HERE FOR YOU

par wisegirl2772

traduction de m13a


Chapitre 31

Ce n'est que peu de temps après qu'Amy pris connaissance de l'arrivée d'un nouveau membre de l'équipe éducative, quelqu'un de plutôt unique, réflexion faite. N'est-ce pas extrêmement rare d'avoir l'opportunité d'apprendre d'un centaure ? Surtout dans un sujet tel que la divination, dans lequel les centaures excellaient. Cela va sans dire, Amy était clairement satisfaite de ce nouveau professeur, spécifiquement parce que nombreux élèves montraient à présent un net intérêt envers la matière, et que cela enrageait à un point inimaginable Ombrage.

Alors que le mois de mars approchait, les cours d'Amy étaient constamment surveillés par Ombrage, à son grand désarroi. C'était déjà assez difficile comme ça de garder ses élèves enjoués et motivés sans le Crapaud dans ses pattes, mais maintenant qu'elle était là, ça devenait presque impossible. Particulièrement quand le Crapaud décidait de ponctuer chaque conversation et leçon de « hem, hem » insupportables. Elle n'était que distraction. Bien qu'Amy n'eût pas encore cédé à laisser ses élèves apprendre seulement en lisant leurs manuels, comme le faisait maintenant Hagrid, les cours de la jeune sorcière étaient bien plus silencieux que ce à quoi elle était habituée. Bien plus silencieux que ce qu'elle aurait aimé. Cela rendait Amy mal à l'aise, et elle n'avait jamais été mal à l'aise dans sa propre classe auparavant. Elle n'aimait pas ça, du tout, mais tout ce qu'elle pouvait faire c'était espérer qu'Ombrage arrête de se pointer à ses cours.

Hélas, son souhait ne se réalisa pas.

Alors, tandis que les examens de fin d'année approchaient, au plus grand chagrin des cinquièmes et septièmes années, Amy fit de son mieux pour égayer ses élèves. Il n'était pas compliqué de voir l'air maussade qu'affichaient bon nombre d'élèves, et pour la première fois depuis son arrivée à Poudlard, Amy commença à penser que les élèves étaient… malheureux. Même la Grande Salle était silencieuse, réservée, morne. Cela n'arrangeait rien à la mauvaise humeur matinale d'Amy.

Cependant, l'enseignante d'Enchantements parvenait à identifier un petit quelque chose chez certains élèves. Elle ne savait pas vraiment ce que c'était, de l'espoir, de l'optimisme, mais on aurait dit qu'un petit groupe d'élèves était traversé d'un certain élan à Poudlard. Harry Potter étant l'un de ces élèves, Amy pensa qu'il y avait peut-être un plan en marche pour débarrasser le château du Crapaud. Ou du moins, elle en rêvait.

...

Elle s'était à nouveau endormie à son bureau ce soir-là, le visage pressé contre les dissertations pas encore notées. Elle avait peur que cela ne devienne une habitude, et pas l'une des meilleures, si l'on en croyait les marques de plumes et de papier sur sa joue. Elle s'était en tous cas habituée pour sûr au silence qui enveloppait Poudlard depuis quelques semaines, et même si elle n'appréciait pas les raisons de ce changement, elle ne disait pas non au climat parfait pour les siestes qui s'était installé. Seulement voilà, s'il y avait bien une chose que l'on ne recommandait pas lors d'une sieste, c'était quelqu'un qui tambourinait à votre porte.

Amy se réveilla brusquement, se frottant instantanément les yeux, étalant le peu de maquillage qui lui restait. Elle était certaine de ressembler à un raton laveur, que ce soit à cause du maquillage ou du manque de sommeil, mais elle n'en avait pas grand-chose à faire. Grognant, Amy se releva de son bureau, essayant maladroitement d'effacer les traces de sommeil sur sa joue alors qu'elle s'approchait de la porte de son bureau. Elle ouvrit la porte d'un coup sec, prête à retirer des points ou donner une retenue aux élèves qu'elle suspectait être à l'origine de ce raffut. Amy se retrouva cependant face à face avec une McGonagall stoïque, aux lèvres pressées si fermement qu'on aurait dit qu'elles avaient disparu. Immédiatement, Amy su que quelque chose n'allait pas, qu'il s'était passée quelque chose, et elle carra les épaules pour tenter d'avoir l'air plus alerte.

« Professeure, » commença Amy, déglutissant pour tenter d'arranger sa bouche trop sèche, « est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ? » Elle espérait que McGonagall avait frappé à la mauvaise porte et qu'elle pourrait bientôt retourner dor-corriger ses dissertations, mais hélas, la sorcière acquiesça, soupirant légèrement malgré son expression pincée.

« Nous sommes attendues par le Directeur dans son bureau, » l'informa-t-elle brièvement. Amy jeta un œil par-dessus son épaule à sa pile de devoirs intacte et décorée d'un filet de bave, avant de se décider à mettre pied dans le couloir plein de courants d'air. Elle referma la porte derrière elle, et lorsque le claquement de celle-ci résonna doucement dans le couloir vide, McGonagall se mit en route dans le noir.

Les lèvres toujours aussi crispées, elle adressa un bref signe de tête à Amy pour qu'elle la suive, ce que cette dernière fit, quoiqu'un peu reluctante. Ensemble les deux sorcières traversèrent l'école, accompagnées du seul son de leurs talons cliquetant sur la pierre. Toujours un peu dans les vapes, Amy se frotta les paupières dans l'espoir de faire disparaître les traces de maquillage restantes, alors qu'elles arrivaient devant la gargouille qui gardait le bureau de Dumbledore. Peut-être qu'elle avait oublié de faire ses lacets, ou peut-être qu'ils s'étaient défaits tous seuls, toujours est-il qu'elle trébucha et se retrouva étalée de tout son long sur le seul poussiéreux. Elle resta là un moment, se détestant de se ridiculiser ainsi devant sa collègue, puis se releva à grands efforts. Elle était pleine de poussière, et elle était sûre de pouvoir compter quelques bleus le lendemain. Maudits sols en pierres.

Elle se tourna vers McGonagall, un sourire d'excuse aux lèvres, et haussa les épaules. « Oups, » murmura-t-elle en riant légèrement. Elle repoussa ses cheveux qui cachaient son visage pour se donner un peu de contenance. McGonagall lui lança un regard à la faire frissonner de frayeur, et Amy se jura de ne plus jamais prononcer le mot « oups » devant l'enseignante. La professeure de Transfiguration détailla de haut en bas les vêtements couverts de poussière d'Amy, puis se retourna vers la gargouille. Amy s'empressa de s'épousseter du mieux qu'elle pût tandis que McGonagall prononçait le mot de passe, tentant de regagner un peu de dignité après sa chute. Elle ne s'arrêta que lorsque la gargouille eut fini de tourner pour révéler l'escalier qui menait au bureau de Dumbledore.

Les deux sorcières montèrent les marches, faisant attention de ne pas se pousser dans l'espace exigu. Amy jeta un coup d'œil à McGonagall, se tordant les mains de nervosité et d'impatience. Elle piétinait sur place. Un peu plus et elle se mettait à siffloter.

« Professeure, qu'est-ce que je fais ici ? » craqua enfin Amy, ne tenant plus en place. « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? » La voix d'Amy était teintée d'inquiétude. L'escalier s'arrêta soudainement, la porte du bureau du Directeur se tenant devant elles.

McGonagall soupira, replaçant une mèche de cheveux qui avait réussi à s'échapper de son chignon serré. Ce simple fait suffit à insuffler de la peur chez Amy, qui n'avait vu sa collègue émotive et décoiffée qu'une seule autre fois et… Amy frissonna en repensant à la nuit de la troisième tâche. La sorcière regarda derrière elle pour s'assurer qu'elles étaient bien seules dans l'escalier, aucun Détraqueur à l'horizon, et donc aucune chance pour que les échos de cette nuit-là ne lui reviennent en mémoire. Alors bien sûr, elle avait parlé avec Michelle l'été dernier de ce qu'elle avait vu et de ce que cela lui faisait ressentir encore aujourd'hui mais même si son amie avait tenté de la convaincre qu'elle n'avait pas à se flageller ainsi, Amy ne la croyait pas vraiment. La sorcière se sortit de ses pensées, tentant de les enterrer à nouveau alors que McGonagall prenait la parole.

« Oui, Wyman, il s'est en effet passé quelque chose. » annonça-t-elle doucement. La professeure regardait résolument devant elle, soupirant à nouveau avant de monter les dernières marches. Amy hésita il était encore temps de s'échapper. Elle courait probablement plus vite que sa collègue, si elle ne trébuchait pas bien entendu, mais elle n'était pas sûre de pouvoir éviter ses sortilèges…

Amy prit une inspiration chevrotante, nerveuse de savoir ce qui l'attendait derrière cette porte en bois massif. Quand McGonagall entendit qu'Amy ne la suivait plus, elle se retourna et lui fit un signe du menton pour qu'elle avance. La jeune sorcière déglutit bruyamment, rassembla le peu de courage qu'elle avait (elle n'était pas la directrice de Serdaigle pour rien (elle ne tenait pas la comparaison avec Gryffondor et McGonagall)) et se força à monter les marches restantes jusqu'à la porte. Lorsque ses pieds quittèrent la dernière marche, le frottement de la pierre contre la pierre se fit entendre alors que l'escalier pivotait à nouveau pour se remettre en place. Elle se figea, les poings serrés à en trembler.

Elle ne savait pas trop de quoi elle avait peur, après tout ce n'était pas comme si Ombrage était venue la réveiller en tambourinant à la porte de son bureau. Non, c'était McGonagall, la clémente bien que stricte McGonagall, membre de l'Ordre du Phoenix qui plus est. Et puis, Amy doutait qu'Ombrage voudrait la virer dans l'intimité du bureau du Directeur. Non, non, Amy étai sûre que son renvoi serait accompagné de quelques feux d'artifices.

Toutefois, quand la porte s'ouvrit pour dévoiler le bureau derrière elle, Amy fut surprise de voir qu'Ombrage ne faisait pas partie des personnes l'y attendant. Elle était pourtant certaine qu'Ombrage était liée à la raison pour laquelle elle avait été tirée de sa sieste cependant ce qui se rapprochait de près ou de loin le plus du Crapaud au sein du bureau de Dumbledore était en fait le Ministre de la Magie préféré d'Amy, Fudge.

McGonagall attendit patiemment qu'Amy entre dans la pièce avant de refermer la porte derrière elle dans un clac qui fit écho dans toute la pièce. On pourrait penser qu'une pièce remplie de, oh disons… sept personnes, plus un ensemble de portraits d'anciens directeurs de Poudlard prompts aux chuchotements, fourmillerait de bruit, mais non, une bibliothèque en pleine nuit aurait paru plus sonore que le bureau de Dumbledore à cet instant précis.

Alors que McGonagall traversa la pièce pour aller se poster à côté de Dumbledore, prenant à cœur son rôle de Directrice adjointe, Amy se contenta d'aller se poster contre l'un des murs, à côté de l'une des nombreuses bibliothèques. Bien que cela ne lui permit pas d'échapper au regard dédaigneux de Fudge, elle avait depuis sa position l'opportunité d'observer les personnes présentes dans le lieu de réflexion de Dumbledore.

Fudge se tenait près de la cheminée, trépignant tel un petit garçon, ses doigts jouant avec la couture de sa veste. Entre les coups d'œil condescendants qu'il lui lançait, Fudge arborait un rictus supérieur peu discret. En traversant la pièce, Amy nota la présence de deux hommes taillés en armoires à glace qui encadraient la porte tels deux gardes du corps. Elle se retint de sourire en direction de Kingsley, l'un des deux gardes, comprenant à son expression imperturbable que la moindre étincelle de familiarité entre eux en présence de Fudge déclencherait une situation infernale. Amy se contenta donc de laisser son regard passer brièvement sur son collègue de l'Ordre, pour se poser sur le rouquin assis dans un coin du bureau. Son estomac avait fait un salto en reconnaissant la tignasse des Weasley, ses pensées dérivant immédiatement vers Charlie, l'emplissant d'un sentiment d'espoir qui fut vite tué dans l'œuf lorsqu'elle remarqua les lunettes en écailles et l'expression pompeuse. Ce n'était pas Charlie, comme elle l'avait initialement pensé, mais le Weasley auquel elle n'avait adressé la parole qu'une seule fois, Percy. Cela faisait déjà plus d'un an qu'ils s'étaient parlé, vu qu'elle n'avait pas pris le temps de lui faire la conversation aux épreuves qui avaient suivi le bal de Noël, et qu'il n'était pas venu aux réunions de l'Ordre malgré le fait que toute sa famille y participait d'une manière ou d'une autre. Elle supposait que tout cela avait un lien avec le choix qu'il avait fait d'abandonner sa famille cet été.

Avant qu'elle n'ait besoin de se retenir de lancer quelques sortilèges de son cru sur Percy, la porte du bureau s'ouvrit en grand fracas, révélant une Ombrage rayonnante dont les griffes agrippaient le col de la chemise d'un certain Harry Potter, qui ne manqua pas un instant pour se dégager du Crapaud, haussant les épaules pour réajuster sa chemise. La porte se referma derrière le duo, et l'attention de tous se reporta sur l'adolescent.

« Tiens, tiens, tiens, » s'amusa Fudge, ses traits exultant la satisfaction, ses doigts enfin immobiles alors qu'il joignait les mains devant lui. Amy s'enorgueillit de la haine pure visible l'espace d'un instant sur le visage d'Harry, puis elle baissa le regard vers ses pieds, caressant le tapis de la pointe de sa chaussure. Elle ne savait pas trop ce qu'elle faisait ici, alors jusqu'à ce qu'elle l'apprenne, il valait certainement mieux pour elle qu'elle ne fasse qu'écouter, peu importe combien elle avait envie de faire un commentaire. Surtout que tout ce qui sortirait de sa bouche serait très certainement sarcastique et impertinent. Aucun doute là-dessus.

« Il rentrait à la tour de Gryffondor, » grinça Ombrage avec enthousiasme, visiblement prenant un malin plaisir à cette situation étrange. « Malfoy l'a coincé. » Fudge prit soin de faire l'éloge du Serpentard, promettant d'en toucher un mot au père du garçon, puis il reporta son attention sur l'adolescent au milieu de la pièce.

« Eh bien, Potter… Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes ici ? » Un ange passa au sein de l'espace restreint alors que le jeune homme contemplait sa réponse.

« Ou-Non. » Amy regarda Harry à travers les mèches encadrant son visage, se mordant la joue pour ne pas sourire. La situation n'était pas vraiment drôle, mais la tête que tiraient Fudge et Ombrage l'étaient.

« Je vous demande pardon ? » s'exclama Fudge, faisant un pas en avant. Amy se retint de lancer un petit « On se passerait bien de vos demandes ».

« Non, » répéta Harry, cette fois en secouant la tête, ses cheveux en bataille balayant son front.

« Vous ne savez pas pourquoi vous êtes là ? » insista Fudge, un regard lourd de sens sur Harry, qui lui semblait indifférent.

« Non, je ne sais pas. »

Amy pouvait entendre le grattement d'une plume sur du parchemin, et devina que Percy prenait des notes de cette excitante interview. Tout ce qu'elle avait appris jusqu'ici, c'était que Fudge avait un visage expressif au possible, surtout lorsqu'il était indigné ou incrédule.

« Donc vous n'avez aucune idée de la raison pour laquelle professeure Ombrage vous a amené dans ce bureau ? Vous n'avez pas conscience d'avoir manqué de respect au règlement de cette école ? » Amy était plutôt impressionnée par la quantité de sarcasme présente dans la voix du Ministre. Elle était même surprise qu'il sache l'utiliser.

« Le règlement de l'école ? » demanda Harry, qui gardait son calme et son innocence malgré le fait qu'il était interrogé par des agents du Ministère. « Non. »

« Ou bien les décrets de l'école ? » Fudge s'énervait, et tournait progressivement au rouge.

« Pas à ce que je sache. »

« Donc vous n'êtes pas au courant qu'une organisation étudiante illégale a été découverte au sein de l'école ? » La voix de Fudge tremblait de colère à présent, et Amy se demandait s'il allait exploser tant son visage était rouge. Au moins, il était à côté de la cheminée, ça serait facile de balayer ses cendres.

« Non. » Harry insista auprès du Ministre. Son visage innocent avait l'air d'être celui d'un garçon de six ans, pas celui de quelqu'un qui venait de se faire prendre la main dans le sac. Même si Amy ne savait toujours pas de quoi il en retournait.

« Je pense, Monsieur le Ministre, que nous avancerions plus vite si j'allais chercher notre témoin. » interrompit Ombrage pour la première fois, s'avançant légèrement.

'Voilà, on y vient, pensa Amy', alors qu'Ombrage quittait la pièce, la laissant dans un silence pesant. Harry était toujours au milieu du bureau, et regardait droit devant lui. Les autres l'imitaient, attendant qu'Ombrage revienne bruyamment dans la pièce, cette fois ci accompagnée d'une élève qu'Amy reconnu comme étant à Serdaigle.

'C'est pour ça que je suis ici', se dit-elle en pinçant ses lèvres alors qu'Ombrage présentait Marietta Edgecombe, une élève de sixième année, une amie de Cho Chang qui gloussait tout le temps, si Amy pouvait se permettre. La jeune fille avait remonté sa cape pour couvrir son visage, ses mains maintenant le tissu au-dessus de son nez et de sa bouche, ainsi seulement ses yeux dépassaient et observaient les adultes l'entourant. Amy pencha la tête, regardant Ombrage asseoir la jeune fille à côté de son camarade.

« N'ayez pas peur ma chère, » fit Ombrage d'une voix qu'elle pensait sûrement rassurante, mais qui pour Amy était aussi plaisante que des ongles crissant sur un tableau noir. « N'ayez pas peur. Tout va bien maintenant. Vous avez fait le bon choix. » Amy se désintéressa de la conversation, se demandant quand est-ce qu'ils allaient revenir à leur problème, quel qu'il soit. Elle espérait ne pas avoir été tirée de son sommeil juste pour voir Ombrage se vanter de ses élèves fétiches au Ministre. Surtout que le Crapaud enseignait à peine. Elle faisait surtout du babysitting de différentes classes à différents moments de la journée. Un jeune de seize ans pourrait le faire, et certainement mieux qu'elle.

« Mille milliards de gargouilles galopantes ! »

Fudge lâcha une exclamation de surprise et recula presque jusque dans le feu, jurant et tapant le sol du pied alors que la fumée commençait à l'entourer. Le regard d'Amy tomba sur Marietta, qui remontait à nouveau sa cape sur son visage, mais pas avant qu'Amy ait le temps de voir le mot CAFARD écrit en pustules violacés. Amy aurait pu rire si cela n'avait pas été terriblement inapproprié et si la jeune fille défigurée en face d'elle n'était pas au bord des larmes. Harry semblait aussi surpris qu'Amy en voyant le mot qui ornait le visage de la sorcière, mais il avait moins de mal à cacher ses émotions.

« Ne vous préoccupez pas de ces boutons maintenant, ma petite, » insista Ombrage, tentant d'écarter les mains de la jeune fille. « Ôtez-moi cette cape de votre bouche et dites au Ministre… »

Marietta protesta dans un sanglot, se reculant du Crapaud comme pour l'empêcher d'enlever de force la cape qui couvrait son visage.

Ombrage soupira, secouant la tête de frustration. « Oh très bien, petite sotte, je vais lui dire si c'est comme ça, » fit-elle sèchement. Ombrage se tourna vers le Ministre de la Magie, ses traits dégoulinants de douceur. « Monsieur le Ministre, Miss Edgecombe est venue me rendre visite dans mon bureau après le dîner, et m'a affirmé qu'elle avait quelque chose à me dire. Elle m'a révélé que si j'entrais dans une pièce secrète du septième étage connue sous le nom de Salle sur Demande, je trouverai quelque chose de fort intéressant. » Son sourire s'était élargi de plus en plus à mesure qu'elle parlait.

Amy se rappela alors le moment où, plus tôt dans l'année, elle avait surpris quelques élèves passer devant sa porte après le couvre-feu pour rejoindre le septième étage. Elle se reconcentra sur le discours du Crapaud.

« Après lui avoir posé quelques questions, elle a admis qu'une sorte de réunion avait lieu ici. Malheureusement à ce moment, le sortilège que vous voyez s'est enclenché, et en voyant son visage, la pauvre fille a refusé de me dire un mot de plus. »

Ce qu'Amy trouva le plus surprenant dans cette tirade était le fait qu'Ombrage possédait un miroir. Elle avait longtemps douté que c'était possible, vu comment la sorcière s'habillait, avec ce petit nœud insupportable… Merlin…

Fudge se tourna vers Marietta, et Amy se dit que c'était la première fois qu'elle voyait Ombrage exprimer autre chose que de la colère, du sarcasme ou de la condescendance. « C'est très courageux de votre part, ma chère, de venir dire cela au Professeur Ombrage, vous avez bien fait. Maintenant, dites-moi, que s'est-il passé à cette réunion ? Pourquoi avait-il lieu ? Qui s'y trouvait ? »

Marietta ne répondit pas, et secoua la tête à la place, terrifiée, ses boucles rebondissant sur ses épaules.

Fudge se tourna vers Ombrage, tapant impatiemment du pied. « Est-ce qu'il n'existe pas un contre-maléfice pour cela ? Pour qu'elle puisse parler librement ? »

Le Crapaud secoua la tête, mentionnant le fait qu'elle n'avait pas encore réussi à en trouver un. Amy vit qu'Harry se retenait de sourire, et elle dut se mordre la lèvre pour faire de même. Il était évident qu'Harry ou bien l'un de ses amis devait avoir quelque chose à faire dans cette histoire de boutons.

« Vous vous rappellerez, Monsieur le Ministre, que je vous avais envoyé en octobre un rapport stipulant que Potter s'était réuni avec plusieurs autres élèves à la Tête de Sanglier à Pré-au-Lard – »

« Et quelle preuve avez-vous de cela ? » demanda McGonagall, l'air clairement agacée.

« J'ai un témoignage de Willy Widdershins, Minerva, qui était à la Tête de Sanglier en même temps que ces jeunes gens. Il était couvert de bandages, mais son ouïe, elle, fonctionnait parfaitement. » La voix d'Ombrage était tellement mielleuse et arrogante qu'Amy pouvait à peine le supporter. « Il a entendu chaque mot prononcé par Potter et s'est empressé de venir m'en faire part à l'école. »

« Oh, c'est donc pour ça que les charges contre lui ont été abandonné dans cette histoire de toilettes régurgitantes ! On voit comment fonctionne la justice de nos jours ! » fit McGonagall, pleine de sarcasme. Amy sentit ses lèvres s'étirer en un sourire. On allait de surprise en surprise, et il s'avérait que McGonagall était presque une experte dans l'usage du sarcasme. Tout ceci était plutôt amusant.

« Corruption manifeste ! » s'exclama un portrait dans le dos de Dumbledore, brandissant son poing dans la direction d'Ombrage. « Le Ministère ne laissait rien passer en mon temps, non monsieur, rien du tout ! » Le visage de l'ancien directeur était rouge de colère.

« Merci, Fortescue, cela ira. » fit doucement Dumbledore. Amy envoya un clin d'œil au portrait.

Ombrage reprit comme si de rien n'était. « Potter tentait ce jour-là de convaincre d'autres élèves de rejoindre une société illégale, qui avait pour but de pratiquer des sorts jugés inappropriés pour des élèves de cet âge – »

« Je pense pouvoir dire que vous avez tort ici, Dolores. » interrompit Dumbledore, quoique toujours poli. Toutes les personnes dans la pièce se tournèrent vers lui, curieuses au plus haut point.

« Oho ! » annonça Fudge, levant les bras au ciel avec exagération. « Allons-y, écoutons la dernière histoire à dormir debout qui sortira Potter des ennuis ! Allez-y, allez-y, Dumbledore – Willy Widdershins mentait ? Ou bien était-ce le frère jumeau de Potter qui se trouvait à la Tête de Sanglier ce jour-là ? »

« Mmmh, il est arrivé plus étrange… » pensa tout haut Amy. Harry lança un regard confus à son enseignante, comme s'il la remarquait pour la première fois, ce qui n'était pas si surprenant, vu qu'Amy avait été bizarrement silencieuse pendant toute cette petite réunion. Fudge continuait pendant ce temps, sans se préoccuper d'Amy.

« Ou bien est-ce qu'on va avoir le droit à la simple explication impliquant un retournement de temps, un mort ressurgissant du passé, et quelques Détraqueurs invisibles ? »

Percy se mit à rire bruyamment, et Amy jeta un regard noir au Weasley.

« Oh, très bonne blague, Monsieur le Ministre, très très bonne ! » Amy se demanda dans quel genre d'emmerdes elle se mettrait si elle lançait un sort au rouquin tout de suite. Elle n'était pas certaine que Charlie apprécie énormément, mais il comprendrait certainement. Après tout, cet idiot de Percy s'était clairement déshérité lui-même. Il méritait bien un bon coup de pied aux fesses.

« Cornelius, je ne nie pas le fait – ni Harry j'en suis sûr – qu'il était bien à la Tête de Sanglier ce soir-là, ou qu'il tentait de recruter des élèves pour monter un groupe de Défense contre les Forces du mal. » Amy observait le directeur avec curiosité tandis qu'il continuait d'expliquer qu'Harry avait, en effet, fait tout cela. Peut-être que le plus grand sorcier de tous les temps avait perdu la tête.

« Ce que je relève, c'est que Dolores se trompe en disant qu'une telle assemblée était à l'époque illégale. Le décret interdisant ces réunions n'a pris effet que deux jours après ces événements, ainsi Harry n'enfreignait aucune règle ce jour-là. » Dumbledore se rassit dans le fond de sa chaise, ses doigts alignés sous son menton, et Amy se dit que c'était le moment ou jamais pour prendre la parole.

« Il a tout à fait raison. Ce à quoi il fallait s'attendre. » Elle sourit au directeur, qui hocha la tête en retour. Amy s'avança pour se planter face à Ombrage. On aurait dit que le Crapaud non plus n'avait pas remarqué la présence d'Amy. Amy ne pouvait se retenir plus longtemps, et en plus de ça, elle était très contente de pouvoir utiliser les restes de cours de droit qui traînaient dans sa mémoire. « Je ne sais pas si vous êtes au courant, Ombrage, mais la Grande Bretagne a en effet un système de loi qui se construit ex post facto. En clair, cela veut dire qu'un crime commis avant qu'aucune loi ne le régisse ne peut être puni. Dans le cas présent et je ne fais que des suppositions car nous n'avons aucune preuve tangible, étant donné que notre seul témoin est également un criminel même si Harry avait organisé un rassemblement avec quelques élèves dans un pub qui laisse à désirer, vous ne pourriez pas le renvoyer pour cela. » Elle s'arrêta, remarqua que tout le monde la regardait comme si elle avait autant perdu la tête que Dumbledore, et conclu : « ça donne matière à penser. »

Dumbledore lui sourit lorsqu'elle eut fini sa tirade, alors qu'elle retournait près de la bibliothèque contre le mur, croisant les bras sur sa poitrine. Les paupières d'Ombrage étaient si plissées qu'Amy pensa qu'elle avait fermé les yeux, et Fudge et Percy avait l'air assommés. C'était très satisfaisant vu leur attitude tout au long de cette réunion.

« Tout ceci est très bien. » fit Ombrage en tentant de se rattraper, son sourire tordu retrouvant sa place sur son visage. « Mais cela fait bientôt six mois que le Décret d'Éducation Vingt-Quatre a été instauré. Si la première rencontre n'était pas illégale, toutes celles qui ont suivi le sont bel et bien. » Elle avait l'air plus que satisfaite à l'idée d'avoir déstabilisé Dumbledore, mais le directeur s'avança simplement vers elle dans son fauteuil, les coudes appuyés de chaque côté, la regardant poliment.

« Soit, ces rencontres le seraient si elles avaient en effet eu lieu après l'instauration du décret. Avez-vous des preuves de cela ? » lui demanda-t-il en tapotant le dos de sa main de ses doigts.

Un courant d'air traversa le bureau, Amy frissonna et passa une main sur son bras. Elle parcourut la pièce des yeux en essayant de repérer une fenêtre ouverte, mais ne trouva rien. Ses pensées se recentrèrent sur Ombrage, dont le sourire vacillait.

« Des preuves ? » couina le Crapaud, sa voix pleine d'incrédulité. Elle pointa Marietta du doigt : « N'avez-vous rien écouté, Dumbledore ? Pourquoi pensez-vous que Miss Edgecombe est ici ? »

« Oh, elle pourrait donc nous parler de six mois de réunions ? » demanda Dumbledore, un air de curiosité enfantin dans la voix alors qu'il s'avançait encore sur son siège. « Il me semble qu'elle n'était en train de faire état que d'une réunion qui aurait eu lieu ce soir. » Amy se retenait de rire, car bien que le problème soit sérieux, Dumbledore jouant les idiots était une scène assez amusante.

« Miss Edgecombe, » claqua la voix d'Ombrage, « Dites-nous depuis combien de temps ces réunions ont-elles lieu, ma petite. Vous pouvez répondre d'un simple signe de tête, je suis sûre que cela n'aggravera pas vos boutons. Ces rencontres étaient-elles régulières ces six derniers mois ? »

Amy cligna des paupières, et se concentra sur Marietta qui geignait toujours, les mains et la cape contre le visage. Elle releva la tête, le regard apeuré face aux adultes qui la fixaient. Elle semblait vouloir rétrécir jusqu'à disparaître dans les plis de sa robe. Ombrage tenta de l'amadouer encore, la poussant à parler, faire un signe, quelque chose. Ce qu'elle fit.

Marietta secoua la tête de gauche à droite.

Amy se pencha en avant, les bras croisés sur la poitrine, regardant intensément son élève de Serdaigle.

« Je ne crois pas que vous ayez compris la question, ma chère. » Le petit nœud hideux d'Ombrage s'accrochait désespérément à sa tête qui s'agitait. « Je vous demande si vous êtes allée à ces réunions ces six derniers mois ? Vous-y êtes bien allée, n'est-ce pas ? »

La jeune fille fit à nouveau non de la tête.

« Qu'est-ce que vous voulez dire, ma petite ? » Malgré le surnom, la voix d'Ombrage laissait entendre qu'elle était prête à déchiqueter l'adolescente devant elle.

« Il me semble que c'est plutôt clair, » l'interrompit McGonagall d'un ton brut. « Il n'y a eu aucune réunion secrète au cours des six derniers mois. Est-ce bien correct, Miss Edgecombe ? »

Cette fois-ci, Marietta acquiesça.

« Mais il y avait une réunion ce soir ! » s'écria Ombrage, furieuse. « Il y avait une réunion, Miss Edgecombe, vous m'en avez parlé, une réunion dans la Salle sur Demande ! » Elle tremblait presque d'émotion. « Et Potter la dirigeait, bien entendu ! » siffla-t-elle, un doigt pointé sur la jeune sorcière. « Potter l'a organisée, Potter a… Pourquoi secouez-vous la tête ainsi, jeune fille ? »

« Habituellement, quand quelqu'un remue la tête de gauche à droite ainsi, cela veut dire non. » répliqua froidement McGonagall.

« Sauf bien sûr si Marietta parle le langage des signes, dans ce cas… Non, même en langage des signes, non, c'est non. » Amy eut un bref rire, stoppé par Ombrage, qui se jeta sur Marietta et lui attrapa violemment les épaules. Amy n'eut le temps de voir qu'une masse de cheveux bouclés secoués dans tous les sens, avant que Dumbledore ne se lève, baguette à la main, et que Kingsley ne sorte de l'ombre également.

Ombrage se recula d'un bond, les mains sur le cœur. Amy se détacha du mur pour s'approcher de Marietta, et attrapa le coude de la jeune sorcière pour l'éloigner du Crapaud. Elle mit un bras autour de ses épaules alors qu'Ombrage tentait de reprendre son souffle.

« Je ne vous autorise pas à malmener mes élèves, Dolores, » gronda Dumbledore, les yeux étincelant derrière ses lunettes en demi-lune.

« Il serait bon de vous calmer, Mrs. Ombrage, » dit Kingsley, commandant l'attention de tous de sa voix grave et profonde. « Vous ne voudriez pas vous attirer des ennuis. »

« Pour le bien des élèves, mon œil, » lança Amy tout bas. Elle resserra son étreinte, frottant gentiment l'épaule de Marietta. Amy jeta un regard vers la jeune Serdaigle, s'attendant à voir de la peur, ou bien quelque chose dans ses yeux… Mais non, il n'y avait rien. Plus de gémissements ou de reniflements, plus rien du tout.

« Non, » fit Ombrage d'une petite voix, soudainement anxieuse. « Je veux dire, oui, vous avez raison Shacklebolt, je… je me suis laissé aller. »

« Dolores, » reprit Fudge, apparemment déterminé à revenir à leur sujet principal. « A propos de la réunion de ce soir – celle dont on est certains qu'elle a eu lieu… »

Ombrage se redressa pour se donner un peu de contenance. « Oui, oui… eh bien, Miss Edgecombe m'a prévenue et je me suis donc rendue au septième étage avec quelques élèves de confiance- » Amy retint un reniflement dédaigneux. Elle ne s'avancerait pas jusqu'à dire que les Serpentards étaient des personnes de confiance – ils étaient plutôt fourbes après tout. « -afin de prendre les participants à cette réunion la main dans le sac. Ils ont dû être avertis de mon arrivée, cependant, car lorsque nous avons atteint le septième étage, ils s'enfuyaient en courant dans tous les sens. » Amy sourit discrètement en imaginant Ombrage trottinant derrière les élèves en cavale. « Mais cela n'a pas d'importance, car j'ai tous leurs noms. Miss Parkinson est vite allée dans la Salle sur Demande pour voir s'ils n'avaient rien laissé derrière… Nous avions besoin de preuves, et la salle nous en a donné… »

D'un geste théâtral, le Crapaud sortit un parchemin des plis de sa cape, noirci de ce qui semblait être une liste de noms. Amy tendit le cou pour tenter de lire le papier, qu'Ombrage passait à Fudge.

« Dès l'instant où j'ai vu le nom de Potter sur cette liste, j'ai su à quoi nous avions affaire. » annonça-t-elle précautionneusement, son sourire tordu toujours plaqué sur ses lèvres.

« Excellent, excellent, Dolores, » la remercia Fudge plein de fierté paternelle. Il se figea un instant, pencha la tête sur le côté, et son sourire s'agrandit. « Et… par Merlin… »

Il releva la tête, les yeux écarquillés. « Vous avez vu comment ils se sont appelés ? » demanda Fudge en tendant le parchemin au directeur. « L'Armée de Dumbledore. »

Dumbledore leva une main fripée pour attraper la liste, et parcouru les noms du regard. Amy se disait que son expression allait passer à celle de la défaite, mais le vieux sorcier était plein de surprises, car il se mit à sourire.

« Bon, d'accord, on arrête de jouer, » déclara-t-il simplement. « Voulez-vous une confession écrite, Cornelius – ou bien est-ce qu'une déclaration devant les témoins ici présents sera suffisante ? » Amy ouvrit de grands yeux et croisa le regard de McGonagall, qui, pour la première fois, était clairement rempli de frayeur. Amy savait ce que cela signifiait, les professeurs faisant partie de l'Ordre se préparaient à cette éventualité depuis des semaines, mais Amy n'aurait jamais pensé… Elle n'aurait jamais pensé que ces préparations allaient avoir leur utilité, ou du moins, elle l'avait espéré…

« Déclaration ? » questionna Fudge, perdu. « Comment… ? Je ne… ? » sa pensée resta en suspens, il avait apparemment du mal à faire tourner ses méninges.

« L'Armée de Dumbledore, Cornelius, » reprit gentiment Dumbledore, un léger sourire toujours collé aux lèvres. Il agita la liste devant les yeux de Fudge. « Pas l'Armée de Potter. L'Armée de Dumbledore. »

« Mais, mais… » Fudge sembla enfin réaliser. « Vous ? » lâcha-t-il dans un souffle, horrifié.

« En effet, » répondit Dumbledore comme s'il était en train de commenter le temps qu'il faisait.

« Vous avez organisé cela ? » Fudge attendit à peine que Dumbledore dise oui pour continuer son interrogation. « Vous avez recruté ces élèves pour… pour votre armée ? »

Dumbledore haussa les épaules. « Ce soir devait être la première réunion. Simplement pour voir s'ils étaient intéressés pour me rejoindre. » Il regarda en direction d'Amy et Marietta, faisant un signe de tête vers la plus jeune des deux. « Je comprends maintenant que c'était une erreur de ma part d'inviter Miss Edgecombe. »

Marietta hocha la tête en entendant son nom, et Amy fronça les sourcils, inquiète. Fudge regarda à son tour le duo pour ensuite reporter son attention sur Dumbledore.

« Alors vous complotiez bien contre moi ! » s'exclama Fudge d'un ton un peu trop joyeux pour quelqu'un qui venait d'apprendre que l'on conspirait contre lui.

« Effectivement. » affirma Dumbledore.

« NON ! » protesta Harry, s'avançant dans la pièce, affolé. On aurait dit qu'il venait tout juste de comprendre ce que Dumbledore était en train de faire, et qu'il voulait que ça s'arrête immédiatement, malgré les regards d'avertissement que lui lançaient les membres de l'Ordre. « Non, Professeur Dumbledore ! »

« Tais-toi, Harry, ou bien tu vas devoir quitter mon bureau, » ordonna doucement Dumbledore. Le garçon se calma.

« Oui, fermez-là, Potter ! » siffla Fudge, ses yeux ne quittant pas Dumbledore. « Eh bien dis donc, je m'attendais à renvoyer Potter ce soir, et finalement… »

« Finalement, vous aller m'arrêter, » le coupa Dumbledore. « C'est comme perdre une Noise pour trouver un Gallion, n'est-ce pas ? » Amy se frotta le cou pour tenter de faire disparaître la boule qui se formait dans sa gorge.

« Weasley ! » fusa Fudge, se tournant vers le rouquin. « Weasley, avez-vous tout noté, tout ce qu'il a dit, ses aveux, vous les avez ? »

« Oui, monsieur, je pense que oui ! » Percy sautillait presque dans son siège tellement il était excité.

« Le passage où il affirme avoir tenté de monter une armée contre le Ministère ? » insista Fudge. « Ses efforts pour me déstabiliser ? »

« Oui, monsieur, tout est là, monsieur ! » s'exclama Percy, repassant sur ses notes en vitesse.

« Parfait alors, » déclara Fudge, exultant la joie. « Dupliquez vos notes, Weasley, et envoyez une copie à la Gazette du Sorcier de suite. » Percy était déjà à moitié hors de la pièce alors que Fudge continuait sur sa lancée. « Si nous envoyons un hibou assez vite, on pourra peut-être être bons pour l'édition de demain matin ! » La porte qui claqua le poussa à se retourner vers Dumbledore. « Vous allez maintenant être escorté au Ministère, où les charges contre vous seront officialisées, et on vous enverra à Azkaban en attendant votre procès ! »

Kingsley et l'autre Auror s'avancèrent, baguettes en main. Amy déglutit nerveusement, tirant Marietta hors du passage dans un recoin du bureau. Elle ne savait pas trop ce qui allait se passer maintenant, la tension semblait à son comble, et elle n'aimait pas l'attitude des employés du Ministère.

Dumbledore, pour sa part, n'avait pas l'air inquiet pour le moins du monde. Il inclina la tête. « Ah oui, bien sûr. Je me disais bien que nous allions croiser cette petite difficulté. »

« Difficulté ? Je ne vois aucune difficulté, Dumbledore ! » rugit Fudge.

Le visage de Dumbledore n'était que pitié. « Pourtant, je crois bien en voir une. » Amy tenta de regarder McGonagall pour comprendre ce qu'elles étaient censées faire à présent.

« Oh, vraiment ? » demanda Fudge d'un ton arrogant, ne croyant pas un mot de ce que disait Dumbledore. Toutefois, Amy aurait juré voir un éclair de peur dans le regard du Ministre.

Dumbledore acquiesça, et se leva derrière son bureau. « Eh bien, c'est juste que vous avez l'air de croire dur comme fer au fait que je vais… Comment dit-on déjà ? Obéir aveuglément ? » Amy fut presque surprise qu'il ne ricane pas au nez du Ministre à ce stade. « J'ai bien peur de ne pas du tout vous obéir aveuglément, Cornélius. Je n'ai aucunement l'intention d'être envoyé à Azkaban. Je pourrais m'en évader bien sûr, mais quelle perte de temps. » Il agita la main comme pour chasser l'idée de sa pensée. « Très franchement, il y a un milliard de choses que je préférerais faire à la place. »

Amy parcourut la pièce du regard, remarquant le visage rougeaud d'Ombrage, et s'arrêtant sur Fudge qui semblait s'être lancé dans l'imitation d'un enfant de trois ans. Le Ministre cherchait désespérément de l'appui autour de lui, et gesticulait furieusement en direction du deuxième Auror. Celui-ci hocha la tête et s'avança, le poing serré sur sa baguette.

« Ne soyez pas idiot, Dawlish, » entonna Dumbledore. L'Auror s'arrêta net. « Je suis certain que vous êtes un excellent Auror, je crois me rappeler que toutes vos notes d'ASPIC étaient Optimales, mais si vous tentez de – eehm – m'embarquer de force, je vais devoir vous faire mal. » Dawlish cligna bêtement des yeux, son regard hésitant entre Dumbledore et Fudge.

Le Ministre tenta de reprendre le dessus sur la situation, grimaçant. « Alors comme ça, vous avez l'intention de d'affronter Dawlish, Shacklebolt, Dolores et moi-même à vous tout seul, n'est-ce pas, Dumbledore ? »

La boule dans la gorge d'Amy prit de l'ampleur à l'idée de ce qu'il pourrait se passer si une sorte de duel devait éclater. Elle s'en sortirait plutôt bien, ou en tout cas elle l'espérait, mais rien n'était si sûr en ce qui concernait Harry, qui semblait en état de choc, et Marietta, apparemment toujours aussi vide d'émotions.

Un léger rire échappa à Dumbledore, qui affichait maintenant un franc sourire. « Par la barbe de Merlin, non, » insista-t-il. « A moins que vous ne soyez assez bête pour m'y forcer. »

McGonagall s'avança d'un pas bruyant, sa main à la recherche de sa baguette dans les plis de sa robe. « Il ne sera pas seul, » annonça-t-elle bravement, et Amy approuva de la tête derrière elle, sa baguette déjà prête.

Dumbledore, cependant, n'était pas près d'accepter cela. « Oh si, il le sera, Minerva, Amy. » Il leur lança un regard sévère, qui empêcha Amy de protester. Elle distingua une étincelle de quelque chose dans les yeux du directeur alors qu'elle abaissait sa baguette, quelque chose de…

« ça suffit ces sornettes ! » Fudge sortit sa propre baguette et se mit à aboyer des ordres. « Dawlish ! Shacklebolt ! Embarquez-le ! »

Tout à coup, un vif éclair de lumière et un bruit assourdissant firent trembler la pièce. Instinctivement, Amy s'agrippa à la cape de Marietta et l'entraîna avec elle au sol. Les éclairs fusaient dans le bureau, rebondissant sur chaque surface réfléchissante qui s'y trouvait - et elles étaient nombreuses. Une sorte de brouillard envahit l'espace, et bien qu'elle soit au plus près du plancher, les poumons d'Amy se remplirent vite de cette étrange poussière. Elle toussa, cachant son visage dans son coude pour se protéger. Derrière le chaos, elle entendait des bruits de verre cassé et des cris, qui furent vite suivis du son de plusieurs corps tombant par terre.

Alors que le brouillard s'évaporait, Amy se releva, les yeux piquants. En face d'elle, McGonagall aidait Harry à se remettre sur pieds Dumbledore s'approchait d'eux à grands pas. Lentement, Amy tira Marietta debout.

« Est-ce que ça va ? » s'inquiéta Dumbledore, examinant les élèves et professeurs.

« Oui ! » répondit McGonagall dans un souffle. Amy fit de même lorsque Dumbledore regarda en sa direction. L'air étant redevenu clair, ils purent faire état de la situation dans laquelle était le bureau. Des instruments cassés et des éclats de verre jonchaient le sol aux côtés d'Ombrage, Fudge, Dawlish et Shaklebolt, qui avaient l'air de s'être évanouis.

« Malheureusement j'ai dû lancer le maléfice à Kingsley également, ou bien cela aurait eu l'air suspect, » les informa Dumbledore, suivant leurs regards. « Il a remarquablement bien réagi, en modifiant ainsi la mémoire de Miss Edgecombe alors que tout le monde regardait ailleurs – remerciez-le de ma part, voulez-vous Minerva, Amy ? Bon, ils vont se réveiller très bientôt, et il vaudrait mieux qu'ils ne sachent pas que nous avons pu échanger – vous allez devoir faire comme si aucun laps de temps ne s'était écoulé, comme s'ils venaient tout juste d'avoir été assommés, ils ne se rappelleront rien. »

« Où allez-vous aller, Dumbledore ? Square Grimmauld ? » intervint McGonagall.

« Oh, non, » répondit-il sinistrement. « Je ne m'en vais pas me cacher. » Il désigna Fudge du regard. « Il se mordra bientôt les doigts de m'avoir délogé de Poudlard, je vous le promets… »

La respiration d'Amy était saccadée, elle voulait dire quelque chose, n'importe quoi, au sorcier qui était son mentor, qui avait cru en elle, qui lui avait voué une confiance totale, mais pourtant, Amy ne trouvait pas les mots. Dumbledore, sentant sa frustration, plaça une main sur son épaule, la serrant brièvement. Amy lui adressa un léger sourire avant de s'intéresser fortement à ses pieds.

« Professeur Dumbledore… » commença Harry, attirant l'attention du sorcier. Harry aussi semblait chercher ses mots, la culpabilité faisant assurément son chemin dans sa conscience.

« Écoute-moi bien Harry, » enchaîna Dumbledore, maintenant pressé par l'urgence de la situation. « Tu dois étudier l'Occlumancie, du mieux que tu pourras, est-ce que c'est compris ? Fais tout ce que le Professeur Rogue te demande et entraînes-toi surtout la nuit avant de dormir afin de protéger ton esprit des mauvais rêves. Tu comprendras bien assez vite, mais tu dois me promettre - »

Dawlish grogna, remuant sur le sol, et la main de Dumbledore s'élança, attrapant le poignet d'Harry.

« Souviens-toi, ferme ton esprit… »

Harry sursauta presque imperceptiblement quand Dumbledore resserra sa poigne.

« Tu comprendras plus tard. »

Fumseck survola alors le bureau, et dans un éclair lumineux, Dumbledore s'empara des plumes du phœnix et disparu au moment même où Fudge se relevait sur ses coudes.

« Où est-il ? » rugit Fudge, scannant furieusement les alentours. « Où est-il ? »

« Je ne sais pas ! » s'écria Kingsley, se remettant debout d'un bond, clairement perdu sur ce qu'il venait de se passer.

« Enfin, il ne peut pas avoir transplané ! » hurla Ombrage, se tirant debout avec difficulté derrière le bureau, ses jambes tremblantes sous elle. Elle se retourna brusquement, manquant de trébucher, comme si elle s'attendait à ce que Dumbledore sorte de derrière l'une des étagères.

Le Crapaud se mit en tête de suivre Kingsley et Dawlish dans les escaliers, persuadée que Dumbledore était parti par là. Fudge s'apprêtait à leur emboîter le pas, mais s'arrêta un instant pour faire face aux personnes restantes.

« Eh bien, Minerva, Wyman, je crois bien que cela signe la fin de votre ami Dumbledore. » déclara-t-il en réajustant sa cape avec snobisme.

« Ben tien, comme si être dans la ligne de mire du Ministère allait stopper Albus Dumbledore. » répliqua Amy d'un ton sarcastique.

Fudge fit semblant de ne pas l'avoir entendue, préférant jeter un dernier regard aux portraits des anciens directeurs et aux instruments et bibliothèques en bazar. Il fit un signe du menton vers un Harry dévasté et une Marietta stoïque. « Vous feriez mieux d'envoyer ces deux-là au lit, » ordonna-t-il à Amy et McGonagall. Amy lui lança un regard mauvais, entourant à nouveau les épaules de Marietta d'un bras protecteur, alors qu'elle conduisait la jeune fille vers la porte, suivie de près par Minerva et Harry.

A la seconde où la porte se referma, Amy s'autorisa un soupir de soulagement, fermant les yeux de désespoir. Elle se frotta les yeux de fatigue, souhaitant fortement être de retour dans son propre bureau, que ça soit pour noter des copies ou dormir, elle s'en fichait au fond. Elle voulait juste ne plus être ici même à cet instant précis. Elle inspira profondément, rouvrant les yeux pour faire face aux trois personnes avec elle dans la cage d'escalier.

« Je ferais mieux de l'accompagner à l'infirmerie, je crois, » déclara Amy en désignant Marietta, qui semblait toujours un peu dans les vapes. Elle adressa un petit sourire à Harry, qui la fixait tristement. « Essaie de ne pas t'attirer d'autres ennuis ce soir, d'accord ? »

...

PAR ORDRE DU MINISTERE DE LA MAGIE
Dolores Jane Ombrage (Grande Inquisitrice) remplace
Albus Dumbledore à la direction de l'école
de sorcellerie Poudlard
Conformément au décret d'éducation
numéro vingt-huit

Signé : Cornelius Oswald Fudge, Ministre de la Magie


Bonjour (!)
Qui l'eut cru, un retour après quatre (4 !) ans ? Je l'avoue, (re)confinement oblige, l'ennui et la culpabilité d'avoir abandonné cette histoire m'ont poussé à m'y remettre… J'espère que tout ceci vous aura plu en tous cas ! J'ai fait une correction en profondeur des chapitres déjà en ligne, et j'ai encore quelques chapitres en réserve à poster, et je promets de faire de mon mieux pour poursuivre ce projet. On verra ce que l'avenir nous réserve 😉

WiseGirl indique que ce chapitre est le plus long jusqu'ici, et qu'une bonne partie de l'action est celle du chapitre 27 du tome 5. Petit disclaimer, je n'avais pas le livre en français avec moi quand j'ai traduit tout cela, donc il doit y avoir quelques différences par rapport au livre dans les dialogues, etc… La question est : les trouverez-vous, ces différences ?

Si cela vous intéresse, j'ai passé mon premier confinement à écrire une fiction d'aventure et de mystères (et de romance aussi avouons-le) sur James Sirius Potter et Constance Blake, une Australienne attentionnée et déterminée fraîchement débarquée en Angleterre pour reprendre la boutique d'Ollivander, que je viens de finir de poster, et qui m'a permis de me replonger dans l'univers de ff (autant dire que je ne serais pas de retour ici sans elle). Donc voilà, si l'envie vous prend, venez me faire coucou là-bas, ça me ferait très plaisir ! Au programme il y a une découverte rythmée de Londres et du Chemin de Traverse, un groupe d'amis flamboyants, des baguettes qui explosent sans raison, quelques baisers volés, et une enquête haute en couleurs !

À bientôt,
Emma