CHAPITRE 40
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews si l'histoire vous intéresse. Ça fait toujours plaisir.
Il s'agissait d'une qualité que Tarn écrivait très souvent dans ses évaluations : Vos tenait ses engagements.
Elita-One n'avait pas tort et cela comptait également pour la période où Vos, en tant que Cynicus, avait habité avec Elita-One à Varas. Vos était un scientifique de spark et il ne pouvait pas renier son instinct. Ainsi, quand quelque chose était en jeu et qu'il pouvait user de ses talents, Vos pourrait passer des nuits entières sur la même étude, la même expérience jusqu'à obtenir un résultat concret.
Surtout quand l'expérience l'intéressait. Comme c'était le cas avec cette sphère.
Trouvez le cœur de vos souvenirs les plus importants au lieu : Memory Mansion.
Il ne se rendit pas tout de suite compte que le jour s'était levé. Il n'avait pas détaché ses optiques de la sphère et cela fut le bruit de la porte de sa cellule qui l'interrompit et l'obligea définitivement à se concentrer sur autre chose que la sphère qu'il possédait entre les mains.
Elita-One se tenait face à lui. Derrière elle, celui qui l'avait accompagné le premier jour jusqu'à sa cellule.
Obsidian…
Ce nom…Son nom lui disait quelque chose.
« Le temps est écoulé. »
Elita-One lui adressa un sourire en coin, presque sympathique à son égard.
Même à l'époque, Eupa avait été douée pour cacher ses émotions. Certains habitants de Varas, ceux qui la connaissaient le mieux, invitaient les autres à ne pas essayer de se rapprocher d'elle. Eupa avait été la chef de la sécurité et il n'y avait pas de place pour les sentiments. De toute façon, on disait qu'elle ne s'intéressait à personne.
Les choses s'étaient mal passées avec son ancien Conjunx…et leur dernière conversation indiquait qu'Elita-One n'avait pas encore complètement fait son deuil. Qu'elle n'avait pas complètement fait le deuil de cette relation qui signifiait tant pour elle.
Non. Elle ne s'intéressait à personne, répétait-on. Evitez de vous rapprocher d'elle. Cela ne vous attirera rien de bon.
Il y avait un temps, Cynicus avait cru être une exception.
Pourtant, malgré tout, et même sans avoir besoin de parler, Vos put deviner ce que ses pensées reflétaient.
Il put les lire, les unes après les autres.
Cela ne sert à rien. Tu as échoué. Cela ne sert à rien de continuer. Tu as beau avoir été scientifique avant d'avoir été enquêteur, cela ne signifie pas que tu es le meilleur. A une époque, je te croyais être le meilleur de nous tous. Maintenant…je suis désolée qu'on en soit arrivés là, toi et moi.
Derrière elle, la main d'Obsidian se transforma en une forme qu'il connaissait mieux que tous.
Un canon. Prêt à l'utiliser et à lui trouer le crâne en un seul coup.
Je suis désolé qu'en soit arrivés là.
Vos se redressa de toute sa hauteur. Lentement, il se désigna.
- Vos.
Comment expliquer ? Ils ne parlaient pas la même langue. Toutefois, Elita-One parut avoir compris ce qu'il demandait.
- Tu veux t'exprimer ?
Obsidian lui souffla quelque chose à l'audio. Elita-One demeura pensive, fixant Vos sans aucune émotion, le scientifique tenant encore la sphère dans les mains.
Elle finit par hausser les épaules, avant de lui accorder, bien qu'à contrecœur :
- Contacte ton chef et demande-lui de nous traduire ce que tu as à dire.
Vos poussa un soupir de soulagement.
De toute manière, Eupa n'avait jamais été déraisonnable. Il la connaissait et Vos avait fini par comprendre sa logique. Elle avait toujours pris les décisions afin de protéger Varas, même celles qu'elle n'appréciait pas. C'était probablement la même chose par rapport à Carcer.
Cela avait été la même chose quand Cynicus avait été condamné à la prison à vie pour avoir exposé Varas au danger.
Le fusil-sniper éloigna les mauvais souvenirs qui commençaient déjà à lui envahir le processeur et porta la main à son oreillette, contactant son équipe à l'extérieur.
Lorsque Tarn lui répondit, Vos activa le haut-parleur et se tourna lentement vers Elita-One.
La fembot rose croisa les bras, la tête inclinant vers l'avant, l'expression sévère sur son visage.
- Tu vas nous annoncer que tu as échoué ? Que tu ne sais pas ce qu'est cette sphère ?
Vos put deviner les émotions de son leader à l'autre bout du fil. Il était…agacé. Impatient.
Oui…Il lui avait dit de ne pas se focaliser sur la sphère et de se concentrer sur les informations qu'ils pourraient collecter.
Mais malgré tout, Vos poursuivit sur sa lancée.
- Il dit qu'il sait ce qu'est cette sphère, interpréta Tarn, le ton bas.
Articulant afin que Tarn intègre toutes les informations, Vos leur rapporta son étude.
- Votre sphère, traduisit Tarn après quelques instants de pause, est un récipient psychologique. Il analyse le contenu de l'esprit d'un mécanique et sauvegarde son profil dans un backup externe.
Les lèvres d'Elita-One se pincèrent.
Vos espéra qu'il ne fasse pas fausse route. Non. Il ne pouvait pas faire fausse route, de toute manière.
- …Poursuis.
Cela le conforta encore plus dans son idée.
- Ce récipient est susceptible de conserver toute sorte de chose qui peut se rapporter aux données d'un individu : ses données personnelles, ses émotions, ses envies, ses choix mais le plus important, la mémoire. Tous les souvenirs qui l'ont influencé à devenir ce qu'on est aujourd'hui.
Vos marqua un temps.
- Vos pense que c'est un mnémochirurgien qui a pu inventer une telle mécanique. Il ne saurait dire qui mais c'était clairement un génie.
- …Amusant.
Vos releva la tête vers elle.
Elita-One n'affichait plus le même regard austère et méprisant qui l'avait accueilli dès le premier jour où il avait pénétré les lieux.
Cette fois-ci, Elita-One… souriait.
Pas un sourire moqueur, ni malicieux…Mais on aurait dit qu'elle était impressionnée.
Vos ressentit une légère fierté à cette image.
C'était presque le même sourire qu'à l'époque.
- …Il ne lui a fallu qu'une nuit, commenta Elita-One. Nos scientifiques avaient passé des jours et des jours à essayer de deviner ne serait-ce que sa fonction.
Vos reposa la sphère sur son lit avant de se redresser.
Obsidian avait reculé. Et quelque part, Vos crut croire que c'était bon signe.
Le scientifique ne parlait plus. A la place, Tarn s'exprima, le ton contrarié :
- Maintenant que Vos a obéi à vos requêtes et a étudié une sphère que vous considérez comme extrêmement précieuse et importante pour une raison que je n'ai aucune envie de connaître, est-il possible que vous nous rendiez notre camarade ? Et que vous nous donniez les informations sur Overlord au passage ? Vous vous rappelez de ce qui est en jeu, non ?
- …Je m'en souviens.
Elita-One décroisa les bras. Elle se frappa dans les mains, avant de lancer d'un ton enjoué :
- Mais Vos n'a pas fini son travail.
Le silence tomba.
- Pardon ? répondit Tarn, incrédule.
- S'il a pu trouver la fonction de cette sphère, il peut étudier la manière dont cela fonctionne. Et d'où elle provient.
La répartie de Tarn fut immédiate.
- Vous vous foutez de moi ? demanda-t-il, le timbre de sa voix encore calme.
- Pourquoi me moquerais-je de vous ? susurra Elita-One.
- Vous avez dit vous-même que vous avez des scientifiques. A moins que cela ne soit tous des bras cassés, des scientifiques qui peuvent vous déchiffrer et décrypter votre sphère et vous révéler tous ses secrets. Pourquoi avoir besoin de Vos en particulier ?
Elita-One haussa les épaules.
- Je crois que Vos a plus de potentiel.
- Vos n'est pas à votre service, Elita-One, grogna Tarn. Il ne travaillera pas pour vous sans contrepartie.
- J'ai dit que vous donner les informations sur Overlord ne sera pas sans conséquence. Tout a un prix, Tarn.
- Alors voici le mien : vous nous donnez ces informations et Vos vous déchiffre le reste de votre sphère adorée. Un échange de bons procédés. Qu'en dites-vous ?
Tarn n'avait même pas pris la peine de paraître mielleux.
Il commençait à perdre patience même s'il se contenait.
- Hmm…Cela paraît être un marché propre mais…désolée, je n'en suis pas satisfaite. J'ai besoin d'environ 80% des informations pour être comblée.
- Cela sent surtout la bonne vieille arnaque comme on en fait plus. Et je dois avouer que pour une manœuvre aussi osée, je vous tire mon chapeau. Vous croyez pouvoir me tromper, Elita-One ?
Elita-One ne parut pas impressionnée.
- Pourquoi vous tromperai-je ?
- Quelque chose me dit que vous n'avez aucune information à nous donner en échange des 80% que vous désiriez. Dans ce cas, si vous ne voulez pas que votre prison brûle à 180% avec tous ses habitants à l'intérieur, je vous conseille d'arrêter ce petit jeu. Vous nous rendez Vos tout de suite. Et vous aurez peut-être de la chance qu'on ne vous massacre pas.
- J'ai les informations que vous désirez.
Tarn prit une longue inspiration pour éviter que son ton ne monte pas.
- Dans ce cas, donnez-nous au moins un indice. Est-ce qu'Overlord est sur une planète proche à l'heure actuelle ?
- Je ne crois pas. Donc, Vos reste ici.
- Vous appelez cela un "indice" ? cracha Tarn.
- Je tiendrai ma parole, Tarn. Croyez-moi. Quand je vous dis que je vous donnerai ce que je sais, je m'y tiendrai.
Résonnant dans le haut-parleur, Tarn se mit à ricaner froidement. Il décréta, placide :
- Et moi, je tiendrai ma parole en vous disant que je brûlerai votre prison toute entière si vous ne nous rendez pas Vos de votre plein gré.
Le visage d'Elita-One se décomposa.
Vos intervint, reprenant la communication. A nouveau, il s'exprima en Primal Vernacular :
- Je le ferai.
- Je suis persuadé qu'elle ne sait rien, grinça Tarn dans le même langage. Et qu'elle nous fait marcher pour se venger de toi. Trouve-toi un endroit où te cacher quand cela va exploser, on vient te libérer.
Quand bien même Tarn ne saurait pas le voir, Vos secoua la tête.
- Elle dit vrai. Elle tiendra parole. Elle nous donnera ces informations.
- Et comment comptes-tu faire ?
- Tu m'as dit de réparer mes erreurs avec Elita-One. Je vais y procéder.
- Tu l'as trahie.
…Pas complètement.
- C'était ton idée à la base.
- Et tu aurais dû t'y tenir au lieu de te laisser être manipulé comme une marionnette, à manipuler une sphère qui ne nous apportera rien.
- Laisse-moi essayer.
Et je suis sûr que cette sphère contient quelque chose d'important.
- Vos. J'espère que tu n'es pas en train de me dire ça parce que tu refuses qu'elle soit mise à mort.
Vos marqua un temps.
- La Cause avant tout. On doit trouver Overlord.
- …Je te laisse trois jours grand maximum. Si d'ici là, Elita-One ne nous a toujours pas donnés ces informations, on attaquera Carcer. Fais-le-lui bien comprendre.
Tarn reprit son langage habituel :
- Vos restera ici trois jours de plus. Et je vous conseille de ne pas m'entuber, Elita-One. Neutre ou pas, les exceptions sont toujours possibles.
- Tout dépendra des travaux de Vos.
- Non. Tout dépendra de vous, Elita-One. Au revoir.
Sans ajouter un mot de plus, Tarn raccrocha. La communication laissa seulement place à un bip sonore.
« …Tu viens dîner avec moi ? »
Vos releva la tête vers elle. Ses optiques se plissèrent, méfiant.
Même s'il avait accepté de rester ici pour trois jours et lui donner un coup de main, il devait rester sur ses gardes.
Elita-One gardait son sourire habituel.
- Ne t'inquiète pas. Je ne compte pas t'empoisonner. Ni même te tuer. Pas pour l'instant. Comme je l'ai dit, Carcer a besoin de toi pour analyser cette sphère un peu plus en profondeur.
Vos hésita.
Au final, il leva son index et le tapota contre sa tempe.
- Tu me demandes pourquoi ?
Quand Vos ne s'enfermait pas dans son silence, il usait le langage des signes. Eupa en connaissait quelques bribes autrefois.
Et elle n'avait pas oublié.
- Tu le sauras bien assez tôt. Alors, c'est un oui ?
Elle lui adressa un bref clin d'œil. Cela ne passa pas inaperçu aux optiques de Vos qui, par réflexe, baissa le regard.
- A tout à l'heure…scientifique, susurra Elita-One avant de tourner les talons pour quitter la pièce.
Vos n'était pas sûr de comprendre.
Etait-il encore un otage ?
…Pas vraiment. Mais il n'était pas libre pour autant.
Il sortit de sa cellule, escorté par deux gardes qui le conduisirent vers un ascenseur. Vos les sentit lui jeter des coups d'œil furieux dans son dos mais choisit de les ignorer avant de pénétrer à l'intérieur de l'ascenseur.
L'un de ses accompagnants appuya sur le dernier étage et Vos devina que les quartiers d'Elita-One était situé au sommet de la prison.
Quoi de plus ordinaire venant de Celle qui avait été choisie ? Le commandant avait toujours une place spéciale.
Le silence tomba, aucun ne prononçant un mot de tout le trajet.
Quand l'ascenseur atteignit le dernier étage, ils tombèrent devant une salle ouverte, bien éclairée et où, à l'intérieur, une grande table avait été dressée. L'un des gardes poussa Vos en avant et quand le fusil-sniper se retourna, l'autre lui cracha à la figure.
Wear my face.
Par réflexe, Vos manqua de bondir sur lui. Il était prêt à l'écraser contre le mur quand la voix d'Elita-One l'interpella :
- Scientifique ? J'attends.
Vos recula. Il pointa ses doigts en direction des optiques du garde, lui indiquant qu'il n'en avait pas fini avec lui, avant de rejoindre Elita-One à l'intérieur de la salle.
Quand il entra, Elita-One était assise en bout de table, sirotant l'energon dans un verre. Vos y reconnut du haute-qualité.
- Assieds-toi, je t'en prie.
Vos s'exécuta. Elita-One lui indiqua de se servir. Encore méfiant, Vos finit par céder et se servit de lui-même un verre qu'il contempla d'un œil dubitatif.
Du haute-qualité et pas n'importe lequel.
- Surpris ? sourit Elita-One. Je ne suis pas quelqu'un qui aime écouter les rumeurs mais je crois que celle selon laquelle la DJD pratique le cannibalisme et prélève l'energon directement sur les cadavres de leurs victimes est avérée. Non ?
Cela le déconcerta.
Mais d'une agréable manière. Il pointa Elita-One du doigt, lui demandant si elle partageait ces mêmes pratiques.
Parce que si c'était le cas…
- Carcer a survécu longtemps seule, sans Cybertron, se justifia Elita-One. Nos réserves étaient basses et on mourrait de faim. Mais l'idée ne vient pas de moi. C'est juste que cette pratique est devenue courante. Quand nos morts tombaient, on se servait. Question de survie. Mais la moralité doit laisser place à d'autres problématiques plus importantes. Toi en tant que membre de la DJD, tu me comprends.
Et comment.
Même s'ils ne le faisaient pas pour la survie…plus pour le plaisir.
Vos se dépêcha d'en boire une gorgée.
Bon. Mais Tarn n'apprécierait pas. Pas assez raffiné.
Il posa son verre. Puis, Vos réitéra son geste. Celui qu'il avait utilisé quelques heures plus tôt.
Pourquoi ?
- Pourquoi j'ai tant besoin de cette sphère, Cynicus ?
- …Vos, la reprit-il calmement.
- Vos.
Elle poussa un soupir.
- Cynicus t'allait mieux. Mais c'est mon avis. Et pour répondre à ta question, Vos…c'est nécessaire qu'on obtienne la manière de comprendre son fonctionnement. Notre cause le nécessite car l'avenir de Carcer pourrait en dépendre.
Pourquoi ?
Elita-One touilla son cube, pensive.
- Vous pensez que votre Cause est plus grande…Que Megatron vous a forgés, qu'il apportera à tous un meilleur avenir…Je ne peux pas le concevoir. Mais la nôtre…c'est l'univers entier qui en dépend.
Lentement, Vos joignit les deux poings droits devant lui, avant de pointer son index sur Elita-One.
Leur Cause aussi. L'univers dépendait d'elle, sûrement même plus que celle que prônait Elita-One.
Parce que sans Megatron, la guerre n'aurait pas lieu d'être et le système n'aurait pas changé.
- Tu ne comprends pas. Il nous faut ces informations pour comprendre les intentions d'une certaine personne. Peut-être qu'en évaluant son état psychologique, peut-être qu'en le comprenant en « entrant dans sa tête », comme le font les mnémochirurgiens, on saura mieux prendre les précautions afin de pouvoir sauver l'univers.
Pourquoi ne pas faire appel à un mnémochirurgien ?
Elita-One parut deviner ses pensées. Elle répondit par un sourire mystérieux.
- Il y a déjà trop de monde à bord de ce vaisseau, Vos. Un mnémochirurgien ne nous facilitera pas la vie. Il ne fera que nous ralentir.
Vos inclina la tête sur le côté.
Peu importe de qui cette personne s'agissait, au regard des mots qu'employaient Elita-One, cette personne paraissait très dangereuse.
- Et si tu veux savoir qui est cette personne, déclara Elita-One avant de prendre cette nouvelle gorgée, sache que ce n'est pas réellement une personne. C'est tout ce que tu sauras. On suspecte qu'il a un plan…et on veut y mettre un terme avant qu'il ne l'exécute. Tuer la menace dans l'œuf, comme on dit.
Peut-être cela valait-il le coup d'en informer Tarn ?
Si quelqu'un ou quelque chose menaçait l'univers, cela menaçait Megatron et toute l'idéologie qu'il représentait.
- Mais bon…je pense que ton chef se moque de cela. On connaît assez de la DJD, déclara Elita-One. Rien d'autre ne compte pour vous. A part tuer, torturer et servir la Cause que vous défendez. Vous ne comprendrez pas d'avoir le poids de l'univers sur vos épaules.
Vos garda le silence, demeurant immobile.
- Il a l'air très attaché à toi, sourit Elita-One. Ton nouveau chef, articula-t-elle avec une pointe d'acidité. On voit qu'il t'aime beaucoup. Ce n'est pas tous les jours que les commandants Decepticons sont aussi déterminés à vouloir libérer leurs camarades.
Vos hocha la tête.
Son regard balaya la salle et s'arrêta à une image holographique accrochée au mur.
Il le reconnaissait.
Optimus Prime.
Du moins, à l'époque où il était encore Orion Pax.
Ses optiques se plissèrent à cette vue. Elita-One parut le remarquer et son sourire s'agrandit davantage.
- Il a été mon Conjunx et il le demeurera toujours dans mon spark, Vos.
Elita-One poussa un léger soupir.
- Je ne t'ai jamais dit pourquoi nous nous étions séparés ? Eh bien…on était amoureux. J'étais très, très amoureuse de lui. Mais…nos causes ont divergé et nos chemins ne s'alignaient plus. J'ai dû embrasser ma vraie nature en tant que descendante de la tribu qui protégeait Carcer et…Ariel a dû disparaître. Ainsi qu'Eupa.
Vos tâcha de ne pas réagir.
- Il était si brave…un peu naïf, peut-être. Surtout la façon qu'il a à vouloir défendre les humains, soupira Elita-One. Mais il croit dur comme fer à la cause Autobot. Du moins, il y croyait quand je l'ai rencontré. Il se battait pour ses idéaux et il n'hésitait pas à se mettre en danger pour protéger la vie de ses camarades.
Elle marqua un temps, avant de sourire discrètement.
A nouveau, la nostalgie mélangée à une forme de tristesse.
Son Conjunx…il le resterait éternellement à ses optiques.
- Megatron, répondit Vos lentement.
- Megatron mettrait sa propre vie pour protéger ses soldats ? Je ne pense pas, Vos. Vraiment pas. Pour moi, il ne s'agit que de la chair à canon qu'il envoie à l'abattoir.
Vos se raidit légèrement à cette remarque.
- Quand j'ai dit que j'avais de la peine pour toi…C'est quand je vois comment tu as l'air tellement endoctriné, dédicacé à la Cause…une cause qui, pour moi, n'apportera rien de bon et Primus sait combien je ne supporte pas les Autobots. Mais les Decepticons sont encore pires.
Elle releva le regard vers lui.
- Vos…Tu crois en Primus ?
Vos secoua la tête.
La religion est proscrite par la Cause.
- …Cynicus, celui que je connaissais, y croyait, lui.
Elita-One croisa les jambes, amère.
- Cynicus…paraissait avoir des valeurs, à l'époque. Du moins…jusqu'à ce que tu me trahisses.
Elle ajouta cette phrase avec le dédain qu'elle avait usé auparavant.
- Je croyais qu'il pourrait se battre pour une cause. Une vraie cause. Et…avec du recul, quand je me revoie avec toi, à Varas…et quand je me revoie démissionner de mon poste de chef de sécurité et embrasser mon devoir à Carcer…je me dis qu'à l'époque, je t'aurais proposé de m'accompagner.
Le silence retomba.
Elita-One ne souriait plus. Elle ne plaisantait pas.
Vos le réalisa.
Elle était sérieuse. Elle ne mentait pas…et Vos ne sut quoi répondre face à ça.
Le fusil-sniper ne toucha plus à son verre. Trop de pensées lui assaillirent le processeur.
- …Eupa.
Elita-One ferma les optiques, résignée.
- Je ne m'appelle plus Eupa, Vos. Et je ne suis plus Ariel.
- Eupa, insista Vos.
- Je ne suis pas plus Eupa que tu n'es Cynicus.
Pour la première fois, Vos eut envie de connaître déjà le Cybertronien moderne.
Cela lui aurait permis de s'expliquer…d'expliquer.
Tout.
A la place, Vos ne put que rester silencieux jusqu'à ce que le repas se termine.
A l'époque, aurait-il accepté ?
Aurait-il accepté d'accompagner Eupa à Carcer s'il était resté un peu plus longtemps ?
S'il ne s'était pas fait prendre…
Non. Si on ne l'avait pas impliqué ?
« J'aime bien comment tu sursautes. Je croyais que tu ne portais plus d'intérêt à…mes mesures de sécurité. »
Avait-elle souhaité dire quelque chose d'autre à ce moment-là ?
Cynicus avait essayé de se convaincre qu'il n'y avait rien. Ou que si quelque chose se produisait, rien de concret ne se passerait.
Optimus Prime et Elita-One…
Plus il avait entendu parler d'elle, plus il avait compris que tout le monde les considérait comme le couple idéal qui n'avait pas résisté à l'appel du devoir.
Une romance tragique comme une autre.
Elita-One s'était tenue à côté de lui, un soir où ils observaient l'horizon, debout sur le toit de la forteresse qui conduisait à Varas.
« N'est-ce pas une belle soirée ? Tous ces nobles habillés et dehors à neuf heures pour voir quelque chose de précieux. Toujours en train de parler. Honnêtement, je préfère le silence. »
Il ignorait ce qu'il avait voulu dire ce jour-là.
Moi aussi ?
Ou était-ce lié aux nobles qu'elle évoquait ?
« Tu parles l'Ancien Cybertronien. Cela peut être appris mais tu as dû le recevoir quand c'était nouveau…tu es plein de surprises. J'en connais un seul autre qui connaît ce langage. »
Avait-ce été Optimus Prime ?
Vos avait rouvert les optiques.
A nouveau, cette cellule…
Il regarda l'heure affichée sur un cadran. Trois heures du matin.
Depuis qu'il était ici, il n'avait jamais rechargé une nuit entière.
Tout était silencieux…
Je préfère le silence.
Vos le préférait aussi. Même à la DJD, il préférait le silence.
La sphère envahissait son champ de vision.
Peut-être devrait-il s'y remettre… ?
Il faut trouver ces informations. Il faut trouver Overlord.
Vos allait s'avancer vers la sphère…ou plutôt, le récipient psychologique, comme il l'avait deviné.
Mais à la place, il s'arrêta.
Il hésita à appeler Tarn…
A la place, il contacta Nickel.
Il ne saurait dire pourquoi c'était elle qu'il contactait…le fait qu'elle soit la seule autre fembot qu'il connaissait ne changeait rien.
Mais il l'appela. Au bout de deux sonneries, Nickel décrocha.
Elle rechargeait. Il l'avait dérangée.
« …Vos ? Tu as besoin d'aide ? »
L'agacement d'avoir été tirée de sa recharge avait laissé place à l'inquiétude en le reconnaissant.
Vos répondit que non.
- …Que t'arrive-t-il ?
Le fusil-sniper lui expliqua ses intentions.
Il souhaitait écrire une lettre.
Il avait besoin d'écrire en Cybertronien moderne.
- …Vos, sois sincère.
Vos cligna des optiques.
- Tu étais amoureux d'elle ? Elle paraissait spéciale.
Il répondit que non.
Parce que ce n'était pas le cas. Du moins, il ne pensait pas que cela avait été le cas.
- …Qu'est-ce que tu comptes faire ?
M'expliquer.
J'aurais dû m'expliquer il y a longtemps.
Et neutre ou non, non-partisane de la Cause ou non, elle lui avait sauvé la vie autrefois. Elle méritait des explications.
- …Tu veux que je contacte Tarn ?
Il lui demanda de ne pas le faire.
Juste…de lui dicter ce qu'il écrirait en Cybertronien moderne.
Il entendit un soupir de l'autre côté de la part de Nickel.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
Oui.
Nickel s'exécuta.
Elle dicta. Il écrivit.
Cela devait être truffé de fautes d'orthographe en tout genre mais…l'intention y était. Vos ne pouvait rien faire de plus. Il ne pourrait pas l'envoyer à Nickel pour qu'elle corrige.
Il fallait juste qu'elle comprenne.
Lorsque la communication se coupa, Vos relut la lettre qu'il trouvait incompréhensible en Cybertronien moderne.
Mais elle comprendrait peut-être.
Il sonna. Un garde entra dans la cellule après avoir déverrouillé la porte.
- Quoi ? grogna-t-il.
Vos lui tendit le morceau de parchemin.
- …Eupa, articula-t-il.
- Pardon ?
- …Eli-pha.
Le garde lui adressa un air dédaigneux.
Néanmoins, il ne lui en tint pas rigueur.
- Pour Elita-One ?
Vos hocha la tête.
Il avait compris.
Le garde obtempéra et referma la porte derrière lui.
Vos ne perdit pas de temps. Lentement, il se laissa traîner jusqu'au récipient psychologique pour le soulever et le poser sur le lit, face à lui.
Il fallait se remettre au travail. A son devoir.
