Hello à tous !

Voici le nouveau chapitre de la semaine, et j'espère qu'après cette période assez rude, amènera un peu de légereté en cette fin de dimanche après-midi !

Ce chapitre décrit surtout la relation Draco / Dorea et comment elle évolue. C'est le questionnement d'une jeune fille de 15 ans ainsi que ses peurs. C'est également le grand retour de Dorea et de sa répartie incroyablement humoristique !

Je vous laisse découvrir !

Enjoy :)


Réponses aux reviews anonymes :

Lu Dona : Je te remercie pour ta review et je suis contente que le retour du couple Dorea/Drago te fasse plaisir. J'espère que ce chapitre te donnera autant de satisfacton !


Dorea et Drago, qui étaient ressortit des vestiaires, marchaient, à présent, côte à côte pour rejoindre le château.

Parfois, subrepticement, le blond effleurait sa main contre celle de Dorea. Cette dernière ressentait alors de légers frissons et son cœur n'avait cessé de battre frénétiquement depuis qu'ils s'étaient embrassés, officialisant leur relation.

Elle se demandait quelle serait la réaction de leurs amis, Blaise, Théo et Daphné. Certainement soulagés.

Alors qu'ils allaient s'engager sur le pont, débouchant sur la cour de l'horloge, Drago lui saisit la main et la retint pour la permuter contre lui. Puis il fondit sur sa bouche, lui offrant un baiser furtif, au goût sucré. Il se détacha d'elle et un rictus en coin se dessina sur ses lèvres, l'observant avec un regard gourmand.

- Comme ça, j'ai ma dose avant de ne plus pouvoir t'approcher, susurra-t-il.

Une étincelle s'illumina dans les prunelles émeraudes de Dorea et Drago nota que cela faisait longtemps qu'il n'avait plus aperçut cette lueure éclatante et facétieuse dans les yeux de la rousse.

Non-content et fier de lui, il l'embrassa de nouveau sur le coin de lèvre, puis s'éloigna pour cheminer vers la cour de l'horloge suivit de Dorea.

Tous deux débarquèrent sur le seuil de la Grande Salle pour prendre le déjeuner, la plupart des élèves étant déjà établis.

Dorea lança un regard furtif vers la table des gryffondors et aperçut la mine suspicieuse d'Harry, Ron et Hermione, qui les suivaient des yeux, alors qu'ils gouvernaient vers leurs comparses, au centre de la table des verts et argents.

Les deux serpentards prirent place l'un près de l'autre et tâchèrent de demeurer indifférent. Heureusement pour eux, chacun de leurs amis était plongé dans une conversation concernant les B.U.S.E.S et ne remarquèrent pas le sourire manifeste de Drago signifiant que le chat avait mangeait la souris, ni les bajoues rougies Dorea.

Le blond prit alors la main de la rousse entre la sienne, sous la table, et lui caressa le dos de son pouce d'un geste affectueux, avant de se distribuer une assiette de frites.

- Désolé Dott', pour le match, fit Daphné, affligée, se détournant de Blaise.
- Ce n'est pas grave, on gagnera l'année prochaine, affirma Dorea en haussant les épaules et en avalant une portion copieuse de riz.

Daphné, qui observait son amie, plissa les yeux l'air inquisitrice, distinguant un changement significatif dans son attitude.

- Vous en avez mis du temps pour revenir tous les deux, dit brusquement Théo.
- Oui, on se demandait même où vous étiez passé ? J'espère que vous ne vous êtes pas écharpés cette fois encore, parce qu'on commence à en voir marre de cette atmosphère tendue entre vous, s'exaspéra Blaise.

Dorea fixa son assiette de riz à la moutarde tandis que Drago dévisagea son ami le toisant de bas en haut.

- Je ne vois pas en quoi nos disputes vous regardent, dit-il avec cette assurance impérieuse qui le valorisait tant. Si on a envie de s'écharper, comme tu le dis si bien, on le fait.

Daphné grigna le front et observa successivement Drago qui haussa son menton en pointe, l'expression arrogante, comme chaque fois qu'il mentait, et Dorea dont les joues s'enflammaient à vue d'œil, ayant soudainement un intérêt particulier pour son plat.

- Drago, je ne connais peut-être pas aussi nettement Dorea que toi, dit Daphné, mais tu mens.
- Je ne mens pas ! cracha Drago d'une moue rebutée.
- Étant donné que tu viens néanmoins de l'objecter avec ta grimace « caca doigts », je dirai que si. Et regarde les joues de Dorea, je suis certaine que l'on peut y faire cuire un œuf.

Les trois garçons regardèrent la rousse qui s'affaissa un peu plus sur son banc, voulant se faire toute petite. Il y avait bien des choses pour lesquels elle pouvait faire bonne figure, mais il fallait reconnaître que c'était une expérience inédite pour elle.

Théo et Blaise ouvrirent alors la bouche, retenant leur souffle et avant qu'ils n'aient pu émettre le moindre son, Drago les menaça d'un doigt en l'air.

- Je vous jure que si vous n'êtes pas plus discret, j'offre vos bijoux de famille à manger aux scrouts de ce balaud de Hagrid, avertit-il froidement.

Les serpentards refermèrent aussitôt leur bec et le reste du déjeuner se passa en silence. Néanmoins, leurs trois amis ne pouvaient s'empêcher de sourire distraitement en contemplant les deux jeunes gens.

Après s'être changés, Dorea, Drago et Blaise se joignirent à Théo et Daphné, qui avaient décidés de profiter des premières lueurs de soleil de ce doux printemps et de réviser près du lac, dans un coin tranquille et quelque peu dissimulés des regards indiscrets.

Avec assurance, Drago prit place contre le tronc d'arbre. Mais alors que Dorea passait près de lui, il lui agrippa la main, lui lançant une supplique silencieuse pour qu'elle s'installe contre lui.

La rousse lança un regard embarrassé à leurs amis, et c'est à cet instant que Daphné, le nez plongé dans son livre de métamorphose, lança d'une voix forte sur un ton bordé de sarcasme :

- Ne vous gênez pas pour nous, vous pouvez vous coller autant que vous le souhaitez. Le spectacle sera bien mieux qu'avec les autres.

Dorea braqua le chef vers Drago dont un sourire satisfait s'agrandissait sur son visage.

La jeune fille céda et prit place entre les jambes du blond, se collant à son torse. Le jeune homme l'embrassa rapidement sur la nuque, puis se saisit de son sac, le trifouillant pour prendre ses cours, tandis qu'un frémissement parcourait l'échine de la serpentard.

- Tu veux réviser quoi d'abord ? lui demanda-t-il
- Arithmancie ? proposa Dorea.

Drago sortit une liasse de parchemins griffonnés et encercla les épaules de Dorea de ses bras, pour disposer les notes de cours devant elle.

S'adossant contre le buste du blond, qu'elle sentit finement musclé, Dorea prit conscience qu'elle ne voudrait être nulle part ailleurs en cet instant.

- J'espère quand même que vous avez prévu de nous le dire en bonne et due forme ? quémanda abruptement Blaise.

Tous deux dévièrent leur regard vers leurs amis, qui les dévisageaient sans ambages.

- C'était prévu, répondit Drago d'une voix distinct.
- Ouais, parce que vous nous avez fait sacrément chier, s'agaça Théo.

Dorea et Drago pouffèrent de concert et Daphné eut un sourire ravi en distinguant l'attitude enjouée de la rousse. Chose dont elle n'avait plus perçu depuis très longtemps.

- En tout cas, je vous rappelle d'être discret, tous les deux, prévint Blaise. Parce que toi – il pointa son index vers Dorea – si ton frère vient à savoir que tu sors avec son ennemi juré, qui plus est le fils d'un mangemort – Drago claqua la langue contre son palais – qu'il a dénoncé dans le journal de ce vieux fou de Lovegood – Dorea fronça des sourcils – il va te renier, et toi – il pointa son index vers le blond – si quelqu'un le découvre dans ton entourage, je donne peu cher de ta peau.
- On a déjà discuté de ça Zabini, s'irrita Drago. Pas la peine de remettre le sujet sur la table.
- Tu devrais aller voir Rogue et lui demander des cours d'occlumencie, supplia Daphné. On sait tous en faire ici, et ça nous sert énormément.
- Vous vous trompez, Dorea ne sait pas en faire, dit Drago en arquant un sourcil.
- C'est toi qui te trompes, je suis une très bonne occlumente, déclara l'intéressé de but en blanc.

Drago inclina la tête vers la rousse qui était calé contre lui, son nez chatouillant ses cheveux à l'odeur vanillée.

- Tu sais faire de l'occlumencie ? Toi ? questionna Drago quelque peu déconcerté, le ton légèrement méprisant.

Dorea se décala légèrement sur le côté pour apercevoir la mine interloquée du jeune homme et acquiesça du chef.

- Tu vois, même Dott' est protégée par son esprit, assura Daphné. Tu devrais reconsidérer cette forme de magie. Si jamais tu te retrouves face à …
- Ça n'arrivera pas ! répliqua sèchement Drago. Ma mère ne le permettrait pas. Alors fin de la discussion et arrêtons de parler de ça.

Dorea se remit en place et se sentie rassurée par ce qu'elle venait d'entendre. Premièrement, parce qu'elle comprenait réellement que ni Drago, ni aucun de ses amis ne se retrouverait mélée de près ou de loin à cette guerre. Deuxièmement, parce que Drago, malgré le fait que sa famille ou du moins son père, se retrouvait du mauvais côté, était tout de même protégé de toute intrusion des forces du mal dans sa vie. Elle saisit à cet instant, qu'en réalité, ses amis ne faisaient partie d'aucun camps. Pas même Drago. Ils étaient juste là, avec des parents mangemorts, sans l'avoir demandé et se battaient chaque jour pour vivre une adolescence des plus normale, pourtant continuellement montré du doigt par les agissements de leurs proches. Ils n'étaient ni acteurs, ni soldats, ni rebelles, juste des personnes survivant en milieu hostile…

Ils révisèrent durant l'après-midi entière et quand les premières gouttes de pluie tombèrent, ils se précipitèrent vers le château, pour éviter les giboulées de cette fin de mois de mars.

Plusieurs jours défilèrent durant lesquels Dorea et Drago se retrouvaient subrepticement au détour d'un couloir, dans un placard, une salle de classe vide ou même dans la salle commune quand ils étaient seuls, afin de pouvoir se laisser aller à quelques embrassades.

Dorea, au fil du temps qui passait, durant ces journées et surtout ces moments privilégiés, elle découvrait un Drago plus tendre, avec toujours cette pointe de sarcasme et de dédain propre à lui. Cela l'agaçait, certes, mais c'est également ce qui lui plaisait en lui : cette assurance qu'elle prenait plaisir à provoquer avec légèreté. Mais elle le trouvait tout de même changé autant moralement que physiquement. Il était plus constant, plus mature.

Bien évidemment, Drago Malefoy restait toujours Drago Malefoy : il terrorisait toujours les plus jeunes, martyrisait les gryffondors, et restait infecte avec Harry, Ron et Hermione durant les cours de soins aux créatures magique et au mieux les ignoraient quand Dorea se trouvait dans les parages.

La jeune fille passait également du temps avec son frère et ses amis, délaissant parfois la compagnie des serpentards.

Elle avait trouvé une stabilité, et était ravie que tout rentre progressivement dans l'ordre. Malgré les quelques fois, où son père lui manquait terriblement, elle se remettait au fur et à mesure de ces semaines pénibles qu'elle avait traversé. Et elle savait que c'était en grande partie grâce à Drago et ses amis. Dorea avait regagné du poids et sa riposte acerbe que le garçon aimait tant, ainsi que son humeur et son attitude joueuse et provocatrice.

Deux semaines plus tard, Dorea, qui se trouvait à la bibliothèque en cette fin de dimanche après-midi avec son frère, Ron et Hermione, planchait sur ses révisions en leur compagnie, jusqu'à ce qu'Harry soupira de lassitude.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? questionna Dorea.
- Rien, répondit le brun en plissant ses sourcils.
- Harry…, dit Dorea d'un ton défiant.

Elle commençait à connaître son frère et quand il arborait ce visage soucieux avec cette plissure sur le front, fronçant par la même occasion sa cicatrice, c'était qu'il était préoccupé.

- Je ne veux pas t'embêter avec ça, Dott', je sais que tu as tes problèmes…
- Dis-moi, coupa sèchement Dorea.

Harry soupira de nouveau, puis posa sa plume et souffla une ample inspiration.

- Les cours d'occlumencie avec Rogue ne se passent pas très bien, lâcha le brun.
- Il n'y a pas de progrès ? sonda la rousse.
- Non… Non, je n'y arrive vraiment pas.

Dorea lança un coup d'œil interrogateur à Hermione et Ron, qui remuèrent tous deux les têtes, les mines dépitées, lui signifiant qu'effectivement le jeune homme n'avait fait aucun progrès. La jeune fille se pencha alors vers son frère qui se trouvait de l'autre côté de la table et examina d'un rapide coup d'œil les alentours, pour voir si personne ne se trouvait dans les environs.

- Et… tu as toujours des visions ?

Harry acquiesça du chef.

- Harry ! disputa Dorea dans un chuchotis. Il faut absolument que tu fasses un effort !
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, murmura le jeune homme. Je ne le contrôle pas.

Dorea obstrua ses prunelles, se pinçant l'arête du nez, puis rouvrit les yeux, l'air plus déterminé.

- Qu'est-ce que tu as eu comme visions depuis celle du père de Ron ? quémanda-t-elle à voix basse.
- Et bien, il y en a eu une où il parlait seul.
- Qu'est-ce qu'il disait ?
- Il parlait de toi.

Dorea se recula subitement, quelque peu surprise et horrifiée. C'était comme si un seau d'eau glacé coulait brusquement dans ses veines.

- Il disait quelque chose du genre : « Dorea Artwood est puissante », continua Harry en la fixant de ses yeux verts, épiant sa réaction. Mais c'est passé extrêmement vite, ajouta-t-il avec empressement. Et comme c'était juste le lendemain de ton retour d'Highclere, je n'ai pas pu t'en parler plus tôt.

La jeune fille ressentit un frisson la parcourir, mais resta de marbre.

- Et c'est tout ?
- Non, il y a eu celle de Rockwood également, répondit le gryffondor.
- C'était quoi ? interrogea Dorea.
- Et bien, il parlait du ministère et du département des mystères.

Dorea réfléchit un instant et se souvint de la conversation qu'ils avaient eu avec Mr Weasley quand il était à Ste Mangouste.

- C'était à propos de l'arme ? N'est-ce pas ? demanda-t-elle aux trois rouges et ors.

Les trois comparses hochèrent la tête.

Lorsqu'elle revint dans la salle commune de Serpentard, elle était littéralement immergée dans ses pensées, se demandant quel était cette arme que voulait à toute force se procurer Lord Voldemort et que ferait-il avec s'il arrivait à s'en emparer ? Bien évidemment, elle avait déjà la réponse à sa question : anéantir ses ennemis jusqu'au dernier.

Elle pénétra l'antre des verts et argent et discerna Drago qui était installé à la table placée au fond de la pièce, un peu à l'écart des autres, planchant sur ses devoirs. Voyant que personne ne s'intéressait à elle ou à lui, Dorea s'approcha discrètement du jeune homme et prit place à ses côtés.

- Le balafré, se porte toujours aussi bien ? questionna Drago sans lever les yeux de son parchemin sur lequel il griffonnait fébrilement.
- Arrête de l'appeler comme ça, se fâcha Dorea.

Drago ricana, mit un point final à sa dissertation, posa sa plume et redressa la tête pour observer Dorea.

- J'aime quand tu t'énerves contre moi. Tu veux peut-être me démontrer tes talents dans un placard à balai ? susurra-t-il d'une voix suave.

Dorea sentit brusquement sa gorge s'assécher et chaque fois qu'il faisait ce genre de remarque, une chaleur diffuse grimpait dans son bas-ventre.

Tous deux s'affrontèrent du regard, chacun ne voulant pas perdre ce duel silencieux qui se terminerait dans tous les cas d'une façon bien plus agréable.

- Qui veut jouer à « action ou vérité » version sorcier ? se récria Tracey Davis au milieu de la salle commune en hissant une bouteille vide de bièraubeurre au-dessus de sa tête.

Quelques filles répondirent par l'affirmative se joignant à la jeune Davis. Pansy Parkinson, se tourna alors vers les quatrièmes, troisièmes, deuxièmes, et premières années, les toisant avec mépris.

- Vous les mioches, déguerpissez d'ici !

Les plus jeunes ne se le refirent pas dire une deuxième fois, Astoria Greengrass flanquant un regard assassin à sa sœur ainée Daphné, et partirent soit dans leurs dortoirs, soit hors de la salle commune.

Les cinquièmes, quelques sixièmes et septièmes années se placèrent en cercle entre les canapés, près du feu, Daphné se tourna vers le couple assit dans le recoin de la salle commune.

- Vous venez ? demanda-t-elle.

Drago se tourna vers Dorea le regard interrogateur. Celle-ci, comprenant le désir du garçon de prendre part à ce jeu qu'elle avait toujours qualifié de stupide, plissa les yeux.

- Hors de question que je joue à ça, marmonna Dorea avec dédain.
- Drago ! s'exclama Pansy, je t'ai réservé une place à côté de moi.

Le garçon lança un coup d'œil à la rousse, se leva et chemina vers la brune pour prendre place juste près d'elle. Daphné, notant cette attitude des plus puérile, se retourna d'un œil inquisiteur vers Dorea, qui elle, était restée immobile sur sa chaise, les bras croisés, le visage reflétant sa colère grandissante.

Drago ne lui avait pas accordé le choix. Hors de question qu'elle laisse ces pimbêches s'approcher de lui. Jalouse, elle ? Légèrement.

Elle se hissa de sa chaise à son tour, puis se dirigea vers le groupe qu'elle contourna et s'installa délibérément face à Drago, entre Colin Warrington et Adrian Pucey, un septième année. Drago fixait Dorea, remua la tête désabusée par son comportement tout aussi immature.

Tracey se pencha vers le centre où se trouvait la bouteille et la tourna sur le sol. Après quelques secondes de suspense, la bouteille s'arrêta devant une fille de sixième année du nom de Marly Sanders.

- Sanders, fit Davis, action ou vérité ?
- Vérité, répondit celle-ci en gloussant.
- Quel est ton meilleur coup ? demanda la cinquième année.
- Attendez, intervint Dorea offusquée, on ne va quand même pas poser ce genre de question tout du long.
- Ce n'est pas le but du jeu ? cracha Pansy hautainement.
- Il n'y a que les midinettes qui ne pensent qu'à ça et jouer à ce genre de jeu, rétorqua Dorea avec sa verve coutumière.
- Tu peux, partir, on ne t'oblige pas à rester, dit à son tour Milicent Bulstrode. Sois-tu te prends un sort parce que tu ne respectes pas les règles, soit tu décides de ne pas jouer et tu la fermes.
Pansy et Davis pouffèrent moqueusement de concert.

- Ok, dit Dorea en amorçant un geste pour se lever
- Artwood, tu poses tes fesses de suite, et tu restes, intervint Drago d'un ton menaçant.

Dorea dévisagea le jeune homme, puis se rassit en se formulant la promesse qu'il allait le lui payer et pas qu'un peu.

- Alors, Sanders ? fit Davis en se tournant vers la sixième année.
- Je dirais Drago, dit-elle en caquetant et en lançant un coup d'œil en coin à l'intéressé.

Dorea ferma les yeux, tâchant de garder son calme. Ce jeu promettait d'être long, très long…

- Ah oui, et quand ? s'intéressa Davis.
- Une seule question à la fois Tracey, rétorqua le blond.

Lorsque la rousse rouvrit les ses pupilles, elle vit Drago lui jeter un regard d'excuses, qu'elle ignora.

Dix minutes passèrent pendant que les questions défilaient, toutes plus grivoises les unes que les autres et quelques actions osées pour les plus courageux.

Ce fut au tour d'Henry de tourner la bouteille lorsqu'elle se suspendit devant Drago, une deuxième fois.

- Alors mec, vu que t'a déjà choisi vérité, et on était très heureux d'apprendre que ta plus grande peur, c'étaient les clowns.

Quelques élèves s'esclaffèrent pendant que le jeune homme plissa le nez de dégoût.

- Tu n'as plus le choix et tu dois prendre une action, à présent.
- Et qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-il avec une moue rebutée.
- Déclare ta flamme à la personne que tu aimes le plus ici.

Dorea sentit confusément son cœur faire une embardée quand elle aperçut Drago lui braquer une œillade discrète avant de se tourner vers Blaise à sa gauche.

Il se mit alors à genou devant son ami, plaqua ses deux mains sur sa poitrine, et acquit une expression mièvre, qui fit rire la plupart des serpentards.

- Ô mon Blaise, Ô mon amour, je suis transit à l'idée de te tenir dans mes bras et pouvoir te démontrer mon désir qui consume mes entrailles à ton égard !

Tout le monde éclata de rire, y compris Blaise et Drago qui reprit place en tailleur.

Drago tourna la bouteille à son tour qui s'arrêta juste devant Dorea.

- Artwood, dit le jeune homme en se frottant les mains d'anticipation, action ou vérité ?

Dorea jaugea, avec mépris, le garçon qui lui faisait office de petit ami, ne souhaitant pas lui donner satisfaction.

- Vérité, répondit froidement Dorea.
- Avec combien de garçons aies-tu sorti ?
- Jusqu'ici ? questionna Dorea en haussant les sourcils.
- C'est bien ça, affirma Drago.
- Oh… Eh bien… - elle fit mine de réfléchir - un seul.
- Et c'était comment ? sourit Drago malgré lui
- Je croyais que l'on avait droit qu'à une seule question.
- Allez répond ! insista Daphné, un brin agité.

Tout le monde approuva avec un intérêt non dissimulé. Dorea plongea ses prunelles dans celle de son petit-ami, arborant un air insurgé et un sourire perfide.

- Je dirais plutôt fadasse… Ça ne m'a pas vraiment marqué. Et c'était assurément un emmerdeur de première ! Bref, sans réel intérêt. D'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi tout le monde faisait toute une histoire de ses capacités « sexuelles », dit-elle en imitant les guillemets.

Tout le monde comprit soudainement qu'elle parlait du jeune Malefoy, puisqu'il était de notoriété publique qu'ils soient sortis ensemble au début de l'année. Les élèves autour d'eux éclatèrent d'un grand rire tandis que le sourire de Drago s'affaissa affichant une expression furax. De ses lèvres, Dorea comprit les mots silencieux « Je vais te tuer », accompagnant sa menace en tranchant sa gorge d'un index. Dorea sourit de plus belle, l'œil brillant d'insolence et d'impudence.

Quand tout le monde se calma, Dorea se pencha vers la bouteille et la tourna. Quelques minutes passèrent où la bouteille s'arrêta devant quelques élèves, de plus en plus amusés par le jeu. Enfin, elle désigna Pansy Parkinson.

- Parkinson, embrasse le garçon de ton choix, ici présent, fit une élève de septième année.

Dorea cessa de respirer quand elle vit la brune se pencher sans attendre vers le blond à ses côtés, et l'embrasser à pleine bouche. Le cœur de la jeune fille se brisa en mille morceaux, voyant que le jeune homme y répondit et elle aperçut le regard navré que lui lançait Daphné, Blaise et Théo. Une envie de vengeance la prit, espérant qu'elle en aurait l'occasion.

La bouteille passa de Bulstrode, puis de Bulstrode à Daphné et bien heureusement de Daphné à Dorea. La blonde sourit d'un air mutin à son amie, lui donnant cette chance de pouvoir rendre la pareille à Malefoy.

- Ma chère Dott', embrasse le garçon de ton choix, ici, présent.

Dorea et Daphné échangèrent un regard de connivence, puis la rousse se leva, se dirigea vers Drago en face d'elle, seulement elle s'agenouilla face à Blaise, ce dernier réprimant un rictus réjouit et jubilatoire devant le machiavélisme de sa comparse. Et saisissant le plan de cette dernière, Blaise se pencha vers Dorea, pour l'embrasser, trop content de pouvoir faire enrager son meilleur ami. Le baiser dura quelques secondes, mais qui sembla une éternité pour Drago, alors que les autres applaudissaient et acclamaient le nouveau couple.

Lorsqu'ils se séparèrent, ils perçurent un craquement de phalange sur leur côté et virent les yeux de Drago s'assombrirent de colère non feinte.

Puis Dorea se remit debout, enjamba la bouteille et chemina vers le passage de la salle commune.

- Bah, tu vas où ? interrogea Henry.
- C'est vraiment un jeu débile, répondit-elle en se retournant vers le groupe.

Puis elle déserta prestement la salle commune avant que la bouteille n'explose en mille morceaux, un sourire flottant sur ses lèvres, et pressa le pas pour mettre davantage de distance entre elle et les cachots. Car connaissant le caractère du jeune homme, il n'allait pas la laisser s'en tirer comme ça.

À peine eut-elle pensé cela, qu'elle perçut des pas rageurs retentirent derrière elle, dans le couloir. Elle lança un regard par-dessus son épaule, discerna Drago, à travers les torches enflammées, la poursuivre, la mine furibonde et l'air hargneuse.

Dorea accéléra son allure, courant presque.

- Artwood ! Reviens ici ! s'écria le jeune homme d'un ton frénétique.

La jeune fille l'ignora et grimpa les marches des escaliers de marbre pour se retrouvait devant la porte qui menait à la tour d'astronomie.
Elle l'emprunta, priant pour qu'il ne la retrouve, cependant quand elle atteignit les hauteurs, elle entendit la porte claquer une deuxième fois et se dit que Merlin n'était pas avec elle ce soir-là.

Étrangement, elle éprouvait une forme d'excitation devant cette situation.

Elle se détourna du paysage montagneux pour voir Drago se poster devant elle, les mains enfoncées dans les poches, signe de sa nervosité.

- Qu'est-ce qu'il t'a pris ?

Sa voix avait claqué dans l'air et Dorea se renfrogna. Comment osait-il reporter la faute sur elle ? C'était lui qui avait commencé en voulant s'adonner à ce jeu absurde.

- Toi qu'est-ce qu'il t'a pris ? cracha Dorea. Je te signale que ce n'est pas moi qui aie dû te regarder rouler la pèle du siècle à Parkinson.
- Je n'avais pas le choix !
- Tu n'étais pas obligé d'y répondre ! s'exclama Dorea. Et puis franchement, qu'est-ce que tu crois que j'ai ressenti en écoutant Davis, Parkinson ou encore Sanders vanter tes… qualités ? Qualités, si il y a !

Le visage du blond passa du tout au tout et il se détendit pour afficher une expression narquoise, le regard sensiblement brillant.

- Je ne te pensais pas aussi jalouse, Artwood, dit-il la voix légèrement rauque, en s'approchant d'elle tel un félin pourchassant sa proie.
- Je ne le suis pas, réfuta Dorea d'un ton grognon en lui tournant le dos, pour s'appuyer sur la rambarde et contempler le coucher de soleil derrière les collines écossaises.

Elle sentit Drago s'arrêtait à quelques centimètres d'elle, marquant une distance raisonnable.

- Tu sais, tu n'as qu'un mot à dire, et on peut passer tout de suite aux choses sérieuses, murmura le jeune homme dans un souffle.

Dorea se retourna promptement vers le blond, n'en croyant pas ses oreilles par sa proposition indécente. Elle se remémora sa conversation avec Daphné et quelques images apparurent dans son esprit. Dorea fronça des sourcils et toisa le jeune homme avec mépris.

- Avec ce que j'ai appris ce soir, ça ne risque pas d'arriver si tôt, répondit-elle sèchement. Et puis, je suis loin d'être disposée à avoir ce genre de conversation avec toi.

- On sort ensemble depuis près de deux semaines et on est sortie ensemble pendant un mois entier avant, je ne vois pas en quoi tu n'es pas prête ? dit Drago la moue rebutée.

- Tu es sérieux là, tu tentes de me convaincre ?! fit Dorea abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre.
- Non ! s'irrita Drago. Mais ne crois pas que notre relation va continuellement poursuivre le même schéma, un jour ou l'autre, il va falloir passer à la vitesse supérieure.
- Je n'arrive pas à croire que tu oses me dire ça ! Si tu es si pressé, va voir Parkinson. Je suis certaine qu'elle serait extrêmement heureuse d'écarter à nouveau les cuisses pour toi ! s'exclama Dorea.
- Ouais, mais il y a un sacré problème !
- Et lequel ?
- C'est toi que je veux ! répliqua le blond d'un ton glacial.

Les battements cardiaques de Dorea s'arrêtèrent aussi sec, et elle sentit sa bouche et sa gorge se dessécher.

- Sérieusement ! se récria Drago. Je ne suis pas sortie avec d'autres filles depuis Noël ! Je n'ai touché personne d'autre et toi ...
Il hésita un instant et lâcha plus abruptement :
- Toi, tu me rends dingue !

À cet instant, la jeune fille comprit que ce qu'il se passait entre eux, était un peu plus qu'une amourette d'adolescents.

Le jeune homme la poussa brutalement contre le mur, se plaqua contre elle, pour englober sa taille de ses bras et fondit sur son cou, suçotant et aspirant sa peau. Dorea se mordit la lèvre inférieure, et lâcha un soupir de bien être, fermant les yeux et se délectant de la douce torture que lui prodiguait le jeune homme.

Quand il s'éloigna, un sourire satisfait se dessina sur sa bouche, tout en regardant son cou.

- Au moins, on saura que tu m'appartiens à présent, dit-il d'un ton narquois.

La jeune fille plissa le front et porta une main à son cou, comprenant qu'il venait de la marquer d'un suçon.

- Tu n'es vraiment qu'un connard Malefoy ! Comment vais-je l'expliquer à Harry ?
- Ah Potter…, soupira le blond en levant les yeux au ciel. Il ne te posera pas la question, dit-il en haussant les épaules. Regarde comment il se comporte avec Chang. Il est aussi prude qu'une mandragore vierge.
- Espèce de … pervers !
- Oui, et tu aimes ça, si j'en crois la rougeur de tes joues et tes lèvres enflées de désir alors que je ne t'ai même pas touché à cet endroit, chuchota Drago un sourire flottant sur les siennes.

Il s'avança à nouveau vers sa petite-amie et amorça un geste pour l'embrasser sur la bouche. Seulement, elle le retint en campant ses mains sur son torse. Drago baissa la tête pour jeter un coup d'œil aux doigts agrippant sa chemise et leva les yeux vers la rousse pour arquer un sourcil.

- Laves-toi d'abord la bouche, il est hors de question que tu m'embrasses après avoir enroulé ta langue dans celle de Parkinson, dit-elle en plissant le nez l'air écœuré. Et d'ailleurs sache que je n'appartiens à personne et encore moins à un pervers tel que toi ! Tu ne me toucheras pas tant que tu susciteras l'illusion à Parkinson et toutes tes greluches que tu es libre de toutes possibilités avec elles. Soit ça, soit j'irais voir ailleurs, dit Dorea en le fixant sans ciller.

Drago contracta la mâchoire, ses prunelles devenant un peu plus orageuses.

- Tu n'oserais pas…
- Tu veux réellement tester cette éventualité ?

Le sourire de Drago revint au coin de ses lèvres.

- Tu bluff et je crois que tu me ressembles bien plus que tu ne le penses, Artwood, susurra-t-il. Tu n'es pas si prude pour une vierge.
- Va te faire voir espèce d'Albinos ! cracha Dorea.

Elle le repoussa brutalement, pour se diriger vers les escaliers et échapper à son tortionnaire.

- J'aime quand tu es farouche, rigola tout à coup Drago, s'amusant de la pudeur de la jeune fille. Tu sais, j'ai toujours rêvé de le faire dans les vestiaires de Quidditch, tu n'aimerais pas pour ta première fois ?

Dorea, qui descendait les escaliers, dressa son majeur dans un geste purement vulgaire, lui tournant le dos et avant qu'elle ne franchisse la porte pour regagner les escaliers de marbre, elle distingua son rire suintant le sarcasme et la raillerie, propre au jeune homme.


La tension monte !

Je vous dis à la semaine prochaine :)

Dame Roulia