GOLDORAK : LA GUERRE D'EUPHOR

LA GUERRE D'EUPHOR Episode 30

Le siège de pilotage de Procius regagne le poste de pilotage de la soucoupe.

- Direction la base. Enfin si tout se passe bien !

Goldorak reprend de l'altitude rapidement, quelques instants plus tard, il se retrouve dans l'espace. Il jette un regard à la flotte en orbite, mais aucun vaisseau ne fait de mouvement. Quand subitement l'espace se déchire, un vortex apparaît.

- Qu'est-ce que c'est que cela encore, soupire le prince avec lassitude.

Une forme sombre gigantesque surgit du vortex qui disparaît juste après. En regardant ses instruments, il constate que la forme ressemble à une navette de combat de l'armée de Chronaris, sauf qu'elle est plus grosse que les vaisseaux amiraux de sa flotte.

- Ne traînons pas, déclare le prince.

La soucoupe porteuse change sa trajectoire, mais la navette de combat s'élance pour lui couper la trajectoire. Procius le remarque aussitôt.

- Va-t-il falloir que je livre encore un combat ? Non, j'en ai assez pour aujourd'hui.

Le prince déplace un doigt pour actionner une commande.

- Mégama…

Il n'a pas le temps de terminer que la gigantesque navette de combat remplit entièrement son champ de vision.

- Pas moyen d'y coupé, fait-il amèrement.

Au même moment, la panthère mécanique quitte les quartiers de Chroanris sous le regard surpris de la garde personnelle de l'homme masqué. L'animal artificiel se dirige vers la salle de commandement du palais.

Goldorak monte en flèche pour éviter d'entrer en collision avec la navette géante, après c'être suffisamment éloigné, il vire pour découvrir se nouvel adversaire démesuré.

Cet appareil ressemble à une navette de combat de Chronaris, si ce n'est sa taille démesurée. Il remarque une verrière immense au niveau du cockpit, il distingue un pilote proportionnel à la taille de la navette. Procius frémit. Son regard se fixe sur cet endroit pour voir quel géant est aux commandes, mais en voyant ce qui s'y trouve, il blêmit.

Sur le siège de pilotage se trouve un robot très sombre, mais ce qui le surprend le plus c'est la tête, elle ressemble à celle de Goldorak sauf que les cornes entourent complètement le haut du crâne à la façon d'une couronne.

- Qu'est-ce que c'est que cette chose !

Dans le poste de pilotage de cette copie démesuré du robot géant, une forme humaine observe Goldorak.

- Voici enfin le moment de vérité, déclare le pilote.

Le général Zota a bondi du siège central de la salle de commandement du palais quand la mystérieuse et gigantesque navette a surgi en orbite à proximité de la flotte.

- Qu'est-ce que c'est encore que cela, s'exclame-t-il. Quelle est donc cette chose ? Ami ou ennemi ?

Procius consulte ses instruments, en réalité la navette de combat n'est pas aussi importante qu'elle y parait au premier regard. Une fois la surprise passée, il constate qu'en réalité ce bâtiment fait un peu plus du double de la taille de sa navette porteuse.

- L'effet gigantesque devait provenir d'une distorsion provoquée par le vortex, affirme le prince.

Pendant ce temps, la navette en profite pour manœuvrer afin de se remettre en face à face.

- Cela ne me dit pas quel est cet engin !

Le général fixe le moniteur, son visage transpire ses lèvres sont tremblante. La porte de la salle de commandement s'ouvre, la panthère mécanique y pénètre. La créature artificielle marche tranquillement jusqu'au siège central, une fois arrivé, elle s'assoit à côté du fauteuil, elle semble regarder l'écran avec attention.

- Ce navire n'appartient pas à notre flotte à ce que je sache, marmonne-t-il en prenant place dans le siège.

Une fois assis, il remarque une présence à ses côtés, il tourne la tête et découvre la panthère mécanique de Chronaris. Il écarquille les yeux de surprise.

- Pourquoi est-elle ici ? Cela des jours et des jours qu'elle était inerte dans la chambre de Chronaris.

Soudain, le général tourne brusquement la tête en direction du moniteur central.

- Se pourrait-il que…

Il n'a pas le temps de finir sa supposition, car une voix s'élève dans les communications.

- Goldorak ! Voici le moment que j'attendais depuis longtemps, lance la voix de Chronaris. Nous voici enfin face à face. Voici l'endroit du combat décisif ! C'est ici que l'avenir d'Euphor va se jouer ! Un seul d'entre nous en sortira victorieux ! Et ce sera moi ! Ah ! Ah ! Ah !

- Alors, je vais devoir te vaincre encore une fois, rétorque Procius. Comme il y a environ trois ans sur Terre. C'est moi qui avais remporté le combat.

En entendant ces mots, l'homme masqué tressaillit légèrement.

- Peut-être, finit-il par répondre. Mais l'histoire n'est pas un éternel recommencement, je suis bien placé pour le savoir.

La porte vermoulue de ma cavité de réunion s'ouvre, le messager tend une feuille de papier au roi, celui-ci a les yeux rougis par la fatigue, il n'a pas dormi de la nuit et le jour commence à se lever sur la capitale. Il prend la missive avant de la parcourir rapidement, il s'effondre sur une chaise proche en poussant un soupir.

- Quelque chose ne va pas, s'inquiète numéro un.

- Non, ça va, rassure Actarus avec un léger sourire. Le combat est enfin terminé, Goldorak est victorieux.

- Voilà qui est bien, déclare le cinquantenaire. Vous allez enfin pouvoir vous coucher.

Le roi confirme d'un hochement de tête quand la porte s'ouvre de nouveau et qu'un nouveau résistant apporte un message.

- Que se passe-t-il encore, s'exclame le quinquagénaire.

Actarus tend la main pour prendre la feuille, il pose les yeux dessus avant de jaillir de sa chaise.

- Qu'y a-t-il, demande avec inquiétude numéro un.

- Un nouveau vaisseau est apparu en orbite pour combattre Goldorak. Il semblerait qu'il soit gigantesque.

- Il ne manquait plus que cela, soupire numéro un.

- Mais ce n'est pas tout, s'exclame le roi parfaitement réveillé à cause de cette poussée d'adrénaline.

- Quoi donc ?

- D'après nos informateurs du palais, c'est Chronaris lui-même qui serait aux commandes de ce navire !

- C'est donc pour cela qu'il s'est absenté aussi longtemps du palais ?

- En effet, tout porte à le croire.

- Qu'allons-nous faire ?

- Je l'ignore pour l'instant.

Sur la base lunaire, le capitaine Knoch fait les cent pas dans la salle de commandement. Son homologue borgne quant à lui reste immobile au milieu de la pièce à attendre la suite des événements. Soudain, le lieutenant Rola se retourne vers le capitaine Yamato.

- Je détecte une déchirure spatiale en orbite de la planète, annonce-t-il.

- Une déchirure, s'étonne le borgne.

- Quoi, s'exclame Knoch en s'immobilisant.

- Un navire vient d'émerger de la déchirure, ajoute le lieutenant.

- Identification ?

- Inconnu. Aucune correspondance dans la base de données. On dirait…

- On dirait quoi, fait Yamato.

- Une navette de combat démesurée.

Les deux capitaines s'approchent de la console du lieutenant.

- Expliquez-vous, ordonne Yamato.

- Son aspect ressemble aux navettes de combat des forces de Chronaris, mais sa taille est celle d'un vaisseau de petite talle.

- Surprenant, lâche Knoch perplexe.

- Le mieux, c'est que je vous montre.

Sur le moniteur, l'affichage change pour faire apparaître le navire inconnu.

- Ce nouveau venu soulève une question, remarque le borgne.

- Laquelle, demande son homologue civil.

- Est-ce un allié ou un adversaire ?

En entendant ses mots, Knoch blanchit.

- En tout cas, il bloque la route à Goldorak, remarque Rola.

- Qu'allons-nous faire, interroge Knoch.

- Observé pour le moment, répond avec calme le borgne.

Bien loin de se douter ce qui se passe à des années lumières de là, Banta sort de sa chambre en s'étirant tout en baillant. Il fait quelques pas en direction de l'escalier pour rejoindre le rez de chausser. Tout en marchant, il se gratte les fesses d'une main. Une odeur de café frais monte depuis la cuisine. Le vieux garçon de ferme entre dans la pièce, il est surpris d'y découvrir tout le monde attablé pour prendre le petit-déjeuner, y compris Yoshi.

- Qu'est-ce qui se passe, s'étonne Banta. J'ai dormi aussi longtemps que ça ? Je me suis trompé en réglant mon réveil ?

Il tourne la tête pour vérifier l'heure.

- Ne t'inquiète pas, intervient Mizar. Tu es à l'heure. C'est juste que, nous avons commencé plus tôt aujourd'hui, car Yoshi a un examen scolaire dès le début de la matinée.

- Vous auriez pu me prévenir pour que je me lève aussi, ronchonne le vieux garçon en s'attablant.

- Ne t'inquiète pas, sourit Mizar. Nous t'avons laissé tes tâches.

- Mouais, je vois, grimace Banta.

À quelques kilomètres de là, au centre de recherche spatial un homme charge des cartons dans une voiture. Cet homme n'est autre que le vieux médecin du centre, le professeur Alcor sort du bâtiment et marche en direction du véhicule.

- Alors, vous nous quittez, lance Alcor.

- En effet, je n'ai que trop retardé mon départ, répond le praticien.

- C'est pour cela que vous partez aussi tôt, quand le centre est pratiquement désert, plaisante le professeur.

Le médecin se tourne vers lui.

- C'est juste que je ne me sentais pas la force de dire au revoir à chacun d'entre vous, répond l'homme avec des larmes aux yeux.

Le professeur se sent honteux subitement.

- Il y a déjà plusieurs semaines que j'aurais dû plier bagage, reprend le docteur. Mais il est temps pour moi d'y aller et de profiter de mes vieux jours. J'avais dit que je partirais après la naissance du bébé de Kohumé, mais je suis resté pour m'assurer que tout allait bien.

- Vous avez fait plus que vous ne le deviez. Je comprends, confirme Alcor. Il est temps pour vous de lâcher la bride et de vous reposer.

- C'est cela, fait le médecin en refermant son coffre de voiture. Vous devriez y songer vous aussi.

Le professeur est surpris par cette remarque.

- Sayaka devrait faire de même. Comme cela, vous pourriez passer du temps ensemble. Il faut savoir passer le relai.

- Peut-être bientôt, répond Alcor en souriant. « Peut-être quand nous apprendrons ce qui se passe sur Euphor, pense-t-il. »

Le vieux médecin tend une main en direction du professeur, celui-ci la saisit pour la serrer avec vigueur.

- Vous allez nous manquer, déclare Alcor.

- C'est pour cette raison que je vous quitte à cette heure.

Ils échangent une poignée de main.

- Prenez soin de vous, lance Alcor.

- Vous aussi, répond le praticien en grimpant dans sa voiture.

Le vieux professeur reste dans la cour du centre pour suivre du regard le véhicule qui s'éloigne jusque ce qu'il le perde de vue.

Goldorak fait face à la soucoupe géante, il n'y a aucun mouvement de perceptible dans la flotte en orbite.

- « Comment vais-je me tirer de cette situation, se demande le prince. »

Dans son poste de pilotage, Chronaris observe son ennemi par-dessous son masque doré.

- « Voilà enfin le moment que j'attendais tant ! Je vais enfin avoir le contrôle absolu et sans opposition d'Euphor, pense le tyran. Enfin, mon monde natal me revient ! Je serais le monarque absolu ! Finalement, mon but est atteint, après toutes ces années ».

Le général Zota est pensif dans le siège central de la salle de commandement du palais.

- D'où Chronaris peut-il bien sortir ce bâtiment ? Aucun doute possible, il ne vient pas de notre flotte, marmonne-t-il.

Il jette un regard en coin à la panthère mécanique, celle-ci n'a pas bougé depuis qu'elle est arrivée dans la pièce.

- C'est donc pour aller récupérer ce navire que Chronaris a disparu durant tout ce temps, reprend-il en regardant le moniteur. Mais pourquoi n'en a-t-il rien dit ?

Les deux soucoupes se font face, leurs pilotes s'observent à la façon d'un vieux western. Ils guettent la moindre esquisse de mouvement, lequel des deux va ouvrir les hostilités ?

Le front du général Zota se remplit de gouttes de sueur, un coin de sa bouche s'étire dans un rictus d'angoisse. Les yeux du général fixent le moniteur, le centre de commandement du palais est étrangement silencieux hormis de temps à autre un bip émis par une console.

Procius semble calme, mais de la sueur perle sur son front. Une goutte ruisselle sur sa peau, elle glisse sur le front pour se faufilé des les poils de son sourcil, elle continue sa course pour finir dans l'œil du prince, l'obligent à fermer sa paupière. Au même instant, un tir de rayon part de la navette de Chronaris. Procius a-t-il donné, un à-coup, sur la commande et cela a fait bouger la soucoupe, il n'a pas le temps de se poser la question, car quand il ouvre sa paupière, il découvre le rayon d'énergie qui fond dans sa direction. Goldorak plonge pour éviter le tir, la soucoupe de Chronaris en fait autant.

- J'attends ce moment depuis si longtemps, fait le tyran. Divine Missile !

Deux trappes s'ouvrent à l'avant de la soucoupe juste avant que deux projectiles en soient propulsés. Les deux missiles se dirigent vers la soucoupe porteuse. Une alerte retentit dans le poste de pilotage de Goldorak. Procius découvre les deux points lumineux qui fondent sur lui.

- Parasitaire !

Le nuage violet sort de l'arrière de la soucoupe porteuse juste avant qu'elle change de cap. Les missiles ajustent leur direction. Le prince grimace en voyant la chose sur son radar.

- Inefficace, grimace-t-il. Parasitaire ne perturbe pas leur système de guidage !

La soucoupe porteuse fait une vrille avant de se cabrer pour faire volte-face.

- Optofisseur !

Les rayons jaunes partent des yeux de Goldorak, l'un des rayons touche un missile alors que l'autre le manque. Le projectile atteint le bouclier de la soucoupe porteuse, celle-ci est secouée violemment par l'impact.

- Hé bien, s'exclame Procius. On l'a senti passé !

Le général Zota s'agite sur son fauteuil, son visage est crispé. Il passe une main dessus pour y retirer la sueur.

- Nous y sommes, marmonne-t-il. Le combat final vient de débuter !

La soucoupe porteuse vibre encore quand Procius la fait monter en flèche pour s'éloigner de son adversaire.

- Divine Missile, lance Chronaris une nouvelle fois.

Cette fois, c'est une salve de missiles qui est émise par sa soucoupe.

Une dizaine de points apparaissent sur le radar du prince.

- Je ne vais pas pouvoir tous les détruire ! Il faut que je trouve quelque chose !

Il voit devant lui la flotte ennemie en orbite. Il réfléchit un instant.

- Je tente ma chance !

La soucoupe porteuse vire en direction de l'armada. Chronaris le remarque immédiatement.

- Tu crois pouvoir m'échapper en te faufilant dans ma flotte ! Tu te trompes lourdement !

La soucoupe géante met aussitôt le cap vers les vaisseaux en orbite. Les missiles poursuivent toujours Goldorak. Procius le remarque.

- Il ne va quand même pas prendre le risque d'atteindre sa flotte, s'étonne le prince.

Du coin de l'œil, il observe la réaction de la flotte à son approche, mais il ne remarque aucun mouvement de la part des vaisseaux.

- Je suis trop prés pour qu'ils fassent quelque chose, ils risqueraient de s'atteindre.

Il regarde son radar, les missiles le poursuivent toujours. Soudain, un point disparaît, puis un autre.

Chronaris grogne sous son masque alors qu'il vient d'ordonner l'autodestruction de ses missiles.

- Je ne vais pas anéantir ma flotte tout de même.

Dans la salle de commandement du palais, le général Zota pousse un léger soupir discret de soulagement. Il a bien cru à un moment que la flotte allait être touchée par des missiles amis.

- « Quelle frayeur, pense-t-il. Dois-je ordonner le lancement de navette pour aider Chronaris, ou dois-je le laisser combattre seul ? Attendons voir comment la situation va évoluer. »

Goldorak se glisse entre les navires en orbite, la soucoupe géante le poursuit, mais elle a plus de mal à passer entre les bâtiments à cause de sa taille.

- Maudit Goldorak ! Il se joue encore de moi, grogne l'homme masqué.

La soucoupe porteuse plonge sous un vaisseau pour échapper à son poursuivant. La soucoupe de Chronaris est obligée de faire l'inverse pour éviter d'entrer en collision avec les navires des environs.

- Alors, qu'allons-nous faire, demande avec angoisse le capitaine Knoch.

Yamato observe ce qui se passe avec son œil valide, il reste de glace devant ce qui se passe devant lui.

- Nous observons, comme je l'ai dit il y a peu, répond le borgne.

- Mais, commence à protester le capitaine royal.

Yamato a levé une main pour l'interrompre.

- Pour l'instant, c'est un combat à un contre un, clame-t-il. Nous verrons suivant la tournure du combat.

- Mais où est-elle, s'exclame Procius.

Il a perdu la soucoupe géante, elle n'apparaît plus sur son radar, il la cherche du regard sans la trouver.

- Acid Ray !

Quatre rayons blancs sont projetés en permanence par la soucoupe géante

- Là, s'exclame Procius.

Il vient de retrouver son adversaire, au même instant quatre rayons arrivent sur lui. Il actionne les commandes de pilotage. La soucoupe vient longé le flanc d'un vaisseau usine.

- Tu ne m'échapperas pas, grince Chronaris.

L'homme au masque doré actionne ses commandes de vol pour suivre Goldorak, ce qui fait que les rayons se courbent pour le poursuivre. Les rayons frappent la coque du vaisseau usine, immédiatement la surface se déforme, se boursoufle avant de disparaître comme si elle était ronger.

Procius regarde derrière lui et découvre ce qui se passe.

- Ce n'est pas passer loin ! On dirait l'équivalent de mon Mégavolt, s'étonne-t-il.

Chronaris coupe les rayons, mais le mal est fait, le trou dans la coque du vaisseau usine s'agrandit rapidement, la structure interne du bâtiment apparaît et se retrouve ronger à son tour.

Une grimace d'effroi déchire le visage du général Zota en voyant ce qui se passe.

- « Je ne peux pas laisser les choses ainsi, pense-t-il. Sinon, la flotte va être anéantie avant la fin de ce combat ! »

Zota prend sa tête entre ses mains quelques secondes avant de se lever du fauteuil central.

- Que toutes les navettes en orbite et sur la planète décollent pour assister notre maître Chronaris dans son combat contre Goldorak, ordonne-t-il.

Tous les regards se braquent sur lui, les soldats semblent pétrifiés.

- Vous m'avez entendu, où faut-il que je répète mon ordre ?

Immédiatement, les militaires sortent de leur stupeur et s'emploient à transmettre les instructions.

Le vaisseau usine se déforme sur toute sa longueur, il se courbe à plusieurs endroits avant de se rompre en morceau, des explosions se produisent aux points de ruptures, des corps se retrouvent éjecté dans le vide spatial.

Des essaims de navettes de combat quittent les ponts d'envol des vaisseaux en orbite. Procius le découvre en frôlant un vaisseau de transport.

- Cela va grandement se compliquer, grimace le prince.

La même chose se produit sur Euphor, toutes les bases se vident de leurs navettes, le ciel de la planète est comme envahi par un nuage sombre d'engins volants.

Goldorak vire en direction d'un vaisseau amiral, alors qu'une escouade de navette sortant du vaisseau qu'il longeait le prend en chasse.

Le capitaine Yamato tressaute en voyant les navettes apparaîtrent sur le moniteur.

- Alors, s'exclame Knoch. Nous allons encore rester les bras croisés ?

- Ce n'est plus un combat équilibré. Ce n'est plus du un contre un, lâche le borgne en tournant les talons. Je vais de ce pas prendre le commandement du bombardier Xanta.

- Imbécile, hurle Chronaris. Pourquoi avoir lancé ces navettes ! Elles me gênent !

La soucoupe géante a du mal à progresser dans sa poursuite. Les vaisseaux et les navettes lui entravent sa manoeuvrabilité du fait de sa taille.

- Je dois changer de tactique.

L'homme masqué assure sa prise en main sur ses commandes.

- Kingorak ! Éjection !

Un éclair surgit à l'avant de la soucoupe géante au moment ou un robot géant en surgit. Cette machine plonge en direction de la soucoupe porteuse. Ce robot géant ressemble à Goldorak, mais il est pratiquement tout noir, une cape rouge flotte dans son dos. La circonférence de son crâne est cernée de cornes jaunes formant une sorte de couronne. Le robot se glisse plus facilement entre les vaisseaux en orbite.

- Voilà qui est mieux, sourit Chronaris sous son masque.

Le bombardier Xanta et le vaisseau Kirigan émergent du sas situé à la surface de la face cachée de la Lune. Ils prennent la direction du champ de bataille.

Actarus se trouve toujours dans la cavité de réunion. L'adrénaline a chassé sa fatigue. Il ressent un mélange d'angoisse et d'excitation. Un résistant entre avec un nouveau message et le remet au roi qui le regarde rapidement.

- Comment, s'exclame Actarus.

- Que se passe-t-il, demande Numéro un avec appréhension.

- Il semblerait que toutes les navettes de combat de la planète ont décollé.

- Quoi !? Mais que se passe-t-il ?

Actarus se retourne vers l'instigateur de la résistance et le prend aux épaules.

- Je crois que le moment tant attendu est venu.

- Comment, maronne le cinquantenaire avec des larmes qui pointent au coin des yeux.

- Vous pouvez donner l'ordre. C'est le moment de reprendre notre monde, affirme avec fermeté le roi.

Le quinquagénaire essuie une larme avant de regarder le messager.

- Vous avez entendu, lui lance-t-il.

Le résistant confirme d'un hochement de tête.

- Bien. Alors, allez transmettre l'ordre.

Le messager sort de la cavité en courant.

- Il est temps de reprendre le palais, lance numéro un.

- C'est exact, confirme Actarus. Et c'est moi qui vais conduire l'assaut !

- Mais, veut protester le cinquantenaire.

- C'est à moi de reprendre mon trône, argumente le roi.

Goldorak passe au-dessus d'un navire puis plonge pour passer sous le ventre d'un autre, il est poursuivi par des escouades de navettes, ainsi que par Kingorak. Procius voit arriver sur sa droite une escadrille, il vire sur la gauche pour l'éviter, mais son choix l'amène face à deux escadrilles qui foncent vers lui.

- Mauvaise pioche, marmonne-t-il.

Des navettes explosent devant lui. Le prince a juste eu le temps de voir des rayons passer devant ses yeux avant les explosions. Il cherche du regard d'où proviennent ces tirs. Il découvre ses sauveurs, le bombardier Xanta et le vaisseau Kirigan.

- Merci pour votre aide, lance Procius à la radio. Voilà qui équilibre un peu la bataille.

- C'est notre devoir, répond Yamato. Nous ne pouvions pas décemment attendre plus longtemps.

- Je vous comprends.

- Est-ce le moment de vérité ?

- Je crois que nous sommes au point culminant de ce conflit. Soit nous perdons, soit nous gagnons.

- Faisons en sorte de gagner !

Chronaris s'emporte dans son poste de pilotage.

- Voilà que ce maudit Goldorak a des alliés ! Il ne manquait plus que cela, déjà que mes troupes me gênent !

La soucoupe de Kingorak surgit au-dessus de la flotte à l'endroit au se trouve Goldorak. Elle plonge dans sa direction.

- Justice Beam ! Acid Ray ! Divine Missile !

Toutes les armes de la soucoupe géante crachent leurs munitions.

Procius voyant ce qui se passe manœuvre pour se cacher sous un vaisseau de transport. Les rayons passent à côté de lui, ils détruisent des navettes adverses et des missiles frappent le vaisseau sous lequel il s'est mis à l'abri.

Le roi entre dans la cavité qu'il occupe avec ses proches.

- Te voilà enfin, lance Phénicia avec les mains sur les hanches.

- Où étais-tu, demande Vénusia. Tu n'es pas rentrée de la nuit.

- Il se passe des choses importantes, répond simplement Actarus.

- Et quoi donc ?

- La fin est proche.

- La fin ? La fin de quoi, demande sa sœur.

- De tout ceci, répond le roi en balayant la pièce d'un geste de la main.

- Tu veux dire… que le combat final a débuté, questionne Vénusia.

- Cela fait plusieurs heures que Goldorak se bat dans l'espace. Toutes les navettes ont quitté la planète. C'est le moment de reprendre la planète. Je vais de ce pas reprendre le palais.

Phénica porte ses mains à sa bouche dans un geste de frayeur.

- Tu n'y penses pas, proteste la reine.

- Resté ici, je vous ferais venir une fois que nous aurons reconquis notre bien, reprend Actarus.

- Votre Majesté, fait la voix du quinquagénaire de l'autre côté de la toile. Les troupes sont réunies.

- Je viens, répond-il.

Il fait un pas en avant pour prendre dans ses bras sa femme et sa sœur. Il leur dépose un baiser sur le front avant de les laisser pour quitter la cavité.

- Reviens-nous, murmure Vénusia.

- Il nous reviendra, affirme Phénicia.

La bataille fait rage entre les navires en orbite, le Kirigan et le Xanta se battent chacun de leur coté pour détruire le plus grand nombre de navettes possible. Un vaisseau amiral tire un coup de canon laser. Le bombardier Xanta l'esquive, mais le rayon frappe des navettes de Chronaris, L'onde de choc qui est produite frappent le bombardier. Sous l'impact, le capitaine Yamato manque de tomber du fauteuil de commandement.

- Il n'est pas passé loin, commente le borgne. Des dégâts ?

- Aucun, répond le lieutenant Rola. Juste une fluctuation dans les boucliers.

- Dans ce cas, retournons dans la mêlée !

Goldorak esquive un groupe de navette alors qu'un autre le poursuit. Il vire pour passer sur le flanc d'un vaisseau amiral pour semer les navettes. Quand la soucoupe porteuse surgit, il se retrouve en face de Kingorak. Instinctivement, il vire pour l'éviter, il a juste le temps de voir une énorme « V » sur le torse du robot adverse.

- Glorius Fist !

Kingorak lève son bras droit juste avant que son poing, entouré de pointes avec les extrémités rouges, soit projeté. Ses pointes s'écartent pour former une hélice. Le projectile poursuit la soucoupe porteuse pour finir par l'atteindre par l'arrière. Goldorak bondit sous le choc, Procius en perd le contrôle pendant un bref instant. Il redresse sa machine alors que le poing regagne Kingorak.

- Son armement ressemble au mien, constate-t-il. D'où peut bien venir cette machine ?

Chronaris vient se positionner en face de Procius. Le prince remarque que le poste de pilotage du robot ennemi se trouve au niveau du crâne et non au niveau de la bouche contrairement à Goldorak.

- Cette machine est-elle une autre version de Goldorak, se demande-t-il.

Actarus marche en direction du palais, le quinquagénaire marche à ses côtés à leur suite, une armée les accompagne. Leur rang grossit quand ils traversent la capitale, les passants se joignent à eux. Les gens aux fenêtres sortent de leur habitation pour venir marcher sur le palais. Une marée humaine avance vers le palais en scandant les mots : dehors l'envahisseur !

Les résistants portent des armes alors que les simples civils s'arment avec ce qu'ils trouvent en chemin, un simple morceau de bois, un morceau de métal, d'outils.

Les soldats gardant la grille d'entrée principale voient cette vague humaine se diriger dans leur direction. Les deux militaires échangent un regard avant que la panique les gagne, ils ouvrent le feu en direction de la foule, aussitôt, des hommes et des femmes quittent la formation pour se précipiter sur eux en brandissant leurs armes de fortunes. Les soldats disparaissent rapidement sous la marée humaine après avoir fait quelques victimes.

Une patrouille passant dans la cour du palais aperçoit la scène et s'élance vers la grille, mais trop tard, sous la pression de la foule les grilles s'effondrent, des résistants et des civiles s'élancent de nouveau vers les militaires.

Le roi assiste aux scènes de massacre impuissant, la frustration et la haine retenue par la population depuis si longtemps éclatent au grand jour et il lui est impossible de la maîtriser et il le regrette. Malgré la partie sombre à laquelle il assiste, il continue de progresser vers l'entrée du palais bien entouré par le quinquagénaire et un groupe de résistants.

- Iron Fist !

Cette fois, ce sont les deux poings que Kingorak projette sur son adversaire à la façon des Fulguropoings de Goldorak. Les pointes passent vers l'avant du poing.

Une nouvelle fois, le prince tente de les éviter en faisant grimper en flèche la soucoupe porteuse, mais les projectiles adaptent leurs trajectoires en conséquence. Ils atteignent violemment le ventre de la soucoupe porteuse. Des alarmes retentissent dans la poste de pilotage, les doigts de Procius volent sur le pupitre. Plusieurs systèmes ont cessé de fonctionner et demandent un redémarrage, mais la procédure est longue.

- Je ne peux plus rester là, fait-il avec amertume.

Il attrape la manette située au-dessus de sa tête.

- Transfère !

Le siège de pilotage recule avant de disparaître dans le conduit menant à la tête du robot géant, il fait demi-tour à la jonction entre la soucoupe et le corps du robot pour finalement arriver dans la tête de Goldorak.

- Autolargue !

Le robot géant bondit de la soucoupe porteuse, au début sa trajectoire est chaotique, mais prestement elle est corrigée par son pilote. Goldorak flotte dans le vide de l'espace.

- Je suis David et je vais affronter Goliath, bougonne Procius.

- Ah ! Ah ! Ah, s'exclame Chronaris. Nous voici enfin, homme contre homme ! Peut-être que l'expression est mal choisie, ironise-t-il.

Kingorak se déplace lentement vers son adversaire.

- Je savoure ce moment. Je l'ai temps attendu. Je vais enfin pouvoir briser de mes mains Goldorak ! Il n'est plus utile que je me l'approprie, maintenant que je possède Kingorak ! Il est plus grand, plus fort et plus rapide que ce vestige de la technologie d'Euphor !

- Goldorak semble en difficulté, annonce le commandant Sito.

À peine a-t-il terminé sa phrase que la passerelle du bombardier Xanta est secouée.

- Tout comme nous, commente Yamato. Manœuvre d'évasion Delta Un.

Immédiatement, le navigateur exécute l'ordre. Le bombardier vire sur le côté tout en effectuant une vrille.

Le général Zota fixe intensément le moniteur central. Il passe une main dans ses cheveux rouges.

- Nos forces diminuent à vu d'œil, constate-t-il. Le nombre d'escadrilles encore en vole chute rapidement. Nous avons aussi perdu des vaisseaux par des tirs amis. Il ne faut pas que ce combat s'éternise plus ! Que restera-t-il à la fin ?

- Vestige de la technologie d'Euphor, répète Procius. Tu as entendu cela, mon vieux Godlorak ? Montrons-lui que tu n'es pas encore bon pour le rebu !

Les propulseurs situés dans les pieds du robot se mettent en fonction afin de le propulser vers son adversaire.

- Jouons un peu, rie Chronaris. King Repulsor !

Kingorak bombe le torse, le « V » qui se trouve sur sa poitrine devient lumineux puis un rayon multicolore en sort. Le rayon frappe de plein fouet Goldorak qui se jetait sur son adversaire, il se retrouve propulsé en arrière dans une trajectoire folle.

Procius lutte avec les propulseurs de stabilisation pour reprendre le contrôle de Goldorak. Durant ce laps de temps, Kingorak vol dans sa direction.

- Kingopunch !

Le bras droit de Kingorak s'élance comme pour assener un violent coup de poing. Procius a juste le temps de déplacer les bras de Goldorak pour intercepter le poing entre ses mains.

Les deux robots vibrent sous le choc.

- Tu as une chance inouïe, lance Chronaris avec agacement. Mais cela ne suffira pas !

Le bras gauche de Kingorak entre en mouvement, mais Procius a anticipé la réaction de son adversaire, car il a fait replier les jambes de Goldorak. Elles se détendent brusquement en direction de la tête de son adversaire, les pieds frappent violemment le menton de son adversaire. Tout en faisant cela, Goldorak relâche le poing de son ennemi

Dans son poste de pilotage, l'homme masqué est secoué avec une telle violence, qu'il lâche un bref instant ses commandes.

Grâce à l'impact des pieds, Goldorak s'éloigne de Kingorak.

- Ne te réjouis pas trop vite, hurle Chronaris en reposant ses mains sur les commandes.

Alièna est dans son lit, elle n'a pas réussi à se rendormir quand elle entend du bruit provenant de l'extérieur du palais. La femme est intriguée, elle quitte sa couche pour tenter de voir ce qui se passe par la fenêtre de sa chambre. Elle découvre des militaires qui courent. Elle aimerait ouvrir la fenêtre pour mieux discerner le bruit qui accompagne cette agitation, mais Chronaris a fait sceller toutes les fenêtres de l'aile par sécurité. Elle colle donc son oreille à la vitre pour tenter de saisir quelques mots au hasard. Elle finit par comprendre : entrée, résistant, grand nombre.

Elle s'écarte de la fenêtre avec une étrange expression sur le visage.

- La résistance prendrait-elle d'assaut le palais ?

Kingorak s'élance en direction de Goldorak, sa cape flottant dans son dos.

- Je te broierais de mes mains, hurle Chronaris.

- Fulguropoings !

Les bras de Goldorak se tendent pour lancer les projectiles. Ils partent en direction de son adversaire.

- Tu crois m'avoir avec ces armes ridicules, déclare Chronaris. Royal Ax !

Deux haches à lame courbe sont éjectées des épaules de Kingorak, elles fusionnent au niveau des manches pour former une double hallebarde dans les mains du robot. Chronaris la fait tourner comme une hélice pour dévier les deux poings qui arrivent sur lui. Quand ils touchent l'arme, les deux poings partent dans une trajectoire folle, l'un d'eux percute une navette ennemie.

- C'est déjà ça, grogne Procius. Il a pratiquement le même armement que toi, mon vieux Goldorak ! Qu'allons-nous pouvoir faire ?

Les poings reviennent vers Goldorak, pendant ce temps, Kingorak cesse la rotation de sa double hallebarde.

- Revenge Crown :

Les cornes au somment du crâne de Kingorak s'écartent en devenant lumineuse, des éclairs les parcours et se rejoignent pour ne plus qu'en former un seul au sommet du crâne juste avant d'être émis en direction de Goldorak.

Le puissant rayon en forme d'éclair traverse le vide spatial. Le prince le voit approcher.

- Le Cornofulgure, s'étouffe-t-il.

Le rayon approche toujours.

- Ça va faire mal, grogne Procius en fermant un œil.

Le rayon est sur le point de toucher Goldorak, mais sa soucoupe porteuse entre dans la trajectoire et c'est elle qui prend pleinement l'attaque. De la fumée s'échappe de la soucoupe alors qu'elle vol de façon chaotique.

- Nous avons eu chaud, soupire le prince.

- Tu as eu un sursis, lance l'homme au masque. Mais tu as perdu ta soucoupe ! Que vas-tu faire maintenant !

Procius regarde ses instruments afin de connaître les dégâts de la soucoupe, mais il n'a pas le temps de s'attarder, car la double hallebarde vient d'être lancée dans sa direction.

Pouki sort de sa caravane, il constate qu'une bonne partie de sa troupe est déjà sortie et attend ses instructions. Il fait quelques pas pour rejoindre le petit groupe. Le reste de la troupe arrive bientôt. Une fois que tout le monde est là, le directeur du cirque prend la parole.

- Le moment est venu de quitter ce lieu comme je vous l'ai dit il y a quelques heures. Nous allons devoir nous séparer, la résistance nous a fourni plusieurs endroits où nous allons pouvoir nous faire oublier, mais ils ne sont pas assez grands pour nous tous.

Un murmure parcourt la troupe.

- J'ai donc assigné des groupes, continu Pouki. J'ai fait en sorte que les familles ne soient pas séparées. Je vous donnerais la formation de ces groupements quand nous serons prêts à partir. Maintenant, au travail, il faut tout démonter et tout ranger pour que nous puissions partir le plus rapidement possible !

La troupe entière fixe le nain du regard.

- Hop ! Vous attendez quoi !

Immédiatement, la formation se brise et chacun part vers sa roulotte pour préparer le départ. Le colosse Minima s'approche du directeur.

- Que veux-tu, demande le nain.

- Et pour Thalia ?

- Elle sera dans ton groupe. Je te charge de prendre soin d'elle.

Le géant hoche la tête de façon affirmative.

La double hallebarde de Kingorak fonce en direction de Goldorak. Ce dernier ne fait pas le moindre geste pour l'esquiver.

- Cette fois, je t'ai, jubile l'homme masqué.

Mais juste avant que l'arme ne l'atteigne, Goldorak glisse sur le côté juste assez pour que la hallebarde le frôle, elle continue sa course en direction d'un vaisseau argenté en forme de cigare, le vaisseau amiral de Chronaris. La hallebarde vient se planter dans la coque du navire.

- Non, hurle le tyran dans son cockpit ! Tu me le payeras !

Les propulseurs dans les pieds de Goldorak se mettent en marche.

- Revenge Crown !

Le rayon en forme d'éclair de Kingorak déchire l'espace une nouvelle fois, il suit la trajectoire de son adversaire. Goldorak se faufile dans une escouade de navette ennemie. Elle est anéantie par le rayon de Chronaris. Celui-ci lance sa machine à la poursuite de Goldorak. Ils passent à proximité du vaisseau amiral de Chronaris, il en profite pour arracher sa Royal Ax de la coque du vaisseau. Pendant ce temps, la soucoupe de Kingorak se rapproche.

- Je vais t'avoir, clame l'homme au masque doré. Justice Beam !

Les rayons partent de la soucoupe, mais ils n'atteignent pas Goldorak, ils entrent en contact avec un vaisseau de transport. Les rayons ont du toucher la salle des machines ou le dépôt d'armes, car le navire explose quelques secondes plus tard.

- Je t'aurais, crie Chronaris avec des yeux injectés de sang. Acid Ray !

Les quatre rayons quittent la soucoupe en direction de Goldorak, mais en chemin, ils balayent des navettes et un vaisseau cargo.

Le général Zota se ronge un ongle en regardant le moniteur central de la salle de commandement du palais.

- Non, non, non, grommelle-t-il. Ce n'est pas bon, Chronaris va détruire notre flotte à ce rythme.

Soudain, des explosions lointaines arrivent dans la salle, suivie de cris.

- Que se passe-t-il, demande le général en se levant.

La porte de la salle s'ouvre, un gradé surgit dans la pièce, sa combinaison est déchirée, du liquide jaune coule par endroits.

- Que vous est-il arrivé, questionne Zota.

- La résistance, répond le militaire.

- Quoi, la résistance ?

- Une foule de résistants est entrée dans la cour du palais.

- Il ne manquait plus que cela, soupire avec fatalité le général. Repoussez-les ! Prenez tous les hommes nécessaires !

- Mais, proteste le militaire.

- Vous n'avez pas compris mon ordre ?

- Si, fait défaitiste le soldat. À vos ordres.

Le militaire sort de la salle, le regard du général se reporte sur le moniteur central.

- Astérohache !

La double hallebarde surgit dans les mains de Goldorak, il la saisit dans ses deux mains écartées. Le robot s'en sert pour fendre les navettes qui s'approchent de lui pendant son vol alors qu'il tente de semer Kingorak. Mais ce dernier est plus raide que lui et gagne du terrain.

Malgré le fait, qu'il tente de perdre son adversaire, Procius remarque du mouvement dans les vaisseaux en orbite, certains bâtiments quittent la formation, au loin, quelques vaisseaux de petite taille ont déjà pris la fuite. Mais il ne peut en voir plus, car Kingorak le dépasse et lui bloque le passage. Goldorak ne ralentit pas, il change la position de son Astérohache pour qu'une des lames passe en avant.

La cour du palais royal s'est transformée en champs de bataille. Les troupes de Chronaris ne cessent de perdre du terrain et des hommes face à la détermination de la population et des résistants. Des tirs d'armes laser zèbrent le ciel dans tous les sens, des militaires tombent sous les impacts, tout comme des civils Euphoriens et les résistants. Dans les jardins du palais, c'est un tout autre spectacle, des soldats prennent la fuite à bord de navette de transport.

Deux soldats courent dans un couloir désert du palais quand une porte se rompt devant eux, un groupe d'homme entre dans le couloir. Les militaires s'immobilisent, ils cherchent du regard un endroit où se cacher ou fuir. Paris ce groupe d'homme ayant entrée en force se trouve le roi Actarus.

- Où allons-nous, demande numéro un.

Le roi regarde des deux côtes du couloir avant de répondre.

- Un groupe va à droite, c'est par là que se trouve la salle du trône. Le reste vient avec moi, la salle de commandement du palais se trouve à gauche. Cela m'étonnerait fort que Chonaris n'utilise pas celle que nous avions.

Un résistant voit les deux soldats dans le corridor.

- Là, s'exclame l'homme. Des soldats !

Les militaires tentent de prendre leur arme, mais ils sont abattus avant par plusieurs tirs des résistants.

Le roi reste de marbre, il se met à marcher en direction de la salle de commandement, numéro un lui emboîte le pas.

Dans un autre endroit du palais, la foule a réussi à pénétrer et s'occupe de tous les soldats qu'elle rencontre en chemin.

Il n'y a pas qu'à la capitale et au palais royal que la foule a pris possession des lieux. La chose se reproduit sur toute la planète, dans toutes les bases, les camps de Chronaris. Les militaires fuient en masse devant la révolte.

La porte de la salle de commandement s'ouvre à nouveau, un soldat s'effondre sur le sol. Le général Zota tourne la tête, il voit un autre soldat qui le retourne.

- Ils sont là, murmure le soldat au sol. Ils sont entrés dans le palais.

- Que dit-il, questionne le général.

- Il dit qu'ils sont là, qu'ils sont dans le palais, répète le soldat valide.

- Nous sommes submergés, ajoute le blessé. Fuyez, lâche-t-il dans un râle.

- Il dit…

- J'ai entendu, coupe Zota.

Le général regarde les autres moniteurs, il constate qu'il y a un nombre affolant de navettes de transport qui quittent la planète.

- Alors, tout est perdu, marmonne Zota.

Il jette un regard dans la salle, il découvre les soldats quittant leur poste. Il reporte son regard sur le moniteur. Kingorak se dresse sur le passage de Goldorak. Il penche la tête pour regarder la panthère mécanique de Chronaris. Celle-ci est toujours assise en fixant l'écran.

La salle se vide rapidement, le général regarde de nouveau le moniteur. Il semble hésiter sur ce qu'il doit faire. Il reste indécis pendant quelques secondes avant de saisir son arme de poing à sa ceinture, il pointe l'arme vers l'animal artificiel. Il se prépare à appuyer sur la gâchette quand la panthère tourne son regard luisant vers lui. Un frisson traverse l'échine du général. En un clin d'œil, la créature synthétique bondit sur lui avec sa gueule grande ouverte, Zota fait un pas en arrière tout en déclenchant son arme. Le rayon s'engouffre dans la bouche grande ouverte de la panthère, le rayon la traverse de part en part lui arrachant la queue en sortant de son corps. L'animal mécanique s'effondre sur le sol, de la fumée lui sort par les yeux.

- Voilà une chose de faite, déclare Zota. Passons à la seconde.

Il jette un dernier regard à la salle de commandement avant de la quitter en courant. Une fois dans le couloir, il prend la direction de son bureau non loin, il y entre en trombe, il attrape un cadre holographique sur son bureau, avant de ressortir aussi rapidement qu'il y est entré. Il s'élance dans le couloir, mais du bruit attire son attention, il détourne la tête, il voit brièvement le roi Actarus s'apprêtant à pénétrer dans la salle de commandement.

- Cela s'est joué à quelques secondes, se dit Zota.

Le général continue sa course en direction de la cour centrale, c'est là que se trouve sa navette personnelle.

Actarus est le premier à entrer dans la salle de commandement du palais. La pièce est en pagaille et complètement déserte à l'exception de la carcasse fumante de la panthère mécanique de Chronaris.

- Un premier pas, fait le roi.

Le cinquantenaire s'approche de lui, il tient dans une main un transmetteur.

- L'autre groupe à la salle du trône. Les soldats de l'envahisseur sont en déroute.

- Cela signifie que nous avons repris le palais, déclare Actarus.

Le roi marche vers le centre de la salle, il regarde le moniteur central. Sur l'écran, les deux robots de combat se livrent à un duel de force.

- Il n'y a plus que l'issue de ce combat qui est incertaine, grimace-t-il.

La navette à tête d'aigle décolle depuis la cour centrale du palais, le général prend la direction de l'espace. Quand il passe au-dessus du palais, il remarque un groupe de personnes sur le toit qui descendent les couleurs de Chronaris.

- C'est la fin, soupire Zota. Mais pas pour moi !

Il augmente la poussée des réacteurs, sa navette s'élève rapidement dans les airs.

Goldorak brandit sa double hallebarde en fonçant sur Kingorak, celui-ci a positionné la sienne en défense.

- J'espère ne pas me tromper, murmure le prince dans son casque.

Un choc se produit sur les deux robots quand la lame de l'Astérohache entre en collision avec le centre du manche de Royal Ax. Les deux combattants sont comme immobiles dans l'espace.

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu croyais que ce serait aussi simple, jubile Chronaris. Mais ma machine est supérieure à la tienne ! Mon Kingorak est une version améliorée de ton Goldorak ! Il a été conçu lui aussi par les ingénieurs d'Euphor d'un autre univers. Mais dans cet univers c'est Euphor qui a réduit en cendre Véga !

- Je sais, répond Procius. Plus grand, plus fort et plus rapide, tu te répètes !

Les propulseurs dans les pieds de Goldorak donnent toute leur puissance.

- « Mais plus c'est grand, plus il risque d'y avoir des failles, pense le prince. Et c'est là-dessus que je compte ! »

Une fissure apparaît au centre du manche de Royal Ax, à l'endroit même où la lame de l'Astérohache est en contact.

- Voilà, sourit Procius.

Mais Chronaris ne remarque pas la chose, il vient de se rendre compte que sa flotte a rompu sa formation. L'homme au masque doré découvre avec stupeur qu'une grande partie de ses vaisseaux prend la fuite.

- Comment cela ! Ils osent m'abandonner, s'exclame le tyran. Après autant d'années, ils osent me trahir ! Je leur ferais regretter chèrement cet acte de couardise une fois ce combat terminé !

Soudain, le manche de Royal Ax se brise en son centre. La lame de l'Astérohache bondit en direction de la tête de Kingorak.

- Comment, s'exclame avec surprise le tyran.

La tranche de la lame glisse sur le visage du robot sombre en produisant un bruit strident. Dans le mouvement, Goldorak roule par-dessus la tête de son adversaire, il en profite pour lui asséner un coup de pied dans le dos qui lui permet de se propulser loin de Kingorak.

Chronaris ne cherche même pas à reprendre son adversaire. Il regarde une partie de sa flotte qui s'éloigne, il ne remarque pas le rayage qui balafre sa verrière.

- Revenge Crown !

Le puissant rayon en forme d'éclair se forme sur la couronne de cornes de Kingorak, mais quand il part, il ne se dirige pas vers Goldorak. Il va frapper des vaisseaux qui s'éloignent de l'orbite.

Goldorak pose ses pieds sur la coque de ce qui semble être un vaisseau usine, ce dernier n'a pas quitté sa position, peut-être que le capitaine est resté fidèle au tyran ou alors il n'a pas osé manœuvre à cause de la proximité du combat.

La navette du général Zota arrive dans l'orbite au moment ou Kingorak fait feu sur des bâtiments fuyant le combat.

- M'y voici, s'exclame-t-il. Le moment tant attendu.

Le général sort le cadre holographique puis le pose sur le tableau de bord avant de la mettre en fonction. Une image apparaît, elle montre son fils en compagnie du capitaine Logs. Une émotion traverse son être.

- La seconde chose à accomplir, marmonne-t-il. C'est pour vous que je fais cela.

Il tend une main comme pour toucher le visage de son fils, mais elle passe au travers de l'image en trois dimensions.

Zota attrape fermement les commandes de vol. La navette à tête d'aigle s'élance entre les débris et ce qui reste de la flotte.

Actarus suit le combat sur le moniteur central, des résistants arrivent en compagnie de soldat Euphorien, ces derniers étaient détenus dans les caves du palais, leur apparence est piteuse. Quelques résistants remettent de l'ordre dans la pièce. Les militaires libérés découvrant le roi dans la pièce se redressent, ils puisent dans leurs ressources pour s'installer aux consoles dans la pièce afin d'assurer un bon fonctionnement.

Le quinquagénaire s'approche du roi.

- Votre majesté, on m'informe que nous avons le contrôle de tous les camps et bases que possédait Chronaris. Ses troupes sont en fuite. Nous avons gagné !

- Pas encore, répond froidement Actarus. Nous avons certes remporté la victoire sur la planète, mais pas encore dans l'espace.

Numéro un tourne le regard vers le moniteur.

Plusieurs explosions illuminent le vide spatial, sous son masque, Chronaris semble apprécier ce qu'il voit.

- Voilà ce qui arrive quand on me trahit, lance-t-il.

Soudain, il se semble se rappeler qu'il en plein combat contre son ennemi de toujours Goldorak. Il le cherche du regard.

Dans son poste de pilotage, le prince Procius cherche comment il va pouvoir terminer le combat. Certes, il a réussi à briser l'une des armes de Kingorak, mais cela est sûrement loin d'être suffisant pour gagner le combat.

Le robot sombre pivote, son pilote finit par voir où se trouve son adversaire.

- Te voilà !

Kingorak s'élance en direction du vaisseau usine sur lequel s'est posé Goldorak. Il atterrit à son tour à la surface du navire. Il tient dans chaque main une partie de la double hallebarde brisée. Cela fait qu'il a une hache à chaque main. Le robot sombre marche lentement sur la coque en direction de Goldorak.

- Goldorak est plus petit et maniable, se dit pour lui-même Procius. Mais il a plus d'allonge et de vitesse que moi ! Comment vais-je le battre !

Kingorak lève son bras droit. Il se prépare à abattre la hache qu'il tient vers son adversaire, quand venue de nulle part des missiles le frappent au torse.

- Mais qu'est-ce que c'est que ça, hurle Chronaris. Les alliés de Goldorak ?

Il cherche du regard la provenance des missiles. Une nouvelle salve le frappe.

Procius fait de même, il ne s'attendait pas à recevoir de l'aide, car il avait vu le bombardier Xanta et le vaisseau Kirigan livrant bataille loin de la flotte. Ils s'occupaient des quelques escadrilles qui livraient encore combat. Quelle n'est pas sa surprise de voir que les projectiles proviennent d'une petite navette avec une tête d'aigle en proue.

- Comment, s'étouffe Chronaris. Zota ! Toi le plus fidèle de mes officiers, tu me trahis à ton tour !

- Voici l'instant de ma vengeance, répond le général dans la radio.

- Ta vengeance, répète le tyran sans comprendre. Mais de quoi parles-tu ?

- Je vais pouvoir assouvir ma haine !

La navette à tête d'aigle lance une nouvelle vague de missile, mais cette fois-ci sur la tête de la machine de combat.

- Je ne comprends rien, affirme Chronaris.

- Le capitaine Logs et mon fils Zeka ! Ils sont morts par ta faute !

La navette se rapproche de plus en plus de Kingorak, mais ses armes sont inoffensives, elles ne provoquent aucun dégât au robot sombre.

- Il suffit, s'exclame Chronaris. Tu m'énerves !

Le général Zota a son attention fixe sur la tête de Kingorak qu'il ne remarque pas qu'il s'est trop approché de sa cible, le bras droit du robot s'abat sur la navette. La lame géante la tranche en deux. Un corps est éjecté dans le vide. Zota flotte dans l'espace, un nuage sort de sa bouche, devant ses yeux passent le cadre holographique montrant Zeka et Logs. C'est la dernière chose qu'il voit avant que le froid de l'espace gèle toutes les molécules de son corps.

- Encore un gêneur de moins, commente Chronaris.

La salle de commandement de la base lunaire est remplie à cracker. Tout le personnel présent s'y est engouffré pour suivre l'ultime combat. Chacun retient son souffle.

Kingorak reporte son attention sur Goldorak, des éclairs surgissent sur sa couronne de corne. Le puissant rayon est projeté vers son adversaire. Procius a déjà agi. Sa machine s'élance sur la coque du vaisseau usine, le rayon frappe l'endroit où il se trouvait une seconde plus tôt. Chronaris fait bouger la tête de son robot pour suivre la trajectoire de son ennemi. Le Revenge Crown éventre la coque du vaisseau rapidement suivi par des explosions. Goldorak court aussi vite qu'il le peut, le rayon le poursuit ainsi que les explosions.

- Je n'aurais jamais cru cela réalisable, commente le prince. J'ai toujours cru que c'était impossible et pourtant je l'ai déjà vu dans les films sur Terre !

Goldorak décrit de cette façon un arc pour se rapprocher de son adversaire, mais la structure du vaisseau se rompt avant qu'il y arrive, une gigantesque explosion survient. Les deux robots se retrouvent projetés par le souffle sur un autre vaisseau proche, celui de Chronaris. Leurs impacts déforment la coque de celui-ci.

Dans l'explosion, Kingorak a perdu ses haches, il court déjà en direction de son adversaire alors que Goldorak commence à peine à se relever.

- King Sword !

Les mains de Kingorak semblent se désassembler pour disparaître dans les poignets, à la place des lames d'énergies surgissent. Le robot sombre bondit pour planter ses lames dans son adversaire. Goldorak roule sur le côté, les deux lames se plantent dans la coque du vaisseau.

- Excalium !

À son tour, Goldorak fait apparaître sa lame énergétique en se redressant. En un clin d'œil, Kingorak est sur lui, leurs lames s'entrechoquent dans les échanges qu'ils réalisent. Le combat est rapide, il est difficile de suivre le mouvement des épées. On ne voit que des arcs lumineux qui entre en collision par endroits.

Pratiquement toute la flotte de Chronaris a disparu, soit les navires ont réussi à prendre la fuite ou ont été détruits. Le bombardier Xanta et le Kirigan ont fini de détruire les rares combattants qui restaient, ils se rapprochent donc du combat.

L'une des épées que Kingorak passe au ras des cornes de Goldorak.

- Maintenant, lance le prince en actionnant ses commandes.

Son robot pivote sur ses pieds tout en tendant son épée, la pointe vient trancher le ventre de Kingorak dans une jonction mécanique entre le torse et les jambes lui permettant de bouger. L'impulsion du mouvement initié par le robot sombre lui permet de terminer son mouvement, mais il se retrouve bloqué dans cette position en fin de mouvement. Kingorak se retrouve avec les jambes tournées d'un sens et le torse d'un autre.

Chronaris s'acharne sur ses commandes ne comprenant pas ce qui se passe.

- Allez bouge, hurle-t-il.

L'homme masqué est tellement occupé à vouloir faire bouger sa machine qu'il ne voit pas Goldorak surgir à côté de lui. Il bondit en brandissant Excalium avant de la faire retomber sur le bras gauche de son adversaire. Kingorak se retrouve amputé d'un membre.

- Non ! Non ! Non ! C'est impossible, hurle Chronaris. C'est moi qui dois remporter le combat ! Il ne peut en être autrement !

Goldorak bondit pour passer au-dessus de Kingorak tout en roulant dans les aires.

- Revenge Crown !

Mais avant que le rayon ait le temps de se former, le bras droit de Kingorak se détache de son corps.

- NNNNNNNOOOONNNNNN, s'égosille l'homme masqué.

Kingorak réussi a tourné la tête en direction de Goldorak.

- Revenge Crown !

La couronne de cornes se remplit d'éclairs. Procius fait bondir sa machine, sa lame d'énergie descend sur le crâne de Kingorak en le fendant. Les éclairs se volatilisent. Procius regarde en direction du poste de pilotage de son ennemi. Il distingue à l'intérieur Chronaris immobile, d'où il se trouve, il ne sait pas si sa lame l'a atteint, mais il est certain que la verrière est entamée. Le prince se focalise sur le masque de Chronaris, il semble glissé de son visage.

Chronaris ne peut plus bouger, ses doigts tentent d'atteindre des commandes, mais il n'arrive pas à les contrôler. Sa respiration devient difficile.

- Je ne peux pas avoir…

Son masque se casse en deux et glisse de son visage.

Les yeux du prince Procius s'écarquillent quand il voit le masque de son adversaire tombé. Il n'arrive pas à croire ce qu'il voit.

- Mais comment, murmure-t-il. Je rêve ! On dirait Actarus !

Goldorak lève lentement sa lame, immédiatement, l'air s'échappe de la verrière de Kingorak. Les deux parties du masque se mettent à flotter dans le poste de pilotage, Chronaris ouvre en grand la bouche pour tenter de prendre une bouffée d'air, mais son corps se glace. Le vaisseau sur lequel se trouvent les deux robots vacille subitement. De la fumée puis des explosions apparaissent à l'endroit où Kingorak a perforé la coque avec ses épées.

- Je ferais mieux de partir, constate le prince.

Il actionne une commande pour faire venir sa soucoupe porteuse. Il regarde une dernière fois son adversaire.

- Ne prenons aucun risque ! Je n'ai pas envie de le revoir encore une fois.

La soucoupe porteuse apparaît. Exaclium disparaît du bras du robot. Goldorak se recule de quelques pas.

- Cornofulgures ! Mégavolt ! Missiles Gamma ! Pulvonium !

Toutes ses armes visent ce qui reste de Kingorak. Une immense explosion le désintègre, un morceau de sa cape vole dans le vide spatial. La coque du vaisseau sur lequel il se trouve commence à se boursoufler.

- Il est temps que je parte d'ici ! Cabré !

Des cris de joie emplissent la salle de commandement de la base lunaire. Le capitaine Knoch continue de regarder l'écran. Sur le moniteur Goldorak regagne sa soucoupe.

- Que tout le monde gagne le vaisseau royal, lance Knoch. Il est temps de rentrer sur Euphor !

De nouveaux hurlements résonnent dans la salle.

C'est pratiquement la même scène dans la salle de commandement du palais. Actarus se tourne vers le cinquantenaire.

- Vous pouvez faire venir la reine et ma sœur.

- Je m'en occupe sur le champ votre majesté.

Le quinquagénaire quitte la salle.

Le bombardier Xanta et le vaisseau Kirigan se rapprochent de Goldorak.

- Vous avez réussi votre altesse, félicite le capitaine Yamato. Que faisons-nous maintenant ?

- Que diriez-vous de regagner Euphor ?

- Avec plaisir.

- Direction le palais royal.

Les trois vaisseaux s'élancent vers la planète, mais subitement Godlorak passe en mode Mégamach.

- Il est pressé de rentrer, constate le borgne.

Le cirque de Pouki est sur le point de quitter leur emplacement quand des cris de liesse s'élèvent de partout.

- Mais qu'est-ce qui se passe, se demande le nain.

Au loin, on entend vaguement : « L'envahisseur est vaincu ! Nous sommes libres »

- La guerre est finie, demande Minima.

- Il faut croire.

Le roi Actarus est sorti du palais, il guette l'arrivée de Vénusia et Phénicia. Un bruit de propulseurs attire son attention, il lève les yeux pour fouiller le ciel du regard. Après un instant il distingue la forme familière de Goldorak. La soucoupe porteuse passe au-dessus du palais et amorce son atterrissage dans le parc.

Un véhicule s'immobilise devant le roi, numéro un en sort puis Phénicia et Vénusia.

- Vous tombez bien, lance Actarus. Goldorak vient d'arriver.

Au même instant, le bombardier Xanta et le vaisseau Kirigan font leur apparition. Ils se dirigent à leur tour vers le parc du palais.

- Qu'est-ce qu'on attend pour aller les voir, lance avec impatience la reine honorifique.

- En route, fait le roi.

Tous les trois partent en direction du parc. Quand ils y arrivent, les militaires sortent des vaisseaux. Phénicia cherche du regard son fils, mais ne parvient pas à le voir.

- Tu le vois, demande-t-elle en attrapant le bras de son frère.

- Pas encore.

Le capitaine Yamato s'approche du roi et le salue.

- Votre Majesté, fait le borgne en se tenant bien droit.

- Je suis heureux de vous revoir capitaine. Avez-vous vu le prince ?

Le borgne est surpris par la question.

- Goldorak est pourtant bien arrivé avant nous, s'étonne-t-il.

- Il vous a précédé d'une à deux minutes, annonce le roi.

- C'est étrange. Il est parti si rapidement qu'il aurait du arrivé beaucoup plus tôt.

Une angoisse traverse le visage de Phénicia. Acatrus s'élance en direction de Goldorak avant de bondir dessus. Il grimpe sur la coque pour rejoindre le poste de pilotage qu'il découvre vide.

Dans le ciel, le vaisseau royal commence son approche.

Deux mois se sont écoulés depuis la victoire contre Chronaris. Les traces des forces d'invasion disparaissent petit à petit. Le palais, la capitale et toutes les autres villes de la planète reconstruisent ce qui a été endommagé et détruit.

Les soldats ennemis qui n'ont pas eu la chance de pouvoir quitter la planète a temps et qui ont été pris par la résistance ont été reconduit sur leur planète si elle existait dans cet univers où exilé.

La reine honorifique se trouve dans le hangar secret situé sous un bassin du parc du palais. Elle porte une grande robe pour la réception qui va avoir lieu, mais son visage est triste, elle fixe Goldorak. Actarus en tenue d'apparat arrive dans son dos et la prend dans ses bras.

- Je suis certain qu'il va bien. Il faut lui laisser un peu de temps, mais il va revenir. Il doit avoir besoin de décompresser après tout ceci. Il ne manque de rien.

Actarus affirme cela, car il a eu l'occasion de se rendre dans la chambre située dans la soucoupe porteuse, il a découvert qu'il manquait les rations de survit. En discutant avec les capitaines, il a appris que Procius en faisait le plein avant chaque décollage au cas ou il en aurait besoin. Mais ils ignoraient où le prince pouvait se trouver.

- Tu dois avoir raison, répond la reine honorifique. Mais je ne peux m'empêcher d'être inquiète.

- Je comprends. Allez, sourit un peu. La cérémonie va débuter dans quelques minutes.

Phénicia essuie une larme avant de se retourner en souriant.

- Tu as raison ! Je dois faire bonne figure !

La foule est massée devant le palais royal, sur la pelouse du parc, le cirque de Pouki a dressé son chapiteau.

La famille royale se trouve sur l'estrade du trône. Le roi siège au centre, la reine sur sa gauche et la reine honorifique à droite. Mais le siège du prince est vide. Le chambellan se trouve d'un côté de l'estrade alors qu'Aliéna se trouve à l'opposer avec dans les mains un coussin sur lequel repose trois médailles. Tous deux ont repris de la force et des couleurs depuis la libération.

Trois hommes se trouvent face à eux, ce sont le quinquagénaire, les capitaines Knoch et Yamato.

La cérémonie commence, elle est retransmise sur toute la planète. Des ambassadeurs d'autres mondes se trouvent dans la salle.

Actarus se lève.

- Chers Euphoriens. Ces trois hommes qui se tiennent devant nous, vont recevoir la médaille d'Euphor pour leur participation à la libération de notre monde. Chacun d'eux à leur façon y a contribué, mais je suis bien conscient qu'il n'y a pas que ces trois hommes qui sont méritants. Chacun de vous mérite une décoration, mais ces hommes seront les représentants de vos efforts et de votre courage face à l'envahisseur. Nous avons, pardon, vous avez lutté et résisté avec courage à la dictature qu'on voulait vous imposez et nous sommes fière de ce que vous avez accomplit…

Un soldat s'approche discrètement du chambellan et lui glisse quelque chose à l'oreille.

- … messieurs approchez, conclut le roi.

Les trois hommes font un pas en avant pendant qu'Aliéna vient se placer à côté du roi.

La foule à l'extérieur suit la remise des médailles sur des écrans géants. Elle voit le roi remettre les décorations aux hommes.

Actarus retourne sur l'estrade, il se tient debout devant son trône.

- Maintenant, chers Euphoriens, que la fête commence !

Un feu d'artifice est tiré depuis les jardins du palais. Dans la salle du trône, la foule s'approche des médaillés pour les féliciter. Le roi se glisse discrètement vers le côté de l'estrade et s'approche du chambellan.

- Il y a un problème ?

- Comment cela, fait le vieil homme.

- J'ai vu le soldat.

- Nous avons détecté une sonde inconnue en orbite de la planète.

- Allons voir cela en salle de commandement.

Les deux hommes s'éclipsent de la fête.

Le moniteur central affiche l'engin inconnu.

- Nous sommes en train de calculer son origine d'après sa trajectoire, annonce le lieutenant Rola. Nous savons qu'elle transmet des données depuis son arrivée en orbite.

- Vous pouvez agrandir, demande le roi.

La sonde apparaît en gros plan sur l'écran.

- Je n'en suis pas certain, mais je crois avoir ma petite idée, déclare Actarus.

Il s'approche d'une console et tape un code. Après quelques secondes, il obtient une réponse.

- C'est bien ce que je pensais, sourit le roi.

- Vous savez d'où elle provient, s'étonne le chambellan.

- En effet. Ouvrez une fréquence avec la Terre.

- La Terre, s'exclame le chambellan.

- Plus précisément, le centre de recherche spatiale.

- Fréquence ouverte, annonce le lieutenant Sito.

- Alors vieux grigou ! Tu envoies une sonde pour m'espionner, lance le roi.

- Hé ! Tu n'as qu'à donner de tes nouvelles, vieux frère, rétorque Alcor en surgissant sur l'écran. Cela fait des mois et des mois sans nouvelles depuis cet étrange message comme quoi vous coupiez les émissions ! On se faisait du souci !

Le vieux professeur ne semble pas plus surpris que cela de la communication soudaine.

- Je comprends, sourit le roi.

- Dis donc, quelle tenue ! Je ne dérange pas au moins ?

- Ce n'est rien, juste une petite cérémonie. Tu sais le protocole, fait le roi.

- D'accord. Tu vas me dire enfin pourquoi Euphor a été silencieuse si longtemps ?

- Ah ! Rien de grave, juste un léger problème à régler.

- Léger, relève Alcor. Et cela vous a pris aussi longtemps !?

- Ce n'est pas parce qu'il est léger, qu'il n'est pas long à régler, répond simplement le roi.

Sur le moniteur, Alcor tourne légèrement la tête sur le côté.

- Tu es certain qu'il était aussi léger que tu l'affirmes. Les données que je reçois relèvent de nombreux débris en orbite et des traces d'armes à énergie.

Procius sort d'une grotte, le soleil l'aveugle, il marche sur le sable et se dirige vers la plage, le bruit de l'océan provient à ses oreilles, il s'est installé dans la base secrète sur l'île déserte qu'occupait Kayèna. Il s'arrête au bord de l'eau pour regarder l'étendue bleutée. Il prend une grande inspiration.

- Je crois qu'il est temps que je regagne le palais.

Il regarde à son poignet le bracelet de commande de Goldorak.

- J'espère qu'il y a au moins une de ces navettes en forme de raie manta sur cette base encore en état de vol. Je me vois mal l'appeler pour faire le taxi !

FIN

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