Chapitre 63 : Handcuffed

Stiles referma son livre de cours avec un soupir de désespoir !

Son babillage irréfléchi lui avait encore porté préjudice et, apprenant de sa bouche qu'il avait raté son contrôle de mathématiques, son père l'avait menacé de le priver du week-end tant attendu avec Derek.

Soit il travaillait assidûment sur ses devoirs tout le week-end et par conséquent se privait de la compagnie de son petit-ami, soit l'escapade mystère avec ce même petit-ami tombait aux oubliettes !

Le choix avait été vite fait ! Enfin… Pouvait-on vraiment appeler ça un choix ?

L'ancien alpha n'avait rien trouvé à redire aux menaces de son père et les avait même encouragés, prétextant qu'il jouait son avenir et que leur idylle ne devait pas gâcher ses chances !

Il soupira à nouveau.

La veille déjà, il avait consacré tout son samedi à ses révisions ! Bien trop, d'ailleurs pour ses troubles de l'attention qui l'avaient torturé plus que jamais au fil des heures ! Il avait même fini par reprendre un comprimé d'Adderall à son plus grand désespoir !

Sa matinée du dimanche et son début d'après-midi avaient connu le même sort, aussi se sentait-il à bout physiquement et mentalement.

Il se frotta la nuque, raide d'être restée trop longtemps penché sur son bureau et s'étira longuement avant de checker son téléphone toujours désespérément silencieux ! Il devrait malheureusement attendre avant de pouvoir se permettre d'investir dans un nouveau modèle.

En se grattant le nez, il avisa les quelques messages qu'il avait reçus.

Comme tu dois travailler, j'ai décidé de faire de même.

Une photo du manoir des Hale accompagnait le message de Derek, lui arrachant un fin sourire.

Aprem jeux vidéos chez moi ? Les filles et Isaac ont déjà dit oui !

Il soupira de nouveau avant de taper une réponse rapide à l'attention de son frère de cœur.

Pas possible ! Puni à la maison !

Le pire dans cette histoire, c'est que même son père lui avait fait faux bond pour quelques heures supplémentaires au bureau où une pile de dossiers en retard le tiendrait occupé jusque tard dans la soirée selon ses dires !

Un nouveau soupir échappa au lycéen, qui tournoya sur sa chaise de bureau !

C'est alors que son regard accrocha le sac de sport posé dans un coin de la pièce… Sac de sport qu'il avait préparé s'imaginant pouvoir faire une petite surprise à son homme dans la perspective d'un moment seul à seul ! Avec un peu de chance, il aurait peut-être même pu soutirer à l'ancien alpha quelques informations sur le programme de la fin de semaine.

Cependant, il avait conscience que même sans être puni à la maison, l'opportunité de mener à bien son plan était plutôt compromise avec la présence d'Isaac au loft et…

Il se stoppa net dans son tour sur lui-même, regardant tour à tour son portable, puis son sac et enfin, il sauta sur ses pieds, envoyant un message à l'ancien alpha avant d'attraper ses affaires et de se précipiter vers sa voiture.

Rejoins-moi au loft ! Besoin d'une pause de toute urgence !

Moins de dix minutes plus tard, il faisait irruption dans la chambre de Derek, armé de son sac qu'il posa au sol avant d'en ouvrir la fermeture comme pour vérifier que tout était bien là.

Le propriétaire des lieux ne devrait plus tarder, aussi l'anticipation lui montait déjà à la tête et il sentit l'excitation prendre possession de son corps.

S'il ne s'était pas trompé, il avait bien vu l'étincelle de désir sauvage qui faisait briller les iris de son amant quand il évoquait ce fantasme légèrement osé.

Il installa son matériel sur le lit. Par chance, contrairement au sien, Derek possédait un de ces vieux lits pourvus de barreaux qui lui seraient bien utiles pour ce qu'il avait en tête.

Son travail terminé, il observa les liens de métal et cuir qu'il avait achetés pour Scott, juste après qu'il ait brisé les menottes lors de sa première pleine lune. Il s'était dit que le jeune loup-garou en aurait besoin pour la suivante… Et n'avait jamais eu l'occasion de s'en servir.

Qu'importe. Il savait à présent comment utiliser cet étrange investissement.

Satisfait, il se dirigea vers la commode et sortit de son sac de sport le poste de musique qu'il y avait fourré et l'alluma sans plus se poser de question.

Enfin, il se déshabilla méticuleusement jusqu'à ne garder que son boxer. Ce fut le moment précis où il entendit la porte métallique du loft s'ouvrir et se refermer.

Son cœur s'emballa de nervosité et d'anticipation.

Et si Derek n'appréciait pas son idée ?

Il chassa sa crainte en entendant les pas de l'adulte dans l'escalier de métal et prit une grande inspiration quand la porte de la chambre s'ouvrit.

Le temps resta suspendu quelques secondes quand l'homme découvrit la surprise qui l'attendait !

Il observa tour à tour le lit, les étranges liens qui y reposaient puis, avec une étincelle sauvage emplie de désir, le corps à moitié nu de son amant.

— Tu as vraiment envie que je t'attache ?

Sa voix, sensuelle et chaude, était à l'image de son regard lascif.

Il avança jusqu'à son humain un sourire coquin aux lèvres avant de capturer celles du garçon qui se laissa entraîner dans la valse enivrante de leurs langues et de leurs souffles.

— C'est pas pour moi…

Cette fois, Derek se crispa avant de se reculer d'un pas, penchant la tête de côté comme pour se convaincre qu'il avait mal entendu.

— C'est pas vraiment ce que j'avais en tête, avoua-t-il avec un regard incertain, se préparant certainement à un nouvel affrontement.

Stiles s'était attendu à cette réaction et ne se laissa pas impressionner.

Il prit une profonde inspiration pour se donner un peu plus de courage et, sans se défaire de son sourire enjôleur s'approcha à nouveau de son loup pour entourer la taille de celui-ci de ses bras.

— Et pourquoi pas ?

L'ancien alpha eut un petit rire désabusé.

— Tu sais… J'ai pas forcément de bon souvenir avec moi attaché… Les chasseurs, tu comprends…

Stiles souffla un rire avant de poser un rapide baiser sur les lèvres de son homme qui ne se gênait pas pour explorer de ses mains son corps dénudé.

— Oui, mais je ne suis pas un chasseur et tu sais très bien que je ne veux pas te faire du mal… au contraire !

Le sourire de Derek s'agrandit.

— On peut très bien s'en servir avec toi sinon !

— Une autre fois… Aujourd'hui, j'aimerais l'essayer avec toi !

Stiles était déterminé au plus grand désespoir du maître des lieux qui soupira avant de se laisser tomber assis sur le lit.

Le fils du shérif s'agenouilla devant lui, se positionnant entre ses jambes et sans quitter le regard printemps de son compagnon de ses yeux ambre, commença à caresser l'intérieur des cuisses de l'adulte qu'il sentit réagir sous ses doigts.

— Je ne ferais rien que tu ne veux pas si c'est ce qui t'inquiète. J'ai bien compris l'autre jour que tu ne voulais pas inverser les rôles, c'est d'accord ! Tu me fais confiance, non ?

— Tu sais bien que ce n'est pas le problème !

Derek soupira à nouveau, mais se laissa faire quand Stiles entreprit de lui retirer chaussures et chaussettes avant de s'attaquer aux boutons de son jean.

— J'ai besoin de contrôler… Je…

L'hyperactif tira sur son pantalon et l'homme leva les fesses pour l'aider à l'en délester, puis l'adolescent attrapa le bas de son t-shirt pour lui faire subir le même sort.

— C'est pour ça aussi que je ne peux pas inverser, tu comprends ? Je me sens pas d'être dominé ni même passif !

Une chose était sûre, le bêta ne s'était pas attendu au rire de son humain. Il aurait dû s'en réjouir, mais pourtant…

— Je comprends mieux pourquoi toutes tes précédentes histoires se sont mal terminées.

Stiles l'observa avec un regard rieur avant de pousser sur le torse de son loup pour qu'il s'allonge sur le lit. Après un rapide baiser, il s'expliqua.

— Si tu considères que les femmes… ou moi dans notre cas… sommes passifs ou soumis… Et bien, c'est que tu n'as rien compris à la vie de couple ! Tu me trouves soumis ?

Le garçon était occupé à embrasser la mâchoire rugueuse de l'homme tandis qu'il l'interrogeait. Il traça un chemin de baiser jusqu'à son cou avant de dévier jusqu'à la clavicule saillante du lycan qu'il adorait maltraiter !

— Non !

Ce n'était rien de plus qu'un soupir, une complainte de plaisir sous l'attention de son jeune amant qui le connaissait déjà si bien. De ses mains fines et habiles, l'adolescent effleurait avec une expertise divine sa peau. Jamais aucune femme ne l'avait caressé aussi sensuellement. Il se sentit frémir sous les doigts habiles du lycéen qui le faisait chavirer de seconde en seconde.

— Tu me trouves passif ?

— Non, souffla encore le loup, les yeux clos et la bouche entrouverte sur son souffle tremblotant.

— Tu me fais confiance ?

— Stiles, je…

— Fluffy, fais-moi confiance, s'il te plaît, souffla le lycéen tout contre son oreille juste avant d'en maltraiter le lobe de sa langue et de ses dents, arrachant une nouvelle expiration de délice à son compagnon.

Derek ne savait plus que faire ni penser.

Il avait une confiance aveugle en Stiles. Il était même surpris de le réaliser, lui qui s'était promis de ne plus jamais l'accorder à qui que ce soit !

Pourtant, une part de lui continuait à avoir peur… Peur de quoi exactement ?

— D'accord souffla-t-il malgré tout.

Son regard ne pouvait pas mieux exprimer son incertitude et ses doutes.

— Super !

Stiles l'embrassa à nouveau, tout en l'invitant, d'une pression sur le corps, à reculer jusqu'à la tête du lit.

Il l'embrassa encore et encore, délicieusement et délicatement tandis qu'il attrapait son poignet avec des gestes lents et patients. Il le sangla sans se presser, laissant à Derek le temps de changer d'avis s'il le souhaitait. Puis comme pour le récompenser, il fondit sur sa bouche, jouant de façon espiègle avec sa langue, l'explorant de façon sensuelle, faisant doucement monter la chaleur avant de faire subir le même sort au second poignet de son amant désormais à sa merci.

— Je ne ferais rien que tu ne veux pas ! répéta-t-il face au regard de bête traquée qu'arborait ce dernier.

— Je sais !

Un sourire souleva les lèvres de l'adolescent avant qu'il ne plonge à nouveau sur la bouche de son loup qu'il mordilla et embrassa avec une passion qui faisait écho à l'érection douloureuse que l'adulte pouvait sentir presser sur sa hanche.

De longues minutes durant, il ne fit rien d'autre qu'embrasser, lécher, mordiller, effleurer et caresser. Il n'oublia aucune parcelle de la peau halée et musclée de son homme qui le fixait sans ciller de son regard noirci de désir inassouvi.

L'impatience accompagna bien vite le plaisir, aussi le loup commença à lutter contre ses liens, doucement d'abord puis plus fortement jusqu'à ce qu'enfin, Stiles n'atteigne le bas de son ventre qu'il embrassa amoureusement et langoureusement.

Alors, plantant ses iris malicieux dans ceux de son amant entravé, il laissa ses doigts glisser sous l'élastique du sous-vêtement, effleurant la peau douce et fine à cet endroit, faisant frissonner l'adulte qui se cambra légèrement pour plus de contact.

— Je crois que nous allons nous débarrasser de ce bout de tissu encombrant. Qu'en penses-tu ?

En réponse, Derek grogna, montrant son mécontentement devant l'air un peu trop satisfait de l'adolescent qui lui répondit d'un sourire.

— Je vais prendre ça pour un oui.

Il ne perdit pas de temps à le délester de son boxer, aidé une fois de plus par son prisonnier qui souleva à nouveau le bassin pour faciliter l'effeuillage.

Particulièrement sadique ou des plus appliqués, l'adolescent reprit sa douce torture, prenant soin d'éviter la preuve du désir de son amant qui le narguait de toute sa superbe.

— Stiles !

Le lycéen laissa sa langue glisser à l'intérieur de la jambe de son homme montant lentement jusqu'à mi-cuisse avant de la mordre savamment, arrachant un autre grognement au loup-garou.

— Oui ?

Il n'obtint rien de plus qu'un nouveau grognement mécontent.

Hors de question pour l'ancien alpha de quémander ou supplier pour obtenir l'attention de son jeune amant.

Le loup se tortilla un peu plus contre ses entraves, purement et simplement au supplice de ne pouvoir ni toucher son humain, ni être touché comme il en mourrait d'envie.

Pourquoi avait-il accepté son sort déjà ?

Ses doutes s'envolèrent quand, sans crier gare, il sentit l'hyperactif s'affairer là où son désir s'était accumulé. Il l'honora longtemps de ses mains, de sa langue et de ses lèvres, lui arrachant plaintes et complaintes, grognement et gémissement, l'entraînant jusqu'au bord du gouffre pour mieux faire refluer le désir dans le seul but de le faire monter à nouveau !

Rien à redire là-dessus, Stiles était doué pour rendre fou de désir et de frustration un homme. Un peu trop d'ailleurs !

Ce fut à cet instant précis qu'il se sentit percuté de plein fouet par la vulnérabilité inhérente à son état.

La peur immergea, irrépressible, comme si elle avait été lancée au triple galop et, en miroir, son cœur se cala sur ce même rythme endiablé.

Un peu plus durement, il tira sur ses liens jusqu'à en faire souffrir ses poignets, luttant contre l'angoisse, montant en lui comme une marée sombre qui aurait tôt fait de le noyer.

Et puis aussi abruptement qu'elle était arrivé, sa terreur disparut quand les deux orbes miel au reflet ambre de son amant accrochèrent son regard.

Ils échangèrent un sourire léger, mais lourd de sens dans lequel chacun échangea avec l'autre la force de son amour.

Le monde autour d'eux aurait pu disparaître qu'aucun d'eux ne l'aurait remarqué.

Derek accepta alors de se laisser aller, de s'offrir complètement à son amant, sans concession, sans crainte, sans barrière.

À nouveau, ce dernier s'occupa de sa virilité, tentant de lui soutirer plus de gémissements, essayant de lui donner un maximum de plaisir avant que ses lèvres ne se perdent un peu plus bas sans que ses mains ne cessent leur caresse sur sa longueur.

Quand le bout de langue mutin vint le titiller , Derek sursauta vivement avant de haleter de plaisir !

— Stiles !

Le grognement était incertain. Lui-même ne savait plus s'il voulait que le jeune homme arrête ou qu'il continue…

— Je ne ferais rien que tu ne veux pas, répéta encore celui-ci avant de lui offrir un sourire affreusement canaille.

Le regard luxurieux qu'il lui offrit, provoqua un long frisson qui remonta le long de l'échine du bêta puis, à nouveau, les lèvres et la langue du garçon furent sur lui et il oublia toute pensée cohérente.

Jamais, il n'aurait cru qu'il pourrait prendre autant de plaisir ainsi.

Les mains de Stiles accompagnaient sa caresse intime tandis que les grognements et les plaintes de plaisir envahissaient la pièce.

Bientôt, le bruit d'un flacon qu'on ouvre attira l'attention du loup qui s'était perdu dans les méandres psychédélique du plaisir ineffable qui l'avait envahi.

Quand exactement l'humain avait-il récupéré ça ?

De toute évidence, le garçon avait tout préparé avant son arrivée, ce qui n'était pas pour le rassurer.

D'un nouvel échange de regard, Stiles chercha son consentement.

Derek n'était pas certain d'être capable de lui donner.

Pourtant, à l'encontre de ses questionnements, il hocha la tête dans un accord silencieux ne voulant absolument pas que Stiles cesse son doux supplice sur sa personne.

Et il avait raison de faire confiance à son amant.

Celui-ci ne tenta à aucun moment de franchir les limites et si Derek était surpris de la sensation que provoquaient les phalanges de son amant en lui, il ne trouva pas ça désagréable à son plus grand étonnement.

Étrangement, une fois que Stiles eut précautionneusement glissé son index en lui, il ne bougea plus, se contentant de le maintenir immobile, là, tandis qu'il reprenait possession de son érection, l'engloutissant entre ses lèvres avec un nouveau regard lubrique.

Derek observa un instant le spectacle érotique que l'humain lui offrait avant de ne plus y tenir, rejetant sa tête en arrière dans un gémissement sourd d'extase.

— Qu'est-ce que tu m'amènes à faire ?!

La question, purement rhétorique, franchit les lèvres de Derek dans un souffle lascif sans qu'il ne puisse la retenir, provoquant le rire de son amant qui vibra contre sa longueur toujours prisonnière de la bouche de ce dernier.

Sournoisement, il sentit le plaisir monter en lui par vagues puissantes, violentes et incontrôlables. Son souffle se fit plus court tandis qu'il cherchait à maîtriser cet afflux tournoyant qui prenait possession de son corps comme un feu, le consumant sans pitié de l'intérieur.

Il chercha à l'endiguer, en vain, cherchant à comprendre d'où pouvait venir cette sensation inédite et, juste avant que l'orgasme ne le foudroie, il comprit son erreur. Il avait pensé que le garçon avait maintenu son doigt immobile, il n'en était rien.

Après les sensations fabuleuses que l'hyperactif avait ressenties le mardi précédent, il avait parcouru la toile à la recherche d'informations. Il avait trouvé avec plaisir des détails sur ce qu'il avait expérimenté avec son amant et s'était évertué, du bout du doigt, à masser lentement cette petite zone qui donnait tant de plaisir à un homme.

Le plaisir du loup explosa au plus profond de lui-même comme un feu d'artifice dont les répliques le secouèrent un long moment, lui faisant tourner la tête, lui donnant le vertige, le faisant chavirer comme jamais.

Il sentit plus qu'il ne vit, Stiles remonter jusqu'à son visage pour l'embrasser, avalant ses gémissements extatiques, l'accompagnant dans son paradis, sans jamais le lâcher, le câlinant, le cajolant même, comme on prend soin d'un trésor inestimable.

Il continua à prendre amoureusement soin de Derek jusqu'à ce que celui-ci ne reprenne son souffle et ses esprits. Alors seulement, il lui offrit un nouveau sourire, plus timide cette fois.

— Ça va ?

Son inquiétude était charmante, aussi Derek se pencha un peu pour cueillir ses lèvres avant de lui offrir un sourire qu'il voulait rassurant.

— Divinement bien !

Stiles sembla rassuré, relâchant son souffle qu'il avait inconsciemment retenu.

Le loup fit un mouvement de main pour venir caresser sa joue, mais fut vite retenu par les chaînes qu'il avait momentanément oubliées.

— Euh, Stiles ! Et si tu me détachais ?

L'adolescent souffla un rire avant de secouer la tête négativement.

Il se pencha jusqu'à son oreille, attrapant le flacon de lubrifiant au passage, en profitant pour lui glisser quelques mots sur une intonation pleine de promesses.

— Je suis loin d'en avoir fini avec toi !

Son regard gourmand le caressa tandis qu'il se délestait de son propre boxer.

Derek eut du mal à déglutir, lorsque ses yeux effleurèrent la preuve du désir de son jeune amant.

Il n'avait pas envisageait ce qui suivit alors… Sous ses yeux ébahis, l'humain commença à caresser son corps paresseusement, son regard miel, obscurci d'envie et de luxure planté dans le sien, le fixant avec provocation tandis que sa main s'aventurait paresseusement sur son érection.

Derek ne put rater le halètement de plaisir du garçon, ni même le rougissement de ses joues ou encore le trouble qui envahit ses prunelles tandis qu'il allait et venait sur sa longueur dans un tableau totalement décadent. Bien vite, les gémissements accompagnèrent le délicieux spectacle que l'humain tentait de contenir en vain en se mordant lui-même la lèvre de plaisir.

Impuissant et excité au possible, Derek sentit la chaleur l'envahir à nouveau jusqu'à se loger dans son bas-ventre qu'il sentit s'éveiller.

S'il avait, à de nombreuses reprises, pensé que Stiles était l'érotisme et la luxure personnifiée, il s'était lourdement trompé.

À cet instant précis, il l'était réellement, s'offrant de façon torride au regard du loup qui avait l'impression qu'une rivière de lave avait pris place entre ses veines, inondant son cœur et son corps chauffés à blanc.

À nouveau, il lutta contre ses liens. Son instinct animal se réveilla à l'instar de son désir.

Il ne pouvait pas rester sans rien faire alors que son compagnon s'offrait ainsi à lui. C'était une véritable torture de ne pas être en mesure de le toucher ni de l'embrasser. Il avait besoin de le posséder, de s'unir à lui, de se perdre définitivement entre ses reins pour mêler leurs essences à jamais.

Stiles pourtant ne s'arrêta pas là dans son supplice. Il enduisit ses doigts de lubrifiant avant de les faire lentement glisser entre ses cuisses jusqu'à les enfouir entre ses chaires au rythme exact de sa main allant et venant sur son érection.

Ses gémissements se firent de plus en plus bruyants, et son regard de plus en plus sombre.

Quand l'adolescent avait imaginé ce petit intermède sensuel, il n'avait pas prévu de faire une chose si impudique et décadente. Dans la passion du moment, il n'avait pas réfléchi, improvisant au gré de son désir et de celui qu'il pouvait voir étinceler dans les prunelles bleu acier de son loup.

Il pouvait sentir ses joues irradier de chaleur tant il se sentait vulnérable en s'offrant ainsi, tout comme Derek l'était en étant ainsi entravé.

Tous ses gestes avaient un goût d'effronterie et d'interdit. Il ne pouvait que ressentir la fièvre de son désir monter en lui dans l'inédit de ce moment de complicité et d'intimité exacerbé.

Avant d'atteindre le point de non-retour, l'adolescent se redressa et vint se placer à califourchon au dessus du bassin de son amant dont l'érection vint se loger juste entre ses fesses.

— Et maintenant, Derek… Dis-moi, que tu en as envie… Dis-moi que tu me veux !

Sa voix était suppliante, comme s'il redoutait la réponse de son homme qui aurait déjà sauté sur lui depuis longtemps s'il n'était pas ligoté à la tête de lit qu'il n'aurait jamais imaginé si solide !

— Évidemment, niño. J'ai envie de toi ! Tellement…

Leurs souffles et leurs voix n'étaient plus que halètements enfiévrés.

Dans une expiration tremblante, son jeune amant souleva légèrement ses hanches et d'une main positionna l'érection du loup entre ses reins avant de se laisser lentement glisser sur sa longueur, haletant son plaisir, la tête rejetée en arrière.

Derek aurait pu venir à cette simple vision. Lui qui n'était pas expressif en temps normal, ne retint pas son gémissement de plaisir, accompagnant leur union de sa voix rauque et sensuelle.

Il ne pouvait s'empêcher de tirer sur ses liens, devenant fou de ne pas pouvoir toucher le corps de son compagnon.

Après quelques secondes sans bouger, Stiles commença à rouler du bassin sur lui, les faisant tous les deux gémir d'un plaisir puissant et sans limite.

Les joues rougies de l'humain et sa bouche entrouverte sur ses plaintes de délice le rendaient plus magnifique encore qu'il ne l'était habituellement.

Peu à peu le rythme se précipita, jusqu'à ce que le jeune homme n'atteigne ses propres limites.

Il se laissa alors tomber en avant et, sans jamais cesser ses mouvements, libéra enfin l'ancien alpha de ses entraves.

Tel un affamé, celui-ci ne perdit pas de temps avant de se redresser, assis. Il enroula ses bras autour du corps fin, l'aidant dans ses mouvements tout en lui dévorant les lèvres puis le cou, laissant courir ses mains sur la peau pâle recouverte d'une fine pellicule de transpiration à l'instar de la sienne.

Dans un dernier élan de luxure, Stiles cria son plaisir, entraînant celui de son amant avant qu'ils ne retombent tous deux mollement sur le matelas où ils se caressèrent et se câlinèrent longuement.

Ils durent s'endormir sans s'en apercevoir, car la sonnerie du portable de Derek les fit tous deux vivement sursauter.

— C'est rien, expliqua ce dernier. C'est mon alarme de dix-sept heures quarante-cinq pour que je parte te récupérer chez toi avant la ronde ! Ça nous laisse le temps pour une douche…

Stiles gémit, de désespoir cette fois. Son week-end n'avait pas été de tout repos et il ne sentait pas l'humeur à patrouiller.

Le peu d'espoir qui avait refait surface l'avant-veille quand Derek avait repéré la trace olfactive d'un des loups en forêt était vite retombé quand une fois de plus, ils avaient perdu sa trace à l'orée des bois.

Totalement engourdi, il ne rêvait rien d'autre que de dormir. Pourtant, l'ancien alpha n'eut aucune pitié tandis qu'il le tirait vers la cabine de douche.

— Allez, courage ! Je commanderai chinois sur la route !