Bonjour tout le monde et bonne lecture !

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

Chapitre 31 :

Lord Elphias S.A. Prince

*~*°O°o°O°*~*

Proposition d'écoute : "Every Moment" de Joy Williams

Dimanche 12 août 1990

L'homme habillé de noir était rentré "chez lui". Le Manoir était grand, bien trop grand pour une seule personne. Mais il y revenait. Souvent.

C'était son Manoir, l'Endroit dans lequel il était libre de ses mouvements et c'était aussi, en quelques sortes, la preuve de sa liberté. Il pouvait y vivre comme bon lui semblait, inviter ses réels amis sans être surveillé par l'un de ses « chefs ».

Le salon à l'arrière de la maison était l'une des pièces les plus agréables et il y passait le plus clair de son temps. Les elfes avaient fabriqué une sorte d'arbre à chats sous les conseils des elfes du Manoir Potter et les chatons - qui avaient bien grandit - en profitaient pleinement.

Severus avait, plusieurs fois, laissé la porte-fenêtre volontairement ouverte. Mais si la femelle sortait quelques minutes, les chatons préféraient rester au chaud, dans leur cocon. Ils squattaient le canapé, faisaient leurs griffes sur des grattoirs fabriqués par Harry et Philipp, puis mangeaient dans des gamelles en poterie fabriquées par Jania et Leonius.

Les elfes avaient beaucoup évolués et bien amélioré le rez-de-chaussée. Le grand laboratoire avait été nettoyé de fond en comble et rénové. Les murs étaient propres et peints en blanc cassé, le sol avait été refait en carrelage gris anthracite. Les chaudrons étaient dorénavant propres et prêts pour une nouvelle utilisation, disposés dans de nouvelles étagères. Les ingrédients n'avaient pas été touchés par les elfes et Severus les avaient précautionneusement déplacés sur les nouvelles étagères avant de faire disparaître les anciennes qui accumulaient la poussière même sous de puissants sortilèges de propreté.

Le petit salon de l'entrée était agréable lui aussi mais quelque peu étroit. La petite chambre avait été réaménagée sous l'ordre de Severus qui comptait l'utiliser au lieu de dormir sur le canapé du salon. Il n'avait guère envie de s'aventurer dans les étages, même si les chambres y étaient plus spacieuses...

Il s'était surpris à promettre à sa grand-mère de dormir dans la chambre de Maître de Maison un jour, au premier étage ou alors la deuxième chambre du rez-de-chaussée. Mais cela ne l'attirait pas, d'autant plus que les elfes, selon ses ordres, ne s'étaient pas encore occupés des pièces "inutiles".

Il préférait occuper le salon, s'endormir le soir en lisant divers grimoires ou livres dont il avait hérité.

Le sous-sol avait également été nettoyé et réaménagé, et ce fut assurément ce qui pris plus de temps aux elfes. Le souterrain du manoir était rempli d'énormes toiles d'araignées et de corps d'insectes divers ayant succombé à la mort depuis bien longtemps. Il y avait aussi des cadavres de rats et d'écureuil, Severus ne comprenait d'ailleurs pas la présence de ces derniers en ces lieux.

- Le Maître est de retour ! fit alors Enora en apparaissant devant Severus. Bonjour !

- Bonjour Enora, fit Severus en esquissant un sourire. Oublie le « Maître », veux-tu ?

- Dé… désolée… Enora est désolée, fit elle en baissant la tête.

- Ce n'est pas grave, enfin bref. En effet, je suis rentré. Y-a-t-il du courrier pour moi ?

- Oui, une lettre du petit Charlie Weasley vous attend sur la table à manger, souhaitez-vous manger quelque chose ?

- Avec plaisir, répondit l'homme en s'asseyant à table et ouvrant la missive. Je dois partir dans une heure et demie pour Londres.

- Très bien, Enora vous prépare du pavé de bœuf avec une sauce au persil, ail et oignons, le tout accompagné de pommes de terre sautées ! Vous mangerez dans la grande salle à manger pour nous faire plaisir, Monsieur Severus ? Les fenêtres magiques ont été réparées par nos soins ! S'il vous plaît !

- Ok, ok, répondit distraitement Severus.

Il n'aimait pas réellement l'idée, mais bon. Cette salle se trouvait au centre du rez-de-chaussée, entre le grand et le petit salon. Les couloirs contournaient la salle, desservant ainsi les quatre coins du niveau. La table à manger pouvait, au minimum, accueillir plus de quinze personnes. Au maximum au moins le double… et les fenêtres magiques, au nombre de trois par côté de cette salle rectangulaire, donnaient sur le parc du Manoir.

Il secoua la tête afin de revenir au moment présent. L'elfe avait disparu et Severus laissa échapper un petit rire. Il n'avait pas l'habitude de manger aussi bien que quand il était… chez lui.

Un des chatons, qui avait plus d'un an maintenant, grimpa sur ses genoux et ronronna immédiatement sous les caresses distraites du Maître des Potions qui lisait attentivement le parchemin.

« Bonjour Professeur Snape,

Tout d'abord, je souhaitais encore une fois vous remercier pour l'entrevue que vous nous avez accordé et d'avoir donc pris le temps de discuter avec nous et tout ce qu'il s'est passé ensuite.

Je tenais également à vous informer de mon souhait d'aller, après Poudlard, étudier les créatures magiques et les diverses possibilités de soins. Ma mère est bien entendu entièrement contre ce projet d'études et le professeur Dumbledore a, à maintes reprises, proposé de m'intégrer au Ministère alors que je ne veux absolument pas faire de politique. Ce n'est pas mon domaine ni ma passion.

Mon père m'a alors poussé à écrire ce parchemin, me rappelant la proposition que vous aviez faite.

Majeur depuis le mois de décembre, je souhaite terminer ma formation à Poudlard avant d'intégrer l'école de Garlies Castle et mon père souhaiterait que je profite de votre proposition bien que cela me mette mal à l'aise. Serait-ce réellement envisageable ? Si oui, cela devrait rester secret car je ne compte plus donner de nouvelles à ma famille dès mon départ en septembre. J'irai à Poudlard mais couperai les ponts – sauf avec Bill, Fred, George et mon père bien entendu – avec le reste de la famille Weasley car cela me mettrait des baguettes dans les chaudrons.

Qu'en pensez-vous ?

En vous souhaitant une belle journée d'été,

Charlie Weasley »

- Idiot… marmonna Snape en se relevant et déposant le chat sur la chaise. Breval ?

- Oui ?

- Pourrais-tu te renseigner sur l'endroit où se trouve Charlie Weasley s'il te plaît. S'il n'y a aucun risque et qu'il est d'accord, pourrais-tu le ramener en ces lieux ?

- Évidemment, Monsieur Severus, Breval y va tout de suite.

Severus soupira alors et prévint les autres elfes d'un éventuel futur invité. Il caressa les chats et sourit tendrement. Décidément, les animaux le détendaient à une vitesse impressionnante. Elizabeth avait eu raison, il s'était attaché à ces boules de poils très câlines lors de ses rares venues. Même si les elfes leur vouaient une attention toute particulière, ils semblaient bien heureux d'avoir leur humain à la maison.

Un plop puissant le surprit alors. Ce n'était pas un, mais trois invités qui se présentèrent à lui.

- Bonjour, professeur, firent les trois enfants Weasley, quelques peu gênés.

- Breval m'a annoncé votre invitation et… je ne pouvais pas laisser Fred et George seuls, vous comprenez…

- Aucun souci, fit alors Snape en haussant légèrement les épaules. Bienvenue à vous trois.

- Enora va préparer la table dans la Salle et ramener des assiettes supplémentaires ! fit alors l'elfe en repartant aussitôt.

- Nous avons déjà mangé, fit doucement Fred.

Severus fit un léger sourire, et montra le chemin à ses élèves et protégés. Severus s'était engagé auprès d'Arthur, en tant que Lord, de protéger et d'être disponible pour ces trois-là qu'il avait bien fini par apprécier, un peu contre son propre gré. Lui qui s'était promit de ne s'attacher à personne, le destin en avait décidé autrement.

Ils prirent place autour de l'immense table où quelques bouquets apparurent ainsi qu'une grande nappe et la vaisselle nécessaire au repas.

Les enfants, impressionnés devant tant de richesse, n'osèrent guère bouger.

- Allez ! Mangez l'entrée ! Fit joyeusement Enora en poussant les chaises des invités.

- On… on a déjà mangé un petit goûté ce matin, vers dix heures, avant de partir en forêt et… commença timidement Fred.

- Enora ne veut rien savoir ! Vous êtes ados ! Vous avez besoin de manger !

Severus laissa échapper un rire moqueur. Pour une fois ce n'était pas lui qu'on allait gaver comme une oie…

Enora, Delyth et Flynn servirent alors chaque personne en offrant de grands sourires.

- Bien, Charlie, j'ai lu votre missive. Je me dois de vous avouer que je trouve cela complexe, concernant l'année à venir et votre départ du Terrier alors que vous serez toujours sous la coupe du professeur Dumbledore.

- Hm… j'avoue y avoir pensé mais je dois terminer mes études et…

- Laissez-moi finir, fit Severus en levant les yeux au ciel. Vous êtes certes inscrits à Poudlard, mais ne voyez-vous aucune autre solution, vraiment ?

Le jeune garçon fronça les sourcils, réfléchissant à la question. Non… il ne savait pas.

Un sourire moqueur naquit alors sur les lèvres de ses frères.

- Laissons réfléchir le plus âgé, fit alors Snape aux jumeaux. Que faisiez-vous, tous seuls, dans… la forêt ?

- Nous devions cueillir des champignons pour le repas de demain midi car le professeur Dumbledore viendra.

- Ah. Charlie, toujours pas de réponse intelligente à proposer ?

Dépité, le jeune adulte fit non de la tête en la prenant entre ses mains alors que Fred lui tapait gentiment le dos.

- Il y a l'EMSI, l'Ecole de Magie Secondaire d'Irlande, à Glaslough's Hollow Castle dans le comté magique de Glaslough. Abigaelle Potter y fait ses études et nous pourrions demander à Lord Potter de t'y inscrire, non ?

La bouche ouverte, Charlie observa ses frères ricaner. Bien sûr !

- Tu pourrais passer les vacances scolaires ici, bien que ton oncle serait certainement heureux de te voir de temps à autres, tu pourrais te rendre chez lui ou encore l'inviter en ces lieux. Tu pourrais avoir ton espace de vie au premier étage, afin de te sentir libre, tout en respectant les règles de la maison. Je n'ai pas encore aménagé vos chambres à l'étage, tout est comme la dernière fois lorsque vous aviez dormi ici, mais je comptais le faire avant de partir pour Poudlard.

- Ce… ce serait une très bonne idée, fit timidement Charlie. Il faudra que j'y réfléchisse, effectivement.

- Bien, alors je vais en parler avec Hardwin. Vous, vous allez retourner dans votre forêt cueillir sagement des champignons et je transmettrai à Charlie la réponse définitive par un de mes phénix qui apparaîtra lorsque Charlie sera seul, compris ?

- Oui, professeur Snape, répondirent les jumeaux.

- Merci beaucoup, professeur, rajouta Charlie.

- Mais de rien, j'ai bien dit à votre père que je serai un soutien dans ses décisions, tout comme Lord Potter ou Lord Meliov. Maintenant, mangez et Breval vous ramènera.

Ils acquiescèrent et finirent leurs assiettes tout en discutant de tout et de rien. Severus les conseilla sur la cueillette des champignons afin qu'ils en trouvent plus facilement et les laissa partir tout en allant lui-même se préparer.

Le temps était passé à une vitesse folle et il avait rendez-vous avec son oncle dans vingt minutes, dans un café moldu. Il revêtit alors une chemise grise anthracite et un léger pantalon noir fraîchement repassé par Sinéad, puis attacha ses cheveux en une tresse reliée de rubans représentant les armoiries des Prince puis accrocha à son poignet la montre astrologique dont il n'arrivait pas encore parfaitement à comprendre le fonctionnement. Il prit ensuite la peine de mettre la chevalière en or offerte par Silius quelques semaines plus tôt et représentant également les armoiries de la famille. Il plaça un glamour sur ses cheveux afin de les rendre plus clairs, et sur la totalité de son visage.

Il transplana ensuite pour Londres, et accosta son oncle.

- Navré du retard.

- Bonjour, cher neveu. Alors, prêt ?

- Pas vraiment, non, murmura Severus.

- Tout va bien se passer.

- Hm.

- Tu as relu ce que je t'avais écrit ?

- Oui, c'est parfait. Je tenterai d'utiliser les mêmes mots.

Lord Silius Prince esquissa un léger sourire et poussa son neveu vers une table. Ils avaient encore le temps de boire un café avant de se rendre dans la rue adjacente au Chemin de Traverse.

.

*~*°O°o°O°*~*

.

- Lord Silius Prince, Lord Elphias Prince ?

- En effet, enchanté.

- Enchanté, très chers. Je me nomme Oscar Collins, reporter de la Gazette du Sorcier pour notre interview sur votre tout nouveau laboratoire.

- Très bien, encouragea Silius Prince. Commençons, dans ce cas ?

Ils étaient dans une petite pièce sobre, et les fauteuils étaient confortables. C'est la seule chose que Severus fut capable de remarquer avant de répondre inlassablement aux questions posées qui apparaîtraient le lendemain matin dans les journaux de la première heure.

Le Laboratoire Potter & Prince,

Ingénieux et Indépendant

Oscar Collins, reporter pour la Gazette du Sorcier

Interview du dimanche 12 août 1990 à Londres

Lord O. Collins : Très chers Lords Prince, je tenais à vous remercier tous deux pour votre présence parmi nous aujourd'hui.

Lord Silius Prince : C'est un plaisir, très cher.

Lord O. Collins : Puis-je me permettre de demander la raison de l'absence de Lord Potter ?

Lord Elphias Prince : Lord Potter est actuellement en mission pour le Ministère Irlandais, son emploi principal après ses devoirs auprès du Laboratoire.

Lord O. Collins : Quel métier exerce Lord Potter ?

Lord E. Prince : Lord Potter est co-responsable du service des accidents magiques d'Irlande. Il partage maintenant son temps entre sa grande famille, le Ministère et le Laboratoire.

Lord O. Collins : Votre logo représente un trèfle à quatre feuilles bleu, superposé d'une rune verte – sur le côté gauche de ce trèfle – rune qui m'est inconnue – ainsi qu'un P noir au centre des trois autres feuilles du trèfle. Pourriez-vous m'en dire plus ?

Lord E. Prince : La rune est une rune celte, signifiant « La Paix », le trèfle est présent pour la chance de pouvoir partager nos connaissances avec le Monde et les trois « P » sont présents pour Potions, Potter, et Prince.

Lord O. Collins : Quel est le but principal de ce Laboratoire ?

Lord S. Prince : Le but de ce laboratoire est de pouvoir mettre sur le marché des potions non dangereuses comme des baumes cicatrisants, des produits de beauté et des soins de premier secours pour les nourrissons. Tout ceci est censé dégorger, nous espérons, les hôpitaux sorciers des problèmes bénins pouvant être soignés sans l'intervention obligatoire d'un médicomage. Comme les désinfectants primaires par exemple, le coton, les pansements ou les potions légèrement cicatrisantes pour les blessures de premier cycle ou encore les baumes de soin contre les brûlures dues au soleil. Les hôpitaux sorciers ont tendance à tout vouloir garder pour eux et revendre des potions ou soins divers à des prix astronomiques alors que leur création n'a presque rien coûté et que les créateurs n'ont qu'un faible pourcentage sur les ventes.

Lord O. Collins : Pourriez-vous préciser vos pensées ?

Lord E. Prince : Les hôpitaux, comme celui de Sainte Mangouste en Angleterre, passe de nombreux contrats avec de jeunes Maître de Potions, achetant en partie leur création et leur interdisant la revente extérieure. Ainsi, s'ils venaient à contrecarrer ces clauses contractuelles, Sainte Mangouste serait dans le droit de sanctionner le dit créateur et de retirer le nom de ce dernier sur les étiquettes de ces soins et d'en prendre pleinement la propriété. De plus, le revenu par Potion revient, pour le Maître l'ayant inventé, à deux pourcents par vente. A savoir que la marge de l'établissement s'élève, en général, à soixante-dix pourcent de bénéfice par potion ou soin vendue.

Lord O. Collins : N'avez-vous crainte de représailles de la part du seul hôpital sorcier d'Angleterre ?

Lord S. Prince : Aucunement, car ceci est spécifié sur les petits cadres presque illisibles du hall d'entrée de cet établissement. Chaque personne dotée de curiosité est donc capable de pouvoir lire ces informations. Mais encore faut-il s'intéresser aux personnes qui, derrière le bel édifice, travaillent et donnent tout leur temps à ces créations et n'y gagnent, au final, pas assez pour vivre. Le problème étant qu'en Angleterre, contrairement à l'Irlande, Sainte Mangouste se trouve avoir le monopole des soins, ce qui est assez dérangeant lorsque l'on connaît la superficie du pays et le nombre de personnes ne pouvant avoir accès aux soins par les voies officielles.

Lord O. Collins : Et cela se passe comment, chez vous, en Irlande ?

Lord E. Prince : L'Irlande comprend quatre hôpitaux principaux et vingt laboratoires d'analyses et de potions. Il y a également une centaine de cabinets médicaux privés où nous pouvons consulter selon nos besoins. La revente se fait principalement dans les hôpitaux mais certaines pharmacies existent, comme chez les Sans-Pouvoirs. Notre but est, comme les autres Laboratoires du pays, de rendre l'accès moins difficile aux personnes dans le besoin et de livrer une pharmacie présente non loin de notre établissement. C'est aussi une occasion de créer de l'emploi et participer ainsi à l'économie du pays.

Lord O. Collins : Prévoyez-vous de créer une filiale en Grande-Bretagne ?

Lord S. Prince : C'est une idée qui germe dans nos esprits mais qui n'est, pour le moment, pas d'actualité. Nous nous concentrons d'abord sur le marché irlandais et ceux qui nous envoie des commandes.

Lord O. Collins : Lord Elphias Prince, vous aviez laissé entendre que votre famille avait énormément de connaissances en Potions et en soins divers, est-ce que tous vos brevets vous viennent de vos ascendants ?

Lord E. Prince : Une partie en provient, en effet, mais plus de quatre-vingt pourcents des potions ou des produits de beauté pour hommes et femmes actuellement en vente ont été pleinement créés, modifiés et améliorés par mes soins ou encore par ceux de mes assistants dont les noms figureront sur les étiquettes.

Lord O. Collins : Vous semblez très strict sur le plan de la reconnaissance, Lord Prince.

Lord S. Prince : En effet, il est très important de valoriser les personnes participant à la création ou la mise en place d'une potion, d'un baume, d'un soin ou tout simplement d'un projet. Cela les motive d'autant plus à donner d'eux-mêmes et prendre confiance en leurs idées.

Lord O. Collins : Vous manque-t-il du personnel ?

Lord E. Prince : Un recrutement est encore en place, et nous recherchons toujours des personnes passionnées et dignes de confiance. Il suffit de nous envoyer un hibou et d'être prêt à vivre près du Laboratoire, présent dans une très belle région je dois dire.

Lord O. Collins : Merci infiniment pour votre précieux temps, Lord Silius Prince et Lord Elphias Prince. Nous vous souhaitons de réussir dans votre projet qui a déjà prit place au sein de la communauté Irlandaise. Vous avez déjà vendu plus de cinq cent litres de potions diverses à plusieurs lieux de soins en Irlande et en Ecosse, sans compter les baumes de soin et les produits de beauté qui font, pour le moment, l'unanimité. Je vous remercie d'être passés à Londres en ce beau jour.

Lord E. Prince, Lord S. Prince : Le plaisir est partagé, Lord Collins.

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

Albus Dumbledore fit disparaître le journal d'un geste rageur. La famille Prince, de retour en Angleterre ? Que Merlin l'en préserve, c'était comme annoncer la prolifération de mages noirs dans toute l'Europe !

Créer un laboratoire indépendant ? Mais quelle idée stupide et égoïste ! Les gens commenceraient alors à se soigner sans voir de médecins et feront n'importe quoi !

Et… ils recherchent des potionistes. Non, vraiment, il devait prévenir le Ministère de la dangerosité d'un tel projet. Que l'Irlande fasse ce qu'elle veut, mais qu'ils ne viennent pas polluer l'atmosphère anglaise avec ses idées farfelues !

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

Severus Snape avait passé la matinée dans son Manoir. Ornelia et Silius avaient annoncé leur passage dans l'après-midi et le Maître des Cachots de Poudlard réfléchissait à l'aménagement des chambres du premier étage.

En se tenant face au Manoir, nous pouvons apercevoir, au total, cinq tours. Deux à l'avant, une au centre du côté droit ainsi que deux à l'arrière. La tour du côté droit était la moins haute et était utilisée pour les escaliers du Manoir. Elle desservait ainsi la cave, le rez-de-chaussée, le premier, le deuxième étage puis le grenier.

En arrivant au premier étage, un couloir partait vers le côté gauche du Manoir et desservait quelques autres couloirs. L'étage comprenait 5 chambres – ou du moins ce qui avait été des chambres, à l'époque – la pièce reliée au laboratoire, un grand salon à l'arrière puis, à l'avant, le petit salon avec cheminée juste au-dessus de celui proche du hall d'entrée du Manoir.

En montant les escaliers et arrivant dans le couloir de l'étage, nous pouvions d'abord accéder à une porte en bois massif beige, donnant sur la première chambre de l'étage. Celle-ci était une vaste pièce d'environ vingt mètre carrés et avait sa propre salle de bain sur la droite de la porte. La pièce était vide pour le moment, mais fort heureusement propre. Les elfes avaient nettoyé les chambres lors du précédent noël, disposant, dans le salon de l'étage, quelques lits de camp au cas où.

En continuant de marcher le long du couloir provenant des escaliers, l'on avait un petit couloir sur la droite qui donnait à la fois sur la seconde partie du laboratoire puis à une grande pièce qui fut le sosie – bien qu'un peu plus grand –, autrefois, du grand salon au rez-de-chaussée.

Le couloir des escaliers donnait encore sur un couloir sur la gauche, permettant l'accès à l'avant du manoir, puis sur la droite, donnant accès à une chambre près du Salon et de la tour arrière gauche (en se tenant face au Manoir).

Le couloir de gauche, donnant sur l'avant du Manoir, desservait d'abord, sur notre droite, deux chambres dont celle du fond qui donnait sur le petit salon avec la cheminée. Le couloir tournait ensuite à gauche, desservant à droite une bibliothèque – salle de travail puis la tour avant transformée en salle de musique et enfin une chambre, entre celle collée à la tour des escaliers et la fameuse salle de musique.

Si on se tenait face au Manoir, les trois chambres du côté gauche étaient ornées de dressing et d'une petite salle d'eau et la tour arrière droite était en réalité une grande salle de bain.

La salle de musique était encore poussiéreuse et les instruments semblaient bien âgés et abîmés. Personne n'avait encore touché à cette pièce dont chaque objet ou instrument semblait plus précieux que l'autre. Seules les chambres avaient été nettoyées et vidées des centaines de débris.

Severus avait bien réfléchit et s'était finalement décidé pour prendre possession d'une des trois chambres du rez-de-chaussée : celle juste à côté du petit salon. Ainsi, il se trouvait proche de l'entrée tout en étant proche de la cheminée ou encore de la bibliothèque et du grand salon. Deux des chats y avaient d'ailleurs élu domicile lorsqu'Enora y avait fait apparaître un immense lit au matelas plus que confortable.

Il se concentra à nouveau sur le premier étage. Il souhaitait donner la première chambre de l'étage à Charlie Weasley. Spacieuse, il y aurait largement la place pour un bureau, des étagères et une grande armoire ainsi qu'un grand lit. C'était la première chambre accessible en arrivant par les escaliers et la plus proche de ce qui restait d'un ancien salon. Ne restait plus qu'à trouver les meubles appropriés à un jeune adulte… Se perdant à nouveau dans ses pensées, il n'entendit guère l'elfe qui avait prononcé quelques mots avant de disparaître.

- Severus ?

Ornelia et Silius étaient arrivés sans que l'homme n'y fasse attention et il sursauta assez violemment.

- Je ne voulais pas te faire peur ainsi, fit alors la femme âgée en souriant. Tu as besoin d'aide ?

- Probablement…

- Explique-nous, dans ce cas.

Severus soupira.

- Comme vous le savez, j'avais proposé mon aide indirecte à Lord Weasley. Un de ses fils a décidé de prendre une voie d'études contraire à ce que souhaitait sa mère, car il ne souhaite absolument pas faire de politique. Ce pour quoi, le jeune Charlie souhaitait quitter sa famille avant que cela ne devienne de plus en plus pesant sans compter le Directeur qui le surveillerait sans cesses à Poudlard. J'ai discuté avec Hardwin qui l'a d'ores et déjà inscrit à l'EMSI et demandé discrètement l'approbation de Lord Weasley hier soir, en passant à son bureau sous couvert de glamour et en me présentant en tant que Lord Prince. Il a approuvé et souhaitait me donner de l'argent, ce que j'ai refusé étant donné sa situation précaire dû aux décisions de son épouse. Charlie emménagera alors ici-même le week-end prochain alors que je rejoindrai Poudlard quelques jours plus tard.

- Et tu ne sais pas comment aménager son nouveau lieu de vie, remarqua alors Silius.

- Effectivement, marmonna Severus.

- Un grand lit à placer dos au mur menant à sa salle de bain privée, avec une table de chevet de chaque côté, commença à dicter Lady Prince. Près des grandes fenêtres tu pourrais y placer un grand bureau ainsi qu'une commode. Contre le mur donnant sur la tour, dans le renfoncement près de la porte, tu pourrais y mettre une étagère et y placer plusieurs livres qui l'aideront durant ses études ainsi que quelques romans d'aventures mettant en scène plusieurs légendes de notre monde ainsi que celui des Sans-Pouvoirs. Contre le mur donnant sur l'autre chambre, tu pourrais y disposer une grande armoire et y mettre quelques cintres et diverses étagères pour les vêtements du jeune homme ainsi qu'une vitrine s'il a envie de décorer sa chambre et surtout, ne pas trop encombrer la pièce qui le sera déjà assez avec tout cela.

- Un canapé dans le coin du mur de l'autre chambre et de la fenêtre serait sympa aussi, intervint Silius, nous pourrions y mettre un tapis aussi. Tu as pensé à faire refaire le sol ? Il grince comme pas possible, fit Silius en marchant dans la pièce.

- Non…

- Du parquet neuf, en bois marron foncé, verni, continua Ornelia qui semblait soudainement revivre. Les murs… en blanc cassé, ce serait plus neutre et il pourrait décorer selon ses envies. Tu pourrais y accrocher une toile protégeant le futur lit d'insectes tels que les moustiques ainsi que quelques lampes plus jolies que celles déjà présentes.

Ca risquait de faire beaucoup de travail… mais Ornelia adorait le réaménagement des pièces et Severus vit en elle une très bonne décoratrice.

- Et j'ai cru comprendre, d'après l'accoutrement des jumeaux à la fête de Noël, que leur famille ne possèdent pas beaucoup d'argent ? Cela m'étonne, d'ailleurs… pensa à voix haute Ornélia.

- Molly Weasley achète des vêtements de seconde main aux plus grands, qu'elle répare d'année en année et les donne aux plus jeunes, répondit Severus sans laisser entendre sa lassitude.

- Mais pourquoi donc ? Les familles Prewett et Weasley sont de riches familles, intervint Silius.

- Lord Dumbledore a demandé à Molly Weasley de couper les ponts avec sa famille, prétextant que les manières de la haute société n'étaient pas bonnes pour l'éducation et le développement des enfants. Il avait également ordonné, sous couvert, à Lord Weasley de vendre son Manoir familial et d'emménager dans leur maison actuelle qui ne ressemble absolument à rien, bien que tu pourrais y trouver du charme, grand-mère.

- Pauvre famille…

- Arthur Weasley a gardé son Manoir mais Albus n'en sait – à priori – rien. Nous lui avons déconseillé, pour le moment, d'y remettre les pieds. Qui sait quels sortilèges aurait pu mettre en place Albus en ces lieux. Arthur verse une partie de son salaire aux elfes tous les mois, cachant cela à son épouse grâce à Gringotts car elle montre les relevés de compte à Albus qui, bienveillant, lui avait proposé de gérer leur argent.

- Par la brosse à dents de Merlin, grogna Silius. En tant que Lord Prince, j'offrirai une garde robe à ce Charlie et aux jumeaux Weasley sans possibilité de refus ni de remboursement. Tu ne souhaitais pas offrir une chambre aux jumeaux aussi ?

Severus soupira.

- Au cas où oui, mais ils n'en n'ont pas encore besoin je pense.

- On ne sait jamais, mon chéri, répondit Ornelia. Il vaudrait mieux les préparer, au cas où.

Les adultes discutèrent alors, avant de disparaître dans les rues commerçantes d'Irlande et d'acheter quelques biens mobiliers. Les hommes laissèrent Ornelia choisir la couleur des meubles et des tissus et réfléchirent à l'agencement du Manoir.

Ils décidèrent, grâce à la magie, de d'abord tester les murs porteurs de la bâtisse puis d'agrandir la chambre destinée à Charlie. Cela leur demanda une bonne partie de la soirée et de la nuit mais le lendemain ils purent s'attaquer aux deux autres chambres : par l'agrandissement de la chambre de Charlie, la chambre d'en face avait perdue son dressing. La chambre donnant sur le salon resta indemne, mais les deux autres chambres furent aménagées telles qu'elles donnaient sur une seule et même salle de bain privative avec deux petits dressings qui furent magiquement agrandis. La chambre de Charlie faisait maintenant 25 mètres carrés, accompagné d'un dressing et d'une salle de bain qui faisaient, au total, une petite dizaine de mètres carrés.

Les deux chambres à l'arrière du Manoir et du côté face aux escaliers faisaient environ vingt-deux mètres carrés chacune, donnant sur une salle de bain commune entre les deux chambres.

Ornelia plaça les meubles dans la chambre destinée à Charlie et se fit un plaisir de préparer le lit ainsi que d'accorder les couleurs avec les rideaux. Silius et Severus rangèrent leurs achats dans les différents meubles et commencèrent à agencer les deux autres chambres.

Il resterait aussi la chambre près de la salle de musique à aménager, ainsi que les deux salons, la chambre donnant sur la tour avant et les deux tours arrière, mais le Manoir retrouvait sa beauté peu à peu et Ornelia semblait revivre. Contre toute attente, Severus s'était attaché à sa Grand-Mère.

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

La semaine était passée rapidement. Severus jonglait avec le Manoir, l'aménagement, ses cours et la préparation pour Poudlard. Il passait aussi, de temps à autres, chez les Potter puis au Laboratoire. Il se surprit à penser qu'il aimerait bien ne plus mettre les pieds à Poudlard, pour enfin tourner la page et s'occuper pleinement de ses projets. Il y en avait tellement… Il voulait aussi, étrangement, être présent pour Harry, Leonius et Jania qui le déstabilisait par leurs questions pertinentes.

Il s'assit un instant dans le petit salon de sa demeure, attendant l'arrivée imminente de Lord et Lady Potter, Lord Arthur Weasley, Lord Fabian Prewett et Charlie Weasley.

Jamais il n'aurait pensé venir en aide à cette famille de marmottes vivant dans un Terrier. Jamais il n'aurait pensé que leur vie actuelle était ainsi parce que Dumbledore avait réellement bien joué son jeu.

La vie offrait-elle toujours tant de surprises inattendues ?

.

*~*°O°o°O°*~*

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*