Bonjour à tous,
Voici la suite de cette fiction. Plus que trois chapitres après celui ci et ce sera la fin. Le prochain sera finit dans la journée et l'avant dernier suivra la foulée. Comme ça, il n'y aura pas de contre-temps et aucun retard dans les prochaines publications.
Encore merci pour les commentaires ;) Et désolée, mais Aya va rester quelques temps encore sinon ce ne serait pas drôle.
Sur ce... {Enjoy}
oOo
Aya s'empara de la télécommande pour baisser un peu le son de la télé. Marinette lui indiqua qu'elle pouvait arrêter la musique pour mettre une émission si elle le souhaitait. Aya les observa un instant de plus, alors qu'ils se remettaient dans une espèce de routine qu'ils avaient l'air de pratiquer facilement. Ses yeux posés sur Adrien, elle sourit doucement lorsqu'elle remarqua sa concentration quand il façonna les biscuits sur la plaque. Les observer tous les deux en cuisine était… perturbant. Il y avait un petit quelque chose qui l'ennuyait mais elle n'arrivait pas à mettre la main dessus. Ils avaient une facilité à communiquer, parfois même qu'au travers d'un regard. Ils avaient une fluidité dans leurs mouvements, souvent synchronisés sans qu'aucun mot ne soit échangé. Aya en serait presque jalouse. Quand elle cuisinait avec Adrien, ce n'était pas pareil. C'était des chocs l'un contre l'autre, des descriptions plus complètes pour qu'ils puissent se comprendre et des mouvements un peu hachés. Pas ce qu'ils partageaient.
Aya grinça des dents et décida de ne plus les observer, se concentrant sur un nouvel épisode de sa série du moment.
oOo
Adrien entra dans le bureau de son père. Aya était deux étages plus bas, en train de faire ajuster la robe qu'elle avait demandée à Gabriel pour le mariage. Gabriel termina rapidement ce qu'il était en train de faire puis verrouilla son ordinateur pour porter son attention sur son fils. Un silence gênant s'imposa entre eux deux. Leur relation n'avait pas réellement évoluée depuis que le jeune homme était parti pour l'Amérique, ce qui l'attristait un peu. Okay, peut-être beaucoup. Il regrettait d'avoir perdu ce lien qu'il existait entre un père et son fils. Par moment, il se surprenait à croire que son véritable père affectif était plus Tom Dupain. Sincèrement, il s'entendait bien mieux avec cet homme, bien que la distance entre eux les avait fait perdre un peu de vue. Mais il savait que Mari' donnait souvent de ses nouvelles à son père. Et Adrien ne manquait jamais une occasion de demander des nouvelles de ses deux parents. N'était-ce pas ce que tout enfant faisait ? Ou tout parent ? En y réfléchissant, Adrien doutait que son père prendrait autant de nouvelles de lui si ce n'était pas le biais de son travail et de sa participation ponctuelle aux évènements liés à la mode aux Etats-Unis.
Déprimant. Ou pathétique. Il ne savait pas vraiment quoi penser.
Les deux parents s'observèrent un instant, chacun campant sur ses positions.
« Tu as l'air fatigué. »
Bien sûr, il ferait une critique. À croire qu'il ne savait faire que ça. Adrien inspira silencieusement en serrant les dents.
« Est-ce la raison pour laquelle je te vois si peu depuis ton retour sur Paris ? Continua-t-il, acerbe.
- La préparation du mariage demande beaucoup de temps. Et je profite de mes vacances pour avancer grandement sur mon mémoire et rencontrer certains interlocuteurs. Se justifia-t-il, appuyant bien sur le mot vacance.
- Je vois. Heureusement que ma future bru semble se soucier un peu plus de me rencontrer dans ce cas. Je devrais la remercier. Siffla-t-il entre ses dents, lançant un regard peu avenant vers son fils unique. D'ailleurs, en parlant de ça, il est temps que je te donne ce qui te revient. »
Perplexe, Adrien regarda l'expression de son père légèrement s'attendrir alors qu'il se dirigeait vers son coffre-fort. Quand il revint quelques minutes plus tard à la hauteur du blond, il déposa un écrin avec douceur sur la table devant lui.
Le cœur d'Adrien manqua un battement. Immédiatement, une paire d'yeux d'un bleu céruléen vinrent en mémoire. Il se secoua mentalement, chassant cette image de son esprit. Ce n'était pas correct. Sa gorge se serra, s'assécha et ses yeux se fixèrent sur la boite lourde de sens. Il cligna plusieurs fois des yeux, comme pour s'assurer que ce n'était pas une vision et que la boite était bel et bien là. Il la regarda pendant ce qui lui sembla une éternité, n'osant même pas approcher sa main pour toucher l'écrin.
« Ta mère voulait te la donner quand le moment serait venu. »
La voix de son père avait perdu son amertume, son contrôle habituel. Cependant, les yeux d'Adrien refusèrent de quitter l'objet des yeux pour se poser sur l'homme devant lui. Ils refusaient de voir l'émotion, si rare, marquer ses traits fatigués par l'âge. Au lieu de ça, ils se concentrèrent sur ce qui était devant eux. Peu à peu, l'image floue de sa mère dansa devant lui. Il sourit légèrement, regrettant de ne pas avoir su garder plus de détails d'elle dans sa mémoire.
« Merci père. »
Adrien douta un instant que son père ait pu entendre son faible chuchotement. Mais il se racla la gorge, comme pour chasser un trémolo dans sa voix, indiquant à son fils qu'il l'avait entendu. Les deux hommes restèrent silencieux, fixant chacun la boite sur la table. Timidement, la main d'Adrien s'approcha d'elle, la caressa comme si elle était fragile au point de se briser avec un seul toucher. L'ancien mannequin fronça légèrement les sourcils, son esprit se livrant une bataille qu'il n'aurait jamais cru possible. Même s'il aimait Aya énormément et que l'idée de l'épouser lui réchauffait le cœur, le nom de Marinette ne cessait de grandir en lui. Comme un fantôme du passé qui venait le hanter, encore et encore.
« Quand j'ai vu l'annulaire d'Aya sans bague, je me suis demandé ce qui t'avais empêcher de lui passer une bague de fiançailles au doigt. Puis, je me suis souvenu que je ne t'avais pas encore transmis le bijou de ta mère et j'ai compris. »
L'amertume s'installa au fond de sa gorge. La honte aussi. Sincèrement ? Il n'avait jamais même pensé à donner la bague de sa mère à Aya. C'était juste qu'il n'avait jamais pris le temps d'aller acheter une bague. Sa discussion avec Alya en début de mois lui revint en mémoire. Il rigola intérieurement, comprenant qu'elle avait entièrement raison. Fut un temps où il était un romantique sans limite, où il aurait planifié la meilleure demande en mariage possible. Le genre d'évènement qui serait resté gravé dans sa mémoire et dans celle de sa fiancée – il se força à ne pas se dire le nom de Marinette ! – et qui aurait suinté le romantisme par tous les côtés. Mais, à cette époque, il n'était pas avec Aya. Et il avait grandi. Tout simplement. Alors non, sa demande, si on peut considérer ça comme une demande, n'avait pas été romantique. Ni même la suite des évènements. Les choses s'étaient faites toutes seules, naturellement. Ce n'était pas si mal, non ?
Pourtant, son esprit refusait de trouver cette tranquillité, cette certitude qui habitait tous les hommes fraichement fiancés, Nino et son père en premier. Pas besoin de poser la question à Nino : Adrien était sûr de connaitre sa réponse. Il connaissait aussi l'avis d'Alya. Et, en dehors de son père, il n'avait pas vraiment d'autres personnes vers qui se tourner. Alors, il força sa question à sortir de ses lèvres… juste pour avoir un avis supplémentaire.
« Comment as-tu su que maman était la bonne ? »
Il regarda brièvement son père et fut étonné de voir le choc sur son visage. Il grimaça intérieurement, se maudissant d'avoir osé entamée une telle conversation privé avec lui. Seulement, le regard de Gabriel se chargea d'une … douceur ? presque inédite pour lui, ce qui le déstabilisa. Mal à l'aise, il se tortilla sur son siège, regardant son père faire le tour du bureau pour s'installer dans son fauteuil. Il souffla et passa une main dans ses cheveux. Jamais Gabriel n'eut l'air aussi vulnérable devant quiconque, même devant son propre fils.
Ils s'observèrent quelques temps.
Puis, Gabriel bougea, ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit une enveloppe. Lentement, il l'ouvrit et fit apparaitre deux photos qu'il posa devant Adrien. Deux photos que Nathalie lui avait mis sous les yeux un soir alors qu'ils discutaient de sa relation avec Aya et des répercussions qu'avait le retour de son fils en France si longtemps sans sa fiancé. Les journaux ne s'étaient pas fait prier concernant les rumeurs. L'une d'entre elle, celle qui était la plus persistante malgré les efforts de Gabriel pour les diminuer, fut celle disant qu'Adrien quittait sa fiancée actuelle pour retourner auprès de son premier amour. Preuve à l'appui : plusieurs photos de lui et Marinette déambulant dans la rue, visiblement en plein préparatif de mariage pour Alya. Détail souvent oublié dans les articles de presse. Heureusement que ces potins n'ont jamais traversé l'Atlantique pour se retrouver aux Etats-Unis.
Bref… devant lui se trouvait deux photos. Deux photos qui avaient donné des insomnies à Gabriel, qui s'était demandé plus d'une fois si, pour une fois, les ragots n'auraient pas une part de vérité au fond.
La première qu'observa Adrien fut celle de lui et d'Aya, prise près de deux mois avant, alors qu'ils étaient à un gala de charité pour une œuvre caritative dont Aya tenait particulièrement. Ils étaient tous les deux, bras enlacés, se regardant et se souriant tendrement. C'était une bonne soirée. Adrien se souvint facilement qu'ils s'étaient bien amusés.
La seconde était bien plus récente. La semaine dernière seulement. Cette fois, il était accompagné de Marinette, quand ils étaient allés chez le fleuriste pour choisir les derniers bouquets d'agréments qui seront réparti sur toutes les tables. On les voyait en train de se chamailler, Adrien chatouillant le cou de la brune avec une branche de ces herbes de pampa en forme de plume. Leurs sourires étaient contagieux et il y avait un petit quelque chose sur cette photo qui lui réchauffa instantanément le cœur.
Les yeux de Gabriel se plissèrent légèrement quand il vit l'expression d'Adrien s'illuminer. Il inspira profondément et retint son souffle.
« Je crois que la réponse est sous tes yeux depuis le début. Souffla-t-il, une nouvelle fatigue engourdissant ses membres. Aurais-tu des doutes sur ce que veut ton cœur ? »
Il connaissait déjà la réponse. Et une vieille conversation, un vieux regret et un vieux doute refirent brutalement surface dans son esprit. Il avait combattu ce sentiment depuis des années. Depuis plus de six ans et demi. Nathalie l'avait rassuré à maintes reprises. Lui-même avait été étonné par ce regret. Ça ne lui ressemblait pas. Un Agreste ne doutait jamais. Surtout pas lui.
« Puis-je être honnête sans être jugé Père ? »
Gabriel fronça une nouvelle fois les sourcils. Il savait pertinemment que sa relation avec son fils n'était pas la meilleure. Mais c'était blessant de constater qu'Adrien n'osait pas s'ouvrir à lui sans avoir peur d'être jugé. Avait-il était si horrible avec lui pour qu'il puisse exister un tel doute dans son esprit ? Il était son père après tout. Quoiqu'il se passe, il serait toujours, au final, du côté de son fils. Ne lui avait-il pas prouvé en prenant soin de lui, en prenant les meilleures décisions qu'il était possible de prendre ? Visiblement, ses intentions n'avaient pas été prises pour ce qu'elles étaient…
Échec. Ce sentiment d'échec le cloua sur place quelques secondes.
Il croisa le regard vert d'Adrien, tellement semblable à celui de sa femme. Il céda.
« Bien sûr que oui Adrien. Rien ne sortira de ce bureau et je ne te jugerais pas. Pas quand ça concerne le cœur. »
Lui-même avait bataillé pour pouvoir être avec Émilie. Il s'était dressé contre sa famille, sa belle-famille pour qu'ils puissent être ensemble. Un peu comme Adrien et Marinette lorsqu'ils étaient au lycée. A cette époque, Gabriel s'était presque surpris à comparer leur histoire à la sienne.
« Honnêtement, reprit timidement Adrien, clairement mal à l'aise, quand j'ai « proposé » en quelques sortes à Aya, l'idée de donner la bague de maman ne m'a jamais traversé l'esprit. Avoua-t-il. Je… »
L'hésitation dans sa voix, les regards rapides qu'il lui lançait, rendirent nerveux Gabriel. Nerveux ! Et impatient. Là encore, ça faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas laissé aller à de tels sentiments.
« Je me suis toujours dis que le jour où je la donnerais, ce serait à Marinette. »
Ce n'était qu'un murmure mais cela suffit pour donner à Gabriel l'impression qu'une bombe lui tombait sur la tête. Les paroles de la franco-chinoise résonnèrent dans son esprit. Celles qu'elle avait prononcées quand ils se sont quittés ce fameux jour à l'aéroport. Celles qui avaient fait germer tant de doutes et de regrets dans son esprit par la suite. Celles qu'il avait combattues pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
« Mais nous ne sommes plus ensembles depuis si longtemps. C'est ridicule de s'accrocher à cette idée. »
C'était comme si Adrien essayait de se convaincre lui-même. Gabriel était bouche-bée, regardant son fils effleurer la photo de lui et Marinette. Il était peut-être connu pour être quelque de froid, distant, peut-être même arrogant, mais il savait reconnaitre l'amour quand il le voyait. Du moins, il l'espérait. Et l'étincelle qui brillait dans les yeux de ces deux-là sur la photo ne trompait personne. S'il avait eu encore un doute quand Nathalie l'avait prévenu que les ragots étaient sans doute vrais cette fois, bien qu'Adrien n'en soit pas encore conscient, il n'y avait plus aucun doute possible maintenant. Pas quand on voyait ce regard nostalgique, triste et empli de regrets caresser la photo.
« Tu as raison. Je devrais sans doute la donner à Aya. En espérant qu'elle lui plaise. »
Gabriel tiqua, sortant de sa transe. Ça ne devait pas se passer comme ça.
« Satisfait ? Vous avez enfin réussi à nous séparer. Vous avez réussi à mettre un océan entre nous. Dites-moi M. Agreste, qu'est-ce que ça fait de briser le cœur de votre fils ? »
L'écho des paroles de Marinette résonna encore et encore dans sa tête. Comment pouvait-il se souvenir si clairement de ses paroles ?
« Ce sont les mots que Marinette m'a adressé dès que tu as disparu derrière la porte d'embarquement. »
Il plongea son regard gris dans celui de son fils, clairement surpris par cet échange à cœur ouvert.
« Je n'ai jamais souhaité de te briser Adrien. Je suis désolé si tel est le cas. »
Adrien ne savait pas quoi répondre. Au lieu de ça, il continuait de fixer son père, ouvrant et fermant la bouche dans l'espoir qu'à un moment, son cerveau se reconnecte et trouve quelque chose à dire. Le téléphone de Gabriel sonna, brisant leur instant. Il se redressa, gratta sa gorge et décrocha.
« M. Rue vient d'arriver. Annonça Nathalie.
- Donnez-nous une minute.
- Bien Monsieur. »
Le silence regagna la pièce. Gabriel regarda une dernière fois son fils avant de se lever, mettant ses mains derrière son dos.
« Pour répondre à ta question Adrien, je n'ai jamais eu de doute. C'était une évidence que ta mère était celle que je voulais à mes côtés pour le reste de ma vie. Quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. Quoique tu décides, qui que tu choisisses, je serais à tes côtés. Peu importe les répercussions médiatiques. Précisa-t-il devant le scepticisme – presque insultant franchement ! – de son fils. Tu as ma bénédiction dans tous les cas. »
Il lui lança un regard entendu. Adrien déglutit et se leva à son tour. Un dernier regard et il se détourna pour se diriger vers la porte, non sans avoir récupérer l'écrin. Il n'avait pas de réponse réelle, mais un poids qu'il ne pensait pas porter s'était retiré de son cœur.
« Merci Père. »
Il hocha simplement la tête et regarda son fils disparaitre derrière la porte.
oOo
Aya le rejoignit dans l'espace détente de l'entreprise. Adrien bouquinait une nouvelle revue, plongé dans sa lecture. OU du moins, c'est l'image qu'il donnait. Intérieurement, il avait un monologue qui le laissait insatisfait. Elle s'installa sur ses genoux, déplaçant le magasine sur la table basse. Adrien lui sourit doucement alors qu'elle se penchait pour déposer ses lèvres sur les siennes. Ils se séparèrent rapidement.
« Tu as fini ? Demanda poliment Adrien en se levant.
- Oui. La robe est magnifique.
- Je n'en doute pas. »
Un silence s'étira entre eux, ce qui chagrina un peu la jeune femme. Jetant un coup d'œil à son fiancé, elle le vit les yeux dans le vague, les sourcils légèrement froncés. Il prenait toujours cette expression quand il réfléchissait à quelque chose. C'était mignon. Elle interrompit ses pensées en enroulant son bras autour du sien, attira son attention.
« Tout va bien ? Tu as l'air pensif.
- Excuse-moi Aya. Sourit-il difficilement. Ce n'est… rien.
- Si c'est à propos d'hier, je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas t'abaisser ou quoique ce soit. Je ne suis juste pas habituée à vos coutumes de France.
- Ce n'est pas une coutume. C'est juste la volonté de nos meilleurs amis. »
L'amertume de la veille revint dans son cœur. En même temps, il pouvait la comprendre et il se sentait un peu déchiré. Il prit le temps de bien détailler Aya, pour ce qui semblait être la millionième fois depuis qu'il la connaissait. Il l'aimait, il n'en doutait pas. Mais Marinette… Elle était quelque chose à part entière. Il l'aimait aussi. Depuis si longtemps.
La bague était très légère. Pourtant, cachée dans sa poche, elle pesait une tonne. Adrien ne savait pas quoi faire. Ou, du moins, il s'en persuadait.
« J'aimerais qu'on soit un peu plus classique pour notre mariage. Continua-t-elle, inconsciente du combat intérieur auquel se livrait le blond. Si ça ne te dérange pas. »
Elle le regarda avec espoir. La culpabilité frappa de plein fouet Adrien. Comment pouvait-il douter maintenant ? Comment pouvait-il se sentir si indécis après trois ans de vie commune avec cette merveilleuse jeune femme ? Celle qui l'avait soutenue depuis qu'ils se connaissaient. Celle qui lui avait redonné gout à l'amour ?
Elle n'aurait pas eu à le faire si tu étais resté avec Marinette.
Sa conscience ne cessait de lui répéter, encore et encore, quelque chose qu'il avait refusé de croire. Car, même s'il le l'admettait pas, Aya n'était-elle pas son second choix ? Jamais il ne serait sortit avec elle si sa relation avec Marinette avait tenue. S'ils étaient restés ensembles.
Arrête tes conneries Agreste. Vous l'avez voulu tous les deux. C'était votre choix.
Il serra les dents et afficha un léger sourire à Aya. Elle fronça les sourcils et s'arrêta, le forçant à se mettre face à elle. Elle soupira et l'embrassa tendrement, lui murmurant un « Je t'aime » rempli d'amour dès que ses lèvres se séparèrent des siennes. Le sourire d'Adrien s'agrandit.
« Je t'aime aussi. »
oOo
Adrien rejoignit directement ses trois amis au studio de danse. Quand il arriva, Alya et Nino discutaient avec le chorégraphe alors que Marinette finissait de retirer sa veste pour ne rester qu'en brassière de sport. Adrien sourit et s'approcha d'elle pour la saluer.
« Prête pour le cours ?
- J'espère ne pas trop te marcher dessus. Railla-t-elle, jetant un rapide coup d'œil vers lui.
- Tu seras parfaite, ne t'inquiète pas. »
Elle lui adressa un sourire timide, reconnaissante qu'il la rassure une fois de plus. Ce ne serait pas la première danse entre eux, loin de là. Mais ça commençait à remonter à plusieurs années déjà. Elle n'avait pas vraiment pratiqué depuis qu'ils s'étaient séparés. Elle n'avait fait que quelques slows avec Romain ou Luka, rien de plus. Alors enchainer plusieurs pas sans trébucher ou écraser le pied de son partenaire ? Ce serait un exploit en soit. Finalement, c'était sans doute cette danse qui l'effrayait le plus dans l'histoire. Même faire un gâteau de mariage lui semblait moins compliqué.
« Fais-moi confiance. Murmura Adrien, forçant son regard à croiser le sien. »
Comment faisait-il pour toujours comprendre ses pensées ? Comment faisait-il pour toujours trouver les mots qui la rassureraient ?
« Toujours. »
Le sourire qu'il lui lança lui fit battre le cœur. Elle gagna de nouveau confiance en elle, en lui, en eux. Alors, elle lui rendit un sourire éclatant avant qu'ils ne se mettent à rire pour rien. Adrien lui tendit son coude pour qu'elle s'y accroche et, ensemble, ils s'approchèrent des futurs mariés et du prof'.
« Nous allons pouvoir commencer. Sourit-il en les accueillant.
- Quelle chanson avez-vous choisit? Demanda Adrien, enthousiasme.
- Allez Dude, je suis sûr que tu peux trouver tout seul. Rit Nino en lui lançant un clin d'œil.
- Nous n'avons pas été très originaux. Avoua Alya, amusée. »
Adrien et Marinette se regardèrent un instant, comme si la réponse était écrite sur le visage de l'autre. Pas original ? La seule chanson qui vint à l'esprit de Marinette qui était très choisit pour les ouvertures de bal et qui était adorée par les deux futurs mariés était…
« Perfect. Chuchota-t-elle, dérivant son regard vers ses deux meilleurs amis. »
Leurs sourires rayonnants furent suffisants pour confirmer sa théorie. Les yeux d'Adrien s'illuminèrent. Il adorait cette chanson aussi. Il s'appuya contre Marinette, attirant son attention. Lorsque son regard croisa le sien, ils se sourirent tendrement. Cette chanson leur allait bien. Ils avaient bien choisit.
« Okay. En place. Vous deux, mettez-vous sur le côté pour le moment. Vous entrez après le premier couplet. »
D'un hochement de tête, Adrien amena Marinette sur le côté, laissant place au couple qui se mettait au centre de la pièce. Les premières notes se firent entendre. Ils entrèrent dans leur bulle, d'immense sourire sur leurs lèvres.
I found a love for me
Darling, just dive right in
And follow my lead
Le chorégraphe donna un léger hochement de tête en direction d'Adrien. Comprenant, le blond s'empara doucement de la main de sa partenaire. Elle détacha son regard de ses meilleurs amis et plongea dans celui verdoyant de son premier véritable amour. Il s'avança vers le centre, l'entrainant doucement avec lui.
Well, I found a girl, beautiful and sweet
I never knew you were the someone waiting for me
Il la positionna face à lui, sans vraiment savoir quoi faire. D'un coup d'œil, le professeur l'intima de bouger comme il l'entendait afin qu'il puisse les observer et adapter sans doute la chorégraphie en fonction de leur niveau.
'Cause we were just kids when we fell in love
Not knowing what it was
I will not give you up this time
Adrien connaissait les paroles. Et, vu l'expression dans les yeux de Marinette, elle aussi. C'est pour ça que les paroles trouvèrent un écho dans leurs cœurs. Ils n'étaient pas beaucoup plus vieux que Nino et Alya quand ils étaient tombés amoureux l'un de l'autre. Durement. Inconsciemment, ils se rapprochèrent, comme pour se remémorer plus précisément ce que c'était d'être ensemble. L'emprise d'Adrien sur la main de Mari' se raffermit avec une tendresse oubliée et sa main sur sa hanche commença à tracer de légers cercles du bout des doigts.
Darling, just kiss me slow, your heart is all I own
And in your eyes, you're holding mine
À cet instant, ils rebasculèrent dans leur petite bulle une fois de plus. Plongés dans le regard de l'autre, essayant de se convaincre que ce n'était plus dans ces yeux là que leur cœur se trouvait.
Baby, I'm dancing in the dark with you between my arms
Barefoot on the grass, we're listenin' to our favorite song
When you said you looked a mess, I whispered underneath my breath
But you heard it, darling, you look perfect tonight
Pas pour la première fois depuis plusieurs semaines, des souvenirs revinrent en mémoire. Marinette ferma les yeux, se laissant porter par les bras rassurant d'Adrien. Elle savait qu'elle était en sécurité entre ses bras. Elle l'était à l'époque, elle l'était maintenant et elle le serait toujours. Danser avec lui à nouveau était d'une facilité déconcertante. Son cœur avait peut-être oublié ce que c'était que d'enchainer les pas, mais pas son corps. Gagnant en confiance, Adrien élargit ses pas, tombant dans une valse s'accordant au rythme de la chanson. Sur la dernière phrase, il l'écarta de lui avec douceur et la fit tournoyer avant de la ramener dans ses bras. Ils se sourirent sans se lâcher du regard.
Well, I found a woman, stronger than anyone I know
Marinette avait été un pilier pour lui. Une force contre laquelle s'appuyer pendant des années. Une douce force qui l'avait soutenu dans toutes ses décisions… Même celles qui avaient brisées son cœur. Il l'avait vu s'effondrer pour se relever. Il l'avait vu pleurer de désespoir avant de pouvoir rire de nouveau comme si rien d'horrible ne lui était arrivé. Le souvenir de Wang était encore quelque chose qui hantait ses nuits parfois. Il ne l'avait dit à personne. Ni Aya, ni Alya, ni Nino… et certainement pas Marinette. Mais c'était un fait. Le souvenir d'elle blessée par ce connard suffisait pour lui donner envie de vomir, pour…
Une main glissa le long de son bras, l'effleurant pour le ramener discrètement à la réalité. Quand cette main atteignit son cou, Adrien réalisa que Mari' le regardait avec une lueur d'inquiétude dans ses yeux bleus. Il lui sourit et posa son front contre le sien pour la rassurer.
She shares my dreams, I hope that someday I'll share her home
Elle avait été à ses côtés quand il s'était opposé à son père pour suivre son rêve. Elle l'avait poussé à suivre son rêve… se brisant au passage. Pourtant, partager sa vie avec elle avait fait partit de ce rêve. L'avait-elle oublié ou cette chanson ramenait-elle chez elle aussi ce rêve lui aussi brisé ?
I found a love, to carry more than just my secrets
Laissant les souvenirs l'envahir, Marinette trouva un peu trop facile d'associer la chanson à ce qu'ils étaient à l'époque. Elle avait trouvé un amour pur, sincère, passionnant, dévorant et d'une force qu'elle n'aurait jamais cru possible. Adrien avait été à ses côtés à chaque instant. Il avait été cette force rassurant, protectrice dont son moi plus jeune avait eu désespérément besoin. Elle lui avait tout dit dans les moindres détails sur son histoire avec Wang. Même Nino, son plus proche ami à cette époque, n'avait pas tout su. Il avait su bien plus que d'autres mais pas autant qu'Adrien. Adrien avait tout su. Chaque geste déplacé, chaque mot qui l'avait renfermée pour mieux la briser. Et il ne l'avait pas laissé tomber malgré son sombre secret. Malgré cette honte, cette blessure qu'elle portait, qu'elle porte encore. Il avait été ce baume réparateur que son cœur avait absorbé sans ménagement. Et, pour ça, elle lui en serait éternellement reconnaissante. Luka ne savait rien.
To carry love, to carry children of our own
We are still kids, but we're so in love
Fightin' against all odds
La vie qu'elle s'était imaginée à ses côtés n'était plus que de la fumée dispersée par le temps. Elle n'était plus réaliste, plus réalisable. Pourtant, alors qu'elle le laissait la faire tourner une fois de plus, quand son regard rencontra une fois de plus le sien, elle put revoir cette vie l'espace d'une seconde. Elle se réchauffa immédiatement. Cette fois, elle pourrait faire un deuil moins violent de cette vie, n'est-ce pas ?
I know we'll be alright this time
Parce qu'ils iront bien, quoiqu'il arrive. Non ?
Darling, just hold my hand
Be my girl, I'll be your man
I see my future in your eyes
Il accéléra un peu le rythme, la faisant tournoyer avec une facilité déconcertante. Perdue dans le regard de l'autre, ils ne virent pas que Nino et Alya s'étaient arrêtés pour les regarder avec un sourire tendre. Leurs lèvres s'étirèrent, leurs yeux se mirent à pétiller un peu plus. Et, en écho aux paroles, ils purent très facilement s'imaginer continuer à danser comme ça dans les prochaines années. Pourtant, au fond, ils savaient que ce seraient sans doute l'une des dernières danses qu'ils allaient partager ainsi.
Alors, silencieusement, ils en savoureraient chaque instant, chaque seconde. Après, ils se le promirent intérieurement, ils pourraient espérer tourner cette page si difficile à tourner.
Baby, I'm dancing in the dark, with you between my arms
Barefoot on the grass, listenin' to our favorite song
When I saw you in that dress, looking so beautiful
I don't deserve this, darling, you look perfect tonight
Pas depuis plusieurs années – soyons honnête, pas depuis leur séparation – ils se sentirent aussi en paix avec eux-mêmes. Blottis l'un contre l'autre, évoluant gracieusement sur cette piste de danse, ils se sentaient enfin en phase avec eux-mêmes. Cette chanson avait sans doute ce pouvoir. Ils comprenaient pourquoi Alya et Nino l'avait choisie.
Oh, no, no
Mm
Baby, I'm dancing in the dark, with you between my arms
Barefoot on the grass, we're listenin' to our favorite song
I have faith in what I see
Now I know I have met an angel in person
And she looks perfect
Adrien resserra une dernière fois l'étreinte qu'il avait sur sa partenaire.
No, I don't deserve this
You look perfect tonight
Juste avant de s'en séparer.
Quand les dernières notes moururent dans le silence, ils se regardèrent, les yeux remplis d'émotions. Avec douceur et tendresse, Adrien leva la main et essuya la larme silencieuse coulant sur la joue de Mari'.
Des applaudissements brisèrent leur étreinte. Rougissante, Mari' se recula légèrement, non sans lancer un dernier sourire au mannequin. Adrien frottait l'arrière de sa nuque, lui aussi gêné. Ils s'étaient peut-être laissé un peu emporté par le moment.
« C'était magnifique. S'émut Alya, essuya aussi une larme.
- La chanson s'y prête. Justifia maladroitement Mari', gagnant un regard blasé du couple en face d'elle.
- Vous avez une très bonne alchimie vous deux. Nuança le chorégraphe. »
Adrien et Marinette échangèrent un autre regard, encore gênés mais heureux. Le corps de la jeune femme vint se blottir contre le flanc d'Adrien, qui l'accueillit naturellement. Le prof' continua sa diatribe, s'émerveillant de voir qu'il pourrait complexifier un peu plus la chorégraphie entre eux, qu'ils avaient une fluidité naturelle. Quand Marinette demanda quelle serait la seconde chanson, les futurs mariés intervinrent en disant que ce serait une surprise mais que la chorégraphie pouvait être apprise aussi sur Perfect. Adrien et Marinette froncèrent les sourcils en les dévisageant. Alya leva les yeux au ciel.
« Faites-nous confiance. On veut aussi que vous ayez des surprises, c'est tout. »
Les deux autres reniflèrent, déclenchant le rire d'Alya et Nino.
« On s'y remet ? Les appela le chorégraphe. »
Les quatre amis échangèrent un sourire et se remirent en place sur la piste de danse, attentifs aux instructions.
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Le reste de la semaine passa à une vitesse vertigineuse. Marinette avait posé plusieurs jours et elle s'en félicita. Alya avait récupéré les clés de la salle dès le jeudi midi, ce qui était un exploit en soi aussi. Alors, à partir de ce moment-là, tout tourna autour des derniers préparatifs.
Luka devait arriver plus tard dans la soirée, rendant Marinette sur-excitée. Les cours de danse s'enchainait à raison de deux heures le matin et le soir. Oui, Alya et Nino sont devenus des psychopathes de la perfection sur l'ouverture du bal. Quand elle et Adrien ne s'entrainaient pas, laissant Aya seule, ils préparaient le gâteau de mariage. Honnêtement, Aya se sentait délaissée. Mais elle savait que ce n'était qu'une question de temps avant que son fiancé ne soit de nouveau plus qu'à elle. Elle était impatiente.
Alors, en déplaçant plusieurs cartons pour les déposer sur une des tables de la salle, elle se retrouva à sourire grandement quand un homme débarqua comme une fleur dans la pièce et qu'elle vit Marinette courir vers lui avec un grand sourire et lui sauter dans les bras. L'homme rigola bruyamment, vacilla et s'accrocha à la jeune femme pour se stabiliser. Aya les observa échanger des paroles sans qu'elle ne puisse les entendre et sourit vivement quand Mari' déposa un baiser sur la joue de l'inconnu. Ils se séparèrent rapidement, Marinette étant appelé par Alya depuis les vestiaires.
Aya se frotta les mains, retirant la poussière qui s'y était accumulée et se dirigea vers l'homme pour s'introduire.
« Bonjour ? Je suis Aya, la fiancée d'Adrien. Vous devez être celui qui a capturé le cœur de Marinette, Luka ? »
Elle lui sourit vivement et tendit sa main pour serrer la sienne. L'homme la regarda un instant avant d'éclater de rire. Il s'empara de sa main et la secoua doucement. Aya fronça les sourcils.
« Désolé. J'ai peut-être tenté de décrocher son cœur plus d'une fois mais je n'y suis jamais parvenu. Je ne suis pas ce chanceux. Je suis Théodore, le patron de Marinette et un ami de longue date. Enchanté Aya. Se présenta-t-il dans un anglais impeccable.
- Oh ! Je suis désolée. On m'a dit qu'il devait arriver ici aujourd'hui alors… S'excusa-t-elle, confuse et penaude.
- Qui ? Son petit-ami ou celui qui a capturé son cœur à jamais ? Taquina-t-il en déposant ce qu'il était venu apporter pour aider Marinette et l'empêcher de faire un aller-retour au bureau pour si peu.
- Euh… Je ne comprends pas. Avoua Aya, fronçant les sourcils un peu plus.
- Pourtant, tout est sous tes yeux si tu prêtes attention autour de toi. »
Sa confusion ne fit que grandir alors qu'elle observait Théodore pour y trouver une réponse. Il se contenta de sourire avant de tourner son attention vers un nouvel inconnu qui venait d'arriver. Les valises qu'il trainait derrière lui réveillèrent Aya. Avant d'avoir assimilé les choses, elle entendit Marinette crier un « Luka » retentissant. La franco-chinoise se jeta dans les bras de son petit-ami et l'embrassa à pleine bouche. S'en était presque indécent ! Gênée, Aya détourna le regard. Théodore était parti de ses côtés et s'approchait de Mari', Luka, Adrien, Alya et Nino qui étaient tous arrivés autour du nouveau pour le saluer.
Dans un état second, elle s'approcha d'eux, cherchant toujours à comprendre ce qu'avait voulu dire ce Théodore. Elle observa Marinette et son copain quelques instants avant d'être amené à leurs côtés pour être présentée. Les dix minutes qui suivirent étaient floues dans son esprit, ses yeux et son cerveau ne cessant de chercher des indices. Elle remarqua à peine que Luka les quittait, sans doute pour aller à l'appartement déposer ses affaires et se reposer. Toutefois, elle vit parfaitement le regard pensif que Théodore lui envoyait. Elle le supplia du regard de l'aider. D'un hochement d'épaule et d'un souffle, il lui indiqua les pêle-mêle de photos posés au sol dans un coin de la pièce.
Sans perdre une minute, elle s'y dirigea.
Au début, elle ne comprit pas en quoi ces photos pourraient l'aider à comprendre. Elle sourit, attendrie, en voyant des photos d'Alya et Nino quand ils étaient jeunes. « Collège ». En faisant une rapide recherche sur la traduction de ce mot, elle comprit qu'il s'agissait du début de leur relation, quand il n'était encore qu'en troisième. Parfois, Adrien apparaissait sur certaines d'entre elles, ce qui la faisait rire. Le pêle-mêle suivant était au lycée. Marinette apparaissait alors, rejoignant le trio. Et c'est à ce moment-là qu'Aya commença à comprendre. Parce que Marinette était sur la photo avec Adrien. Et qu'ils n'étaient pas que de simples amis. Impossible d'avoir un tel regard avec un simple ami. Son cœur se serra, dérivant du tableau pour chercher Adrien des yeux. Elle le vit en pleine discussion avec Théodore, visiblement contrarié. Si son premier instinct fut de le rejoindre, elle se força à regarder plus de photos, comme pour chercher une contre-preuve à ce qu'elle pensait découvrir. Mais non, au contraire. En plus des regards, il y avait après des baisers échangés, des contacts qui ne trompaient personne sur la véritable nature de leur relation à cet instant de leur vie. Pourquoi n'avait-il rien dit ? Pourquoi n'avaient-ils rien dit ? Adrien n'avait jamais évoqué une quelconque relation avec Marinette. Et elle non plus. Pourquoi le lui cacher ? Des dizaines de photos, de toute la période du lycée, laissaient apparaitre Adrien et Marinette aux côtés d'Alya et Nino. Et ils semblaient si heureux, si amoureux ! Les larmes firent leur apparition au coin de ses yeux bruns. Immédiatement, tous les contacts qu'elle avait vu entre eux depuis son arrivée, toutes leurs interactions et toute leur complicité prirent une dimension autrement plus grande. Son cœur se serra, son souffle se bloqua.
C'était impossible.
Ça avait été sous ses yeux depuis le début et elle ne l'avait pas compris. Sérieusement, quel genre de personne partagent une telle amitié, une telle complicité sans qu'il n'y ait aucune autre sentiment en jeu ? Avait-elle été trompée ? Non. Elle refusait de l'admettre. Adrien n'était pas ce genre d'homme. Mais elle ne pouvait nier qu'elle avait remarqué qu'il y avait un petit truc entre eux. Quelque chose dont elle ne mettait pas le doigt dessus et qu'elle avait attribué à leur amitié. Connerie. Il n'y avait pas que ça. Elle le voyait clairement maintenant. Et il était hors de question qu'elle le perde. Marinette avait eu sa chance.
Cherchant du regard Adrien qui avait disparu – ainsi que Marinette nota-t-elle amèrement – Aya s'empara fébrilement de son portable et appela son agent. Elle ne le perdrait pas!
