Chapitre 30 : We push away what we can never understand

ugh

here we are


Après avoir passé quelques heures de sommeil agité où j'ai gardé George dans mes bras, je me suis réveillée avec le corps douloureux. Nous avons dormi dans un lit du dortoir de Gryffondor, avec Lee, Neville et Dubois. À mon réveil, George avait encore son nez lové dans mon cou. Le dortoir sent encore la fumée, malgré les fenêtres que nous avions laissé ouverte. J'ai vu Ron et Hermione dans l'endrament de ma porte, en me redressant sur mes coudes. Je relève un sourcil.

- Tout va bien ?

- Elizabeth, ta cheville ? me demande Hermione avec l'air de celle qui ne pose pas une question.

Son air sévère me rappelle McGonagall.

Je grimace et baisse les yeux vers ma blessure boursouflée qui pulse presque. Elle me fait terriblement mal et j'aurais sans doute dû aller voir Pomfresh il y a des heures. Pendant que nous dormions, j'étais incapable de bouger de position sans étouffer un gémissement de douleur dans le matelas.

- On y va, ordonne fermement Hermione.

Je regarde George en me mordant la lèvre, ne sachant pas si c'est vraiment la chose à faire. J'ai peur qu'il se réveille et que je ne sois pas là.

- Il dort. Je suis là, Elizabeth, me rassure Lee.

J'observe son sourire rassurant et hoche la tête. Me hissant sur un pied, j'attrape l'avant bras de Hermione. Arrivées à la hauteur de Ron, celui-ci me soulève pratiquement. Je souris malgré moi.

- Hermione ne sera pas jalouse ?

- Q-Quoi ? demande Hermione.

- Je vous ai vu vous tenir la main dans la Grande Salle.

Ron et Hermione échangent un regard complice et mon sourire s'agrandit.

- Il était temps.

Dans la salle commune, je vois Harry assoupi sur le canapé, le peu d'élèves déjà réveillés circulent autour de lui dans un silence respectueux. On dirait Blanche Neige entourée des sept nains. Je me dégage de Ron et m'avance d'un pas décidé vers le canapé avant d'attraper un oreiller et de le frapper de toute mes forces. Harry sursaute et attrape sa baguette en remettant ses lunettes sur son nez. Je pointe mon doigt vers lui, dents serrées.

- Une fois, Harry James Potter. Une seule fois tu briseras une promesse que tu me fais. Tu as peut être tué Lord Voldemort, mais je t'assure que je te tuerais de mes mains si nécessaire. Suis-je bien claire ?!

- O-Oui, bégaye-t-il en me regardant, un peu effrayé.

- Tu m'as fais peur, je soupire avec mauvaise humeur.

Il a un espèce de sourire rassuré et se relève, s'asseyant sur le canapé en passant sa main dans ses cheveux pour les coiffer un minimum.

- Et George ?

- Elle n'a pas le temps de discuter, répond Hermione à ma place. Elle doit aller à l'infirmerie. D'urgence.

Harry baisse les yeux vers ma cheville et grimace.

- En effet…

- Je ne te permets pas ! je m'exclame, outrée.

Je me laisse finalement faire par Ron et Hermione. Quand j'arrive dans l'infirmerie, Madame Pomfresh me passe le savon de ma vie. Je déconne même pas. Elle crie, m'insulte (« espèce d'idiote sans cervelle ! »), me menace (« vous voulez que je fasse en sorte que vous ne marchiez plus ? ») et fini par me désinfecter tout ça sans la moindre douceur. Le désinfectant me met les larmes aux yeux et je dois serrer les mâchoires pour ne pas gémir. Une fois chose faite, Pomfresh s'occupe de mon bras et de ma cicatrice au visage avant de se consacrer à ma cheville. Je suis rejointe par Neville et Luna, main dans la main.

- Ça se passe bien ?

- Je préférais les doloris des Carrows, je réponds entre mes dents.

- Je n'ai même pas encore fini, répond Pomfresh d'une voix menaçante.

- Achevez moi, s'il vous plaît, je murmure.

- Vous n'aviez qu'à venir avant ! s'exclame-t-elle.

- Voldemort était là, avant, Madame Pomfresh ! je réplique.

Elle me lance un regard de tueuse en série et je préfère détourner les yeux. La meuf est devenue Méduse en 24h. Après, je vous avoue que vu les cernes qu'elle a sous les yeux, c'était certain.

- Elizabeth, tu devrais peut être aller voir ton père.

- Mon q-quoi ? je réponds en regardant Neville avant que Pomfresh enlève le morceau de bois sèchement et que je pousse un cri de douleur.

Neville grimace. Luna regarde avec un vague intérêt puis me sourit :

- J'ai vu Papa tout à l'heure. Ça lui a fait plaisir. Neville et moi on s'est dit que ton père serait sans doute content de te voir.

- Non, George…

- George a sa famille, répond une voix douce.

Je me crispe et regarde Madame Weasley qui est dans l'encadrement de la porte de l'infirmerie. Elle a l'air d'avoir pris vingt ans. Ses yeux sont rouges et gonflés de tristesse et de fatigue. Je constate qu'elle a eu le temps de mettre des vêtements propres, mais que son visage est encore sale de suie.

- Je suis désolé, je ne voulais pas vous réveiller, et ce n'est pas ce que je voulais dire…

- Je sais, me dit-elle avec douceur, s'approchant de mon lit et prenant ma main. Mais tes cris sont entrain de réveiller tout le château. Ne t'excuse pas, Elizabeth. Mais, ne me force pas à crier, je suis fatiguée. Si tu refuses d'aller voir ton père, je vais devoir te forcer et je n'ai plus l'énergie.

- T-très bien, je réponds en hochant la tête.

Molly reste près de moi pendant que Pomfresh me soigne ma cheville, et me met un plâtre. Mrs Weasley caresse ma joue avec douceur, en silence. J'ai envie de pleurer, mais trouve ça déplacer et me contente de regarder le plafond.

- Je t'avais dis d'être prudente, dit froidement une voix.

- Mycroft, je souffle en fermant les yeux. Vous arrivez en retard.

Je sens Molly reculer et j'entends Mycroft lui souffler ses condoléances. Quand j'ouvre les yeux, je vois Mycroft et Kingsley à mon chevet.

- J'espère que vous avez une bonne excuse, je dis à Mycroft.

- Il en a une ! sourit Kingsley. Il a arrêté Ombrage.

Quoi

- … Avec votre baguette et tout ?

Je veux me redresser mais la poignée ferme de Pomfresh m'oblige à me rallonger. Mycroft regarde ma cheville avec un dégoût très affiché.

- Tu penses être la seule capable de jeter de sorts ? me demande Mycroft avec dédain.

- Entre vous et moi ? Oui.

- Mycroft est venu vous chercher, Elizabeth.

- C'est bien son genre, je réponds avec un sourire, malgré moi.

Irréel. Tout cela est irréel. C'est fini. Je vais revoir Papa, Sherlock et Rosamund. Et pourtant, Fred, Tonks, Lavande, Colin et tellement d'autres sont morts. C'est fini. Il n'y a pas de retour en arrière, pas de seconde chance. C'est fini.

Je n'arrive pas à penser à Rogue. Mes émotions sont tellement partagées, tiraillées et confuses que je mets juste le souvenir du Maître des potions loin dans ma mémoire.

Pomfresh termine ENFIN et me regarde avec désapprobation.

- J'aurais dû vous couper la jambe.

- J'ai toujours voulu avoir une canne, je réponds d'un ton mauvais.

D'un geste de sa baguette, elle attire une béquille qu'elle pose sur le lit.

- Il faudra vous contenter de ça.

Je me tire hors du lit, explique à Mycroft que j'arrive dans quelques minutes et retourne dans la salle commune. Sur ma route, je croise Ginny à qui j'explique où je vais et lui demande de le dire aux autres. Elle me souhaite bon courage. Je réalise qu'en effet, j'en aurais sans doute besoin. Je retourne dans la salle commune, constatant maintenant l'état de celle-ci. Des oreillers sont déchirés, le canapé où était allongé Harry est le seul survivant, des débris de verre et de pierres jonchent le sol. Je regarde la salle commune quelques instants puis vais dans le dortoir où je dormais.

Un petit courant d'air rempli la pièce d'une odeur de bois brûlé. Lee Jordan et Dubois parlent à voix basse. Je les salue d'un signe de tête. Je m'assois dans le lit où George est couché, regardant le mur avec des yeux vides.

- George, je souffle.

- Mmh ? dit-il sans lever les yeux vers moi.

- Je vais aller voir mon père, et Sherlock. Je reviens demain matin.

- Ok.

Il ferme les yeux, m'indiquant que je peux sortir. Je me crispe mais obéis et sors de là. Je retrouve Mycroft au pieds des escaliers du hall, ceux-ci sont pulvérisés. Mycroft observe le château et je vois une émotion dans son regard mais je ne saurais dire laquelle.

- Fiancée, mmh ? me dit-il sans me regarder.

- Combattant, mmh ? je rétorque en le suivant à petits pas.

Nous traversons le parc détruit de parts et d'autres. Mycroft regarde autour de lui.

- Je savais que le ministère serait désert, ou presque. Il ne resterait que les gens qui n'ont pas réellement prêtés allégeance à Voldemort.

- Donc vous êtes allez vous battre ? je demande, encore surprise.

- J'ai accompagné quelques aurors, marmonne-t-il à demi mot.

Je souris en coin.

- Donc vous êtes venu me chercher ?

- Je voulais… vérifier que tu sois en vie.

Je me crispe. Il est vrai que l'inverse était une possibilité. Je n'ose pas imaginer Mycroft constatant ma mort et devant aller annoncer la nouvelle à mon père.

Une fois sortit du château, Mycroft prend mon bras et transplane. Nous arrivons dans une chambre d'hôtel somptueuse. Je vois à la fenêtre le centre de Londres. Je suis prise d'une vague de nostalgie inattendue en retrouvant ma ville. Je devine que c'est là que Mycroft a vécu ces dernières semaines.

- Je rentre seule, je dis à Mycroft sans lui accorder un regard. Merci d'être venue me chercher, Mycroft.

- Elizabeth ?

Je fais volte face. Mycroft est dans un costume impeccable, seule une petite entaille à son sourcil indique qu'il a combattu quelqu'un.

- Je suis soulagé, m'avoue-t-il.

- Moi aussi, je réponds avec un sourire. Je suis soulagée.

Je pourrais le prendre dans mes bras, mais je pense que ça gâcherait ce beau moment. Je pense que ça le mettrait très franchemet mal à l'aise. Je comptempler son expression adoucie et la grave dans ma mémoire.

Je sors de la chambre d'hôtel et constate qu'il est situé dans une rue je ne reconnais pas. Fort heureusement, j'aperçois assez vite la station de métro à proximité, et reconnais celle-ci. Je suis condamnée à marcher jusque là, n'ayant ni d'argent, ni assez d'énergie pour transplaner.

Je suis contente de voir Mycroft et lui exprimerai ma reconnaissance en temps voulu. Pour le moment, je suis juste concentrée à l'idée que je vais revoir Papa, Sherlock et Rosamund. Je suis, malheureusement, de l'autre côté du centre ville, mais j'ai une idée en tête.

J'arrive enfin devant le bâtiment de Scotland Yard, espérant que Lestrade n'ait pas eu une reconversion professionnelle en tant que vendeur de donuts. Je monte les escaliers, remerciant silencieusement ma béquille. J'arrive à son bureau et frappe à la porte.

- Entrez ! répond-il, la bouche pleine.

J'ouvre lentement la porte, ignorant mes mains tremblantes d'appréhension. J'espère que malgré mon visage écorché, mes cheveux ayant repoussé un peu n'importe comment, mon bras couvert de bandage et ma cheville plâtrée, l'Inspecteur trouvera de quoi prétendre qu'il retrouve la bonne vieille Elizabeth. Lestrade lâche sa tasse de café qui s'éclate au sol, me regardant bouche bée. Je referme la porte en murmurant.

- Reparo.

Lestrade ne voit même pas sa tasse se réparer. Je me baisse pour la reposer sur le bureau.

- Mmh… La guerre est finie. Je me demandais si vous pouviez me ramener à la maison..

Lestrade se lève précipitamment et me soulève dans ses bras. Genre, réellement. Le bougre me soulève de quelques centimètres. Je rougis mais réponds à son étreinte, ignorant mon bras un peu douloureux.

- T-Tu… vas bien ?

- Honnêtement… je ne sais pas, je réponds en reculant.

- Je.. je vais te ramener à Baker Street, dit-il précipitamment en attrapant sa veste et les clefs de sa voiture. Tu peux descendre les escaliers seule ? Tu veux de l'aide ?

- Vous allez me porter ? je demande, outrée.

- … je devrais ? dit-il avec hésitation.

- Non !

Lestrade hoche la tête et m'amène à sa voiture, lançant des regards mal à l'aise à mes blessures. Il semble brûler de curiosité mais incapable de demander quoique ce soit.

- Il…. Le méchant sorcier, il est mort ?

- Oui, Gregory, il est mort.

J'ai un espèce de sourire amusé. Je m'assois dans la BM de Lestrade en réalisant que ça fait des mois depuis que je me suis assise dans une voiture. Je lutte contre l'envie de fermer les yeux, regardant le paysage londonien dans la douceur de mai. Je vois que la plupart des moldus ont vécu une vie normale, sans doute surpris par les disparitions de plus en plus nombreuses. Cela fait bizarre. J'ai l'impression d'avoir vécu dans une dimension parallèle. J'imagine, qu'au fond, le monde sorcier est un peu une dimension parallèle. Lestrade s'arrête dans Baker Street. Je reste assise.

- Elizabeth ? m'appelle-t-il.

- Ils vont bien ? je demande d'une voix rauque.

- Oui… Rosamund marche. Elle parle. Beaucoup. Elle passe pas mal de temps avec Molly et Mrs Hudson quand ton père et Sherlock sont en enquête. Sherlock et John vont bien… ils ont parfois des trous de mémoire qu'ils ne comprennent pas… forcément.

J'hoche rapidement la tête.

- Je vais devoir y aller, j'imagine?

- Oui, me dit-il doucement, me frottant l'épaule.

Je sors de la voiture et regarde le Speedys à moitié vide, quelques personnes sont attablés et sirotent un thé en grignotant quelque chose sur le côté. Peut être que je peux juste rester au Speedy's quelques heures et rentrer au château après.

Non.

Je dois y aller.

Je m'avance vers le numéro 221 et frappe à la porte en entendant mon cœur battre, comme si mon cœur s'était resitué dans mon crâne. Mrs Hudson m'ouvre la porte et je lui offre un sourire éblouissant, prête à la prendre dans mes bras. Je vois son visage se décomposer et elle fond en larme. Je lui fais silencieusement signe de se taire.

- Tout va bien, je lui murmure avec douceur. Je vais bien. Je vais aller voir Papa et Sherlock, maintenant. Ils sont là ?

Elle hoche frénétiquement la tête, pleurant en silence. Je lui souris et monte les escaliers à peine éclairé. J'inhale profondément l'odeur de poussière, de tabac, et de earl grey. Les escaliers craquent sous mes pieds, et chaque bruit est un délice à mes oreilles. Je frappe à la porte de l'appartement et l'ouvre sans attendre de réponse. J'entends un ronron que je reconnais, et prends mon chat qui se frotte à moi avec affection.

- Le seul Voldemort respectable, c'est toi, je lui chuchote en embrassant son front.

Je le pose au sol et croise le regard glacé de Sherlock qui me fixe avec méfiance. Il tient son violon et son archet dans ses mains, portant sa robe de chambre bleu foncée. Je vois aussi Papa entrain de donner à manger à Rosamund qui est assise dans sa chaise pour enfant. Rose tourne le dos à l'entrée. Papa s'est arrêté, cuillère en main, pour me regarder.

- Qui êtes vous ? demande John Watson.

- Mrs Hudson vous a laissé monter sans vous annoncer ? demande Sherlock avec méfiance.

- Je suis une vieille amie, je réponds en prenant lentement ma baguette de ma poche.

- D'où venez vous ? demande Papa en se levant lentement.

Je ne me suis pas changée. Je porte mon uniforme, déchiré et brûlé de partout. L'écharpe de Sherlock pendant tristement à mon cou.

- Où avez-vous eu cette écharpe ? demande Sherlock.

Je vois les yeux bleus du détective observer les miens puis ceux de Papa, fronçant les sourcils.

- Retirez votre main de votre poche ! ordonne mon père .

- Ça fait beaucoup de choses à la fois, je réponds doucement en sortant doucement mes mains de derrière mon dos.

Sherlock voit ma baguette et ses yeux s'écarquillent, attrapant aussitôt son arme.

- Finite.

Je vois leurs regards à tous les deux se voiler un instant. Au même moment, Rosamund a réussi à tourner la tête vers moi.

- Beth !

- Oh mon cœur, je réponds avec soulagement, laissant tomber ma béquille et boitillant vers elle.

Je la détache et la serre dans mes bras, écoutant ses joyeux babillements qu'elle raconte au creux de mon oreille. Lorsque nous faisons volte face, Sherlock et Papa nous fixent. Papa a les yeux rouge et respire de façon saccadée. Sherlock est sans voix, ce qui est dire.

- Voldemort est mort, j'annonce en souriant à Rosamund. C'est fini. La guerre est finie.

Papa s'avance lentement vers moi. Il me prend doucement Rosamund des bras et la pose au sol. Il caresse ma joue saine avec douceur, passant sa main dans mes cheveux courts. Lentement, méthodiquement, il prend mon avant bras, passant ses doigts sur ma blessure avec délicatesse. Prenant ma main, il regarde la bague plusieurs secondes avant de lever les yeux vers moi, écarquillés. Je lui souris sans parler. Il me prend dans ses bras, sans un mot. Longuement. Et je sens mon soulagement laisser place à une tristesse infinie, à une colère sans fin, et je fonds en larme dans ses bras. Je sens mes jambes se dérober sous mes pieds et Papa m'empêche de tomber, me gardant fermement contre lui.

J'entends la porte d'entrée s'ouvrir et Mrs Hudson demande quelque chose à Sherlock que je suis incapable d'entendre. Mrs Hudson va dans la cuisine et elle prépare la bouilloire. Papa me garde dans ses bras une bonne dizaine de minutes, et c'est moi qui prends l'initiative de me reculer en reniflant bruyamment. Je regarde Sherlock et lui souris timidement, lui montrant l'écharpe.

- Tu veux que je te la rende ?

Sherlock est impassible, mais son regard trahi une grande compassion et un peu d'inquiétude. Je m'approche et il me prend dans ses bras de lui-même.

- Tu es vraiment une idiote et une gamine agaçante, me dit-il avec douceur.

- Tu m'as manqué.

- Elizabeth, me souffle Papa. Je ne…

- J'ai beaucoup de choses à raconter, je murmure en me reculant des bras de Sherlock.

- Je pense que tu devrais attendre que Lestrade nous rejoigne, m'interrompt Sherlock. Il est encore dans sa voiture et attend que l'on invite.

- Je vais le chercher ! s'exclame Mrs Hudson en descendant les escaliers.

- Comment tu as fais ? je demande à mon père, les larmes aux yeux. Comment tu as fais pour aller mieux ?

Papa a un sourire désespérément triste. Lestrade et Mrs Hudson nous rejoignent. Sherlock me serre mon thé et me le tend en frottant doucement mon épaule. Quand elle remonte, Mrs Hudson va me chercher des vêtements propres. Lestrade annonce qu'il va commander des pizzas. Je suis assise à table, regardant dans le vide, gardant Rosamund sur mes jambes. Papa est assis face à moi. Je tourne la tête vers lui et sens mon cœur se serrer quand je vois son expression inquiète et les expressions concernées que Sherlock et lui échangent.

C'est le début d'un nouveau chapitre, je le sens.


J'ai un peu les larmes aux yeux. Ca fait tellement longtemps que j'écris cette fic, je m'étais dis mille fois que je serais incapable de la terminer. Je voulais vous remercier pour votre fidelité, pour vos reviews, pour votre présence, et pour avoir été indulgen avec moi. Quand j'ai (ré)écris le premier tome, j'avais 14 ans. Beaucoup de chose se sont passées, j'ai eu un chiot, mon diplôme, mon année au Canada, mes études en droit. Ecrire cette fic a été une constante, quelque chose de rassurant.

J'ai 21 ans dans un mois. Et si j'évite de raconter sous tous les toits que j'écris des fanfics, ce n'est pas quelque chose dont j'ai honte. Ecrire me fait énormément de bien, c'est pour ça que je sais que cette aventure n'est pas finie. J'ai écris une suite (qui est déjà bien avancée), que je publierais dans quelques semaines. Je vais faire une petite pause. Je sais que je n'ai pas été la plus régulière et je vous demande pardon pour ça.

Encore merci pour tout. On se revoit vite 3