Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ! Aujourd'hui, on se retrouve avec nos héros pour voir ce qu'il va advenir de toute cette histoire ;) Bonne lecture à vous.

- Alors Granger, comment vas- tu aujourd'hui ?

Depuis son départ chaotique du ministère, Hermione recevait la visite de Drago tous les jours à la même heure. Elle ne comprenait pas toujours pourquoi il faisait cela, ne le remerciait jamais mais appréciait complètement ses moments qui lui faisaient oublier que, bientôt, elle aurait à retourner dans cet enfer de regards et de rumeurs.

- J'ai un parasite chez moi mais, à part cela, tout va bien.

- Merlin, Granger. Ta politesse reste grandement à désirer.

Malgré tout, ils rirent ensemble et non pas l'un de l'autre comme ils en avaient, pendant longtemps, pris l'habitude.

- Tu as commencé à réfléchir à comment tu vas t'y prendre pour y retourner la tête haute ? demanda Drago. Tu sais ce que tu vas dire ?

Une partie de Hermione, naïve au possible, pensait et voulait ne pas avoir à y réfléchir. Elle aurait juste à ne rien dire et à attendre que cela se passe. Malheureusement, ils avaient su par Blaise que la Gazette n'abandonnerait pas aussi facilement et qu'ils avaient intérêt à avoir une bonne défense. Cette histoire ridicule commençait également à toucher Harry et Ginny et ce n'était pas du tout quelque chose que Hermione pouvait décemment accepter.

D'ailleurs, en parlant du loup, quelqu'un toqua à la porte de l'appartement en se présentant comme Harry. Ce dernier eut un mouvement de recul et de méfiance lorsqu'il se rendit compte de la présence de Drago.

- Qu'est-ce que tu fiches ici, toi ? demanda-t-il avec une certaine hargne.

- La maison Gryffondor ne vous a-t-elle donc pas appris la politesse ? répondit Drago, ce qui fit ricaner sa voisine. Bonjour, Potter. Je vais bien moi-aussi, merci de m'avoir demandé. Quant à ma présence ici, je prends simplement soin de tes amis. Ne me remercie pas.

Voir ces deux-là ensemble en photo dans la Gazette du Sorcier et les voir s'échanger de multiples regards tout en rigolant ensemble en chair et en os étaient définitivement deux choses différentes.

- Harry, baisse ta baguette s'il te plait, lui intima Hermione. Drago n'est pas là pour me blesser. Et toi, pourquoi es-tu là ?

- Je suis venu voir comment tu allais.

Le regard d'Hermione le transperça de part en part.

- Et ? insista-t-elle.

- Et je voulais aussi savoir si tu avais reçu une lettre de Ron.

Drago fit le choix de quitter la pièce pour aller se poser dans la cuisine. Ce qui concernait Weasley ne le regardait pas vraiment, après tout, et ce n'est pas comme si lui-même s'inquiétait pour le rouquin.

- Je n'ai pas eu de nouvelles de Ronald depuis qu'il est parti, Harry, mentit Hermione avec une effronterie qu'elle ne se connaissait pas.

Pour simple réponse, Harry lui tendit un morceau de parchemin. Il s'agissait d'une lettre que Ron avait adressée à Harry. Entre autres, il y indiquait n'avoir pas reçu de réponse à la lettre qu'il avait envoyée à la jeune femme.

- Je n'ai pas reçu de lettre, Harry, et j'apprécierais que tu me fasses un peu plus confiance.

- Alors c'est Malefoy.

Bien sûr. C'était si facile d'accuser les autres, pensa Drago. Après tout, quoi qu'il se passe, il serait toujours le coupable idéal.

- Ce n'est pas Drago, trancha Hermione. Maintenant, si tu peux arrêter de nous insulter sous mon propre toit, ce serait préférable. Maintenant, si tu préfères croire celui qui part à la moindre difficulté plutôt que celle qui a toujours été derrière toi malgré les moqueries venant, entre autres, de votre part à tous les deux, c'est ton problème, Potter.

Dernièrement, Hermione n'arrivait pas à comprendre comment faire avec Harry. Le sentiment était, par ailleurs, totalement partagé. C'était comme s'ils n'arrivaient plus à se comprendre comme avant. Comme s'ils n'arrivaient plus du tout à communiquer. Leurs conversations avaient cette odeur et ce goût de "nous étions meilleurs amis mais maintenant nous continuons seulement à nous parler parce que nous en avons l'habitude".

Lorsque Potter eut enfin quitté l'appartement, Drago en profita pour sortir de la cuisine et prendre Hermione dans ses bras. Elle se laissa faire.

- Merci, murmura-t-il. Merci de m'avoir fait confiance.

Submergée par l'émotion, Hermione commença à pleurer. Heureusement, cette fois, Drago savait où se trouvait les paquets de mouchoirs en papier qu'il s'empressa de donner à la jeune femme après les avoir rapproché d'un Accio rapide.

- J'ai reçu une lettre de Ron… J'ai juste… plus l'énergie d'essayer encore et encore avec lui… sanglota-t-elle.

Entendre cela rendit Drago presque euphorique. Au moins n'aurait-il pas à s'inquiéter d'un rouquin particulièrement ennuyant. D'un autre côté… Hermione semblait bien trop triste pour qu'il puisse appeler cela une quelconque victoire.

- Bon, maintenant tu vas me dire ce qu'il ne va pas, ordonna-t-elle.

Il y avait toujours ces moments que Blaise adorait autant qu'ils les détestait, ceux où Ginny lisait en lui comme dans un livre ouvert. A son sens, si elle n'avait pas été une Weasley, le Choixpeau aurait très bien pu considérer de l'envoyer à Serpentard.

Ginny avait donc observé et attendu, attendu jusqu'à ce qu'ils aient couché ensemble pour profiter de ce moment, après-sexe, où il est tellement plus facile de se confier. Tous les deux à moitié nus, elle avec son air farouche et autoritaire, lui avec le sien, blasé et perdu dans ses pensées.

- La Gazette veut que je tire au clair l'affaire Pansy/Drago/Hermione.

Au départ, Blaise avait sincèrement prévu de n'en parler à personne. Un seul regard dans les yeux de Ginny l'avait fait perdre ces moyens.

- Quels sont les "pour" et les "contre" ? demanda Ginny.

Un parchemin et une plume arrivèrent jusqu'à eux. Blaise commença tant bien que mal à faire un tableau. Ce n'était pas si facile que cela d'écrire à la plume tout en étant à moitié assis, à moitié allongé dans un lit extrêmement moelleux.

Pour

Contre

Devenir apprécié du public

Devenir apprécié des supérieurs et de la Gazette en général

Avoir une promotion

Mettre ses amis en pâture aux médias et au public sorcier tout entier

Voyant que Blaise semblait bloqué, Ginny lui intima de lui donner la plume. Ainsi, elle continua le tableau elle-même.

Pour

Contre

Devenir apprécié du public

Devenir apprécié des supérieurs et de la Gazette en général

Avoir une promotion

Contrôler ce qu'il se dit exactement sur nos amis

Les obliger, d'une certaine façon, à mettre cette histoire au clair

Mettre ses amis en pâture aux médias et au public sorcier tout entier

Situation psychologiquement peu facile

Ils se regardèrent un instant puis hochèrent la tête de concert.

"Cher Ron,

Suite à ta lettre, je suis allé voir Hermione. Elle m'a indiqué n'avoir pas reçu ta lettre et, honnêtement, je n'y crois pas totalement. Il s'est passé beaucoup de choses depuis que tu es parti, malheureusement. Si tu veux revenir, je serai heureux de t'accueillir chez moi. Quant à Hermione, je pense qu'il lui faudra un peu de temps mais elle finira par te pardonner, j'en suis sûr.

Remercie Neville de ma part, il a fait beaucoup également et je pense qu'il ne reçoit pas toujours ce qu'il mérite pourtant plus que d'autres.

Au plaisir de te (vous ?) revoir,

Harry"

Harry n'aimait pas beaucoup repenser à ces jours, à Poudlard, où leur trio semblait pouvoir aller contre vents et marées sans jamais flancher. Ils avaient vécu tellement de choses ensemble… alors comment expliquer que, désormais, il n'y avait plus cette alchimie si parfaite entre eux ?

- Es-tu sûr que cette alchimie ait vraiment existé au sens où tu l'imagines ? lui avait demandé Andromeda lorsque Harry avait décidé de se confier.

A cette question, Teddy avait répondu de quelques mots. Ces derniers temps, l'enfant commençait à former des phrases qui réussissaient à avoir de plus en plus de sens. Cela avait permis à Harry de ne pas avoir, lui-même, à réfléchir à une vraie réponse. A présent qu'il était penché sur cette lettre, il y repensait, pourtant. Lui-même avait toujours eu l'impression que Ron et lui étaient d'aussi bons amis pour Hermione qu'elle ne l'était elle-même pour eux. S'étaient-ils trompés à ce point ?

L'idée que tout cela soit la faute de Malefoy effleura une nouvelle fois le cerveau d'Harry. Encore une fois, Andromeda l'avait devancé.

- Laisse à mon neveu un peu le bénéfice du doute. Si Hermione lui fait confiance, c'est qu'il ne doit pas être aussi maléfique que tu le décris.

- Mais Hermione est trop gentille et elle a tendance à donner sa confiance trop facilement ! s'était un peu écrié Harry.

Andromeda avait regardé son interlocuteur de bas en haut avant de répondre de manière très posée.

- Tu veux dire comme lorsqu'elle a accordé sa confiance aux deux garçons qui ne faisaient que de se moquer d'elle ?

Cette phrase tournait encore et encore dans les pensées d'Harry. A quel point Andromeda avait-elle eu raison ? Bien sûr, Malefoy et les autres de la maison Serpentard n'avaient pas été tendres, loin de là, avec Hermione, mais eux, en tant qu'amis, avaient-ils seulement fait mieux ?

Dans un sens, c'est quelque chose qui mériterait plus d'approfondissement. De l'autre, Harry n'avait pas spécialement envie de découvrir tous ses défauts.

- Parle avec elle, Harry, lui a conseillé Andromeda. Je te l'ai déjà dit. Votre problème, s'il peut être résolu, ne le sera qu'avec une bonne communication.

"S'il peut être résolu" avait-elle dit. Le fait même qu'elle puisse émettre cette hypothèse donna à Harry l'envie de vomir. Il avait déjà perdu Ginny, dans un sens, et Ron reviendrait irrémédiablement changé . Hermione était le seul morceau de sa vie d'avant qu'il lui restait.

Même après la fin de la guerre, la vie n'avait rien de facile.

- Essaye de faire ce qui est le mieux pour toi, Harry. Parfois, être seul est mieux que de s'accrocher pour rien. Si Hermione et toi ne vous entendez plus, c'est qu'il est temps de passer à autre chose, même si c'est douloureux.

Tout en philosophant, Andromeda n'avait pas pu s'empêcher de regarder une photo encadrée dans son salon. Il s'agissait d'une vieille photo, la seule qu'il lui restait de cette époque et sur laquelle rigolaient ensemble trois enfants, trois jeunes filles qui pensaient ne jamais pouvoir être séparées.