongrue de ce mystérieux Rey. Marcoh lui prépara une tisane dont il avait le secret pour qu'elle s'endorme rapidement et qu'elle ne fasse aucun rêve.

La jeune femme ferma les yeux et tenta de faire le vide dans son esprit afin de s'endormir, pourtant, au moment où elle se sentit partir vers les bras de Morphée, elle se redressa en sursaut dans son lit. Voilà pourquoi elle était contrariée ! Cet homme, ce Rey quand il était parti, il l'avait appelé par son nom ! Mais elle en était certaine ! Elle lui avait dit s'appeler Riza, mais elle n'avait jamais précisé son nom ! Qu'est-ce que ça signifiait !? Mais le breuvage du Docteur commença à faire son effet et elle s'endormit rapidement, oubliant tous ses tracas.

To be continued...


Bonjour à tous !

Je pensais poster ce chapitre ce soir, mais si c'est comme hier, je serais trop épuisée pour venir sur l'ordi alors je vous le poste maintenant !

Bravo à Hachiko972 qui a tout de suite compris que Rey allait aller à la rencontre de Riza ah-ah ! (Je pense que vous aurez tous compris que c'est lui qui se cache sous cette perruque blonde et cette paire de lunette, il n'a même pas peur de se cacher puisqu'il a donné son véritable prénom ! Mais que manigance-t-il !?).

Certains d'entre vous ont été étonné de voir Riza se confier à Marcoh. En vrai, à la base, j'avais l'intention qu'elle se confie à Havoc... Mais j'ai un peu changé les détails et mes plans et en vrai, je trouvais que c'était mieux que ce soit avec Marcoh... Mais ne vous en fait pas, Riza et Jean auront leur moment confidence plus tard ! Il va avoir son rôle dans cette histoire (Ce n'est pas pour rien qu'il fait parti de la sélection des personnages de l'histoire avec Roy et Riza).

Et sinon, merci à Sow'Mama, L'atelier des chats, Hachiko972, Musing-and-Music, LénaFMA et Luciole pour vos commentaires sur le précédent chapitre. Ca me fait toujours autant de plaisir de recevoir vos avis et impressions et ça me boost pour l'écriture de la suite ! Les chapitres 8 et 9 sont "prêts" et j'ai une bonne moitié du chapitre 10 en cours. Le chapitre 8 arrivera certainement d'ici cinq jours, au plus tard vendredi prochain. J'ai de l'avance, mais après le chapitre 10, j'ai l'intention d'écrire le prochain chapitre de "L'été où je t'ai rencontré" donc je préfère garder mon avance pour avoir de la lecture à vous offrir régulièrement ! Dans tous les cas, on se revoit rapidement ! Je vous souhaite un bon week-end et vous dit à très bientôt. Des bisous !

Sei.