N/A : Je souhaite vous rappeler une chose, les Horcruxes de Voldemort ne sont pas réels. Les seules personnes qui sont au courant de ça (je crois… ) sont Izar, Lucius et Voldemort lui-même. La plupart d'entre eux ont déjà été détruits. La bague Gaunt est l'Horcruxe le plus important de cette histoire à part l'Horcruxe de Lily (qui est le seul vrai Horcruxe) dont personne ne connaissait l'existence à part son propre fils.


Chapitre 35

"…Tu es une idiote si tu penses que je vais te laisser faire ça, Hermione."

Entouré par l'obscurité, Drago appuya son dos contre l'angle de la pièce, le regard dans le vague. Juste au coin d'un amoncellement de bric-à-brac, deux étudiants se tenaient face à un bijou. Un diadème, pour être exact. Si Drago fermait les yeux assez fort, son esprit pouvait lui fournir une image précise de ce à quoi il ressemblait. Il avait passé des heures à l'observer sous toutes les coutures après qu'Izar le lui avait donné. Il connaissait l'emplacement de chaque saphir et de chaque diamant dont il était serti. Et il se souvenait aussi exactement de ce que ce diadème lui avait fait éprouver.

Drago fit craquer son cou et fixa le plafond. L'obscurité lui était devenue familière. Cela faisait presque une heure que les lumières et la magie avaient déserté le château, celui-ci désormais froid et inquiétant. Les étudiants étaient devenus très agités à cause du soudain sentiment de vulnérabilité qui s'était emparé d'eux, en plus d'avoir été témoins de la bataille depuis les fenêtres brisées. Les professeurs avaient alors commencé à les escorter hors de Poudlard, vers un endroit sûr. Maintenant qu'il n'y avait plus de magie ou de barrières autour de l'école, les gens étaient libres de transplaner si nécessaire.

Toute cette pagaille était clairement du fait d'Izar. Drago ne pouvait penser à aucune autre personne capable d'anéantir les protections d'un très ancien édifice. Les escaliers immobiles, les cadres vides, les bougies éteintes, tout était inerte et mort. Bien qu'il lui était difficile d'être spectateur d'une telle désolation, les fenêtres cassées et les enchantements évaporés, Drago était également reconnaissant… envers Izar. Les Mangemorts étaient restés à l'écart du château et n'avaient pas jugé qu'il valait la peine d'aller tourmenter ses résidents vu que la bâtisse était déjà métaphoriquement en ruines. Il n'y aurait pas de morts inutiles, à moins que les étudiants ne soient assez stupides pour se joindre à la mêlée au pied de la colline.

La guerre le désemparait autant qu'elle le rendait malade. La Marque sur son avant-bras gauche prouvait sa loyauté et son devoir de se battre aux côtés de ses camarades. Au lieu de cela, il restait en retrait. En cet instant, Drago se remémora le matin où il avait parlé à Izar au Manoir Malefoy durant la fête de Yule. Il avait réfuté avec virulence être devenu un Mangemort simplement parce que son père l'avait voulu ainsi. Mais naturellement, comme pour tout le reste, Izar avait eu raison.

Drago admit volontiers qu'il n'aurait jamais dû être un Mangemort. Il souhaitait toujours rendre son père fier de lui, oui, mais au cours des derniers mois, il sentait qu'il avait pris en maturité. Éblouir son père n'était plus tout ce qui comptait dans la vie. Ce dernier l'aimait et préférait voir son fils heureux plutôt qu'il ne fasse quelque chose le rendant misérable.

Lucius avait Izar comme camarade de jeu durant les raids et batailles. Drago pouvait bien partager son père, surtout quand il devait déjà tant à Black. Et lorsque les combats prendront fin, Lucius reviendrait vers son fils sans rancœur au regard de son manque d'intérêt pour la guerre.

Hier soir, Drago et Daphné avaient supposé qu'ils allaient devoir se battre. En vérité, ils y avaient tellement cru qu'ils avaient dû se réconforter mutuellement afin de repousser leur appréhension.

Ses joues rougirent et il sourit narquoisement dans le noir, prêtant peu attention aux deux personnes qui se querellaient derrière lui. La nuit dernière avait été tout bonnement… époustouflante. Et quand tout cela sera révolu, la guerre et les morts, Drago prendrait les mesures appropriées afin de finir de courtiser Daphné. Ou du moins, c'était ce qu'il avait l'intention de faire.

Lorsque les professeurs avaient commencé à évacuer les étudiants, Drago avait tenté de convaincre Daphné de partir avec eux. Sans surprise, elle s'était mise en colère, ce qui avait mené à une longue dispute. Ce ne fut que lorsqu'il accepta de venir avec elle que Daphné y consentit à contrecœur.

Il y avait juste une petite chose dont il devait s'occuper avant de la rejoindre dans la Grande Salle.

"Tu sais… tu sais ce qui est arrivé à mon père quand il s'en est pris au serpent de Voldemort," souffla Ron et Drago haussa les sourcils. Il avait entendu dire qu'Arthur Weasley était mort. Il n'avait juste pas été au courant des détails.

"Ron," voulut lui faire entendre raison Hermione. "Nous devons le détruire. Je dois le détruire. J'ai bien conscience de ce qui arrive à celui qui s'y engage. En tant que membre de l'Ordre, il est de notre devoir de détruire les Horcruxes afin de pouvoir vaincre le Seigneur des Ténèbres."

Horcruxes ? Qu'est-ce que c'était que ça ? Dans tous les cas, ce n'était pas un putain de diadème. Drago avait beau ne pas avoir su ce que représentait cet objet, il se souvenait parfaitement bien qu'Izar lui avait dit qu'il était important pour le Seigneur des Ténèbres. Et c'est pourquoi il se trouvait là.

"Pourquoi ne pouvons-nous pas l'amener à Dumbledore, Hermione ?" insista Ron avec véhémence. "Il ne nous a jamais dit de détruire quoi que ce soit. Juste de garder l'œil ouvert concernant toute chose suspecte. Lorsque nous avons vu Malefoy venir ici pour le cacher, nous faisions notre devoir. Amener l'Horcruxe à Dumbledore est notre devoir. Le détruire, non." Il resta silencieux pendant un long moment et Drago resserra sa prise sur sa baguette. "Je t'en prie, Hermione. Je ne peux pas te perdre aussi. J'ai déjà perdu mon père quand il a tué le serpent et Bill quand il est allé chercher la coupe à Gringotts. Pas toi aussi."

La concernée sembla hésiter et Drago se moqua quelque peu de la situation. Pauvre Belette. Un père et un frère morts. C'était la guerre et avec une famille aussi grande, il y aurait forcément des pertes. Les Weasley constituaient la moitié de la population sorcière, pour l'amour de Merlin !

"T-très bien," concéda-t-elle. "Nous prenons le diadème avec nous et quand la bataille sera terminée, en présumant que Dumbledore survive, nous lui apporterons l'Horcruxe."

Et... venait le moment pour Drago d'entrer en scène.

"Je crains ne pas pouvoir vous laisser faire ça." prononça-t-il en dépassant l'angle du mur, la faible luminosité révélant où il se trouvait. Les deux autres sursautèrent et pointèrent leurs baguettes sur lui. "Voyez-vous, je suis chargé de le protéger. Je ne peux vous laisser sortir d'ici avec." Pour faire bonne mesure, Drago verrouilla la porte de la Salle sur Demande. Tout aussi rapidement, il para le maléfice que Granger lui jeta.

"Je t'en prie, Malefoy," implora-t-elle. "Tu ne comprends pas..."

Il y a peut-être quelques semaines, Drago aurait été touché par ses suppliques. Au lieu de ça, il visualisa son père plein d'espoir pour l'avenir avec le Seigneur des Ténèbres à la tête du peuple. Ses supplications n'atteignaient même pas son cerveau. C'était surprenant qu'il puisse ainsi faire abstraction d'elle. Après des années à l'avoir convoitée et à s'être imaginé différents futurs les incluant tous deux, elle était devenue bien peu intéressante en comparaison d'une certaine autre sorcière.

"Non, je comprends parfaitement, sang-de-bourbe. Retire tes sales pattes de là."

Soudain, Weasley se saisit de la boîte qu'elle tenait et sprinta vers la sortie. Drago cligna des yeux et souffla moqueusement du nez avant de se mettre à l'abri derrière une pile d'objets afin d'éviter les sorts de Granger. Redoublant d'énergie, Drago visa avec précision le fuyard. Avec une anticipation malsaine, il lui lança un sortilège de découpe qui vint taillader sa cheville. Le temps de l'instant, il observa avec émerveillement le sang jaillir de sa plaie et éclabousser les environs. Weasley tomba et laissa échapper un cri rauque, agrippant le bas de sa jambe.

"Ron !" s'exclama Granger.

Drago bondit de derrière le monticule avec l'intention de faire tout autant saigner cette dernière. Mais elle ne se tenait plus là où il l'avait vue. Puis sans avertissement, le monceau de babioles devant lui explosa à cause d'un nouveau maléfice de Granger, celle-ci se précipitant ensuite vers la silhouette couchée de Weasley. Drago eut à peine le temps de se couvrir la tête avant que les divers objets ne dégringolent sur lui. Il siffla, les expulsa hors de son chemin puis fonça après eux tandis qu'ils approchaient de la sortie.

Drago ne l'admettrait à personne mais Granger avait de très bons réflexes. Elle se retourna dès qu'il fut sorti d'affaire, un sort quittant déjà sa baguette. Elle était capable de se défendre et de rester alerte tout en soutenant de son autre bras un Weasley gémissant. C'était une sorcière forte et intelligente, mais Drago était en mesure de lui faire front. Après tout, il avait appris auprès du célèbre Lucius Malefoy.

Adoptant une posture de défense, Drago absorba son Expelliarmus et son Cleoreso à l'aide de son bouclier avancé. Il lui avait fallu une année entière pour le perfectionner et quand bien même, c'était la première fois qu'il le testait en situation réelle.

Drago rejeta ses bras vers l'avant et lui renvoya ses sorts avec un grognement. Granger parut décontenancée qu'il accomplisse un tel charme. Avec autant de dignité qu'elle put rassembler, la jeune sorcière tenta de conjurer son propre bouclier. Cependant, elle ne fut pas assez rapide. Drago la vit être projetée en arrière, perdant en même temps sa baguette. Il tendit la main, la saisit au vol et sourit lorsqu'elle finit par percuter une grande table couverte de breloques. Granger perdit connaissance, ce qui laissait espérer qu'elle ne se réveillerait pas de sitôt.

Drago se tourna ensuite vers Weasley et pointa ses deux baguettes sur lui, s'immobilisant juste une minute alors qu'il envisageait de le tuer. Il pouvait… non ? Le jeune Malefoy hésita, pinça les lèvres et fronça les sourcils. Des années d'entraînement, des années à s'encourager qu'il deviendrait comme son père, des années à prétendre qu'il avait déjà tué… tout ceci paraissait maintenant être une manière bien stupide de perdre son temps. Il ne pouvait pas tuer comme ça. Il ne pouvait pas. Weasley l'observait bêtement, les yeux écarquillés. Ils s'étaient détestés depuis leur première année. Comment Drago pouvait-il rester planté là comme un idiot ?

Au lieu de ça, il focalisa son attention sur la boîte que Weasley serrait contre lui. Tous deux se dévisagèrent avant de poser les yeux sur la boîte dans laquelle reposait le diadème.

"Accio diadème !"

"Expelliarmus !"

Drago grimaça lorsque ses deux baguettes lui furent arrachées mais se détendit aussitôt lorsqu'il réalisa qu'elles s'étaient figées entre Weasley et lui. La boîte flottait également près des deux baguettes. Il semblerait que les deux sorts s'étaient mutuellement annulés ou autant qu'ils le pouvaient compte tenu des circonstances.

L'unique problème ? Drago se tenait complètement sans défense devant Weasley qui était le seul encore armé.

Sachant que ce dernier n'aurait pas assez de courage pour le tuer, Drago jeta toutes ses appréhensions par la fenêtre puis courut en direction des deux baguettes et du diadème. Du coin de l'œil, il vit Weasley lutter pour se relever de sa flaque de sang.

Il pouvait y arriver. Il pouvait—

Oh… merde.

Drago s'arrêta dans son élan et vit avec horreur un brasier inextinguible jaillir de la baguette de Weasley. Celui-ci voulait probablement détruire l'Horcruxe mais il n'avait pas suffisamment de contrôle sur le Feudeymon pour parvenir à le maîtriser.

Drago poussa un cri rauque et courut aussi vite qu'il le put loin des flammes. Derrière lui, il put parfaitement entendre Weasley hurler d'agonie. Son esprit était dans un tel chaos qu'il se mit à sangloter de détresse. Il n'avait pas de baguette et il s'éloignait de la sortie. Les flammes léchaient ses talons. Drago savait. Il savait sur quoi cela allait aboutir. Jamais auparavant il n'avait éprouvé autant de terreur.

Au moins, il serait mort pour la bonne cause. Malgré l'Horcruxe du Seigneur des Ténèbres détruit, il avait fait de son mieux pour le protéger. Espérons que son père verrait la chose comme ça.

Tandis que les flammes consumaient sa robe, le jeune Malefoy ferma les yeux, des larmes coulant sur ses joues. Il eut à peine le temps de visualiser sa famille avant que la chaleur des lieux ne le submerge et lui fasse perdre connaissance. Dans l'obscurité, il s'imagina sentir de l'eau fraîche cascader sur son corps, un sursis au milieu de cette chaleur infernale.

{Death of Today}

La main longue et effilée de Voldemort caressa avec extrême lenteur le dos d'Izar tandis qu'ils échangeaient leur place. Ce dernier esquissa un sourire goguenard derrière son masque, bien conscient de son attitude possessive et surprotectrice ce soir. Ç'avait un rapport avec ses soupçons concernant la mort prochaine de son pupille, mais qui avait dit que ce n'était pas déjà survenu et que c'était Lily qui l'avait sauvé de ce funeste destin ?

Peu importe, ce n'était pas le moment d'y penser. Il n'avait jamais combattu avec Voldemort en guise de partenaire auparavant. Ç'avait toujours été Bellatrix. Et s'il y avait bien une chose que les Mangemorts savaient, c'était qu'elle et Izar étaient faits pour être en duo. Ils étaient tous deux synchrones, rapides et impitoyables. Et si l'un d'eux était abattu, celui restant ne serait pas ralenti par une soudaine détresse émotionnelle.

Pourtant, Bellatrix avait été entraînée par le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci aurait dû s'avérer être un partenaire décent, tout comme elle. Sauf que non. Il était meilleur que Bellatrix. Il lui avait fallu quelques minutes pour s'adapter à son style mais dès qu'il s'était ajusté, tous deux avaient été capables de collaborer comme s'ils ne formaient qu'un. Izar avouerait sans peine que c'était la seule fois où lui et Voldemort s'harmonisaient aussi bien dans un but commun. Il n'y avait ni arrogance ni entêtement pour les entraver bien qu'ils travaillaient ensemble. Ensemble.

C'était exaltant. Voldemort le mettait au défi en usant de ses sens comme jamais auparavant durant un combat. Avec lui dans son dos, Izar se retrouva à lui porter une attention toute particulière. Il était conscient des sorciers voulant l'attaquer sous tous les angles, même des lâches qui souhaitaient tirer parti de son angle mort. C'était peut-être là l'inconvénient de se battre avec Voldemort mais celui-ci compensait en étant tout aussi alerte. Si Izar empêchait l'ennemi de l'attaquer et ne voyait donc pas un maléfice filer dans sa propre direction, le Seigneur des Ténèbres serait de quelque manière que ce soit capable de le contrer avant même qu'il n'atteigne sa cible.

Un autre aspect positif de ce partenariat était que les ennemis les approchaient. Ils étaient attirés par le Seigneur des Ténèbres tel un papillon de nuit par une flamme. Cela aurait dû être l'inverse : qu'ils soient trop effrayés pour se frotter à lui mais ils étaient suffisamment intelligents pour se rendre compte que si le chef tombait, son armée aussi.

Dommage qu'ils n'aient pas réalisé que le Seigneur des Ténèbres était protégé par un magico-sensible.

Izar rejeta son coude vers l'arrière, espérant qu'il s'abatte sur le visage d'un Auror. Se battre n'était aucunement semblable à ce que Poudlard inculquait. Bien sûr, le corps enseignant organisait des tournois de duel ou performaient des démonstrations de combat en classe, mais personne n'avait un jour abordé le sujet de la guerre. Les adversaires ne respectaient pas une distance d'attaque, il n'y avait aucun protocole stipulant que l'un devait attendre son tour pour lancer un sort et il n'y avait certainement pas de professeur à proximité prêt à intervenir si quelqu'un était blessé.

À la place, des corps jonchaient le sol. À tel point qu'Izar devait faire attention aux endroits où il marchait. Il trébuchait parfois sur un cadavre, ce qui le déséquilibrait et brisait son rythme avec le Seigneur des Ténèbres. Il trouva tristement ironique que ces même cadavres représentaient un spectacle macabre pour certains et seulement un désagrément pour d'autres.

L'absence de distance entre opposants était également quelque chose dont les professeurs ne les avaient pas avertis. Présentement, il y avait à peine trente centimètres entre tout le monde alors qu'ils naviguaient dans une marrée de corps, cherchant leur prochain adversaire. C'était le chaos à perte de vue, un troupeau de sorciers pouvant atteindre leurs ennemis du bout des doigts. Il s'agissait de savoir qui avait les réflexes les plus rapides et les meilleurs sorts défensifs, qui arrivait à élargir son champ d'action en tenant à distance tous les autres. Plus celui-ci était grand, plus le sorcier possédait une liberté de mouvement et réduisait le risque d'être pris de court.

Et aussi, les combats à courte portée signifiaient que l'affrontement physique était parfois nécessaire.

Les yeux d'Izar s'écarquillèrent lorsque son bras fut saisi par l'Auror qu'il avait voulu frapper avec son coude. Apparemment, il lui fallait choisir de meilleures cibles s'il désirait se battre au corps à corps. Ce sorcier avait très certainement des compétences de combat rapproché.

L'Auror balaya rapidement les deux jambes d'Izar tout en tordant son bras dans son dos. Ce dernier sourit amèrement lorsqu'il tomba mais esquiva toutefois le sortilège de la mort en roulant au sol avant de se heurter à la précédente victime de Voldemort. À travers son masque, Izar examina le cadavre et remarqua la manière horrible et barbare avec laquelle il avait été assassiné. Le Seigneur des Ténèbres s'était lassé de l'Avada Kedavra après son cinquième Auror et avait décidé qu'il s'appliquerait à tuer de manière créative.

Izar se demanda s'il était vraiment aussi ennuyé qu'il le prétendait ou s'il avait juste voulu tenter de l'impressionner avec sa démonstration de pouvoir et d'inventivité.

"Je ne suis pas impressionné," lui grogna-t-il alors que Voldemort éviscérait l'Auror qui l'avait précédemment mis au sol. "Tu continues de me voler mes prises !"

Ses yeux rouges notèrent brièvement sa posture allongée avant de se tourner vers son prochain adversaire. "Je m'excuse, j'aurais dû savoir d'après ta situation actuelle que tu as les choses sous contrôle."

Grande gueule. Izar se releva avec fluidité et se pressa contre son dos tandis qu'un Français fondait sur lui. Il repoussa aisément ses attaques, à la fois irrité et amusé par le Seigneur des Ténèbres. Ce dernier faisait grimper son compteur de victimes avec une facilité aberrante. C'était en partie dû au fait qu'il gardait un œil attentif sur les proies d'Izar et attendait que celui-ci les affaiblisse avant de les massacrer d'un simple mouvement de baguette.

Ce n'était rien de plus que du simple divertissement pour lui et un cycle sans fin d'exaspération du point de vue d'Izar. Cependant, il comprenait son besoin d'amusement. Ces sorciers qui le combattaient n'étaient que des nuisances. Ils ne constituaient pas une véritable menace au vu de son calibre. Si la plupart d'entre eux étaient simples à vaincre pour le jeune Black, alors il ne pouvait qu'imaginer ce que ressentait Voldemort. Dumbledore était sa seule source de défi et Izar avait du mal à l'avaler.

Il se demanda ce que ça serait de combattre Voldemort. Tiendrait-il plus longtemps que les Aurors ? Izar aimait penser que oui. Il s'était énormément perfectionné et était même capable de se défendre face à Dumbledore. Il désirait faire l'expérience d'un duel contre lui et être capable de tenir la route sans se ridiculiser.

La magie du Seigneur des Ténèbres était extrêmement attrayante. Malgré le froid, le vent violent et les chutes de neige, ce dernier semblait irradier une chaleur pesante qui s'étendait tout autour de lui. Il n'y avait plus de neige sous leurs pieds, rien que du sang, des organes internes et une puissance enivrante qui revêtait la forme d'une brume remontant jusqu'à leurs genoux. Izar ne pouvait que rêver d'être un jour aussi puissant que Tom Jedusor et Albus Dumbledore.

En proie à un accès de jalousie, le jeune sorcier grogna, plia le genou du sorcier français vers l'arrière et se prépara à l'achever. Sauf que Voldemort surgit tout près de lui, visa et fit imploser sa poitrine.

Izar émit un bruit d'immense insatisfaction, la rage colorant sa vision. "Si tu continues à prendre ce qui me revient, je deviendrais extrêmement mécontent car je n'aurai pas pu donner libre cours à mon énergie refoulée. Tu ne souhaites pas avoir affaire à moi quand je suis comme ça, crois-moi." Il repoussa avec irritation sa jalousie, sachant très bien que c'était ce qui rendait les sorciers dingues. Ils s'efforçaient d'être quelque chose qu'ils n'étaient pas, qu'ils ne pouvaient pas être. Et cet échec causait leur perte.

"Je sais exactement ce que tu pourrais faire pour remédier à cette énergie refoulée," sous-entendit Voldemort d'une voix rauque. "Et cela n'a rien à voir avec la bataille."

Izar se renfrogna. "Comme si je voulais te donner cette satisfaction, connard."

"Ce serait beaucoup plus productif et agréable que ça," poursuivit-il comme s'il ne l'avait pas entendu. Voldemort s'inclina alors et lança intentionnellement un sortilège qui frôla l'oreille de son partenaire.

Sans même hésiter, ce dernier fit un mouvement circulaire du bras afin de renvoyer le sort par-dessus la tête de Voldemort. Izar expira avec satisfaction lorsqu'il entendit un Auror pousser un cri de surprise et de douleur. Il se retourna et gratifia le mage noir d'un regard exaspéré. "Ne te vante pas trop."

Un petit rire satisfait lui échappant, le Seigneur des Ténèbres se glissa lentement autour de lui et pressa une main contre son dos. "J'aime jouer avec toi, mon enfant. Ta présence sera toujours une source de plaisir pour moi."

Izar sourit sinistrement derrière son masque, incapable de s'empêcher de capturer son regard cramoisi. Il n'eut pas la chance de répliquer quoi que ce soit car un beuglement désespéré retentit à côté d'eux. Les deux sorciers se tournèrent et virent un membre de l'Ordre au visage écrevisse foncer sur eux, les yeux écarquillés et fous. Izar et Voldemort s'observèrent l'un l'autre puis finirent par s'écarter d'un commun accord afin de laisser passer l'homme. Une Bellatrix hilare visiblement à ses trousses apparut quelque temps après, le regard aussi dérangé que sa cible.

Izar eut à peine le temps de comprendre la situation que son poignet fut saisi par la nouvelle venue. Il fut séparé de Voldemort, peu content du sentiment de vulnérabilité qui l'envahit à mesure que la distance entre eux s'élargissait.

"Merci ma chère," chantonna-t-il avec gratitude tout en la suivant. Il était au fond très heureux que Bellatrix les ait éloignés. Non seulement il s'était retrouvé intoxiqué par le pouvoir de Voldemort mais s'était également trop reposé sur lui. Ce n'était pas malin de s'y habituer, surtout au beau milieu d'une bataille. Même s'il était vrai qu'ils étaient exceptionnellement bons ensemble, cela ne lui correspondait pas de dépendre ainsi de quelqu'un.

Bellatrix se retourna pour le regarder, ses yeux sombres révélant brièvement qu'elle comprenait avant qu'ils ne se mettent à scintiller d'excitation en raison du frisson de la chasse. Izar continua de la suivre, remarquant que le membre de l'Ordre qu'ils poursuivaient n'avait pas de baguette. Il sourit en sentant l'adrénaline monter en lui et trouva tout aussi merveilleux d'attaquer les sorciers environnants sur leur chemin.

{Death of Today}

Lucius plissa les yeux sous l'intensité du vent rugissant, se tenant sous les bourrasques de neige pendant qu'il fixait Alastor Maugrey. Il eut l'impression qu'il lui avait fallu des années pour se frayer un chemin à travers la foule afin de finalement rejoindre celui qui l'avait mutilé... qui l'avait presque tué.

Redoutable à sa façon, Maugrey avait bon nombre de Mangemorts sans vie couchés à ses pieds. Voyant ses camarades ainsi évincés, Lucius leva sa baguette en direction de son visage tourné et attaqua. L'Auror distrait eut à peine le temps de repousser son précédent adversaire, encore moins de bloquer le maléfice fusant vers lui. Le sort atteint son œil gauche. Lucius ne put qu'observer avec une joie réprimée l'œil d'Alastor sauter de son orbite et rebondir une fois au sol. Oui, ce coup avait été lâche mais il avait tellement souhaité le voir aussi défiguré que lui.

Durant tous leurs duels passés, Lucius avait été le perdant. C'était toujours Maugrey qui prenait le dessus. Mais pas cette fois. Cette fois, son besoin de vengeance avait échauffé ses réflexes et amélioré la rapidité de sa baguette. Il était prêt à l'affronter jusqu'à ce que l'un d'eux ne puisse plus se battre.

Étonnamment, Alastor ne laissa échapper qu'un cri de douleur, sa paupière étroitement fermée au vu de la fontaine de sang, puis mit un terme à son duel avec un Mangemort du Troisième Cercle. Avant même que celui-ci ne s'effondre au sol, Maugrey se précipita sur Lucius et lui lança une rafale de sortilèges. Empli de détermination, Lucius bloqua la succession de maléfices et lui envoya en retour ses propres sorts au travers de ses puissants boucliers.

Le duel se poursuivit comme à l'accoutumée. Aucun d'eux ne fléchit face aux pièges ou aux manipulations de l'autre. Lucius avait déjà été témoin de tout cela avant, sachant et prédisant exactement ce que Maugrey allait faire... et vice versa. C'était pour cette raison qu'il avait décidé de modifier sa tactique en prévision.

Il se souvenait avoir déjà vu Izar se battre et avait également entendu comment il avait pris Dumbledore par surprise lors de leur dernier duel. Izar était vraiment un duelliste remarquable, en particulier vis-à-vis des adversaires qui lui posaient un défi. Il n'optait pas pour la mise à mort immédiate ou une démonstration de puissance; le jeune sorcier utilisait finesse et grâce tout en faisant naître chez l'opposant de l'assurance mal placée. C'était comme s'il rendait l'ennemi confiant grâce à une stratégie de duel particulière avant de tout à coup changer de méthode.

En outre, Izar cédait rarement à l'émotion lors d'un duel. Il possédait un esprit logique. C'était un homme de savoir et de théorie. Beaucoup disaient que ceux versés dans les Arts Sombres étaient plus puissants lorsque leurs attaques étaient renforcées par leurs émotions. Et bien que cela puisse être vrai, c'était aussi traître. Une personne pouvait sombrer au point de ne plus pouvoir apprécier ce que l'art du duel avait véritablement à offrir : une magnifique danse d'esprit entre deux individus.

L'impatience grandissante de Maugrey le fit lancer le sortilège de la mort. Lucius planta la pointe de sa botte dans la neige, s'inclina vers l'arrière et fit un mouvement diagonal de sa baguette tout en évitant l'Avada Kedavra. Son sortilège de découpe modifié quitta sa baguette puis s'élança vers la tête de Maugrey avant de plonger subitement en direction de ses jambes. Dès qu'Alastor déplaça son bouclier pour qu'il protège le bas de son corps, Lucius jeta un autre sort de découpe vers son visage.

Bien que son premier maléfice fut contré, le second eut presque Maugrey au cou. Lucius siffla de colère en le voyant esquiver. La seule partie de son corps qui ne fut pas aussi chanceuse fut le bout de son nez qui tomba au sol. Lucius rapprocha abruptement ses talons tandis qu'il se repositionnait droit, essayant de contenir sa frustration.

"Peu importe ce que tu essaies de faire, mon garçon, tu ne gagneras jamais," aboya son adversaire en arborant un sourire difforme. "Ni toi ni ton armée. Je suis à moitié aveugle et j'ai toujours le dessus."

Puis, Maugrey cibla le coude de Lucius et fit éclater son articulation. Ce dernier hurla et serra fortement les dents. Son avant-bras retomba mollement et sa main put à peine tenir sa baguette. Il inclina la tête et tituba afin d'éviter un autre Avada Kedavra.

Pense comme Izar.

Lucius commençait à perdre sa maîtrise de soi mais il savait que s'il lâchait prise, ce duel finirait comme tous les autres; soit dans une impasse, soit lui-même à terre. Maugrey comptait sur lui pour qu'il agisse par rage, comme toujours, mais il ne se permettrait pas de s'abaisser à ce niveau.

Izar ferait...

Ses pensées se dispersèrent et tout ce qu'il put se remémorer fut Bellatrix relatant le duel entre Dumbledore et Izar. Plus précisément, ce que celui-ci avait fait pour surprendre son adversaire. Dumbledore l'avait probablement sous-estimé et en retour, Izar l'avait pris au dépourvu avec un bouclier rebondissant placé dans son dos.

Lui présentant mentalement ses excuses étant donné qu'il s'apprêtait à reproduire son idée, Lucius se courba, feignant être fatigué. Aucun Malefoy ne montrerait quelconque signe de faiblesse à moins que cela ne soit justifié. Maugrey le savait et Lucius en tirait donc parti. Il évita de justesse un autre sortilège de la mort avant d'agiter sa baguette vers la droite, son sortilège informulé ratant intentionnellement la tête de Maugrey. Après tout, son bras dominant était cassé depuis le coude.

Maugrey ne prêta aucune attention à son maléfice manqué et s'avança plus près. Lucius recula d'un pas, salivant presque à l'idée de l'avoir avec l'un de ses pièges. Il lui suffisait de sacrifier sa fierté pendant quelques instants et de rester en position défensive.

Des boucliers étaient tout ce qu'il pouvait conjurer. Il s'assura de lancer des maléfices hors trajectoire de temps en temps, remarquant qu'Alastor commençait à se sentir très optimiste sur la conclusion de ce duel vu sa difficulté à viser.

Dès qu'un quatrième sortilège de la mort frôla la joue de Lucius, celui-ci mit finalement en œuvre la dernière étape de son plan. Il lança un autre sortilège informulé, et cette fois, ce fut celui du bouclier rebondissant qui passa par-dessus l'épaule d'Alastor. Une fois le bouclier érigé, Lucius essaya de ne pas l'examiner trop longtemps, ne voulant pas être démasqué.

Alastor plissa les yeux et se rapprocha vivement de lui, sa baguette prête à l'action. Lucius savait ce qui allait arriver et qu'il ne pourrait esquiver à temps. D'une main ferme, il visa par-delà Maugrey et envoya son plus puissant maléfice de découpe en direction de son bouclier rebondissant.

"Avada Kedavr—"

Lucius écarquilla les yeux et son cœur manqua un battement, l'incantation du sortilège impardonnable ne pouvant cependant pas être achevée. Un bruit sourd s'éleva et d'épais jets de sang le maculèrent de la tête aux pieds. Lucius tressaillit une courte seconde, désorienté par la sensation du sang qui entra par les trous de son masque et éclaboussa son visage. Assister à de pareilles scènes n'était pas nouveau pour lui, mais il ne s'était pas attendu à ce que son maléfice frappe Maugrey avec autant de précision.

Lucius redressa sa posture et toisa la forme déchue d'Alastor Maugrey, constatant les dégâts. Son torse était presque coupé entièrement en deux tandis que son corps était pris de convulsions, sa moelle épinière désormais dans un état incurable.

Lucius sourit légèrement derrière son masque, s'assurant qu'il serait la dernière personne qu'Alastor verrait avant de mourir. Ce dernier darda sur lui un regard noir avant que tout spasme musculaire ne cesse de remuer son corps.

Lucius n'eut pas le temps d'assimiler son exploit qu'une forte explosion se fit entendre derrière lui. Il se retourna et observa Poudlard avec perplexité. Des sorciers habillés en vert attaquaient l'extérieur du château, essayant de détruire et de ravager autant que possible. Lucius savait que c'était l'armée française. Ou devrait-il dire les forces de la Comtesse des Ténèbres ? Le Ministre Scrimgeour était un parfait imbécile pour s'être allié à Marjolaine. Oui, ses rangs avaient grossi, mais il était clair que la Comtesse des Ténèbres servait ses propres intérêts. Elle voulait la Grande-Bretagne pour elle-même. Elle voulait mettre la main sur Voldemort.

Lucius recula de quelques pas et évalua la bataille. Malgré son récent accomplissement, il se rendit compte que les Mangemorts étaient perdants. Ils étaient en grande infériorité numérique et les combattants restants étaient donc très rapidement abattus. Il remarqua également la survenue d'un changement. Lorsque la bataille avait éclaté, une foule compacte s'était formée, maintenant plusieurs groupes s'étaient dispersés sur les terres de Poudlard.

Lucius aperçut deux Mangemorts courant vers les Français et sut instantanément que c'était Bellatrix et Izar. Intéressant. La dernière fois qu'il avait aperçu ce dernier, il se battait aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Tous deux avaient été spectaculaires. C'était dommage qu'ils ne se trouvaient plus ensemble au centre de la bataille. Cependant, le Seigneur des Ténèbres n'était plus très loin derrière Izar désormais.

Lucius nettoya sa baguette ensanglantée à l'aide de sa robe puis se dirigea lentement vers le trio de sorciers, jetant un rapide coup d'œil à Poudlard plongé dans le noir. Il était certain que Drago s'était enfui avec le reste des étudiants et n'était donc plus en danger immédiat.

Cela lui procura une grande force de savoir que sa famille était en sécurité.

{Death of Today}

Izar sauta par-dessus un cadavre et trancha la gorge d'une victime sans méfiance quelques mètres plus loin. Il sourit de toutes ses dents lorsque le Français chuta. Il n'y allait pas avec délicatesse. Il lui fallait amasser le plus de corps possible. Et ce alors qu'ils étaient en train de courir.

Il remonta le haut de la colline, riant doucement chaque fois que Bellatrix sautillait entre ses enjambées. Sa robe noire était en lambeaux et en révélait un peu trop lorsqu'elle courait. Les boucles de sa crinière volaient dans toutes les directions. En tout point, son apparence reflétait son aura indomptable. Izar aimait regarder sa magie danser autour d'elle en vagues désordonnées.

Bellatrix poussa un cri de joie en étripant une sorcière et tournoya sur elle-même telle une petite fille après avoir reçu un cadeau. Izar la dépassa et jeta un sortilège qu'il avait inventé, l'Abrumpo vers le groupe de sorciers français qui attaquaient l'école. Une liane de feu glissa à une vitesse prodigieuse le long de la colline, à la recherche de ses cibles. Izar avait paramétré son sort afin qu'il dure plus longtemps et était donc intéressé de voir combien il allait pouvoir abattre d'ennemis.

Le sortilège rampa jusqu'au groupe et coupa net les pieds d'autant de sorciers qu'il put rencontrer avant d'être arrêté par un maléfice explosif. Izar compta en tout dix victimes désormais amputés.

"Ne sois pas trop sûr de toi," le réprimanda une voix derrière lui.

Izar serra la mâchoire. "Ne devrais-tu pas être en train de combattre Dumbledore ?"

"L'ennemi vient à moi, pas l'inverse," répondit le Seigneur des Ténèbres d'un ton acerbe en s'approchant lentement de lui.

Izar ignora ses tentatives afin de déclencher une dispute et revint à son problème actuel. Un groupe de sorciers français se précipitait sur lui en lançant des maléfices. Il sourit et alla à leur rencontre. Esquivant habilement les sortilèges qui lui étaient envoyés, Izar imita Voldemort un peu plus tôt et charma la colline pour qu'elle soit recouverte de glace. Il planta ses deux pieds dans sa surface et écarta les bras de chaque côté de son corps.

"Tetendi laqueus," entonna-t-il. Une pellicule grise jaillit d'entre ses deux mains en direction des sorciers français qui glissaient sur la glace. Il s'assura que son sort soit suffisamment proche du sol pour que les concernés ne puissent l'éviter. Puis il l'observa avec un plaisir malsain agir comme une sorte de voile acéré qui sectionna les corps avec lesquels elle entra en contact. La plupart des sorciers furent décapités mais d'autres plus en hauteur sur la colline eurent leurs jambes tranchées. Ces exécutions n'étaient pas aussi 'parfaites' que les autres.

Cependant, un Français patina à toute allure droit sur lui. Aussi rapidement qu'il le put, Izar sauta du sol, la pente l'avantageant. Son saut brisa son sortilège et libéra ainsi sa main tenant sa baguette. Il aurait pu simplement esquiver mais ce faisant, il aurait offert une prise à Voldemort. Et le jeune Mangemort ne se sentait absolument pas d'humeur généreuse.

Tandis que le sorcier passait sous Izar pendant qu'il sautait, ce dernier pointa sa baguette sur sa tête. "Animus Lapis !" Ce maléfice de sa propre création frappa l'homme au visage juste avant qu'il ne le dépasse.

Izar atterrit accroupi sur la glace et tourna le cou. Le sort commençait à faire effet : les membres de sa victime se raidirent peu à peu, la faisant ressembler à une statue de marbre qui pour finir, dévala la colline verglacée. Dès qu'elle heurta les pieds de Voldemort, son corps se brisa en mille morceaux. Tout comme celui d'Avery lorsqu'il avait utilisé son sort pour la première fois.

Izar se releva et dévisagea avec suffisance le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci sourit légèrement, paraissant impressionné malgré lui. Mais son sourire disparut aussitôt pour laisser place à une expression sombre. Son aura s'embrasa vivement, ce qui dérouta Izar. Ce ne fut que lorsqu'il sentit une source de pouvoir derrière lui qu'il comprit que quelqu'un le ciblait. Avant qu'il ne puisse réagir, Voldemort avait déjà les bras écartés et libéra une puissante impulsion de magie.

Izar se ressaisit et s'accroupit brutalement afin d'éviter sa magie qui fusa au-dessus de sa tête et percuta la lance de feu qui avait été sur le point de le transpercer. Il relâcha un soupir d'étonnement lorsqu'il sentit les deux énergies entrer en collision, ce qui provoqua de violentes ondes de choc. La magie de Voldemort avait complètement absorbé le maléfice de Dumbledore, laissant ces deux éminents Seigneurs debout face à face.

Conscient de son inutilité lorsque cela s'avérait être le cas, Izar se leva lentement et s'éloigna de quelques pas d'eux. Dumbledore parut se déplacer très légèrement vers lui mais Voldemort lui lança un autre sort dont il dut se préoccuper.

"Garde ton attention sur moi, vieux fou," siffla le mage noir.

Dumbledore dévia aisément son maléfice et lui en renvoya un autre. Sa baguette aucunement indispensable, Voldemort croisa les avant-bras devant son torse et se prépara à l'impact. Lorsque la magie dorée le frappa, il sembla la bercer contre son corps puis se recroquevilla sur elle comme s'il souffrait. Il étendit ensuite ses bras et la relâcha avec un rugissement. La magie paraissait avoir doublé de taille maintenant qu'elle tourbillonnait en direction de Dumbledore. Autrefois dorée, elle était maintenant d'un gris terne avec de minuscules flammèches orangées.

Izar les scruta avec insistance. Il ne les avait vus se battre que de loin jusqu'à présent, jamais de si près. Et surtout, il n'avait jamais vu Voldemort ainsi auparavant. Les rumeurs disaient qu'il était extrêmement puissant et que certains pouvaient parfois ressentir son aura. Mais Izar n'avait jamais vraiment été témoin de son plein potentiel. C'était tout bonnement exaltant.

La cape du Seigneur des Ténèbres était battue par le vent et la neige sous ses pieds commençait à fondre. Sa capuche était désormais abaissée, révélant ses yeux cramoisis et un air dans son regard que seul un autre Seigneur pouvait soutenir.

La poitrine d'Izar se réchauffa de fascination mais il continua de s'éloigner à contrecœur. Ce n'était pas son duel. Peu importe à quel point sa curiosité voulait qu'il reste et observe leur échange, il devait s'occuper d'autres choses. En tout cas, il devait se rappeler qu'ils étaient des Seigneurs. Ils ne privilégiaient pas la théorie de la magie autant que son usage le plus brut. Izar ne pourrait jamais les égaler en force, mais ses réflexes et son intelligence lui permettaient d'être relativement à la hauteur.

Il se détourna pour de bon des deux sorciers et continua de gravir la colline. Il fut étonné de découvrir qui se trouvait sur son chemin.

"Monsieur le Ministre," le salua-t-il sournoisement.

"Izar," répondit Rufus Scrimgeour. Il l'avait reconnu même avec son masque. Ses yeux jaunes l'examinèrent brièvement avant de s'orienter au-delà de son épaule. "Un duel remarquable."

Izar jeta un rapide coup d'œil vers Voldemort et Dumbledore qui se lançaient des sortilèges à une vitesse extraordinaire. Il se retourna vers Rufus, ennuyé. "Probablement pas aussi remarquable que ce que vos alliés infligent à Poudlard. Ah ça, c'est remarquable." Dès qu'il eut prononcé ces mots, une nouvelle explosion secoua le château. Izar eut un sourire moqueur à l'égard de Rufus lorsqu'il se raidit. "Que se passe-t-il, Monsieur le Ministre ? Les choses ne se passent pas comme vous l'auriez souhaité ?"

Rufus le fixa. "Nous gagnons. Et c'est exactement ce que j'avais prévu."

Izar fit semblant d'y réfléchir pendant un instant. "Jusqu'à ce que le public apprenne que tu t'es associé avec la Comtesse des Ténèbres de France qui, soit dit en passant, ne peut contenir son désir de posséder la Grande-Bretagne et qui détruit en ce moment même la maison d'innombrables étudiants. Oui, Rufus, tu es très ingénieux." Il fit tourner sa baguette entre ses doigts. "Je suis impressionné par tes aspirations si—"

"Je ferai simplement porter le blâmer sur toi et tes confrères. Après tout, c'est toi qui as démantelé les barrières de Poudlard. À l'heure actuelle, la plupart des étudiants de Poudlard ont été mis en sécurité et ne seront pas attaqués par les Français. Aucun blessé. Après quelques réparations mineures, Poudlard sera de nouveau opérationnel." Rufus fit un pas vers lui. Le vent jouait avec sa crinière bouclée, celle-ci voilant son regard pénétrant.

Izar sourit, ravi d'avoir accaparé son attention. "Je pense qu'un part de toi sait que tu ne vas pas gagner cette fois, Rufus. C'est la seule chose qui puisse expliquer ton manque total de bon sens. Tu es généralement plus intelligent que ça."

Le dénommé fronça les sourcils et leva sa baguette. Izar resta calme, appréciant la neige et le vent qui cinglaient son visage. "Pourquoi n'utilises-tu pas ta magico-sensibilité ?" s'enquit inopinément Rufus.

Izar haussa les sourcils, déconcerté par sa question. "Développe, je te prie."

Rufus l'étudia attentivement, ses doigts gantés se contractant sur sa baguette. "Tu pourrais être invincible si tu te servais de ce don contre tes ennemis. Tu peux leur enlever leur magie et les abattre lorsqu'ils sont des plus vulnérables. Tu pourrais même vaincre Dumbledore en quelques secondes. Pourquoi t'en priver ?"

C'était une question qu'on ne lui avait jamais posée auparavant et certainement pas avec curiosité. C'était comme si Scrimgeour essayait de le comprendre. Izar ne put dire ce qu'il en pensait. Simplement parce qu'il croyait que c'était trop complexe pour qu'il puisse lui-même comprendre. "J'ai lu une fois qu'éduquer un homme en le rendant intelligent mais sans lui inculquer des valeurs morales revient à éduquer une menace pour la société. Je n'essaie pas de détruire et de conquérir le monde, Monsieur le Ministre. J'essaie seulement de tromper mon ennui et d'étancher ma soif de challenge."

Rufus demeura immobile, sourcils froncés tout en considérant Izar de son regard perçant. "Je n'y crois pas," murmura-t-il. S'il y avait eu un être humain en face de lui, celui-ci n'aurait pas pu l'entendre à cause du vent. "Je ne te crois pas," Rufus éleva la voix. "Je pense que tu as des valeurs admirables, Izar. Elles sont juste gangrenées par qui tu t'entoures."

"Chaque monstre a ses propres valeurs morales, Monsieur le Ministre. Peu importe à quel point elles sont enterrées." Il fit un geste de la main en direction du Seigneur des Ténèbres. "C'est juste que tu ne les as pas encore découvertes."

Avant que Rufus ne puisse répondre par autre chose afin qu'Izar se remette enfin en question, des bruits de transplanage retentirent sur les terres de Poudlard. Tous deux se retournèrent, le choc se lisant sur leur visage lorsqu'ils virent qui s'étaient enfin manifestés.

Les Langues-de-plomb.

"Non…" souffla Izar, redoutant le pire. Il leur fallait battre en retraite. Ils étaient déjà en infériorité numérique. Avec l'appui des Langues-de-plomb, ils n'avaient plus aucune chance. Ils devaient mettre fin à la bataille tout de suite et espérer que Tom Jedusor ait déjà suffisamment d'influence pour entrer en fonction. Sinon, cette guerre ne se finirait pas de sitôt.

Izar chercha après leur guide et repéra le chef des Langues-de-plomb, Owen Welder, son ancien patron qui leur donna le signal d'attaquer. Il observa avec fascination les Langues-de-plomb attaquer les Français et le Ministère, armés de leurs compétences en combat autant qu'en inventions. Épatant.

Izar se rappela de sa discussion avec Owen cette nuit-là au Ministère. Il semblait que des années s'étaient écoulées depuis, mais il s'en souvenait pourtant bien. Cela s'était passé après que les Langues-de-plomb aient créé cette machine apocalyptique qui drainerait les Mangemorts de leur magie. Owen avait été furieux d'apprendre qu'un groupe de travail avait été mis sur pied par le Ministère pour la fabriquer. Il en avait également voulu à Scrimgeour pour avoir réorganisé le Département des Mystères et suspendu certains projets.

Izar lui avait dit que s'il voulait arranger les choses, il allait devoir s'impliquer. Apparemment, Owen avait pris à cœur ses paroles. Les Langues-de-plomb étaient du côté de Jedusor et voulaient aussi retrouver leur Département comme il était avant.

Izar se retourna lentement vers Rufus avec un grand sourire, simplement déçu que celui-ci ne puisse le voir à cause de son masque. "C'est ce qui arrive quand tu n'as pas le total contrôle sur tes subordonnés." Il lâcha un petit rire. "Et ne touche jamais à la liberté de création des Langues-de-plomb."

Rufus parut choqué en voyant les Langues-de-plomb défendre activement Poudlard et les Mangemorts. Leur soutien rasséréna les partisans de Voldemort qui intensifièrent leurs attaques jusqu'à lentement dominer la bataille.

"Izar..."

Le dénommé se retourna aussitôt en entendant son prénom sifflé en fourchelangue et plissa les yeux vers le Seigneur des Ténèbres qui combattait présentement Dumbledore et… elle. Bien qu'il les affrontait tous deux, l'appel ne pouvait provenir que de lui. Savoir que Voldemort lui passait volontairement Marjolaine le fit se sentir étrangement… bon sang… il ne valait mieux pas aller jusqu'au bout de cette pensée.

Izar jeta son masque dans la neige après avoir retiré sa capuche et s'avança vers Rufus. Il le saisit par le col et le rapprocha de lui. Leurs cheveux et leurs capes s'entremêlèrent sous l'assaut du vent, ce qui accrut plus que de raison l'intensité de leur étreinte.

"Pourquoi essayer de me distraire, Rufus ?" lui chuchota-t-il vivement, comprenant enfin pourquoi il avait été si bavard. Scrimgeour essayait de donner à Dumbledore et Marjolaine une plus grande chance de vaincre Voldemort sans que personne ne puisse lui venir en aide. "Penses-tu vraiment que je serais resté inconscient de la situation ?"

Rufus retroussa sa lèvre supérieure. "Je me moque du Seigneur des Ténèbres. Je ne veux pas que tu te retrouves pris entre deux feux."

Cette déclaration le fit desserrer sa prise. Une horrible sensation naquit dans son ventre lorsqu'il réalisa que Scrimgeour ne voulait pas qu'il soit tué. "Tu n'es qu'un idiot," grogna Izar en le repoussant, à l'instar de ses sentiments contradictoires. Il tendit la main et fit un geste de pincement avec son pouce et son index.

Rufus tomba à genoux, horrifié, sa magie lui faisant défaut. Il ne cria pas comme les autres, mais sa respiration était saccadée et son visage livide.

"Je me permets de te faire une suggestion," murmura Izar qui ancra son regard en lui. "Cours aussi vite et aussi loin que tu peux une fois que Tom Jedusor sera devenu Ministre. Parce que je ne suis pas aussi gentil que toi. Je te traquerai et te tuerai si tu restes dans les parages."

Il relâcha son noyau magique et commença à se diriger vers Marjolaine. Ses sentiments confus alimentaient son adrénaline et lui donnaient ce dont il avait besoin pour lui faire face. Ce combat atteignit son point culminant lorsque Voldemort perdit sa position de force. Il trébucha en arrière, incapable de se défendre contre la double attaque dont il fut l'objet. Voldemort se redressa, la mâchoire serrée, une lueur meurtrière dans le fond de ses yeux.

Izar visa Marjolaine de sa baguette alors qu'elle se préparait à attaquer de nouveau Tom. "Funis." Une corde rougeoyante s'enroula brusquement autour de son bras droit. Avec une pointe de sadisme, le jeune Black tira et elle rugit lorsque son bras se tordit. Avant qu'Izar ne puisse faire plus de dégâts, la Comtesse des Ténèbres coupa la corde avec un grognement. Cependant, dès que ses yeux tombèrent sur lui, elle émit un rire bruyant.

"Toi ! L'amant du Seigneur des Ténèbres !"

"Izar Black," la corrigea-t-il sombrement. "Cependant, je suis flatté que tu te souviennes de moi."

"Tu n'es qu'un joli accessoire, mon cher," se moqua-t-elle. "Comme tout le monde sur ce champ de bataille."

Izar serra et desserra le poing autour de sa baguette. Elle était la femme qui l'avait traité comme un pion pendant le Tournoi des Trois Sorciers, qui avait détruit la vie d'Acelin Morel et celle de sa fille. C'était... exactement comment devait se comporter une Comtesse des Ténèbres. Et il avait hâte de lui montrer qu'il était plus qu'un joli obstacle entre elle et Voldemort. Il était une menace. Et il n'aimait pas que les gens pensent qu'il n'était rien.

Marjolaine s'éloigna lentement de Voldemort et Dumbledore toujours en train de s'affronter et se concentra sur Izar comme s'il était un fascinant spécimen. Il l'étudia en retour, réfléchissant à son plan d'attaque. Il lui fallait se contrôler, c'était certain, et comme lors de son duel passé avec Dumbledore, être prudent, cartésien et stratège.

Il plongea dans ses yeux miel, émerveillé par leur couleur. Elle était une vélane, il devait s'en rappeler. Ses longs cheveux blonds soyeux cascadaient sur ses épaules et sa peau semblait luire subtilement. Mais son apparence n'était rien comparée à sa posture fière et son aura attractive.

Avec le rappel soudain de son statut de créature, Izar commença lentement à envisager une solution concernant son duel avec Marjolaine. Être une créature conférait instantanément un avantage et un handicap. Ils avaient du pouvoir mais tendaient à perdre le contrôle. Et les créatures réputées pour leur mauvais tempérament étaient les vampires et les vélanes. Les vélanes avec leur tête d'oiseau au bec acéré et leurs longues ailes jaillissant de leur dos. Et par-dessus tout ? Leur aptitude à lancer du feu.

Oh, oui… se dit-il, un plan maléfique se formant dans son esprit. Beaucoup considéreraient qu'une vélane poussée à bout était très alarmant. Mais d'autres, comme Izar, y verraient une opportunité. Le seul ennui était de réussir à la faire sortir de ses gonds.

"Souhaites-tu vraiment me défier, chéri ?"

Sa paupière fut prise d'un tic et il dut se rappeler que ce n'était pas lui qui était censé perdre le contrôle. Marjolaine essaierait sans aucun doute de le piquer par rapport à son jeune âge : seize ans pour toujours. C'était un sujet délicat pour lui mais il ne pouvait pas la laisser découvrir ça.

Izar planta ses pieds dans la neige, plia les genoux et se prépara à la fureur d'une femme vaine. "Tant que tu peux suivre le rythme… vieille peau."

Ses yeux s'écarquillèrent comiquement avant qu'elle ne se déchaîne. Izar sauta juste à temps pour éviter une explosion qui retourna la neige à côté de lui. Il leva les bras au-dessus de sa tête, hilare, et fit tournoyer sa baguette. La neige commença à tourbillonner au-dessus de lui puis vint l'envelopper lorsqu'il abaissa son bras. Bloqué du monde extérieur, il créa rapidement un double de son corps puis jeta un Silencio sur lui-même.

Izar transplana sans bruit et réapparut juste derrière Marjolaine. Elle n'eut pas conscience de sa présence et attaqua donc le tourbillon de neige toujours en mouvement, qui révéla son corps dupliqué gisant au sol une fois le sortilège dissipé.

"Trop facile," se vanta-t-elle.

Izar étouffa son rire. Les Seigneurs ou, dans ce cas précis, les Comtesses des Ténèbres et leur arrogance l'amusaient toujours grandement. Être sous-estimé était probablement la meilleure chose qui pouvait vous arriver au cours d'un duel. Il bondit sur la plante de ses pieds et imita de sa baguette un geste que Voldemort avait une fois fait. Il la plaça ensuite sous son menton et jeta un coup d'œil à Marjolaine, les paupières à moitié closes.

"Oui, je suis d'accord. Trop facile," commenta-t-il d'une voix traînante.

Dès que Marjolaine se retourna vers lui, Izar cracha du feu qui prit la forme d'un oiseau de chasse aux larges ailes. Elle l'évita, mais pas assez vite. Le feu atteignit son visage et ses cheveux, ce qui réduisit ses magnifiques cheveux blonds en un amas de mèches calcinées. Elle hurla de rage et de douleur, signe clair de sa perte de contrôle. Le feu s'étant éteint, Marjolaine fit claquer son cou et se jeta sur lui. Elle avait quasiment la bouche écumante.

"Vieille... et maintenant laide. Pas de chance." se moqua Izar. Les traits de son opposante s'assombrirent et l'ombre d'un bec apparut sur son visage. "Tout ça de la main d'un joli et jeune accessoire." Il afficha un sourire éblouissant. "Comme c'est humiliant pour toi."

"Retraite !"

Cette voix n'appartenait pas à Voldemort donc Izar conclut que la directive venait du camp adverse. Des bruits de transplanage se firent entendre peu de temps après. Le Ministère, les Français et l'Ordre se repliaient, ce qui ne put que signifier le triomphe de l'armée des Ténèbres. Ce fut une joie de courte durée car Marjolaine était loin d'en avoir fini avec lui. Izar se sentit quelque peu fier de lui-même pour avoir réussi à la mettre assez en colère au point de la faire rester même maintenant, alors que la guerre s'était terminée.

La Comtesse des Ténèbres montra les dents et fondit sur lui. Il esquiva autant de sorts et maléfices qu'il put jusqu'à ce que l'un d'eux le frappe directement à la poitrine. Izar fut projeté de la colline et chuta vers le grand lac gelé en contrebas. Avant l'impact, il vit Marjolaine sauter à sa suite.

Sa tête s'était désormais métamorphosée en celle d'une vélane furieuse. Mais ses ailes n'étaient pas encore sorties et du feu ne jaillissait pas encore de ses mains. Dommage. Il ne l'avait pas assez énervée.

Izar atterrit sur la rive rocheuse du lac et expira bruyamment lorsqu'un des rochers lui entailla le dos. Il prit une seconde pour regarder la hauteur de laquelle il était tombé. La chute aurait tué n'importe qui. Et heureusement, la seule personne qui l'avait vu était Marjolaine, qui savait déjà qu'il était immortel.

Izar redressa le dos et grimaça en sentant sa blessure commencer lentement à guérir. Il eut à peine le temps de se mettre à genoux avant qu'elle n'atterrisse à côté de lui, toujours en lui lançant des sorts. Il sauta pour leur échapper et se retrouva debout sur le lac gelé.

"Tu n'es rien de plus qu'un pauvre et insignifiant garçon," grogna-t-elle, et un sortilège atteignit de nouveau son torse.

Izar grimaça, du sang coulant sur la glace devant ainsi que derrière lui. Un trou, de la taille d'une balle d'arme à feu moldue, traversait sa poitrine de part en part. Mais comme la plupart de ses plaies, elle commença rapidement à se refermer avec une faible sensation d'inconfort.

Il se demanda s'il ne l'avait pas plutôt énervée juste assez pour déclencher chez elle une envie plus forte de le tuer. Bordel. Combien de phases de rage pouvait-on traverser avant de perdre le contrôle ?

Soudain, la glace céda sous ses pieds et il s'enfonça dans les profondeurs frigorifiantes du lac. Izar réprima un soupir d'exaspération lorsque la glace se ressouda au-dessus de lui, le piégeant sous sa surface. Il supposa qu'il lui fallait désormais remettre à plus tard ses conjectures et trouver un moyen de s'en sortir.

{Death of Today}

Un profond sentiment d'euphorie et de soulagement s'empara de Lucius lorsqu'il vit leurs derniers ennemis transplaner. Il se retourna, un sourire niais sur le visage. Les cadavres jonchant les terres de Poudlard ne pouvaient même pas mettre un frein à sa bonne humeur.

Ils avaient gagné. Ils avaient gagné. Maintenant, la prochaine et dernière étape était de placer Tom Jedusor au pouvoir afin que celui-ci puisse faire de la Grande-Bretagne un endroit à nouveau sûr. La population allait l'adorer. Ils accepteraient les changements qu'il apporterait à leur société simplement parce que ce serait lui qui mettrait fin à toutes ces attaques.

Lucius soupira de contentement, les acclamations des Mangemorts survivants s'élevant autour de lui. Leur nombre avait considérablement diminué, se rendit-il compte. Mais du côté de la Lumière aussi. À sa connaissance, Barty Croupton Jr et presque tous les membres de la famille Lestrange étaient tombés. Le bilan des pertes était assurément plus lourd que ça mais Lucius était bien trop épuisé pour y songer tout de suite. Tout ce qui comptait, c'était qu'il soit en vie tout comme sa famille. Et…

Ses yeux ratissèrent le champ de bataille, à la recherche d'un jeune homme en particulier ou même d'un fameux Seigneur des Ténèbres pouvant lui donner un indice sur la localisation dudit jeune homme.

"Lucius... Lucius," siffla quelqu'un.

Le dénommé fit volte face et aperçut Rookwood lui faisant signe de se diriger vers le bord de la colline. Plusieurs Mangemorts s'y étaient déjà regroupés et fixaient quelque chose en direction du lac.

Lucius accourut en serrant sa baguette, craignant le pire. Izar était-il tombé ? Le Seigneur des Ténèbres avait-il… Non. Peu importait qu'Izar soit tombé. Il était immortel, n'est-ce pas ? Une chute ne pouvait le tuer, à moins que…

Il se fraya un chemin à travers la foule de Mangemorts puis baissa le regard. Un petit sourire souleva le coin de sa bouche lorsqu'il vit le combat se déroulant en contrebas. Une vélane enragée et un sorcier se livraient un duel intense, tous deux paraissant quelque peu amochés. Izar était trempé et la Comtesse des Ténèbres à moitié transformée en vélane. La seule chose que Lucius put vraiment remarquer, en plus de leur performance remarquable, fut le large sourire espiègle qu'esquissait Izar. Comme d'habitude, ce dernier ne ménageait pas son adversaire.

Lucius remarqua l'armée française réunie sur le versant opposé. Eux aussi assistaient au combat, ne comptant aller nulle part sans s'assurer que leur Maîtresse se portait bien.

Avant qu'il ne puisse se refocaliser sur l'affrontement, Lucius entrevit le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci se tenait en retrait, ses yeux aiguisés observant attentivement l'échange. Il remarqua à quel point il était tendu, prêt à intervenir. Était-ce… de l'inquiétude qu'il put distinguer sur son visage ? Par Merlin. C'était le cas.

Lucius pinça les lèvres tout en souriant. Le Seigneur des Ténèbres n'avait rien à craindre. Si cela tournait au vinaigre, Izar avait une armée loyale bien qu'éreintée pour le soutenir.

Il remarqua aussi l'absence de Dumbledore. Ce qui voulait dire qu'il s'était à nouveau échappé. Est-ce qu'il était possible de considérer la guerre encore d'actualité ? Ou bien le Seigneur des Ténèbres prévoyait de simplement continuer avec le plan ? Lucius était sûr que c'était cette dernière hypothèse, mais il savait aussi que Dumbledore représenterait toujours une menace.

Il se concentra sur le duel et espéra qu'Izar n'allait pas prendre trop de temps. Il avait besoin de voir Narcissa et Drago.

{Death of Today}

S'il était humain, Izar était certain qu'il se serait déjà effondré d'épuisement ou serait déjà mort d'une perte de sang. Il nota la fatigue de Marjolaine bien qu'elle cachait ça extrêmement bien. La différence entre elle et lui était qu'elle était mortelle. Elle avait un cœur qui battait, elle vieillissait et allait un jour mourir. Il était normal pour elle d'être exténuée après un duel aussi long. Sans oublier qu'elle semblait ignorer le fait qu'Izar l'obligeait délibérément à rester sur l'offensive.

Il se déplaçait avec agilité autour d'elle, trouvant maintenant presque naturel de se mouvoir sur de la glace. Izar ne put s'empêcher de sourire stupidement en la voyant l'attaquer avec frénésie… comme si elle pouvait réellement lui nuire. Certes, quelques-uns de ses maléfices l'avaient touché et lui avaient même brisé un os ou deux. Mais ils s'étaient réparés assez facilement.

Elle était et devenait de plus en plus fatiguée ainsi qu'agitée au fil des minutes. Izar comprit qu'il devait mettre un terme à tout ça avant qu'elle ne décide de transplaner.

"Plus je reste en vie, plus ton visage a des chances de rester ainsi pour toujours," ricana-t-il doucement. "J'ai entendu dire que les guérisseurs en France n'avaient que peu d'expérience en reconstruction plastique. Dommage. Tu n'avais pas l'air trop mal pour quelqu'un de ton âge."

Marjolaine stoppa ses attaques et le fixa avec fureur. Les mains jointes derrière son dos, Izar patina à reculons sur la glace en feignant l'ennui. Il fut pris au dépourvu lorsqu'elle jeta une lame tout juste transfigurée dans sa direction. Il dressa à la hâte un bouclier mais ce fut trop tard. Izar se pencha vers l'arrière pour l'éviter, la regarda voler au-dessus de lui et se planter dans le flanc rocailleux de la colline. Des roches et des débris éclatèrent sous l'impact, ce qui lui fit se demander avec quoi était infusée cette lame...

La Comtesse des Ténèbres poussa un cri de rage et fit léviter les débris qu'elle projeta sur lui. Izar se redressa et érigea calmement un nouveau bouclier. Il contracta les épaules pour mieux résister face à sa puissante magie. La plupart des roches furent pulvérisées par son bouclier, recouvrant celui-ci d'une fine couche de poussière. Dès que le dernier éclat atterrit à ses pieds, Izar fit disparaître son bouclier et plongea sur elle.

Marjolaine sourit avec malveillance. Elle agita sa baguette et lui lança des cristaux de glace affûtés. Cependant, Izar s'était préparé. "Cassesium !"

Bonjour mon cher ami. Cela faisait longtemps depuis qu'il avait utilisé le Cassesium. Mais c'était exactement le sort dont il avait besoin pour rendre son adversaire confuse et irritée. Le Cassesium s'étirait sous forme de toile autour de son lanceur, agissant comme une variante du charme du bouclier. Dès que le maléfice de la Comtesse des Ténèbres entra en contact avec la toile, celle-ci l'absorba et devient bleue. Izar tendit la main et toucha la toile, la magie s'agglomérant au bout de ses doigts.

Avec une détermination renouvelée, Izar l'avala, agréablement surpris de constater qu'elle n'avait pas aussi mauvais goût qu'il se l'imaginait. Sa peau prit une teinte bleuâtre tandis qu'il continuait d'avancer vers elle. Il apprécia l'expression perplexe qui traversa son visage et encore plus quand elle projeta une puissante vague de magie dans sa direction. Comme il l'avait prévu, la vague ne fit que rebondir sur lui.

Marjolaine continua de lui lancer des sorts tous aussi inefficaces. Ses yeux commencèrent à virer couleur or et une paire d'ailes jaillit de son dos. "Espèce de salaud !" cria-t-elle.

Izar s'approcha sereinement d'elle, semblant posé, mais alerte et prêt à ce qu'elle fasse le dernier pas la conduisant dans son piège. Est-ce qu'elle allait se faire avoir ? Oui… bien sûr. Elle était trop arrogante et ne le considérait pas comme une menace digne de ce nom.

Marjolaine se métamorphosa complètement en vélane, un sourire mauvais et cruel déformant ses traits pendant qu'elle tendait les mains. Elle croyait qu'elle pouvait le surprendre et ainsi le brûler vif. Et techniquement, cela aurait été possible. Mais Izar s'y était attendu depuis le début de leur duel.

Lorsqu'elle jeta ses deux bras vers l'avant, des flammes léchant ses doigts, Izar l'imita. Mais à la place, il lança un sortilège informulé qu'elle ne vit pas venir. Un bouclier rebondissant fut érigé entre eux, quelques secondes après que des boules de feu aient quitté ses mains. Si quelqu'un avait été aussi proche d'elle qu'Izar, il serait mort carbonisé, frappé de stupeur. Mais le jeune Black se détendit, regarda le feu s'abattre sur son bouclier invisible et ricocher dans sa direction.

Marjolaine écarquilla les yeux lorsqu'elle comprit la situation. Izar était si proche d'elle... le bouclier l'était donc aussi. Elle n'eut pas le temps de bloquer le brasier qui déferla sur elle. Cette fois, tout son corps s'embrasa et elle hurla d'horreur. Il était vrai que le feu d'une vélane ne pouvait faire du mal à son lanceur. Mais une fois qu'il avait été expulsé de ses mains et avait été touché par la magie d'Izar, cette règle ne pouvait plus s'appliquer.

Ce dernier se cabra et d'un mouvement vif de sa baguette, asséna : "Avada Kedavra !"

Marjolaine, comparable en tout point à un démon de feu, cria quelque chose d'incompréhensible avant de transplaner.

Izar se tint là bêtement tandis que son sortilège impardonnable venait s'écraser sur le lac gelé, là où son opposante s'était trouvée un instant plus tôt. Le maléfice fit exploser une petite partie du lac, provoquant la rupture d'un gros morceau de glace qui vola droit sur lui. Il ne fit rien pour l'arrêter et tomba en arrière lorsque la glace percuta violemment son front.

Il grogna en atterrissant sur le dos. Ses yeux gris-vert contemplèrent le ciel avec détachement. Le vent s'était calmé désormais et la neige ne tombait plus paresseusement qu'en petits flocons.

Il l'avait presque eue ! Non, il l'avait eue mais elle s'était enfuie comme… comme n'importe quel autre Seigneur ou Comtesse. Ils ne pouvaient braver la mort ou la déchéance. Ne pouvaient faire face à la mort comme n'importe quelle fière sorcière ou sorcier. Si Izar avait simplement maintenu les protections anti-transplanage en place après avoir laissé entrer les Mangemorts, il aurait…

Non. Il avait promis à sa mère qu'il détruirait les protections et libérerait l'autre moitié de son âme. Il le referait sans hésiter si cela signifiait qu'elle pourrait enfin reposer en paix.

Malgré la fuite de Marjolaine juste avant qu'il ne puisse la tuer, les choses s'étaient relativement bien passées. Ils avaient gagné. Et c'était grâce à l'aide supplémentaire des Langues-de-plomb. Izar y réfléchit pendant un moment et prit conscience qu'il avait une fois de plus prouvé que Voldemort avait tort. Ses attaches ne l'avaient pas rendu faible et n'étaient pas inutiles. Elles étaient comme une épée à double tranchant. Elles pouvaient le desservir mais également lui apporter force et soutien. Sans sa relation avec Owen Welder, celui-ci ne serait jamais venu. Et… sa mère… sans elle, il serait...

"Charmant," ronronna le Seigneur des Ténèbres qui le surplombait de sa taille.

Izar ferma brièvement les yeux et garda ses connaissances nouvellement acquises pour plus tard. C'était quelque chose que Voldemort ne comprendrait peut-être jamais, mais qu'il pouvait lui-même utiliser à son avantage.

"Je l'ai eue," murmura-t-il sombrement. "Je l'ai eue."

"Techniquement, oui, mais pas la prochaine fois."

Izar ouvrit subitement les yeux et l'examina avec dégoût. "Bien sûr que si."

Un petit sourire narquois étira les lèvres de Voldemort. "Dumbledore et Marjolaine t'ont sous-estimé. Tant de par ton apparence que de par ton âge. La prochaine fois, tu auras plus de mal à les prendre de court."

Avant qu'Izar ne puisse répondre avec mordant, Voldemort poursuivit.

"Je serai plus que disposé à te former avant le moment venu."

Izar l'observa sans ciller. "Oui, j'aimerais bien," admit-il quelque peu sèchement. Il sentit son sang bouillir dans ses veines lorsqu'il vit son sourire s'élargir avec arrogance. Un jour, bientôt, Izar lui prouverait qu'il était quelqu'un que l'on devait prendre au sérieux. Cela sera peut-être une douloureuse leçon pour le Seigneur des Ténèbres mais il se le jura quoi qu'il en soit.

Un couinement perçant retentit à côté de lui, Bellatrix faisant son apparition. Elle pressa son visage contre son cou et inspira. "Mon cher neveu," chantonna-t-elle. "Nous avons gagné."

Izar sourit d'un air sombre puis vit Lucius Malefoy s'arrêter près d'eux. "Maugrey ?" s'enquit-il avec une curiosité sincère.

Lucius pencha la tête sur le côté. "Éliminé."

Juste au moment où il fut sur le point de le féliciter, quelqu'un l'en empêcha.

"Lucius," appela Narcissa Malefoy à quelques pas d'eux. L'attention de tout le monde se tourna sur elle alors qu'elle marchait jusqu'à son mari dans un état second. Son teint était grisâtre -presque vert- et ses yeux étaient bordés de rouge. "Lucius… Drago est à Ste Mangouste. Il ne lui reste que peu de temps." Elle tendit vers lui sa main frêle, semblant avoir besoin de se raccrocher à quelque chose de solide.

Bellatrix relâcha Izar et se releva, pantoise. C'était rare de la voir sérieusement inquiète. "Je pensais qu'il n'avait pas participé à la bataille, Cissy !"

"Il n'y a pas participé," répondit-elle durement. Narcissa saisit un Lucius paralysé avant que ses yeux ne se posent sur Izar. Son corps tout entier parut se tendre et ses yeux rougis se plissèrent à la manière d'une mère protectrice. L'aversion qu'elle lui portait réémergea au travers de son aura. "Il a été brûlé vif dans la Salle sur Demande et a été sauvé par Granger. N'aurais-tu pas par hasard une idée de comment ç'a pu arriver, Izar ?"

Le dénommé, qui venait tout juste de se remettre debout, se figea à ces mots.

Bordel… Drago avait protégé l'Horcruxe. Izar ignorait comment Narcissa en savait autant, mais il supposa qu'elle avait eu ces informations de Granger ou de son fils directement. Elle était en colère contre lui pour lui avoir donné l'Horcruxe, et pourtant, elle ne savait pas que c'était en réalité pour un faux que Drago avait risqué sa vie.

Lucius, en revanche, allait bientôt tout relier et s'en prendrait par conséquent à Izar.

Ce dernier se redressa lentement et revêtit un masque d'impassibilité face au regard accusateur de Narcissa. Son estomac se noua de culpabilité lorsqu'il vit à quel point elle était dévastée. Il ne la retint certainement pas de le gifler un instant plus tard. Le jeune sorcier garda la tête tournée et fixa la glace, le regard vide, entendant Lucius éloigner son épouse.

Il avait royalement merdé ce coup-ci.


N/A : Je déteste écrire des scènes de bataille autant que je déteste écrire des rapports sexuels. Vous pouvez donc imaginer la torture que j'ai subie en écrivant ce chapitre. Merci de me lire !

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J'espère tout particulièrement que ce chapitre fort en action vous aura plu malgré sa densité, c'est le plus long de cette histoire sauf erreur de ma part. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques s'il y a notamment des passages que vous trouvez lourds à lire. Joyeuses fêtes de fin d'année aux personnes concernées, on se retrouve en 2021 pour la suite, encore et toujours ! :) - Opast