Salut, j'espère que vous allez bien pendant ce deuxième confinement. J'ai un peu plus de temps pour écrire maintenant que les cours sont à distance, il reste environ dix chapitres (ou moins) pour Le monde à l'envers, et j'avoue que j'ai hâte d'écrire les derniers chapitres pour offrir une vraie fin à cette fanfiction et aux personnages.

Je n'ai eu aucun retour sur les deux derniers chapitres, donc je ne sais pas s'il y a toujours du monde qui lit cette fanfiction ou si ça vous plaît encore, j'avoue que je suis un peu déçue haha.

En tout cas, je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine (ou avant) pour un nouveau chapitre ! :)

Chapitre 31 : Echanges épistolaires

Cher sous-fifre,

J'espère que tu passes d'horribles vacances dans ton trou paumé au fin fond de l'Angleterre. A la rentrée on se voit en salle 204, après le repas, nous avons encore quelques détails à régler.

Ton maître,

Severus Rogue.

-o-o-

Cher montgolfière (je fais évidemment référence à la taille hors norme de ton crâne),

Comment as-tu eu mon adresse ? Je ne t'ai pas permis de m'envoyer des lettres pendant mes vacances (qui sont sûrement bien mieux que les tiennes).

Ton hibou à chier dans mon assiette, il est d'ailleurs aussi repoussant que toi.

Le maître du Quidditch,

Evan Rosier

-o-o-

Chère risée du Quidditch,

Un as ne révèle jamais ses secrets, sache-le. Je connais absolument tous les détails de ta vie insipide. Tu devrais le savoir, en temps de guerre il faut tout connaître de ses ennemis.

Si tu savais comme j'ai été heureux de lire ta dernière phrase. Il a respecté mes demandes à la lettre. Brave bête.

Tu n'as pas répondu pour le rendez-vous. Nous avons une vengeance à mettre à exécution, montre un peu du tiens merde. C'est déjà assez difficile de travailler avec un crétin comme toi, mais si en plus tu ne m'aides pas on n'est pas rendu.

Le maître incontesté de Poudlard -toutes disciplines confondues.

Severus Rogue

-o-o-

Va te faire soigner, je peux te conseiller un très bon psychomage, il a été mentionné dans la gazette, il fait des miracles auprès des fous dans ton genre.

PS : Je serais présent pour ton plus grand malheur.

Evan reposa sa plume d'un air agacé, il prit le soin de glisser avec la lettre l'exemplaire de la Gazette du sorcier qui faisait référence au psychomage en question. Il espérait qu'avec ça Rogue allait arrêter de l'emmerder, il n'avait pas envie de recevoir des lettres de ce crétin pendant toutes les vacances. Le but des vacances était de se reposer, de profiter de son temps libre et surtout d'être enfin à des kilomètres de ce crétin congénital.

Il se leva et adressa un regard peu amène au piaf de Rogue, son hibou semblait le narguer, il osa même le mordre alors qu'il lui accrochait la lettre à la patte. Le hibou s'envola sous la ribambelle de juron que lui hurla Evan. Il passa son index, où l'avait mordu la sale bête, sous l'eau froide. Après quelques secondes il ferma le robinet et s'essuya les mains. Son regard se porta par la fenêtre, et se posa sur une petite maison blanche de l'autre côté de la chaussée, face à la sienne.

Il se dirigea vers sa porte d'entrée d'un pas rapide, et un sourire joyeux sur les lèvres, il était peut-être temps qu'il aille rendre visite à sa voisine. Il avait entendu dire qu'elle avait de la visite aujourd'hui, raison de plus pour se pointer chez elle, surtout qu'il avait besoin de se plaindre et qu'il était seul chez lui.

-o-o-

Charlotte chantonnait les paroles de l'une des dernières chansons à la mode, la mélodie sortait de son tourne-disque posé sur sa commode. Tout en chantant elle fourrait sans ménagement des vêtements dans une grande valise posée à même le sol. Libby qui devait normalement l'aider à préparer sa valise était actuellement entrain de fouiller dans sa trousse à maquillage. Charlotte partait en France le lendemain, on était le 23 décembre et ils étaient en vacances depuis deux jours.

- J'ai tellement hâte, gémis la blonde en s'asseyant en tailleur sur son lit, abandonnant sa valise.

- Tu m'abandonnes pour un trou paumé sous la pluie et le vent, je ne vois pas ce qu'il y a de si excitant.

Charlotte ria doucement avant de tirer puérilement la langue à son amie d'enfance.

- Je t'emmènerais en Bretagne un jour, tu verrais que c'est génial.

Libby sourit doucement avant de lui lancer un regard peu convaincu.

- J'ai hâte de voir ça tient.

La Serdaigle laissa tomber la trousse de maquillage de son amie sur le bureau, et son regard fut attiré par une lettre posée en évidence au-dessus des grimoires d'école de son amie. Elle reconnut le nom signé à la toute fin de la lettre. Elle agrippa le bout de parchemin avant de sauter sur le lit de Charlotte dans un cris. La blonde sursauta alors que Libby était à présent étalée à ses côtés, elle s'apprêtait à lui demander ce qu'il lui prenait quand elle remarqua ce qu'elle tenait dans la main.

- Oui Josh m'a envoyé une lettre, et non je ne lui ai pas encore répondu. Avant que tu ne dises quoique ce soit c'était simplement pour prendre de mes nouvelles.

- Pour prendre de tes nouvelles ? Tu lui plais c'est obligé. Après la soirée que vous avez passée, aucun mec ne t'enverrais une lettre pour "simplement" prendre de tes nouvelles, s'emballa Libby.

L'adolescente regardait Charlotte avait un grand sourire. La Serpentard se passa une main dans les cheveux, peu sûre d'elle. Elle n'avait jamais été aussi perdu sur les sentiments d'un garçon pour elle. Josh Johnson était un véritable mystère à ce niveau, elle n'arrivait pas à interpréter les regards qu'il lui avait lancé pendant la soirée. Était-ce de l'amitié ou plus ?

- Tu penses ? demanda-t-elle.

Libby se redressa et secoua doucement son amie par les épaules.

- Evidemment !

Il y eu un léger silence uniquement perturbé par la musique qui résonnait dans la chambre de la française. Libby regardait son amie avec une joie non contenue, elle espérait que Charlotte avait enfin trouvé le garçon qui lui fallait.

- Et toi ? Il t'intéresse ?

Charlotte sentit un sourire étirer ses lèvres alors qu'elle repensait au bal. Elle n'avait jamais autant ri avec un garçon, elle ne s'était pas sentit oppressé, il n'avait pas essayé de l'embrasser ou de se rapprocher d'elle dans l'optique de coucher ensemble. Il avait simplement discuté avec elle, il lui avait posé des questions personnelles, il l'avait faite rire. Elle s'était sentit à l'aise à ses côtés, comme s'ils se comprenaient. Ils avaient le même humour, et la conversation venait naturellement. Et elle n'était pas aveugle, il était mignon physiquement.

- Oui, répondit simplement la blonde.

Libby sautilla sur le lit et attrapa les mains de Charlotte pour les secouer dans tous les sens.

- Tu comptes faire quoi ? demanda finalement la Serdaigle après s'être calmé.

Charlotte réfléchit quelques secondes, et avec un sourire malicieux elle répondit.

- Je vais l'inviter à sortir.

-o-o-

Dire qu'il était mal à l'aise en ce moment aurait été réducteur de ce qu'il ressentait. Sirius fixait avec un air impassible le mur blanc face à lui, évitant le regard perçant de Dorian Meadowes.

Il était actuellement assis dans le canapé de Dorcas. Le grand jour était arrivé, et c'était sous le regard moqueur de son petit-frère qu'il avait quitté la chaleur de sa maison pour se rendre chez sa petite-amie dans un quartier sorcier reculé dans les environs de Manchester. Quand il était ressorti de la cheminé des Meadowes il s'attendait à faire face à sa petite-amie et son sourire malicieux. Il s'était lourdement trompé. Légèrement couvert de suie il s'était retrouvé nez à nez avec le grand frère de Dorcas et son sourire de prédateur.

Dorcas l'avait accueillie et l'avait présenté à son grand-frère et une demi-heure après son arrivée ils étaient toujours dans le salon. Il était assis sur le canapé à côté de Dorcas, et le frère de celle-ci était assis, tel un roi, sur le fauteuil face à eux. Dorcas discutait de tout et de rien avec son frère et Sirius n'avait pas réussis à articuler plus de trois mots depuis son arrivée.

Ce n'était pas sa faute, mais le grand-frère de Dorcas le faisait sacrément flipper. Il n'était pas connu pour être courageux, c'était un fait, mais n'importe qui s'était retrouvé face à un bonhomme de quasiment deux mètres, taillé comme une armoire à glace, et à l'air aussi aimable qu'un détraqueur dans ses bons jours aurait flippé, il en était sûr.

Dorian Meadowes avait vingt-trois ans, il était allé à Gryffondor comme sa petite-sœur et avait quitté Poudlard depuis quatre ans. Il avait les mêmes yeux perturbant que Dorcas, mais contrairement à elle, son regard n'exprimait que de la froideur. Sirius avait l'impression de se faire sonder de l'intérieur.

- Alors, comme ça tu es à Serpentard, c'est bien ça Simon ? demanda Dorian avec un faux sourire aimable.

Sirius sortit de ses pensées, et adressa un regard froid au frère de Dorcas. Bordel, elle lui avait répété au moins quatre fois son prénom et il se donnait un malin plaisir à l'écorcher. Depuis son arrivé il avait eu le droit à des Seymour, Sigmund, et il en passait les meilleurs. Il avait réellement une tête à s'appeler Sigmund ? Sérieusement.

- C'est Sirius, corrigea Dorcas. Je te l'ai déjà répété.

Dorian adressa un faux sourire d'excuse à Sirius, mais ni lui ni Dorcas n'étaient dupes.

- Oh, excuse-moi, Sinus. C'est un prénom original, un peu démodé et étrange, mais bon c'était sûrement au goût de tes parents, fit Dorian en s'amusant à écorcher le prénom de Sirius une nouvelle fois.

Sirius se retint de fusiller du regard le frère de Dorcas. Il faisait tous les efforts possibles pour rester aimable, enfin le plus aimable qu'il était capable de l'être.

- C'est Sirius pas Sinus, répondit-il poliment au prix d'un énorme effort et en prenant soin à bien articuler son prénom.

Il ne sourit pas cependant, c'était au-delà de ses limites. Un sourire tordu éclairait le visage de Dorian, il prenait un réel plaisir à la torturer.

- Tu as vraiment un truc pour les serpents Dorcas, et on se souvient tous de comme ça à finit la dernière fois, annonça Dorian d'une voix calme.

- Dorian ! s'insurgea Dorcas.

Elle avait posé sa main sur l'avant-bras de Sirius pour l'empêcher de parler.

- Sirius n'a rien à voir avec Brett, il est vraiment différent et c'est quelqu'un de génial. Tu ne peux pas faire un effort ?

Sirius ne put empêcher un sourire satisfait étirer ses lèvres alors que Dorian se renfrogna sous les reproches de sa sœur. Le regard satisfait de Sirius croisa le regard sombre de Dorian, et Sirius s'attendait à ce qu'il explose mais le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre rompit la tension.

- Dorcas ! Dorcas ! hurla une voix masculine qui lui parut familière.

Il y eut un léger silence rompu par des bruits de pas précipité, Sirius fronça des sourcils, perdu par cette intrusion, alors que Dorcas et Dorian échangeaient un regard complice qu'il ne parvint pas interpréter. Quelques secondes plus tard Evan Rosier débarqua dans le salon de sa petite-amie, et sans qu'il ne comprenne rien à la situation le capitaine des Gryffondors avait pris place dans le fauteuil à la droite de Dorian. Le regard de Rosier se posa automatiquement sur lui, et Sirius lui adressa un regard froid.

- Ton pote me pourrit l'existence, se plaignit Evan immédiatement en s'adressant à Sirius d'un air colérique.

- Qu'est-ce que Severus a encore fait ? soupira Sirius sous le regard perdu du frère de Dorcas et l'amusement de cette dernière.

- Il n'arrête pas de m'envoyer des lettres et d'envoyer son hibou chier dans ma baraque, je vais péter un plomb !

Dorcas gloussa et Sirius eut un sourire amusé. C'était bien le genre de son meilleur ami, il lui avait confié qu'il avait enfin réussit à avoir l'adresse de Rosier en début d'année, mais qu'il attendait le bon moment pour s'en servir.

- De quoi vous parlez ? demanda Dorian qui ne comprenait pas la situation.

Le visage de Dorian s'était détendu, et un sourire amusé éclaira son visage en regardant Evan qui rougissait de colère en agitant des bras. D'après ce que Dorcas avait expliqué à Sirius, la famille d'Evan Rosier avait déménagé dans la maison face à la sienne il y a de ça trois ans, les parents de Rosier étant souvent absent il n'était pas anodin que celui-ci débarque à n'importe quel moment de la journée chez elle.

- Du capitaine des Serpentard qui est aussi le meilleur ami du crétin assis à côté de ta sœur, Severus Rogue, répondit Evan. Vous avez à manger ? J'ai faim. Laissez tomber, je vais aller regarder dans vos placards.

Evan se leva et d'un pas traînant se dirigea vers la cuisine, comme s'il était chez lui. Sirius regardait le capitaine avec un amusement non feint, il se tourna vers Dorcas mais celle-ci le regardait avec insistance. Ses yeux s'écarquillèrent et il secoua de la tête négativement.

- Non, non, non. C'est les vacances je n'ai aucune envie d'aller faire la morale à Sev. Et en plus ça n'aurait aucun impact. Laisse-le s'amuser un peu, après tout lui et ton pote complotent ensemble ce n'est pas que de sa faute. Rosier n'avait pas qu'à se lancer là-dedans aussi.

Dorcas fronça les sourcils et se tourna vers l'entrée du salon où Evan revenait un paquet de gâteau sec entre les mains. Le Gryffondor enfourna un gâteau dans sa bouche alors que Dorcas déclarait d'un ton moqueur.

- Alors comme ça tu fricotes avec Severus Rogue ?

Evan s'étouffa avec son gâteau à l'entente de son amie. Il toussa bruyamment, tapant du poing sur son torse les yeux écarquillés d'horreur.

- Pardon ? J'ai cru que tu venais de dire que je fricotais avec ce sociopathe, j'ai du mal comprendre, répliqua Evan.

Dorcas ria doucement en se levant du canapé. Elle entoura brusquement le coup d'Evan avec son bras et sous les jurons de son ami se mit à lui ébouriffer les cheveux.

- Alors comme ça on cache des choses à sa petite Dora, chantonna la jeune fille.

Les deux Gryffondors commencèrent à se chamailler, Evan protestant haut et fort qu'il ne fricotait pas avec Rogue, que leur petite affaire avait un but uniquement professionnel, ce qui redoubla le fou rire de Dorcas.

- Vous avez vraiment un grain, fit Dorian en se relevant de son siège.

Il quitta le salon non sans lancer un énième regard menaçant à Sirius qui n'avait pas bougé d'un pouce sur le canapé. Une fois que le grand-frère de Dorcas eu quitté la pièce il se détendit et se laissa tomber contre le dossier du canapé en poussant un léger soupir. Bordel, il n'aurait jamais imaginé que ça soit aussi stressant.

Dorcas et Evan se calmèrent doucement et la jeune fille retourna s'asseoir auprès de son petit-ami alors qu'Evan récupérait les gâteaux qui était tombé au sol.

- Et donc c'est pour cette raison que tu es venu me piquer ma bouffe et squatter mon fauteuil ? fit Dorcas.

- Pas que, je voulais voir si Dorian avait réduit Black en charpie, et malheureusement ce n'est pas le cas. Smith au moins avait le mérite d'avoir l'air terrifiée, Black tu es une énorme déception.

Dorcas et Evan se mire à rire, et Sirius adressa un regard surpris à Dorcas. Evan parlait de l'ex petit-ami de Dorcas, Brett Smith, lui aussi à Serpentard dans leur année.

- Smith a rencontré ton frère ?

- Oh oui, répondit Evan à la place de Dorcas. Et c'était mémorable, quand je suis entrée dans la maison il était à la limite de chialer.

- Sérieusement ? s'amusa Sirius en sentant un large sourire satisfait étirer ses lèvres.

- C'était magique… Ah la bonne époque, où ton frère arrivait encore à faire peur à tes mecs. Avec toi, Black, il s'est ramolli le Dodo, en même t'es aussi impressionnable qu'une porte de prison, maugréa Evan en lançant un regard déçu à Sirius.

Sirius haussa des épaules. Il ne voulait pas avouer qu'il avait eu peur du frère de Dorcas.

- Hé ! Je suis terrifiant d'accord Rosier ! Que je ne t'entende plus dire que je ne le suis pas, hurla la voix de Dorian quelque part dans la maison.

- L'espoir fait vivre, répliqua Evan sur le même ton.

Le capitaine des Gryffondors se releva du fauteuil, son paquet de gâteau toujours en main. Il adressa un clin d'œil à Dorcas et Sirius avant de partir d'un pas joyeux.

- Je vais aller emmerder ton frère, c'est fou ce qu'il a l'air tendu.

- L'énerve pas trop, ce n'est pas toi qui vis avec, répliqua Dorcas avec amusement.

Elle se tourna vers Sirius, un large sourire aux lèvres.

- Il a l'air beaucoup plus détendu Rosier non ? fit Sirius.

- C'est l'effet des vacances. Alors, comment tu trouves mon frère ?

- Il est… intéressant, grimaça Sirius.

- Intéressant ? C'est tout ce que tu trouves à dire ? demanda Dorcas en haussa un sourcil septique.

Sirius hocha la tête, avant de croiser le regard rieur de la Gryffondor. Il soupira, et lui adressa un regard de reproche.

- Tu aurais pu me prévenir quand même qu'il allait essayer de me faire peur.

- Pourquoi le grand et valeureux Sirius Black a eu la trouille ?

- Moi ? Jamais, pour qui tu me prends ?

Ils riaient doucement, et Sirius passa une main dans le dos de Dorcas pour la rapprocher de lui. Elle passa ses mains derrière la nuque de Sirius, et alors que leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres, elle chuchota.

- Fais attention mon frère est dans la cuisine avec Evan.

- Je prends le risque.

- Oh mon valeureux serpeeent, se moqua Dorcas.

Sirius la fit taire en posant doucement ses lèvres sur les siennes. Dorcas approfondit le baiser, et Sirius sentit une boule chaude se former dans son estomac alors que les lèvres de Dorcas se mouvaient agréablement contre les siennes.

- SIGMUND DÉGAGE TES SALES PATTES DE MA SOEUR !

-o-o-

Lily lança un énième regard par la fenêtre de sa chambre, mais aucun hibou à l'horizon. Elle soupira de mécontentement, et tourna sur sa chaise de bureau. Elle était en vacances depuis deux jours, et elle avait craqué dès le soir où elle avait posé un pied chez elle. Elle avait directement envoyé une lettre à James. Le lendemain elle avait envoyé une autre en s'apercevant qu'elle n'avait pas eu de réponse, et aujourd'hui elle en avait envoyée encore une autre. Elle avait l'impression d'être une véritable harceleuse. Mais c'était la faute de James aussi, s'il avait pris la peine de lui répondre elle n'aurait pas été obligé d'insister autant. Mais à chaque fois son hibou revenait la pâte vide, et elle avait même prit la peine de noter son adresse sur chacune des lettres envoyées au cas où il se décide à lui répondre.

Mais non. Toujours rien, aucune nouvelle de James. Et elle avait beau se torturer l'esprit elle ne savait toujours pas ce qu'elle avait bien pu lui faire de si horrible pour qu'il cesse brusquement de lui adresser la parole.

Il était vraiment caractériel, pensa-t-elle en se prenant la tête entre les mains. Elle en avait marre, depuis le fameux bal ses pensées étaient tournées vers James et elle n'en pouvait plus. A un moment elle pensait à la soirée qu'ils avaient passé, à leur slow sur une musique entrainante, au sourire de James et à son rire quand elle dansait devant lui, ou quand ils discutaient. Puis elle repensait à l'après bal, au regard froid de James, à son expression contrariée, et finalement elle ne voyait que les fuites du garçon à chaque fois qu'elle était dans un périmètre proche.

- LILY !

La voix aiguë de sa sœur la sortit de ses pensées alors que son ainée entrait en courant dans sa chambre, sa porte percuta bruyamment le mur mais la grande blonde n'en avait rien à faire. Elle avait un énorme sourire sur le visage, et elle sauta littéralement sur sa cadette la secouant dans tous les sens.

- VERNON M'A INVITÉ CHEZ LUI POUR NOEL !

- Tunie, je suis juste en face de toi, tu n'es pas obligé de hurler, grommela Lily.

Sa sœur l'ignora et était actuellement en train de danser de joie devant Lily. Elle eut un sourire joyeux devant le bonheur de son aînée.

- C'est super Tunie. Mais ça veut dire que tu ne passeras pas noël avec nous ?

La blonde sembla subitement se calmer, elle adressa un sourire de travers à Lily, signe qu'elle se sentait coupable d'aller chez son petit-ami pour noël. Lily était assez proche de sa grande sœur, malgré qu'elles appartenaient à deux mondes différents elles n'avaient pas perdue leur complicité d'enfant.

- Je suis désolé, mais ça faisait tellement longtemps que j'attends de rencontrer enfin sa famille…

Lily la coupa en se levant rapidement pour venir l'enlacer. Pétunia sembla surprise par cet élan d'affection pendant quelques secondes mais finit par entourer Lily de ses grands bras rassurant.

- Je suis réellement heureuse pour toi Tunie, c'est génial, fit Lily en essayant d'être la plus convaincante possible.

Elle resta blottie dans les bras de sa sœur. Elle était heureuse pour sa grande sœur évidemment, elle avait une relation stable avec homme plutôt banal et ennuyant certes, mais elle était heureuse. Alors qu'elle, elle s'était faite trompée par le garçon dont elle était amoureuse depuis des années, elle était incapable d'être stable en amour, et le seul garçon avec qui elle était s'était sentie proche cette année, avec qui elle avait réellement eu envie de nouer une amitié, lui en voulait pour une raison inconnue.

- Tout va bien Lily ? demanda Pétunia alors que Lily était toujours en train de l'enlacer.

Lily papillonna des yeux, tentant de cacher les larmes qui lui étaient monté aux yeux. Elle s'éloigna de sa sœur avec un énorme sourire sur le visage, qui sonnait terriblement faux. Elle n'avait pas envie d'embêter Pétunia avec ses histoires.

- Oui ne t'inquiètes pas. Alors qu'est-ce que tu vas mettre chez Vernon pour noël ?

Pétunia ouvrit de grands yeux inquiets et commença à s'affoler.

- Je n'ai rien à me mettre.

Lily éclata de rire, et décida qu'elle allait se changer les idées en s'occupant de Pétunia. Au moins jusqu'à noël elle aurait une distraction, et elle pourra arrêter de penser à James.

-o-o-

Remus, Amycus et Harrison étaient installés à la terrasse extérieure d'un bar sur le chemin de traverse. L'air était frais, et la nuit commençait à tomber. Il était dans les environs de dix-huit heures et c'était la veille du réveillon de noël.

Harrison alluma une cigarette, inspira et expira un large nuage de fumée. Amycus attrapa sa bièraubeurre et un but une gorgée alors que Remus racontait son début de vacances.

- J'avais à peine déposé un pied en dehors du train que ma mère était déjà accrochée à mon cou, elle ne m'a pas lâché depuis. Elle est toujours derrière moi à me demander si j'ai besoin de quelque chose, si je vais bien, si je n'ai pas trop froid. Je n'en peux plus.

- Elle s'inquiète, c'est assez touchant, fit Harrison alors qu'Amycus hochait la tête.

- C'est étouffant.

Remus esquissa une grimace crispée. Il savait très bien pourquoi sa mère s'inquiétait, c'était la même raison qui faisait que son père ne pouvait pas le regarder dans les yeux sans prendre un air de pitié. Sa lycanthropie le bouffait, tous les jours, et ses relations avait ses proches en pâtissaient. A Poudlard seul Amycus, Harrison et Lily étaient au courant pour sa situation. C'étaient les personnes en qui il avait le plus confiance, Amycus et lui étaient devenus amis dès leurs premiers moments, assis côte à côte à la table des Poufsouffle. Dans le dortoir ils s'étaient rapidement liés à Harrison. Pendant leurs trois premières années ils étaient tous les trois collés ensemble, toujours à rire ou à faire les quatre cents coups. Rien ne pouvait les séparer, et puis Harrison s'était rapproché de Lily en cours de potion après qu'elle ait failli faire exploser son chaudron. Et Lily et Willow s'étaient rajoutés à leur petit groupe.

Quand Remus avait adressé la parole à Lily Evans pour la première fois en troisième année il s'était immédiatement dit qu'elle serait sa meilleure amie pour la vie. C'étaient des pensées et des promesses d'enfants. Il était tombé amoureux d'elle au fur et à mesure, ils avaient commencé à sortir ensemble, et il avait merdé, encore et encore. Parce qu'il était incapable de garder une seule chose stable dans sa vie. Il avait fait éclater son trio avec Amycus et Harrison. Il avait tout gâché, et même si les morceaux de son amitié avec Harrison commençaient à se récoler tout doucement, il savait pertinemment que jamais il ne pourrait retrouver ne serait-ce que l'amitié de Lily.

Lily n'avait pas été que son premier amour. Elle avait été sa meilleure amie, sa partenaire, sa confidente. Elle avait été son pilier à Poudlard, et sans elle il se sentait perdu, et terriblement seul.

Il réalisa qu'il avait totalement perdu le fil de la conversation quand il entendit les garçons parler. En voyant qu'il s'était égaré dans ses pensées Amycus et Harrison avaient dévié la conversation.

- … Bristol avec les filles et Daniel, disait Harrison.

- De quoi ? demanda Remus en se replongeant dans la conversation.

Harrison lui adressa un regard légèrement gêné.

- Amycus m'a demandé ce que je faisais pour le nouvel an, et j'étais en train de lui dire qu'avec les filles et Daniel on avait prévu de faire la tournée des bars de Bristol et après d'aller chez moi.

- Oh… ça à l'air cool, fit Remus.

Il savait qu'il n'était pas question qu'il fasse partie de la soirée. Lily et Willow ne voudraient pas de lui. Il remarqua le regard intéressé que Amycus portait sur Harrison quand il parlait du nouvel an.

- Tu peux y aller si tu veux, je resterais avec mes parents cette année, et puis ce n'était pas comme si on avait prévu quelque chose.

Amycus lui adressa un regard coupable alors qu'Harrison s'exclamait que ça serait super s'il venait. Harrison se tourna subitement vers Remus, et lui adressa un large sourire encourageant.

- Tu peux venir aussi Rem, il y aura Rachel, Elizabeth et Daniel aussi. Ils seront super contents de te voir.

- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée… répondit le lycanthrope hésitant.

Il ne voulait pas gâcher la soirée.

- Je m'occupe de Lily et de Willow, assura Harrison en hochant la tête.

Remus laissa un large sourire éclairer son visage alors qu'il acceptait l'invitation, la boule au ventre.

-o-o-

Peter écoutait le vendeur d'une oreille distraite lui parler des services à thé. Le vieil homme lui présentait deux services, qui pour Peter étaient identiques hormis pour leurs couleurs. Le premier était d'un horrible jaune criard et le second, tout aussi moche, abordée une couleur vert pomme. Le Gryffondor hochait la tête à chaque parole du vendeur, tentant d'avoir l'air intéressé, alors qu'il s'en foutait totalement de savoir si le service à thé se remplissait tout seul ou s'il servait lui-même une fois que l'eau avait terminé de chauffer. Il voulait simplement acheter un service à thé pour sa mère.

Pour ne pas changer il était complètement à la bourre pour les cadeaux de noël. Il avait couru toute la journée pour acheter ses cadeaux, et il ne lui manquait plus que celui de sa mère, qui avait exigé un service à thé. Et il ne fallait pas décevoir sa mère, sinon il allait en entendre parler jusqu'à sa mort, elle serait capable de revenir le hanter pour ne pas lui avoir acheter son service à thé.

Dès qu'il avait mis un pied dans la boutique le vendeur lui avait sauté dessus et ne l'avait pas lâché d'une seule semelle pour lui vanter les mérites de tous les produits de sa boutique. Il ne savait pas depuis combien de temps il était coincé ici, incapable d'interrompre le vendeur, mais il avait l'impression qu'il allait bientôt mourir d'ennui et de fatigue, ses jambes le faisaient souffrir à force de rester debout, et son dos le pesait avec la quantité de sac qu'il portait. Il s'insulta mentalement, il aurait dû réduire les sacs depuis le départ, il le ferait à la sortie de cet horrible boutique.

Il détestait noël. C'était toujours la même chose, il devait trouver le cadeau parfait pour chacun des membres de sa famille, et pour Cynthia et ses amis. En cas d'échec il en entendait parler pendant des mois et des mois. Au prochain noël il allait exiger une fête sans cadeau, c'était beaucoup trop de pression pour lui.

- Hé, P'titGrow ! l'interpella une voix familière dans la boutique.

Il regarda Remus Lupin se planter à côté de lui comme s'il était son sauveur. Le vendeur arrêta de parler, et en remarquant que Peter ne l'écoutait plus s'éloigna en marmonnant vexé.

- Ces jeunes, quel manque de respect….

Lupin lui lança un regard amusé, et Peter soupira en laissant tomber tous ses sacs sur le sol.

- T'étais à la bourre pour noël ? demanda Remus, mais sa question n'avait pas besoin de réponse tellement elle paraissait évidente.

Peter grimaça, gêné.

- Il me reste le service à thé pour ma mère à prendre, mais je n'y comprends rien et le vendeur m'a plus embrouillé qu'aider, expliqua le Gryffondor.

Remus lui adressa un sourire confiant en se tournant vers la dizaine de service à thé soigneusement rangé sur le présentoir face à eux. Il resta silencieux quelques secondes, et attrapa une boîte derrière un service à la jolie couleur ocre. Il fourra la boîte dans les bras de Peter sans ménagement.

- Je l'ai offert à ma mère l'année dernière et elle n'arrête pas de dire que c'est le meilleur service à thé qu'elle n'ait jamais eu, et crois moi sur parole c'est une connaisseuse, expliqua Remus.

Peter, surpris, articula un faible merci à l'encontre du Poufsouffle. Il alla payer et en sortant de la boutique il fut une nouvelle fois surpris de retrouver Remus Lupin qui semblait l'attendre. Il regardait les passants le regard vague.

- Tu m'attends Lupion ? Comme c'est adorable, s'exclama Peter après avoir miniaturisé tous ses sacs pour les ranger dans son sac à dos.

Remus lui adressa un sourire amusé et ils se mirent à marcher dans la rue menant au chaudron baveur.

- Je t'ai vu galérer dans la boutique à travers la vitre, alors je n'ai pas pu m'empêcher de venir t'aider. Reconnais que je suis quelqu'un d'altruiste P'titGrow.

Peter roula des yeux, et renchérit sur le même ton blagueur que son camarade.

- Ce n'est pas la modestie qui t'étouffe.

Remus ria doucement, et le silence retomba entre eux.

- Tu passes de bonnes vacances ? demanda Remus.

- Passable, et toi ?

- Passable.

Ils échangèrent un sourire amical, et continuèrent à marcher en silence. Le silence n'était pas gênant, c'était reposant au contraire. Peter et Remus se sentait à l'aise l'un avec l'autre, alors qu'ils se connaissaient très peu. Aucun des deux garçons ne ressentaient le besoin de parler à ce moment précis, ils appréciaient simplement le fait d'être l'un avec l'autre, comme la présence rassurante d'un ami. Ils se séparèrent en entrant dans le chaudron baveur, alors que Remus prenait le réseau de cheminée pour rejoindre sa maison, Peter prenait le magicobus. Ils se souhaitèrent une bonne fin de vacances, et c'est l'esprit léger que Peter rentra chez lui.