CHAPITRE 2
Attablé à la grande table des rouges et ors, Harry observait son meilleur ami, assis à sa droite, fixait la tarte à la fraise face à eux. Le Survivant pouvait apercevoir qu'il ne fixait pas réellement le dessert mais qu'il avait les yeux dans le vague comme à chaque fois qu'un détail lui rappelait la perte de son frère, Percy. Le rouquin rentrait toujours dans une sorte de transe où il revisionnait sa mort encore et encore; la culpabilité l'écrasait. Le jeune Potter lui posa doucement une main sur l'épaule et Ron sursauta.
- Hé ... souffla le noiraud doucement. Tout Va Bien?
Harry savait que cette question était stupide parce que non, son ami n'allait pas bien. Mais il ne savait pas vraiment quoi dire et puis, il voulait surtout le faire réagir.
- C'était son dessert préféré, se contenta-t-il de répondre d'une voix tremblante.
L'Élu se contenta de lui passer une main dans sa chevelure flamboyante en signe de soutien. Il tourna son regard vers Hermione assise à sa gauche et vit qu'elle n'avait pas touché à son assiette. Mais avant qu'il ait pu dire quoique ce soit, les plats disparurent des tables et la nouvelle directrice se leva. McGonagall commença son discours pour faire un hommage aux trop nombreuses victimes de la guerre et enchaîna sur le besoin de solidarité entre maison. Elle rappela quelques points du règlement et invita les préfet à conduire les élèves aux dortoirs, sauf les huitièmes à qui elle demanda de rester.
Une fois la salle vide, seulement une trentaine d'élèves étaient encore présents. Harry jeta un coup d'œil à ceux de sa maison et ne pas en voir certain, comme Neville, lui serra douloureusement le coeur.
Il reporte son attention sur son ancienne directrice de maison publiée prit la parole.
- Cher élèves, commença-t-elle, la question de votre logement pour votre huitième année a été abordé lors de la réunion de pré-rentrée des professeurs. Et après de nombreuses idées suggérées, c'est finalement le professeur Rogue qui trouve la solution.
Celui-ci renifla d'un air dédaigneux en fusillant du regard les jeunes adultes qui eurent, pour quelques uns, un hoquet de surprise.
- Il a été convenu que vous logerez tous dans un même appartement. Vous avez deux dortoirs par maison: un pour les femmes et un pour les hommes. Vous n'aurez donc que la salle commune de ... commune, déclara ancienne professeure de métamorphose.
Un silence s'installa et, étonnement, personne ne protesta. En vérité, les élèves étaient plutôt rassurés. Ils n'avaient aucune envie de revenir dans leurs anciens dortoirs sans leurs camarades au complet ou encore dans leurs salles communes. Tout cela serait trop douloureux pour eux après ce qu'ils venaient de traverser.
- Bien. Le professeur Flitwick va vous accompagner à vos dortoirs. Passez une bonne nuit, leur souhaita-t-elle alors que tous se levaient pour suivre le dit professeur en lui rendant la politesse.
Le petit enseignant les guida jusqu'au quatrième étage et s'arrête devant le tableau d'une jeune femme, à deux couloirs de la bibliothèque. Flitwick prononça le mot de passe "Spero Patronum" et ils pénétrèrent dans ce qui sera leur "chez eux" pour cette dernière année de scolarité.
La salle commune était assez grande et dans des couleurs neutres telles que le beige, le gris ou le marron clair. Deux canapés beiges étaient installés face à la cheminée où un feu était allumé, entourés de quelques fauteuils assortis. Un espace de travail était organisé dans le coin de gauche où des tables et des chaises ainsi qu'une bibliothèque vide ont été mises à disposition. Le professeur de sortilège leur expliqua que la petite bibliothèque leur servira à laisser leurs livres qu'ils ont emprunté pour un devoir ou à y laisser leurs propres bouquins qu'ils voudraient partager dans le mais de s'entraider en cette année d'examen.
Il leur indiqua ensuite quatre portes où le symbole de chacune des maisons et trônait: leurs dortoirs. Quand il eut fini de tout présenter, le professeur prit congé en souhaitant une agréable nuit à ses élèves. Seamus fut le premier à bouger en direction des dortoirs et, comme si ils n'attendaient que cela, ils commencèrent à se mouvoir dans le plus grand des silences.
Au final, il ne resta plus que le Trio d'Or et ceux-ci s'installèrent sur le tapis moelleux face à la cheminée, où ils placèrent plusieurs coussins, pour faire un topo des derniers mois. C'était leur rituel de rentrée. Mais aucun ne prit la parole et ils fixèrent le feu, le regard absent. Hermione, qui était assise au centre, leur pris chacun la main et les serrèrent. Harry ne savait pas si elle cherchait à les réconforter eux ou bien elle. Mais peu importe, se dit-il, ils étaient bien là.
- Commençons, entama Ron dans un soupir. Quelqu'un veut parler des points négatifs de sa vie?
- Pas ce soir, réussir la seule fille du trio d'une voix lasse.
- Je passe, dit simplement le jeune homme aux yeux verts.
Le silence revient au galop et se fit roi durant quelques minutes. Chacun repensant à ses problèmes et aux épreuves qu'ils allaient encore devoir affronter. Le rouquin ferme les yeux et s'allonge sur ce tapis recouvert de coussins si confortable.
- Avons-nous même des points positifs dans notre vie? finit par demander fatalement le Weasley
Harry réfléchit quelques secondes puis déclara:
- J'ai pu lire les derniers mots de mes parents mais je sais pas vraiment si c'est un point positif ou non.
Cette phrase assez mystérieuse attira deux regards suspicieux de ses amis sur sa personne mais ils ne dirent rien.
- Et j'ai adopté un chaton, continua-t-il.
- Sérieux? s'exclama Ron en écarquillant les yeux.
- Où est-il? s'exclama en même temps Hermione.
Il eut un petit rire devant leur enthousiasme et secoua la tête.
- Il est sûrement dans le dortoir entrain de roupiller. Je lui ai toujours pas donné de nom, annonça-t-il avec une moue déçu.
- Ça ne m'étonne pas de toi Harry, lui rétorque la jeune fille en levant les yeux au ciel.
Ce dernier se rappelait très bien de sa rencontre avec son nouveau chaton. Il était sorti un soir faire quelques achats alimentaires du coté moldu, une fois qu'il ait passé les portes des magasins, sachets en mains, il s'était baladé pendant quelques rues pour profiter de la brise d'été. Au bout d'une trentaine de minutes, il avait décidé qu'il était l'heure pour lui de rentrer se remettre au boulot et avait tourné dans une ruelle sombre et infréquentée -enfin, c'est ce qu'il croyait-. Au moment de transplaner, une chose inconnue et non identifiée avait sauté dans le sac que tenait sa main droite.
Résultat: un petit chaton entièrement noir aux beaux yeux vairons -l'un d'un vert forêt et l'autre d'un bleu océan- s'était incrusté chez lui et n'était plus jamais parti.
- Et toi 'Mione? demanda son meilleur ami, le sortant par la même occasion de ses souvenirs.
- J'ai quelque chose à vous dire, acquiesça-t-elle doucement.
Les deux frères de coeur de la Gryffondor se tournèrent vers elle au même moment mais elle garda son regard rivé sur les flammes dansantes. Elle prit une grande inspiration et lâcha sa bombe.
- Je sors avec Drago.
Le silence de la chute ... Et la bombe explosa.
- NOOOON?! dirent-ils d'une même voix.
- DEPUIS QUAND? rajouta Ron abasourdi en se pertinent.
- Depuis la fin de la guerre. Non, enfaite, depuis la bataille finale, se corrigea-t-elle.
- Je ... Comment ça a pu arriver? demanda Harry perdu
Il se le demandait vraiment. L'année dernière, dès le mariage de Bill et Fleur, ils étaient en fuite et à la chasse aux horcruxes. Aucun rapprochement n'aurait pu opérer durant ce ... voyage. Cela voulait dire qu'il datait de leur sixième année et pourtant, il était sûr de ne les avoir jamais vu ensemble. Et soudainement, tout fut clair pour lui. En sixième année, Hermione s'était rapprochée de Drago Malefoy mais pas seulement. Et c'est ainsi que les Serpentard eurent l'espoir d'une nouvelle vie et retournèrent leur veste.
- Vous vous rappelez du devoirs d'astronomie à faire par groupe de trois, je m'étais retrouvée avec Drago et Daphné Greengrass. Sur une simple connaissance. Puis la septième année est arrivée mais on était en cavale alors disons que j'ai pu réfléchir à ce que je ressentais et lui aussi. Alors quand on s'est retrouvé lors de la bataille finale, on s'est simplement embrassé, raconta calmement la jeune femme.
Ils se souvenaient très bien de ce devoir, Harry et Ron s'étaient retrouvés ensemble avec Blaise Zabini. Un jeune homme fort sympathique, vraiment. Les deux garçons se jetèrent un regard et un signe de tête se mirent d'accord.
- On est OK, répond le jeune Potter avant d'embrasser la tempe de "sœur".
- Vraiment? demanda-t-elle tout sourire.
- Vraiment.
- Mais ça n'empêche pas qu'on lui cassera la gueule s'il ose te faire du mal, prévint le rouquin absolument sérieux, repose par les hochements de tête du noiraud.
Elle laissa un léger rire traversait ses lèvres avant de les serrer fortement dans ses bras et ils se laissèrent tomber sur les différents coussins.
- Je vous aimes si fort, souffla-t-elle.
Et ils resserrèrent leur étreinte, s'endormant ainsi dans les minutes qui suivirent.
