Je déteste ff! Une semaine de bugs!
Une semaine! Enfin! Je suis dégoutée et désolée pour le retard.. pff.
31- Halloween
L'un des nombreux avantages du voyage dans le temps était bien sûr l'immersion culturelle.
Jack avait toujours été un homme très ouvert d'esprit.
Sans surprise, il avait écouté avec délice Rose lui décrire les fêtes de son époque.
Halloween l'avait particulièrement séduit, pour de multiples raisons.
-Manger et me déguiser ? Aller faire peur aux petites vieilles du village ? Je suis votre homme !
-Pourquoi est-ce que cela ne me surprend pas ? Roula des yeux le Docteur, en continuant à frapper avec rythme une pièce de métal arrondie à l'intérieur de la console.
Un sourire de garnement apparut sur le visage de son compagnon.
L'instant d'après, il lui sautait sur le dos, enroulant ses bras autour de son cou alors que le pauvre Seigneur du temps lâchait un grognement.
-Doc ! Soyez chic ! C'est une fête de l'époque de Rose !
-Et je ne vois en rien l'intérêt de vous la faire découvrir, répliqua ce dernier, en le repoussant sans ménagement, le faisant tomber sur le sol.
-Pourquoi ? D'habitude, vous adorez cela, rétorqua mutin le jeune homme, en s'allongeant sur le dos, s'exposant sans complexe.
Le Docteur lui jeta un regard plat, avant de se détourner, gardant ses yeux rivés sur la console face à lui.
Il était sensé travailler, damnit.
-Peut-être parce que la version que vous décrit Rose est à des années-lumière de la création originelle ? Que je ne vois aucun intérêt de vous plonger dans la société de consommation qui a manqué détruire la Terre ? Et que je vous connais, si je vous laisse mettre les pieds à cette époque, à cette date précise, vous allez dévaliser tous les magasins de bonbons de Londres, et le Tardis va encore finir couverte de papiers partout, et qui devra nettoyer ?
Derrière lui, un rire se fit entendre.
-Personne ne vous empêche de me raconter la version originelle, Doc de mon cœur. Et je suis assez grand pour nettoyer derrière moi, merci bien, commenta-t-il, amusé. Non, moi je pense, ajouta-t-il en se redressant sur un coude, un sourire de requin aux lèvres, que vous avez peur.
Le marteau du Docteur tomba sur le sol, en même temps qu'il se retournait, ses yeux bleus énormes comme des billes.
-Je vous demande pardon ?!
Le capitaine haussa un sourcil, avant d'expliquer, son expression toujours mutine :
-Peur. Peur de ce que cela donnerait si vous lâchiez prise, et que vous vous amusiez, pour une fois.
-Je sais m'amuser, capitaine ! S'exclama le Seigneur du temps, outré.
-Oui ? Mais pourtant, vous me privez d'un moment de fête, sans argument précis, rétorqua son compagnon, en le fixant intensément.
Le Docteur sentit la pointe de ses yeux virer au rouge vif. Il se détourna, son expression se refermant à une vitesse effrayante.
Jack soupira, et se redressa, laissant tomber son masque moqueur pour mieux venir le prendre dans ses bras par derrière.
-Le monde ne s'arrêtera pas parce que vous vous amusez, Doc. Vous en avez le droit, comme tout le monde.
-Je ne .. Ce n'est pas.. Sa gorge s'assécha, en même temps que l'humain posait son menton sur son épaule. Jack .. Je suis trop vieux pour cela.
-On n'est jamais trop vieux pour s'amuser, répliqua aussitôt le jeune homme. Ni pour se déguiser, ou manger des bonbons. Vous n'êtes pas allergique aux bonbons ? S'interrogea-t-il soudainement, faisant naitre un sourire sur les lèvres du plus âgé.
-Non, le rassura-t-il. Non, je ne suis pas allergique aux bonbons, capitaine.
-Alors vous n'avez aucune raison de ne pas en manger, conclut son compagnon, avant d'embrasser sa joue gentiment. Allez, Doc. Venez vous amuser. Et vous pourrez me faire une leçon d'histoire sociologique si cela vous plait, je ne m'endormirai pas, promis.
Le Seigneur du temps renifla.
-Il ne manquerait plus que cela. Halloween est un sujet passionnant, capitaine, vous apprendrez que la légende à son origine n'a absolument rien à voir avec les stupides costumes de sorcières qu'adore Rose.
-Ils ne sont pas stupides, et Rose est magnifique dedans, rétorqua Jack, en le tapant. Debout, vieillard, c'est l'heure d'aller vous amuser.
Le Docteur roula des yeux, mais déjà Jack l'attrapait par l'épaule, le retournant pour l'embrasser avec enthousiasme.
Un humement lui échappa, avant qu'il ne commente :
-Vous ne m'aurez pas ainsi, Harkness. Je ne me déguiserai pas.
Son compagnon lui lança un clin d'œil.
-A voir. Et vous n'échapperez pas à la séance maquillage de Rosie.
-Par Rassilon, grogna le Docteur, mais il souriait lorsque Jack le tira sur ses pieds.
-Et vous aurez le plaisir d'assister à ma séance essayage !
-Un tel drame, soupira-t-il dramatiquement, s'attirant un clin d'oeil et un regard suggestif. Je vous préviens, Jack : essayez de décorer mon Tardis, et vous finissez dans la première supernova que je trouve.
Les toiles d'araignées se mélangeaient à la poussière blanche sur les murs et le sol du vaisseau, des bêtes de toutes tailles et couleurs pendant du plafond pour mieux agresser les habitants des lieux.
Noires, rouges, jaunes, les monstres à huit pattes se mélangeaient pour former un tableau d'une horreur cosmique prompte à remplir de joie les deux compagnons.
Le propriétaire des lieux, un peu moins.
Du moins, c'est ce qu'il affirmait.
Il avait une réputation à tenir, après tout.
Pourtant, lorsque Jack s'était lancé avec détermination dans la décoration du vaisseau, c'était lui qui lui avait indiqué où se trouvait le matériel nécessaire, et notamment les fameuses toiles d'araignées que ne cessait de mentionner Rose.
Les toiles d'araignées, et les citrouilles, les masques, et les fantômes, et bien évidemment les sorcières et autres loups-garous.
Le Tardis s'était transformé en un bestiaire des plus grandes légendes terriennes, au plus grand désespoir et amusement du Seigneur du temps.
Pour se venger, il avait entrepris de raconter dans les plus amples détails les origines de chacun des monstres, et toutes les légendes horrifiques sur leur sujet.
Étrangement, ses compagnons ne s'en étaient pas plaints.
Au contraire, ils l'avaient écouté avec application, du moins, tout autant que le leur permettait leur tâche ardue.
Après une après-midi complète de travail acharné, le Docteur ne put que confirmer que son vaisseau avait été changé en réceptacle à horreurs.
-Docteur ! Regardez !
Roulant des yeux, il se redressa, peu désireux de quitter la salle des machines sous sa console – un des seuls endroits que ses compagnons avaient daigné laissé intact, Rassilon, merci.
-Docteur ! Insista Jack.
Soupirant, le Seigneur du temps se releva, se dirigeant vers l'escalier le ramenant au rez-de-chaussée. Il grimaça, repoussant les crânes en papier qui pendaient du plafond, avant de grogner lorsque le son d'une chauve-souris le frappa aux oreilles – où est-ce que Jack avait caché le bouton, damnit, il allait le..
-BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOUH !
Le Docteur n'hurla pas.
Peut-être, fit-il un violent bond sur le coté, avant de sortir son tournevis sonique, une expression meurtrière sur le visage.
Peut-être, Jack eut-il la peur de sa vie.
Peut-être, sa hache en plastique alla-t-elle s'écraser sur le sol, en même temps qu'il sautait en arrière, en lâchant un cri aigu.
Il le nierait plus tard, bien sûr.
En attendant, il prit ses jambes à son cou, se retournant en courant pour mieux s'enfuir dans le couloir alors que le Docteur se lançait à sa poursuite, la hache à la main, un long grondement lui échappant.
-Harkness ! Revenez ici ! Vous pensez m'échapper ? Vous allez voir ! Jack ! Jaaaaaaaack !
Damnit.
Ce n'était pas sensé se passer ainsi.
Il était sensé être celui qui effrayait le Docteur, pas l'inverse !
-Joyeux Halloween, Jack, se murmura-t-il à lui-même en souriant, avant de tourner au premier angle venu, le Docteur sur ses talons.
