Bonjour à toutes et à tous ! J'ai une bonne nouvelle pour vous, j'ai terminée d'écrire cette histoire ce week-end. Enfin ! Et comme je ne vois pas tellement l'intérêt de vous faire attendre juste pour le plaisir de vous faire attendre, j'ai décidé de publier les derniers chapitres tous les deux jours :) Je vous remercie pour tous vos retours pour le dernier chapitre, vous avez été extrêmement bienveillants ! Je vous souhaite une très bonne lecture, je pense que beaucoup de vos questions vont trouver leurs réponses !


L'arche disparut au moment où Harry passa à travers, une lueur de reproche horrifié dans les yeux face à Sirius. James s'effondra instantanément sur le piédestal, ses bras enserrant sa poitrine. Les larmes qu'il retenait de toutes ses forces devant Harry se mirent à couler, ses hoquets désespérés emplirent la Salle sur Demande, remplaçant ceux de Harry. Dans un brouillard flou, il sentit Remus s'accroupir à côté de lui et l'enlacer doucement.

– … Je chie sur ce putain d'avenir, lâcha James d'une voix défaite en pleurant bruyamment.

Merlin, il était terrifié. Terrifié à l'idée de mourir, terrifié à l'idée de perdre Lily, de perdre Sirius, Remus.

Et Harry. Il avait eu un fils, ou aurait un fils, qu'il avait laissé grandir seul dans un monde en guerre. Le goût amère de la bile monta dans sa gorge et il se demanda s'il n'allait pas vomir.

– C'est exactement ce qu'on va faire.

Le ton sans appel de Sirius lui fit lever péniblement la tête. Ce dernier se plaça devant James et Remus, la main crispée sur sa baguette. Son visage était plus blanc que jamais, figé en une haine indicible.

– J'en ai rien à foutre de ce qu'on vient d'entendre, annonça-t-il en grinçant des dents. Je crois pas au destin.

– Sirius… commença Remus en fermant les yeux, se sentant parfaitement incapable de faire face à la colère de son ami quand tout ce qu'il souhaitait était de s'allonger en boule dans son lit et oublier les trois dernières heures.

– On va se faire une promesse, tous les trois, déclara Sirius, ses yeux de cendres brûlant d'une froide détermination quand il posa ses mains sur les épaules des deux autres. On va promettre de ne pas mourir.

Sa voix vibra d'une rage glacée alors qu'il acheva dans un souffle douloureux :

– Hors de question que vous mouriez, vous m'entendez ?

James et Remus hochèrent lentement la tête. C'était stupide. C'était probablement perdu d'avance, mais la colère paniquée qui tremblait dans la voix de Sirius leur fit du bien, paradoxalement. James offrit un sourire courageux à son meilleur ami, posant doucement sa main sur la sienne.

– Je te le promets, souffla-t-il en ancrant son regard dans celui de Sirius qui se détendit imperceptiblement.

Remus hocha vigoureusement la tête. Le soupir de soulagement de Sirius résonna bruyamment dans le silence de la Salle sur Demande.

– Qu'est-ce… Qu'est-ce qu'on va dire à Dumbledore ? hésita James en se levant maladroitement. Merlin, qu'est-ce qu'on va dire à Pete ?

Sirius et Remus échangèrent un regard.

– On ne va rien dire à Dumbledore, annonça Sirius calmement. Juste que Harry a fait un patronus qui ressemblait au tiens, James, et qu'il s'est échappé dans une pièce qu'on n'avait encore jamais vu. Ça vous paraît cohérent ?

James acquiesça lentement en fronçant les sourcils.

– On peut dire qu'il a disparu dans cette salle et qu'il n'en est jamais ressorti. Il n'avait pas l'air… (Il soupira profondément) Harry n'avait pas l'air très enclin à se reposer sur Dumbledore. Inutile de raconter à Dumby plus que nécessaire, je suppose.

Remus offrit un sourire triste aux deux autres.

– On lui doit bien ça, pas vrai ?

– Ouais, souffla James en sentant sa gorge chauffer à nouveau. Ouais…

– Et Peter ?

Les trois maraudeurs se regardèrent, hésitant.

– … Je crois, commença Remus sur un ton incertain, que Queudver flippe déjà suffisamment. Et Harry… Harry n'a rien dit alors… avec un peu de chance…

Sa phrase resta en suspens, mais l'espoir qu'au moins un d'entre eux survive aux horreurs de la guerre n'échappa ni à James, ni à Sirius. Ils inspirèrent profondément.

– Bon, murmura finalement James en se passant une main dans les cheveux. Allons voir si Peter a réussi à prévenir Dumbledore que des détraqueurs se promènent dans l'enceinte de Poudlard avant que tout le monde pète un câble.

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Pour la première fois de sa vie, James observa Lily rire dans un des canapés de la salle commune sans oser aller lui parler. Son regard détailla la silhouette de la jeune fille, son visage, ses yeux (Merlin, les mêmes que ceux de Harry) et il faillit fondre en larmes. À ses côtés, Sirius lui pressa gentiment le bras, en un geste silencieux pour lui témoigner son soutien.

C'était une chose d'espérer sortir avec elle, c'en était une autre de savoir qu'ils allaient se marier, allaient avoir un enfant. Et allaient mourir en essayant de le protéger. Il n'avait que seize ans et il savait déjà qu'il ne survivrait pas à la guerre.

– Vas-y, chuchota Sirius à son oreille. Tu devrais le lui dire. Je serais juste à côté.

James hocha la tête en conjurant tout le courage Gryffondor qu'il put trouver et même si la pensée était ridicule, il ne lui restait plus que son arrogance et son ego pour faire face aux révélations de Harry. Avec une boule d'émotion coincée dans la gorge, il se dirigea d'un pas chancelant vers Lily.

Dumbledore leur avait intimé de garder la disparition de Harry aussi secrète que possible, mais il devait au moins un semblant de vérité à la jeune fille.

– Je peux te parler ? demanda-t-il du bout des lèvres à Lily qui fronça les sourcils, mais se décala pour lui faire de la place sur le canapé.

James s'assit précautionneusement et déglutit.

– Je voulais juste te dire, commença-t-il d'une voix douce, que Harry est parti hier soir. Il a eu… des soucis familiaux. Il est parti précipitamment sans avoir le temps de prévenir personne.

Les yeux de Lily s'écarquillèrent lentement alors qu'elle le dévisageait, bouche-bée. Elle voulut protester, mais James ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit.

– Je suis désolée, Lily, je sais qu'il aurait aimé te dire au revoir.

Avec un dernier sourire en direction de la jeune fille, James se leva rapidement et se dirigea vers Sirius, s'obligeant à garder une expression joyeuse parce que s'il s'arrêtait, ne serait-ce qu'un instant, il allait s'effondrer devant tout le monde. Lily le regarda s'éloigner sans rien dire, encore en train d'essayer d'intégrer ce qu'il venait de dire.

– Ça va ?

Mary se tourna vers elle, la mine inquiète, assise à côté d'elle sur le rebord du canapé. Lily hocha la tête, la gorge serrée.

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– Si c'est un garçon, tu l'appellerais comment ? demanda Lily allongée sur le lit, s'étirant comme un chat face au soleil qui perçait à travers les fins rideaux de la chambre.

– Harry.

Lily réfléchit un instant, s'amusant du ton sans appel de James. Finalement, elle sourit.

– Harry, c'est bien. Et si c'est une fille ?

James la regarda en clignant des yeux sans comprendre.

– Harry.

Lily haussa un sourcil en riant.

– Croisons les doigts pour que ce soit un garçon, alors.

Adossé contre le bureau, Remus pouffa de rire et James se tourna vers lui, un air mutin sur le visage. Les habitudes de Poudlard ayant la vie dure, il lui envoya au visage la première chose qui lui passa sous la main. Un soutien-gorge de Lily. Les deux maraudeurs échangèrent un regard paniqué alors que la jeune femme se levait lentement derrière eux.

– Cours, souffla Remus.

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Un craquement sonore résonna dans la rue, faisant lever la tête de James du puzzle de son fils. Harry le regarda d'un air surpris, secouant devant lui une pièce serrée dans sa petite main pour attirer l'attention de son père. Le dessin grogna légèrement avant de se reprendre et de sourire à nouveau au bébé. L'instant d'après, le portail du jardin s'ouvrit en grinçant et James sentit un poids lui broyer l'estomac.

– LILY ! PREND HARRY ET VA-T'EN ! C'EST LUI ! hurla-t-il en bondissant vers la jeune femme qui entrait dans le salon en courant.

Il déposa Harry dans ses bras et l'entraîna hors de la pièce.

– Non, je… protesta Lily mais James la poussait déjà dans l'escalier.

Cours ! Je vais le retenir…

Un rire froid résonna sur le perron et James et Lily s'adressèrent un regard empli de larmes. Ils ne se faisaient pas d'illusions.

– Sauve-le, murmura James en claquant la porte du salon derrière elle.

Le verrou tourna lentement dans le penne. James se rua dans l'entrée sans avoir le temps de prendre sa baguette posée sur la table basse à côté des canapés. Confusément, il eut une pensée amère pour Peter. Eux qui se demandaient qui était le traître, ils étaient servis.

La porte d'entrée explosa au moment où il arrivait devant elle et James fut propulsé dans le couloir. Avec horreur, il vit Voldemort pénétrer dans sa maison et le toiser de toute sa hauteur. Il s'obligea à se remettre sur pied, arrachant un gloussement joyeux au sorcier. Cet enfoiré s'amusait. James aurait voulu lui arracher son sourire victorieux. Il déglutit.

Il n'avait aucune chance, mais il s'en fichait. Du temps. C'était tout ce qu'il lui fallait. Qu'il gagne du temps. Que Lily et Harry puissent sortir. Qu'ils puissent s'enfuir. Sirius… Sirius pourrait les protéger et…

Avada…

Désolé, Harry, pensa-t-il, les yeux écarquillés de peur alors que Voldemort levait sa baguette de manière exagérément lente. Finalement, on ne se…

AVADA KEDAVRA !

L'éclair vert envahit toute la maison. Le cri de Voldemort fut terrible. Tout son corps se dessécha en un instant avant de se ratatiner sur lui-même. L'onde de choc qu'il libéra en mourant ébranla les murs, explosa les fenêtres et James fut éjecté pour la deuxième fois à travers le couloir.

Une vague d'énergie froide, malsaine, le traversa de part en part et il hoqueta de douleur avant qu'elle ne disparaisse, le laissant pantelant sur le sol.

Un cri retentit à l'étage. James releva la tête et le monde se mit à tourner violemment autour de lui.

– Lily, coassa-t-il difficilement, la bouche en sang.

Il cracha un mollard rouge sur le côté, tentant de calmer sa respiration paniquée. Il avait vaguement conscience du sang qui coulait de son front et du sifflement lancinant de ses tympans.

Il remit d'un geste chancelant ses lunettes sur son nez et Sirius apparut dans son champ de vision.

– Ça va ? demanda-t-il d'une voix dure et James hocha lentement la tête.

Sirius traversa l'entrée en deux grandes enjambées sans baisser sa baguette et ce fut seulement à ce moment-là que James se rendit compte que Voldemort avait disparu. Pas de cadavre étalé sur le sol, pas de corps, rien. Il déglutit difficilement, livide.

Sirius lui attrapa le bras et le mit debout sans ménagement.

– Où est Lily ? Où est Harry ?

– À… À l'étage, bredouilla James, sous le choc. Comment… Comment… ?

Le bruit d'une porte qu'on claquait le coupa brutalement. Lily arriva en courant dans le salon, son fils serré dans ses bras.

– James, tu… Merlin, Sirius ? Voldemort, où… ?

– Mort. Disparu en poussière sur le tapis, ou que sais-je, annonça froidement Sirius alors que James s'empressait de serrer sa femme dans ses bras. Vous allez bien ?

Lily hocha faiblement la tête.

– Harry a… Il a été touché dans l'explosion mais ça va… Merlin, alors c'était Peter…

– Je vais tuer ce sale rat, grinça Sirius en faisant quelques pas parmi les décombres du salon.

James lui lança un drôle de regard sans lâcher Lily et Harry.

– Comment as-tu su… ? demanda-t-il finalement en s'approchant de Sirius qui semblait au bord de la crise de nerfs.

– Harry, bien sûr, fit Sirius en tremblant et James se dit qu'il ressemblait à un fauve en cage et que la cage venait de partir en fumée. Il nous l'avait dit. Il l'avait dit ! Que vous alliez mourir tous les deux ! Si j'ai proposé Peter comme Gardien du Secret à ma place, c'était justement pour éviter ça !

– Attend… De quoi tu parles ? demanda faiblement Lily en serrant un peu plus son fils contre elle.

– J'ai eu un doute, poursuivit Sirius et sa voix grimpa dans les aiguës au fur et à mesure qu'il parlait. J'ai eu un doute, parce que je savais que moi, je ne vous aurais jamais trahi ! Alors je suis passé chez Peter. Et vous savez quoi ? IL N'Y ÉTAIT PAS, CE SALE RAT !

– SIRIUS ! CALME-TOI, MERDE ! cria James en le voyant donner un coup de pied rageur dans un amoncellement de briques.

Il se précipita sur lui et le prit dans ses bras. Ce fut à ce moment-là qu'il découvrit que Sirius tremblait de tous ses membres.

– On est vivant, chuchota-t-il en enfouissant sa tête dans son épaule. On est vivant, grâce à toi. Putain…

– Je ne me calmerai pas, siffla Sirius, furieux en se dégageant d'un geste sec et James eut l'impression de se prendre un coup de poing dans l'estomac. Je vais lui faire la peau !

D'un coup de baguette, il fit apparaître un patronus.

– Va chercher Remus. Dis-lui de venir ici tout de suite.

– Attend… Tu… tu vas où ? demanda James dans un filet de voix alors que le chien argenté s'évaporait dans les airs.

Le regard de Sirius le transperça de part en part.

– Je vais ramener ce traître assassin, cracha-t-il en sortant de la maison à grands pas avant de transplaner.

James regarda avec impuissance son meilleur ami disparaître dans un craquement sonore. Il s'obligea à ne pas se laisser tomber au sol. Lily avait besoin de lui. Harry avait besoin de lui. Il frissonna comme un fou, comprenant avec horreur qu'ils venaient de passer à un cheveu de l'avenir que Harry leur avait dépeint. Et que ce ne serait probablement pas la dernière fois.

– … James ?

Il se tourna vers Lily qui le regardait, l'air aussi perdu que lui. Il la prit tendrement dans ses bras, laissant les larmes couler sur ses joues. Putain, il avait failli la perdre. Il avait failli la perdre.

– Ça va aller, murmura-t-il en lui caressant les cheveux, c'est fini. C'est fini.

Lily renifla fortement. Elle lui tendit Harry, inquiète.

– Il… Il a reçu un impact au front. Il y a eu cette lumière qui a envahi la maison, je me suis faite projetée en arrière et il a reçu cette… marque.

James ferma les yeux, tentant de retenir de toutes ses forces ses larmes alors que Harry le regardait avec de grands yeux terrifiés, complètement silencieux. Il serra son fils dans ses bras.

– C'est… C'est rien ma chérie. C'est juste…

Un cri d'angoisse résonna dans le jardin et Remus apparut en courant dans le salon des Potter. Il resta interdit devant les ruines de la maison avant de serrer James et Lily dans ses bras en tremblant.

– Putain… Putain… Vous êtes vivant. Par Merlin… J'arrive pas à croire… Sirius… J'arrive pas à y croire…

James écarquilla brusquement les yeux, comprenant ce que Remus sous-entendait. Merlin, ils n'avaient même pas eu le temps de prévenir Rems…

– Non… hoqueta-t-il d'une voix tremblante. C'est pas lui. Il nous a sauvé la vie.

– … Quoi ?

– C'était pas lui notre Gardien, soupira James. C'était Peter. C'est lui le traître.

Le regard que Remus lui lança faillit le faire pleurer à nouveau. Il n'avait jamais vu son ami aussi… désespéré et trahi.

– … Et vous… souffla Remus, horrifié, les larmes aux yeux. Vous ne me l'avez pas dit… ? Vous… Vous avez cru que… ?

Non ! s'écria Lily avec force en plantant son regard vert dans celui de Remus. On… On n'a juste pas eu le temps… Merlin, on a fait ça hier dans le plus grand secret. Et cette ordure s'est empressée de nous trahir…

Elle se mit à trembler violemment et le regard de Remus se dirigea vers Harry qui s'accrochait à sa mère comme si sa vie en dépendait.

– Il… il va bien ?

– Seulement la cicatrice, tu vois… fit James d'une voix hachée.

Remus rigola faiblement.

– Ouais… C'est… C'est bien Harry, hein… ?

James hocha lentement la tête et Lily lui tira le bras en fronçant les sourcils.

– Ça veut dire quoi, ça ? siffla-t-elle, furieuse. Sirius a laissé entendre un truc du même genre et tu n'étais pas surpris. Je veux des explications, maintenant.

James et Remus échangèrent un regard et James soupira en se frottant les yeux.

– Bien sûr… Bien sûr, ma chérie. En fait, j'aurais dû te raconter ça bien plus tôt.

Il la prit dans ses bras. Merlin, il n'allait plus jamais la lâcher.

– Tu te souviens… Est-ce que tu te souviens de Dubois ?


Comme toujours, j'attends avec impatience vos retours ! Je vous dis à mercredi pour la suite !

Aech.