Chapitre 58 : Temptation

En arrivant devant chez lui, Stiles trouva Derek attendant patiemment devant l'entrée, portable à la main.

Il était l'incarnation même de la force tranquille. Une rivière paisible en apparence qui pouvait se transformer en torrent tumultueux en un clin d'œil.

En entendant le moteur de la Jeep, il avait les yeux, faisant se rencontrer leurs prunelles. Dès lors que leurs regards s'ancrèrent l'un à l'autre, un sourire accueillant illumina le visage du lycan l'embellissant davantage encore si c'était possible !

Stiles était incapable de le quitter des yeux ce qui rendait chacun de ses gestes maladroits, de l'ouverture de la portière jusqu'à sa descente du véhicule.

Il avait l'impression d'être l'incarnation même du cliché de l'adolescent transi torturé par ses hormones en ébullition. Chaque fois qu'il voyait son loup, un désir foudroyant lui parcourait l'échine. Il avait pensé que ce phénomène se déliterait avec le temps, mais même deux mois et demi après leur tout premier dérapage, la force de son désir n'avait pas diminué… C'était même tout le contraire.

Pourtant, rien n'avait changé depuis les vacances et les règles de son père demeuraient d'actualité. Partager le même lit durant la semaine était toujours proscrit, quant aux week-ends, l'ouïe ultradéveloppée d'Isaac lorsqu'ils dormaient au loft et l'interdiction de fermer la porte de la chambre lorsqu'ils étaient chez le shérif, réduisait drastiquement les rares occasions qu'ils avaient de se retrouver charnellement !

Aussi, le lycéen ne se lassait pas de se fondre contre le corps musclé de son amant et cette fois-là ne fit pas exception. Arrivé à une dizaine de pas de l'adulte, il accéléra la cadence et sauta sans plus de cérémonie dans les bras de l'homme qui le réceptionna sans difficulté apparente.

Avant d'être en couple avec l'ancien alpha, il trouvait ce genre de comportement totalement ridicule et niais… Mais il était totalement accro à son loup-garou et se faisait un malin plaisir de tenter le prendre au dépourvu — ce qui n'arrivait en réalité jamais — et aussi de littéralement quitter terre dans ses bras.

Tel une habitude déjà bien rodée, il s'agrippa à son homme comme un bébé koala à sa maman avant d'apposer ses lèvres sur la bouche tentatrice de son compagnon qui ne s'était pas départi de son sourire, preuve que lui aussi adorait que l'humain agisse de la sorte.

— Désolé de t'avoir fait faux bond… et attendre aussi...

— Vas-tu t'expliquer ou vais-je devoir deviner ?

L'amusement de Derek était évident. Il tenta de déposer au sol son charmant fardeau, mais ce dernier n'était pas décidé à se montrer conciliant.

— Hmm… J'avoue que te laisser deviner peut être amusant ! Tu entre deux minutes ?

Sur ces mots, il se laissa tomber au sol afin de rejoindre la porte d'entrée. Sans qu'il ne comprenne réellement par quel miracle, il fut stoppé dans son élan et dans un volte-face parfait, se retrouva le nez enfoui dans le t-shirt de Derek.

La main chaude du bêta enveloppa délicatement sa joue, ses doigts se perdant dans la nuque de l'humain qui frissonna de bien-être. Il sentit la seconde paume de l'adulte se poser dans le bas de son dos, l'emprisonnant ainsi délicatement prisonnier de son étreinte.

Stiles ne se débattit pas. Il n'aurait voulu être nulle part ailleurs que dans les bras de son homme.

Le loup de naissance soupira d'aise avant d'inhaler à plein poumon la fragrance envoûtante s'élevant de la chevelure du garçon qui en fit de même, se délectant à son tour de l'odeur délicieuse qui émanait du t-shirt de l'adulte.

— Laisse-moi deviner. Tu étais chez Lydia... pour concéder en la faveur d'Isaac !

Le fils du shérif se crispa de la tête aux pieds ne s'étant pas attendu à ce que leur câlin se conclut de la sorte !

— Que… Comment tu peux savoir que… Merde ! Tu peux aussi lire dans les pensées ?

Toujours lové contre le torse de Derek, Stiles put sentir les vibrations de son rire se propager dans tout son être l'emplissant d'un bonheur intense tout orgueilleux. Il ne pouvait s'empêcher de s'octroyer en partie la joie de vivre qui avait lentement fait sa place dans la vie de son compagnon.

— Tu avais raison… Me laisser deviner est assez drôle !

Son ton clairement moqueur était un appel à la rébellion auquel Stiles ne résista pas. Après s'être dégagé de l'emprise de son petit-ami, il planta son regard miel dans celui couleur printemps de ce dernier.

La moue faussement boudeuse, il croisa les bras avant de tirer la langue de façon tout sauf mâture. Une fois fait, il tourna les talons, prétendant être vexé… faisant redoubler le rire du lycanthrope qui n'attendit pas pour lui emboîter le pas.

— Tu veux boire un verre ? Une bière ? Ah ! À propos, j'adore la voiture que t'as offerte à Isaac et… Merde, j'allais oublier ! Mon père t'a invité ce soir ! Il y aura Zac et Lydia ! Pizza… ça ne se refuse pas, on est d'accord ?

Derek se mordit le poing sans se défaire de son sourire, les yeux verrouillés sur le dos de Stiles occupé à farfouiller dans le réfrigérateur.

Il se sentait toujours un peu perdu quand son humain passait ainsi d'un sujet à l'autre sans qu'aucun lien apparent ne les relie ! Il s'en amusait et y trouvait même un charme qui rendait le jeune homme unique à ses yeux.

— Oui, une bière s'il te plaît. Ravi de lui avoir fait plaisir, c'était le modèle d'occasion offrant le meilleur qualité-prix et… euh ! Ton père ? Pizza, c'est ça ? Avec plaisir, tu le sais bien !

Stiles se tourna vers lui, les sourcils froncés d'étonnement face à la myriade de réponses. Il leva ensuite légèrement les yeux vers le plafond, semblant réfléchir à ses propres mots avant d'ouvrir la bouche d'appréciation. Il n'était clairement pas habitué à ce que ses interlocuteurs parviennent à suivre ses babillages.

L'ancien alpha eut juste le temps d'apercevoir le fin sourire qui souleva les lèvres du garçon avant que sa frimousse ne disparaisse à nouveau.

L'adolescent sortit enfin une bière pour son invité qu'il décapsula avant de la lui tendre. Après quoi, il se servit un verre de soda et — Seigneur, oui ! — il pouvait entendre la voix de Scott, en parfaite mère louve, lui rappeler à quel point ces boissons caféinées étaient mauvaise pour lui, mais — Merde ! — là tout de suite, il n'en avait rien à faire !

Sans signe annonciateur, il fut emporté par un baiser qui le fit gémir à la fois de surprise et de bonheur.

L'étincelle, qui s'était allumée lorsqu'il avait aperçu Derek à son arrivée chez lui, s'embrasa dans une explosion de flamme incandescente qui lui dévora lentement le corps et l'âme, lui faisant tourner la tête de félicité.

Comment un simple baiser pouvait à ce point transporter un homme ?

En réponse, ses paumes se refermèrent sur la nuque du loup, s'y agrippant avec encore plus de force quand celui-ci tenta de mettre fin à ce doux moment.

Oh non ! Foi de Stiles, il ne lui échapperait pas !

Bien évidemment, s'il l'avait voulu, le lycanthrope aurait pu à tout moment s'y soustraire, mais il n'usait jamais de sa force surnaturelle en compagnie de l'humain.

— Stiles !

— Je sais, la ronde… blablabla !

Une fois encore, Derek souffla un rire. De mauvaise volonté, Stiles obtempéra à le lui rendre sa liberté, relâchant la pression de ses mains sur sa nuque. Pourtant, au lieu de se reculer, l'adulte colla leurs fronts l'un à l'autre dans un soupir d'aise avant de verrouiller ses iris dans ceux luxurieux du lycéen.

— C'est ainsi que tu me prouves que tu es un adulte responsable ?

— Non, c'est juste ma façon d'effacer ce petit air narquois de tes lèvres, répliqua le jeune homme en s'exécutant !

Leurs langues se retrouvèrent sans attendre, toutes deux affamées, se délectant de la saveur de l'autre sans jamais se lasser.

Ils n'étaient jamais repus de se dévorer mutuellement.

Comment avaient-ils pu se côtoyer si longtemps sans succomber à la tentation ?

Tout comme leurs bouches, leurs mains, impatientes, se joignirent à la danse et très vite, il n'y eut plus que le bruit du froissement de leurs vêtements faisant écho à leurs grognements sourds et sauvages.

Niño !

Le grondement de Derek figea Stiles sans que l'incendie dévorant ses reins ne s'éteigne !

— On ne peut pas toujours mettre la mission que Scott nous a confiée de côté et puis… Ton père peut rentrer à tout moment ! J'en ai… clairement envie, mais...

L'adolescent ricana en sentant, à travers leurs pantalons respectifs, l'érection de son amant contre sa hanche. Effectivement, son désir ne pouvait être ignoré… Il n'était, lui-même, pas dans un meilleur état !

— Mon père rentre tard !

Il claqua un rapide baiser sur les lèvres rougies de son homme en guise de ponctuation.

De sa langue, il humecta les siennes, légèrement excité malgré lui d'avoir pu mettre le loup dans un tel état. Peut-être devrait-il éviter de les mordiller. L'idée avait à peine fait son chemin que déjà, le fruit de sa réflexion reprenait une teinte naturelle. Là où il marquait pendant des jours entiers, il ne fallait que quelques secondes à l'ancien alpha pour retrouver une apparence normale ! Alors, non… Il n'allait pas se priver de ce petit plaisir !

— On peut… faire les deux… Profiter d'être seuls… et… tu sais… patrouiller ensuite…

Il taquinait la peau de l'adulte entre chaque mot, l'honorant d'un baiser, d'un coup de langue ou de dents, traçant insidieusement son chemin de sa bouche à sa clavicule qu'il tortura délictueusement et délicieusement.

Derek rejeta la tête en arrière sur un soupir.

Si Stiles était sensible du cou, lui, l'était particulièrement à cet endroit-là et ça, le jeune homme le savait parfaitement !

L'ancien alpha tenta, en vain, de retenir ses complaintes de plaisir et… le peu de raison qui l'habitait encore s'évapora sous le brasier de son plaisir et de son désir.

— Ok ! Dans ta chambre ! Maintenant !

Ravie d'avoir remporté la victoire, Stiles laissa de nouveau échapper son rire avant de gravir les escaliers au pas de courses… De toutes évidences, pas assez vite au goût de Derek qui, à mi-chemin, l'attrapa au vol avant de l'emporter sur son épaule.

— Eh, Tarzan ! Calme tes ardeurs, j'ai des jambes !

Pour toute réponse, le jeune homme hérita d'une fessée proprement retentissante qui lui arracha une plainte indistincte entre surprise, douleur et excitation.

— Je préfère tes fesses !

Pour la première fois de sa vie, Stiles ne sut que répondre !

Arrivé à destination, Derek le déposa délicatement sur le matelas avant de le surplomber de son corps pour se l'approprier méticuleusement !

Lors de leur toute première fois et toutes celles qui avaient suivi, s'unir avec le bêta avait était incroyablement doux, une communion charnelle et sensuelle placée sous le signe du respect, de l'amour et du plaisir.

Pourtant, la brûlure chatoyante irradiant de ses fesses faisait naître en Stiles une envie d'autre chose… une envie de plus, de repousser les limites, s'en créer de nouvelles… explorer de nouveau horizon et…

Une pensée sournoise s'insinua dans l'esprit du garçon… Il savait parfaitement ce dont il avait envie !

Il ouvrit la bouche dans le but de calmer la frénésie de son compagnon, mais celui-ci, à mille lieus de se douter des réflexions de son humain, s'affairait dans son cou qu'il prenait plaisir à marquer et honorer.

— Derek…

Le nom se transforma en gémissement sous la douce torture faisant cambrer son corps d'appréciation tandis que les mains de son loup le parcouraient sans relâche ni retenue.

— Derek !

— Oui… Je sais ! Ton père… pas de marques !

Le grognement était tout aussi bestial que mécontent. Cette restriction était un vrai supplice pour le lycan qui faisait de son mieux pour étouffer son besoin primaire de revendiquer son compagnon.

Il profita de sa pause forcée pour débarrasser le lycéen de son haut avant de plonger sur son corps comme un affamé !

— Non c'est pas… Enfin, si, mais… Oh bon sang !

Comment était-il censé réfléchir et sortir deux mots cohérents quand Derek savait si bien le faire frissonner ?

— Derek ! On pourrait essayer… autre chose !

Cette fois, le lycanthrope se calma légèrement, intrigué par la demande de son amant.

Il déposa un chemin de baisers-papillons depuis le torse pâle de l'humain jusqu'à ses lèvres avant de reprendre son souffle, front contre front, scindant son regard dans celui du garçon !

— Encore cette histoire de menotte ?

Les trop nombreux scénarii qui prirent possession de l'esprit de Stiles à cette perspective provoquèrent un raté dans son rythme cardiaque tant l'idée lui plaisait.

Il se secoua la tête et les idées pour ce sortir la proposition qui n'en était pas vraiment une de l'esprit.

— Non… Enfin, c'est pas ça… pas aujourd'hui en tout cas !

Il se mordit la lèvre inférieure en avisant l'éclat bleuté qui avait prit possession des iris de son amant. De toute évidence, lui aussi était exalté par cette possibilité.

— En fait, je pensais plus à… tu sais… On pourrait… inverser ?