Bonjour à tous,
Voici la suite de cette fic. Je répondrais aux commentaires à la fin, sinon je donne trop de réponse et tue le suspens de ce chapitre. ;)
Juste... je vous conseille d'écouter la chanson "You are the reason" de Calum Scott lorsqu'elle apparait dans ce chapitre :D
{Enjoy}
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Chloé les rejoignit vers huit heures, apportant avec elle des cafés bien appréciés. Elle sourcilla à la vue de ses deux amies et renifla avec dédain.
« Heureusement que ma maquilleuse sait faire des miracles. »
Pour toute réponse, les deux autres eurent la décence de rougir et de grommeler silencieusement dans leur barbe. Chloé les gratifia d'un autre regard, plus amusée cette fois. Sabrina était derrière elle, expliquant le programme de la matinée pour être sûre que rien ne serait oublié. La coiffeuse fut la première à arriver pile à l'heure. A dix heures, la mariée et ses deux demoiselles d'honneur étaient parfaitement coiffées. Sabrina l'était également, gracieuseté de Chloé pour tous ses services rendus. La maquilleuse termina son travail en une heure sur Alya et en trente minutes sur chacune des filles. Autant dire qu'à midi, elles finissaient tout juste leurs préparatifs. Il ne manquait plus qu'une étape. C'est avec émotion qu'Alya enfila sa robe, rejointe depuis peu par sa mère et ses sœurs.
« Tu es vraiment magnifique chérie. Pleura doucement Marléna, luttant pour ne pas pleurer et ruiner son maquillage.
- Merci Maman. »
Alya n'en menait pas large non plus. Elle inspira profondément et se tourna enfin, attrapant son reflet dans le miroir mis à disposition par Marinette. Elle s'était peut-être déjà vue dans sa robe… Mais se voir le jour même de son mariage apportait une autre émotion bien plus grande. Les larmes montèrent aux yeux.
« Interdiction de pleurer Al'. »
La voix serrée de Chloé résonna dans l'appartement, ce qui attira son regard sur ses deux meilleures amies, désormais revêtues de leur propre robe. Elle éclata de rire et vint les prendre dans ses bras.
« Les gars ne vont vraiment pas comprendre ce qui leur arrive.
- Vous êtes toutes les trois magnifiques. Confirma Marléna avec un grand sourire. Une photo souvenir ? »
Elles échangèrent toutes les trois un regard et se mirent en place, arborant leur plus beau sourire. Pas besoin de se forcer un tel jour ! Pendant les cinq minutes suivantes, Alya enchaina les photos avec ses amies, sa mère et ses sœurs. La tension qui régnait à cause du stress qui grimpait chez la mariée descendit aussi rapidement qu'un ballon de baudruche qu'on vide de son air. Seulement, à maintenant deux heures de la cérémonie, quelque chose manquait à la future mariée. Quelque chose… ou plutôt quelqu'un. Il ne suffit que d'un regard vers Mari' pour que la brunette comprenne. Elle la serra dans ses bras.
« Je vais aller chez Nino et t'envoyer Adrien. On se voit à la Mairie ?
- Ne soyez pas en retard. Prévint-elle ludiquement.
- Jamais pour ce jour. »
Un autre câlin et Marinette quitta son appartement.
Vingt minutes plus tard, elle se tenait là, devant la porte de son meilleur ami d'enfance, hésitante et montant pour la quatrième fois sa main pour frapper contre la porte. Adrien était derrière cette foutue porte. Elle n'avait rien promis à Alya la veille mais leur conversation avait laissé des traces dans son esprit. Son envie malsaine de tout foutre en l'air avec Luka pour recommencer une nouvelle histoire avec Adrien avait pris de l'ampleur dans sa tête et dans son cœur. Ça la rendait malade. Adrien était encore en colère contre elle, elle le sentait. Et elle ne savait pas si elle supporterait un rejet pur et simple de lui. Son cœur avait trop enduré à cause – ou grâce – à cet homme qui l'avait capturé sans ménagement lorsqu'ils étaient au lycée. Elle était intimement convaincue qu'un rejet de lui serait le coup de grâce.
Un autre problème se posait désormais. Maintenant que cette idée avait germé dans son esprit, l'idée de continuer son histoire avec Luka - peu importe ce qui en ressortait avec Adrien – la dérangeait profondément. Comme si on barrière avait été franchie ou comme si un nouveau mur s'était dressé entre elle et le musicien. Cela ne lui semblait pas correct de continuer. Pas quand elle s'était admise qu'elle souhaitait retenter sa chance avec un autre.
Elle inspira, se secouant mentalement. Interdiction de déprimer aujourd'hui. Aujourd'hui, c'était le jour le plus important de la vie de Nino et d'Alya. Elle règlerait ses problèmes plus tard… Même si elle n'avait pas vraiment le temps pour le faire. Elle grimaça, se secoua physiquement cette fois et frappa à la porte.
Adrien ouvrit en moins de trois secondes, lui laissant à peine le temps de se recomposer.
« Hey. Sourit-il vivement. »
Son sourire s'estompa quand il laissa son regard tomber sur le corps de Marinette. L'espace d'une seconde, elle se sentie blessée par cette attitude. Puis, elle comprit que son sourire n'avait pas disparu par déception de la voir… Mais plutôt parce qu'il semblait…
« Putain de merde. Jura-t-il à voix basse, mais pas suffisamment bas pour qu'elle ne l'entende pas. »
Son égo se boosta en un quart de seconde. Un sourire narquois vint étirer ses traits et elle se cambra subtilement pour mettre sa silhouette en valeur, sachant parfaitement comment la robe accentuait ses attributs. Elle vit Adrien avaler sa salive quelques secondes avant que son regard ne tombe enfin dans le sien. Il renifla quand il remarqua l'air suffisant de Marinette sur son visage. Il se râcla la gorge et s'écarta de l'embrasure de la porte pour la laisser entrer.
« Tu es magnifique Mari'. Complimenta-t-il avec émotion.
- Tu es superbe toi-même. »
Quand leurs yeux se rencontrèrent une nouvelle fois, ils surent avec certitude que les choses allaient bien se passer. C'était cet instinct profond qui les habitait, cette sensation au creux de leurs cœurs et ce sentiment enfoui au fond de leurs esprits qui le leur indiquait. Oubliez la colère et le ressentiment. Oubliez cette sensation de trahison, de perte et de regrets. Sans même qu'un seul mot ne soit échangé, ils comprirent. Ils comprirent qu'un fossé avait été franchi pour chacun d'entre eux. Ils comprirent qu'ils allaient devoir parler, franchement, et verser tous ces non-dits entre eux. Pour leur propre bien et pour le bien de leur relation… quelle qu'elle soit. Parce qu'ils étaient au pied d'un mur qu'ils n'arriveraient pas à franchir en faisant l'autruche. Ils devaient discuter, ouvrir leurs coeurs et leurs âmes pour repartir sur de bonnes bases. Des bases définitives. Mais pas maintenant.
Un immense sourire étira leurs lèvres respectives. Leurs cœurs s'emballèrent à l'unisson, impatient d'avoir cette discussion. Quoiqu'il arrive, ils iraient bien.
« Nettie ? »
La voix anxieuse de Nino fit éclater leur bulle. Elle haussa un unique sourcil et plissa les yeux, à la recherche d'une explication de la part d'Adrien. Il haussa négligemment les épaules et l'invita à avancer dans le salon.
« Il est une vraie cocotte-minute sur le point d'exploser. »
Elle rit et pressa le pas. Quand elle entra dans le salon, elle vit son meilleur ami en train de faire les cents pas, clairement stressé. Dès qu'il la vit, il souffla et détendit ses épaules. Il vint la prendre dans ses bras et elle se fit un plaisir de s'y blottir. Adrien les regarda avec tendresse et s'adossa contre le chambranle de la porte. Le frère de Nino salua Marinette discrètement avant de s'éclipser dans la cuisine pour prendre un verre.
« Comment va Alya ? S'inquiéta-t-il en s'écartant d'elle.
- Moins stressée que toi. Elle a hâte de commencer.
- Moi aussi. »
Ils échangèrent un énième sourire. Le petit frère se proposa de prendre des photos avant qu'Adrien ne les quitte pour rejoindre Alya. Là aussi, ils se donnèrent rendez-vous à la mairie.
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C'est sous les applaudissements que le couple arriva tout sourire devant la mairie. Émue, Alya chercha du regard son futur mari. Jamais Adrien ne vit un tel sourire orner les lèvres de sa meilleure amie. Quand ils échangèrent un regard, il l'encouragea silencieusement et l'intima à le rejoindre. Elle ne se fit pas prier et sauta dans ses bras. Il l'accueillit en riant et l'embrassa à pleine bouche, gagnant les sifflements de la foule.
Du coin de l'œil, Adrien vit Aya lui faire signe. Il lui sourit doucement mais se détourna, cherchant du regard sa partenaire de la journée. Marinette le rejoignit, rayonnante de bonheur. Adrien retint un rire lorsqu'il vit qu'elle avait déjà les yeux humides. Elle le frappa gentiment, le grondant et lui ordonnant de ne pas se moquer. Attendrit, Adrien l'attira dans contre sa hanche, plaçant une main volatile sur sa hanche opposée. Il lui offrit un premier mouchoir. Elle fit la moue mais l'accepta facilement.
« J'en ai prévu un stock monumental pour Alya et toi. Lui murmura-t-il à l'oreille, souriant malicieusement.
- Merci Chaton. »
Il fut surpris de l'attendre si douce avec lui. Son cœur manqua un battement avant de reprendre de plus belle. Son regard se chargea d'une tendresse infinie et, sans se rendre compte de ce qu'il faisait, il déposa un baiser sur le haut de sa tête.
Ni lui ni Marinette ne remarquèrent les regards choqués et outrés de Luka et Aya.
La cérémonie à la mairie se déroula sans encombre. L'émotion était belle et bien présente mais ni les mariés ni les témoins ne versèrent de larmes sans arriver à se contrôler. Ce fut une autre histoire lors de la cérémonie laïque. Aucun des deux n'étant croyant, ils avaient opté pour cette option qui était, à leur sens, bien plus personnel pour eux.
C'était la sœur d'Alya qui présidait la cérémonie, n'hésitant pas à raconter pleins d'anecdotes embarrassantes sur les deux mariés. Adrien et Marinette échangeaient souvent des regards complices, des sourires aux souvenirs ravivés et n'hésitaient pas à rajouter de l'huile sur le feu, gagnant souvent des regards acérés de la part d'Alya et Nino. Mais, à la fin, les larmes avaient définitivement pris place sur le visage des filles et les gorges étaient bien serrées pour les gars. Le premier paquet de mouchoir d'Adrien y passa… Et il n'eut pas l'occasion d'en donner un seul à Alya. Autant dire qu'il profitait de chaque passe pour se moquer de la brunette trop sensible qui se tenait à ses côtés. Mais, il devait l'admettre, il adorait la sentir de nouveau à ses côtés.
Le vin d'honneur dura près de deux heures. Les photos s'enchainaient, les conversations aussi. Inconsciemment, Adrien et Marinette restaient constamment dans le de vision de l'autre, s'échangeant des regards, des sourires, des caresses quand ils étaient proches. Un nombre incalculable de photo fut prises d'eux deux, accompagnés par les mariés, accompagnés par le groupe du lycée ou du collège. Parfois, Luka et Aya étaient également présents mais, sans même qu'ils ne s'en rendent compte, ils les avaient évité.
Autant dire que les deux concernés étaient blessés et prenaient sur eux pour ne pas créer de disputes devant autant de convives. Mais, heureusement, l'arrivée à la salle de réception où se déroulerait le repas les rapprocha de leurs conjoints respectifs. Aya s'accrocha à Adrien comme une huitre à son rocher et Luka s'arrangeait pour être le plus présent possible auprès de sa petite-amie. Seulement, étant les témoins et devant être sur tous les fronts pour que tout se passe pour le mieux, Adrien et Mari' étaient souvent en train de courir à droite et à gauche pour régler les détails et les imprévus de dernières minutes.
Mais, au final, la situation semblait revenue à la normale pour Aya et Luka et c'est tout ce qui comptait pour eux.
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Nino se leva, prenant un peu par surprise Alya qui était en pleine discussion avec Adrien et Marinette sur la suite de la soirée. Il leva son verre et attira l'attention de tous ses convives en frappant doucement sur le verre. Alya leva les yeux au ciel alors qu'un immense sourire étirait les lèvres du métis.
« J'ai toujours rêvé de faire ça. Avoua-t-il, déclenchant plusieurs rires dans la salle. Je parle au nom d'Alya également en vous remerciant tous pour vous être déplacés jusqu'ici pour partager ce jour si particulier pour moi et ma femme. »
Il lança un regard empli d'amour à Alya, qui rougit légèrement. Il s'empara de sa main et déposa un léger baiser, accentuant les rougeurs de la pauvre jeune femme. Mari' laissa un « Ooow » attendrit sortir de ses lèvres. Luka sourit et posa sa main sur sa cuisse. Il ne la sentit pas vraiment se tendre sous ce geste alors qu'il prêtait attention à Nino, qui se raclait la gorge pour continuer son discours impromptu.
« Beaucoup d'entre vous nous connaissent depuis longtemps. Certains d'entre vous nous ont vus démarrer notre relation en troisième et certains d'entre vous – dont je ne citerais pas les noms même si beaucoup savent de qui je parle – nous ont aidé à nous mettre ensemble. »
D'autres rires ont rempli la salle. Adrien se tourna vers Marinette et lui lança un clin d'œil. Elle gloussa et tendit son poing vers lui. Il ne se fit pas prier pour frapper son poing contre le sien. Ils se murmurèrent un « Bien joué » sur le bout des lèvres et reportèrent leur attention vers Nino.
« C'était très important pour nous deux d'avoir tous ceux qui compte à nos côtés pour ce grand jour. Alors, merci. Merci d'être présent et de rendre ce jour si spécial. »
Il y eut un début d'applaudissement qui mourut rapidement quand tous virent qu'il allait continuer son discours.
« Nous sommes les premiers de notre groupe d'amis à nous marier. Sincèrement Dudes, s'adressa-t-il à Yvan et Mylène, j'aurais parié que vous seriez les premiers à franchir le pas.
- Tu m'as coupé l'herbe sous le pied. Rit le géant, embrassant les phalanges de celle qu'il épouserait dans moins d'un mois maintenant.
- Je ne pouvais plus attendre pour la rendre officiellement mienne. Rit-il en lui envoyant un clin d'œil. Plus sérieusement, reprit-il en se tournant vers sa femme, depuis le temps que nous sommes ensemble Alya, je n'arrivais pas à imaginer de vivre une seconde de plus sans pouvoir t'appeler Madame Lahiffe. Nous avons tellement traversé tous les deux. Nous avons tellement vécu. Tu m'as supporté quand j'étais au plus bas, tu es la raison pour laquelle je suis heureux de me lever tous les matins, juste dans l'espoir de pouvoir partager un maximum de temps avec toi. Tu fais de moi l'homme le plus heureux au monde et je refusais de perdre une seconde de plus sans toi à mes côtés en tant que femme. »
Les yeux d'Alya s'humidifiaient au fur et à mesure du discours de son mari. Marinette avait la gorge serrée et luttait férocement contre les larmes. Des larmes de bonheur pour ses meilleurs amis. Parce qu'ils s'étaient trouvés depuis longtemps. Parce qu'ils avaient partagé tant de choses ensembles. De bonheur à n'en plus finir, des doutes, des moments plus douloureux. Mais, au final, ils étaient ensembles et ils étaient complets. Et cela laissait un creux sans fond dans son propre cœur. Parce qu'elle n'avait pas eu ce courage de tout affronter avec l'homme qu'elle a aimé plus que de raison. Parce qu'elle n'avait pas été si confiante dans sa relation avec cet homme.
C'était blessant.
Et elle espérait de tout cœur que tout n'était pas encore perdu.
Le reste du discours de Nino passa inaperçu dans son esprit, trop préoccupé à imaginer tout ce temps qu'ils avaient perdus. Trop préoccupé par tout ce qu'elle avait perdu et tout ce qu'elle avait encore à perdre. Inconsciemment, sa respiration devint un peu plus difficile. C'était imperceptible. Luka ne le remarqua pas, trop concentré sur le discours émouvant du marié. Il avait déjà retiré sa main de la cuisse de Mari', tenant avec son verre prêt à porter le toast qui allait arriver.
Seulement, Adrien le remarqua.
Parce que lui aussi avait perdu l'intérêt du discours. Parce que lui aussi avait été perturbé par le discours qui avait des échos dans son propre esprit et dans son propre corps. Instinctivement, son corps s'était éloigné de celui d'Aya, qui était émerveillée par l'émotion de Nino et les mots doux qu'il envoyait à sa femme, rêvant sans doute en entendre à son tour le jour de son mariage. Tout son être s'était tourné vers Marinette et, quand il remarqua qu'elle commençait à s'en doute à trop penser, il ne put s'empêcher de sourire tendrement et de poser délicatement, discrètement, deux doigts sur sa cuisse. Cela attira immédiatement son attention. Elle se perdit dans son regard mais elle fut incapable d'y trouver les réponses qu'elle cherchait désespérément.
Tic tac.
Le temps passait. Ce foutu temps dont parlait Nino. Et plus il passait, plus ses chances d'être honnête et, elle l'espérait, heureuse avec lui s'amenuisaient.
Une salve d'applaudissement éclata leur bulle. Ils se tournèrent d'un même mouvement vers les jeunes mariés, échangèrent un regard entendu avec eux et trinquèrent à leur nouvelle vie.
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L'ouverture officielle du bal fut appelée vers vingt-trois heures. Avec un immense sourire, Nino attrapa la main de sa femme et l'attira doucement sur la piste, sous les applaudissements et les sifflets des convives. Adrien et Mari' suivirent, s'excusant auprès de leurs conjoints respectifs. Ils restèrent un peu à l'écart, attendant le bon moment pour entrer dans la danse.
Perfect commença juste après que les lumières ne se soient éteintes. Seules quelques loupiotes aux couleurs tamisées éclairaient l'espace, entourant les nouveaux mariés dans un halo protecteur. Ils étaient splendides. Pas pour la première fois de la journée, les larmes montèrent aux yeux de Marinette. Adrien le remarqua et fut attendrit pour la millième fois de la journée. Cette femme était vraiment trop adorable pour lui et son cœur tendre. Pour lui montrer son soutien, il colla son bras au sien et enlaça discrètement ses doigts à ceux de la jeune femme.
Elle inspira subtilement, parfaitement consciente de la proximité du blond. Des frissons commencèrent à courir sur elle au fur et à mesure que le temps passait. Bien trop tôt à son goût, ils durent quitter leur place et vinrent rejoindre la danse. Lorsqu'ils ancrèrent leurs regards l'un dans l'autre, ils se construisirent immédiatement leur petite bulle protectrice où eux-seuls existaient. Le souffle de Mari' se bloqua quand elle remarqua la profondeur du regard qu'Adrien posait sur elle. C'était bien plus intense que tous ceux qu'ils avaient partagé ce jour-là. Il avait bien plus de sens, de promesses cachées au fond de ses émeraudes qui lui coupaient le souffle. Il sourit doucement, fier de l'effet qu'il avait sur elle, et l'entraina dans leur chorégraphie maitrisée.
Au fur et à mesure que la chanson avançait, les corps se rapprochèrent inconsciemment, les touches se firent un peu plus douces ou un peu plus marquées et les regards parlaient suffisamment pour qu'aucun mot ne soit nécessaire.
C'était ressourçant. Cette facilité de compréhension, cette facilité de communication et cette alchimie si naturelle entre eux. Pour la première fois depuis le début des préparatifs de ce mariage, ils embrassèrent pleinement ce petit quelque chose qu'ils partageaient depuis tant d'années. Il n'y avait plus qu'eux.
Perfect se termina. Les dernières notes s'étirèrent, les obligeant à se séparer. Ils flottèrent sur la piste de danse, rencontrant Alya et Nino pour un sourire, un câlin et ils retombèrent dans les bras l'un de l'autre au moment où les premières notes de la seconde chanson commencèrent. Leur cœur manqua un battement. Leurs yeux s'écarquillèrent et ils regardèrent d'un même mouvement Alya et Nino. Ils se contentèrent de leur envoyer un clin d'œil avant de se détourner d'eux, laissant Mari' et Adrien avec leurs cœurs battant furieusement. Marinette rougit et baissa le regard. Le blond refusa de couper le contact. Avec douceur, il fit glisser sa main sur son bras, déclenchant une série de frissons, et la força à relever le visage vers lui. Il l'accueillit avec un sourire d'une douceur sans fin et d'un regard empli d'amour. Comment ne pas succomber?
There goes my heart beating
'Cause you are the reason
Les yeux une nouvelle fois ancrés l'un dans l'autre, Marinette et Adrien ne luttèrent pas pour faire taire, cette fois, leurs cœurs. Ils étaient sûrs que l'autre pouvait l'entendre. Impossible de passer à côté de ce tambourinement si sourd qui résonnait dans leurs oreilles. Et ils en étaient la cause. Lui. Elle. Uniquement.
I'm losing my sleep
Please come back now
Cette phrase! Combien de nuit avaient-ils perdus à rêver de l'autre ? Ces nuits n'étaient pas si anciennes pourtant. L'idée de passer de nouvelles nuits ensemble emballa, si c'est possible, encore plus le cœur de Marinette. Sa gorge se serra, son ventre s'enflamma. Elle se pinça les lèvres pour retenir de justesse un gémissement, se frappant mentalement pour être si sensible. Adrien plissa les yeux d'amusement et, tout en continuant stupidement parfaitement la danse, la rapprocha de lui un peu plus.
There goes my mind racing
And you are the reason
That I'm still breathing
Faux. Archi faux. Il était celui qui lui coupait le souffle. Il était celui qui s'amusait du fait de lui couper le souffle. Il la tourna sur elle-même avec délicatesse, lui donnant un quart de seconde de repos. Ne pas le regarder lui permis d'inspirer pleinement. Mais ce n'était pas suffisant.
I'm hopeless now
Parce que le regard qu'ils partagèrent ensuite fut celui qui la fit chavirer. Elle pensait que son ventre était enflammé mais ce n'était rien comparé au feu qui ravageait maintenant ses entrailles. Le désir brûlant qui dansait dans les iris vertes d'Adrien ne calmait en rien ses ardeurs, bien au contraire. Instinctivement, elle mordilla le coin de sa lèvre inférieure. Il écarquilla les yeux, boostant son égo.
I'd climb every mountain
And swim every ocean
Just to be with you
And fix what I've broken
Elle aurait dû se battre. Pour lui. Pour eux. Elle aurait dû insister, lui dire que tout irait bien malgré la distance. Parce qu'ils étaient censé être ensembles. Elle n'aurait pas dû avoir peur de cet océan qui s'était dressé entre eux. Au contraire. Elle aurait dû le dompter. Elle aurait dû s'estimer suffisante pour lui, pour eux.
Du coin de l'œil, elle aperçut Luka qui la fixait, les bras croisés sous sa poitrine et le regard impénétrable. Elle aurait dû se sentir coupable mais rien ne lui vint, si ce n'est des remords. Elle dévia le regard immédiatement, se concentrant uniquement sur l'homme entre ses bras. Luka serait son plus grand remord… Mais Adrien était son plus grand regret.
Oh, 'cause I need you to see
That you are the reason
Et, pour répondre à la question de son père, elle préférait vivre avec des remords qu'avec des regrets.
There goes my hands shaking
And you are the reason
S'admettre cette vérité libéra une nouvelle vague d'émotion. Ils avaient tant perdus. Ils avaient tant manqués. Comment pouvait-on rattraper tout ce temps perdu?
My heart keeps bleeding
I need you now
Elle avait besoin de lui comme elle en avait besoin au lycée. Il était son tout… Et l'est encore, bien qu'elle ait réellement essayé de le dépasser. Mais, finalement, après plus de six ans de séparation, elle était revenue au point de départ. Et lui ?
And if I could turn back the clock
I'd make sure the light defeated the dark
Avait-elle tout perdu en prenant autant de temps à s'admettre cette vérité ? Avait-il réellement tourné la page avec Aya ? Ils étaient fiancés merde ! S'il ne l'aimait pas profondément, jamais ils ne se seraient fiancés, aussi étrange et informelle soit la demande en mariage.
I'd spend every hour, of every day
Keeping you safe
And I'd climb every mountain
And swim every ocean
Just to be with you
And fix what I've broken
Oh, 'cause I need you to see
That you are the reason (I don't wanna fight no more)
Le rythme s'accéléra et ils adaptèrent leur propre vitesse. Comment pouvait-il réussir à se concentrer sur la danse ? Elle en était incapable. S'il n'était pas celui qui menait, cela ferait bien longtemps qu'ils auraient été à l'arrêt, simplement perdu dans le regard de l'autre.
I don't wanna hide no more
Elle ne voulait plus se cacher. Ni d'elle-même, ni aux autres. Elle en ressortirait totalement et définitivement brisée. Elle avait besoin de sortir ses émotions, ses envies. Et le regard d'Adrien – oh mon Dieu, son regard ! – reflétait parfaitement le sien. Comme s'il prenait conscience en même temps qu'elle qu'ils n'avaient plus vraiment de temps et d'option. Comme s'il prenait conscience, lui aussi, qu'il était sur le point d'exploser.
I don't wanna cry no more
Ils avaient assez pleuré l'un pour l'autre. Désormais, ils pleureraient l'un avec l'autre, pour panser leurs blessures ensembles. Parce qu'il y aurait sans doute d'autres pleures. Mais rien qu'ils ne pourraient pas dépasser. Ensemble.
Come back I need you to hold me (You are the reason)
La vrille dans laquelle il l'avait entrainée l'éloigna de lui quelques secondes. Ils ne se lachèrent pas du regard, les souffles devenant saccadés à cause de leur empressement.
Be a little closer now
Il la ramena vers lui et tira peut-être un peu trop fort. Elle tomba presque sur son torse. Il étouffa un grognement mais il ne la laissa pas s'éloigner. Comme une promesse sourde qu'eux seuls pouvaient entendre.
Just a little closer now
Come a little closer
Elle leva une nouvelle fois les yeux vers lui. Il lui sourit et posa son front contre le sien. Fermant désormais tous les deux les yeux, se laissant bercer par la musique, ils continuèrent les pas sans vraiment y penser.
I need you to hold me tonight
Il resserra l'étreinte qu'il exerçait sur le bas de son dos, la collant définitivement à lui. Leurs souffles se mélangèrent, chargés de cette tension qui les habitait au fur et à mesure que les paroles imprégnaient leurs cœurs, leurs corps et leurs âmes.
Le rythme diminua. Ils tanguèrent doucement, fidèles à la chorégraphie enseignée par le prof de danse. Seulement, ils ouvrirent tous les deux leurs yeux. Imperceptiblement, Adrien commença à avancer ses lèvres vers celles de Mari'.
I'd climb every mountain
And swim every ocean
Just to be with you
And fix what I've broken
'Cause I need you to see
That you are the reason
Alors que leurs lèvres étaient sur le point de se toucher, un tonnerre d'applaudissement éclata autour d'eux. Mais ce n'est pas ça qui les interrompit pour de bon. Non.
Aya sauta sur Adrien, l'éloignant brutalement de Marinette qui cligna des yeux plusieurs fois. La musique suivante était très dynamique et, rapidement, elle se trouva entourée par une foule d'invités venus rendre hommage à la piste de danse. Aya entraina Adrien dans une choré collée-serrée sous le regard perdu de Marinette. Les deux anciens amants se regardèrent, complètement ravagés. Adrien essaya tant bien que mal de se défaire de l'emprise de sa fiancée mais rien n'y fit.
Les larmes montèrent aux yeux de Marinette. Aya était là. Aya le tenait. Aya dansait avec lui.
Elle entendit la voix de Luka l'appeler à travers la foule mais elle refusa de se tourner vers lui. De l'air. Il lui fallait de l'air. Elle se détourna du regard d'Adrien et fendit la foule, cherchant à atteindre la périphérie de la pièce. Quand elle y arriva, elle posa une main fébrile sur le mur pour l'aider à se soutenir.
« Marinette ? »
La voix de Luka semblait lointaine. Pourtant, la main sur son épaule indiquait, au contraire, qu'il était bien proche d'elle. Elle avala difficilement sa salive et se tourna vers lui. Elle put à peine maintenir son regard. Luka fronça les sourcils, commençant à serrer les dents.
« Chérie. Tout va bien ?
- Oui… Je… je crois que nous devons parler. Parla-t-elle d'une toute petite voix, évitant son regard.
- Quoi ? Je ne t'ai pas entendu. Incita-t-il à répéter, l'approchant de lui pour la réconforter en se méprenant sur ses sentiments.
- Nous devons parler Luka. »
Jamais il n'avait pu lire autant de chose dans son regard. Pourtant, il était bon pour lire les gens. Il était bon pour anticiper les choses. Il comprenait lui-même les choses avant que les personnes concernées ne se l'admettent. Alors oui, il avait senti un changement chez Marinette. Un changement qui ne lui plaisait pas vraiment au début mais qu'il avait espéré de bonne augure au final.
Pourtant, à cet instant précis, tout dans son regard lui criait qu'il n'avait jamais eu aussi tort de toute sa vie. Et, lui qui avait toujours été d'un calme étonnant, il se retrouva à se prendre de plein fouet une vague de colère sourde en plein cœur. Son bras tomba le long de son corps et ses dents se serrèrent. Il la vit tressaillir, sentant sans doute le changement de son état d'esprit. Cela le choqua presque mais sa colère le rendait insensible à sa détresse. Le bruit autour d'eux augmenta, accompagnant la chanson ridiculement joyeuse qui s'élevait dans les airs. Le respiration du guitariste se fit plus sifflante.
« Tu me quittes, c'est ça ?
- Je suis désolée Lu…
- Tu me quittes pour ce type ? Reprit-il un peu plus fort, la faisant haleter, mais pas assez pour attirer l'attention. Il va te briser le cœur une fois de plus Marinette. Tu en es consciente n'est-ce pas ? Tu n'es pas conne à ce point, non? C'était toi qui n'arrêtais pas de dire qu'une relation à distance ne serait pas suffisante pour lui et toi à l'époque. Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui la rendra suffisante cette fois ? Cracha-t-il, sans se rendre compte qu'il piétinait le cœur de sa copine et qu'il ravivait des insécurités qu'elle pensait avoir enfouie au fond de son âme. »
Marinette écarquilla les yeux, choquée par les propos de Luka. Elle se doutait qu'il ne serait pas enchanté de savoir qu'elle lui avait perdre son temps depuis tout ce temps. Mais qu'il soit ainsi, crachant son venin ? Jamais elle ne l'avait imaginé ainsi. Mais elle le méritait.
Parce qu'il avait raison.
Elle n'était pas suffisante à l'époque pour Adrien, du moins c'était son point de vue. Même si Adrien ne lui avait jamais donné ce sentiment d'être insuffisante, même s'il avait toujours été à ses côtés, il avait aussi décidé de mettre un terme à leur relation à l'époque. N'était-ce pas parce qu'il considérait une relation à distance avec elle insuffisante pour son bonheur ?
Les larmes coulèrent librement sur ses joues, calmant immédiatement Luka. Il écarquilla les yeux à son tour et recula d'un pas, comme s'il avait été frappé par la force de ses propos. Pourtant, rien dans son regard ne laissait présager des excuses. Tout ce que Marinette voyait, c'était sa colère. Elle ne put le supporter plus longtemps et s'enfuie.
« Marinette. Appela-t-il avec colère, énervé d'être ainsi esquivé alors qu'il avait encore des choses à dire. »
Il vit la silhouette de sa copine jongler entre les invités, évitant tout regard. Il vit Alya la remarquer et lui lancer ensuite un regard. Sa colère se dirigea vers la mariée. Il ne doutait pas un instant qu'elle avait tout fait pour foutre un doute dans l'esprit de sa copine qui avait cédé à des fantasmes irréalisables.
Luka inspira profondément et entreprit de rejoindre Marinette. Il devait lui ouvrir les yeux et la ramener à la raison. Adrien n'était pas bon pour elle. Ils avaient eu leur chance et ça n'avait pas marché. Hors de question qu'il soit évincé pour un fantôme, un souvenir ou un fantasme ridicule. Même s'il était blessé, il refusait de la perdre !
Alya s'interposa sur son chemin, bloquant sa lancée. Ils se défièrent du regard quelques instants et Luka se surprit à avoir envie de la jeter sur le côté pour continuer sa route.
« Laisse-la partir Luka. Demanda Alya, un air désolé dans son regard.
- Hors de question. Je n'arrive pas à croire que tu la pousse là-dedans. Siffla-t-il à sa rencontre.
- Et pourquoi ? Je ne souhaite que son bonheur.
- Et tu crois que c'est en l'incitant à aller dans ses bras qu'elle sera plus heureuse ? Cria Luka avec colère, ne se souciant pas s'il attirait l'attention ou non. Ne compte pas sur moi pour ramasser les morceaux quand elle se rendra compte qu'elle a fait une belle erreur. J'ai assez donné comme ça. Alors laisse-moi passer pour réparer tes conneries.
- Non Luka. Soutint Alya.
- Tu vas le regretter Al'. Prévint-il, la menaçant avec un doigt.
- Et toi ? Tu ne vas pas regretter de n'être que son second choix ? Parce que c'est ce que tu es et tu le sais. »
Le ton cinglant de la rousse le cloua sur place. S'il n'était pas aussi en colère, il aurait vu la véracité de ses propos. S'il avait été plus honnête avec lui-même, il n'aurait pas eu besoin que quelqu'un d'autre le lui lance en pleine figure. Il serra les poings. Il se sentait humilié comme jamais.
Et détruit.
Parce qu'il l'aimait tellement.
Mais, même au travers de sa colère, il pouvait voir que c'était un combat perdu d'avance. Tout dans le regard que lui avait lancé Marinette, tout dans ce qu'il avait pu observer ces derniers jours, tout dans ce qu'il avait entendu au travers des conversations qu'il avait eu avec Mari' durant sa foutue absence et tout dans le regard d'Alya le lui criait.
Son poing s'écrasa contre le mur. Alya sursauta et, immédiatement, Nino vint à ses côtés, se mettant entre le guitariste en colère et sa femme. Il leur lança un regard meurtrier.
« Tous mes vœux de bonheur. Cracha-t-il. Et bonne chance pour réconforter Marinette. Vous vous êtes assez foutu de moi comme ça. »
Il quitta la pièce, prenant la direction opposée de Marinette. Les deux mariés échangèrent un regard et, malgré le choc évident dans le regard d'Alya, la rousse se souvint de l'état dans lequel était partie sa meilleure amie.
« Je dois la retrouver. Murmura-t-elle, la cherchant déjà du regard.
- Vas-y chérie. Je m'assures que Luka est bien parti. »
Il observa Alya se fondre dans la masse, à la recherche de Marinette. Malgré la détresse de la franco-chinoise et le pincement au cœur que ressentait Nino, il se répétait comme un mantra qu'ils avaient bien fait. Il repéra Adrien dans la foule. Aya le dépassa, les larmes coulant sur ses joues. Le regard noir qu'elle lui lança le fit frissonner et lui donna une claire indication sur ce qui avait dû se passer entre elle et Adrien. Il détacha son regard de l'américaine et plongea son regard dans celui du blond qui fouillait la pièce des yeux. D'un mouvement de tête, il lui donna la bonne direction à suivre.
Pour la première fois depuis longtemps, il croisa les doigts et pria pour que tout se passe bien.
« Marinette ! Cria Alya, ayant enfin réussit à sortir de la salle bondée, alors qu'elle voyait la brune fuir dans la nuit. Marinette, attends s'il te plait. Implora-t-elle. »
A son grand soulagement, la franco-chinoise ralentit sa course jusqu'à s'arrêter. Même en la rejoignant, Alya put voir les tremblements qui secouaient Marinette. Le cœur de la mariée se serra douloureusement, priant pour qu'ils n'aient pas été trop loin et que tout se finirait comme ils l'avaient espéré. Et s'ils s'étaient trompés?
« Mari'…
- Je ne veux pas en parler Alya. Pleura Marinette sans se tourner pour lui faire face.
- Je suis désolée Mari' mais…
- Mais quoi Alya ? Pleura Marinette pour de bon, son cœur tambourinant contre sa poitrine, en se tournant vers elle. »
Alya haleta et sentit les larmes monter quand elle vit la douleur dans les yeux de sa meilleure amie. Ce n'était pas censé arriver ! Ce n'était pas la conclusion qu'ils avaient voulu.
« Que veux-tu que je te dise Alya ? Que tu as raison ? Et bien oui, tu as raison depuis le début et je suis encore raide dingue d'Adrien. Et jamais je ne pourrais m'arrêter de l'aimer. Je ne sais pas si mon cœur est capable de l'oublier. Mais c'est trop tard pour nous, c'est...
- Il n'est pas trop tard. Intervint Adrien, le souffle court. »
Marinette laissa échapper un jappement de surprise et se tourna vers lui. Le cœur du blond s'accéléra quand il vit ces deux orbes céruléens se poser sur lui. Elle était en larmes, toute sa douleur clairement visible dans ses yeux. Adrien laissa échapper un souffle qu'il retenait sans le savoir et s'approcha d'elle doucement, comme s'il avait peur de la faire fuir.
Il ne la laisserait pas partir. Pas cette fois.
« Marinette… S'il-te-plait. »
Il nota du coin de l'œil qu'Alya se reculait, lui laissant pleinement l'espace autour de Mari'. Il arriva à sa hauteur sans qu'elle n'ait eu le temps de bouger. Doucement, il glissa sa main sur la sienne et enroula ses doigts avec les siens. Elle ne pouvait plus fuir.
« Je… je… commença-t-elle à bégayer, ses yeux s'agrandissant quand elle comprit enfin la situation.
- S'il te plait Marinette, coupa avec tendresse Adrien, montant délicatement son autre main pour effleurer son visage. Ne dis pas qu'il est trop tard pour nous. Je ne le supporterais pas. Pas maintenant que j'ai compris qu'il n'y a personne d'autre et qu'il n'y aura personne d'autre que toi qui peut me rendre heureux comme jamais. »
Ce n'était qu'un murmure, une plainte à cœur ouvert qu'il professait. Alya se sentit comme la pire des voyeuses en cet instant plein d'intimité. Les larmes coulaient librement sur les joues de Marinette et Adrien luttait ardemment pour ne pas pleurer également. Il s'approcha d'elle encore plus, réduisant l'espace entre leurs deux corps pour qu'ils se touchent quasiment. Ses lèvres effleurèrent celles humides de Marinette.
« S'il te plait… »
C'était une supplice, une supplice qui trouva un écho effrayant dans le cœur de la brune tellement elle avait tout son sens. Son cœur tambourinait comme jamais, s'écrasant contre sa poitrine. Son souffle s'accéléra. Il ne suffit que d'une seconde. Qu'une toute petite seconde.
Elle écrasa ses lèvres sur les siennes avec avidité. Ils gémirent tous les deux, brisant les dernières barrières invisibles qu'ils avaient dressé entre eux. Les bras d'Adrien s'enroulèrent autour de sa taille et de son cou, l'attirant au plus près de lui.
Mienne.
Son esprit ne cessait de réclamer son dû, son corps et son cœur. Il déversait tout ce qu'il ressentait dans ce baiser, refusant de la laisser avec le moindre doute qu'il la voulait. Il sut avec certitude qu'il ne pourrait plus jamais la laisser filer. Jamais. Elle était à lui. Elle était sienne. Et il était sien, jusqu'au plus profond de son être.
« Dudes, prenez une chambre. »
La voix de Nino les obligea à se séparer, pantelant et essoufflés. Un coup d'œil vers Alya et il remarqua les rougeurs sur ses joues, ce qui l'embarrassa un peu qu'elle ait assisté à ça. Parce que, clairement, il était prêt à la prendre ici et maintenant pour lui prouver qu'il ne la laisserait plus partir. Pour lui prouver qu'il était à elle autant qu'elle était à lui. Il ne s'attarda pas sur Alya et laissa son regard dériver vers le métis. Ils échangèrent un sourire entendu et Nino lui lança un jeu de clé qu'Adrien attrapa au vol. Son sourire se transforma en un sourire narquois et empli de promesse quand il se tourna vers Marinette. Elle le regarda avec intensité.
D'un geste rapide, il se baissa et la balança sur son épaule. Elle hurla de surprise et éclata de rire quand Adrien reprit la marche, l'amenant dans un endroit plus intime.
« A demain les amoureux. Chanta Alya, rayonnante de bonheur cette fois, alors qu'elle se blottissait avec satisfaction dans les bras de son mari. »
Sooooo... pour répondre aux commentaires :
- LadyTwiligtPotter : c'est mon avant-dernier chapitre. Le suivant sera donc le dernier. Finalement, la frustration n'aura pas été très longue ( ou presque).
- Kapel85 : Aya n'a pas été dans le premier avion quand tu as laissé un com' au chapitre 39 mais presque. Et finalement, il aura fallu l'intervention d'Alya et Nino pour tout débloquer :)
- Letharia : je suis très touchée par ton commentaire et je suis ravie de t'avoir entrainée dans cette UA. J'avoue que je n'ai pas pensé à utiliser Chloé pour jouer les cupidons. Ce sera peut-être une idée pour une autre histoire ;) Je suis également heureuse de voir que mon histoire reste crédible. J'avoue que c'est un peu ma peur que de trop dramatiser les choses (ce qui est surement un peu le cas ahah). En tout cas, j'espère que ton esprit a pu se soulager un petit peu. Plus qu'un chapitre et ce sera fini :)
En tout cas, merci à ceux qui me suivent et m'encourage avec leurs commentaires. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre ;)
