Titre : Honnor, Love and Dignity
Auteur : Desolate03
Traductrice : Althaïs
Beta : Julie et Cocolie
Disclaimer Les personnages d'Harry Potter sont à JK Rowling l'auteur ne fait que les emprunter,
Note : La fiction est totalement traduite il ne reste qu'à poster, J'ai l'autorisation de l'auteur pour la traduire,
Chapitre deux
Lucius embrassa doucement Severus sur la bouche avant de sortir dans la fraîcheur matinale avec Harry.
"N'aies pas peur Severus, Harry et moi irons bien." dit Lucius doucement alors qu'il rabattait le capuchon de son manteau gris argent, afin de cacher aux yeux de tous ses cheveux d'une surprenante couleur argentée et ses oreilles. Severus acquiesça mais Lucius l'observa se mordre la lèvre inférieure d'inquiétude.
"Draco, prends soin de ton papa." murmura doucement Lucius dans l'esprit de son fils. Celui-ci, qui avait aidé Harry à enfiler son propre manteau, hocha la tête et sourit avec inquiétude.
"S'il vous plaît soyez prudent et veillez l'un sur l'autre." dit-il faiblement, embrassant son père sur la joue avant d'embrasser chastement son mari sur les lèvres. Harry lui tapota doucement la joue et lui adressa un clin d'œil.
"Père et moi ferons attention et nous reviendrons sains et saufs, il n'y a aucune raison pour que toi ou Papa soyez inquiets, répondit Harry avec sagesse comme lui aussi soulevait la capuche de son manteau vert émeraude et qu'il la tirait sur sa tête, cachant son visage et sa cicatrice en forme d'éclair. Draco hocha la tête et joignit discrètement ses mains à celles de Severus alors qu'ils regardaient tous les deux leurs maris disparaître de leur champ de vision.
"J'ai un mauvais pressentiment à ce sujet." murmura sombrement Severus.
Draco regarda son second père avec tristesse reconnaissant l'expression dans ses yeux. Au fil des ans, une fois que Lucius et Severus avaient été pleinement liés, certains dons de visions et de prophéties de Lucius avaient été transmis à Severus amenant parfois le sorcier à sentir comment les situations tourneraient. Et presque toujours ses prédictions se révélaient exactes. Cette fois, cependant, Draco espérait qu'il avait tort.
"Viens," dit Draco "nous avons Remus à soigner, cela devrait nous aider à maintenir nos pensées loin de ce que nos maris font en ce moment."
Severus opina du chef et les deux époux se réfugièrent dans le Manoir Malfoy.
Le Chemin de Traverse était tel qu'il avait toujours été : bruyant, en liesse, et surpeuplé. Lucius était heureux que son manteau cachât son dégoût pour ce lieu.
Après avoir vécu si longtemps dans les forêts et les palais ouverts du Grand Prophète, la multitude de boutiques surpeuplées et les cris lui tapaient sur les nerfs. À ses côtés, Harry gloussa :
"J'éprouve la même chose, mon Père. J'avais oublié à quel point cet endroit pouvait être chaotique.
- Eh bien, je voudrais oublier de nouveau et cette fois pour de bon." marmonna Lucius tandis qu'il contournait quelqu'un sur le point de lui renverser dessus quelque chose qui semblait dangereux.
Bien que tout eût l'air normal, Lucius et Harry pouvaient tous les deux sentir la tension sous-jacente qui flottait dans l'air que provoquaient leurs présences. Des personnes les fixaient de tous côtés, le regard méfiant et vaguement hostile, pendant qu'ils se frayaient un chemin à travers l'allée.
Personne ne fit rien, mais Harry glissa lentement sa baguette magique, petit à petit dans sa main au cas où. Même si au fil des ans, il avait appris une quantité importante de magie sans baguette, il avait le pressentiment qu'il serait plus facile de négocier avec les sorciers s'ils pensaient encore qu'il devait en utiliser une.
"Peut-être que nous aurions dû transplaner directement à Poudlard ?" demanda doucement Harry alors que Lucius et lui avançaient sur le Chemin de Traverse, les regards à présent hostiles des deux côtés.
- "Peut-être," dit Lucius, mais nous n'aurions pas vu l'ampleur de cette haine. J'avais mes raisons pour venir ici en premier." murmura-t-il, secouant légèrement la tête. Le tintement de ses cloches fut léger mais quelqu'un à proximité l'entendit tout de même.
- "Mais qu'êtes-vous donc, bon sang ? grogna pratiquement l'homme. Aucun homme de ma connaissance ne tisse des cloches dans ses cheveux."
Il les toisa tous les deux. Surpris par la véhémence de la riposte, Harry et Lucius s'arrêtèrent brusquement.
"Alors vous n'avez jamais rencontré d'elfe ?" demanda Lucius lentement, "C'est une coutume pour nous de tisser des cloches et des carillons dans nos cheveux."
Un murmure monta à travers la foule et Harry se tourna vers ceux se trouvant derrière eux tandis que Lucius dévisageait le seul homme qui choisit de leur faire face.
"Un elfe, je pensais que l'ensemble de votre espèce était consciente que vous n'êtes pas autorisés à mettre les pieds dans notre monde, plus jamais. Nous commerçons avec vous sans problème, mais vous n'êtes plus libres d'aller et venir comme il vous plaît."
L'homme plissa les yeux.
"Et pourquoi cachez-vous vos visages, ôtez vos capuchons !"
- Non" riposta doucement Lucius. "Je ne le ferai pas alors que je suis l'objet de cette haine."
Une baguette surgit, pointée à la hauteur de leurs yeux et la foule autour d'eux semblait se rapprocher encore plus près. Lucius vit un certain nombre de baguettes prêtes à se lever à tout instant mais il ne s'en préoccupait pas trop. Il avait lui-même assez de puissance pour tous les arrêter, mais il n'aurait jamais employé ses pouvoirs pour se protéger lui-même surtout lorsqu'il pouvait remédier à la situation par des mots bien choisis.
"Ôtez le capuchon de votre tête Elfe, et votre ami aussi."
"Père ?" demanda Harry mentalement, trahissant son inquiétude.
- Faisons ce qu'ils disent.
- Père, cela n'ira pas en s'arrangeant" déclara Harry et Lucius soupira tristement tandis qu'il levait ses mains gantées jusqu'à sa capuche.
"Je sais, mais il semblerait que nous n'ayons pas le choix." dit Lucius et il sentit Harry opiner de la tête derrière lui. Lucius jeta son capuchon en arrière avec toute l'élégance nonchalante et l'arrogance qu'il possédait, et il regarda l'homme, dont les yeux étaient tellement écarquillés qu'ils paraissaient presque sortis de leurs orbites. Un soupir retentissant lui signala qu'Harry avait ôté sa capuche et fixait avec un air de défi les sorciers et sorcières en face de lui.
"Lucius Malfoy" siffla l'homme qui jeta un regard par dessus l'épaule de Lucius, "et voyez-vous ça notre sauveur, Harry Foutu Potter ou est-ce Malfoy maintenant ?
- Qu'est-ce que cela peut faire ?" dit calmement Harry. "Ce ne sont pas vos affaires. Père, il semble que quitter cet endroit serait la meilleure solution."
"Tu as raison." Répliqua Lucius en laissant lentement ses pouvoirs et sa magie s'accumuler dans ses yeux jusqu'à ce qu'ils rougeoient lumineusement. Il regarda Harry et ricana. "Es-tu prêt fils ?"
"Toujours," répondit Harry et Lucius posa une main calme et gracieuse sur l'épaule de Harry et ils disparurent ensemble devant tout le Chemin de Traverse.
"Merlin, que se passe-t-il ici ?" claqua sèchement la voix de Harry alors que Lucius et lui gravissaient les marches de Poudlard. Lucius se tut mais approuva l'attitude de son beau fils.
Quoi qu'il se passait, c'était sûrement en lien direct avec Dumbledore, que ce soit volontaire de sa part, ou non.
Lucius agita une main devant les grandes portes de l'entrée de Poudlard et les observa s'ouvrir en hâte afin qu'ils ne ralentissent pas leur progression.
Les portraits commencèrent à murmurer dès que leurs identités furent connues. Lucius balaya l'école avec sa propre magie et il découvrit que tous les professeurs étaient avec les étudiants dans la Grande Salle pour le déjeuner. Harry et lui échangèrent un regard avant de s'y rendre.
Hermione Weasley, le professeur de sortilèges, entendit l'ouverture des portes de la Grande Salle. Elle leva les yeux avec curiosité et rapidement son souffle se coupa et elle laissa tomber son gobelet. Sa réaction fit taire tous les autres professeurs et ils regardèrent tous vers la porte.
"Harry ?" demanda-t-elle faiblement.
Un silence mortel s'abattit alors que les étudiants ébahis fixaient les deux hommes de grande taille. Leurs auras étaient turbulentes et une lente spirale de puissance s'agitait autour d'eux.
"Harry, c'est bien toi ?
- Bonjour Granger, ou peut-être devrais-je dire Weasley maintenant ?"
Harry haussa un sourcil et Hermione fut décontenancée par son salut abrupt.
"C'est Weasley, dit-elle d'un air hébété.
- Eh bien alors des félicitations s'imposent, même si je suis sûr qu'elles ont quelques années de retard.
-Parrain Harry ! Papy Lucius !" s'exclamèrent en chœur deux voix et les deux hommes sourirent alors qu'ils approchaient de la table des Serpentard et qu'ils étaient étreints par deux des élèves les plus âgés.
L'un d'eux était presque aussi grand et musclé qu'eux, ses yeux marron foncé brillaient d'une vaste connaissance et ses cheveux brun foncé étaient coupés court et rejetés en arrière.
"Damian, ça faisait longtemps, comment vas-tu ?" interrogea Harry en souriant, "et comment vont tes pères ?"
Damian Crabbe-Goyle sourit.
"Père va être bouleversé que vous ne lui ayez pas dit que vous veniez et Papa va vouloir vous inviter toi et grand-père à dîner. Helen se montrera probablement aussi, elle a envie de vous remplumer depuis des lustres."
Harry rit. Vincent et Gregory avaient trouvé une mère porteuse : Helen, pour avoir des enfants. L'un d'entre eux se nommait Luther et avait obtenu ses Aspics l'année dernière et l'autre était le jeune homme en face de lui.
"Comment va ton frère ?
- Épanoui, comme toujours."
Il roula des yeux mais regarda l'exubérante et belle jeune fille à côté de lui qui était collée à Lucius d'une manière pas très Serpentard.
"C'est sa fiancée. Même si je ne comprends vraiment pas pourquoi il l'a choisie."
Plissant ses yeux bleus, la jeune fille le foudroya d'un regard exaspéré et son joli petit nez mutin renifla dédaigneusement.
"Je sais que tu as conscience que Luther chéri m'aime, imbécile. Parrain Harry ne fais pas attention à tout ce que ce bouffon te dit, il a des difficultés mentales."
Elle agita ses abondantes boucles blond foncé sur ses épaules impeccablement habillées et sourit malicieusement. Harry les regardait, perplexe, tandis qu'elle et Lucius complotaient. Oui, Gloria Zabini était aussi rusée que Pansy et deux fois plus intelligente que son père Blaise.
"Nous reviendrons vous voir plus tard," dit Lucius en regardant la table d'honneur, "mais maintenant nous devons parler avec Dumbledore."
"Il est bon de te revoir après tant d'années Harry," dit Dumbledore avec son pétillement habituel dans les yeux et un sourire accroché au visage.
Harry acquiesça simplement d'un signe royal de la tête et passa derrière Lucius, qui était assis dans un des fauteuils en face du bureau de Dumbledore. Hermione occupait l'autre chaise et Ronald Weasley, l'entraîneur de Quidditch de Poudlard, se tenait derrière celle-ci, fusillant du regard les deux hommes.
"Nous ne sommes pas là pour une visite de courtoisie Dumbledore." dit tranquillement Harry. "Remus est tombé à moitié mort devant notre porte, au Manoir la nuit dernière. Père et moi ainsi que nos époux, Severus et Draco, nous aimerions savoir ce qui est arrivé à ce monde pour justifier une telle haine envers une personne qui a tant donné d'elle-même pour améliorer ce même monde .
- Les temps ont changé Harry et la confiance n'est pas facilement reconquise après qu'une personne telle que Voldemort se soit efforcée à détruire tout leur bonheur.
- Et cependant vous les laissez tourmenter et rabaisser les créatures magiques qui ont autant le droit qu'eux d'appartenir à ce monde ?" demanda Lucius d'un ton dégoûté. "J'ai été presque agressé sur le Chemin de Traverse pour le simple fait que je suis un elfe. Remus Lupin, bien qu'il soit un loup-garou, est encore ou du moins était un sorcier très respecté. Il ne peut même plus trouver du travail maintenant que toutes ces nouvelles lois absurdes ont été adoptées.
- Ces lois ne sont pas prises à la légère." répliqua Ron fermement, "Elles nous protègent.
- De quoi ?" demanda Harry, exaspéré, "De quoi avez-vous besoin d'être protégés ?
- De tout ce qui touche à la magie noire, y compris les créatures des ténèbres.
- Comme des loups-garous ?" demanda Harry énergiquement, "Remus ne s'est pas fait mordre volontairement par un loup-garou Weasley."
Ron grinça des dents tandis que son visage rougissait.
"Je sais cela Harry, je ne suis pas stupide.
- On dirait pourtant avec toutes ces sornettes que tu me débites, rétorqua Harry sèchement, puis il se tourna vers Dumbledore. "Voulez-vous dire que vous avez laissé le ministère interdire des gens comme Remus et autres, de travailler juste parce qu'ils sont considérés comme des créatures des ténèbres ?
- Eh bien, après votre départ de nombreuses personnes étaient tout simplement terrifiées par le nouveau monde émergeant après la disparition de Voldemort. Beaucoup de vies ont été perdues Harry...
- Je sais cela Professeur" dit Harry résolument, "Je vous rappelle que j'étais à la tête de la bataille, si votre mémoire est défaillante. Ce qu'ils font est inacceptable. Ils persécutent des personnes innocentes et des êtres magiques à cause de la démence d'un psychopathe.
- Oui et cet homme était l'un des mages noirs les plus forts et les plus puissants que toutes les générations n'avaient encore jamais vu et les gens avaient peur. Que devais-je faire ?" demanda Dumbledore.
Lucius soupira et se leva gracieusement.
"Vous auriez dû utiliser votre emprise au Ministère pour limiter ce qu'ils étaient capables de faire. Désormais la spéculation et la haine ont pris de l'ampleur dans les rues. Je vois maintenant que vous ne voudrez même pas essayer de défaire ce qui a été fait. Viens Harry, nous rentrons à la maison. J'en ai assez du monde sorcier." dit Lucius doucement alors qu'il tirait sur son capuchon. Harry hocha la tête et posa sa lourde cape sur ses épaules.
"Harry, tu pars à nouveau ?" questionna Hermione, surprise.
Harry fronça les sourcils dans sa direction.
"Pourquoi ne le ferais-je pas ? Je ne suis plus accepté comme "le Sauveur" du monde magique, je ne suis qu'un traître, n'est-ce pas ?
- Tu es celui qui a choisi de te ranger du côté des Malfoy." Grommela Ron.
Harry lui sourit.
"Et je n'ai jamais regretté ma décision. J'ai un merveilleux époux, trois beaux enfants et toute une famille autour de moi. C'est plus que je ne l'avais jamais imaginé." répliqua Harry tranquillement. "Père, rentrons à la maison."
Lucius hocha la tête. Il posa une main sur l'épaule de Harry et tous les deux disparurent de la salle.
Dumbledore les regarda partir avec des yeux bleus solennels. Il regarda Ronald et vit l'homme se tourner vers lui.
"Suivez-les."
Draco leva les yeux du livre qu'il lisait à l'instant où Harry traversa les portes. Il sourit puis soupira alors qu'Harry l'embrassait intensément.
"Comment était votre sortie ?
- Horrible, il y a tellement de préjugés qui circulent Draco, si une personne ne leur ressemble pas, ils sont frappés d'ostracisme." soupira tristement Harry puis il sourit légèrement quand il a vit le visage endormi de Remus. "Comment va-t-il ?
- Mieux, il guérit correctement maintenant qu'il ne se bat plus pour survivre." répondit Draco d'un ton guindé et Harry sourit.
- "Je suis heureux de l'apprendre."
Harry se tut comme un elfe de maison venait à la porte.
"Lord Potter, monsieur, il y a un homme aux cheveux roux sur les terres du Manoir." déclara l'elfe de maison.
Harry plissa les yeux, puis hocha la tête.
"Débarrasse-toi de lui.
- Oui, monsieur, Lord Potter, monsieur" répondit l'elfe de maison en claquant ses doigts avant de disparaître dans un craquement.
Draco regarda Harry avec inquiétude.
"Que s'est-il passé aujourd'hui et que tu me caches ?
- Outre le fait que père et moi avons failli être malmenés au Chemin de Traverse ? Il semble que Dumbledore en soit encore à ses vielles habitudes et qu'il n'ait pas tenté d'arrêter le Ministère de passer toutes ces lois. Aucune créature des ténèbres ne peut trouver de travail ici. C'est sans espoir pour eux. Je suis sûr que beaucoup d'entre eux ont déménagé."
"Ah, c'est ce que Blaise et Pansy disaient dans leur dernière lettre pour nous."
Harry le regarda d'un air ébahi.
"Oh, tu étais à la réunion du Conseil quand elle est arrivée et j'ai été trop occupé ensuite pour t'en faire part."
Draco rougit en se rappelant exactement ce qu'ils avaient fait et le large sourire d'Harry montrait qu'il s'en souvenait également.
"De quoi parlaient-ils mon chéri ?
- Ils disaient qu'un large groupe de personnes s'étaient déplacées du Monde sorcier britannique aux pays voisins, ils ont travaillé en accord avec leurs homologues."
Harry le regarda en fronçant les sourcils.
"Même Vince et Greg ainsi que Blaise et Pansy envisageaient d'y aller, mais ils ne voulaient pas retirer leurs enfants de l'école.
- Sont-ils en mauvaise posture ?" demanda Harry avec inquiétude.
Draco secoua la tête.
"Bien sûr que non. Les familles Crabbe, Goyle, Zabini et Parkinson vivent tous comme la famille Malfoy dans la mesure où ils possèdent un petit village qui est toujours abondant. Ils peuvent être autonomes, peut-être pas à notre niveau mais ils n'auront jamais de problèmes d'argent. D'ailleurs, Vincent Crabbe-Goyle a beaucoup d'impact sur le marché international dans les affaires et Greg est lui-même un médecin à la renommée internationale. Blaise et Pansy ont augmenté leur fortune en accédant à l'échelle internationale et nous sommes sur le même marché depuis un certain temps maintenant. Bien sûr nous possédons tous beaucoup d'établissements britanniques aussi, mais pas tant que ça.
- Ils pourraient partir aussi, après le diplôme de Gloria et Damian ?
- Oui, ils y pensent." admit tranquillement Draco. "Je leur ai demandé de venir nous rendre visite, mais il y a même, il semble, une loi interdisant cela et le Ministère surveille de près tous les gens qui se sont battus dans la guerre et qui étaient affiliés au côté 'sombre'.
- Je ne les comprends pas du tout." dit Harry tristement.
Draco étreignit doucement la cuisse de Harry d'une pression empreinte de sympathie.
"Je comprends ce que tu ressens, mais nous devons rester forts. Cela aidera Remus à récupérer. Après tout, nous sommes une famille n'est ce pas ?" dit Draco avec de l'acceptation et une compréhension apaisante rayonnant dans ses yeux.
Harry prit la main de Draco et l'embrassa.
"Tu es vraiment magnifique, mon Époux."
"Je ne vise qu'à te plaire, mon mari."
Severus massait lentement les tempes de Lucius tandis que le couple plus âgé était assis dans un silence méditatif dans leur grande suite de l'aile nord du Manoir.
"Je suppose que rien ne se passe comme prévu ?" demanda Severus légèrement.
- "Non, tout semble bien pire que je ne l'aurais jamais craint.
- Et qu'est-ce que Harry pense de tout cela ?
- Il est confus et en colère. C'est véritablement exaspérant. Tous les sacrifices qu'il a faits ne veulent donc rien dire pour ces gens ? C'est presque comme si Voldemort était toujours vivant, la seule différence c'est qu'il y a toujours des gens dans les rues, déambulant libres plutôt qu'enchaînés.
- Bien que la haine soit une autre version de ces mêmes chaînes," dit doucement Severus pendant qu'il embrassait Lucius sur sa tempe.
Lucius sourit à Severus puis rit doucement.
"Tu as raison mon cœur mais comment pouvons-nous leur dire quand tout ce qu'ils semblent croire, c'est que nous sommes mauvais parce nous avons pris parti pour le côté sombre ?
- Nous les avons protégés au prix de nos propres vies, s'ils ne sont pas reconnaissants alors notre protection n'était pas nécessaire" rétorqua Severus sévèrement.
- C'est cruel, oui, mais il semblerait que ce soit ainsi dorénavant."dit Lucius simplement.
Ils restèrent assis en silence plusieurs minutes avant que Lucius ne parla à nouveau.
"Comment va notre patient ?
- Il va très bien. En ce moment il est plongé dans un sommeil réparateur. Il devrait se porter comme un charme demain. Qu'allons-nous faire de Remus ? Nous allions rentrer à la maison demain," demanda Severus.
- "Je pensais que nous pourrions l'emmener avec nous ?" interrogea Lucius. "Il me semble que ce monde ne lui a pas réussi depuis des années. Je suis sûr que ce dont il a besoin maintenant, c'est un changement de paysage et les qualités curatives du royaume elfique.
- Je pense que tu as raison." murmura Severus. "C'est exactement ce dont il a besoin."
Remus ouvrit les yeux rapidement et cligna des paupières pour s'habituer à la lumière tamisée.
"Vous êtes éveillé."
Remus tourna la tête pour trouver Draco assis sur un canapé, Harry affalé à côté de lui, la tête appuyée sur les genoux de celui-ci, était profondément endormi.
- "Comment vous sentez-vous ?
- Beaucoup mieux" déclara Remus, surpris. "Qu'avez-vous fait pour moi ?
- J'ai chanté pour vous et Severus a glissé dans votre gorge des potions de guérison." répondit Draco, ses yeux dansant de gaieté. "Je suis Haut Barde de la Chambre des Bardes dans notre royaume. J'ai parfois la capacité de guérir quand je chante."
Draco le regarda d'un air entendu.
"Il vous fallait beaucoup de soins, Remus.
- Je vous remercie pour cela, mais maintenant je dois reprendre la route
- Et où irez-vous ?" questionna Draco froidement, "Vous trouver une maison serait un luxe dans le monde actuel. En outre, vous n'êtes toujours pas complètement rétabli, vous pouvez vous sentir très bien, mais il y a une limite à ce que mon talent et ceux de Severus peuvent faire. "
Draco invoqua un plateau de thé et des petits gâteaux devant eux et il versa une tasse à Remus.
"Venez, asseyez-vous lentement et buvez ceci. Vous avez besoin de manger quelque chose et cette collation vous aidera à tenir jusqu'au petit matin.
- Merci beaucoup Draco." répliqua Remus en sirotant le thé à base de plantes.
Il jeta un œil aux cheveux indisciplinés de Harry et sourit doucement.
"Comment a t-il été pendant toutes ces années ?"
Draco sourit chaleureusement tout en laissant courir lentement ses doigts élégants dans les mèches rebelles et noires de son compagnon.
- Oh c'est un merveilleux père et un fabuleux mari. Il est Seigneur suprême de la partie nord du Domaine Elfique et cela lui convient très bien. Je pense qu'être loin de ce monde a contribué à le guérir en de nombreuses façons. Il n'est plus si amer sur les injustices de son enfance."
Draco sourit :
"Maintenant, tout ce qui lui importe c'est de faire en sorte que ses enfants ne passent jamais par ce qu'il a vécu. Vous lui avez manqué, vous savez ? Nous nous sommes tous demandé à un moment donné si vous aviez eu un problème.
- Mon problème, ça a été Dumbledore" déclara Remus en soupirant. "Je voulais rester en contact avec Harry, mais l'Ordre a toujours été très stricte à ce sujet : donner ma localisation pouvait ruiner ma mission. Au fil des excuses, j'ai fini par abandonner. Quand je suis enfin rentré en Grande-Bretagne le ministère avait déjà passé toutes ces lois insensées. Ensuite Dumbledore a dit qu'il n'avait plus de travail pour moi et quelques autres qui étaient directement sous ses ordres et que nous ne trouverions de travail nulle part ailleurs."
Remus fit une pause. Il grignota un petit scone puis releva les yeux vers Draco.
"Les autres sont partis pour d'autres pays. Beaucoup de familles d'éminents sorciers en ont fait autant, à l'insu du ministère et de tous ses sbires. L'économie de la Grande-Bretagne magique a diminué considérablement. Avec le départ des familles les plus prospères et la fermeture ou la vente de leur entreprise, il n'y a aucuns nouveaux capitaux. Le Royaume-Uni a été exclu par tous ses voisins environnants. Je veux dire qui arrêterait volontairement de travailler avec les Malfoy, Zabini, Parkinson, Crabbe, Goyle ? C'est de la folie, je vous le dis. Lorsque Blaise et Pansy Zabini se sont mariés il y a pratiquement eu une émeute, beaucoup pensaient qu'ils devraient pourrir à Azkaban pour ce qu'ils avaient fait pendant la guerre, même quand il fut prouvé qu'ils avaient été espions pour l'Ordre dès le retour de Voldemort. Beaucoup de familles ont menacé de retirer leurs enfants de Poudlard si la fille Zabini y allait également. Et puis Vincent Crabbe et Gregory Goyle se sont mariés et ce fut encore plus le désordre. Voici deux magiciens très puissants et riches qui voulaient avoir une mère porteuse afin d'avoir leurs enfants. Beaucoup de gens les ont évités à cause de cela, pourtant la plupart du temps, un événement comme ça est vraiment le bienvenu." Remus sourit, "En fait, je leur ai présenté Helen, qui à l'époque était dans un très mauvais état.
- Pourquoi ?" demanda Draco avec curiosité. Remus sourit tristement en le regardant.
- "Parce que l'homme qu'elle avait épousé un an plus tôt était un mage noir, il avait collaboré secrètement avec Voldemort et avait été découvert. Son mari a reçu le baiser du détraqueur puis le ministère a jeté sa femme dans les rues avec rien de plus que ses vêtements sur le dos. Toute sa fortune a été remise au ministère en tant que « redevances ». Elle travaillait dans un minable magasin près de l'Allée des Embrumes quand je l'ai rencontrée et que j'ai entendu son histoire. Quand elle a appris ce qui se passait pour Vincent et Gregory elle a été scandalisée et a proposé son aide. J'ai organisé une rencontre et tous les trois se sont entendus tout de suite."
Remus sourit,
"Elle a porté deux de leurs enfants maintenant et il me semble qu'elle a dit qu'ils envisageaient d'en avoir un troisième bientôt. Je suis sûr que vous l'avez rencontrée depuis ?
- Oui c'est un sacré personnage !" ricana doucement Draco.
Helen Deveroux était une belle et pulpeuse sorcière aux yeux noisette espiègles tranchant avec la richesse de ses cheveux auburn. Elle était d'un naturel très enjoué et aimait rire. Luther et Damian l'adoraient inconditionnellement tout comme leurs pères. La famille n'était nullement conventionnelle cependant l'amour et le respect qu'ils se témoignaient les uns aux autres ne pouvaient être niés.
"Eh bien, nous avons assez bavardé pour le moment. Je voudrais que vous vous reposiez. Demain sera une journée bien remplie. Nous repartons pour le Royaume Elfique en fin de matinée."
Draco s'arrêta et regarda Remus droit dans les yeux :
"Je suis sûr que Père et Papa vont vous demander de nous accompagner. Vous méritez une chance de guérir convenablement Remus et vous avez besoin d'un changement de décor. Notre domaine peut vous offrir tout cela et plus encore.
- Je ne veux pas m'imposer.
- Vous ne serait jamais une charge pour nous.." répliqua le voix rauque et embrouillée par le sommeil de Harry.
Remus inclina la tête pour trouver son regard émeraude et un petit sourire se dessina sur le visage de Harry .
"Vous êtes de la famille."
Ses yeux d'un bleu éblouissant s'ouvrirent d'un coup et il balaya du regard sa somptueuse chambre à coucher avant de quitter la pièce avec grâce, dans un tourbillon de couleurs bleu nuit.
Les domestiques se précipitèrent autour de lui et inclinèrent humblement la tête avant de retourner à leurs occupations. Le jeune homme sourit hypocritement tout en traversant le couloir.
"Votre Excellence," dit doucement un serviteur en s'inclinant devant lui avant de lever les yeux vers la beauté presque aveuglante de son maître.
Les yeux bleus de celui-ci luisaient d'une puissance et d'une magie indicibles. Ses lèvres ourlées étaient prêtes à sourire.
"Bonjour Drake, comment te portes-tu aujourd'hui?"
Sa voix profonde de baryton envoya des frissons de désir tout le long de la colonne vertébrale du serviteur. Une main élégante atteignit et repoussa une mèche de cheveux ébène qui lui barrait le visage, la plaçant derrière son oreille. La chevelure ébène était sombre et striée de mèches auburn. Elle tombait le long des épaules de l'homme pour s'arrêter au milieu de son dos.
"Je vais bien Seigneur et j'ai de bonnes nouvelles.
-Vraiment ? " demanda-t-il, se plaçant dans la lumière qui fit miroiter les écailles argentées qui couvraient le côté gauche de son visage.
- Votre compagnon va bientôt arriver dans le Royaume Elfique, Prince Dion." annonça Drake.
Le Prince héritier Dion, Troisième chef antique du Clan des Dragons, sourit largement, ses canines pointues étincelant dans la lumière et ses ailes argentées battant doucement derrière lui.
"C'est la meilleure nouvelle que j'ai reçue depuis vingt ans."
Il ronronnait.
"Dis à Mère et à Père que je partirai visiter nos amis du Royaume des Elfes dans quatre heures. Il est temps de rencontrer mon compagnon. D'après les informations recueillies, ces vingt dernières années ont été très dures pour lui à cause des lois régissant le Monde Magique à son encontre et celle de toutes autres créatures des ténèbres comme lui."
Dion fronça les sourcils, mais haussa les épaules, ses yeux bleus et étincelants rougeoyaient d'une lueur déterminée et d'une rage bouillante."
" Ils regretteront amèrement d'avoir blessé le compagnon d'un dragon," dit-il simplement. "Venez nous avons beaucoup à faire."
Et Drake suivit hâtivement son prince qui sortait de sa demeure, un grand palais qui dominait tout le royaume magique.
