Une sphère en lumière qui sortait de la mer numérique.
Point De Vue d'Aelita :
Je savais qui c'était. Je croyais de jamais le revoir. Ne plus le revoir jusqu'à mon dernier souffle. Jusqu'au dernier instant de ma vie. Jusqu'à ma mort.
Mon père.
Franz Hopper.
Je perdais Odd et gagnais son père sans pouvoir le transférer sur terre. Je ne pensais pas préférer cet échange. Mon père n'avait pas hésité à tromper ma mère et à créer un monde virtuel, c'était pour ça que Christina et Damien avaient capturé ma mère, et qu'on l'avait libéré tout en détruisant son supercalculateur, à la base de la base, c'était sa faute si Odd était mort. Devais-je arrêter de pleurer ? Je ne sais pas. Je n'y arrivais pas non plus.
— Aelita, c'est... dit Yumi en laissant sa phrase en suspens.
— Mon père, répondis-je d'une voix enrouée et à peine audible.
Je me dégageai doucement de ses bras.
— Je ne veux pas le voir !
— Aelita...
Yumi ne savait pas quoi me dire pour me convaincre de venir le voir. De toute façon, elle n'aurait pas réussi.
— C'est moi ou il dépose quelques choses par terre ? demanda Ulrich en plissant ses yeux.
— Non, je crois que tu as raison, finit par dire Yumi en se mettant à ses côtés.
À l'instant où elle dit ça je me retournai pour regarder ce qui était par terre.
Violet... Claire et foncée.
Avec un peu de jaune.
Tout en longueur sans être trop grand. Mais svelte.
Je revis.
— Odd ! hurlai-je en bousculant Yumi et Ulrich pour me précipiter à ses côtés.
Je m'agenouillai. Il était endormi, mais je sentais sa respiration. Ses yeux se levaient lentement. Et avant qu'il puisse dire quelque chose je l'embrassai.
— Jérémy, nous revoilà Odd... Avec Franz Hopper, annonça Ulrich à Jérémy.
— Quoi ! s'exclama celui-ci outré.
— Et tu pourrais nous dire qui est avec toi ? continua Yumi.
Il y eut un petit blanc entre les deux amis.
— Anthéa.
Point De Vue d'Odd :
Je ne me souvenais que du vide. Après, rien. Juste, là, de mettre réveillé. Tombé dans la mer numérique, c'était tombé dans le néant. Mais pourquoi suis-je là ? On ne peut pas revenir du néant.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? questionnai-je après le baiser passionné d'Aelita.
Je me relevai, assis en tailleur. Je sentais qu'elle avait eu tellement peur. Elle caressa ma joue avant de prendre mes mains pour les caresser tout en les serrant.
— Un des alliés de Christina et Damien Hopper t'a poussé, et tu es tombé dans la mer numérique, me répondit-elle.
— Oui, ça je sais, mais comment ça se fait que je sois là, alors ? m'étonnai-je en serrant ses mains.
Elle ne me répondit pas de la parole. Elle me fit un sourire triste. Triste ou mélancolique. Ou peut-être bien des deux. Puis, elle libéra une de ses mains de mon étreinte pour me désigner quelques choses. Je tournai ma tête pour voir.
Une sphère lumineuse.
C'était une sphère lumineuse qui m'avait ramené. Mais en visionnant le sourire d'Aelita je compris que ce n'était pas une simple sphère lumineuse.
Non.
C'était bien plus que ça. C'était son père. C'était Franz Hopper.
Je connaissais Aelita. Et je savais qu'elle était mitigée. Je savais qu'elle ne savait pas si elle voulait vraiment le revoir. Et je pouvais la comprendre. Après les révélations d'Anthéa sur lui. Je serais sans doute dans le même questionnement qu'elle. Je repris son visage entre une main pour qu'elle me regarde, et je mis mon autre main à son menton, le pouce en bas de sa joue. Et je trouvai son regard.
— Qu'importe le choix que tu feras je serais avec toi, dis-je.
Elle avait compris de quoi je parlais. Je le savais. Elle se rapprocha de moi et elle se serra dans mes bras.
— Je t'aime, me glissa-t-elle à l'oreille.
— Moi aussi, dis-je.
