Chapitre 28 : Explications

Bonne lecture !

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La journée du samedi s'était passée comme dans un rêve. Hermione et Drago n'avaient que très peu quitté le lit mais dès lors qu'ils en sortaient, leurs mains se cherchaient, leurs lèvres se collaient, leurs corps ne pouvaient se retrouver indépendamment de l'autre trop longtemps.

Ils firent l'amour tant de fois qu'ils en furent épuisés mais heureux de s'épanouir l'un auprès de l'autre. Pourtant, la réalité revint brusquement en plein visage d'Hermione dès le dimanche matin.

Elle ne pouvait pas commencer une nouvelle semaine, retourner au travail sans même avoir tenté de discuter avec Ron. Malgré tout ce qu'elle avait fait, il lui devait cette discussion pour pouvoir comprendre sur quelles bases ils devraient alors avancer, chacun de leur côté.

Drago ne cessait de la fixer de son regard inquiet, depuis qu'elle lui avait annoncé qu'elle retournerait chez elle en début d'après-midi. Leur petit idylle s'évanouissait déjà, elle qui avait duré si peu de temps. Pourtant, il savait que cette discussion était une étape essentielle et, sans elle, Hermione ne serait jamais réellement fixée.

Elle chipota dans son assiette à midi et, lorsque l'horloge du salon abattit son aiguille sur le deuxième chiffre, elle se leva d'un bon. Il fallait qu'elle parte tout de suite où elle n'aurait plus jamais le courage de s'y atteler.

Elle déposa le bout de ses lèvres tendues sur celles du Serpentard qui tenta de la détendre d'une caresse sur l'épaule. Hermione était tellement préoccupée qu'elle ne s'en rendit même pas compte et rentra dans l'ascenseur en silence, se contentant de hocher singulièrement la tête.

Arrivée devant sa porte d'entrée par transplanage, elle ne sut plus comment agir. Devait-elle sonner alors que son nom était toujours inscrit sur la sonnette ? Pouvait-elle se permettre d'entrer comme elle le faisait avant, bien que plus rien ne soit comme avant ?

Hermione soupira et choisit de toquer à la porte, se disant que cela brusquerait sûrement moins celui qui était encore officiellement son mari.

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« Qu'est-ce que tu fais là ? » beugla-t-il en lui ouvrant la porte.

« Bonjour Ron. Je suis venue pour discuter avec toi. Je crois que tu mérites des explications et puis... »

« Je n'en veux pas de tes explications. » la coupa-t-il. « Je sais tout ce qu'i savoir. Tu t'es bien foutue de ma gueule en jouant les femmes d'affaires trop occupée au boulot pour rentrer dîner alors qu'en fait tu te faisais sauter par tous les Mangemorts encore en vie. »

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Son ton était dur comme la pierre et si ses yeux étaient voilés de colère, Hermione pouvait aussi apercevoir qu'ils étaient rouges et bouffies par les larmes versées. Elle baissa les yeux, choisissant de se laisser insulter, le faire évacuer sa colère lui ferait sans doute du bien et il était tout à fait légitime qu'elle soit tournée contre elle.

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« Ecoute Ron, ce que je t'ai fait est impardonnable, je le sais mais je crois aussi que tu t'imagines des choses bien plus douloureuses que la réalité. Je suis venue pour pouvoir te laisser te libérer de ta haine, pour que tu puisses me poser toutes les questions que tu souhaites. Je t'en prie, laisse moi ce dernier moment et après ça, si tu ne souhaites plus jamais me revoir, je disparaîtrais. »

« Et pourquoi est-ce que je devrais t'accorder quoi que ce soit, après ce que tu m'as fait ? » cracha-t-il nerveusement avant de se faire bousculer par une petite tête rousse.

« Maman ! » cria la petite fille qui courut dans les bras de sa mère.

« Coucou ma chérie. » la salua Hermione en l'embrassant sur le front après l'avoir soulevée dans ses bras. « Tu m'as tellement manquée ma puce. »

« Toi aussi, maman. Papa y a dit que t'étais partie faire le trottoir. Zai regardé dehors mais t'étais pas là, alors papa y a dit que zétait pas ce trottoir là. Moi zai rien compris. »

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Hermione ferma les yeux en prenant une grande inspiration. Surtout, ne pas s'énerver et ne pas renvoyer à Ron toute la rage que lui provoquait ce que venait de lui rapporter sa fille.

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« J'étais partie quelques jours en vacances. » éluda simplement Hermione en tentant de sourire.

« Et maintenant tu reviens ? » demanda Rose, les yeux pétillants de joie.

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Hermione se risqua un regard vers Ron qui secoua fermement la tête.

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« Non. » répondit-il sèchement alors que les yeux de la petite fille se mouillaient de larmes.

« Ecoute ma chérie, papa et maman ont besoin de discuter un peu entre adultes. Va jouer là haut avec ton frère. Quand nous aurons fini, nous vous expliquerons tout ce qu'i savoir. »

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Hermione avait prit sa voix la plus tendre et embrassa la joue de sa fille avant de la déposer au sol pour qu'elle puisse rejoindre l'escalier.

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« Si tu ne le fais pas pour moi, fais le au moins pour les enfants. On ne peut pas les laisser ainsi, sans réponse. Nous avons besoin de mettre les choses au clair. Est-ce que je peux entrer, maintenant ? » demanda Hermione qui commençait à perdre patience.

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Le grognement que baragouina Ron lui sembla être affirmatif puisqu'il s'effaça derrière la porte pour la laisser entrer. Hermione se dirigea naturellement vers le salon et s'assit sur le canapé, à sa place habituelle.

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« Alors quoi ? Tu es venue pour me dire que tu regrettes ? Que finalement, la fouine est un si mauvais coup que tu veux revenir à la maison ? Ou non, mieux, tu veux plutôt m'expliquer pourquoi tu l'as préféré à moi ? Ah tiens, ça je serais vraiment ra-vi de l'entendre ! » lâcha-t-il dans un rire dénué de joie.

« Non, Ron. Je ne veux pas te créer plus de souffrance que tu en as déjà. Je voulais juste que tu saches que tu n'es pas un mauvais garçon. C'est juste que… toi et moi, ça n'aurait jamais dû se faire. Je ne regrette rien, ne te méprends pas. Nous avons vécus de très bons moments, nous avons même mis au monde deux merveilleux enfants. »

« Mais ? » la coupa-t-il, attendant une suite qu'il savait désagréable à attendre.

« Mais je crois n'être jamais réellement parvenue à dépasser notre amitié... » soupira-t-elle en baissant la tête.

« Alors c'est ça ? Tu viens me dire que tu ne m'as jamais aimé ? » sa voix trahissait les sanglots qui l'obstruait mais que sa fierté ne lui permettait pas de laisser sortir.

« Non, Ron, ce n'est pas ça. Je t'ai aimé, très fort, durant longtemps mais… Tu te souviens lorsque nous étions à Poudlard ? On passait notre temps à nous disputer sur des futilités. Je pensais que c'était uniquement parce qu'on cherchait à attirer l'attention de l'autre mais, au fil de temps, je me suis rendue compte que nous avions gardé ce même fonctionnement dans notre couple. Tout ça n'était pas sain... »

« Parce que tu faire prendre par le pire des Mangemort alors que tu portes encore ton alliance à ton doigt c'est sain, peut-être ? » cracha-t-il en la fusillant du regard.

« Non… Non plus, ce n'était pas réellement sain, c'est vrai. J'ai agis avec lâcheté. Tu étais là, à la maison, prêt à t'offrir à moi mais je n'y arrivais plus. Cette vie n'est pas la mienne. Je ne me retrouvais plus dans notre couple, dans notre vie de famille. Tout ça me paraissait être hors de moi. J'étais profondément malheureuse et dépitée d'une avenir que je voyais obstrué. Et puis, je me suis laissée aller à la pire des tentations. Malgré ce que tu peux croire, Malefoy a réellement changé. Il a été là pour m'écouter, quand j'avais besoin de lui. Petit à petit, un jeu de séduction s'est installé entre nous et puis, un jour, nous avons basculé dans l'interdit. »

« Avec tous les sorciers qu'il y a sur terre, pourquoi a-t-il fallu que ce soit lui ? »

« Je ne sais pas.. Je crois que j'étais si perdue que je me suis raccrochée à ce qui me semblait le plus rassurant en face de moi. Malefoy était là, totalement disposé à m'écouter et à m'accueillir dans sa vie. Lui et moi avons une histoire plutôt similaire, en dépit des apparences. Je crois que… que de choisir Malefoy, c'était aussi, inconsciemment, avoir la garantie que tu ne me pardonnerais pas, que… si tu finissais pas l'apprendre, tu mettrais irrémédiablement fin à notre mariage. »

« Et tout ça, tu n'aurais pas pu me le dire avant de te jeter dans ses bras ? »

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Cette fois-ci, une larme avait coulé au coin de son œil, noyant la dureté de son regard dans un flot de tristesse infinie.

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« J'ai été lâche, profondément lâche et, j'ai choisi la facilité plutôt que de t'affronter. J'avais si peur de te dire ce que je ressentais, de peur de te faire souffrir. Au final, j'ai choisi une voie plus douloureuse encore pour toi, gâchant égoïstement toutes mes bonnes intentions. Je ne te demande pas de me pardonner, je sais que ce serait beaucoup trop. J'aimerais juste que tu saches que je m'en veux et que tu ne méritais pas que l'on te traite ainsi. »

« Tu vas t'installer avec lui ? » demanda-t-il en rassemblant toutes ses forces pour accrocher son regard.

« Non enfin je… Je ne sais pas. Drago est marié, lui aussi et, n'a pas vraiment l'intention de quitter sa femme alors je… je ne sais pas. »

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Ron se contenta de hocher la tête, gardant le silence, les mains jointes sur ses genoux. Hermione ne rajouta rien, préférant le laisser digérer la discussion. Ils restèrent ainsi, de longues minutes sans se parler avant qu'il ne finisse par briser le silence.

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« Il faut qu'on en parle aux enfants. » lâcha-t-il finalement.

« Oui, je suis d'accord avec toi. Ron, je sais que je ne suis pas en position favorable pour te demander quoi que ce soit mais… mais je ne peux pas concevoir d'abandonner mes enfants. »

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Sa voix se fit suppliante et se gorge sembla se briser en prononçant cette phrase tant sa détresse était présente.

Ron secoua la tête, laissant sa réponse en suspens quelques secondes.

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« Non. Tu es leur mère, c'est normal que tu puisses continuer à les voir. Je ne sais pas comment ces choses se passent est-ce qu'il faut convoquer un membre du Magenmagot ? »

« Je m'occuperai de tout. Tu n'auras pas à t'en soucier, il faudra seulement que tu sois présent pour signer les papiers du divorce et du droit de garde. »

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Une chaleur nouvelle avait envahi son corps, le soulagement de sa réponse se répandait en elle en une douceur infinie.

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« Bien. J'ai une seule condition. » énonça-t-il en retrouvant son regard dur et froid.

« Tout ce que tu voudras. »

« Il est hors de question que mes enfants voient cet enfoiré de Mangemort. Ils ne devront ni le voir, ni lui parler ou même apprendre son existence. Bref, tout ce qui se rapproche de près ou de loin de Malefoy doit être banni des connaissances de mes enfants, c'est clair ? »

« Oui... » bredouilla Hermione. « Enfin, je crois. Je comprends ta réaction, on en reparlera en temps voulu. »

« Non, il n'y a rien à discuter. C'est la dernière fois que je veux entendre parler de ce type et il est hors de question qu'il pervertisse mes enfants. Tu n'as pas attendu d'avoir ma permission pour fricoter avec lui mais maintenant que nous sommes… enfin tu vois… tu fais ce que tu veux de ton temps libre. Pour ce qui est de Rose et Hugo, j'ai encore mon mot à dire. »

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Son teint rougeâtre se répandait jusqu'à ses oreilles et Hermione sentit la colère lui brûler les traits. Elle hocha vigoureusement la tête, tentant d'approuver ses dire pour le faire redescendre.

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« Oui, d'accord, très bien, nous ferons comme ça. Il va falloir que.. que je me trouve un appartement. »

« Tu loges chez lui ? » cracha-t-il en croisant les bras sur sa poitrine.

« En quelque sorte. »

« Et bien, en attendant, tu viendras voir les enfants ici. Je veux être prévenu par hibou au moins deux jours avant ta visite et je me réserve un droit de refus. »

« D'accord. » concéda-t-elle sans se plaindre.

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En effet, elle se trouvait déjà bien chanceuse de la réaction de Ron et aurait trouvé déplacé de tenter de négocier ses demandes qui semblaient plus ou moins raisonnables.

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« Est-ce que ta famille est au courant? »

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Ron hocha la tête.

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« Harry est passé hier soir. Il m'a trouvé ivre mort sur le divan. Il a veillé sur moi toute la nuit. Ce matin, il m'a fait prendre conscience que ma vie entière ne se résumait pas qu'à notre couple enfin, ne devait plus s'y résumer… Nous avons longuement discuté et ça m'a fait du bien. Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça contre lui, quand il est venu dans ton bureau. Enfin bref, je l'ai chargé de prévenir Ginny ce qui veut assurément dire qu'à l'heure qu'il est, oui, toute la famille est au courant. D'ailleurs, j'espère pour toi que tu ne vas pas croiser son chemin de sitôt, tu sais comment elle est lorsqu'elle a quelqu'un en grippe... »

« Oui... » grimaça Hermione.

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Si les Weasley n'étaient que sa famille par alliance, elle avait pourtant un profond respect et amour pour eux. C'est vrai qu'ils étaient exubérants, bornés et colériques mais, elle les appréciait tels qu'ils étaient. Après ce qu'elle avait fait, il ne serait plus jamais possible d'avoir les mêmes relations avec eux. Elle n'aurait plus sa place à Noël ou aux repas de famille. Elle qui n'aimait pas beaucoup ça par le passé, savoir qu'elle en était aujourd'hui privée la rendait particulièrement nostalgique.

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« Mama ! Mama ! » s'exclama une petite voix dans l'escalier.

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Hermione se retourna et décrocha son plus beau sourire à son petit garçon qui la regardait avec les yeux pétillants d'amour. Il descendit les dernières marches et rampa aussi vite qu'il pu jusqu'à elle. Hermione le souleva dans ses bras et le serra fort contre elle, l'asseyant sur ses genoux.

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« Coucou mon coeur. Tu m'as manqué, tu sais. » dit-elle en frottant son nez sur sa petite joue toute molle.

« C'est bon on peut venir zouer ici ? » demanda Rose qui attendait toujours la permission de descendre en haut des escaliers.

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Hermione lança un regard interrogateur à Ron qui se contenta de hocher la tête.

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« Oui ma puce, viens. Papa et moi devons vous expliquer certaines choses. »

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Les sourcils froncés, Rose vint se blottir contre son père sans quitter sa mère des yeux.

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« Bon… comme vous l'avez remarqué, ces dernier temps je n'ai pas vraiment été présente à la maison. »

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La petite fille hocha vigoureusement la tête en lui donnant raison.

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« Et bien, ce n'est pas uniquement à cause du travail. » repris Hermione. « C'est aussi parce que… papa et maman, nous… enfin... » bégaya-t-elle, ne sachant pas comment tourner sa phrase.

« Nous allons divorcer. » clôtura Ron sur un ton amer.

« Ron ! » s'exclama Hermione qui aurait préféré qu'il amène les choses plus en douceur.

« Ça veut dire quoi dibosser ? » demanda la petite fille en jetant des coups d'œil frénétiques à ses parents.

« Ca veut dire que nous n'allons plus vivre ensemble. » expliqua Ron en caressant les cheveux de sa fille dans une volonté de l'apaiser.

« Et moi ze vais vivre où ? Et Hugo ? » demanda la petite fille qui commençait à paniquer de plus en plus.

« Pour l'instant, Hugo et toi resterez vivre ici avec papa. » indiqua Hermione en posant une main rassurante sur le genoux de sa fille. « Mais moi, je viendrai souvent vous voir et passer du temps avec vous. Ensuite, quand j'aurais trouvé une nouvelle maison, vous viendrez passer quelques jours chez moi, puis chez papa et ainsi de suite. »

« Mais pouquoi vous voulez pu vivre ensembe ? » geignit la petite fille, au bord des larmes. « Vous vous aimez pu ? »

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Un léger rire amer s'extirpa des lèvres de Ron et le visage courroucé d'Hermione se baissa automatiquement.

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« C'est… c'est plus compliqué que ça, ma puce. » dit Hermione sans parvenir à la regarder.

« Non, c'est tout à fait ça, au contraire. Maman n'aime plus papa alors maman va partir vivre ailleurs. C'est tout ce qu'i savoir. » cracha Ron en fusillant Hermione du regard.

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Celle-ci releva immédiatement le visage en lui rendant son regard rempli de haine.

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« Ron ! Comment oses tu ! » s'écria-t-elle.

« C'est vrai maman ? Tu aimes pu papa ? » sanglota la petite fille, les joues à présent trempées de larmes.

« C'est… non c'est que... » commença Hermione sans vraiment savoir comment poursuivre sa phrase.

« Dis lui, Hermione. Dis lui la vérité. » l'incita Ron en gardant son air glacial.

« Oui. » soupira Hermione. « Oui, c'est vrai, je ne suis plus amoureuse de papa. »

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Le regard qu'elle lança à Ron était plus agressif que jamais. Comment avait-il pu la pousser dans cette situation ? Comment avait-il pu faire en sorte qu'elle passe pour la méchante aux yeux de ses enfants ? C'était vil et petit et il pouvait en être sûr, il le paierait tôt ou tard.

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« Moi ze veux pas vivre avec maman si elle aime pu papa ! » s'énerva Rose en gigotant sur les genoux de son père.

« Écoute ma puce, être papa et maman c'est très compliqué et parfois, avec le temps les choses changent. Tu sais, même si je pars de la maison, je continue de vous aimer très fort, Hugo et toi. Je penserai à vous tous les jours et je viendrai vous voir aussi souvent que possible. Je vais tout faire pour trouver une maison au plus vite et, vous pourrez venir dormir à la maison aussi souvent que vous le voudrez. »

« Ouais enfin, ça reste encore à établir. » marmonna Ron alors qu'Hermione lui lançait une nouvelle œillade incendiaire.

« Ca veut dire que zaurais deux chambres ? » demanda la petite fille en commençant à comprendre qu'elle pourrait y tirer avantage.

« Oui. » rit doucement Hermione « Tu auras deux chambres. »

« Alors ze suis d'accord. » affirma l'enfant en hochant vigoureusement la tête.

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Elle descendit des genoux de son père et entraîna son frère sur le tapis pour y jouer.

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« Bon, ça s'est révélé moins compliqué que je l'aurais pensé. » soupira Hermione de soulagement.

« Attends qu'elle se rende compte de ce que ça implique réellement. D'ici quelques années, quand elle réalisera que tu as brisé notre famille, elle ne sera sûrement pas aussi conciliante. Mais profites en, tant que ta fille accepte de te voir. »

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Sa voix était rude et froide, déblatérant son tissu de paroles choquantes sans sembler en éprouver la moindre gêne ou satisfaction. Non, il était simplement blasé, certainement trop rongé par les sentiments douloureux qui l'assaillaient.

Hermione inspira profondément, tentant de ravaler les larmes qui menaçaient de couler. Elle ne voulait pas pleurer. Elle devait rester forte et digne devant ses enfants. Elle préféra donc rester en silence, le temps de se ressaisir et ignora complètement la remarque de Ron.

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« Bon je… je crois que je vais y aller. » chuchota Hermione de sa voix rongée par la tristesse.

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Tout aussi indifférent qu'il l'était jusque là, Ron ne fit pas le moindre geste alors qu'Hermione se levait pour aller embrasser ses enfants. Elle les serra fort contre elle, leur murmurant à quel point elle les aimait. Après deux doux baisers sur leur front, Hermione se retourna vers Ron et lui fit signe de la suivre vers le vestibule.

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« Il faudrait que tu établisses une liste des choses que tu voudrais garder. Je ne ferai pas la difficile, tu peux prendre tout ce que tu souhaites. Quand tu auras terminé, tu pourras me l'envoyer par hibou au Ministère, je me chargerai de la transmettre au Justicomage. Tu pourras aussi me faire part de ta manière d'envisager la garde alternée, pour les enfants. Le Justicomage te recontactera pour fixer un rendez-vous. On établira le partage des biens et nous réglerons la questions des enfants. »

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Ron hocha distraitement la tête, semblant avoir du mal à accumuler toutes les informations.

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« En attendant, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux m'envoyer un hibou, je tâcherai de me libérer au plus vite. »

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Ron reprit son petit rire amer.

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« Alors il fallait attendre qu'on se sépare pour que je puisse compter sur toi ? »

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Hermione pinça ses lèvres si fort qu'elles blanchirent dans la seconde. Pourtant, c'était le seul moyen de s'empêcher de lui renvoyer une réplique cinglante. Elle prit un profonde inspiration et regarda Ron dans les yeux.

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« Bon, dans tous les cas, le Justicomage te renverra un hibou avec toutes les procédures expliquées. Tu as des questions avant que je ne le contacte ? » demanda Hermione en haussant un sourcil.

« Non. » grogna-t-il en ouvrant la porte, signe qu'il était temps qu'elle s'en aille.

« D'accord. Alors à…. à bientôt ? » dit-elle en s'engouffrant à l'extérieur.

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Elle n'eut même pas le temps de se retourner qu'il avait déjà claqué la porte derrière elle sans même lui répondre. Elle soupira en secouant la tête avant de remonter l'allée pour pouvoir transplaner.

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« Qu'est-ce que cette odeur délicieuse ? » demanda Hermione en franchissant les portes de l'ascenseur.

« C'est l'heure du goûter, non ? Et puis, tu n'as rien mangé à midi. » répondit une voix au loin, quasiment recouverte par le bruit de l'huile crépitant sur le feux.

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Hermione déposa sa veste et son sac dans l'entrée avant de s'avancer vers la cuisine. Ce qu'elle découvrit la fit pouffer de rire. Drago était affairé à la préparation de pancakes, dans son plus simple appareil, uniquement vêtu d'un tablier blanc. Ses fesses se dandinaient sensuellement alors qu'il remuait la poêle pour que le gâteau se retourne.

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« Alors, ce que tu vois te plaît ? » demanda-t-il en se retournant vers elle, la gratifiant d'un petit clin d'oeil.

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Hermione avait brusquement tourné la tête lorsqu'il l'avait regardée, feignant d'avoir le regard fixé ailleurs que sur son irrésistible postérieur.

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« Je ne vois pas de quoi tu parles. » mentit-elle en avançant vers lui d'une mine parfaitement innocente.

« Oh, non, bien sûr. Ce n'est pas comme si je savais pertinemment que tu étais en train de me reluquer tout ce temps. D'ailleurs, il reste un peu de bave, sur ton menton. » dit-il en passant sensuellement son doigt à la commissures de ses lèvres.

« Tu es décidément bien de trop prétentieux, Malefoy. » dit-elle avait de capturer son doigt entre ses lèvres, commençant à le sucer sensuellement.

« Arrête de te voiler la face, ce corps de rêve t'as mise dans tous tes états à la seconde où tu es entrée dans cette pièce. »

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Il semblait tout à fait naturel, comme si ton doigt n'était pas actuellement recouvert d'une langue qui le suçotait avidement. Pourtant, Hermione commençait à le connaître et ses pupilles resserrées ainsi que sa respiration plus rapide ne la trompait plus. Elle lui faisait de l'effet.

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« Tout ce que je sais. » commença-t-elle en se collant à lui. « C'est que si c'était moi qui cuisinait dans cette tenue, tu m'aurais déjà prise sur ce plan de travail. »

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Il n'en fallut pas plus pour que Drago laisse tomber lourdement sa poêle sur le feu à présent éteint. Il posa une main ferme sur la hanche d'Hermione, la collant un peu plus à lui. Il s'approcha de ses lèvres et en captura une à l'intérieure de ses dents, la mordillant avidement.

Hermione laissa un faible gémissement d'envie sortir de ses lèvres alors qu'elle fourrait ses mains dans la longue chevelure d'opale de son amant. Sans attendre, il fit glisser la fermeture éclaire de sa robe qui tomba au sol dans un bruissement de tissu.

Hermione portait un simple soutient-gorge noir sans bretelle avec un bas assorti. Drago prit le temps de se reculer pour l'admirer. Cela faisait un moment maintenant qu'il avait la chance de caresser ce corps, de le regarder et d'y prendre mille plaisirs. Pourtant, il ne s'en lassait toujours pas et la petite tente qui se formait sous son tablier n'en était qu'une preuve supplémentaire.

Hermione passa le lien de coton par dessus sa tête pour le défaire de son unique apparat qu'elle envoya valser plus loin dans la pièce.

Sensuellement, elle décrocha son soutien gorge et s'extirpa de sa petite culotte sous les yeux luisants de désir du Serpentard. Sa respiration était hachée et son sexe si érigé qu'il en devenait douloureux.

Hermione conserva ses escarpins à talons, sachant l'excitation qu'il ressentait pour ces souliers et, sans plus attendre, lui sauta dessus. Elle agrippa son cou à la force de ses bras et enroula ses jambes autour de son bassin.

Interloqué par son geste, Drago vint rapidement positionner ses mains sur ses fesses pour la maintenir en l'air. Hermione gesticulait sensuellement contre son corps, frottant discrètement son intimité contre le nombril du jeune homme.

Cette sensation était grisante pour eux deux. Drago, rasséréné par l'expérience qu'ils avaient eue quelques jours plus tôt, commença à malaxer ses fesses avec plus d'entrain. Au bout de quelques secondes, il franchit la barrière de peau, insinuant un doigt le longs du sillons de sa partenaire.

Les joues rougies par le geste et le désir, Hermione avait la respiration de plus en plus haletante. Les petits coups de reins qu'elle exerçait contre le ventre de Drago l'excitaient fortement, mais ce n'était rien comparer aux gestes qu'il faisait sur elle. Elle qui n'avait pas été particulièrement enthousiaste par cette pratique, devait maintenant avouer qu'elle était plus excitée que jamais à l'idée qu'il recommence.

Drago sentit qu'Hermione était prête à renouveler l'expérience. Pourtant, il fit durer le plaisir en glissant deux doigts jusqu'à l'intérieur de son vagin, les laissant se recouvrir du liquide abondant qui s'en dégageait. Hermione était si excitée que Drago n'avait plus besoin de lubrifiant pour insinuer ses doigts au coeur de sa seconde intimité.

Il ne perdit pas plus de temps, lui même avide de renouveler la sensation. Il titilla d'abord sommairement son entrée avant d'y enfoncer plus franchement l'un de ses doigts, encouragé par les halètements d'Hermione.

La sueur commençait à perler sur le front de Drago. Agissant ainsi à l'intérieur d'elle, il ne pouvait dorénavant la maintenir que d'une main. Le plaisir que ressentait sa partenaire lui faisait augmenter la cadence de ses coups de bassins contre lui. Tout cela mêlé avec le propre désir qu'il ressentait, la porter commençait à s'avérer compliquer.

Renonçant à contre coeur à garder cette position, il retira lentement ses doigts d'elle et l'emmena jusque dans la chambre à coucher. Hermione prit possession de ses lèvres, lui donnant un baiser reflétant tout son désir et sa sensualité alors qu'il l'allongeait avec prudence sur le grand lit. Lorsque leurs lèvres se détachèrent, il revint immédiatement les reposer dans le creux de son cou puis descendit lentement jusque sur son plexus avant de laisser sa langue glisser entre les deux monts dressés que formaient sa poitrine.

Avec lenteur et sensualité, il glissa toute la longueur de son sexe contre le clitoris brûlant de la sorcière. Hermione ne put retenir un long gémissement. Drago recommença et la torture n'en fut que plus douce pour elle. La troisième fois, il la sentit commencer à se contracter et, sans attendre la pénétra de tout son long. Le dos d'Hermione se cambra. Drago ne bougeait plus, appréciait la chaleur et l'étroitesse qui encerclait son membre. Il le savait, aucun des deux n'étaient loin de l'orgasme, tant le désir était ardent.

Drago s'appliqua à lui donner un baiser exquis avant de bouger délicatement le bassin, s'immisçant chaque fois un peu plus profondément en elle. Au bout de quelques minutes, n'y tenant plus, il posa fermement ses paumes de main sur le matelas de sorte à ce qu'elles encercle son visage. Sans attendre, il s'enfonça en elle jusqu'à la garde, dans un râle rauque incontrôlable. Drago se mordait violemment l'intérieur des joues pour ne pas jouir immédiatement. Il la sentait fébrile, au bord du précipice et sa fierté déplacée ne lui permettait pas de se laisser aller avant elle.

Alors, il décrocha une main pour la faire sensuellement caresser son corps, s'attardant particulièrement sur sa poitrine. Il emprisonna son téton entre ses deux doigts, le pinçant fermement avant de l'apaiser par la chaleur de sa bouche. Hermione avait dorénavant le corps recouverts de frisson et ses joues rougies ne laissaient pas de doute quant au plaisir qui s'emparait d'elle.

Drago fit glisser sa main plus bas et, n'arrêta la course folle de son pouce que lorsqu'il fut habilement posé contre son clitoris. Au moindre frôlement, le plaisir d'Hermione devint incontrôlable. Elle se laissa aller à l'extase dans un cri silencieux, observant son corps se tendre brusquement avant d'être l'objet de contractions régulières.

Drago, plus à l'étroit encore face aux contractions vaginales d'Hermione ne put se retenir plus longtemps et se laissa aller, à son tour, dans l'extrême plaisir de l'orgasme. Ses yeux se révulsèrent et sa tête partit brusquement en arrière alors qu'une douce chaleur se répandait dans tout son corps.

Après quelques secondes de transe partagée, Drago finit par s'écrouler sur le lit, veillant à attirer Hermione dans ses bras par la même occasion. Il la serra fort contre lui, embrassant avec tendresse le sommet de son crâne tandis que ses doigts dessinaient de légères arabesques dans son dos.

C'est à cet instant précis, alors que l'esprit d'Hermione commençait tout juste à s'extirper du brouillard de plaisir qu'elle réalisa que, pour la première fois, Drago et elle avaient fait l'amour. Les facteurs torrides et passions étaient toujours autant présents qu'auparavant mais, sans vraiment savoir mettre la main sur l'acte en particulier, Hermione savait que quelque chose de différent s'était produit.

La tendresse de ses geste, la lueur dans son regard ou bien la force avec laquelle il la pressait présentement contre lui n'étaient pas anodines. Le schéma semblait se mettre en place. Il y avait eu la jalousie, la possession, la joie de la voir séparée de Ron et la frustration de ne pas avoir été choisi pour refuge, les retrouvailles endiablées, le soutien, les pancakes fourrés aux bonnes intentions. Tout cela révélait ces choses qu'elles s'étaient interdites de voir jusqu'ici.

Drago Malefoy était amoureux d'elle et ce sentiment était le plus terrifiant qu'il lui avait été donné de percevoir.

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Hello !

J'espère que ce chapitre vous a plu.

Merci beaucoup pour vos retours sur le précédent, c'est toujours aussi encourageant d'avoir votre avis et de savoir que des gens nous lisent. Pour les reviews anonymes, les réponses sont toujours disponibles sur le forum créé à ce sujet. Le lien d'accès est disponible sur mon profile.

Merci à The White Quill qui a de nouveau corrigé ce chapitre.

Ca y est, c'est officiel -bon, même si ça l'était déjà depuis quelques chapitres- Hermione et Ron, c'est terminé ! Elle qui craignait de se voir séparée de ses enfants, Ron est revenu sur sa position. Il ne pouvait décemment pas leur faire ça, ni à elle, ni à eux.

Ron est particulièrement remonté mais, j'avoue ne pas pouvoir imaginer une autre réaction. Je le trouve même relativement conciliant face aux actes de sa femme. Rappelons-le, pour Ron, c'est l'humiliation extrême de la savoir le tromper avec son pire ennemi.

Et comment avez-vous trouvé Drago lorsqu'Hermione est rentré ? Je parie que beaucoup d'entre vous donneraient cher pour retrouver un Drago Malefoy nu sous son tablier en train de préparer à manger dans votre cuisine !

En tout cas, il est plus amoureux que jamais et, si la réalité est revenue comme un flash lors de la confrontation avec Ron, l'idylle a vite repris le dessus.

Je n'en reviens pas de vous dire ça mais, le prochain chapitre à lire sera le dernier avant l'épilogue. C'est passé tellement vitre depuis que j'ai publié le premier chapitre...

En tout cas, j'ai hâte de vous retrouver mercredi pour L'Etre Aimé.

A bientôt !