Chapitre 70 :

Code Cupidon

"Pan ! Pan ! Ceci est une urgence : code Cupidon ! Je répète : code Cupidon !!!"

Harry volait tranquillement à côté de leur cheminée reliée directement à l'appartement privé de Severus Rogue... ou vivait aussi Pan. C'est une longue histoire qui se résume en quatre notes : Pan est un parasite.

BANG ! Il lui envoya... un fusil à pompe.

"Mais non, j'ai pas dit Panpan !!! Pan x2, c'est tout."

Il y eût un grand silence... il ne comprenait pas.

"CODE CUPIDON SIGNIFIE RAMÈNE TES FESSES... et tout le reste."

Pan apparut dans leur cheminée au moment où les Redwood quittaient péniblement l'étage des chambres en rebondissant sur tous les murs.

"T'as de la chance, Harry. J'étais justement en train de préparer des artichauts à la barigoule."

Harry ne voyait pas trop où il voulait en venir... jusqu'à ce qu'il se serve de la grosse louche qu'il utilisait pour sa recette afin de récupérer un à un les Redwood comme un troupeau de mouton.

"Euh... c'est quoi ça : les artichauts à la barigoule ???" demanda Harry qui était à la fois très doué en cuisine et en nécromancie (c'est la même chose, en fait).

"C'est un plat français." expliqua Pan. "Avant, on utilisait de la barigoule mais plus maintenant... on pourrait appeler ça des artichauts à la, ça serait plus juste mais ça manque d'une précision donc on a gardé la dénomination barigoule."

"Ah d'accord." répondit Harry d'un air songeur. "Mais c'est quoi, du coup, la barigoule ?"

"NAN MAIS ILS SONT SÉRIEUX LÀ ??? On est en train de dériver un peu partout dans la Chambre des Secrets... ET EUX, ILS PARLENT CUISINE ???"

"C'est des lactaires délicieux." répondit Pan.

"Et c'est quoi des lactaires délicieux ?"

"Bah des pinins, bien sûr."

"Mmmh..."

Harry semblait contrarié.

"Et les pinins... c'est quoi, au juste ?!"

"Si je te le disais, tu me croirais pas, Harry."

Pan utilisa sa ceinture pour attraper l'adolescent comme avec un lasso, il lacéra très profondément son flanc gauche mais comme il était à moitié psychopathe, il n'en n'avait strictement rien â foutre.

"Harry, les pinins... c'est... des barigoules !"

"AAARGH !!!"

Voici ce qui se passe quand on laisse deux fous discuter...

Pendant ce temps-là, les Redwood dérivaient dans l'air en essayant de se stabiliser mais ça n'était pas très concluant : ils commençaient à se sentir malades. Cecil était peut-être le plus vulnérable, il venait de perdre son clavier alors il s'était réfugié dans l'esprit de son Womatou qui somnolait au sol. Ça ne l'empêchait pas de sentir les coups...

"Outch." dit Michael en lui rentrant dedans. "Désolé Cecil... aïe. Re-désolé Cecil. MAIS POURQUOI JE SUIS ATTIRÉ VERS TOI COMME ÇA ??? Ça défie toutes les lois de la gravité ! Meeerde."

La septième fois que Michael percuta Cecil, le womatou poussa un terrible rugissement.

"ROAAAR !!!"

"... cinq minutes à feu doux, tu vois ?" conclut Pan. "C'est quoi ce matou ?!"

"Womatou."

"Oui, j'ai vu ça que c'est un gros matou mais c'est quoi ?"

"Un womatou !" répondit Harry.

"Mais oui, j'ai compris !!!" s'énerva Pan. "Mais c'est quoi comme espèce ?"

"C'est un womatou."

"Et puis c'est quoi cet accent bizarre ?"

"Pas gros matou : wooomatou."

"Je ne comprends pas."

Il y eut plusieurs boum, un énième 'oups pardon Cecil' et Pan arrêta tout. Frappé par l'épiphanie... ou la frangipane, ou les deux.

"C'est Lockhart !"

"Oui, on est déjà au courant."

"Bonjour Junior."

Cette... cette voix... c'était...

"AAAH !!!" cria Harry.

"AAAH !!!" cria Max.

"AAAH !!!" cria Michael.

"AAAH !!!" cria Drago.

"AAAH !!!" cria Hermione.

"Oooh, regardez : un batilaphore." cria Luna. "J'en ai jamais vu d'aussi gros..."

Gilderoy Lockhart se tenait là, dans la Chambre des Secrets comme si ça avait toujours été sa place mais il était encore attaché dans sa camisole.

"Je m'appelle Pan, pas Junior."

"Pourquoi vous n'êtes pas avec les autres, vous ?!" demandait Lockhart d'un air soucieux.

"Les autres ? Lesquels autres ???"

"Je m'appelle Pan, pas Junior." insista Pan mais personne ne l'écoutait.

À cet instant, les Professeurs débarquèrent avec une expression paniquée sur le visage... il n'en manquait qu'un à l'appel, bien sûr.

"Les Redwood ont été épargnés !" s'écria McGonagall, rassurée.

"ÉPARGNÉS ???" s'écria Max. "JE PORTE UN FICHU TUTU ROSE !!! En quoi sommes-nous épargnés, bordel ?! On n'arrive même pas à voler correctement..."

"Parle pour toi." dit Harry.

Il décrivit plusieurs cercles dans le ciel, parfaitement exécutés.

"Je donne dix points à Redwood pour cette magnifique chorégraphie, monsieur Black." le félicita Madame Bibine.

"Toute l'école a été métamorphosée mais je vous assure qu'avoir des ailes et porter un tutu d'un rose qui vous arrache la rétine n'est pas le pire." résuma Remus. "Le pire, c'est que nos élèves ressemblent à des chérubins et ils se prennent pour des cupidons : ils survolent Pré-au-Lard à cet instant même pour lancer des flèches trempées dans un filtre d'amour. Si on ne fait rien, on risque de perdre Poudlard et tout le village voisi..."

"Ils ont pris Pré-au-Lard ???" coupa Michael. "Mais on vient de l'avoir, nous, Pré-au-Lard !"

"Pan !!! Il faut que tu nous aide : on doit absolument sauver Pré-au-Lard." dit Harry.

"... et vos camarades, non ?" demanda le Professeur Chourave.

"Bon, peut-être qu'on en sauvera quelques uns au passage."

Dumbledore craignait fort pour la santé de ses élèves. Si les Redwood choisissaient de sauver Pré-au-Lard en priorité, il n'était pas sûr de récupérer ses étudiants dans un état convenable.

C'est pourquoi il prit une décision qui risquait de faire basculer la Coupe des Quatre Maisons : il offrait un point à la Maison Redwood pour chaque élève de Poudlard qu'ils allaient lui rapporter. L'éclair qui passa dans les yeux d'Harry le rassura : les élèves ne risquaient plus rien.

"À L'ABOOORDAGE !!!"

... enfin... disons qu'ils risqueraient MOINS. Et c'était déjà beaucoup.

"Pan... d'où il sort ce bateau ???" s'étonna Harry.

"Disons que j'ai plutôt apprécié notre escapade quand tu étais malade alors j'ai imaginé, construit et enchanté ce bateau." expliqua Pan. "Moitié bateau, moitié requin et moitié robot... et il vole bien sûr."

"Bien sûr."

Harry vola jusqu'au bateau et il utilisa le filet de pêche pour ramasser Max puis Michael et eux s'occupèrent de ramener le reste de leur Maison qui avait été épargnée par le sortilège de Lockhart.

"Il a sûrement bidouillé un truc avec notre potion d'influence..." marmona Michael. "Ça expliquerait pourquoi on n'a pas été touché."

Luna était la plus douée au maniement du filet alors Pan la chargea de repêcher les élèves. Max devait souquer les artimuses... pour son plus grand bonheur et Peter avait été ficelé à l'avant, dans la tête de requin pour jouer à la proue.

"Hé, Pan !" s'écria Rogue, livide. "C'est mon canapé, ça !!!"

"Bah oui... je n'allais tout de même pas ACHETER des trucs. J'ai conçu ce bateau avec le bois de ton plancher : un peu volé, un peu emprunté... tu vois ?!"

"Et le moteur c'est ma cheminée !!! POURQUOI T'AS PRIS MA CHEMINÉE ???"

"Ce bateau ne vole pas vraiment, voyons." expliqua Pan. "En fait, il se téléporte dans l'espace entre les cheminées ce qui donne l'illusion du mouvement."

"Wouhaaa..." souffla Harry, fasciné. "Mais t'es un génie, Pan !"

"Non. Pas du tout !!!" cria Rogue. "Ce qu'il raconte n'est PAS logique. Ça ressemble à de la science, ça ressemble à de la magie mais c'est n'importe quoi !"

Pan enfila son chapeau de pirate avant de donner un coup dans le gouvernail, le bateau s'envola très haut avant de retomber lourdement sur le Professeur des Potions.

"AAARGH ! Mais fiche-moi la paix : c'est quoi ton problème, à la fin ???"

"Ouvre ton esprit, Sev. Ouvre ton esprit !!!"

Pan sauta du bateau, un couteau entre les dents et il utilisa sa batte de base-ball pour lui défoncer le crâne.

"Mais bordel, Pan : l'ouverture d'esprit c'est pas une fracture du crâne !!!"

"Ah bon ? Oh..." il haussa les épaules. "Tant pis."

-Fin du 70ème chapitre-

...à suivre...