Chapitre 59 : Wild
Il sembla au fils du shérif qu'en un clin d'œil, toutes les couleurs de l'homme refluèrent. Ses yeux reprirent une teinte humaine et sa peau naturellement halée pâlit brusquement !
Avec la force du désespoir, Derek ferma les yeux avant de laisser tomber son visage dans le matelas juste au dessus de l'épaule de Stiles qui expira tristement…
Évidemment, l'hyperactif s'était attendu à cette réaction.
Il fit son possible pour faire taire la déception et l'angoisse qui l'envahirent, réduisant au silence sa frustration.
Le refus de l'ancien alpha était prévisible, ce n'était pourtant pas suffisant pour éteindre son envie.
Qui avait décidé pour lui qu'il serait nécessairement dans son couple, celui qui recevrait… Lui aussi voulait donner ! Il n'était pas seulement gay, mais bel et bien bisexuel et son désir ne s'était pas éteint sous prétexte qu'il sortait avec un hétéro dont il était l'exception !
Derek était son premier. Homme ou femme confondus.
Son absence d'expérience était frustrante au possible. Bien sûr, il espérait et voulait que le bêta soit aussi son dernier.
Quoi de plus beau ? Vivre toute sa vie avec son seul et unique amour… C'était digne d'un conte de fée. Pourtant, il ne parvenait pas à faire taire la petite voix dans sa tête qui lui soufflait tout un tas de choses horribles et dérangeantes !
— Désolé ! Je sens bien que je te fais encore souffrir !
Le souffle de l'homme dans son cou, suivi de sa voix incertaine mit en attente les petits démons qui le torturaient de leurs fourches dans son cerveau. Où diable était passé ces foutus petits anges ?
Stiles soupira.
Il n'avait aucune envie de se disputer avec son homme alors qu'ils pouvaient faire mille autres choses bien plus plaisantes. Il était hors de question qu'il avoue ce qu'il avait sur le cœur et dans la tête, mais ne pouvait rien contre l'odeur de ses émotions qui le trahissait perfidement !
L'ancien alpha se redressa sur son coude pour plonger ses iris dans ceux de l'humain qui détourna le regard.
Il avait honte des pensées qui caressaient son esprit…
Peut-être aurait-il dû vivre d'autres expériences avant de s'engager avec Derek…
Peut-être même avec Maxime…
Peut-être aurait-il dû aller au bout avec Lydia même après avoir réalisé qu'il n'était pas vraiment amoureux d'elle…
Peut-être !
— Niño, regarde-moi, s'il te plaît !
Avec une inspiration difficile, Stiles obtempéra, affrontant de ses prunelles tristes celles inquiètes de son petit-ami.
— Je ne te repousse pas. Je déteste sentir que tu te sens abandonné à cause de moi !
— Et moi, je déteste que tu puisses lire en moi si facilement !
Un fin sourire éclaira le visage de l'homme.
— Je sais que… C'est normal que tu en aies envie, c'est juste… Je ne suis pas prêt pour ça… Pour être totalement honnête, je ne sais pas si je le serais un jour ! J'en sais rien ! C'est peut-être juste un peu trop tôt ?
Stiles lui répondit de son sourire et de son regard malicieux.
— Mais ça fait dix jours qu'on l'a fait...
Derek ne retint pas son rire. L'ambiance était tout de suite plus légère.
— Oui, c'est bien ce que je dis… Trop tôt ! Je ne te promets rien, d'accord ? Mais allons-y par étape, tu veux bien ?
Comment aurait-il pu reprocher à son amant de ne pas avoir envie de ça ?
Il n'était pas assez égoïste pour lui en vouloir, ni même injuste...
Il ne l'était pas non plus avec Lydia et Maxime… Ce n'était pas son genre peu importe ce que les petits démons lui avaient soufflé un peu plus tôt !
Alors, il força un sourire sur ses lèvres et tenta de refouler au mieux ses envies. Pour l'heure, il était dans les bras de Derek et il ne connaissait pas meilleur endroit au monde.
Avec le temps, peut-être arriverait-il à étouffer cette envie…
Après tout, par amour pour son homme, il se sentait prêt à tous les sacrifices !
— Alors à nous deux, mon loup !
Ses intonations gourmandes à l'instar de son regard firent lever un sourcil à Derek qui ne pensait pas s'en sortir si facilement.
Stiles profita qu'il soit ainsi déconcerté pour lui sauter au cou et, d'un mouvement habile du bassin, parvint à inverser leurs positions.
Reprenant là où ils s'étaient arrêtés, il débarrassa l'adulte de son haut, les mettant à égalité. Puis, jugeant que ce n'était clairement pas suffisant, il s'attaqua à nouveau à cette clavicule qu'il savait si sensible, arrachant des sons purement érotique à son amant.
La douce mélodie parvint à chasser les dernières bribes de déception et, enfin totalement concentré, ses mains s'attardèrent sur les boutons du pantalon du lycan dont les mains avaient élu domicile sur ses fesses !
Quand enfin, il vint à bout des trop nombreux boutons du pantalon de l'ancien alpha, l'adolescent s'autorisa, en représailles, un petit coup de bassin qui entrechoqua leurs désirs respectifs !
— Je t'interdis de remettre ce pantalon de l'enfer !
Le rire de l'homme accompagna la fin de sa phrase, amenant un sourire amusé sur les lèvres de Stiles.
Il se laissa glisser, parcourant chaque millimètre de peau à sa disposition de douces caresses avant d'atteindre son objectif. Avec la coopération de son partenaire, il parvint à se débarrasser de l'objet de ses incriminations avant de faire de même avec son propre jean.
Le rire de Derek se bloqua alors tandis qu'il observait chaque mouvement de son humain comme hypnotisé par la vision paradisiaque qui lui était offert.
D'humeur taquine, Stiles se mordit la lèvre en avisant l'homme, allongé de façon si sexy et sensuelle dans son lit d'enfant.
Son cœur s'emballa et une myriade de scénarii traversèrent son esprit, toute plus coquines les unes que les autres !
Il peina à déglutir, le souffle court et l'érection douloureuse de désir.
Finalement, il se laissa tenter par ses étranges fantasmes et un nouveau sourire souleva la commissure de ses lèvres.
— Dis-moi, Derek ! À quel point es-tu rapide ?
Derek se redressa un peu plus sur ses coudes, la tête légèrement penchée de côté, sourcils foncés dans l'incompréhension.
Dans un grand éclat de rire, Stiles tourna les talons et s'élança à l'extérieur de la pièce en mettant Derek au défi de l'attraper !
La lumière se fit dans l'esprit du loup tandis qu'un sourire proprement carnassier prenait place sur ses lèvres.
L'homme laissa le désir animal qui l'habitait prendre possession de lui et, à nouveau, ses yeux s'éclairèrent d'un bleu proprement surnaturel.
— Tu veux avoir affaire au loup ! Tu l'auras voulu !
Il sauta sur ses pieds et s'élança à la poursuite de l'humain.
C'était sans doute un jeu étrange, puéril même, mais l'excitation de la chasse était au rendez-vous !
Stiles se défendit plutôt bien, sa connaissance de la maison étant un atout inestimable dans cette course-poursuite libertine !
Après avoir évité de peu le lycan à trois reprises, Stiles parvint, non sans mal, à se réfugier dans sa chambre et… se retrouver acculé quand la porte se referma derrière lui.
Le cœur battant à tout rompre, il se tourna lentement pour faire face à Derek qui le fixait de son regard noirci de désir, condamnant l'unique sortie de son corps.
Haletant, Stiles ne put contenir son instinct primaire et esquissa quelques pas en arrière dans l'espoir illusoire et insensé de fuir son amant !
Chacun de ses mouvements fut imité par le prédateur, ne laissant aucune échappatoire à sa proie.
Stiles ne pouvait que fixer le loup avec une excitation que leur jeu avait mis en exergue. Sans autre forme de procès, il se laissa emporter par les prunelles irréelles de la créature surnaturelle qui lui faisait face tant et si bien qu'il fut incapable d'anticiper la rencontre de l'arrière de son genou et de son lit.
Perdant l'équilibre, il ne put que pousser un petit cri de surprise avant de tomber assis sur la couverture.
Derek ne cacha pas son contentement avant de s'élancer sur lui sans plus attendre.
Dans un dernier instinct de fuite et de jeu, le lycéen se retourna pour tenter de fuir à quatre pattes sur son matelas… en vain !
Dans un nouveau cri, il se sentit tirer brusquement en arrière par les chevilles et fut traîné jusqu'au bord du lit où il fut fermement immobilisé.
Il sentit le tissu de son boxer se déchirer sous les doigts de son amant et poussa un cri d'indignation tout en tentant de se redresser légèrement.
Mécontent, l'homme le poussa à nouveau contre le lit, le maintenant d'une poigne ferme d'une main dans le creux des reins et l'autre sur sa nuque.
Il se sentait à la fois… incroyablement servile et totalement électrisé.
Un souffle à son oreille précéda la voix rauque de son amant.
— Et maintenant petit humain, je vais te dévorer !
Les dents de l'homme se refermèrent sur le haut de sa colonne, le faisant gémir de plaisir.
Toute forme de raison s'envola définitivement. Stiles n'avait plus aucune envie de se débattre ni de lutter. Il découvrait avec plaisir le plaisir d'être totalement soumis. Il était en totale confiance et était prêt à s'abandonner totalement à la volonté de son amant.
La main sur sa nuque, le libéra de son emprise sans qu'il ne tente un autre mouvement.
Il sentit, plus qu'il ne vit, Derek se délester de son propre sous-vêtement avant de venir appuyer sa virilité contre ses fesses. Rien n'était plus grisant que de sentir sur sa peau, le désir que l'homme éprouvait pour lui.
L'érection de son amant le caressa doucement tout en se frayant un chemin vers son intimité où elle vint appuyer légèrement.
C'était envoûtant !
Il attendit sans que rien de plus ne se produise, le frustrant plus que jamais, le poussant à gigoter pour obtenir plus…
Un nouveau coup de dent sur sa nuque le fit gémir !
— Dis-moi que c'est ce que tu veux, haleta Derek comme s'il luttait contre lui-même !
L'incendie dans le corps de Stiles prit des dimensions démentielles !
— J'ai envie de toi, maintenant !
Le loup grogna d'appréciation avant de doucement prendre possession du corps de son âme-sœur, les unissant de la plus belle et la plus plaisante des façons.
Pour Stiles, le plaisir de se sentir enfin possédé par son amant se mêla à la légère brûlure que l'absence de préparation engendra.
Derek usait de toute évidence de son don pour ressentir la douleur, car il adapta son rythme et à aucun moment, le lycéen n'éprouva de douleur si ce n'est plus qu'une légère gêne qui disparut aussi vite qu'elle était apparue.
Ils soupirèrent de plaisir lorsqu'enfin toute la longueur du loup se mêla à l'étroitesse de l'adolescent. Comblés tous deux de ne faire enfin plus qu'un.
La poigne sur les hanches de l'humain s'accentua, le clouant au matelas, ajoutant ce rapport de force dans leur étreinte qui n'était finalement pas pour déplaire à l'hyperactif. Il était incapable de bouger, forcé à l'immobilisme, il ne pouvait que subir le plaisir que son amant serait enclin à lui donner.
— Et maintenant, niño ?
Stiles gémit.
Qu'aurait-il pu faire de plus alors que la voix de Derek était si profonde, si rauque, si voluptueuse ?
— Merde, Derek ! Prends-moi ! Juste, fais-l...
Un cri remplaça la fin de sa phrase.
Un cri de plaisir pur et de surprise mêlés de passion.
Obéissant, l'ancien alpha s'était retiré pour mieux posséder à nouveau son amant d'un geste rapide du bassin.
Leurs peaux claquèrent l'une contre l'autre, se mêlant aux plaintes extatiques de l'humain et aux soupirs de plaisir de son partenaire.
— Ça va ?
— Encore, soupira Stiles.
L'inquiétude et la déférence du bêta donnèrent une dimension insoupçonnée à leur étreinte, bouleversant le rapport de domination. Tout semblait à la fois ambigu et équilibré. Si Stiles était physiquement à la merci totale du lycan, ce dernier s'était volontairement soumis à la volonté de son amant, prêt à satisfaire ses moindres désirs, soucieux de lui donner autant de plaisir qu'il en prenait.
C'était inédit pour eux. La douceur amoureuse de leur précédente partie de jambes en l'air avait disparu pour laisser place à quelque chose de bien plus violent et sauvage.
Les mains agrippées aux draps devant lui comme s'il cherchait à s'évader de l'emprise de l'homme sur son bassin, Stiles encaissait avec beaucoup de plaisir les coups profonds et puissants de son amant. Ses complaintes de bien-être s'ajoutèrent aux bruits plus vulgaires de leurs deux corps moites claquant l'un contre l'autre, créant dans leur passion une mélodie unique et érotique qui accompagna leurs ébats.
Quelques minutes plus tard, ou bien était-ce quelques heures… une des mains du loup quitta sa hanche pour se refermer sur sa gorge pour l'attirer en arrière dans sa direction.
Le rythme ralentit tandis que Stiles tournait son visage du mieux qu'il pouvait vers celui de son compagnon afin de lui offrir ses lèvres.
Ils s'embrassèrent voracement avant que les coups de bassin ne reprennent de plus belle quand le loup trouva enfin ses repères dans ce changement subtil de position.
L'adolescent recommença à geindre entre ses lèvres que le loup maltraitait à coups de langue et de dents sans jamais défaire sa main de sa gorge pour le maintenir ainsi.
Le lycéen s'aida de ses mains afin de rendre la position plus confortable, prenant appuie sur le matelas, se cambrant au maximum afin de soulager la torsion de son cou.
Puis soudain, ce fut comme si la foudre s'abattit sur lui tant le courant électrique qui traversa ses nerfs était puissant ! Il s'arc-bouta dans un cri d'extase pure, quittant par la même occasion, les lèvres de son partenaire qui se cessa tout mouvement sous la surprise.
— Je ne sais pas ce que tu viens de faire, mais je t'en prie, refait-le !
L'humain était l'incarnation parfaite de la luxure : ses cheveux décoiffés, ses yeux brillants et noircis de plaisir, sa peau rougie à l'instar de ses lèvres, et la moiteur de son corps…
Derek fut transporté par cette vision paradisiaque et ne se fit pas prier pour accéder à la demande du jeune homme.
Il lui fallut ajuster plusieurs fois l'angle de ses coups de hanches avant de trouver celui qui permettait à son âme-sœur d'atteindre les étoiles.
Quand ce fut fait, de nouveaux cris emplirent la chambre, entraînant rapidement Stiles au bord du gouffre et du firmament !
Il ne put rien contre le raz-de-marée qui l'emporta. Dans son plaisir, les spasmes qui secouèrent son corps eurent raison du loup-garou qui décolla à son tour dans un cri de jouissance pur.
Il leur fallut plus de temps qu'à l'accoutumé pour redescendre de leur nuage tant l'extase avait été grandiose.
Ils en profitèrent pour se blottir dans les bras l'un de l'autre, se délectant de leurs caresses, se perdant dans leur amour, totalement groggy, ivre de volupté.
— Je veux faire ça tous les jours, souffla Stiles d'une voix cassée.
Derek souffla un rire, il se sentait presque autant épuisé que l'humain dont les paupières papillonnantes trahissaient son endormissement prochain !
— Quand tu veux, niño !
Le rire de Stiles, léger, faible et aérien emplit l'air.
Il expira lentement, le souffle de plus en plus régulier et espacé.
Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait incapable de bouger ne serait-ce que le petit doigt !
Il était tout simple engourdi, ses nerfs ayant été submergés par tant de plaisir qu'ils avaient déclaré forfait et avaient fait disjoncter son système central et… Merde ! Pourquoi pensait-il à un système informatique à ce moment précis ?
— Faut vraiment que je bouge, Der', sans quoi je vais m'endormir et… oui, je t'avais dit que je n'étais pas un cliché à m'endormir après l'amour, mais… là !
Il poussa un soupir d'aise comme à court de mots !
— Aide-moi à me traîner jusqu'à la douche et allons vérifier ne serait-ce qu'une malheureuse adresse !
Derek acquiesça et, à contre cœur, se releva, entraînant l'humain dans son sillage.
La douche les aida à se sortir de leur état comateux et moins de dix minutes plus tard, ils étaient dans la camaro de Derek en direction de la seule et unique habitation qu'ils vérifieraient ce soir-là.
Ils avaient traîné plus que nécessaire et n'avait plus de temps à perdre avant le retour du shérif et l'arrivée de Lydia et Isaac pour la soirée !
Ils étaient à nouveau passés à côté d'une dispute, apprenant encore à s'apprivoiser, mais la fin de l'après-midi avait été un véritable feu d'artifice et la soirée ne faisait que commencer !
