– VOUS AVEZ CACHÉ LA PIERRE PHILOSOPHALE À L'INTÉRIEUR DU CHATEAU ! éructa James, tremblant de colère. VOUS SAVIEZ QUE VOLDEMORT ALLAIT REVENIR ET ESSAYER DE S'EN EMPARER, PAR MERLIN, À QUOI EST-CE QUE VOUS PENSIEZ ?!
Dumbledore soupira profondément, les mains à plat sur son bureau face aux quatre adultes devant lui, se demandant confusément lequel d'entre eux allait lui sauter à la gorge en premier.
– La pierre philosophale, répéta le directeur d'une voix ferme, était mieux protégée à Poudlard que n'importe où ailleurs et vous le savez. Les protections mises en place…
– DES PROTECTIONS QUE DES GAMINS DE ONZE ANS ONT RÉUSSI À DÉJOUER ! hurla Lily à son tour en se tournant violemment vers Dumbledore. NE ME PARLEZ PAS DE PROTECTIONS !
– Messieurs Potter et Weasley ainsi que Miss Granger n'auraient jamais dû se trouver face à elles en premier lieu, asséna le vieux sorcier calmement. J'avais spécifiquement interdit l'accès au…
– OH, BIEN SÛR ! le coupa Remus d'un ton acide. VOUS AVEZ ANNONCÉ QUE LE TROISIÈME ÉTAGE ÉTAIT CONDAMNÉ ! JAMES, SIRIUS ET MOI Y SERIONS ALLÉS DÈS LE PREMIER SOIR ! À QUOI EST-CE QUE VOUS JOUEZ, PAR MERLIN ?!
Sirius laissa échapper un ricanement jaune à l'autre bout de la pièce où il s'était laissé tomber dans un fauteuil sans quitter du regard son ancien directeur, les yeux brûlants de haine. Il n'avait jamais été capable de faire taire la petite voix au fond de son esprit qui se demandait depuis dix ans s'il avait réellement tué Voldemort ce soir-là, à Godric's Hollow. Il savait maintenant. Pourquoi ils n'avaient jamais retrouvé son cadavre. Que Voldemort n'avait jamais été vraiment mort. Que son corps mutilé avec fusionné à l'arrière du crâne d'un professeur de Poudlard.
Il avait envie de vomir.
Pendant un instant, il considéra sérieusement l'idée de balancer à la tête de Dumbledore quelques-uns des objets qui ornaient les étagères, juste pour se sentir un petit peu mieux.
Dumbledore resta silencieux quelques secondes, réfléchissant à la réponse qu'il allait offrir. Lily ne lui en laissa pas le temps.
– Ne me faites pas croire, siffla-t-elle en plaquant violemment ses mains sur le bureau de Dumbledore, le visage à seulement quelques centimètres du sien, que vous ne saviez pas que Voldemort viendrait pour la pierre philosophale.
Elle avait arrêté de crier, et paradoxalement, était à présent bien plus terrifiante. Pour l'avoir vu combattre plus d'une fois, Dumbledore savait pertinemment que Lily devenait réellement dangereuse à partir du moment où elle ne disait plus rien.
– Ne me faites pas croire, répéta-t-elle d'une voix glaciale alors que les trois autres maraudeurs se regroupaient derrière elle, que vous n'espériez pas que Harry la trouve. Ne me faites pas croire que vous ne vouliez pas qu'il combatte Voldemort.
Pour la première fois, Dumbledore resta sans voix face aux quatre adultes devant lui, les fixant avec un air de reproche silencieux par-dessus ses lunettes en demi-lunes.
– Harry est mon fils, déclara Lily, le visage figé en une haine qu'elle ne chercha pas à dissimuler à son encontre. Il n'est pas votre putain de soldat. Toutes les prophéties du monde ne changeront jamais ça.
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– Une petite minute, une petite minute, murmura Sirius d'une voix blanche en sentant sa respiration se bloquer dans sa gorge. Ce n'est pas la première agression ? Il y a des élèves nés-moldus qui se font pétrifier depuis plusieurs mois et les professeurs n'ont rien fait ?
À travers le miroir à double sens, Harry semblait sur le point de pleurer.
– Je sais pas s'il ne font r-rien, hoqueta-t-il au bord des larmes, mais maintenant Her-Hermione est…
– Ça va aller, Harry, souffla James, collé à Sirius (il semblait sur le point de vomir mais Harry n'avait pas besoin de s'en rendre compte). On va… On va s'occuper de tout ça, je te le promets.
Harry hocha vigoureusement la tête, l'air immensément soulagé.
– Pourquoi tu ne nous as rien dit, murmura Lily d'une voix défaite. Par Merlin, Harry, pourquoi tu ne nous as rien dit ?
L'expression de Harry se fit coupable.
– Je ne vous ai pas rien dit, se défendit-il faiblement. Je vous ai parlé des voix et des trucs bizarres qui se passaient et…
– Et tu n'as pas jugé utile de nous prévenir que certains élèves se faisaient pétrifier, finit James d'une voix blanche. Et Dumbledore n'a prévenu personne, bien sûr, évidemment…
– Je ne voulais pas… commença Harry en hésitant avant de soupirer profondément. Je ne voulais pas que vous me retiriez de Poudlard. Je suis désolée…
James, Lily, Sirius et Remus le regardèrent bouche-bée et Harry se mit à pleurer silencieusement. Il avait merdé, et dans les règles de l'art, il en avait parfaitement conscience. S'il leur en avait parlé plus tôt, Hermione ne serait peut-être pas…
– Je suis désolé, répéta-t-il en cherchant le regard de ses parents à travers le reflet du miroir. Je suis tellement désolé… Je croyais… Je croyais que Dumbledore…
– Oui, tout le monde croit que Dumbledore, répliqua Lily d'une voix sourde en secouant la tête.
– On réglera ça plus tard, marmonna James en serrant brièvement le bras de Lily. Pour le moment, il faut qu'on évacue Poudlard. Il y a un monstre qui se balade dans le château, on ne peut plus attendre. Donc…
Il se tourna vers Sirius, Remus et Lily qui lui offrirent un regard déterminé.
– Lily et Rems, vous allez à Poudlard. Trouvez Dumbledore, faites évacuer le château. À la limite, que les élèves soient regroupés dans le parc, ça suffira et ça sera plus rapide que les faire évacuer ailleurs. Sirius et moi, on file chercher quelques aurors. On vous retrouve dans un quart d'heure. Harry…
James ancra son regard dans celui de son fils qui faisait de son mieux pour ne pas montrer qu'il était terrifié.
– Ça va aller, mon grand, d'acc ?
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James et Sirius débarquèrent en courant dans le bureau d'Andrew Cliffword, complètement hors d'haleine. Le chef des aurors leva un sourcil surpris à leur attention.
– Si votre nouvelle lubie est de jouer à celui qui arrive le premier au boulot, ne comptez pas sur moi pour compter les points.
– Tentant, répliqua Sirius, la respiration haletante, mais on a un problème légèrement plus pertinent.
– Il y a un monstre à Poudlard, éclaira James en se tenant à la porte pour reprendre son souffle.
– Plusieurs élèves sont déjà pétrifiés, compléta Sirius.
– Depuis, oh, seulement quelques mois…
Andrew leur adressa un regard ahuri.
– Vous n'êtes pas sérieux. Merde. Vous êtes sérieux.
– Croyez-nous, on aurait adoré ne pas l'être, marmonna James en se passant une main nerveuse dans les cheveux alors que Andrew sautait sur ses pieds en faisant apparaître trois patronus.
– J'ai besoin de Maugrey, Scrimgeour et Alaris, fit-il d'une voix urgente. Dans mon bureau, tout de suite.
Il se tourna vers James et Sirius qui piétinaient nerveusement sur place alors que les silhouettes argentées disparaissaient dans l'air.
– Ok. Ok, ok, ok. Qu'est-ce que vous savez sur ce monstre à part qu'il pétrifie les élèves ?
James secoua la tête en grimaçant.
– Pas grand-chose, à vrai dire. En fait…
L'exclamation horrifiée de Sirius le coupa brutalement. Il se tourna vers son meilleur ami dont le visage se tordait d'horreur.
– Ooooh, Merlin, non, non, non, murmura-t-il en portant les mains à sa bouche alors que ses yeux s'écarquillaient lentement face à la réalisation qui venait de le frapper. James ! Les araignées qui fuient, les coqs tués, la note de Hermione… James, Harry entend les serpents !
Le cœur de James rata plusieurs battements d'affilée alors que la lumière se faisait dans son esprit.
– Un basilic, cracha Sirius. Il y a un putain de basilic à Poudlard !
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Quand les six aurors transplanèrent à l'extérieur du parc du château, le professeur McGonagall les attendait, baguette à la main.
– Les élèves sont rassemblés près du lac, annonça-t-elle sans perdre de temps en leur ouvrant le portail avant de les guider à toute vitesse à travers le parc. Mais nous avons reçu un… message de la part de l'héritier de Serpentard.
Andrew lui adressa un signe de tête sec pour lui intimer de continuer.
– Il a pris en otage une élève, souffla McGonagall et son visage se tordit d'émotion. Ginny Weasley.
Oh, par Merlin, pensa James avec horreur alors qu'il voyait son chef enregistrer silencieusement l'information, réfléchissant à toute vitesse sur la suite des évènements. Molly, je suis tellement désolé…
Il pouvait presque voir les différents scénarios possibles se bousculer dans la tête d'Andrew alors qu'ils arrivaient au niveau du lac.
– Est-ce que… demanda McGonagall d'une faible. Est-ce que vous avez une idée de…
– Un basilic, grogna Fol-Œil et James crut que son ancienne directrice de maison allait s'évanouir quand son visage perdit le peu de couleurs qui lui restaient. Minerva, on va avoir besoin de Potter.
James se dit qu'il allait peut-être faire de même.
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Trouver l'entrée de la Chambre des Secrets fut ridiculement facile.
En bonne commère de Poudlard qu'il avait été pendant ses années à l'école, Sirius mena directement le groupe des aurors ainsi que Harry, Lily et Remus dans les toilettes de Mimi Geignarde. Dumbledore les rejoignit quelques minutes plus tard et eut le bon goût de ne rien dire, gardant une expression contrite. Bien qu'il n'en menait vraiment pas large, Harry se positionna devant le lavabo indiqué par le fantôme et prononça un « ouvre-toi » hésitant dans un sifflement rauque.
Quand le lavabo s'enfonça dans le sol, Sirius ferma brièvement les yeux en serrant sa baguette à s'en faire blanchir les phalanges.
– Très bien, annonça Andrew d'une voix autoritaire. Mme Potter, M. Lupin, je compte sur vous pour ramener le jeune Potter avec les autres élèves. Je ne devrais pas vous demander cela, mais vu votre palmarès à tous les deux (il leur adressa un regard entendu), je compte sur vous pour veiller sur eux en cas de besoin.
Lily et Remus hochèrent la tête de manière un peu raide. Les doigts de Lily étaient crochetés autour des épaules de son fils et James se demanda un instant si le Harry qu'ils avaient connu en sixième année était allé combattre un foutu basilic seul à douze ans.
– Quant à nous, continua Andrew en se tournant vers les aurors à ses ordres, on s'applique tous les charmes sensoriels de la terre et on y va. Et par Merlin, une fois en bas, gardez les yeux fermés.
James embrassa rapidement Harry et Lily alors que Sirius s'avançait vers l'ouverture béante de la Chambre des Secrets.
– Ça va aller, Fol-Œil ? Avec ta jambe et…
Maugrey le poussa sans ménagement et Sirius tomba en criant de surprise dans l'immense tuyau qui disparaissait sous le château. James lui adressa un regard faussement choqué alors que le plus vieux marmonnait un « abruti de disciple ».
– Et la vigilance constante, Fol-Œil ?
Le sourire torve qu'il reçut lui arracha un rire nerveux.
– Saute, Potter.
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– À ton avis, chuchota James à l'oreille de Sirius alors qu'ils évoluaient silencieusement à travers les égouts du château dans une piètre tentative pour calmer ses nerfs à fleur de peau. Si on mettait Lunard et le basilic face-à-face, qui gagnerait ?
– Je sais pas, répondit Sirius sur le même ton. C'est un concept intéressant. Je parierai pas forcément sur le basilic, mais Lunard reste un loup-garou domestiqué…
Les aurors s'arrêtèrent devant un tuyau obstrué et Andrew dut s'y reprendre à trois fois afin d'imiter correctement Harry pour déverrouiller l'ouverture. Ils se remirent en marche lentement et James attendit quelques instants avant de reprendre à voix basse :
– Je suis sûr qu'il sera ravi d'entendre cette description.
– J'ai bien trop de dossiers sur toi à montrer à Lily pour que tu le lui répètes, Cornedrue.
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Quand les aurors remontèrent de la Chambre des Secrets deux heures plus tard, ils ramenèrent avec eux une Ginny Weasley pâle comme la mort, mais bien vivante, ainsi qu'un journal noir avec un crochet de basilic encore enfoncé dans sa couverture.
Alaris n'avait pas survécu.
À la fin de la journée, Andrew promettait un procès à Dumbledore pour avoir délibérément gardé secrète la gravité des évènements à Poudlard et Harry avait mystérieusement réussi à délivrer un elfe de maison du nom de Dobby.
Deux choses : Premièrement, c'est terriblement agréable de pouvoir crier un bon coup sur Dumbledore ! Mon Dieu, que quelqu'un ENFIN lui dise ses quatre vérités ! Deuxièmement, les dialogues entre James et Sirius sont du bonbon à écrire !
À dimanche !
Aech.
