Ce chapitre est plus long que d'habitude mais je ne me voyais pas le couper en deux, sachant que c'est un chapitre important.

Assis au bord de la falaise, Meredith et Derek dominaient Seattle.

La clairière au somment de la colline n'avait pas changé. Il y avait toujours cet énorme emplacement vide réservé à la maison des rêves de Derek, celle dont il avait commencé à parler avant que leur vie n'explose, littéralement. La boite de conserve était en relativement bon état, quoi qu'inutilisable à cause de problèmes de plomberie.

Derek avait conduit en silence sur la route en lacets bordée d'arbres. Lorsqu'ils avaient atteint le sommet, il avait sorti des vieilles couvertures de camping du coffre de la voiture et tous deux s'étaient installés là, au bord de la falaise.

Sur les genoux de Meredith, sa boite en métal.

Le docteur Shepherd la regarda.

« Qu'est-ce qu'i l'intérieur ? »

La jeune femme observa l'objet comme s'il allait la mordre.

« Plein de trucs. »

« Du genre ? »

« Je n'aurais pas dû la prendre. C'est une mauvais idée, de l'ouvrir. Elle est restée tranquille durant longtemps, je préférerais que ça continue comme ça. »

Il inclina la tête.

« Tu es sûre ? »

Les mains de Mer se crispèrent autour de la boite.

« Non. Je ne suis pas sûre. »

« Je peux ? » Il fit mine de la prendre.

« Non. »

Elle prit une profonde inspiration.

« Je vais le faire. »

Et entreprit de retirer le couvercle de métal.

La première chose qu'ils virent fut un polaroïd retourné. Meredith le prit délicatement, observa la photo durant une fraction de seconde et la tendit à Derek.

Le fin cadre autour de l'image était corné et jauni, comme s'il avait été manipulé de nombreuses fois. Sur la photo, une silhouette. Il reconnut Mer, assise dans un lit d'hôpital, un paquet dans les bras. En plissant les yeux, il distingua de minuscules doigts qui s'étaient aventurés en dehors de la couverture.

« C'est le jour où elle est sortie, » murmura-t-elle aussi bas que Derek n'était pas certain de l'avoir entendue.

Le jour où elle est sortie. Pas celui où elle est née. Ce bébé n'était jamais né, il était mort avant même de connaître la vie.

Il ne pouvait détacher les yeux de la photographie, voulant en retenir chaque détail.

Les motifs pastel de fleurs sur la couverture, la petitesse des doigts de sa fille, la vue par la fenêtre, la table de chevet complètement vierge de cartes de vœux de bon rétablissement, Meredith Grey, recroquevillée dans le lit, son visage creusé, ses cheveux en bataille, sa peau luisante de larmes, son impuissance, sa détresse, ses yeux vides de vie.

Shepherd lui rendit la photo, incapable de la regarder une seconde de plus.

D'une voix étranglée, il demanda,

« Tu lui as donné un nom ? »

« Alexandra. Et Carolyn, pour ta mère, » elle dit dans un souffle.

« C'est bien. Tu as bien choisi. Lexie… Lexie aurait été tellement fière. »

Des larmes roulèrent sur la joue de Derek. Il pleurait rarement. Encore plus rares s'étaient faites ses larmes ces trois dernières années.

Puis il s'effondra.

Meredith demeura là, assise à le regarder perdre pied.

Elle voulait faire la même chose, se laisser aller, cesser de lutter, mais elle devait être forte pour eux deux, pour leurs enfants.

Elle lui prit la main.

Lorsqu'il eut séché ses larmes, Derek lâcha la main de Meredith.

« Qu'y a-t-il d'autre dans la boite ? »

La résidente observa l'objet comme si elle avait oublié jusqu'à son existence.

« Oh. Rien… Rien d'important, je voulais juste te montrer la photo. »

Il pencha la tête et s'apprêtait à se saisir d'un petit cylindre en plastique orangé lorsqu'elle le devança et sortit une clé de la boite en métal. Elle se força à sourire.

« J'ai volé cette clé au proprio de l'appart que j'ai partagé avec Saddie et Erica, quand le mien était inondé. Pour avoir un souvenir. »

Mais ça ne détourna pas l'attention de Derek. Il revint à la charge.

« C'est à toi ? » demanda-t-il en montrant du menton le petit truc en plastique orangé.

« Euh, je ne sais pas ce que ça fait là, je croyais que je l'avais jeté. Ce n'est rien. »

Elle passa nerveusement une main dans ses cheveux, tenant de dissimuler ses tremblements.

« Du potassium ? »

Il avait pris la boite de pilules. Mer se retint d'éclater en sanglots.

Le chirurgien dévissa le petit couvercle en plastique et leva un sourcil.

« Pourquoi en as-tu autant ? C'est dangereux de prendre ne fusse que trois de ces pilules, tu le sais très bien pourtant. »

La couleur quitta leur visage.

« Tu le sais très bien, » il murmura.

« MERDE, MEREDITH ! »

Il jeta la boite orangée de toutes ses forces, la faisant probablement s'écraser contre la surface de l'eau, des dizaines mètres sous leurs pieds.

« Je ne peux pas vivre sans toi, » souffla-t-il.

« Je ne peux pas vivre sans toi, » répéta-t-il plus fort, la tête entre les mains.

« Tu as abandonné, tu as abandonné. »

« Derek. Je ne les ai pas prises. Je… Je ne les ai pas prises. »

Il lui adressa un regard empli de douleur.

« Pourquoi les avais-tu, alors ? »

Mer détourna les yeux vers la ville en face.

Space Needle, les immeubles, le quai des ferry, Elliott Bay, le marché, elle se concentra sur toutes ces choses insignifiantes.

Finalement, la voix de l'homme à côté la ramena une nouvelle fois à la réalité.

« Pourquoi as-tu abandonné, Mer ? Pourquoi tu as arrêté de te battre ? »

« C'aurait été tellement facile, sans douleur, rapide. J'aurais pu en finir rapidement. Voilà pourquoi j'avais tout ce potassium posé sur ma commode durant presqu'un an. Pour que chaque jour, en rentrant chez moi, j'aie une porte de sortie. Que je sache qu'il me suffisait de sortir la bouteille de gin du placard et de prendre ces cachets pour aller mieux. »

« Tu ne te serais pas sentie mieux, tu serais morte, Meredith. »

« Justement. »

Il lui serra la main de toutes ses forces, pour ne plus jamais la laisser partir.

« Tu es la personne la plus forte que je connaisse. Pourquoi… Pourquoi ? »

« C'est tellement simple, Derek. J'aurais été en paix. Je serais avec George, Lexie, nos bébés. Je serais avec ma mère, mon père, et même Molly et Doc. Comment je fais, pour résister ? »

« Tu te bats, » il murmura.

« Tu restes pour avoir une chance de te pardonner, pour voir ce que la vie a à t'offrir. Tu restes pour devenir Meredith Grey, la talentueuse chirurgienne, la merveilleuse jeune femme. Tu restes pour me laisser t'aimer. »

« La vie me déteste, » elle sourit.

« J'avais oublié ce détail. »

Ils rirent. C'était si bon.

Derek la regarda, serra sa main dans la sienne.

« Je t'aime, Meredith. Je ne peux pas vivre sans toi. »

Elle le regarda à son tour, un petit sourire sur les lèvres, les yeux brillants.

« Moi aussi je t'aime. »

Ils s'allongèrent sur les couvertures, main dans la main, les yeux absorbés par les nuages qui zébraient le ciel azur.

« Est-ce que tu me l'aurais dit, si tu n'étais pas tombée ? »

« Pas tout de suite. J'avais besoin d'un électrochoc, de me trouver au pied du mur. Parce que ça fait des années que je me déteste pour ne pas réussir à te dire la vérité. »

« J'ai… J'ai l'impression que je ne te connais plus. »

« Je suis en morceaux. Durant tout ce temps, j'ai tenté de me reconstruire et je me suis même convaincue que j'allais bien mais la vérité, c'est que je suis complètement détruite. Je n'ai plus la force de me battre. »

Silence. Elle sentit le pouce de Derek lui caresser la main.

« Qu'est-ce qui nous est arrivé ? Avant même la fusillade. »

« Je crois que c'était juste… trop. Tu avais perdu ton ami, ta famille. Tu avais besoin de remonter la pente et moi, j'avais besoin de toi. C'était juste trop pour nous. »

« Derek ? »

Il se tourna vers elle.

« Oui ? »

« J'aurais voulu que les choses se passent autrement. J'aimerais qu'on se soit mariés, que nos enfants se disputent dans leur énorme salle de jeux de leur superbe maison dans les bois. J'aurais voulu réussir à être heureuse. »

« Tu as fait… ce que tu pouvais. Jusqu'à un certain point, du moins. »

Il se raidit, Meredith sentit que ce moment d'utopie entre eux venait de se terminer. Ils en étaient revenus au même point qu'il y a quelques heures.

Silencieusement, Mer chipota dans la boite en métal et détacha sa main de celle de Derek pour pouvoir déplier un feuille de papier.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Une des lettres que je t'ai écrites. »

« Je n'ai jamais reçu de lettre de la part. »

« Je sais. Je n'en ai posté aucune. »

« Mais… »

Elle le coupa dans son élan, la feuille noircie de sa fine écriture tendue parallèlement au ciel.

« Derek.

Tu me manques. Terriblement.

Depuis que j'ai quitté ton lit, cette nuit-là, tu me manques. Je t'ai regardé, avant de m'en aller. Tu étais si tranquille, comme si rien ne s'était jamais passé et que rien ne pouvait t'atteindre. J'ai hésité. Comme depuis un moment. Mais cette nuit, là, j'ai cru que je n'arriverais pas à te quitter. J'aurais tout donné pour me glisser dans tes bras, te dire à quel point je t'aimais et rester là pour l'éternité. Mais je ne pouvais pas. Alors j'ai conduit jusqu'à l'hôpital, j'ai parlé à Richard et je suis rentrée chez moi. J'ai mis mes affaires dans des caisses, je les ai entassées dans ma voiture et je suis partie. Je n'ai pas éteint les lumières, je n'ai pas fermé la porte. Je ne voulais pas accepter que je ne reviendrais pas. Je te mentirais en disant que ç'a été impulsif, de prendre la route du Maryland, même si je sais que tu aurais moins de mal à me pardonner. Ç'a été long, terriblement long, l'idée avait germé dans ma tête depuis que celle de Lexie s'était écrasée dans la cage d'escalier. Il y avait des jours où je n'arrivais pas à te regarder dans les yeux, sachant que je préparais de t'abandonner.

Je viens d'emménager dans un petit appartement à quelques rues de l'hôpital. Je ne sais pas encore si j'aime Baltimore, je ne suis toujours pas sortie de chez moi. Je commence à travailler demain mais je ne pense pas que j'aurai la force de me lever. J'ai l'impression que tu es là, derrière la porte de ma chambre, à attendre que je vienne dormir, dans la douche, prêt à partir au boulot. J'ai l'impression que je ne peux pas faire le moindre mouvement, que je suis paralysée depuis que j'ai réalisé que tu n'étais plus là. Je n'ai jamais eu aussi mal.

J'espère qu'un jour, tu me pardonneras ou que tu comprendras. J'espère que j'aurai réussi à survivre pour pouvoir te serrer contre moi quand je te retrouverai. Si je te retrouve un jour. Je comprendrais que tu ne veuilles jamais plus entendre parler de moi, si je pouvais, je m'effacerais totalement pour éviter de te faire souffrir encore une fois.

Mer. »

Elle replia la lettre et la rangea dans la boite. Derek la regarda se coucher sur la couverture.

« Pourquoi tu ne me l'as jamais envoyée ? » il demanda doucement.

« Qu'est-ce que tu aurais fait ? T'imaginer déchirer ma lettre pour la jeter à la poubelle m'aurait fait plus de mal que de la garder pour moi. »

« Tu en a écrites d'autres ? »

« Des dizaines. J'en ai jeté certaines. Mais celles que j'ai gardées sont dans cette boite, avec les lettres pour Lexie et celle pour George. »

« J'aurais aimé en recevoir une. »

« Je ne crois pas que ça t'aurait fait du bien. »

« Non. Tu as raison. Je l'aurais probablement brûlée au fond des bois et me rappelant à quel point tu m'as brisé le cœur. »

Elle esquissa un sourire.

« Tu crois que tu peux m'en lire une autre ? »

« Si tu veux. »

Mer en piocha une dans la boite et la déplia.

« Derek.

Je ne sais pas si j'y arriverai sans toi.

J'ai peur. »

« Celle-là était courte, » elle commenta en la repliant.

Vint une autre lettre.

« Je ne suis pas sûre que tu veuilles entendre celle-là, » dit Meredith avec un léger sourire.

« Si, vas-y. »

« Derek.

Je te déteste du plus profond de mon cœur.

Je n'arrive pas à croire que j'aie dit ça.

Je ne veux plus jamais te voir, tu crois que tu es le meilleur neurochirurgien de la terre, que personne ne t'arrive à la cheville. C'est ce que j'aime le moins chez toi, ce sentiment que dans n'importe quelle situation, ma carrière passera après la tienne.

Je ne sais pas si tu t'en rends compte mais j'imagine que non car tu n'es pas quelqu'un de méchant.

Mer.

P-S : en fait, si tu es quelqu'un de méchant, tu es même l'homme le plus cruel et hautain et détestable que je connaisse. Je te hais, va brûler en enfer. »

Il rit.

« C'est ce que tu penses de moi ? »

« Hmm non, pas vraiment. Je pense que j'avais besoin de me défouler sur quelqu'un. Mais j'ai quand même l'air très sincère dans cette lettre alors peut-être que j'ai oublié toute la haine que j'ai pour toi, enfin en partie. N'empêche que tu devrais te méfier, je pourrais te pousser de la falaise et dire que tu es tombée. »

« Tu as raison, je suis terrifié, tu as tellement de force. »

Il éclata de rire et Meredith rit à son tour, le regardant. Elle avait oublié à quel point elle aimait le voir rire.

Ils eurent besoin d'un moment pour redescendre et lorsque ce fut l'instant, celui d'arrêter de rire, Derek jeta un coup d'œil à la jeune femme allongée à côté de lui. Si belle et insouciante.

« Je me sens mal, Mer. »

Elle tourna la tête vers lui, se trouvant à peine à quelques centimètres de son visage. Si proches. Elle pouvait presque sentir son souffle glisser sur sa peau.

« Pourquoi ? »

« Je voudrais t'en vouloir. Je devrais te détester. J'ai passé tellement de temps à imaginer ce que je te dirais, comment je me vengerais si on se revoyait un jour. Mais là… Je n'y arrive pas. »

« Je suis désolée. Peut-être qu'il vaudrait mieux qu'on arrête, que je rentre chez moi et que je ne vienne plus chez toi complètement saoule. »

Elle fit mine de se lever mais une main posée sur son bras la retint.

« Reste, c'est bon. »

« D'accord. »

Mer se recoucha sur la couverture.

« Est-ce que… tu veux que je t'en lise d'autres ? »

Il la regarda et afficha un sourire à la McDreamy.

« J'aimerais bien. »

Le ciel était désormais d'un rose orangé zébré de violet, les nuages avaient disparu, le soleil se couchait à l'ouest. Meredith et Derek étaient toujours allongés sur les couvertures dans l'herbe. Toute l'après-midi, il l'avait écoutée lire les lettres de sa boite en métal. Parfois, ils riaient, d'autres fois, ils se taisaient face au désespoir qui dégoulinait des mots tracés sur la feuille.

Ils n'avaient reparlé ni des pilules de potassium ni d'Alexandra, c'était encore trop frais pour Derek.

Alors que Mer reposait le dernier morceau de papier, Shepherd s'assit.

« J'ai un truc prévu ce soir avec Mark et Hunt. On devrait rentrer, je te ramène. »

Le docteure Grey l'aida à replier les couvertures, ramassa ses quelques affaires et, tandis que le neurochirurgien allait vérifier un truc dans la caravane, elle grimpa dans la voiture. Il la rejoint une minute plus tard et démarra. Mais au lieu de ronronner, le moteur fit un bruit de chaine de vélo rouillée.

« Merde. Je suis à sec, j'ai oublié de faire le plein. »

« J'appelle Alex, je crois qu'il n'est pas de garde, il peut venir nous chercher. »

« Tu es sûre ? Je pensais que tu ne voulais pas que tes amis soient au courant. »

« Il va supposer qu'on s'est envoyés en l'air dans la caravane et ne posera pas de questions. »

Sur ce, elle porta son téléphone à l'oreille.

« Alex ?

J'ai besoin de toi.

Oui, ça m'étonne autant que toi.

Il faudrait que tu viennes nous chercher à la caravane, la voiture est à sec.

Derek et moi.

Je t'expliquerai plus tard, tu peux venir ou pas ?

D'accord, c'est pas grave, tu sais si Cristina…

Ah. Ok, merci. On se voit plus tard. »

« Un prématuré vient de naître, il doit le surveiller toute la nuit. »

« J'appelle Mark ? »

« Non, c'est bon. »

Elle porta à nouveau son téléphone à l'oreille.

« Cristina ? Tu es libre ?

J'ai besoin que tu viennes à la caravane.

Ok. »

Meredith raccrocha.

« Elle arrive dans dix minutes. »

Ils sortirent de la voiture pour attendre Cristina.

« Je viens de penser à un truc, » dit Mer.

« Tu veux voir des photos de notre fille ? Je pense que j'en ai d'autres sur mon téléphone, » elle murmura.

Le visage de Derek s'illumina.

« Voilà. »

Une seconde plus tard, un album photo s'affichait sur l'écran du téléphone portable de Grey.

La première était une photo de son appartement, lumières allumées, ciel gris derrière les fenêtres.

« C'était ma première tempête à Baltimore. »

Dans un coin, on pouvait voir Meredith, de profil, dans le reflet d'un grand miroir, prenant la photo.

« J'étais enceinte de cinq mois. »

Derek se pencha davantage vers l'écran. Personne n'aurait pu deviner que la femme dans ce miroir était enceinte.

Prochaine photo.

« Sur celle-là, j'étais à six mois. »

On la voyait au centre d'un groupe de médecins en uniforme vert, tous souriants.

« C'était pour une revue médicale, on venait de séparer des siamois. »

Son ventre était plat, son sourire creux.

Troisième image.

« Là c'est la veille de l'accouchement. Ma première opération en solo. »

L'on voyait l'intérieur d'un bloc, Meredith penchée sur la table d'opération, un scalpel tendu vers la paume de sa main.

« Comment est-ce possible ? Tu as l'air tellement… normale. »

Elle haussa les épaules.

« Je sais. »

Vint la quatrième photographie. Derek cessa de respirer.

C'était le visage d'un bébé, de relativement près.

« Ses yeux sont fermés mais ils étaient bleus, comme les tiens. »

Il prit le téléphone.

C'était sa fille, son bébé, celle qu'il n'avait jamais eu la chance de connaître.

Sur le haut de son crâne, une boucle de cheveux noirs.

Shepherd appuya sur partager et envoya la photo vers son propre téléphone. Dans sa poche, il vibra. Il s'empressa ensuite de passer à l'image suivante, incapable de la regarder plus longtemps.

C'était un test de grossesse posé sur le bord d'un évier. Le test était positif. Il reconnut le carrelage, celui du Seattle Grace.

« C'était quelques minutes avant que la fusillade commence. »

« Je… »

Des phares les aveuglèrent et dans sa voiture, Cristina poussa sur le klaxon.