Note : Coucou, encore un grand merci à ceux qui lisent, qui laissent des reviews, et aux nouveaux qui suivent cette histoire ! Un chapitre un peu plus calme que le précédent, et pour cause, on passe de Daenerys à Bran...
Chapitre 36: Bran
Le blizzard s'était installé depuis plus d'une semaine au-dessus de Winterfell, confinant tout le monde à l'intérieur. Les garçons de l'âge de Bran, jeunes écuyers des lords Nordiens ou attachés au château ne tenaient plus en place. Bran non plus, pour dire la vérité. Il continuait à s'exercer à marcher, accompagné de ses sœurs, de Joy, ou des autres garçons.
Les choses s'étaient nettement empirées à ses yeux lorsqu'on était venu leur annoncer, à Joy et lui, que par quelque étrange phénomène le conseil du Nord supposait qu'ils avaient déclenché un processus de gestation de l'œuf intrinsèquement lié à leur métabolisme. Comme s'ils avaient couvé l'œuf comme des volatiles et que désormais ils continuait d'y être lié. Pourtant ce n'était pas ce qui s'était passé avec Daenerys, il l'avait vu dans ses visions de corneille, et pourtant la douleur, les marques étaient là, ainsi que l'œuf qui palpitait à certaines occasions. Alors que les portions de nourriture s'amaigrissaient, ils avaient tenté des choses pour stopper le processus ces dix derniers jours. Joy et lui avaient été tenu à distance, chacun confiné à une extrémité du château, et l'œuf a un troisième endroit. Mais leurs marques avaient rougi, la douleur avait augmenté et Sansa avait arrêté l'expérience de manière catégorique. De toute façon, l'œuf était toujours secoué de palpitations. Tout ceux qui étaient au courant les observaient, Joy et lui, comme s'ils étaient susceptibles d'exploser à n'importe quel moment. Bran avait été tellement soulagé de ne plus être la corneille, de retrouver ses jambes et surtout son humanité, il ne savait pas que c'était pour être aussi vite entraîner dans un autre rôle trop grand pour lui.
-Bran ! s'écria la voix de Joy dans son dos, à l'aide de ses béquilles, il se retourna pour la voir accourir, c'était sa forme de déplacement la plus courante. De lourdes cernes noires encerclaient ses yeux brillants d'excitation, mais elle souriait de toutes ses dents.
-Il y a un groupe qui organise des jeux dans les cuisines, tu veux venir avec moi ?
-Quand tu dis un groupe...
-Ho:, ni tes sœurs ni les conseillers bien sûr, ils sont si occupés, je veux dire Robin, et puis deux écuyers et Eliane, l'apprenti couturière du château.
Bran se tendit, des personnes de son âge, des adolescents, il avait du mal à interagir avec eux, parce qu'il n'avait jamais appris à être un garçon ordinaire, mais il se devait d'essayer, et il le devait à sa famille.
Il acquiesça en tentant de prendre un air nonchalant.
-Parfait ! s'écria-t-elle, en réglant ses pas sur son rythme lent, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde, faisant comme s'il ne se traînait pas lamentablement mais plutôt que tous deux marchaient doucement, parce qu'il n'y avait rien de plus urgent, rien de plus important à faire dans le monde entier.
Devant la porte des cuisines, Bran marqua une pause, hésitant, Joy le remarqua et murmura:
-Ils sont vraiment moins effrayants que Mélisandre.
En effet, les quatre adolescents assis en cercle sur le sol de la cuisine n'étaient pas bien impressionnants, Robin était clairement ici parce qu'il cherchait à récupérer de la nourriture, les deux écuyers étaient Gavin Clay dont le grand frère avait tenté de gagner la main de Sansa mais qui pour sa part était un garçon de seize ans tout au plus au visage rond et rieur, et Stephen d'un an l'aîné de Bran qui venait de la ville d'hiver et s'était récemment engagé pour travailler au château.
Eliane avait grandi dans les parrages et devait avoir son âge, ses cheveux noirs et ses joues roses lui disaient quelque chose. La lourde table de bois avait été repoussée au fond de la pièce avec les chaises pour ménager un large espace vide au milieu.
-Salut Bran, lança Joyeusement Gavin, content de voir que Joy t'as déniché, tu ne dois pas manquer ça, regardes.
Il exhiba un petit tonneau ouvert au milieu du groupe, du vin apparemment. Bran ne voyait pas ce qu'il y avait de si exceptionnel, il y en avait toujours eu aux cuisines, beaucoup de lords en buvaient, pas lui, non pas qu'on lui eut interdit, simplement le goût ne l'avait jamais attiré lorsqu'il était une corneille et depuis qu'il était redevenu humain son premier objectif était de devenir un membre de la famille Stark dont ses sœurs et Jon seraient fiers, dont ses parents auraient été fiers. Et à sa connaissance, la consommation excessive de vin poussait souvent les gens à des actes qu'ils regrettaient par la suite.
-Tu avais dit qu'on devait jouer à un jeu, se plaignit Joy avec une moue déçue. Bran s'aperçut alors qu'elle était la plus jeune du groupe, et qu'elle avait été éduquée presque comme une lady à part entière malgré son statut d'enfant naturel. Ce n'était pas qu'il considérait que les nobles valaient mieux que les autres, simplement il connaissait Stephen et Eliane depuis toujours ou presque, et la maturité et la responsabilité ne les étouffaient pas. S'ils comptaient simplement passer l'après-midi à boire jusqu'à perdre connaissance, Bran devrait sans doute éloigner Joy, la protéger des mots crus qui risquaient de s'échapper de leurs bouches pâteuses. C'était ridicule, se rendit-il compte, du moins Joy semblait parfaitement à l'aise au milieu des autres; pas comme lui. N'approuvant pas forcément leur attitude, mais peu troublée par elle, comme si elle savait qu'au fond, ils finiraient par se ranger à son avis.
-Mais on va jouer à un jeu, apprit Stephen en souriant, c'est un vieux jeu du nord, il pourrait nous permettre de choisir nos hivernales, c'est comme ça qu'a fait mon père, au dernier hiver. On lance un défi à une personne, quelque chose d'embarrassant ou de difficile à faire, et si la personne refuse ou n'y parvient pas, elle boit.
-Pas très original, commenta Joy, mes cousins Jaime et Tyrion jouaient à un truc dans ce goût-là à Castral Rock quand ils avaient notre âge. Et je ne bois pas. Tyrion me l'a fait juré quand j'avais sept ans, ce qui était très osé de sa part, étant donné son comportement à l'époque.
-Bien sûr, tu es trop petite, rassura Eliane d'un ton condescendant, on aurait des ennuis avec Lady Sansa ou Lord Tyrion si tu finissais ivre.
Eliane était une fille chouette, se remémora Bran, il avait parfois joué à cache-cache avec elle autrefois, et elle travaillait dur pour apprendre à fabriquer des vêtements à la fois résistants et magnifiques. Seulement Eliane avait seize ans, et aujourd'hui, pour une raison que Bran ne comprenait pas, elle était agacée par la présence de l'autre jeune fille. Ou peut-être que cela avait quelque chose à voir avec les œillades qu'elle lançaient plus ou moins discrètement à Gavin Clay.
-Bon, on joue ou pas ? s'impatienta Robin que Bran avait presque oublié.
-Parfait, Robin tu t'es vanté de savoir tirer à l'arc tout à l'heure, montre nous ça.
Ils avaient un arc léger et placèrent un cageot pour cible, et il s'avéra que si Robin avait su tirer un jour, ce n'était clairement pas le cas aujourd'hui, et il dût boire abondamment sous les rires des autres.
Bran constata avec soulagement que Joy ne trouvait pas le jeu à son goût non plus, elle écrivait distraitement dans un petit carnet, de l'encre bleu tâchait une fois de plus le bout de son nez. Bran aurait voulu se pencher pour lire pardessus son épaule, mais cela aurait attiré l'attention des autres et il n'en avait clairement pas l'intention.
-À toi robin, encouragea Gavin, en buvant une coupe de vin alors qu'il n'avait même pas perdu le défi, choisis quelqu'un et lances-lui un défi.
-Joy, montre nous l'œuf de dragon, demanda-t-il avec hargne, il désirait se venger de l'humiliation qu'il avait subi et qui mieux que Joy comme victime de sa colère ?
Bran se raidit violemment, horrifié.
Joy essaya de produire un son qu'elle devait vouloir faire passer pour un éclat de rire:
-Tu te sens bien ? Est-ce que tu trouves que je ressemble à une Targaryen pour avoir un dragon ? Je serai flatté si tu ne m'avais pas déjà donné ton avis sur mon apparence qui me fait dire que tes blagues sont vraiment mauvaises.
Bran croisa le regard vert de Joy qui brillait désormais de colère, on leur avait fait promettre sur leur honneur de ne discuter du dragon qu'avec les personnes déjà mises dans le secret. Simplement, soit le vin avait encore joué un tour, soit Robin n'avait pas d'honneur, sans doute un peu des deux.
-Tu n'as pas besoin d'avoir l'air d'une Targaryen pour avoir déniché un œuf, persista Robin.
Stephen, Gavin et Eliane les écoutaient, laissant échapper des gloussements confus, ne sachant au juste de qui il devait prendre le parti. Les nordiens avaient eu la preuve de l'existence de dragons avec le séjour de Daenerys Targaryen à Winterfell et plus que tout, l'attaque des marcheurs blancs avaient poussé les gens à croire encore plus dans les vieilles légendes. Pire encore, toutes les personnes présentes dans la pièce avaient assisté à son évolution, à ses dons de Corneille, puis au départ de celle-ci et et au retour de ses facultés motrices. Ils ne pouvaient donc pas entièrement joué les cyniques.
-Robin, nous en aurions entendu parler s'il y avait un dragon à Winterfell, corrigea Gavin, mon frère est un Lord tu sais, il discute avec la Gardienne du Nord, elle lui aurait dit, ils ont dîné ensemble il y a deux semaines.
Gavin n'était que l'écuyer de son grand frère Halden Clay et venait d'une famille noble assez peu importante, mais il semblait clairement penser que son frère était un conseiller politique de Sansa, soit l'aîné des frères exagérait, soit celui-là idolâtrait par trop son aîné.
-C'est stupide, les gens nobles ont des secrets, c'est comme ça qu'ils gardent le pouvoir, apprit Eliane, apparemment remise de la déception que lui avait causé le manque d'attention du garçon, ils cachent des choses au peuple pour qu'ils ne se révoltent pas.
Eliane rejeta ses boucles brunes en arrière en examinant Joy puis Bran avec circonspection, elle n'avait pas tort, quoique Bran eut été curieux de savoir si, en tant que servante dans un château tel que Winterfell, elle se considérait comme faisant partie du peuple, ou plutôt dans le secret des grands. Il semblait que la deuxième possibilité soit la plus probable.
-Elle l'a sur elle, poursuivait Robin.
-Pourquoi lui aurait-on laissé le garder sur elle ? protesta vivement Bran, effrayé de la tournure de la conversation.
-Prouves-le Joy, souffla Eliane, enlèves cette cape, il ne fait pas si froid dans les cuisines, la cheminée est immense.
-Je ne suis pas obligée de participer à ce jeu, assura Joy en se levant, Bran se remit tant bien que mal sur ses pieds pour la suivre.
-Si tu t'en vas, tout le monde saura que c'est vrai, constata Robin, et tu n'auras même pas acheté leur silence.
Bran savait déjà qu'ils étaient coincés, si Robin faisait cette remarque d'enfant gâté et pointait du doigt l'évidence aux trois autres.
Joy parut le comprendre, car elle s'arrêta net et se débarrassa brusquement de sa cape.
Eliane s'en empara et en vida les poches, en extirpant une plume et le petit carnet dans lequel Joy écrivait quelques instants plus tôt avec l'encre qui était resté sur la table.
-Il est forcément quelque part, protesta Robin, en tapant du pied sur le sol comme un gosse de cinq ans.
Eliane contempla la robe sans poche de Joy et murmura:
-Je ne vois pas où... attends... pourquoi ta robe est-elle si lâche, comme si tu attendait un enfant ?
-tout le monde ne ressent pas le besoin de s'étouffer dans des robes trop serrées en toute circonstances, rétorqua Joy, en reculant vers la porte.
-Tu as juste dû le cacher dans ton corsage constata Eliane, et sans crier gare, elle tira sur le nœud de la robe de lainage grise de l'autre jeune fille.
-Eliane ! s'écria Gavin Clay, arrête ça tout de suite, c'est une Lady de la famille Lannister...
Mais le mal était fait, Joy sous le choc, n'avait pas eu le réflexe de rattraper le tissu lorsqu'il glissa de ses épaules, et elle ne le fit que quand il atteignit sa taille, exposant la chemise plus serrée qu'elle portait en-dessous, et la protubérance de l'œuf serré contre ses côtes.
Bran vit les larmes briller dans les yeux de Joy, il s'avança, ne sachant trop que faire, il avait envie de flanquer des coups de points à robin et Eliane qui avaient provoqué cela. Mais ça aurait été se comporter aussi puérilement qu'eux. N'empêche, Joy était son amie, sa seule amie en fait, un vrai Stark n'aurait pas laissé quelqu'un être humilié de la sorte.
Soudain, la voix de Joy s'éleva avec un aplomb admirable.
-Je ne vois pas ce que la vision de mon chemisier prouve, qui sait ? Peut-être que je suis un monstre, une créature elfique et que mon signe distinctif est une bosse au milieu du torse ?
Ce sarcasme venait tout droit de la maison des lions, Bran plus que jamais trouva qu'elle ressemblait à Tyrion, à Jaime aussi, et à sa Tante Genna, des aperçus qu'il avait eu de leur passé à tous, mais pas à Cersei, jamais à Cersei.
Joy n'essayait pas de leur faire croire qu'elle ne portait pas un bébé dragon au creux de sa poitrine, ce combat était perdu, elle voulait faire honte à ceux qui étaient capables de ressentir ce sentiment.
Et cela fonctionna, tous sauf Robin détournèrent le regard, tandis que Gavin et Stephen rougissaient de gêne.
-Vous n'avez rien vu, fit Bran, du ton le plus ferme qu'il pût, il avait essayé d'utiliser les intonations de glace de sa soeur lorsqu'elle s'adressait à ceux qui la défiaient mais sans succès, il se fit l'effet d'un gamin suppliant.
-Bien sûr, Bran, les secrets de la famille Stark... et de leurs alliés sont les miens, assura Stephen, je suis apprenti garde après tout.
Stephen était mal à l'aise, il ne souhaitait clairement pas que son poste au château soit compromis par cette histoire qui ne le passionnait clairement pas.
-Ma mère ne me croirait pas, apprit Eliane, et je n'ai personne d'autres à qui en parler.
Bran n'en était pas certain, en tant que couturière au service des Stark et que personne futée elle aurait pu faire une bonne espionne, mais à part Daenerys, qui voudrait les espionner ? Hors son espion à elle avait été démasqué. Peut-être en avait-elle plusieurs ?
Gavin se jeta à genoux aux pieds de Joy, sortit sa dague et s'exclama:
-Sur l'honneur de la maison Clay, je ne dirai pas un mot sur la possibilité que vous ayez un dragon. Si les dieux ont jugé bon de vous faire ce don, nous vous devons le respect.
Bran eut envie de s'esclaffer sur la tentative de chevalerie du jeune écuyer, mais sans doute aurait-il pu être un peu comme lui, dans un monde où l'hiver ne serait pas venu. Dans un monde où Bran n'aurait pas eu à lutter pour sa survie.
Joy était distraite, elle regardait depuis plusieurs minutes à travers la fenêtre:
-La tempête est finie, annonça-t-elle, du moins c'est la première accalmie totale que j'observe depuis dix jours.
Tous constatèrent qu'elle disait vrai et se précipitèrent vers les portes de la pièce pour voir s'ils pouvaient sortir du château.
Joy l'attendit et lui chuchota:
-J'imagine qu'on ne va pas tout de suite profiter de l'air frais.
-Non, soupira Bran. En effet, il était impératif d'expliquer ce qui venait de se passer à Sansa, Arya, Tyrion et les autres.
Sauf que Bran sentit sa cicatrice le brûler, il s'arrêta en même temps que Joy. C'était la même douleur que lorsqu'ils s'éloignaient, Joy et lui, ils ne le faisaient plus vraiment ces derniers jours, leurs chambres n'étant pas assez éloignées pour que la douleur revienne la nuit.
-Que se passe-t-il ? chuchotta-t-elle, les bras serrés autour de son torse.
-Je ne sais pas, marmonna Bran, Joy se laissa tomber contre le mur, Bran s'assit à côté d'elle, tremblant, fermant les yeux.
Il avait l'impression que des griffes s'enfonçaient dans ses côtes.
Lorsqu'il souleva les paupières, Joy avait récupéré l'œuf dans ses mains, le front plissé.
Les autres s'étaient éloignés vite, et heureusement, le couloir était désert.
Bran sentit courir sous sa peau une panique qui n'était pas simplement la sienne.
-Je crois... que... qu'il se sent menacé, murmura-t`il, l'œuf je veux dire... ça paraît bizarre mais...
-Il est brûlant, constata Joy, ce qui ne l'empêchait pas de le garder au creux de sa paume.
-Peut-être que tu devrais le lâcher.
Joy acquiesça à contre cœur et posa l'œuf sur le sol de pierre fraIs, sans résultat immédiat.
Ce n'était pas une douleur insoutenable pour Bran, mais c'était trop puissant pour qu'il puisse se relever et il se demanda, un peu paniqué, ce qui se passerait si le bébé dragon naissait dans ce couloir.
Bran se pencha pour examiner la source de leurs tourments et constata avec terreur qu'une minuscule fissure c'était creusée dans la coquille pourtant dure comme le marbre de l'œuf.
-Non ! protesta Joy, pas ça, pas ça pas ça.
Elle ne s'adressait à personne en particulier, une litanie désespérée contre ce sur quoi personne n'avait de pouvoir coulait de ses lèvres, en un torrent violent. Elle avait l'air si jeune, elle était définitivement trop jeune, Bran sentit que la culpabilité commençait à le ronger. Si elle n'avait pas dû le secourir dans cette rivière gelée, alors elle n'aurait pas manqué mourir de froid, ils n'auraient pas déclenché le processus. Peut-être aurait-il mieux valu qu'elle s'échapppe sans se soucier de lui. Mais ça n'aurait pas été Joy, et Mélisandre serait toujours un problème pour Westeros.
Bran ramassa l'œuf d'une main, saisit celle de Joy de l'autre:
-Pas ça, pas maintenant ! Pas maintenant ! supplia-t-il à son tour, et cette fois, l'œuf refroidit, et la douleur dans ses côtes se résorba.
Apparemment c'était aussi le cas de Joy qui lui sourit, encore pâle.
-Hé bien il fallait juste lui demander avec insistance, constata-t-elle, désormais ses doigts étaient bien plus chauds que l'œuf, aussi immobile et inoffensif qu'un vulgaire caillou.
-Je ne pense pas qu'on pourra le retenir pour toujours, répondit sombrement Bran, il est fissuré maintenant.
-J'ai toujours voulu voir un dragon pour de vrai, confia Joy, comme tout le monde j'imagine, et maintenant, j'ai cette possibilité et je suis censée l'empêcher.
-Je sais Joy, je suis vraiment désolé, mais les dragons n'ont jamais obéi qu'aux Targaryen, il pourrait décider de nous éliminer et de s'enfuir, où alors, lorsqu'il grandira, que nous ne pourrons plus le cacher, Daenerys, et le roi, le conseil, tout le monde tombera sur Winterfell pour s'en emparer, tu seras en danger, Sansa sera en danger, toutes les personnes dans le secret seront en dangers. On ne peut pas, on ne doit pas souhaiter ça. J'ai une meute à protéger, je suis un loup, les loups n'ont jamais rien eu à faire avec les dragons.
Joy l'observa une seconde avant de baisser le menton, fixant un point dans le vide, quelque chose d'indéchifrable sur son visage, comme si elle voyait ou pensait à quelque chose qui n'effleurait pas la conscience de Bran. Avec son passé de corneille, il n'était pas dans son habitude d'ignorer ce qui se tramait dans la tête de ses interlocuteurs, cela l'agaça.
-qu'y-a-t-il ?
-Ho, rien d'intéressant, assura-t-elle d'un ton léger, je me demande si on peut dire qu'on a tout les deux failli accoucher il y a une minute. Si ça ressemble à ça, je ne me marierai jamais.
Ils s'esclaffèrent brièvement. Ce n'était pas le fruit de ses réflexions précédentes, Bran en était certain, mais elle avait parfaitement le droit de détourner la conversation, c'était ce que faisaient les humains pour se protéger, ce que Bran n'avait pas encore appris à faire.
Au loin, une agitation nouvelle se levait dans le château. La tempête devait réellement être terminé. Ceux qui le devaient retourner travailler dans les fermes ou les saires, on faisait rentrer de nouvelles provisions au château, sans doute des membres du conseil allaient partir à cheval pour la ville d'hiver, pour faire état des dégâts. Pourvu que Sansa, Tyrion et mestre Nathan ne partent pas eux aussi. Ce n'était pas la peine que Bran espère la présence d'Arya, il était certain qu'elle avait saisi la première occasion pour regagner les bois, son élément naturel. Des cris de joie juvéniles éclatèrent au loin, sans doute des jeunes écuyers organisant des batailles de boules de neige. Bran eut envie d'être avec eux, surtout que Joy soit avec eux, qu'ils soient insouciants et libres.
-Nous allons donc fêter les hivernales, sourit Joy, ça va être exaltant ! Une focette se creusa sur sa joue, apparemment elle partageait l'enthousiasme de Sansa pour cette célébration qui inquiétait beaucoup Bran. Déjà, sa soeur allait se marier, certes pour la troisième fois, mais cela le rendait anxieux, bien que raisonnablement, elle n'aurait pu faire meilleur choix.
Bran ne sut que répondre, son hivernal était Meera Reed, il le savait, mais il se demandait comment la jeune femme endeuillée prendrait cela. Sans doute, avec froideur, comme il le méritait. Il réalisa alors qu'il ne savait pas qui était l'hivernale de Joy, piqué de curiosité il lui posa directement la question:
-J'imagine que ce n'est pas censé être un secret, du moment que je garde mon présent dissimulé, réfléchit-elle à voix haute.
-Oui, l'encouragea-t-il.
-Et bien, tu es mon hivernale, sans toi, Mélisandre m'aurait brûlé vive, admit-elle, en laissant échapper un petit rire, je n'aurai pas survécu à l'hiver sans toi, tu t'es libéré d'une antité mythique pour me venir en aide.
-Ho, rougit Bran, ho, heu merci . Bran se sentait mortifié, il ne s'attendait pas à cela. Bien sûr, cela aurait dû être logique, mais il n'y avait tout simplement pas pensé.
-Je... mon hivernale est Lady Meera Reed, se sentit-il obligé de dire d'un ton contrit.
-Tu as intérêt, répondit Joy, en souriant, détendue, c'est grâce à elle que tu es toujours là, elle et son petit frère... et la corneille lui a fait de la peine je pense.
Il se dégageait de Joy une certitude tranquille qui rassura Bran. Elle faisait totalement la différence entre Bran et La Corneille, c'était agréable. Les hivernales n'étaient pas censés être forcément réciproques, mais c'était tout de même un geste symbolique puissant et d'autres filles auraient pu être bouleversées. Pas Joy. Il était tellement aisé d'être amie avec elle, il avait l'impression d'être ordinaire et spécial à la fois, sans en souffrir. Il espéra que l'œuf de dragon ne briserait pas leur amitié.
-Bon, allons-y, je déteste avoir à gâcher le bonheur des autres, mais on ne peut pas gérer cela touT seuls.
Joy avait raison, mais que pourrait faire les autres ?
Finalement, ils durent attendre que la plupart des membres du conseil, dont les sœurs de Bran, reviennent de diverses visites aux fermes alentours et à la ville dépendant du château.
Joy et Bran attendirent dehors, soulagés de se retrouver dans l'air froid, à une certaine distance du château. Quand un groupe de cavaliers apparut au loin, Bran sentit son estomac se nouer. La première personne à apparaître fut Arya, du moins Bran supposait que c'était elle parce qu'il ne pouvait distinguer que la silhouette d'une jeune fille filant comme l'éclair sur un cheval noir et qui ne montait pas en amazone puisqu'elle ne portait pas de robe. Mais les autres la talonnaient ; Ilirian était à deux doigts de la rattraper, et Faérie pressait son cheval de courir plus vite pour gagner la course improvisée qui se déroulait sous ses yeux envieux.
Tyrion aurait sans doute pu aller plus vite mais Sansa qui, contrairement à sa sœur, n'avait sans doute pas prévu cette activité, était ralentie par sa posture de côté, disparaissant presque dans sa cape de fourrure, et le Lannister ne tenait sans doute pas à la distancer. Ils avançaient tout de même à vive allure, à en juger par les cheveux de Sansa qui flottaient librement comme un étendard dans son dos, leurs deux chevaux exécutaient un carroussel parfait. Ser Edmund fermait la procession, l'air moins morose qu'à l'acoutumé.
Bran croisa le regard de Joy et vit l'envie qu'il ressentait de faire partie de cette cavalcade se refléter sur son visage.
Bran remarqua que Meera n'était pas parmi eux, sans doute avait-elle préféré rester au château. Tristement, il ne pût pas se l'imaginer sourire aussi largement que les autres, sans être dans l'extrême quand il s'agissait de ses émotions, depuis la mort de son frère et leur dispute, elle apparaissait à Bran d'un calme serein qui ne pouvait être altéré par un amusement futile. Un peu comme lui, lorsqu'il était la corneille,ce qu'il n'était plus...Il secoua la tête et vit qu'Arya les avait rejoint, bondissant silencieusement à terre.
-Salut, Bran, Joy, vous êtes témoins que je les ai tous battu, sourit-elle, avec le printemps qui ne devrait pas tarder, ils n'auront pas d'excuses pour refuser de prendre leur revanche... ou du moins d'essayer.
Ilirian et Faérie descendaient de cheval à présent:
-À condition que la prochaine fois, tout le monde soit au courant que nous faisons une course et que tu ne nous prévienne pas quand tu es déjà partie, répondit Ilirian, hilare malgré ses vingt ans, il n'avait l'air que d'un jeune garçon.
-Pfff, tu parles, cela ne fait que quelques mois que je monte à cheval et j'aurai pu te battre, se vanta Faérie.
-Nous avons de mauvaises nouvelles, informa gravement Bran, surtout à l'adresse d'Arya. Celle-ci se tendit immédiatement, prête à affronter une nouvelle armée de marcheurs blancs sur le champ.
-Que se passe-t-il ? interrogea-t-elle, alors que le reste du groupe les rejoignaient. À leurs mines graves, tous se regroupèrent instinctivement autour de Joy et de Bran. Le château n'était pas loin et un groupe d'écuyers se proposa de ramener les chevaux aux écuries et de les desceller ce qu'ils acceptèrent avec des remerciements
Puis, Bran et Joy racontèrent tous les événements qui avaient eu lieu dans les dernières heures.
-Bran, soupira Sansa, je suis heureuse que tu sois de nouveau toi-même mais je n'avais pas pris en compte que cela signifierait que tu participerais aux jeux stupides d'un groupe d'adolescent quand les circonstances sont ce qu'elles sont avec votre secret.
-Tu n'es pas bien placé pour parler, s'emporta Bran, quand j'étais la corneille, je t'ai vue t'enfuir en cachette de ce château comme une gamine, pour aller jouer les filles ordinaires dans la ville d'hiver.
-C'était différent, fit sa sœur, avec colère, j'étais seule, Arya et toi n'étiez pas là, j'avais besoin de cela, de croire que je pouvais être normale, avoir des amis.
-Et moi je n'ai pas le droit à ça ? cria-t-il, les autres s'étaient reculés, mi-gênés mi surpris par leur violent éclat. Sansa et Bran n'étaient pas le genre à se mettre en colère, encore moins l'un contre l'autre.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, murmura-t-elle, désolée, c'est juste... il faut absolument qu'on les empêche de parler, cela pourrait vous mettre en danger. Un éclat d'acier brilla dans les prunelles de sa soeur, elle regarda Arya, à qui elle sembla transférer la rage froide qui l'habitait. Bran frissonna, il s'inquiétait presque pour Robin, Stephen, Eliane et Gavin.
-C'est moi qui ai demandé à Bran de venir avec moi jouer avec les autres, assura Calmement Joy, je... je ne pensais pas que cet idiot de Robin irait tout débalé.
-Ce n'est pas de ta faute Joy, assura Sansa, en souriant doucement à la benjamine du groupe, Bran se sentit soulagé, au moins Sansa semblait elle aussi décidé à protéger Joy.
-Avez-vous encore mal ? s'enquit Arya.
Bran et Joy secouèrent simultanément la tête.
-Bien, alors je vais aller régler son comte à ce crétin de Robin, il n'aura qu'à vivre dans les cachots, ça fera du bien à tout le monde.
-Arya, ce n'est pas la bonne solution, intervint soudain Tyrion, bien que Robin soit un irrécupérable crétin, il est lord du Val, si nous faisons cela et que le val l'apprend, nous pourrions causer un incident diplomatique, ils sont attachés au fait que se soit un Arhin qui dirige leur région.
-Nous pourrions l'empoisonner, faire croire qu'il est mort de cause naturelle ? proposa Faérie mi-sérieuse, mi-ironique.
-Il a volontairement mis en danger mon petit frère et Joy... réfléchit à haute voix Sansa, une ombre étrange passa sur ses traits, Bran ne savait comment définir cela mais de par sa connaissance très profonde du passé de sa sœur, il devina que d'autres voix que la sienne devaient chuchoter dans sa tête, celle de Cersei, ou celle de Littlefinger peut-être ?
Arya, malheureusement approuvait sa sœur, elle aussi guidée par des instincts violents qu'on leur avait trop tôt enseigné pour survivre.
Tyrion dût le percevoir aussi parce qu'il attrapa la main de Sansa et murmura:
-Ce n'est qu'un gosse, son iMmaturité et sa bêtise ne sont pas des raisons suffisantes pour le condamner à mort.
-Oui, je sais, affirma-t-elle, comme si elle s'éveillait d'un mauvais rêve, ce n'était pas moi, pardon.
Personne ne questionna ses mots, tous comprenaient d'où ils provenaient, tous savaient que Sansa n'était pas folle, qu'elle souffrait simplement, et que le monde ne lui laissait pas le temps de se remettre d'un traumatisme avant de lui en lancer un autre à la figure.
-Je ne le lâcherai plus d'une semelle, rassura Edmund, je ne lui laisserai pas la possibilité de répandre des rumeurs.
-Et je lui parlerai de son futur, poursuivit Ilirian, plutôt des diverses possibilités que mes visions ont montrés.
-Tu ne veux toujours pas en parler ? interrogea Arya, frustré.
-Ce n'est pas le moment, lui répondit Ilirian, un problème à la fois.
-Il faudra aussi parler aux trois autres, prévit Faérie, surtout que les Clay comptent partir dès demain.
-Si l'œuf s'est fissuré après ça, il faut sans doute que vous évitiez les émotions fortes, suggéra Sansa, peut-être que l'œuf risque d'éclore sous le coup d'un choc émotionnel.
-En effet, ça a l'air d'être ça confirma Joy, sauf que je ne vois pas comment faire.
À cet instant, un corbeau noire fondit sur le groupe, il portait une lettre et se dirigeait vers le château, Arya l'attrapa au vol et tendit la lettre à sa soeur.
Alors que Sansa en parcourait rapidement le contenu, son visage perdit toutes les couleurs que lui avaient donné sa course, sans un mot, lorsqu'elle l'eut fini elle la tendit à Bran.
Si elle lui donnait d'abord à lui cela ne pouvait signifiait qu'une chose, il avait des ennuis.
À Lady Sansa Stark, gardienne du Nord et à son conseil,
Nous savons de source sûre que vous avez un œuf de dragon dans votre château. Vous en êtes forcément tous conscients. Vous comprendrez que nous ne pouvons nous permettre de vous le laisser. Nous ne craignons rien de vous, nous savons que le Nord n'a pas d'intention belliqueuse, mais comme nous en avons fait l'expérience, un dragon n'est pas apprivoisable ou alors ceux qui y parviennent sont pris d'une volonté de pouvoir. Joy est la petite nièce de ma main, nous ne lui voulons aucun mal, mais nous savons qu'elle aurait trouvé l'œuf avec Brandon Stark et qu'elle le gardait sur elle aux dernières nouvelles. Notre source d'information ne nous plaît pas, et ce n'était pas notre volonté d'espionner vos agissement mais nous ne pouvons pas ne pas réagir. Pour la sécurité du nord même, si l'œuf ne peut être détruit, emmenez-le nous. Je ferais venir tous les mestres spécialisés dans ce domaine, ou construire un coffre incassable pour mettre tout le monde à l'abri. Daenerys Targaryen a intégré le conseil restreint, je ne vais pas prétendre que nos informations nE nous parviennent pas d'elle et peu importe ses erreurs, on peut la considérer comme une experte dans le domaine. Lady Genna voudrait que Joy la rejoigne à la capitale et nous sommes tous curieux de connaître cette jeune personne, particulièrement Lady Daenerys, vous pourriez envoyer Brandon Stark avec elle puisqu'il paraît qu'il marche de nouveau et qu'il est impliqué dans cette affaire. Cependant, contrairement à l'œuf, je n'exige pas leur présence, c'est à eux de décider. Je compte sur votre aide, et je sais que vous comprendrez l'importance de ne pas tenter de gérer seuls un problème qui nous concerne tous.
Lord Davos Mervaut, Roi des Sept Couronnes.
-Et dire qu'il y a une seconde on s'inquiétait au sujet d'un groupe d'ados alors que le roi lui-même vient fourrer son nez dans cette histoire, soupira Faérie.
-Je ne peux pas leur donner l'œuf protesta Joy, quand on s'en éloigne de trop, Bran ou moi, nos cicatrices brûlent comme lorsque nous nous éloignons tous les deux. Et puis, Daenerys trouvera un moyen de le faire éclore et de se servir de lui.
-La lettre du roi n'était pas agressive, nuança Sansa, bien qu'elle dissimula très mal sa panique, comment puis-je refuser de lui envoyer l'œuf ? J'aurai sans doute fait la même chose à sa place, si j'avais été à Port-réal et qu'on m'avait rapporté qu'une région déjà très autonome pourrait faire éclore un œuf de dragon à tout moments.
-Sansa, tu ne peux pas envisager cela, intervint Arya, tu vois bien que Daenerys est derrière tout ça, je ne permettrais pas que notre famille souffre encore à cause d'elle.
Arya s'était postée devant Bran, Aiguille à la main comme si quelqu'un avait menacé son intégrité physique.
-Que puis-je faire sinon obéir ? se récria Sansa, sinon ça sera la guerre, je les accompagnerai avec l'œuf pour expliquer à Lord Davos que la meilleur alternative, étant donné la connexion que Joy et Bran ont avec ce bébé dragon, est de le laisser avec eux dans le nord.
-Tu ne peux pas retourner à Port-réal Sansa, protesta calmement Tyrion, Daenerys t'en veut personnellement pour des raisons qui m'échappent, et crois-moi, dragon ou pas elle est capable de disposer d'un ennemi.
-Et moi n'en suis-je pas capable ? s'énerva Sansa, Bran vit que ses yeux étaient rendus brillants par les larmes.
-Non, souffla Tyrion, pas comme ça, et c'est tant mieux, tu n'es pas un monstre.
Un silence confus suivit cet échange. Silence pendant lequel Ilirian ferma les paupières, tentant sans doute de faire venir un rêve prémonitoire, alors qu'Arya l'observait avec désapprobation mais restait tout de même proche de lui au cas où il devrait tomber.
-Quelqu'un vient, à cheval, avertit soudain Faérie, on devrait peut-être regagner le château, discuter de tout ça avec Meera et Mestre Nathan ils sont plus...
Elle s'interrompit alors, fixant la silhouette solitaire qui s'approchait.
Jon descendit alors de cheval. Arya fut la première à bouger, la première à se remettre de l'hébétude qui les avait tous frappés.
-Jon ! s'écria-t-elle, d'une voix plus haut perchée que d'ordinaire en se précipitant vers leur grand frère.
-Arya, ! répondit Jon, avec chaleur, éclatant de rire, il fit tournoyer sa benjamine dans les airs comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une brindille tandis que celle-ci riait aux éclats. Jon et Arya se ressemblaient tant dans ses moments là que Bran en était envieux, ils avaient les mêmes yeux gris du Nord, les mêmes cheveux sombres, le même sourire que Père. Personne n'aurait dû pouvoir remettre en cause le fait qu'ils étaient des Stark, même si Jon, finalement, n'était pas leur frère de sang, il avait était élevé comme tel et c'était ce qui comptait.
-Comment as-tu pu survivre dehors dans le blizzard ? souffla Arya, impressionnée, alors qu'ils avançaient vers eux.
-Je suis arrivé dans les parages avant le début de la tempête, je me suis abrité chez des fermiers, détrompa-t-il, en la reposant sur le sol neigeux, pour étreindre Sansa.
Pendant quelques secondes Jon et Sansa n'échangèrent aucune salutation, leur lien était plus fragile que celui des autres frères et soeurs Stark, mais aussi plus nécessaire pour leur survie à tous.
-Tu n'as rien ? finit par questionner Jon, avec suspicion et tendresse.
-Pas exactement, sourit-elle, mais je survivrai, et toi aussi, malgré tes folies.
C'était cela, se dit Bran, la survie, c'était ce qui unissait Jon et Sansa. Il était heureux de pouvoir percevoir ces choses-là depuis qu'il était redevenu entièrement et uniquement Bran Stark, les relations, les émotions de ses proches. Il réalisait qu'elles lui avaient terriblement manquées.
Cependant, lorsque les deux aînés se relâchèrent et que Jon se tourna vers lui, il ne sut pas analyser l'élan de joie pur qu'il le saisit:
-Salut Jon, ça fait longtemps.
-Trop longtemps, acquiesça Jon en le serrant contre lui,, pour une fois, Bran s'en fichait d'être traité comme un petit garçon, c'était Jon, c'était son grand frère.
-Tu vas être plus grand que moi, ajouta Jon à son adresse avec un large sourire.
Puis se tournant vers le reste du groupe, il adressa des salutations plus formelle:
-Je comptais vous aider à vous battre contre Mélisandre... mais j'arrive trop tard, constata-t-il.
-On en parlera après, intervint Faérie avec un peu moins de fougue que d'ordinaire, visiblement intimidée par la présence de ce jeune homme qu'elle ne connaissait presque que de réputation, pour l'instant, Lord Targaryen nous avons des problèmes plus graves sur les bras.
-Peut-être plus aussi grave que cela tempéra Sansa, lorsque nous t'aurons tout raconter Jon, ho et sans doute après les hivernales, que dirai-tu de rejoindre ta femme à Port-réal, et d'y protéger un œuf de dragon, et éventuellement ses deux propriétaires, Bran et Lady Joy.
Jon ouvrit la bouche, la referma, incrédule.
-Ma femme, à port-réal ? Un dragon ?
-C'est une longue histoire, convint Tyrion, et si nous retournions au chaud pour en discuter.
Tout le monde se rendit à cet argument, après tout, même à l'approche du printemps, le Nord était un lieu incontestablement glacial. La seule personne que l'arrivée de Jon ne paraissait pas avoir calmé était Joy, et pour cause, son problème devait rester entier. Elle n'avait pas de raisons de penser que Jon la protègerai plus efficacement que quiconque d'autre. De plus, elle avait eu peur d'y aller en sachant que sa tante Genna était dans la capitale.
-Personne n'autorisera que Daenerys te fasse du mal. tenta-t-il, alors qu'elle le rattrapait après qu'il ait une fois de plus trébuché dans la neige, ses béquilles s'y enfonçant sans se fixer au sol.
-Ce n'est pas juste cela, murmura-t-elle, juste assez fort pour qu'il l'entende, je sais qu'il ne doit pas éclore... mais je ne veux pas qu'on nous l'enlève. Nous sommes liés à lui.
Il n'y avait pas de férocité dans la voix de la jeune Lannister, juste une détermination naissante.
Note : Voilà, merCi d'avoir lu ! Je sais que Jon sort un peu de nulle part, mais pour être honnête je l'avais un peu oublié au milieu de la forêt… je maltraite totalement ces personnages, mais bon rassurez-vous on est parti pour un happy ending pour la plupart d'entre eux, sinon cette fic perdrait toutes ses vertues thérapeutiques XD
