Note : Bouh ! Si vous vous demandez pourquoi je mets autant de temps pour la suite, c'est parce que je bloque sur la première tâche… mais en fait j'ai ce chapitre-ci depuis un moment que j'ai « oublié » de vous partager. Du coup voilà !
Bonne lecture à tous et merci du fond du cœur d'aimer A l'école des sorciers. Cette fanfiction est super importante pour moi car c'est celle dans laquelle je me suis le plus investie jusqu'à maintenant alors je suis super touchée par tous vos gentils commentaires. Bonne lecture à tous !
Chapitre 25 : Métamorphoses, et hérisson blanc
...
Tamao prit une grande respiration et poussa la porte de la bibliothèque. Comme la dernière fois, Hao l'attendait bien en vue près des fenêtres. Il avait le coude posé sur la table, la tête appuyée dans sa main et le regard fixé sur les feuilles volantes au dehors.
Elle s'approcha timidement, sortit ses affaires de son sac et s'assit sur la chaise à côté de lui. Hao ne bougea pas, ne lui accorda pas un seul regard, pourtant Tamao était persuadée qu'il savait qu'elle était là.
Elle tira vers elle le devoir de métamorphoses qu'elle devrait rendre le lendemain au professeur Tepes ainsi que du parchemin vierge, encra sa plume et attendit. Hao ne bougeait toujours pas et le silence commençait à devenir pesant. Bien qu'elle ait la gorge sèche, Tamao réfléchit à dire quelque chose mais ne savait pas quoi.
— Bouh, chuchota soudain Hao en tournant la tête vers elle.
Tamao sursauta violemment et tâcha sa copie. Hao se fendit d'un rictus et la dévisagea avec amusement. Elle ne trouvait cependant rien de drôle à cela. Son cœur s'était brusquement emballé et elle avait désormais les doigts crispés autour de sa plume pour les empêcher de trembler.
Hao toucha son devoir de métamorphoses, là où l'encre avait bavé, et cette dernière se résorba, laissant sa copie aussi propre qu'elle l'était quelques secondes auparavant.
Tamao frissonna. Le voir à l'œuvre était… déroutant. Elle avait beau savoir certaines choses sur ce dont il était capable, en avoir la démonstration était stupéfiant. Cela semblait tellement facile, tellement naturel…
Elle tourna soudain la tête pour regarder autour d'eux, mais ils étaient cachés à la vue des autres élèves par les rayons de livres. Seul Damayaji qui travaillait à son bureau pouvait avoir vu Hao user de magie sans baguette.
Sur ce sujet, elle s'attendait d'ailleurs à ce que Jeanne pose un certain nombre de questions, après ce qu'il s'était produit lors du club de duels. Mais étrangement elle n'avait rien demandé. Pourtant les sorciers capables d'invoquer un charme du bouclier informulé étaient peu nombreux, alors sans baguette… c'était étonnant que cela ne l'ait pas interpelée, mais peut-être que ses souvenirs de l'épisode étaient flous à cause du vol plané qu'elle avait fait. Elle-même aurait simplement déduit que Hao avait dégainé très vite si elle n'était pas au courant de ses réelles capacités.
— Tu t'inquiètes pour moi ? la ramena à la réalité Hao.
Tamao piqua un fard en comprenant ce qu'il sous-entendait. Non, bien sûr que non elle ne s'inquiétait pas. Hao savait ce qu'il faisait. Il se passait de sa baguette quand il savait qu'il pouvait le faire et elle n'avait pas besoin de vérifier pour lui que personne ne l'avait vu. Elle avait juste été surprise.
— Contrairement à la dernière fois, reprit le septième année après quelques instants, je te propose de simplement analyser ton devoir et de te laisser le retravailler seule par la suite. J'aimerai qu'on consacre surtout du temps à la pratique.
Tamao déglutit. Sur le principe, c'était une très bonne idée. Mais l'idée de pratiquer avec Hao était vraiment, vraiment très stressante.
La première demi-heure se déroula comme la séance d'étude qu'ils avaient déjà passée ensemble. Ils se penchèrent ensemble sur son devoir et Hao pointa toutes les incohérences, les points à améliorer, les paragraphes à modifier… Tamao notait consciencieusement tout ce qu'il lui disait soit sur un parchemin à côté, soit directement sur sa copie.
Trop vite, Hao déclara qu'ils en avaient terminé avec la théorie et se leva. Ils devaient changer d'endroit pour la pratique, l'usage de sortilèges étant formellement interdit dans la bibliothèque. Avec une lenteur délibérée, Tamao se mit à ranger ses affaires. Jeanne lui avait dit qu'elle les rejoindrait après son cours de vol, mais s'ils allaient ailleurs elle ne les trouverait pas. Peut-être pouvait-elle lui laisser un mot ? Un manuel de métamorphoses sur la table avec un parchemin indiquant où ils se rendaient. Mais cela impliquait de demander à Hao où il avait l'intention de les emmener et de le mettre au courant pour Jeanne.
Elle jeta un rapide coup d'œil dans sa direction et s'empourpra face à son sourire narquois. Il avait compris qu'elle essayait de gagner du temps.
— Un problème ? demanda-t-il d'un air moqueur.
— N-non… balbutia-t-elle par réflexe.
Avant de se maudire de n'avoir pas répondu « oui ».
— Tu viens ?
Il commença à s'éloigner et Tamao n'eut d'autre choix que de le suivre. Ils passèrent devant le bureau de Damayaji et atteignirent la sortie de la bibliothèque.
— Ah je… j'ai oublié…
Hao avait déjà passé la porte et Tamao commença à paniquer. Elle cherchait une idée à toute vitesse sans en trouver. Elle voulait gagner du temps mais le cours de Jeanne devait à peine se finir. Depuis le terrain de Quidditch, toutes les astuces du monde ne permettraient pas de les retenir sur place jusqu'à ce qu'elle arrive.
— De laisser un mot à Jeanne pour lui dire où nous rejoindre ? proposa Hao avec un air faussement affable.
Tamao se mit aussitôt sur la défensive et lui lança un regard de reproches.
— Tu t'apprêtais à me mentir, fit valoir Hao.
Certes… mais cela ne lui donnait pour autant pas le droit de lire dans ses pensées.
— Je t'attends dans la salle de classe d'en face, reprit Hao en tournant des talons pour se diriger vers la porte de l'autre côté du couloir.
Tamao marcha rapidement jusqu'à la table la plus proche, griffonna un mot pour Jeanne et le laissa en évidence.
Quand elle rejoignit Hao dans la salle de classe, il était assis sur le bureau, la tête rejetée en arrière et les yeux fermés. La ressemblance avec Yoh fit à Tamao l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Elle le voyait sans peine, assis dans l'herbe, à profiter de l'instant comme il savait si bien le faire. Yoh pouvait passer une après-midi entière à regarder la rivière sans bouger, sans frémir.
Changée en statue, Tamao resta dans l'encadrement de la porte, les bras serrés autour de son sac, les yeux fixés sur Hao. Elle détaillait sa gorge, son visage, ses cheveux. Il avait les cils plus longs que Yoh. Plus noirs. Plus marqués. La bouche plus…
Elle secoua brutalement la tête en réalisant ce à quoi elle était en train de penser, entra dans la classe et referma la porte derrière elle. Hao bougea au couinement des gonds.
— Tu as bien détaillé le chemin à Jeanne pour qu'elle ne se perde pas ? se moqua-t-il.
Tamao préféra ne pas répondre.
Elle posa son sac sur une table et se tourna vers lui.
— Tu vas avoir besoin de ta baguette, fit-il remarquer.
Effectivement…
Elle récupéra sa baguette magique dans son sac et s'approcha du bureau, tout en gardant une distance de sécurité plus que respectable. Hao tira la sienne de sa manche et Tamao dut faire appel à toute la force sa volonté pour ne pas reculer.
Un sourire inquiétant s'étira sur les lèvres du Serpentard. Il exécuta un léger mouvement du poignet et un hérisson apparut sur la table la plus proche de Tamao.
— Tu m'en fais une jolie pelote d'épingles ? lui suggéra Hao.
Tamao déglutit et se tourna vers le hérisson. Ce dernier leva le bout du nez vers elle et à l'instant où elle le regarda dans les yeux elle sut qu'elle n'y arriverait pas. Elle fit le mouvement, prononça la formule et regarda le hérisson geindre avant de lui tourner le dos. Il ne s'était absolument rien passer.
— Mou et sans conviction, il va falloir faire un peu plus d'efforts, commenta tranquillement Hao.
Elle savait qu'il avait raison mais ses mots la transpercèrent malgré tout comme une aiguille. Elle aurait donné cher pour ne pas se trouver dans cette salle de classe lugubre en présence de cet intransigeant professeur.
Le deuxième et troisième essai ne donnèrent pas plus de résultats mais la quatrième fois elle réussit à mettre un peu plus d'énergie dans sa voix et le hérisson vira au rouge.
— C'est le mouvement qui pose problème, l'interrompit Hao avant qu'elle ne réessaie. Tu n'oses pas dessiner avec ta baguette.
Tamao ne comprit pas ce qu'il entendait par là mais Hao venait de se lever et s'approcha d'elle. Il se positionna dans son dos et sortit sa propre baguette qu'il tendit près d'elle. Tamao sentit ses joues la brûler et s'efforça de ne pas penser à sa présence derrière elle. Elle devait concentrer toute son attention sur la baguette qu'il tenait sous ses yeux.
— Voici ce que tu fais, déclara-t-il en imitant mollement le sortilège en tournant à peine le poignet. Et voici ce que tu dois faire.
Cette fois-ci le geste était vif, précis, grand. Tamao sentit le bras de Hao vibrer contre le sien.
— Essaye.
Tamao déglutit et essaya de reproduire ce que Hao venait de lui montrer, mais sa main tremblait. Hao rit et Tamao sentit ses joues cuire encore plus qu'elles ne le faisaient déjà.
Il fit disparaître sa baguette dans la manche de sa robe de sorcier et referma ses doigts autour de ceux de Tamao. Ils étaient chauds, brûlants même. Cette fois-ci, Tamao ne put faire abstraction de la poitrine du Serpentard dans son dos, des mèches de cheveux noirs qui lui glissaient sur les joues ou même des vibrations de sa voix au creux de son oreille.
Lentement, Hao dessina le mouvement avec la main de Tamao, la guidant fermement.
— C'est ton poignet qui doit tourner, pas ton bras. Lui doit rester stable.
Tamao avait beaucoup de mal à se concentrer sur ce que lui disait Hao tout en maîtrisant les battements de son cœur qui allait à cent à l'heure. Faites qu'il ne l'entende pas, qu'il ne se rende pas compte…
Mais c'était Hao. Forcément, il devait s'en rendre compte… et il devait en jouer.
— Tamao, qu'est-ce que je viens de dire ? susurra-t-il au creux de son oreille.
— De… de ne pas… bouger… mon b-bras, répondit-elle avec peine.
Elle était persuadée que ses oreilles devaient être aussi roses que ses joues, aussi roses que ses cheveux.
— Hm… et ? insista Hao.
Elle ne le voyait pas mais elle le sentait sourire. Diabolique.
— Mon poignet, dit-elle dans un souffle.
— Oui, ton poignet, reprit Hao en laissant ses doigts glisser de sa main jusqu'au dit poignet.
Il lui imprima une torsion et, tout en ayant une conscience aiguë de la peau de Hao contre la sienne et de son souffle près de son oreille, elle regarda attentivement sa baguette tourner entre ses doigts.
— Tu vois la différence comparée à tout à l'heure ?
Tamao crut qu'elle allait défaillir quand, brusquement, la porte de la salle de classe s'ouvrit.
Un courant d'air frais vint lui chatouiller les cheveux et elle prit une grande inspiration. Dans son dos, Hao se recula significativement sans lâcher son poignet. Ça n'avait l'air de rien mais elle parvenait déjà mieux à respirer.
Un coup d'œil en arrière vers la porte de la salle fit rater un battement à son cœur.
Jeanne était là, comme elle l'avait promis. Les joues rosies par le froid ou par la course, les cheveux éparpillés tout autour de son visage, une écharpe blanche lui couvrant presqu'entièrement la bouche.
— Jeanne, la salua Hao d'une voix moqueuse. Tamao m'a prévenu que tu te joindrais à nous. Tu viens t'assurer que je ne l'ai pas mangée ?
Jeanne le foudroya du regard mais ne daigna pas répondre. Elle referma la porte derrière elle, laissa tomber son sac de cours et s'avança jusqu'à eux.
Hao se tourna vers elle et, se faisant, entraîna Tamao avec lui, si bien qu'elle se trouvait désormais face à Jeanne, sa baguette brandit vers elle. Hao lui fit répéter le geste du sortilège du poignet avec une redoutable précision.
— À quoi tu joues ? s'énerva Jeanne. Lâche-là !
Hao obéit et libéra Tamao, à sa grande surprise.
— Avec ces cheveux-là je t'ai prise pour un hérisson. Je me suis dit que tu ferais une très jolie pelote d'épingles, railla-t-il en se décalant sur le côté.
Les yeux de Jeanne rougeoyèrent et Tamao déglutit. La colère de son amie avait beau ne pas être dirigée contre elle, Tamao la trouvait… terrifiante. Et ce malgré le fait qu'elle avait le visage à moitié mangé par son écharpe.
Jeanne ouvrit la bouche pour riposter et Tamao comprit que, si elle ne voulait pas que sa cadette se retrouve de nouveau projetée à l'autre bout de la salle, il fallait qu'elle intervienne.
— Donc, essaya-t-elle de les couper d'une voix étouffée en se retournant vers le hérisson. Comme ça ?
Elle tenta de reproduire au mieux le geste que lui avait montré Hao.
Comme ils restaient silencieux l'un et l'autre, elle osa lever un regard interrogateur vers son professeur qui fixait Jeanne avec un sourire provocateur. Il se tourna vers elle, reprit son poignet dans ses mains en restant à côté d'elle — et non derrière — et refit correctement le geste.
Tamao retint son souffle en sentant Jeanne bouger mais cette dernière ne dit rien. Elle vint juste se poster à de l'autre côté de la table sans lâcher Hao des yeux une seule seconde, mais attirant la curiosité du hérisson.
— Réessaye toute seule, lui intima Hao.
Tamao se concentra. Plus vite elle en aurait fini, plus vite elle pourrait séparer la Gryffondor et le Serpentard. Elle trouva qu'elle avait plutôt bien reproduit ce que Hao lui avait montré, à tel point que ça n'avait plus rien à voir avec le mouvement timide qu'elle faisait en début de séance. Hao dut parvenir à la même idée.
— La même chose sur le hérisson à présent, déclara-t-il. Celui qui est sur la table, pas debout derrière.
— Je ne suis pas un hérisson, rétorqua Jeanne, furieuse.
Tamao essaya tant bien que mal de faire fi des deux autres pour s'appliquer. Un instant plus tard, le hérisson se recroquevillait sur lui-même pour prendre l'apparence d'une belle pelote d'épingles. La jeune fille laissa échapper un « oh » de stupéfaction et ouvrit de grands yeux.
C'était la première fois… la toute première fois qu'elle réussissait ce sortilège.
— J'ai… j'ai réussi, murmura-t-elle sans quitter des yeux la pelote d'épingles.
Elle lâcha sa baguette qui tomba sur la table dans un bruit mat et, mettant ses mains en coupe, voulut ramasser la pelote d'épingles. Au dernier moment, cette dernière fit un saut en avant et manqua de justesse de dépasser le bord de la table pour atterrir sur Jeanne, laquelle poussa un petit cri surpris.
Près d'elles, Hao éclata de rire.
— Ce n'est pas encore tout à fait ça, mais il y a de nets progrès.
Tamao sentit une boule de chaleur se répandre dans sa poitrine. Elle n'en revenait pas d'être parvenue à ce résultat. Et même si sa pelote d'épingles était vivante, cela n'en restait pas moins une pelote d'épingles.
Hao retransforma la pelote en hérisson et lui proposa de recommencer. Avec un grand sourire et une confiance qu'elle ne se connaissait pas, Tamao refit deux-trois fois le mouvement en l'air pour se l'approprier. Hao lui attrapa délicatement le poignet pour la corriger et l'infléchir correctement.
— Plus grand en tournant, plus vif à la fin, commenta-t-il en la guidant. Ose faire de grands mouvements. Et articuler clairement et fort. Les sortilèges informulés, tu verras ça une fois que tu maîtriseras déjà parfaitement lesdits sortilèges.
Il la laissa ensuite réessayer sur le hérisson. De nouveau il se métamorphosa en pelote d'épingles rouge mais, cette fois-ci, il ne trembla même pas quand Tamao lui planta une aiguille sur le dos.
Elle se sentait complètement vidée, mais heureuse. Heureuse comme ne l'avait jamais été en parvenant à maîtriser un sortilège. Un sourire étira ses lèvres sans qu'elle ne puisse le réprimer.
— Merci, fit-elle en tournant la tête vers Hao.
Ce dernier resta impassible et pencha juste légèrement la tête, comme si cela n'avait pas d'importance. Pour Tamao, ça en avait. Jusqu'à présent, malgré toute l'aide qu'avait pu lui apporter Lyserg, elle n'avait jamais eu l'impression de pouvoir parvenir à quoique ce soit en métamorphoses. Aujourd'hui c'était différent. Elle avait le sentiment d'avoir progressé mais, surtout, de pouvoir encore s'améliorer. Elle avait regagné la foi en ses capacités.
Peut-être que pratiquer avec quelqu'un avait été un déclic. Après tout, avec Lyserg, ils s'étaient toujours limités à la théorie. Peut-être aussi que Hao était simplement un excellent professeur. Elle n'avait jamais eu d'aussi bonne note à un devoir qu'avec son aide.
— Vous avez fini ? demanda Jeanne d'une voix qu'elle s'efforçait de rendre détachée.
— Cela suffira pour aujourd'hui, répondit Hao.
Il adressa un sourire moqueur à Jeanne mais l'intonation de sa voix semblait sous-entendre qu'il était ailleurs. Tamao ne sut pas quoi en penser.
Quand il se tourna vers elle, ses yeux pétillaient de malice comme à l'accoutumée.
— Mercredi prochain, même heure, ici directement ?
— D'accord, accepta Tamao.
Elle ne réalisa seulement après que ce n'était pas véritablement une question, de toute manière. Mais qu'elle avait tout de même perdu une occasion de, à défaut de se soustraire à ces séances, au moins de négocier. Ils auraient pu se retrouver seulement une demi-heure plus tard, par exemple. Et à la bibliothèque, un lieu toujours fréquenté, plutôt qu'une salle de classe vide.
L'idée qu'elle allait passer le mercredi suivant une heure seule avec Hao ne se fraya un chemin dans son esprit que lorsqu'il eut quitté la salle de classe. Alors son sourire fondit et elle tourna un visage inquiet vers Jeanne qui avait l'air franchement contrariée.
— Peut-être que je pourrai feindre d'être malade pour ne pas aller en cours et venir directement te rejoindre… murmura-t-elle.
Tamao en fut horrifiée.
— Non ! s'exclama-t-elle, faisant sursauter son amie.
Elle savait à quel point celle-ci aimait les cours de vol et à quel point elle était à cheval sur le règlement. Et si l'idée d'être prête à renoncer à tout cela pour elle était touchante, elle s'en voulut atrocement de lui causer autant d'inquiétude.
— Tout va bien se passer, ne t'inquiète pas, dit-elle très vite. Tu ne dois pas manquer tes cours.
Jeanne hocha doucement de la tête.
— Allons ranger nos affaires dans nos dortoirs puis descendons manger, décida Tamao. Tu as toujours faim plus tôt que les autres jours le mercredi après ta leçon de vol.
— Il est encore tôt, fit remarquer Jeanne, mais c'est d'accord, retournons à la salle commune.
Sur ce, elle ouvrit la marche et Tamao la suivit dans les couloirs, le cœur toujours plein de la joie d'avoir réussi à métamorphoser un hérisson en pelote d'épingles.
