Bonjour à tous !

J'espère que vous allez tous bien. Personnellement ça va, je me suis remise du Covid qui ne m'a pas plus déglinguée que ça alors je n'ai pas à me plaindre.

Chapitre fort en émotion aujourd'hui. Je sens que je vais vous faire râler d'autant plus qu'il est un peu court.

Un grand merci à Syndranys qui a su rendre ce chapitre bien meilleur que ce que j'avais prévu pour vous.

J'espère qu'il vous plaira même si je ne compte pas trop là-dessus.

Je vous embrasse tous très fort, merci mille fois.

Prenez soin de vous, et comme d'habitude, à vendredi prochain !

Lou De Peyrac.

Chapitre 32 :

Les yeux à peine ouverts, Mak arriva au lycée. Elle n'avait pas entendu son réveil ce matin et n'avait même pas pris le temps de manger. Autant dire qu'elle avait mal aux jambes étant donné la vitesse à laquelle elle avait dû pédaler pour arriver à l'heure.

Enfin, à l'heure…tout était relatif…

La sonnerie retentit quand elle attacha son vélo devant le portail du lycée. Elle grogna et entreprit de courir jusqu'à la salle 206 après avoir balancé son sac sur son épaule.

Elle grimpa rapidement le grand escalier et grogna encore en remarquant que tout le monde était déjà entré et que la porte de la salle était déjà close.

Elle inspira, tentant maladroitement de reprendre son souffle et toqua :

- Entrez ! Entendit-elle, et un sourire se dessina immédiatement sur son visage.

Elle pressa la poignée et fut surprise de trouver une Elsa qui semblait furieuse, appuyée à son bureau, les bras croisés sur sa poitrine, les traits tirés, la fusillant du regard.

- Mademoiselle Lichtenstenner, nous sommes ravis que vous nous fassiez enfin l'honneur de votre présence, piqua l'enseignante à l'attention d'une Mak qui ne s'attendait pas le moins du monde à ce genre de réplique.

Bon, elle admettait qu'elle était en retard et qu'Elsa ne pouvait se permettre de lui faire un quelconque traitement de faveur, mais de là à l'afficher ainsi devant toute sa classe, il ne fallait tout de même pas abuser. Et, en philo, elle n'arrivait jamais en retard…

- Hm, je suis désolée, je ne me suis pas réveillée, baragouina l'adolescente, perdant toute contenance.

- Nous sommes en Avril Lichenstenner, il serait justement temps de vous réveiller, argua Elsa alors que les épaules de Mak s'affaissaient sous le reproche. Allez-vous asseoir, termina enfin l'enseignante en soupirant.

Mak, n'osant rien ajouter, prit place à côté de Kuzco.

- Bienvenue en enfer, elle est d'une humeur de chien aujourd'hui, chuchota le jeune homme.

- Pourquoi ? Demanda Mak en espérant vainement que son ami puisse lui répondre.

- Lichtenstenner, si vous faire remarquer par votre retard ne suffit pas, et que vous trouvez mon cours si peu intéressant au point de ne pas pouvoir vous empêcher de bavarder, je vous inviterai à continuer cette discussion en colle, cassa Elsa sans même lui jeter un regard.

- Je suis désolée…répondit l'adolescente en baissant les yeux vers son bureau couvert de quelques graffitis idiots.

- Je ne vous demande pas d'être désolée, seulement de vous taire, vous vous sentez capable de faire ça ? A moins que vous ne vouliez qu'une nouvelle sanction décore votre dossier déjà exemplaire ? A un mois du bac, je suis certaine que Monsieur Weselton sera comblé.

La mâchoire de Mak tomba alors que tous les élèves de TL1 écarquillaient les yeux. Depuis le début de l'année, ils n'avaient jamais vu leur professeur agir ainsi. Un silence de mort passa dans la classe. Mak ne comprenait pas alors que son cœur battait à ses oreilles sous l'effet du stresse qui emplissait soudainement son corps. Pourquoi Elsa lui parlait ainsi ? Pourquoi menaçait-t-elle de la coller à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche ? Pourquoi tant de reproches ? Pourquoi prenait-elle, elle-même, le parti de ce connard de Weselton ? Plus rien n'avait de sens. Cette enseignante n'était pas la Elsa qu'elle connaissait, ni la Elsa qui l'aimait…

L'adolescente, ne sachant quoi répondre - et devinant qu'elle n'y était pas invitée - hocha simplement la tête de droite à gauche.

Le cours passa à une lenteur exaspérante. Elsa déblatéra ce qu'elle savait, rien de plus, rien de moins. Elle ne sourit pas une seule fois, se présentant tendue face à des élèves qui n'osaient même plus lever la main pour répondre à ses questions. Ce cours, qui d'ordinaire leur plaisait tant, devenait une véritable torture.

Mak en début d'heure, avait tenté de l'observer, de comprendre ce qui se passait, de lire en elle. Mais l'enseignante lui jetait des regards si meurtriers que l'adolescente battit vite en retraite, et ne décrocha finalement plus les yeux de sa feuille, attendant seulement que les minutes passent et que la fin de l'heure arrive vite.

Enfin, le moment tant attendu était arrivé. La sonnerie libératrice retentit.

- Lichtenstenner, restez une minute, ordonna Elsa en mettant de l'ordre dans ses papiers sans prêter attention à l'adolescente.

- Bon courage…murmura Kuzco de manière compatissante avant d'attraper son sac et de sortir.

Mak peinait à savoir ce qui allait se passer et craignait, pour la première fois, de rester seule en compagnie de son professeur. La jeune fille ne bougea pas de sa chaise, les bras croisés, et attendit seulement que ses camarades sortent de la salle alors qu'Elsa ne la regardait toujours pas, saluant seulement sans conviction ses élèves. Mak aurait aimé s'enfuir, à l'instar de ses camarades, tant elle craignait l'ire de sa petite amie en cet instant précis. Mais à la place, elle posa de nouveau son regard sur les graffitis qui ornaient son bureau, trouvant dans leur étude quelque chose de réconfortant.

Une fois tout le monde sortit, Elsa ferma la porte à clé, et silencieusement, vint s'appuyer à son bureau, les bras croisés, exactement comme Mak l'avait trouvée en entrant dans la classe une heure plus tôt. L'adolescente releva enfin les yeux et cru mourir d'effroi en remarquant que son regard n'avait pas changé, que ses yeux semblaient toujours vouloir la tuer.

Elsa resta silencieuse pendant de longues secondes, si bien que Mak se sentit obligée de demander, ne serait-ce que pour couvrir le bruit de son cœur qui battait beaucoup trop fort :

- Tout va bien ?

- Hormis que je sais à présent que tu me mens, tout va bien, oui, attaqua directement Elsa.

Mak fronça les sourcils, ne comprenant pas exactement de quoi elle voulait parler. Etait-elle furieuse contre elle parce qu'elle savait qu'elle avait donné son prénom à Alice ? Comment savait-elle ? Et quand bien même, ce n'était qu'un prénom, rien d'autre qu'un prénom. Mak savait qu'on ne retrouvait personne avec un prénom, et elle se doutait bien qu'il n'y avait pas qu'une Elsa à Arendelle.

- Que je te mens ? Comment ça ?

- Tu n'en as pas la moindre idée ? Tu es certaine ? Demanda Elsa d'une voix qui trahissait déjà sa colère alors qu'elle saisissait le bord de son bureau, les jointures de ses mains devenant presque blanches sous l'effet de ses émotions.

Mak ne sut véritablement pas quoi répondre. Qu'avait-elle loupé ? Pourquoi Elsa, son Elsa semblait la détester… ? Elle observa sa petite amie avec les yeux d'un poisson qu'on venait de sortir de l'eau, incapable de trouver la raison de sa colère évidente.

Et voyant qu'aucune réponse ne venait, Elsa soupira bruyamment et demanda :

- Putain, Mak, comment as-tu pu me cacher qu'Olaf sait pour nous ?

Le cœur de l'adolescente rata un battement. Ses mains devinrent moites tandis que son cœur s'emballait furieusement dans sa poitrine. Elsa savait ? Mais comment ? Elle n'en avait parlé qu'à Anna et il est évident qu'elle avait confiance en la personne d'Anna. Seule Anna savait. Anna et…Olaf.

Putain, quel con… pensa amèrement l'adolescente en comprenant subitement la colère, de toute évidence incommensurable, de sa petite amie. Et, elle devait l'avouer, cette ire était complètement justifiée. Une chape de plomb tomba dans l'estomac de la jeune fille, qui se sentit soudainement très mal.

- Elsa, laisse-moi t'expliquer… essaya la jeune fille.

- Non ! Coupa Elsa en haussant le ton, la faisant sursauter. Je ne veux rien entendre. Tu te tais, tu écoutes, ordonna-t-elle froidement. Te rends-tu seulement compte de la gravité de ta connerie ? Des risques que tu me fais prendre ?

Accablée par les reproches qu'elle connaissait pourtant par cœur mais qu'elle n'aurait jamais cru entendre de la bouche de son professeur, Mak grimaça alors que, porté par le stress, son corps commençait à s'agiter. Son pied battait le sol distraitement, ses doigts se tortillaient et elle sentit une chaleur affreusement désagréable parcourir son dos alors qu'il se couvrait d'une sueur glacée.

- Écoute-moi, je t'en prie… supplia-t-elle en se disant, que même à l'hôpital d'Arendelle, elle n'avait jamais vu autant de colère dans les yeux d'Elsa.

- Non, je ne t'écoute pas ! Tacla Elsa en haussant encore d'un ton si bien que Mak se demanda où était sa limite. Il m'en a parlé ce matin, reprit-t-elle plus calmement, plus froidement. Par miracle il n'y croyait pas lui-même, évidemment. Qui pourrait être assez dingue pour se taper une gosse ? rit-elle amèrement. Je suis parvenue à réagir, je ne sais comment. Tu rends-tu compte de la position de faiblesse dans laquelle tu m'as mise !? Cria-t-elle enfin, consciente que tout le monde était en cours et que les salles étaient insonorisées.

- Je…je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais, répondit maladroitement l'adolescente en sentant une boule se former dans le fond de sa gorge alors que son cœur se pressait comme si Elsa le tenait fermement entre ses mains et cherchait à l'écraser.

- Alors qu'est-ce que tu voulais ! Cria Elsa en envoyant sa main claquer sur son bureau, faisant, encore, sursauter son élève maintenant à fleur de peau. Qu'est-ce qui t'ai passé par la tête ? Parce qu'excuse-moi, mais pour une gamine surdouée, tu as fait preuve d'une stupidité flagrante, ajouta-t-elle, si venimeuse que Mak grimaça en sentant les ongles d'Elsa se planter dans son cœur qui saignait pourtant déjà tant.

- Je… essaya-t-elle faiblement avant de se taire, essayant par tous les moyens de retenir les larmes qui menaçaient de dévaler ses joues.

- Alors ? S'impatienta Elsa, qui s'était approchée du bureau de son élève. Tu voulais te défendre ? C'est le moment, mais tu as intérêt à avoir une excuse en béton.

- J'ai paniqué, avoua l'adolescente en la suppliant du regard d'arrêter ça, de redevenir ce tendre professeur si bienveillant qu'elle aimait tant, la femme merveilleuse dont elle était tombée amoureuse. Olaf nous a vu au glacier, et il est venu m'en parler immédiatement. J'ai tout nié et il m'a cru. Elsa, tu as ma parole, il m'a cru.

- Tu m'en verras navrée, mais dans l'instant, ta parole m'importe peu, tacla l'enseignante. C'était une autre seringue de poison qu'elle plantait dans le cœur de la jeune fille, sans la moindre pitié. Et au lieu de m'en parler pour qu'on puisse trouver une solution ensemble, tu as préféré me quitter sans raison, c'est ça ? Demanda-t-elle sans attendre de réponse. As-tu la moindre idée de toutes les questions que je me suis posées à ce moment-là ? Je n'ai cessé de me demander ce que j'avais fait de mal, ce que j'avais loupé. Ce que j'avais bien pu faire pour que tu me fuis ainsi… mais c'était avant que je sache que cette rupture était en réalité basée sur un mensonge ! Hurla-t-elle, ne contrôlant plus la colère qui la rongeait de l'intérieur depuis qu'elle avait découvert la vérité.

Mak grimaça alors qu'une larme s'échappait de son œil. Non, pas maintenant. Elle ne voulait pas pleurer, elle n'en avait pas le droit. Elsa avait raison, tout était de sa faute et elle ne pouvait rien faire contre ça. Dans l'instant, elle n'avait qu'un droit, celui d'encaisser la colère d'Elsa, se confrontant à la déception qu'elle lui avait causé.

- Je… je voulais te protéger… essaya-t-elle minablement en essuyant l'eau sur sa joue d'une main tremblante. Mak sentait que ce cœur, qui battait toujours même si elle ne savait comment, voulait sortir de sa poitrine pour qu'Elsa puisse le fendre d'un coup bien placé de talon aiguille.

- Me protéger ? Rit Elsa. Alors pourquoi es-tu revenue ?

- Q-quoi ? Demanda Mak sans comprendre alors que sa voix était à un souffle de se briser.

- Tu m'as entendu Mak… soupira Elsa en croisant les bras et l'adolescente se dit qu'elle n'avait jamais tant détesté son prénom. Quand tu es revenue, dans cet hôpital, tu ne cherchais plus à me protéger à ce moment-là ? Tu t'es dit que si un surveillant savait que je baisais l'une de mes élèves, ce n'était finalement pas si grave ? Demanda Elsa, piquante en feignant l'indifférence. Les larmes de son élève et petite amie était, d'ordinaire, un spectacle difficile à voir, mais sa colère lui permettait de le supporter sans problème.

Baiser l'une de ses élèves… ça fais si mal quand tu parles de nous comme ça… pensa douloureusement l'adolescente.

- Non, c'est juste que… j'ai cru… baragouina-t-elle difficilement, n'ayant jamais été très à l'aise avec les mots.

- Allez, jeune fille, tu vas y arriver, s'impatienta encore l'enseignante, définitivement tranchante.

Jeune fille… d'ordinaire, Mak aimait tant quand elle l'appelait ainsi, mais aujourd'hui, ce surnom avait une tout autre saveur, bien plus acide dans la bouche de son professeur qui, pour une fois, pour la première fois, ne lui laissait pas le temps de mettre de l'ordre dans ses pensées. Mak prit une longue inspiration, autant pour remettre de l'ordre dans ses idées que calmer les battements frénétiques de son cœur.

- J'ai cru naïvement que je parviendrai à me passer de toi, mais j'en suis incapable… parvint à souffler l'adolescente, au bord du gouffre, se raccrochant vainement à ce cœur qui la faisait terriblement souffrir, souffrance qui la liait à Elsa.

- Incapable, hein ? Répéta Elsa, moqueuse, consciente qu'elle était en train de l'achever. Et bien c'est une nouvelle chose qu'il va falloir que tu apprennes, déclara-t-elle, froide comme la mort alors que le cœur de Mak était à présent étouffé par la main vengeresse de l'enseignante. Et ne compte pas sur moi pour t'offrir un mode d'emploi, continua-t-elle sans expression. Dehors, ordonna-t-elle en faisant un geste de tête vers la porte.

Les poings de Mak se serrèrent alors qu'Elsa pulvérisait, assassinait même, les derniers éclats de son âme déjà bien éparpillée dans la salle 206. D'elles, il ne restait à présent plus grand-chose, pour ne pas dire totalement rien.

- Elsa, ne fais pas ça… supplia la jeune fille en ouvrant à peine la bouche, des larmes coulant sur ses joues alors qu'elle n'avait même pas la force de cligner des yeux.

- Mademoiselle Lichtenstenner, je vous demande d'obéir et de sortir de ma salle de cours, répéta Elsa, prenant volontairement ce mauvais vouvoiement, cette voix de prof que Mak détestait tant.

Et par cette phrase, l'adolescente comprit que sa petite amie, qui pour elle, était tout n'était à présent plus rien. Cela faisait mal, terriblement mal, et Mak n'était pas certaine que ses jambes la portent jusqu'à la sortie.

- Arrête, je t'en prie… essaya-t-elle, stupidement amoureuse.

- Dehors ! Hurla Elsa en levant la main, ne lui laissant plus le choix, la faisant sursauter une dernière fois.

Mak écarquilla les yeux face au geste. Elsa avait-elle failli la gifler dans un excès de rage ? N'osant y croire, Mak trouva la force de se lever sans trop savoir comment. Elle attrapa maladroitement son sac, à ses pieds, et sans force, le lança sur son épaule.

D'un pas lent et dépourvu de vie, elle se dirigea vers la porte. Mak la déverrouilla en essayant de retrouver une respiration normale, sans succès. Son cœur, lui, avait lâché, rendu les armes et agonisait aux pieds d'Elsa. La jeune fille posa une main sur la poignée, mais avant de sortir, elle se tourna vers une Elsa qui n'avait pas bougé d'un cil, l'ignorant totalement depuis qu'elle s'était levée.

- Je sais que tu me détestes, souffla Mak. Mais pas plus que je ne me déteste moi-même, sourit-elle tristement d'une voix éteinte alors qu'un torrent de larmes sillonnait ses joues. Au revoir, Madame Lange.

Enfin, elle sortit. Enfin, Elsa laissa un sanglot passer ses lèvres.

L'enseignante, ne supportant pas plus longtemps le poids de son propre corps, se laissa tomber de désespoir sur la chaise qu'avait occupée Mak. Elle croisa les bras sur le bureau et fourra le nez dedans.

Là, un nouveau sanglot agita ses frêles épaules.

Comment avait-elle trouvé la force… la colère de faire ça ? Elle n'en savait foutrement rien. Et pire encore, comment Mak avait pu lui cacher une chose pareille ? Quelque chose d'aussi énorme ? Que serait-il advenue d'elle si elle n'était pas parvenue à duper Olaf ? Où serait-elle à présent ? Devant un juge qui l'accablerait de reproches et lui enlèverait le droit d'enseigner ?

Non, étrangement, elle ne regrettait rien. Mak avait merdé. Vraiment merdé. Elle lui en voulait tant. Par sa faute, elle avait été forcée de mettre fin à leur relation. Une relation criminelle, une relation qui, elle aurait dû s'en douter, ne lui apporterait que des emmerdes.

La confiance qu'elle avait placée en la personne de Mak venait de se disloquer, ne laissant ainsi qu'une terrible amertume qu'elle n'aurait jamais pensé ressentir à l'égard de l'adolescente. Toutes les bonnes choses qu'elles avaient vécues s'étaient envolées face à sa colère envers son ex petite-amie.

Elsa savait pourtant mieux que personne ce qu'elle venait de lui faire. Elle venait tout simplement de lui briser le cœur, pourtant, aucun regret ne prenait possession de son âme. Son seul regret, était que Mak ne lui ait pas fait suffisamment confiance pour lui parler de ça…

Elsa soupira en passant une main rageuse sur son visage. Comment allait-elle faire pour se remettre de tout ça ? A quoi ressemblait la vie après Mak ? Comment allait-elle pouvoir la voir tous les jours sans défaillir ? Parce qu'Elsa n'était pas stupide. Elle avait suffisamment étudié l'espèce humaine pour savoir que la colère qu'elle ressentait actuellement lui passerait. Et après la colère, qu'est ce qui reste ? A un moment donné, un brin de compassion traverserait son cœur. Et pourtant… dans l'instant, elle la détestait tellement pour l'avoir ainsi mise en danger.

Je t'avais prévenu…souffla la petite voix qui se plaisait à revenir.

Cette voix qu'elle avait bien failli oublier.

Pour l'instant, tout ce qu'elle voulait, était d'oublier Mak. De rayer ses petits yeux charmeurs et son corps aguichant de sa mémoire pour ne pas être tenté d'y goûter à nouveau. Et si pour cela, il lui était plus facile de la haïr, alors elle saurait s'en contenter. Parce qu'elle devait l'avouer, il était tellement plus simple et lâche de repousser ceux que l'on aimait. Elle pouvait même se vanter d'avoir inventé ce concept…

Mak entra dans les toilettes et envoya furieusement son pied renverser la petite poubelle en plastique sur le carrelage.

- Merde ! Hurla-t-elle alors que ses muscles se tendaient au point d'être prêts à craquer. Merde ! Répéta-t-elle en serrant les dents alors que sa voix ne cessait de tressaillir.

Elle ne ressentait qu'une envie : tout foutre en l'air. Voilà, elle avait tout gagné. Elle s'en voulait tant. Elle ne cessait de rejouer ce qu'elle aurait pu, ce qu'elle aurait dû faire après qu'Olaf soit venu lui parler. Les émotions qui la traversaient emportaient avec elle les derniers fragments de son âme. Colère, culpabilité, tristesse, un cocktail mortel qui déchirait ce qu'il restait d'elle. Le sentiment d'abandon, surtout, revenait avec force et fracas. Le sentiment effroyablement envoûtant de n'être rien ou alors si peu, seulement une infime particule de quelque chose qui se bat encore et toujours vainement pour exister.

Elsa se confondait avec une fumée qui se faufilait entre ses doigts. Comment en était-elle arrivée là ? Comment tout ça avait pu merder à ce point ? Pourquoi n'avait pas parlé à Elsa en temps voulu ? Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Mak s'en voulait tellement désormais.

Et, étrangement, elle comprenait parfaitement pourquoi son professeur avait réagi ainsi. Et encore, elle l'avait presque trouvée clémente… Une clémence qu'elle ne méritait pas. Foncièrement, Mak se sentait comme une merde… et ressentait même la sensation étrange qu'elle n'avait pas été assez punie.

Ses mains tremblaient alors qu'elle ne vivait à présent qu'à moitié. Son cœur, lui, était resté avec Elsa. Chose qu'elle lui avait offert depuis des mois et qu'aujourd'hui, elle n'avait pas eu la force de reprendre. Tout, elle lui avait tout donné, chaque facette d'elle qui, point par point, elle le croyait, lui avait plu. Elsa avait tout gardé. Ses éclats de rire, ses peines, ses doutes, ses tourments, ses joies… Oui, Elsa, qui était la sienne il y a peu, était à présent gardienne de tout ce qui la composait, et le pire, c'est qu'elle était d'accord.

L'adolescente essaya de reprendre une respiration normale alors qu'elle sentait le début d'une crise d'angoisse arriver. Elle ferma les yeux une seconde en s'accroupissant au milieu des toilettes, gardant ses mains fermement accrochées à l'un des éviers pour garder les pieds sur terre. Son esprit désirait fuir cette réalité qu'il ne semblait pas supporter. Une réalité dans laquelle Elsa n'existait plus, il n'en voulait pas…

Quand elle parvint enfin, après plusieurs minutes, à sécher ses larmes, Mak tenta de reprendre le contrôle d'elle-même et sortit son téléphone de sa poche. Elle composa un numéro qu'elle connaissait à présent par cœur, et attendit, et attendit encore.

Après plusieurs bips sonores, elle tomba avec regret sur la messagerie d'Anna. Évidemment, à une heure pareille, il était sûr qu'elle bossait…

Elle soupira, et enfin expliqua d'une voix qu'elle tenta de maîtriser :

- Salut Anna, c'est Mak. Je voulais juste te dire qu'Elsa a découvert que quelqu'un savait pour nous deux… Elle vient de m'en mettre plein la gueule, enfin bon, je te laisse imaginer. Je n'ai rien dit par rapport à toi ne t'inquiète pas. Je ne pense pas que je te reverrais de sitôt, alors prends soin de toi…et d'elle, s'il te plaît. Bisous.

Suite à quoi elle raccrocha. Elle souffla un bon coup et se releva doucement de peur que ses jambes ne la soutiennent pas. Elle ne rejoindrait pas Kuzco dans le cours suivant. Elle en était bien incapable. Les cours, le bac…tout ceci n'avait à présent que peu d'importance. Tout ce qu'elle voulait dans l'instant, était de retrouver la sécurité que lui apportait sa chambre.

Alors, elle passa un peu d'eau sur son visage et sortit en rabattant la capuche de son sweat sur sa tête.

Mais alors qu'elle ne s'en doutait pas une seconde, Esméralda sortit d'une des cabines. Un million de questions se bousculaient dans la tête de l'adolescente qui, sans le vouloir, avait entendu les pleurs de son amie. Et ce qu'elle avait dit au répondeur d'une certaine Anna la laissait perplexe. Qui était Elsa ? Sa copine de ce qu'elle en avait déduit… Quelqu'un sait pour elles deux ? Qu'est-ce que ça signifiait exactement ? Elle peinait à lier tout ce qu'elle venait de découvrir sur Mak. Pourtant, elle avait été confrontée au désespoir flagrant de son amie… Cette Elsa venait-elle de la larguer ? Elle devait avouer qu'elle se retrouvait un peu paumée.

Elle sortit des toilettes et tomba nez à nez avec Olaf.

- Esméralda ? Tu n'as pas cours ? Demanda-t-il, surpris de la trouver à déambuler dans les couloirs.

- Heu non, mon prof d'anglais spé n'est pas là, répondit-elle un peu prise au dépourvu.

- Et Lichtenstenner ? Elle est dans ton groupe d'anglais aussi ?

- Non, répondit Esméralda sans vraiment comprendre.

Le surveillant allait poser une énième question, quand un bruit lui fit tourner la tête, imitée par Esméralda.

- Ah, Elsa ! Je venais justement te voir. Lichtenstenner était présente pour ton cours ?

Elsa, qui refermait la porte de sa salle fronça les sourcils à la question d'Olaf.

- Oui, pourquoi ?

- Bizarre, le prof d'anglais vient de la noter absente…répondit Olaf, pensif. Bon, je vais me renseigner, à plus tard ! Sourit-il avait de rebrousser chemin.

La mâchoire d'Esméralda manqua de se décrocher en suivant leur échange. Elsa ? Lange s'appelait Elsa ? Elsa comme la Elsa de Mak ? Alors c'était vrai ? Alors les doutes qu'elle avait depuis le nouvel an se confirmaient ?

Elle posa un regard choqué sur Lange et remarqua ses traits tirés et sa mauvaise humeur évidente. Tout prit sens. Son professeur avait été exécrable durant tout le cours d'aujourd'hui. Elsa vient de m'en mettre plein la gueule… avait dit Mak. Alors c'est pour ça que Lange lui avait demandé de rester après le cours ? Madame Lange et Mak sortaient ensemble ? C'est bien ce qu'elle devait comprendre ? Elle devait avouer que depuis quelque temps déjà, elle voyait clairement que les yeux que Mak posait sur Lange n'étaient pas ceux qu'un élève pose sur son professeur. Mais elle s'était dit que c'était peut-être un béguin à sens unique, rien de sérieux, rien qui puisse exister un jour… Et puis Mak avait semblé plus épanouie, alors Esméralda s'était dit qu'elle avait trouvé quelqu'un, une relation pansement. Mais non, il était à présent évident que Mak sortait avec leur professeur de philo. Cela expliquait pourquoi elle n'avait jamais voulu leur donner ne serait-ce qu'un détail sur son crush… Putain, tout devenait clair, comment avait-elle pu passer à côté ?

- Tout va bien, Esméralda ?

L'adolescente cligna des yeux en revenant à elle et posa un regard quelque peu stupide sur Madame Lange qui ne comprenait pas pourquoi son élève la fixait ainsi bêtement.

- …Oui ! Répondit immédiatement la jeune fille. Oui, je vais… enfin, il faut que j'y aille ! Déclara-t-elle en partant en grande enjambée vers la cour du lycée, se disant qu'elle avait vraiment besoin de prendre l'air.

Putain mais dans quelle merde tu t'ais fourré ? pensa-t-elle à l'attention d'une Mak qui n'était dotée d'aucun pouvoir de télépathie. Et qui sait pour vous deux au juste ? Et comment je vais faire si je dois te couvrir ? Sérieux Mak, tu fais chier…

Alors, qu'en avez-vous pensé ?

Courage, le prochaine chapitre est déjà écrit.