Bonjour !

Eh non, je n'ai pas oublié, mais j'étais dans l'incapacité technique de poster ce chapitre hier. Je m'en excuse mille fois. C'est définitivement un chapitre charnière dans l'histoire et je vous entends déjà hurler "ENFIN!".
J'espère que vous allez l'apprécier.

RRA :

Elilisa : Merci ! Voilà la suite, j'espère que tu l'aimeras tout autant.

Elena : Je suis contente que tu soies accro à mon histoire, ça me fait plaisir et je t'assure que ça ne peut pas te faire de mal ! Quant à la prise de décision de Drago, je te laisse lire pour savoir ;)

Merci Whimsikal

Bonne lecture et à samedi !


Mieux vaut tard que jamais

30 janvier 2017

Le bruit caractéristique du transplanage résonna dans le hall du manoir Malfoy. Instantanément, un petit elfe aux oreilles pendantes apparut. Il reconnut les visiteurs d'un coup d'œil et s'en alla en trottinant vers le petit salon.

« Mademoiselle Parkinson et Monsieur Zabini, annonça l'elfe d'une voix nasillarde.

Astoria fit un vague geste de la main pour le congédier et il disparut.

– Bonjour, fit-elle d'une voix neutre aux deux sorciers qui entraient dans la pièce. Si vous cherchez Drago, il est dans son bureau. Mais je vous préviens, il est de mauvaise humeur. »

Évidemment que Pansy et Blaise cherchaient Drago. Ils ne venaient que rarement pour l'une et jamais pour l'autre voir Astoria spontanément. Les deux amis montèrent les marches en marbre en silence, jaugeant le degré de mauvaise humeur auquel ils allaient devoir faire face. Le métis toqua et une voix traînante les invita à entrer. Quand Blaise mit le pied dans le bureau et observa le visage de son meilleur ami, il porta une main à son cœur dans une expression d'horreur exagérée.

« Morgane nous vienne en aide, gémit-il, notre cher Drago se transforme en gobelin.

Pansy rit franchement et le blond adressa un signe grossier de la main à son ami en signe de salutation.

– Es-tu seulement sorti de cet endroit la semaine passée ? demanda le métis en se laissant tomber sur la chaise qui faisait face au bureau.

– Je t'emmerde, Blaise, siffla Drago.

– Je t'embrasserais bien, fit Pansy, mais je suis sûre que tu piques beaucoup trop.

En effet, le jeune homme arborait une mine assez pitoyable. Son teint pâle virait au gris et sa barbe de plusieurs jours lui donnait un aspect négligé qui ne lui allait absolument pas.

– Qu'est-ce que vous me voulez ? Demanda-t-il, agacé.

– Ça fait trois jours qu'on n'a pas entendu parler de toi, on s'inquiète.

– Bien sûr, marmonna Drago.

– Je voulais te proposer quelque chose, déclara Pansy en s'asseyant sur le genou gauche de Blaise.

– Je vous écoute.

– Cette année, on aimerait partir en croisière avec Théo et Sam, expliqua la brune. Mais comme on s'ennuie beaucoup sans vous, j'ai demandé à Blaise s'il voulait venir avec nous et j'en fais de même pour toi.

– Où est Théo d'ailleurs ? interrogea Drago.

– Au travail.

– Et toi, tu ne travailles pas aujourd'hui ? renchérit le blond.

– Il est plus de dix-sept heures, dit Pansy, j'ai déjà fini.

Drago haussa un sourcil.

– Tu ne fiches vraiment rien, lâcha-t-il.

– Tu peux parler ! Monsieur vit de ses rentes et fait de l'argent avec de l'argent. Bon, et pour la croisière, alors ? Oh ! On pourrait inviter tous les autres et louer un bateau rien que pour nous. On pourrait inviter Hermione et avoir tous les privilèges qu'elle a !

La jeune femme avait tout déblatéré d'un coup et s'arrêta un instant.

– Je crois que tu as touché un sujet sensible, nargua Blaise en observant le regard préoccupé de son meilleur ami.

– Quand n'a-t-elle pas été un sujet sensible ? soupira Pansy.

– Je me demande si ces deux-là vont finir par s'en sortir, ajouta le métis.

– Franchement, c'est du gâchis.

– Je suis là et je vous entends, gronda Drago.

– Tu vas nous expliquer ou continuer à te morfondre dans ta barbe mal rasée ? lança la sorcière.

Le blond posa sur elle ses yeux orageux.

– Hermione ne veut plus me voir si je reste avec Astoria, expliqua-t-il. Enfin, elle ne veut pas d'une relation avec moi tant que je suis avec elle.

En disant ces mots à voix haute, il se rendait compte de l'évidence de ce choix. Aucune personne sensée ne désire établir une relation avec quelqu'un de marié.

– Ça paraît évident, confirma Blaise.

– Je pensais qu'elle te dirait ça bien plus tôt, ajouta Pansy. Je n'aurais jamais supporté d'être simplement une amante.

– Vous n'avez que ça à dire ? s'emporta Drago. Me rappeler à quel point j'ai merdé et l'impasse dans laquelle je me trouve ?

– Tu n'es dans aucune impasse, Drago, rétorqua Blaise. Ça fait des années que je te répète que si tu le veux, tu peux divorcer. Tu as le droit. Et maintenant, tu as une bonne raison.

– Tu aimes Hermione ? demanda la jeune femme sur ses genoux.

Le blond se passa une main sur le visage, faisant crisser les poils durs de sa barbe plus que naissante.

– Oui, murmura-t-il pour lui-même avant de le répéter plus fort. Oui, je l'aime.

– Alors pourquoi ne le fais-tu pas ? Qu'est-ce qui te retient depuis si longtemps ?

Drago se plongea dans la même réflexion qu'il avait menée ces derniers jours. Pourquoi ne divorçait-il pas ?

– Je ne sais pas, souffla-t-il.

Non, il avait beau chercher, il ne savait pas pourquoi il se murait dans ce mariage dysfonctionnel.

– Pour Scorpius, peut-être.

– Drago, je ne suis pas certain que vivre un divorce soit pire que voir ses parents se disputer tout le temps. Je pense même qu'il vaut mieux que vous divorciez justement pour Scorpius.

– Il va aller à Poudlard en septembre, remarqua Pansy. À quoi va ressembler ta vie après ? Des longues journées dans ton bureau, des repas silencieux avec Astoria. Pour quoi ? Tu veux vraiment vieillir comme ça ?

La pendule du bureau sonna la demi-heure.

– Bon, il faut qu'on y aille avec Blaise, annonça la blonde. Je dois passer chez Madame Guipure pour récupérer ma nouvelle robe.

– Et Blaise, il y va pour quoi ? demanda narquoisement Drago.

– Parce que j'adore faire les boutiques, répondit le métis qui n'en pensait pas un mot.

– Il doit m'aider à préparer la croisière. D'ailleurs, tu viens oui ou non ? s'enquit Pansy.

– Je suppose, oui. Ça fera plaisir à Scorpius. Mais par pitié, juste nous.

Pansy considéra sa demande un instant. Elle aurait l'occasion de faire des fêtes avec plein de gens un autre moment.

– D'accord, fit-elle. Juste nous. »

Depuis le salon, Astoria regarda Pansy, Blaise et Drago descendre dans le hall. Elle ignorait ce qu'ils s'étaient dit, mais elle se méfiait. Le vent commençait à tourner et cela n'augurait rien de bon. Il fallait qu'elle agisse, mais une part d'elle avait peur que l'issue de toute cette histoire ne lui soit fatale. Les deux visiteurs transplanèrent et Drago s'arrêta devant l'entrée de la pièce. Il posa ses yeux gris sur elle, la transperçant de part en part. Astoria ne détourna pas le regard. Elle se plongea dans ces deux prunelles où seule l'incertitude régnait. Drago semblait profondément perdu.

Il se retourna soudainement et remonta à l'étage. Quand il redescendit une petite heure plus tard, il s'était douché, changé et rasé. Un nouveau masque d'impassibilité avait pris place sur son visage et Astoria décida d'attendre un peu. Elle devait le cueillir un jour de faiblesse.

Plus tard, un soir de février, elle le vit rentrer du Chemin de Traverse le visage aussi déconfit que pouvait l'être le visage d'un Malfoy. Il disparut avec Scorpius jusqu'à l'heure du repas et la jeune femme savait que quand il se réfugiait avec son fils, Drago n'allait pas bien. Elle attendit alors que Scorpius aille se coucher et qu'elle soit seule avec son mari dans le petit salon. Elle prépara du thé, parce qu'il valait mieux qu'il y ait du thé pour ce genre de discussion. Quand elle remarqua que Drago avait laissé son regard se perdre dans le vague sans bouger un cheveu, elle décida de parler.

« Est-ce que tu vas me quitter ? demanda Astoria dans un murmure tremblant.

Drago tourna les yeux vers elle et fronça les sourcils dans une expression de surprise et de mécontentement.

– Pourquoi dis-tu ça ?

– J'ai vu comment tu la regardais, déclara la brune la gorge serrée. Tu ne m'as jamais regardée comme ça.

Drago la considéra un instant, cherchant où était l'étrangeté de la situation. Tout était bizarre : ils ne parlaient jamais de leur mariage et Astoria n'était jamais désemparée. Elle préférait s'énerver plutôt que perdre ses moyens.

– Drago…, fit-elle comme au bord des larmes. Je sais que tu ne m'as jamais aimée, mais...

Elle se glissa du canapé vers son fauteuil à lui dans une grâce féline.

– Ne m'abandonne pas, je t'en supplie, gémit-elle, la poitrine appuyée sur ses genoux. Tu es toute ma vie, tout mon monde. Je ne suis rien sans toi. Ne me laisse pas. »

Drago observa, interdit, les deux petites larmes s'écouler sur le visage porcelaine de sa femme. Il se leva d'un bond, la bousculant brusquement. Il lui jeta un dernier regard déconcerté avant de monter se coucher. Il laissa derrière lui son thé refroidir sur la table du salon et Astoria se rasseoir sur le canapé. En quinze ans de mariage, il ne l'avait jamais vue pleurer.

La première pierre était posée pour la jeune femme. Elle pensait tout ce qu'elle avait dit, mais elle ne l'aurait simplement jamais exprimé de la sorte si elle ne s'était pas sentie menacée. Tous les moyens étaient bons et s'il fallait pleurer et se montrer faible, alors elle le faisait. Elle avait lu dans ses yeux le doute et l'incertitude. Il fallait que Drago continue à se questionner. Tant qu'il n'avait pas pris de décision, elle était en relative sécurité. L'idéal étant évidemment qu'il choisisse de rester son mari. Astoria soupira. Pourquoi être obligée d'en arriver là ? Pourquoi avait-il fallu qu'il s'entiche de cette femme ? Elle l'avait poussé chaque jour à les faire rentrer en Angleterre ; elle regrettait tant l'Australie aujourd'hui.

14 février 2017

Hermione rentra du Ministère avec la seule envie de plonger dans un bain brûlant et de fondre à l'intérieur. Il pleuvait dru dehors et le temps incitait à se prélasser devant la cheminée. La jeune femme lança son sac et son manteau sur son canapé, se déchaussant d'un mouvement de jambe. Elle défit son chignon et libéra sa tornade brune en entrant directement dans sa salle de bain. Quelques gouttes d'eucalyptus et de lavande au fond de la baignoire, une poignée de sels de bain relaxants et le robinet d'eau chaude ouvert au maximum. Elle plia son tailleur et le posa sur un tabouret, se retrouvant nue dans la vapeur dense.

Quand la sorcière plongea son doigt dans le bain, il devint rouge et la chaleur se diffusa instantanément dans tout son corps. Sans plus attendre, elle s'immergea complètement, soupirant de bonheur. Sa peau prit une couleur écarlate et tous ses muscles se détendirent immédiatement. C'était là qu'elle se sentait le mieux. Son travail ne lui avait pas causé tant de peine ce jour-là, mais l'ambiance roucoulante de la Saint-Valentin avait été assez lourde à supporter. Voir les élans d'amour des employés au grand jour et retrouver des petits cœurs en papier rose jusque dans son assiette le midi à la cafétéria n'avait eu de cesse de lui rappeler le vide intersidéral qu'était sa vie sentimentale.

La réalité était que sa vie sentimentale n'était absolument pas vide. Au contraire, elle débordait de sentiments qu'elle ne pouvait pas assouvir. La réalité était qu'elle n'avait pas arrêté de penser à Drago. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas eu de nouvelles. Hermione se doutait bien qu'il devait être occupé à réfléchir à ses paroles ou à autre chose, mais cela ne changeait rien à ce qu'elle ressentait. Elle avait compris qu'elle l'aimait, et ce depuis bien plus longtemps qu'elle le pensait au début. Et c'était bien un jour comme celui-ci qu'elle aurait adoré passer avec lui.

Le doute l'habitait néanmoins. Après tout, elle n'avait aucune idée de s'il l'aimait en retour. Il n'était pas indifférent, c'était certain. Mais était-il prêt à renoncer à son mariage pour elle ? Hermione voulait le croire. Il n'était pas heureux avec Astoria et elle s'autorisait à penser que, peut-être, il serait plus heureux avec elle.

La brune ferma les yeux, savourant les odeurs qui émanaient de l'eau fumante. Derrière ses paupières, elle s'imaginait le jour où Drago arriverait chez elle en souriant pour lui dire qu'il l'aimait et qu'il voulait passer le reste de sa vie avec elle. Elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle se fasse d'illusions pour ne pas être déçue si les choses se passaient autrement. Mais c'était le soir de la Saint-Valentin, alors elle osa rêver un peu.

Près de deux heures plus tard, Hermione sortit de l'eau et s'enveloppa dans un peignoir d'une douceur incomparable. Ses cheveux emmaillotés dans une serviette, elle s'attela à se préparer un bon petit repas. L'année passée, elle avait eu les enfants ce jour-là et ils avaient fait des crêpes si ses souvenirs étaient corrects. Ce soir, elle allait profiter tranquillement de sa soirée. Le temps ne s'était pas arrangé et de toute la nuit, la pluie ne cessa pas.

Le Wiltshire ne fut pas épargné et le manoir des Malfoy fut plongé dans une obscurité pluvieuse. Durant toute la nuit, Drago écouta l'eau s'écouler contre les larges fenêtres, réveillé dans la pénombre. Le même visage tournait dans son esprit, les mêmes yeux noisette hantaient ses pensées. Il avait pensé à Hermione toute la journée qui avait passé. Il se demandait ce qu'elle faisait de son temps, ce qu'elle lisait le soir, ce qu'elle faisait en rentrant chez elle.

Plus il se demandait cela, plus il s'imaginait partager son quotidien. Avoir sa tête brune sur ses genoux alors qu'il lisait les âneries de la Gazette, partager son dentifrice et son jus de citrouille. Il s'imaginait ce que serait sa vie sans elfe de maison, car il savait que la sorcière n'en avait pas et n'en voudrait jamais.

Astoria dormait calmement à côté du blond, sa respiration s'échouant contre sa joue alors qu'il fixait obstinément le plafond. Il comprit à ce moment qu'il ne voulait plus se réveiller à côté d'elle. S'il devait avoir des pieds froids contre les siens, il voulait que ce soient ceux d'Hermione. S'il devait avoir des nuits blanches, il voulait que ce soit Hermione près de lui qui lui murmure de s'endormir. S'il devait avoir quelqu'un dans la vie, il fallait que ce soit Hermione.

Après avoir difficilement somnolé, Drago observa la lumière du jour filtrer sous les rideaux. Ses yeux se posèrent sur la valise et le sac de voyage de sa femme rangés dans un coin de la pièce. C'était le moment ou jamais. Le sorcier se leva précautionneusement et s'habilla rapidement. Près de la porte, il s'arrêta et regarda Astoria une dernière fois. Le sentiment d'avoir pris une décision déferlait comme un ouragan dans tout son corps. Le sentiment d'avoir pris la bonne décision. Drago sentait son cœur cogner contre sa poitrine et un petit sourire fleurit sur son visage quand il transplana depuis le hall du manoir.

À vrai dire, il n'avait pas franchement réfléchi à ce qu'il faisait et quand il se retrouva dans l'entrée de l'appartement d'Hermione, il se dit que peut-être, il aurait dû toquer. Peut-être aussi aurait-il dû venir à une heure un peu plus appropriée. Hermione, surprise par le bruit de transplanage si tôt le matin, quitta sa chambre la baguette dans une main et une tasse de chocolat chaud fumant dans l'autre.

« Drago ? s'exclama-t-elle en le voyant. Mais… qu'est-ce que tu fais là ?

Elle portait seulement son pantalon de tailleur noir et un soutien-gorge rouge. Ses cheveux étaient en bataille. Le blond l'observa un instant avec envie. Oui, c'était cela qu'il voulait voir tous les matins.

– Hermione, commença-t-il en s'approchant d'elle. Je suis désolé d'avoir entrepris de nouveaux rapports avec toi alors que nous étions tous les deux mariés. De t'avoir traitée comme n'importe quelle femme à qui je ne pouvais rien donner en retour.

La brune sentit ses mains commencer à trembler. Alors voilà, ils en étaient finalement arrivés là. Au moment où Drago ferait le choix de son mariage et où elle allait devoir ravaler ses sentiments. La sorcière but une grande gorgée de chocolat pour se donner une contenance, mais la boisson brûlante enflamma sa langue et traça un chemin de feu dans son œsophage. Elle grimaça sous la douleur, mais déjà, le blond recommençait à parler.

– Je suis désolé, Hermione, d'avoir mis autant de temps à me rendre compte que je t'aimais et que je voulais vivre avec toi.

Comme si son cœur avait fait du bruit en tombant dans son ventre, Hermione regarda autour d'elle un instant pour s'assurer que c'était réel. Elle s'était imaginée les choses des dizaines de fois la veille dans son bain et elle avait largement sous-estimé à quel point cela faisait du bien d'entendre ces mots. C'était comme si tout son corps vibrait au rythme des pulsations soutenues de sa poitrine.

– Si c'est trop tard…, ajouta Drago avant d'être coupé brusquement. »

Hermione l'avait attrapé par le tee-shirt, l'attirant vers elle pour plaquer ses lèvres sur les siennes. Le blond passa ses mains autour de sa taille, jubilant de cette proximité retrouvée et tellement manquée. Leurs langues se mêlèrent dans un baiser libérateur, langoureux et passionné. Un baiser au chocolat. Drago laissa courir ses mains sur la peau nue du dos de la jeune femme, songeant une seconde à faire sauter les agrafes de son soutien-gorge. Il se retint néanmoins ; rien n'était acquis et il ne fallait pas précipiter les choses.

Quand ils se séparèrent, Hermione avait les joues roses et le sourire aux lèvres. Quelques gouttes de chocolat chaud s'étaient échappées de la tasse qu'elle posa enfin sur sa table basse. Elle posa les yeux sur la pendule avant de pousser une exclamation d'horreur. Il était huit heures moins dix et elle n'était absolument pas prête à aller au Ministère. Elle reporta son attention sur Drago et fronça les sourcils. Il était habillé négligemment d'un tee-shirt et d'un pantalon en lin clair. Il n'était pas coiffé ni rasé du matin. Il semblait à peine sorti du lit. Ce qui, en considérant l'heure, était probablement le cas.

« Je dois me préparer, finit par dire Hermione en disparaissant dans sa chambre. Tu peux te préparer un thé ou quelque chose de plus fort, ajouta-t-elle à travers l'appartement, tu en as sûrement besoin.

Drago rit doucement et profita un moment d'être enfin revenu chez Hermione pendant que son café coulait. Il l'entendait marmonner, farfouiller dans ses vêtements. Son café fumant à la main, il l'observa revenir dans le salon parfaitement coiffée et vêtue d'une chemise écrue sous sa veste de tailleur.

– Je n'ai jamais été en retard au Ministère de toute ma carrière, il est hors de questions que ça change, râla-t-elle. Même si c'est à cause de toi.

Elle passa une main sur la joue du blond et lui adressa un sourire tendre.

– Je rentre ce soir vers dix-huit heures, dit-elle en attrapant son sac et son manteau. Si tu veux venir pour… parler de tout ça.

– Je serai là, assura Drago en attrapant sa main pour déposer ses lèvres dessus. »

Hermione recula d'un pas et transplana dans l'Atrium du Ministère à huit heures pétantes. Elle soupira de contentement et se dirigea d'un pas léger vers les ascenseurs. Cette journée s'annonçait parfaite. Une fois seule dans son bureau, elle se laissa tomber sur son fauteuil et un petit rire s'échappa de sa gorge. Les mots de Drago résonnaient dans sa tête : il l'aimait et voulait vivre avec elle.

Hermione avisa les notes de services qui étaient arrivées et les dossiers qu'elle avait laissés en suspens la veille. Tout semblait d'une facilité déconcertante. En milieu de matinée, elle n'avait presque plus rien à faire et décida de faire un tour des services. Après tout, elle ne passait pas beaucoup de temps au sein de ses Départements. Elle commença évidemment par celui de la Justice magique. Dorine lui fit un point complet sur la situation avec beaucoup d'engouement, Harry s'amusa de la voir si heureuse quand elle vint dans le quartier des Aurors et se promit de passer la voir sur ses heures libres pour en savoir la raison.

La Ministre fit ainsi le tour de tout le Ministère, prenant par surprise les employés qui travaillaient à moitié. Mais ce jour-là, elle n'avait aucunement envie de faire un contrôle d'efficacité en rappelant à l'ordre les fainéants. Ce jour-là, elle avait simplement envie de profiter de son monde qui tournait définitivement très rond.