Hello tous le monde !
Voici le nouveau chapitre de la semaine ! Un chapitre transitoire mais qui a quand même son importance dans l'évolution de la relation Drago/Dorea. Je vous laisse à votre lecture !
Enjoy :)
Le lundi après-midi, Dorea se trouvait en cours de défense contre les forces du mal, à lire avec un intérêt feint, le chapitre dix-huit des stratégies de défense magique de Wilbert Eskivdur tandis qu'Ombrage les scrutaient de ses petits yeux fielleux.
Comme à l'accoutumée, Dorea redressa le nez du livre et affronta du regard le professeur Ombrage. Depuis près de deux semaines, depuis qu'elle avait émergé de cet état amorphe qui l'avait habitée après la mort de son père, elle avait pris pour coutume, à cinq minutes de la fin du cours de dévisager son professeur, qu'elle qualifiait de « vieille harpie », lui démontrant toute la haine qu'elle possédait à son égard.
C'était pour le moment tout ce que Dorea était en mesure de faire. Elle ne pouvait ni s'exposer à l'insolence, ou même la menacer, de peur de se faire renvoyer expressément de Poudlard. Elle souhaitait n'accorder aucune satisfaction au professeur Ombrage, car elle savait parfaitement que cette dernière n'attendait qu'un petit doigt levé, une légère insubordination au règlement pour la jeter hors de ce château.
Dorea émit un sourire en coin, typiquement « Malefoyen » - il commençait sincèrement à déteindre sur elle – et n'abaissa le regard que quand la sonnerie retentit et que le professeur Ombrage se détourna d'elle pour s'affairer à ordonner ses affaires éparpillées sur son bureau.
La serpentard, se leva et rangea son livre dans sa sacoche quand elle entendit le professeur appeler Drago et Parkinson.
- Miss Parkinson, Monsieur Malefoy, pouvez-vous rester un instant ? J'ai à vous parler.
Les deux préfets s'approchèrent du bureau et Dorea traîna délibérément, suivit de son frère, lançant un dernier regard à Drago avant de sortir de la salle de classe.
- Qu'est-ce qu'elle leur veut ? demanda Harry en marchant dans le couloir à ses côtés.
- Aucune idée, répondit Dorea en haussant les épaules. Certainement un truc de préfet.
- Bah, dans ce cas-là, pourquoi elle n'a pas demandé après Ron et Hermione de rester également ?
- Je ne sais pas, rétorqua Dorea pensivement.
Harry l'observa fixement avec cette étincelle de curiosité qui l'animait chaque fois qu'il avait envie de fourrer son nez dans des affaires qui ne le concernaient aucunement. Dorea pivota la tête et intercepta la moue insistante du brun, comprenant soudainement où il souhaitait en venir.
- Non, Harry ! s'exclama Dorea. Hors de question !
- Quoi ? Je n'ai rien dit, répondit-il innocemment.
- Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit ! Il n'y a qu'à apercevoir ce regard de fouineur que tu arbores.
- J'aurais essayé au moins, soupira le jeune homme. En plus, Malefoy t'a à la bonne – Dorea rougit brusquement – alors tu aurais pu pécher quelques informations.
- Malefoy ne m'a pas à la bonne, on s'ignore tous les deux, répliqua Dorea.
- Ouai, peut-être bien, mais le fait que tu sois à Serpentard pourrait servir.
- Je ne veux pas jouer les agents-doubles, réfuta la rousse sèchement.
- Ok, ok ! dit Harry tâchant de calmer le jeu.
Les deux jeunes gens descendirent les escaliers de marbre pour gagner la Grande Salle.
- Au fait, je ne te l'ai pas demandé, mais comment ça se passe les cours de divination avec le centaure ? questionna Dorea.
- Firenze ?
La jeune fille hocha du chef.
- Ça se passe, dit Harry en haussant des épaules. Au moins il ne prévoit pas ma mort prochaine à chaque cours.
Dorea réprima un petit rire.
- Mais il m'a dit quelque chose de très étrange il y a quelques semaines quand il est arrivé, poursuivit Harry.
- Quoi ? interrogea sa sœur.
- Il m'a dit d'avertir Hagrid que son « entreprise était veine ».
- Ça ne veut rien dire, fit Dorea en fronçant des sourcils.
- Au contraire, je crois que Hagrid est en train de trafiquer quelque chose dans la forêt interdite, mais on ne sait pas quoi.
- Il devrait faire attention avec Ombrage dans les parages, commenta Dorea.
- Surtout qu'elle assiste toujours à ses cours.
- Au moins il a échappé au renvoi. Enfin ... Pour le moment.
Harry acquiesça du chef lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée de la Grande Salle, ils s'enlacèrent rapidement, se saluant, afin que chacun regagne sa table.
Dorea prit place à côté de Blaise, dont la gêne du baiser entre eux, de la veille, était aussi vite passé qu'un coup de vent, puis Drago arriva sitôt après, s'installant en face d'elle.
- Alors qu'est-ce que te voulait Ombrage ? questionna Daphné.
- Rien d'important, un truc de préfet, dit-il sur un ton évasif.
Daphné retourna à sa discussion avec Théo pendant que Dorea, beaucoup moins convaincue, fixa le blond d'un air suspicieux. Ce dernier l'observa à son tour et sourit d'une moue espiègle.
- C'est très vite partie, dis-moi, fit-il en baissant les yeux vers son cou.
- Un simple sortilège de dissimulation, répondit Dorea fièrement.
- Alors je vais devoir te marquer à nouveau et un peu plus fort cette fois-ci pour que l'on voit bien que tu es chasse gardée, dit-il d'une voix rauque et possessive.
Dorea déglutit péniblement se sentant brusquement fébrile et préféra se concentrer sur son repas plutôt que sur les deux orbes métalliques qui la contemplait avec indécence.
- Drago, fit une voix de crécelle derrière lui.
Tous se retournèrent vers la jeune Parkinson qui se tenait devant eux. Elle avait la voix tremblante et les yeux larmoyants.
Après leur dispute à la tour d'astronomie, Drago était retourné à la salle commune et s'était empressé de mettre les choses aux claires avec la brune, rompant définitivement tout espoir pour elle. Même Dorea avait eu de la peine pour la jeune fille, qui s'était laissé aller à une crise de larmes quand le jeune homme lui avait déclaré qu'il n'était plus et d'ailleurs n'avait jamais été intéressé par elle et qu'il ne le serait jamais. Dorea savait qu'il avait tenté de mettre un terme à leur relation après Noël, mais Pansy Parkinson s'était toujours raccrochée à l'espoir, qu'un jour, le garçon reviendrai vers elle. À présent, cet espoir s'était broyé en un chagrin d'amour.
- Nous… Nous devrions parler d'un plan et réunir quelques-uns de…
- Pas maintenant Pansy ! interrompit le blond sèchement sans lui porter la moindre attention.
La serpentard observa le jeune Malefoy qui avait le dos tourné, puis braqua ses petits yeux noirs et rougis vers Dorea qui était resté le nez plongé dans l'assiette. En définitive, elle repartit, se précipitant hors de la Grande Salle.
- T'es dur Drago, murmura Daphné.
- Si je ne le suis pas, elle va de nouveau s'attacher, dit Drago en avalant sa viande de bœuf. Et depuis quand tu te préoccupes de ses états d'âmes ?
Daphné haussa les épaules, et préféra changer de sujet.
Le mercredi soir, Dorea était à la bibliothèque, travaillant sur son devoir de runes avec Harry, Ron et Hermione. Alors qu'elle était partie deux heures plutôt de la salle commune de Serpentard, ses amis et particulièrement Drago avaient ronchonnés en sachant qu'elle allait rejoindre les gryffondors, ce qu'elle avait trouvé plutôt touchant de leur part. C'est pour cela, qu'elle tâchait de ne pas traîner sur sa dissertation et sa traduction pour rejoindre les verts et argent, comme elle leur avait promis.
- Dis-moi Dott' ? amorça Harry avec hésitation
- Oui ? questionna cette dernière sans lever les yeux de sa traduction de runes.
- Est-ce que … est-ce que ça te dirait de revenir aux réunions ? chuchota le jeune homme en se penchant vers sa sœur.
Dorea redressa le chef et dévisagea son frère, puis Ron et Hermione, tous guettant sa réponse.
- Euh… Je ne sais pas, je n'y ai pas réfléchi, répondit Dorea. Pourquoi, tu aimerais ?
- Ben, il faut dire que tu es forte en duel, argua Ron.
- Et tu sais faire des choses, que même les dernières années ont du mal à assimiler, complimenta Hermione.
- On va faire un cours sur les patronus, à la prochaine réunion, dit Harry. Et j'aimerais bien que tu sois là pour… Pour m'assister, dit-il avec hésitation.
- Je viendrais, sourit Dorea avec assurance.
Harry lui rendit son sourire avec une expression soulagée et non-contente de pouvoir un peu plus se rapprocher de son frère, la jeune fille se pencha à nouveau sur son devoir. Elle se rendit compte soudainement qu'il lui manquait un livre de Runes Anciennes pour achever sa traduction.
- Hermione, dit-elle en se tournant vers la rouge et or qui suivait le même cours qu'elle. Est-ce que tu as fait ta traduction ?
- Oui, répondit cette dernière.
- Est-ce que tu sais quel livre, il faut prendre pour ce symbole ? dit-elle en montrant son devoir.
- Celui qui aborde de l'Égypte Antique.
Dorea acquiesça et commença à se lever quand Ron, dit sur un ton consterné :
- Pourquoi tu ne lui demandes pas clairement ce que c'est ?
- Parce que tu crois qu'en plein milieu des B.U.S.E.S théorique, je vais me lever jusqu'à la table d'Hermione et lui demander de compléter ma traduction si je n'y arrive pas ? rétorqua Dorea avec dédain.
- Je te remercie Dorea, gratifia Hermione avec un sourire amusée tandis que le rouquin se renfrognait.
Dorea se dirigea vers l'allée juste derrière leur table et alors qu'elle cherchait le fameux livre traitant des hiéroglyphes, elle sentit des mains resserrer sa taille et un torse se coller contre elle.
Elle cessa aussitôt de respirer, sachant parfaitement de qui il s'agissait en reconnaissant la prise.
- Qu'est-ce que tu fais, mon frère est juste…
La serpentard ne put poursuivre sa phrase lorsqu'elle une bouche souffla sur son cou. Elle inclina machinalement la tête, fournissant un meilleur accès à sa peau et discerna son tortionnaire sourire avant d'y enfouir ses lèvres, aspirant et mordillant son épiderme.
Elle gémit silencieusement sous les milliers de sensations qui sillonnaient son corps, l'électrisant sous ce doux supplice. Un grognement s'éleva de la gorge du blond et il balança, d'un geste instinctif, son bassin contre le bas du dos de Dorea. Cette dernière, distingua de suite quelque chose de dur se presser à son derrière et en fut aussitôt excitée.
Drago la retourna et plaça contre l'étagère avec brutalité, puis buta sa bouche contre la sienne, l'embrassant avec fougue et déferlement. Il suçota sa lèvre inférieure et Dorea en profita pour effleurer de sa langue celle de son petit ami lui offrant un baiser des plus hédoniste.
Le jeune homme recula brusquement après cette caresse qu'il qualifiait d'engageant et plissa le front, interloqué.
- Tu deviens entreprenante, ma parole ? chuchota-t-il haletant.
- Ça ne te plaît pas ? dit Dorea d'un ton audacieux à voix basse.
- Oh, si murmure-t-il d'une voix lascive. Mais si tu continues, je ne vais pas pouvoir me retenir bien longtemps.
Il abaissa ses mains de ses hanches, se promenant sur ses cuisses, puis ses doigts effleurèrent le pli de la jupe qu'il retroussa progressivement.
- Je crois que tu ne te rends même pas compte de l'effet que tu as sur moi, dit-il la voix rauque.
- Oh, si, crois-moi, j'en ai une vague idée, ricana-t-elle en désignant de son index la bosse qui déformait son pantalon.
Un rictus en coin flotta sur les lèvres de Drago et il se rapprocha d'elle, pour les effleurer contre les siennes, et chemina jusqu'à son oreille.
- Laisse-moi te montrer mes talents. Tu te souviens, lors de notre première rencontre, je t'ai dit qu'un Malefoy était doué dans tous les domaines. Laisse-moi te montrer que ce n'est pas qu'une rumeur.
Dorea ferma les yeux, essayant de garder son calme. Les palpitations de son cœur s'étaient emballées et sa gorge se desséchait comme chaque fois qu'il lui faisait ces déclarations licencieuses. Elle ne doutait pas que Drago soit un merveilleux amant, mais elle n'était clairement pas disposée à franchir le cap. Et puis… la perspective de rendre dingue le blond qui se faisait de plus en plus impatient, l'exaltait au plus au point.
- Non, souffla Dorea dans un soupir des plus désirable.
Drago s'éloigna d'un mètre, la fraîcheur des lieux se réinstallant entre eux.
- Tu es Satan en personne ! siffla-t-il entre ses dents.
- Que veux-tu ? L'élève a tout appris de son maître, dit-elle munie d'un sourire carnassier.
- À ce stade, je dirais qu'il l'a plutôt dépassé.
- Je prends ça comme un compliment.
- Dorea ?! appela la voix d'Hermione.
Ils perçurent des pas se rapprocher et Drago déguerpit tout à coup, disparaissant au coin de l'allée, alors qu'Hermione apparaissait dans le sens opposé. Dorea se retourna vers l'étagère, faisant mine de chercher le livre pour lequel à la base elle était venue.
- Tu parlais avec qui ? demanda-t-elle le regard suspicieux.
- Toute seule, répondit la rousse en reprenant un visage impassible, malgré son teint pourpre visible. Je me demandais où était ce fichu livre.
- Juste devant toi, informa la gryffondor en indiquant un gros grimoire à la reliure noire et or. Mais qu'est-ce que tu as au cou !? s'étonna-t-elle en apercevant une tache brune et bleutée sous son oreille.
Dorea ferma les yeux de dépit. Malefoy allait le lui payer.
- Je me suis un peu trop gratté à cause d'un bouton.
La jeune fille saisit le livre et déserta l'allée sous l'œil intrigué de la rouge et or, qui regardait successivement la rousse et l'endroit où avait disparu Malefoy dans l'autre sens. Elle n'avait peut-être pas vu de qui il s'agissait, mais Hermione était certaine que Dorea n'était pas seule et que par-dessus tout, elle ne faisait pas que chercher son livre.
- Oh par Merlin ! s'écria Daphné en rentrant dans la salle de bain pour apercevoir Dorea en brassière, arborant un énorme suçon dans le cou.
- N'en rajoutes pas, dit Dorea avec humeur, j'en suis à mon cinquième sort de dissimulation et ça ne part pas. Il a quoi à la place de la langue, ? Du venin ?! s'énerva-t-elle agacée.
- Quand c'est trop marqué, ça ne peut pas partir avec un sort commun de dissimulation, dit Daphné en sautant sur le rebord du lavabo.
- Je sais, murmura Dorea en caressant la tâche de ses doigts.
La blonde glissa un regard vers les bras de Dorea où à présent quelques hématomes légers y étaient encore, mais où la plupart avaient entièrement disparu.
- Tu ne te mords plus ? murmura-t-elle.
Dorea remua la tête en actionnant le robinet pour se laver les mains.
- Pourquoi tu le faisais ? questionna Daphné prise d'une curiosité soudaine.
- Daph', je n'ai pas envie de parler de ça, soupira Dorea en s'essuyant les mains, les souvenirs funestes remontant à la surface.
- Moi, je veux savoir, insista Daphné.
Dorea expira de lassitude, puis observa son amie qui ne l'avait pas quittée des yeux, espérant une réponse.
- Ça me soulageait, répondit la jeune fille.
- Pourquoi ?
- Parce que quand j'étais à la limite, j'avais besoin de quelque chose, pour ne pas exploser.
La jeune Greengrass, repensa alors au Phénix noir, faisant brusquement le lien entre les morsures et cette drôle d'histoires de légende ténébreuse.
- Il s'agit du Phénix noir ? demanda Daphné en inclinant la tête.
Dorea vira la tête vers son amie et plissa le front, ne saisissant pas où voulait en venir la blonde.
- Quoi ?
Daphné soupira puis se lança. Théo, Blaise, Drago et elle s'étaient promis de ne pas lui en parler. Mais étant donné l'état à présent plus résistant de la jeune fille, il n'y avait aucun risque de la heurter ou la blesser davantage.
- Le matin de ton retour après Highclere, Théo a reçu une lettre de son père.
- Que disait-il ?
- Que le château avait été attaqué, que tu t'étais échappée et que tu étais le Phénix noir.
Dorea dévisagea Daphné, ne saisissant rien à cette histoire de Phénix noir.
- On a effectué quelques recherches, poursuivit la blonde, et après ta démonstration quand tu as attaqué Théo, on était légèrement inquiet.
- Et qu'aviez-vous trouvé ?
- Juste que c'est une légende concernant une femme dotée de pouvoirs inconnus. Ce mythe date de la Grèce Antique.
La jeune Artwood observa son amie, puis quitta brusquement la salle de bain. Daphné ne tarda pas à la talonner et alors qu'elle pénétrait la chambre, Dorea était en train de se rhabiller, reboutonnant sa chemise.
- Dott', je ne voulais surtout pas te vexer, dit Daphné sur un ton d'excuse. C'est juste que l'on était inquiet pour toi et te voir faire de la magie sans baguette…
Elle laissa sa phrase en suspens, puis reprit à voix basse :
- Ça relève presque de la magie noire.
Dorea tourna vivement les yeux vers Daphné et entrouvrit la bouche de stupéfaction, puis reprit soudainement une expression impassible.
- Tu l'as dit à qui d'autre ? demanda Dorea, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
- Il y a seulement nous quatre qui sommes au courant, dit la blonde.
Dorea inspira puis s'avança vers son amie, pour la prendre par les épaules, l'air grave.
- Daph', je t'assure que je n'ai aucune idée de ce qu'est cette histoire de Phénix noir.
- Oui, mais quand tu as… balancer Théo dans les airs d'un geste de main …
- Surtout, oublie ce que tu as vu. Il faut que vous oubliiez tous, car sinon vous êtes tous en danger.
- Dott', il faut que tu nous dises de quoi il s'agit, on est tes amis, si ce n'est tes meilleurs amis, dit Daphné d'un ton presque suppliant.
- Personne ne le sait, pas même mon frère, répondit fermement la rousse. Je vous mettrais tous en péril, si je vous révélais quoi que ce soit !
- On n'est pas en danger Dorea ! articula Daphné en s'énervant. On est tous de très bon occlumens.
- Pas ce branleur de Malefoy, rétorqua Dorea en s'éloignant d'elle.
- Entre nous, Malefoy ne court aucun risque. Ses parents le surprotègent tellement, que jamais il aura à faire aux mangemorts. Pas même à sa folle de tante. C'est lui-même qui l'a dit.
- Même, je ne veux pas prendre de risque.
Dorea se dirigea vers la porte et l'ouvrit.
- Dott', supplia Daphné.
- La discussion s'arrête là, Daphné, dit-elle froidement.
Le surlendemain, Dorea ressortait de son dernier cours de la semaine et s'administra vers le parc, souhaitant profiter de la brise légère et printanière pour réviser en ce milieu d'après-midi, laissant ses amis faire un détour par la salle commune avant de la rejoindre.
Elle prit place près de son arbre préféré au bord du lac et commença à sortir ses cours et livre de son sac lorsqu'elle sentit quelque chose chauffé dans la poche gauche de sa cape. Elle en extirpa le galion de l'A.D, qui indiquait la date de la prochaine réunion.
Souriant malgré elle, elle rangea la pièce et entama son livre de potion, entreprenant de retenir les ingrédients du Philtre de Paix.
Quelques minutes passèrent où elle les récita à voix basse lorsque quatre ombres se postèrent devant elle, lui dissimulant la chaleur du soleil.
Elle haussa ses prunelles et vit Drago, Daphné, Blaise et Théo la surplomber, tous les bras croisés sur leur poitrine et le visage ferme.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Dorea perplexe.
- On aimerait bien savoir ce que tu nous caches, dit Daphné.
- Je ne vous cache rien, répondit Dorea du tac au tac.
- C'est ça, et moi, je suis Merlin ! s'exclama Blaise.
- La barbe blanche pourrait bien t'aller, plaisanta la rousse en reportant son attention sur le livre.
Brusquement, ce dernier lui fut arraché par Drago, qui hissa le livre au-dessus de la tête.
- Hé ! protesta Dorea. Qu'est-ce qu'il te prend ?
- Il me prend que tu nous mens. Une fois encore, dit le blond agacé.
- Je ne vous mens pas ! s'offusqua Dorea
Théo s'agenouilla près de la jeune fille et la regarda dans les yeux, l'air plus que sérieux.
- Dott', tu as détruit le terrain de Quidditch, mon père assure que tu es le phénix noir et tu m'as attaqué d'un simple geste de main. Tu te mords, chaque fois que tes émotions te submergent, décrivit-il. On aimerait simplement savoir ce qu'il se passe ? On ne te jugera pas et ne te traitera pas comme une bête de foire. Tu es notre amie, et même meilleure amie et entre meilleurs amis, on se dit tous. Sans retenue aucune.
Un long silence accompagna la tirade du jeune Nott durant lequel la serpentard observa un à un ses comparses. C'est vrai, à présent, elle pouvait dire que c'étaient ses meilleurs amis, tels cinq doigts de la main inséparable. Ils avaient traversé des épreuves ensembles et malgré la cassure qu'il y avait eu, cela les avait rendus davantage plus proches. Et c'était d'autant plus justifiable qu'elle ne souhaitait rien dire. Cela les exposerait et elle souhaitait les protéger plus que tout.
- Hors de question que je dise quoi que ce soit. C'est de la pure folie ! rétorqua sèchement Dorea.
Drago, les yeux s'assombrissant sous la colère qu'il ressentait à cet instant, lâcha le livre qui chuta dans un bruit sourd sur l'herbe, puis s'en alla, remontant vers le château à grandes enjambées.
- Comprends-le, tu te braques et tu ne t'ouvres pas à lui, il commence à perdre patience, dit Blaise.
- Je ne coucherais pas avec lui, pour qu'il puisse tirer son coup et se soulager ! s'agaça la rousse.
- Je ne parle pas de ça ! Et crois, moi, s'il avait voulu, comme tu dis, tirer son coup, il l'aurait fait, il y a bien longtemps et ne t'aurait pas attendu.
- Blaise a raison Dott', dit Théo. C'est la première fois que l'on voit Drago se comporter avec une fille comme il le fait avec toi.
- Alors arrête de le rejeter, dit Daphné. Je ne dis pas de céder à sa demande de primate, s'empressa-t-elle d'ajouter devant la mine courroucée de Dorea. Ce que l'on souhaite simplement te dire, c'est que tu devrais lui accorder un peu plus ta confiance, tout comme à nous.
- Mais…
- Et arrête de dire, que tu nous mettras en danger, coupa Blaise. Je te rappelle, qu'on l'est déjà. D'une certaine manière, on l'est tous.
- Et je suis certain qu'après la bataille d'Highclere, il n'y a rien que mon père et ses potes ne sachent déjà, dit Théo.
Dorea baissa les yeux, puis se prit la tête entre les mains, soutenant ses coudes sur ses genoux recroquevillés.
- On te laisse réfléchir à ça Dott', dit Blaise.
Puis les trois acolytes repartirent, le rayons de soleil réchauffant à nouveau le dessus de sa tête.
Plusieurs heures passèrent durant lesquels Dorea méditait, évaluant le pour et le contre. Dumbledore et son père lui avaient toujours interdit de révéler quoi que ce soit de sa condition, de ses… pouvoirs. Son père… Il n'était plus de ce monde à présent.
En pensant à cela, les pupilles de Dorea s'embrumèrent subitement. La douleur était constamment là et qui l'avait soutenue ? Son frère, certes. Mais il était hors de question, qu'il sache quoi que ce soit, tant que Voldemort pénétrait son esprit. Dumbledore ? Elle l'apercevait de temps à autre aux repas, mais en aucun cas il ne lui avait accordé un regard. Peut-être ne le portait-elle plus en port à faux concernant la mort de Goderic, mais il lui avait menti durant des mois entiers, et à présent elle ne lui devait plus rien. La confiance de la jeune fille envers son mentor avait été rompue, et ce, depuis bien longtemps.
Et puis il y avait eu les serpentards : Daphné, Théo, Blaise et Drago. Ils avaient été présents, dans les pires moments de sa vie. Ils l'avaient sortie de ces eaux troubles dans lesquels elle flottait sans savoir où ça la mènerait.
Si à l'heure d'aujourd'hui elle se sentait aussi vivante qu'elle ne l'avait été, malgré la blessure qui logeait dans son être, c'était grâce à eux. Et en particulier grâce à Drago. Elle le leur devait. Elle le lui devait.
Lorsque la nuit tomba, une brise fraîche sillonna son corps qui commençait à grelotter. Elle se redressa, prise de cette nouvelle décision. Elle saisit son sac puis retourna vers le château.
Elle pénétra dans la salle commune, vidée de toute présence. C'était l'heure du dîner. Tant pis, elle n'avait pas tant faim que cela.
Dorea, sans tergiverser, se dirigea vers l'escalier conduisant aux dortoirs des garçons et trouva celui des cinquièmes années. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle découvrit un bric-à-brac comme elle les aimait et c'est ainsi qu'une odeur de cheval vint à ses narines.
Elle situa rapidement le lit de Drago où elle vit une descente en velours vert bouteille où les initiales « D.M » étaient brodés en fil d'argent. L'espace était semblable en tout point à son propriétaire. Les draps étaient tirés au carré à la limite de la maniaquerie militaire. Un cadre photo trônait sur sa table de chevet. Le cliché représentait sa mère et lui, où il devait avoir tout au plus cinq ou six ans, devant les portes de ce qui semblait le Manoir Malefoy.
Un sourire tendre flotta sur le visage de l'adolescente en examinant ce petit garçon blond tirer la langue dans un geste purement déplacé.
La porte s'ouvrit alors brusquement et Dorea pivota pour se retrouver face à ce même garçon, bien plus vieux et ... bien plus furieux.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ? cracha le jeune homme condescendant.
Dorea ne répondit pas, mais enleva sa sacoche de son épaule pour la jeter au sol.
- Sors, je n'ai pas envie de te parler, dit Drago en fronçant les sourcils.
Restant toujours silencieuse, la rousse décrocha l'attache d'argent de sa cape et l'enleva pour la poser sur le lit du garçon. Puis elle agrippa le bas de son pull et l'ôta pour le balancer par-dessus l'étoffe noire.
Drago referma instinctivement la porte et bloqua le verrou. Il resta immobile et tâcha de demeurer neutre quand Dorea desserra sa cravate pour la passer par-dessus sa tête. Le tissu vert et argent glissa au sol et les mains de la jeune Artwood s'attaqua au bouton de sa chemise et Drago eut du mal à refréner ses pulsions hormonales pour ne pas lui sauter dessus sur-le-champ.
La rétine lui brûla lorsqu'il la vit enfin en simple brassière de sport de coton gris recouvrant seulement sa poitrine.
Il la trouvait terriblement belle et était heureux de constater qu'elle avait recouvré un physique, certes plus amincie qu'avant, mais en sommes relativement normale. Le blond ne ressentait qu'un désir en cet instant : pouvoir toucher sa peau laiteuse sans restriction aucune. Son regard fut alors happé par les hématomes recouvrant ses bras nus et Dorea prit la parole.
- Quand j'avais huit ans, dit alors la jeune Artwood d'une voix distincte, le matin de l'enterrement de ma mère, mon père m'a fait demander dans son bureau. À l'instant même où j'ai franchi le seuil de la pièce, je n'ai discerné qu'un homme qui avait perdu l'amour de sa vie. Il avait une barbe gauchement rasée et puait le whisky pur feu à plein nez. Ses yeux étaient rougis, tellement il avait pleuré. Il m'a faite asseoir en face de lui, tel qu'il le faisait en rendez-vous d'affaire. Il m'a alors appris qui j'étais réellement et qui étaient mes véritables parents. Il m'a dit que lui et ma mère ne pouvaient pas avoir d'enfants et qu'un soir, Dumbledore a frappé à leur porte, les suppliants de me recueillir, car je courais un grand danger en restant auprès de ma famille. Lord Voldemort – Drago la dévisagea quelque peu surpris – pourchassait ma famille : les Potter et il était primordial de me mettre en sécurité. Après ça, il m'a également dit que toutes les choses que je fais comme faire voler un objet, ou le transformer ou contraindre ma gouvernante à ranger ma chambre à ma place n'était pas un simple fait d'une démonstration d'une jeune sorcière où ses pouvoirs ne faisait que s'exprimaient naturellement. Ça allait volontiers au-delà de ça. J'étais dotée de ces pouvoirs, et ce, depuis ma naissance. À cet instant même, j'ai éprouvé une grande colère. Car l'on m'avait menti, et je me sentais abandonnée. Je n'avais pas et je n'ai jamais compris pourquoi Lily et James Potter m'ont abandonnée, moi, et non Harry. Je me suis sentie comme un monstre que personne ne voulait auprès de lui. Une pestiférée qu'ils s'étaient empressés de délaisser. Pour la première fois, ma main s'est mise alors à trembler. J'ai accouru dans ma chambre pour m'y enfermer. Ensuite, le trou noir. Cependant, lorsque je me suis réveillée, la totalité de la pièce, les meubles, mes affaires, ont été disséminée comme s'il y avait eu une explosion. Peu après Dumbledore est venu de me voir. Je n'étais pas sortie de cette chambre depuis la veille. Il m'a dit qu'il m'apprendrait à me battre. Mais que si quelqu'un découvrait ma condition alors je creusais ma propre tombe. Je n'avais que huit ans … De là, j'ai appris à contrôler ces pouvoirs. Je peux maîtriser l'esprit d'une personne, je peux maîtriser tout ce qu'il y a de substantiel sur cette terre ou même le transformer à ma guise. J'ai appris également des sorts très difficile que même des sorciers d'âge mur ont du mal à exécuter. J'ai étudié l'art du duel et également les combats avec des armes. J'ai suivi une formation poussée en potion reconnaissant à l'odeur, les plus dangereuses et celles qui pourraient me servir. J'ai tout simplement appris à me battre. Dumbledore a fait de moi, une machine, un soldat, une arme qu'il pourra utiliser au moment opportun. Du moins, c'était le plan de départ. Mais comme tu le sais, l'avenir change toujours de perspective. Personne ne devait découvrir ma véritable identité, jusqu'à ce que Dumbledore lui-même en décide autrement. Je n'éprouve aucune rancune, je le remercie même de m'avoir enseigné toutes ces choses, mais je n'ai pas eu d'enfance, en sachant qu'un jour ou l'autre, je combattrai les forces du mal. Et puis je suis rentrée à Beaubâtons et heureusement, mon père a repris la main sur mon éducation veillant à ce que je retrouve un peu d'insouciance. Néanmoins, à la fin de ma troisième année, Dumbledore est venu me voir en m'apprenant qui était le véritable assassin de mes parents : Peter Pettigrow. C'est lui qui a vendu mes parents à Voldemort et donc, mon corps entier à crier vengeance. Il s'est mis à trembler et le désir de mordre dans quelque chose, à tout prix, m'est venu. Alors j'ai couru dans les toilettes, je me suis déshabillée, comme je viens de le faire et je me suis mordue. À partir de là, j'ai compris que c'était le seul moyen pour moi de me contrôler et en même temps de soulager cette forte émotion qui me submergeait. Voilà, tu sais tout Drago. Je ne te demande pas de me pardonner où quoi que ce soit, je voulais simplement te prouver que j'ai confiance en toi et être honnête avec toi. Parce que je tiens à toi, et je ne veux pas te perdre.
Un silence de plomb s'abattue dans la pièce tandis que les deux serpentards se dévisageaient. Drago prit conscience que Dorea s'était mise à nue devant lui. Elle lui avait tout révélé de son passé, dans les moindres détails.
Il expira alors, puis s'approcha en deux enjambés de la jeune fille pour la prendre dans ses bras, l'enlaçant fortement contre lui.
- Merci, lui chuchota-t-il dans l'oreille.
Dorea se recula puis saisit le visage du jeune homme en coupe entre ses mains et l'embrassa, lui déversant toute la tendresse qu'elle ressentait pour lui, se demandant à cet instant si ce n'était pas un sentiment plus fort qu'elle éprouvait.
Drago mit fin au baiser, et un rictus désabusé se colla sur sa bouche.
- Si tu ne veux pas aller plus loin, je te conseille fortement de te rhabiller fissa.
Dorea eut un petit rire, puis enfila ses habits sous l'œil frustré du jeune homme.
- C'est… C'est pour cela que ton père t'interdisait d'utiliser la magie quand tu rentrais à Higclere, l'été ? questionna Drago
Dorea hocha la tête en rattachant le nœud de sa cravate.
- Mon père ne voulait pas que je m'en serve et j'ai toujours gardé l'habitude de ne jamais m'en servir à des fins personnelles.
- Je suis désolé pour… lui. Il avait l'air de t'aimer plus que sa propre vie.
Un voile de tristesse transita dans les yeux de la serpentard, qui s'embuèrent aussitôt. Elle empoigna sa sacoche qu'elle suspendit à son épaule.
- N'en parlons plus, dit-elle durement.
Puis elle se dirigea vers la porte.
- Tu vas leur dire ? questionna Drago.
- Je te laisse ce soin là, j'ai besoin d'être seule.
Elle ouvrit la porte et sortit dans le couloir avant de la fermer.
Drago saisit qu'il avait commis une bévue en parlant de Lord Artwood, et passa nerveusement ses mains dans ses cheveux pour se les recoiffer.
Daphné lui avait dit un jour qu'elle doutait qu'il n'en soit pas amoureux ? Il ne savait pas quel sentiment l'habitait la concernant, mais tout ce qu'il savait, c'était que cette fille le rendait dingue. Non, correction : il était dingue de cette fille.
Alors ? Contents ? Pas contents ? J'attends vos reviews avec impatience. Profitez bien de ce dimanche et la semaine prochaine !
Dame Roulia.
