Beta Dray-Mione Potter-Malfoy

OoO

PDV BELLA

Alors, je m'allonge rapidement au sol alors que mon protégé ouvrait les yeux. Je l'entends tourner la tête à droite et à gauche.

Merde.

Et pour couronner le tout, une personne entra dans la chambre. Je me décale rapidement sous le lit. Bordel, dans quelle situation je m'étais mise ? Heureusement que je n'étais pas allergique à la poussière.

« Je ne te dérange pas ? »

Pas de réponse.

« Pouvons-nous parler ? »

« Pourquoi ? » grogne-t-il

« La morphine ne te rend pas de bonne humeur. » sourit la personne.

« Que veux-tu ? » continue-t-il sur le même ton « Nous ne nous sommes pas parlés depuis des semaines et là, tu débarques la bouche en cœur dans ma chambre comme si de rien était ? »

« Sortir avec Bella ne te va pas. Tu étais moins colérique avant. »

Je vois la personne s'assoir dans le fauteuil et prendre ses aises.

« Vas-y, installe-toi, je ne te dirais rien. »

« Oh Edward, arrête de râler. Il y a un certain temps tu n'étais pas contre que je m'installe dans ta chambre. »

« C'était avant. »

Elle rigola.

« Avant que tu tombes amoureux de Bella. » sourit-elle

Il grogne pour toute réponse. Je ne le voyais pas mais son matelas bougeait comme s'il voulait s'enfoncer dedans et éviter cette conversation.

Je ressentais une douleur dans mon cœur. Je ne devais pas fuir, je ne devais pas fuir. Et surtout je devais écouter Wesley et les autres. Laisser faire le temps, il en avait de bonne ! Moi qui n'était vraiment pas patiente, j'étais servie.

Mais après tout qu'est-ce que c'était que quelques heures loin de lui comparé au bon moment que nous avons passé. Certes notre relation est peu commune mais à bien y réfléchir, cela me convenait parfaitement. Toute ma vie avait été différente et finalement, entrer dans la normalité ne me convenait pas.

Je réprime un bâillement, s'ils ne parlaient plus j'allais finir par m'endormir.

« Je ne l'ai jamais vu si triste. » souffle-t-elle

Et merde !

« Et ? » dit-il le plus indifférent possible

Je ne savais pas si c'était moi mais je trouvais son indifférence fausse.

« Tu vas me dire que je ne la connais pas depuis longtemps et c'est vrai. Mais pendant ma formation à l'institut, j'ai appris à la découvrir. Cette fille est un roc. Je la croyais indestructible, voire sans cœur, et à certains moment c'est vrai, mais nécessaire, sinon elle serait morte. »

« Où veux-tu en venir Rosalie ? » demande-t-il

Il paraissait ennuyé mais commençant à le connaitre, il avait l'air intéressé. Cela aurait été mentir de dire que je ne l'étais pas. Jamais les gens ne me disait en face ce qu'il pensait de moi - seul une poignée osait - ils avaient trop peur ou quelque chose du genre. Je n'étais pas douée pour lire les gens.

« Tu ne vois pas ? » s'étonne-t-elle

« Non. » dit-il

« Jamais elle ne montre ses émotions ou si elle le fait c'est très discret. Je ne connais pas grand-chose de sa vie mais je sais que son passé est horrible et qu'elle s'est forgée une énorme carapace que personne ne peut pénétrer. Enfin jusqu'à toi. »

Elle avait murmuré ses dernières paroles mais lui et moi avions parfaitement entendu.

Je dois dire qu'elle avait visé juste. Je l'avais vraiment mal jugée au départ, cette fille est bien.

« Moi ? » murmure-t-il étonné.

« Oh bordel, Edward ne soit pas si con. Tu le sais pertinemment sauf que tu ne veux pas te l'avouer ! » s'énerva-t-elle

« Quand bien même je l'avouerai cela ne changera rien. Je ne veux plus la voir. »

Je me serais pris une balle que cela n'aurait pas été plus douloureux.

« Menteur. Tu as juste peur. »

« Non. »

Edward ou sa mauvaise foi.

« Si. »

« Je l'ai vu exploser la tête d'un type et elle n'avait pas de remords ! » grogna-t-il furieux

« Et alors ? Elle t'a sauvé la vie, c'est son job ! » s'énerva la blonde.

« Ce n'est que son job. » souffle-t-il

« Ne dit pas d'âneries Cullen. »

Je ne la voyais pas mais je l'imaginais très bien lever les yeux au ciel, comme moi. Bien sûr que c'était mon job mais j'y avais mis plus de cœur, c'était Edward après tout.

« Bien sûr que c'est son job mais c'est toi qu'elle a sauvé. Elle l'a fait pour toi et PAS seulement parce que tu es un contrat mais parce que Bella tient à toi et tu es surement la seule personne pour qui elle donnerait sa vie en outrepassant ses droits après du boss. »

Edward ne répond rien. Si j'étais en face d'elle, je ne sais pas si j'aurais trouvé quelque chose à répliquer. Mais ce qui était aussi flippant, c'était qu'elle avait encore visé juste. Je me serais mise sans hésiter entre la balle et Edward.

« Tu crois ? » dit-il d'une petite voix après un moment.

« Bien sûr, idiot. »

Rosalie rigola.

« J'ai arrêté de compter le nombre de fois où elle sait fait engueuler à cause de toi. » sourit-elle « Et d'après ce que m'a dit Emmett, en temps normal, elle aurait tourné les talons et serait partie sur une autre mission. Wesley et Fox adorent Bella et lui passent ses caprices... Oh et le coup où tu l'as fait revenir ? Tu t'en souviens ? Crois-tu sincèrement qu'elle est revenue JUSTE pour une mission ? Sincèrement, que tu sois vivant ou mort ne changera pas grand-chose pour l'institut mis à part le chèque à la fin. Sauf pour Bella, elle se démène à te sauver le cul et toi tu fuis parce que tu as vu un homme à la cervelle explosée ? » demande-t-elle étonnée. « Je veux bien croire que c'est perturbant mais ce type allait te tuer ! Tu aurais préféré que ça soit ta cervelle à la place ? »

Elle le laissa méditer quelques secondes avant de reprendre.

« Alors soit tu passes à autre chose et tu oublies Bella définitivement, soit tu continues avec Bella en sachant qu'elle continuera son job et que tu en verras d'autre. »

La blonde se leva du fauteuil.

« Je te laisse réfléchir à cela. Repose-toi bien. »

Elle claqua la porte.

« Comment veux-tu que je me repose avec tout ce que tu m'as dit ? » grommèle-t-il pour lui-même.

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« Bella ? Bella ? » m'appelle-t-on

Je grognai doucement mais n'ouvris pas les yeux.

« Mais depuis combien de temps es-tu la dessous ? » demanda une voix que je connaissais

Mais mon esprit embrouillé ne l'identifia pas.

« Bon plus qu'un moyen. » grommela la voix « BELLA ! » hurla la voix.

Moi qui commençais à me rendormir, cela m'avait réveillée et m'obligeait à me redresser d'un coup, prête pour n'importe quel danger. Sauf que, bien sûr, j'étais toujours sous le lit d'Edward et ma tête vient cogner violemment contre le sommier.

« AIE ! » grognai-je me massant la tête.

Je tourne la tête vers le rire de la voix de tout à l'heure. Edward. Qui d'autre ? J'étais dans sa chambre. Je le voyais, allongé au sol en train de me regarder tendrement.

« Salut. » dis-je de ma voix pâteuse.

« Salut belle au bois dormant. »

« Comment m'as-tu découvert ? » demandai-je

Je sortis de sous ce lit à l'opposé d'Edward. Il voulait que l'on grade nos distances, je ne l'avais pas oublié, je n'avais pas écouté. Nuance.

« Tu ronflais. » sourit-il.

Lui aussi s'était mis debout.

« Et ! » m'insurgeai-je « Je ne ronfle pas ! »

« Ok, j'avoue, j'ai fait tomber un crayon et il a roulé sous le lit. »

« Bien. » soufflai-je. « Je vais te laisser. » dis-je

Je ne savais plus vraiment où me mettre. Je n'avais pas l'habitude de me retrouver dans ce genre de situation ou si c'était gênant, je tuais tout le monde et partais le plus rapidement possible pour laisser la place aux nettoyeurs.

Je m'apprêtais à partir rapidement mais bien sûr, vu que tout partait en sucette ses derniers jours, Edward me retient par le poignet alors que je fuyais lâchement.

« Attends. » murmure-t-il

Je ferme les yeux. Je ne voulais pas entendre ce qu'il allait me dire, je voulais juste partir et me boucher les oreilles n'était pas envisageable. Je ne savais pas s'il avait réfléchi à notre situation mais moi, j'avais décrété qu'aimer faisait souffrir et je ne le voulais plus. Mais à côté de cela, je ne voulais pas non plus m'éloigner de lui parce que je savais que cela voudrais aussi dire que je souffrirais indéniablement de cette situation. Bien sûr s'il décidait de ne plus me voir je n'aurais pas le choix mais cela me permettrait plus facilement de retourner à la vie normale.

Finalement, j'étais faible.

« Que faisais-tu sous mon lit ? Et depuis combien de temps es-tu là ? » demanda-t-il assez nerveux.

Était-ce la conversation avec Rosalie qui le mettait si mal à l'aise ?

« Est-ce à cause de Rosalie ? » demandai-je

Je décide finalement de le regarder. Il avait l'air légèrement soulagé mais pas complètement.

« Rosalie ? » demanda-t-il étonné. « Mais depuis combien de temps es-tu là ? »

« J'en sais rien. » grognai-je « Je dormais. »

Nous restons en silence quelques secondes.

« Qui est venu dans ta chambre ? » demandai-je suspicieuse

« Oh... Euh... Personne... »

« Tu ne t'es pas mis en danger ? » rajoutai-je toujours suspicieuse.

« Non ! » s'offusqua-t-il « Sauf si tu estimes que la présence de Jasper l'était ? »

« Non. » dis-je fière de moi.

Au moins, je savais qui était venu. J'avais cru un moment qu'une AUTRE fille puisse venir le voir. Merde, avais-je si peu de confiance en moi ? Ou en lui ?

« Vous avez parlé de quoi ? » demandai-je instinctivement.

Il me regarda de travers.

« Oh.. Euh.. Oublie cela ne me regarde pas. Je te laisse te reposer. »

Je ne lui laisse pas le temps de me retenir que je quittais sa chambre. Je l'avais juste entendu m'appeler mais je ne l'avais pas écouté. Je visais mon objectif : l'ascenseur.

« SWAN ! » hurla mon boss.

Il sortait d' où celui-là ? De ma chambre apparemment.

« Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans : TU RESTES DANS LE COIN ! » hurla-t-il

Je me tassai sur moi-même. Pourtant, je n'avais rien fait, alors pourquoi me comporter ainsi ? Bordel j'étais détraquée.

« Alors ? » demanda-t-il tapant du pied.

« J'ai fait une sieste sous le lit d'Edward. » Je lâche le plus naturellement possible.

Il me dévisagea pour voir si je disais la vérité ou que j'avais encore inventé un super mensonge digne de moi.

« Bella. » grogne-t-il

« Quoi ? » m'exclamai-je « C'est la vérité ! » dis-je outrée « Par un heureux concours de circonstance, j'ai dû me planquer sous son lit et étant fatiguée, j'ai fait ce que tu m'as dit, je me suis reposée. »

« Pendant 15 heures ? »

« 15 heures ! Bordel ! » m'exclamai-je

J'étais vraiment sur le cul mais ça expliquait beaucoup de choses.

« A quoi penses-tu ? »

« Jasper est bien venu voir Edward. »

« Oui, jeune fille trop curieuse et non, tu ne sauras pas de quoi ils ont parlé mais toi, tu devrais parler à Edward. »

« On verra, on verra. » éludai-je

Je n'avais pas à LUI parler mais c'était à LUI de le faire. C'est lui qui voulait me parler, non ?

« Enfin. Pendant ta petite sieste, nous avons eu des nouvelles de nos indics. Les Volturi perdent de plus en plus patience. Alors nous avons prévu de vous mettre en vacances pendant une semaine. Alice et Jasper partirons avec vous. Cela paraitra moins suspect.

« Bien. Où ? »

Il me tendit une enveloppe.

« Tout ceci reste confidentiel. Personne en dehors de vous quatre et moi savez où vous partez. »

« Fox ? »

« Non. Quatre plus moi. »

J'étais étonnée mais après tout, c'était lui le boss.

« Soyez prêts pour demain à sept heures. Les autres sont au courant. »

« Bien. »

Je retourne dans ma chambre. J'avais toutes les indications dans le dossier. Alice passait nous prendre à 7 heures dans une voiture avec vitres teintées, à 7 heures 05, on partait à la gare. On en avait pour 15 minutes. Wesley nous surveillera de loin et fera faire diversion par Emmett et Rosalie mais ils ne sauront pas pourquoi. Notre train était à 7 heures 25. On devait juste composter nos billets et monter dans le train. Wesley avait trafiqué pour que nous nous retrouvions seuls dans le wagon. On partait pour un court trajet pour descendre à la première station, là on prendra un petit train pour aller nous perdre au milieu de la campagne. Au moins, on partait pas à la montagne.

J'aime pas la neige.

Pas assez discret, laisse trop de traces. La campagne me convenait. J'espérais seulement que tout se passerait bien. Wesley minutait rarement ses missions aussi précisément. Cela était complexe. Il y avait une vraie menace derrière tout cela. Alice et moi ne devions pas nous louper. Sinon cela serait notre dernière mission. Cela prenait trop d'ampleur.

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A suivre...

Alors ce chapitre ?