Disclaimer: Aucun élément de l'univers de Harry Potter ne m'appartient, je ne fais donc pas d'argent avec cette histoire.
Merci pour tous vos commentaires et votre patience. Ce chapitre a été long à écrire et l'école m'a tenu et me tient encore bien occupé. Le bon côté c'est que vous avez un chapitre de plus de 6000 mots à lire.
Bonne lecture!
Harry Black
Chapitre 35: La bataille finale
Harry s'essuya les yeux pour ce qui lui semblait la centième fois rien qu'aujourd'hui. Sa mère le regarda d'un air soucieux, mais il sourit pour la rassurer. Il n'était pas malheureux, c'était plutôt le contraire, seulement il se sentait tant à fleur de peau que le simple fait de voir sa mère en entrant dans une pièce comme avant, comme si rien ne s'était passé, lui mettait la larme à l'œil.
Bellatrix s'avança vers lui et lui prit doucement le menton afin de mieux observer son visage. Le contact de ses doigts menaça de le faire pleurer à nouveau. Sa mère était vraiment là.
– Tu devrais dormir plus.
Harry prit la main de sa mère entre les siennes afin qu'elle relâche sa prise.
– Je dors très bien. Je suis juste vraiment heureux que tu sois là.
Bella le serra fort contre elle et dit tout contre ses cheveux :
– Moi aussi, mon trésor. Moi aussi.
Sur ce, Rodolphus entra dans la pièce et se figea. Moqueur, il dit :
— Je vais commencer à me sentir délaissé.
– Oh, mais non !
Bellatrix se lança sur son mari et l'entoura de ses bras en parsemant son visage de baiser. Harry ricana et son rire redoubla lorsque Rodolphus lui lança un regard suppliant. Il leva les mains dans les airs pour bien montrer qu'il n'avait aucune intention de l'aider.
Il fut distrait de la scène devant lui en sentant une douce chaleur chatouiller son avant-bras gauche. Son regard descendit automatiquement malgré le fait que ses vêtements cachaient la marque.
– Je dois y aller.
Ses parents cessèrent leur jeu et remarquèrent aussitôt son regard, aussi bref fut-il, en direction de sa marque.
- Tu as besoin de nous ? demanda Bella.
Harry leva les yeux au ciel, mais sourit.
– Ce n'est pas la première fois, maman.
Rodolphus posa sa main sur l'épaule de sa femme.
– Le petit est doué. Fais-lui confiance.
Bella posa sa main sur la sienne et sourit en regardant son fils.
– Il a déjà toute ma confiance.
Avant que les larmes ne l'empêchent de partir, il transplanna sur place. Une fois que sa mère se fut remise, ils étaient finalement retournés chez eux, au manoir Lestrange. Il était plus loin du manoir de Voldemort qui était le centre d'opération du mouvement mangemort, mais cela était rapidement corrigé par un bref transplannage et cela valait la peine afin de retrouver un noyau familial qu'il n'avait jamais vraiment connu, pas de cette façon.
Ce n'était plus seulement sa mère et lui. Il avait un père maintenant. Il avait été inquiet du changement au départ, mais il n'aurait pas dû. La transition s'était faite naturellement, comme si cela avait toujours été le cas.
Il apparut dans le hall d'entrée du manoir, le seul endroit où il était possible de transplanner, si l'on avait la marque bien entendu, sinon tout transplannage était tout simplement impossible. Même si l'Ordre du Phénix était affaibli après la mort de Dumbledore, il restait tout de même une menace, notamment par la présence de certains de ses membres, comme ses parents biologiques malheureusement.
Il n'eut pas le temps de cogner à la porte de la salle d'audience. Celle-ci s'ouvrit devant lui et Voldemort apparut devant lui. Harry craignit pendant un instant de l'avoir fait trop attendre, mais l'homme le regarda d'un air posé sans le moindre signe d'irritation. Ou enfin son irritation ne semblait pas dirigée vers lui, car il esquissa un sourire en le voyant.
– J'ai besoin d'un café. Suis-moi.
Harry obéit aussitôt. Il tenta de contrôler la rougeur de ses joues quand le seigneur des ténèbres ralentit le pas pour marcher à ses côtés. Maintenant qu'il avait retrouvé toutes ses émotions, il pouvait reconnaître qu'il avait un sérieux béguin pour Voldemort. Bien sûr, il savait que c'était complètement idiot et qu'il finirait bien par passer par-dessus un jour ou l'autre. Toutefois, pour l'instant, cette attirance était bien présente et ses émotions à fleur de peau ne l'aidaient pas à la contrôler.
Une fois entré dans son bureau, Voldemort appela un elfe pour lui amener son café. Avant qu'il ne disparaisse, le Seigneur des ténèbres lui en proposa un, mais il refusa. Il n'avait pas besoin d'encore plus de stimulations.
Ils prirent leur position habituelle et Harry se rendit compte de l'étrangeté de l'énoncé. Lui, qui était mangemort depuis un an à peine, était si familier du bureau personnel du Seigneur des ténèbres qu'il y avait sa « place habituelle ». Si Voldemort avait lui-même conscience de cette étrangeté, rien ne l'indiquait. Pourtant, rares étaient ceux qui pouvaient entrer dans son bureau, alors des visiteurs récurrents le mage noir n'en avait pour ainsi dire aucun… mis à part Harry.
Le jeune homme se ressaisit. S'il se laissait aller sur ce courant de pensée, il finirait par croire que ses sentiments étaient réciproques… ce qui était bien entendu stupide et ne ferait que l'empêcher de faire son deuil de ce rêve. Il devait rester concentré, mais cela n'avait jamais été aussi difficile que depuis qu'il avait retrouvé ses émotions.
– Bella se remet bien ?
Harry fut soulagé de ce nouveau sujet offert sur un plateau pour son esprit distrait.
– Oui, très bien. Il lui tarde de pouvoir retrouver le champ de bataille.
Voldemort esquissa un sourire.
– Oui, Bella n'a jamais aimé l'oisiveté. Elle a été bien chanceuse de t'avoir pendant toutes ces années, sinon je crois bien qu'elle serait morte d'ennui.
– Ou aurait déclenché sa propre guerre pour s'occuper.
Ces mots lui échappèrent, mais le rire du mage noir l'empêcha de s'inquiéter.
– Tu as bien raison.
Le Seigneur des ténèbres prit une autre gorgée avant de continuer :
– Si sa santé le permet, je pense bien qu'elle sera rapidement satisfaite.
– Vous prévoyez une bataille bientôt ?
– Je ne crois pas que l'Ordre du défunt Dumbledore restera inactif encore bien longtemps. Nos plans au ministère avancent bien et cela m'étonnerait qu'il ne réagisse pas en conséquence. Quant à moi, il me tarde de régler ce problème. J'aimerais détruire ce risque d'insurrection avant d'établir les bases de mon nouveau gouvernement.
– Vous connaissez les noms des membres pourtant. Pourquoi attendre qu'ils nous affrontent en combat ?
– J'en connais plusieurs en effet.
Au regard qu'il lui lança, Harry comprit tout de suite qu'il songeait entre autres à ses parents biologiques.
– Mais je ne ferai pas l'erreur de croire qu'il n'y en a pas d'autres. De plus, les écraser publiquement servira d'avertissement à tous ceux qui songeraient à les rejoindre.
Harry hocha la tête.
– Je comprends.
– La question est maintenant de savoir si ta mère te permettra de participer.
– Bien sûr que oui ! Elle sait que je suis plus que capable de…
Harry se rendit alors compte du sourire du mage noir. Il plaisantait. Le jeune homme rougit aussitôt et tenta de cacher son trouble.
– Ce ne sera évidemment pas un problème.
– Une réponse différente m'aurait déçue. Surtout considérant l'offre que je m'apprête à te faire.
Le jeune homme se figea complètement alors que Voldemort finissait sa tasse de café bien tranquillement.
– Depuis combien de temps portes-tu ma marque ?
Harry baissa brièvement son regard sur son bras avant de répondre.
– Un an.
– Et pourtant tu m'as rendu plus de services que bien des membres plus expérimentés.
Le jeune homme inclina la tête en signe de remerciement, ne sachant que dire.
– C'est pourquoi j'ai décidé de te nommer comme membre du Premier Cercle. C'est-à-dire que tu auras une troupe à ta charge lors du prochain affrontement. Si tu acceptes évidemment.
Harry écarquilla les yeux avant de se mettre à hocher frénétiquement de la tête. Cela lui prit quelques secondes avant de finalement retrouver sa voix.
– Oui… je veux dire, c'est un honneur… merci.
Sans qu'il puisse se contrôler, il bondit hors de sa chaise et enlaça le Seigneur des ténèbres. Sa béatitude prit fin lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait de faire. Il bondit presque pour s'éloigner et s'inclina aussitôt.
– Pardonnez-moi. Mes émotions sont difficiles à contrôler depuis…
Il réalisa que ce qu'il disait ressemblait plus à une justification qu'à une excuse et s'interrompit avant de reprendre :
– J'aurais dû savoir me maîtriser, je vous demande pardon. Je comprendrais si vous désirez me punir de mon impudence.
Il ferma les yeux et attendit. Il espérait qu'il ne venait pas tout juste de perdre sa récente promotion. Il rouvrit les yeux face au silence complet du mage noir. Il ne semblait pas en colère. En tout cas, aucune émotion ne transparaissait sur son visage… que ce soit un bon ou un mauvais signe.
La tentation d'utiliser son don n'avait jamais été aussi grande, mais jamais il n'aurait osé l'utiliser sur le Seigneur des ténèbres. Cela représenterait une marque d'irrévérence sans compter que, contrairement à la plupart des gens, il était persuadé que Voldemort le sentirait aussitôt et, s'il n'était pas déjà en colère, il serait furieux. Lire les sentiments d'une personne à son insu revenait sur certains points à lire les pensées d'une personne sans permission, une action qu'on ne commettait pas envers le mage noir si l'on désirait rester en vie.
Voldemort ouvrit la bouche puis la referma. Il se déplaça finalement derrière son bureau où il se mit à fouiller dans les feuilles qui y étaient déposées. Il se racla la gorge puis dit sans jamais le regarder :
— Dès que j'aurai formé les troupes, j'informerai nos membres de leur placement et j'annoncerai ton nouveau statut par le fait même. Tu devrais annoncer tout de suite la bonne nouvelle à Bella.
Harry s'inclina aussitôt en acquiesçant :
– Oui, mon maître.
Puis il partit sans toutefois tourner le dos au Seigneur des ténèbres. Celui-ci ne releva pas une seule fois la tête, l'ignorant complètement. Tout compte fait, se faire ignorer était une bien maigre punition, mais il ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur. Avec un peu de chance, voir la réaction de sa mère à la bonne nouvelle serait suffisant pour chasser ce malaise. Il devait être réaliste et, si le mage noir prenait ses distances, ce serait probablement mieux au final.
Voldemort ne cessa son manège que lorsqu'il entendit la porte se refermer derrière Harry. Il leva alors les yeux, mais l'espace où s'était tenu le jeune homme était maintenant vide. Il se laissa tomber sur son fauteuil et tenta de se remettre au travail comme il avait prétendu le faire plus tôt, mais il abandonna après seulement quelques secondes. De nouveau, il leva les yeux sur la porte. Évidemment, il était toujours aussi seul.
Il n'avait pas su comment réagir après l'embrassade impromptue de la part du plus jeune. Toutefois, son silence n'avait pas été dû à la colère. Il aurait préféré que ce soit le cas, mais il n'était pas assez bête pour pouvoir se tromper lui-même. Non. Ce qui l'avait d'abord plongé dans le mutisme avait été la surprise. Réaction tout à fait normale. Ce qui lui avait succédé l'était un peu moins… pour lui.
Alors qu'il aurait dû repousser brusquement Harry, il avait été déçu quand celui-ci s'était écarté. Il avait dû combattre son envie de le garder contre lui. Heureusement, il avait réussi à se contrôler. De quoi aurait-il eu l'air sinon, lui, le plus grand mage noir de tous les temps ?
La bataille qui déclarera sa victoire au monde entier approchait à grands pas et il était préoccupé par un amour d'adolescent ? Il disait adolescent, mais même lorsqu'il allait encore à Poudlard jamais il n'avait ressenti de telles émotions. Peut-être que s'il l'avait déjà vécu cela aurait été plus facile de l'ignorer une deuxième fois ou peut-être que c'était une chance qu'il n'ait pas eu à en souffrir à cette époque. Qui sait s'il aurait atteint le même niveau de pouvoir sinon…
Enfin bref. Tous ces questionnements ne menaient à rien et ne faisaient que rediriger perpétuellement son esprit vers ce à quoi il ne désirait pas penser. Ses yeux tombèrent sur ses papiers et pour la première fois de l'avant-midi, il les regarda vraiment. Il devait établir sa stratégie. Cela représentait une bien meilleure dépense de temps et d'énergie.
Puisque ses pensées étaient déjà tournées vers Harry, aussi bien décider la troupe qui serait sous ses ordres. Cela représentait un défi en soi puisque le jeune homme, malgré tous ses talents, était la plus jeune de ses recrues. Or, il connaissait nombre de ses vétérans qui ne respecteraient pas l'autorité d'un sorcier de plusieurs années leur cadet. Il pouvait déjà commencer par sélectionner tous ceux qui avaient déjà été sous ses ordres lors de leur mission à Azkaban. Ceux-là avaient déjà fait l'expérience de son pouvoir et avaient appris à respecter son autorité.
Toutefois, ils n'avaient représenté qu'un nombre très limité de membres. Après tout, il s'était agi d'une mission discrète alors que plusieurs de ses fidèles se trouvaient encore captifs des murs de la prison. Il ne pouvait pas se contenter de seulement ces derniers ou la troupe de Harry serait la risée des autres. Pire, elle pourrait paraître à leurs yeux un jouet offert à un enfant gâté. Une image qui n'était bonne ni pour lui ni pour le jeune homme. Il chassa rapidement la colère qu'il éprouva uniquement à la pensée de ce que les mauvaises langues pourraient dire au sujet de Harry. En le nommant au sein du Premier Cercle, il voulait le hisser au-dessus des autres, pas le soumettre à leur mépris.
Il ne pouvait évidemment pas mettre Bella ni Rodolphus dans la troupe de leur fils pour deux raisons évidentes. Premièrement, personne ne le prendrait au sérieux s'il était accompagné de ses parents. Deuxièmement, les deux mangemorts avaient déjà leur propre troupe à diriger.
Par contre, Rabastan, l'oncle adoptif de Harry n'avait pas de troupe à diriger, étant plus doué pour obéir que pour mener. Il n'avait pas eu énormément de contact avec le plus jeune, il ne représentait donc pas une source d'autorité familiale, et son lien avec Rodolphus assurerait qu'il ne nuirait pas à son fils adoptif. Puisqu'il était de plusieurs fois l'aîné de Harry, qu'il obéisse ses directives servirait d'exemples aux autres. C'était un bon début.
Avec tous ceux de l'attaque d'Azkaban, cela offrirait déjà une quantité de vétérans non négligeable pour la troupe du jeune homme. Il avait déjà décidé que les nouvelles recrues qui n'avaient pas encore eu le temps d'être affectées à une troupe seraient par défaut attribué à Harry. Par contre, il n'avait pas voulu que sa troupe ne soit constituée que de recrues. Cela aurait été une horrible décision stratégiquement parlant sans compter que le jeune homme aurait encore une fois été jugé étant considéré comme un enfant mis à la charge de recrues avec encore moins d'expérience. Personne ne l'aurait pris au sérieux.
Lorsque sa liste atteignit une trentaine de noms, il se trouva satisfait. Il ne voulait pas non plus que Harry ait une trop grande troupe pour sa deuxième expérience de leadership. Cela représentait déjà une augmentation de la dernière fois, mais il n'atteignait pas encore les cinquante que ses troupes atteignaient parfois lors de la première guerre. Malheureusement, plusieurs de ses anciens fidèles étaient morts, soit de vieillesse soit dans les combats. Il avait plutôt misé sur un plus grand nombre de troupes, qui seraient ainsi facilement déplaçables sur le champ de bataille, que sur des troupes plus grandes. Lui-même n'appartenait à aucune troupe. Il irait là où les choses se corseraient le plus et où son aide serait nécessaire. Si besoin était, il pouvait rejoindre le moindre de ses soldats par la marque qu'ils portaient tous à leur avant-bras.
Il regarda le plan de ses troupes une dernière fois. Il était prêt. Tous ses fidèles étaient prêts. Cette fois, ils gagneraient. Ils écraseraient leurs ennemis de sorte que leur règne soit absolu. Il y aurait sans doute malheureusement des morts, le nombre de sorcières et sorciers était déjà effroyablement bas, mais ils seraient les derniers à mourir dans cette longue guerre. Une fois qu'il serait à la tête du pays, la Grande-Bretagne renaîtrait finalement de ses cendres. Quoi de plus approprié pour un peuple qui aurait à sa tête un immortel ?
Liam fut de nouveau réveillé par un cauchemar, le même que depuis des semaines. Le visage de son frère flottait encore devant ses yeux quand il repoussa ses couvertures.
Il n'avait pas revu Harry depuis l'attaque sur le chemin de Traverse. Depuis que celui-ci lui avait lancé un Endoloris. Malgré tout, et c'était sans doute la preuve de sa trop grande naïveté, il n'était toujours pas prêt à abandonner son frère. C'était pour cette raison qu'il était le seul à savoir ce qu'il s'était vraiment passé dans la ruelle, car il savait que rares seraient ceux enclins à le pardonner s'ils connaissaient ce que lui-même avait appris. Ce que Harry avait fait.
J'ai tué ! Il ne vous manque pas un certain maître des potions ?
Oui, ce que Harry avait fait était horrible, mais il était persuadé qu'il n'avait pas fait cela de son propre chef. C'était Voldemort. Tout était de sa faute. S'il n'était pas arrivé alors qu'il parlait à son frère, celui-ci l'aurait écouté. Il ne serait pas parti, ne l'aurait pas attaqué. Il en était sûr.
Et pourtant, tous ses cauchemars lui montraient la même scène. Lui et Harry, dans la ruelle, seuls, pas de Voldemort. Il lui parle, parfois lui disant les mêmes mots que ce jour-là, parfois en disant d'autres, comme pour évaluer quels mots créaient le plus grand impact. Cependant, cauchemar après cauchemar, Harry lui tourne le dos. Voldemort ou non, il ne l'aurait jamais suivi. Voilà ce que tentaient de lui dire ses rêves.
Mais il refusait de les écouter.
Il se rappellait le frère avec qui il jouait alors qu'il était encore très jeune. Celui qu'il avait vu dans le miroir de Rised. Celui qui l'avait soutenu pendant le Tournoi des trois sorciers alors que presque tous lui avaient tourné le dos. Celui qui s'était jeté au-devant d'un endoloris pour lui, lui permettant de s'échapper.
Bien sûr, d'autres souvenirs les affrontaient dans sa tête. Son frère Serpentard contre qui il s'était battu des années sans le savoir. Son frère qui avait renié leurs parents devant lui. Son frère qui portait la marque du Seigneur des ténèbres et qui avait tué pour lui. Son frère qui lui avait jeté le sortilège de torture.
Il s'agissait de la même personne, mais, au lieu de convaincre Liam que son frère était mauvais, impossible à sauver, cela le persuadait plutôt qu'en son jumeau se trouvait quelqu'un de bien, qu'il le montre ou non. Et c'était pour cette facette de son frère qu'il voulait se battre.
Un coup à sa porte le tira de ses pensées. Il leva la tête pour voir la tête de sa mère passer le seuil de sa porte.
– Voulais-tu encore nous accompagner à la réunion de l'Ordre ?
Liam s'empressa de se lever et se mit à fourrager dans ses tiroirs pour trouver ce qu'il allait mettre.
– Oui, j'arrive.
Après sa présence sur le chemin de Traverse, ses parents avaient décidé de l'inclure dans les réunions. Ils le connaissaient assez bien pour savoir qu'il était prêt à recommencer tant et aussi longtemps que son frère ferait partie des combats. James et Lily avaient alors préféré l'encadrer pour sa protection plutôt que de le mettre de côté et risquer qu'il ne se retrouve seul sur un champ de bataille qui lui avait été interdit.
En quelques minutes, il était descendu et disparaissait dans la cheminée en direction de la maison des Weasley. L'Ordre avait choisi d'alterner leurs lieux de rendez-vous pour plus de sécurité et la maison des rouquins étaient assez isolée et protégée pour que ses membres s'y sentent en sécurité.
Une certaine frénésie courait dans l'air alors que tous sentaient qu'il ne s'agissait pas d'une réunion ordinaire. Après l'attaque à Poudlard et la mort de Dumbledore, le ministre Fudge avait décidé, ou plutôt avait été fortement encouragé, à démissionner de son poste. Ils avaient réussi à faire élire Scrimgeour, un ancien aurore déterminé à combattre la corruption et Voldemort, mais les rumeurs qui circulaient un peu partout laissaient présager qu'il ne serait plus là bien longtemps. Or, il était presque certain que la prochaine personne à prendre ce poste serait un pantin du Seigneur des ténèbres.
L'Ordre devait agir avant que cette hypothèse se concrétise. Plusieurs étaient d'avis que la bataille finale aurait lieu dans une semaine. Ils se trompaient. La bataille finale serait le lendemain.
– Vous-savez-qui ne fera plus de coup d'éclat comme il le faisait il y a quelques mois. Il n'en a plus besoin. Il a presque déjà gagné. Il lui suffit de remplacer l'homme à la tête du ministère et se sera échec et mat. On ne peut plus attendre davantage. Énonça Maugrey.
– Que suggères-tu ? D'attaquer nous-mêmes ? demanda Shacklebot.
– Oui ! C'est exactement ce que je suggère. Si nous attendons plus longtemps, il sera trop tard et il aura déjà gagné.
– Il connait l'identité de la plupart de nos membres. S'il réussit à prendre le contrôle du pouvoir exécutif, il n'aura plus qu'à tous nous faire arrêter et je préférerais agir plutôt que d'être forcé à me cacher. Commenta James.
Une vague d'assentiment accompagna cette déclaration. L'idée d'une attaque orchestrée de leurs mains les avait d'abord mitigés, mais l'alternative les avait convaincus du bien-fondé de l'initiative.
– Bon, très bien. Mais où ? Il est hors de question que des innocents soient blessés. Nous ne sommes pas des mangemorts. Dit Arthur Weasley.
La réponse ne tarda pas à venir.
– Le ministère. Ceux qui y travaillent sont en majorité pour ou contre nous. Répondit Shacklebot.
– Et c'est assez grand pour que l'on puisse mettre les innocents en sûreté à l'écart. Ajouta Lily.
L'idée fut approuvée par tous.
– Nous allons établir notre stratégie pendant les jours qui viennent. Ceux qui travaillent au ministère pourront en profiter pour évaluer les lieux et choisir où frapper et où protéger. Dit James.
– Les jours qui viennent ? Vous voulez leur donner le temps d'assassiner le ministre ? Donner le temps aux espions potentiels d'alerter leur maître ? Non. Il faut les surprendre et il n'y a qu'une façon. Rétorqua Maugrey.
– Et quelle est-elle ? Demanda James.
– Nous attaquerons demain.
Le silence se fit dans la salle et tous se regardèrent. Lentement, ils se mirent à hocher de la tête. Pourquoi retarder l'inévitable ? Il était vrai que, s'ils attaquaient demain, dans moins de 24 heures, ils auraient un indubitable élément de surprise. Il était aussi vrai que le suspense cesserait enfin. Après des mois de combat, tous avaient hâte que la guerre prenne fin. La situation n'allait pas à leur avantage et il y avait peu de chance que le vent tourne si on lui en laissait le temps. Non. Le plus tôt serait le mieux.
James soupira :
– Dans ce cas… Demain, nous attaquerons.
Il était en compagnie de sa mère lorsque sa marque se mit à chauffer. D'un même mouvement, ils posèrent leur main contre leur avant-bras. Leurs regards se rencontrèrent alors que la porte s'ouvrait pour laisser passer Rodolphus, une main sur sa propre marque. Aussitôt, ils surent que le moment était venu.
Harry ressentit un mélange d'excitation et de crainte. Il ne doutait en aucun cas de la victoire de leurs troupes, pas tant qu'ils avaient le Seigneur des ténèbres à leur tête et puisqu'il était supposément le seul à pouvoir le vaincre… Toutefois, il avait conscience qu'il y aurait sans doute des morts, et pas seulement du côté de l'Ordre. Il eut une pensée fugace pour Liam, mais il la chassa rapidement. Il devait se concentrer sur sa tâche.
Sa tâche… Malgré sa bévue, Voldemort l'avait tout de même intronisé au sein du Premier Cercle et lui avait donné une troupe à diriger. Harry s'était tout de même attendu à ce que celle-ci ne soit composée que des recrus. Après tout, pourquoi créer une nouvelle troupe si ce n'était pas pour accommoder le nombre accru de fidèles ?
Toutefois, cela n'avait pas été le cas. Après la réunion, lorsque le Seigneur des ténèbres lui avait révélé les hommes qui seraient sous sa responsabilité, il avait tout d'abord été surpris par la présence de son oncle adoptif, Rabastan. Heureusement, celui-ci ne semblait pas malheureux de se trouver sous les ordres de son neveu. D'ailleurs, juste avant de quitter, il lui avait donné un coup sur l'épaule :
— Fais honneur à ton père, petit.
Un clin d'œil avait précédé son départ sans que Harry ne puisse faire autre chose que de hocher la tête.
Lorsqu'il avait reconnu ceux qu'il avait déjà menés lors de leur infiltration d'Azkaban, il crut comprendre ce que Voldemort avait voulu faire. Même s'il avait plus d'expérience au sein des mangemorts que les nouveaux, il n'en restait pas moins bien plus jeune qu'eux. Avec son oncle et les autres vétérans de son équipe qui respectaient déjà son autorité, les recrus n'auraient d'autre choix que de le suivre sans se plaindre.
Il s'était incliné devant le mage noir en remerciement, mais n'osa pas s'approcher. Il n'avait pas reçu de punition, et commençait à espérer qu'il n'en recevrait pas, mais s'il refaisait le même exploit, devant témoin en plus, il doutait de la bénévolence renouvelée du Seigneur des ténèbres.
C'est devant cette même troupe qu'il vint se placer lorsqu'il suivit l'appel de sa marque. Voldemort les surplombait tous depuis l'estrade de son trône et quelques minutes suffirent avant que tous soient présents. C'est seulement à ce moment que le Seigneur des ténèbres prit la parole :
— L'ennemi a pris d'assaut le ministère. Nos hommes et nos femmes déjà présents ont commencé les affrontements et nous allons les rejoindre. Cette fois-ci, il n'y aura de repli que lorsque nous aurons gagné.
Il y eut une pause alors que tous assimilaient les nouvelles informations. Rapidement, toutefois, tous se dressèrent plus droit, prêts pour le combat.
– Vous savez ce que vous avez à faire.
Voldemort transplanna et les troupes se placèrent en formation. Harry disparut avec la sienne et ouvrit les yeux dans le hall du ministère où brillaient déjà des sorts par dizaine. La bataille finale avait commencé.
Liam avait été mis responsable de la protection des innocents qui se trouvaient simplement au mauvais endroit au mauvais moment. C'était une tâche importante, mais pas celle qu'il désirait. Il n'était pas stupide, il savait bien qu'ils l'avaient placé ici afin de l'écarter des combats. Il était le seul mineur présent, mais n'était bien sûr pas le seul dédié à la protection.
C'est pourquoi il ne se sentait nullement coupable de ce qu'il planifiait de faire. Il avait pris sa décision bien avant de quitter pour le ministère. Il n'avait jamais compté rester dans son coin tout le long de la bataille.
C'était la bataille finale. Cela signifiait la victoire ou la défaite, bien sûr. Mais cela signifiait aussi sa dernière chance de revoir son frère. S'ils gagnaient, il voulait l'atteindre avant les aurores qui ne seraient pas les plus compatissants. S'ils perdaient… et bien il voulait voir son jumeau au moins une dernière fois.
Il vit les sorcières et les sorciers entrer dans la pièce, qu'il avait préalablement protégée comme le lui avait montré sa mère, escortés des membres de l'Ordre assignés au même poste que lui. Il y avait des jeunes, des plus vieux, bref tous ceux avec moins d'expérience de la guerre ou qui n'était plus aussi coriaces qu'avant. Il profita de l'affolement des employés du ministère pour traverser à contre-courant. Il s'en voulut d'avoir perdu sa cape d'invisibilité alors qu'il devait se contenter d'un sortilège d'invisibilité nettement inférieur s'apparentant plutôt aux sorts utilisés pour repousser les moldus en faisant dévier leur regard ailleurs.
Il ne voulait pas être repéré ni par ses parents ou d'autres membres de l'Ordre, qui le renverraient d'où il venait ou pire chez lui, ni par un mangemort, il avait déjà goûté à leur hospitalité. De toute façon, son but n'était pas de se battre, seulement de retrouver son frère.
Sa mission se révéla toutefois plus difficile que prévu. Le chaos était encore plus grand que lors de l'attaque sur le chemin de Traverse. Il ne voyait que des masques et des couleurs. Il ne pouvait plus non plus se fier à la taille puisque Harry et lui avaient toujours été plus ou moins de la même taille et il avait grandi de plusieurs centimètres dans les derniers mois. Son jumeau devait maintenant être aussi grand que la plupart des mangemorts. Si seulement il avait eu un objet appartenant à son frère, il aurait pu utiliser un sortilège pour lui indiquer son emplacement. À la place, il n'avait que ses yeux pour effectuer sa recherche.
Soudainement, il reconnut l'un des mangemorts. Mais ce n'était pas Harry. Non. C'était celle qui le leur avait volé. Comment pouvait-elle se trouver là alors qu'elle avait reçu le baiser du détraqueur ? Il n'en savait rien. Toutefois, tous s'entendaient pour dire que Voldemort était celui en contrôle des créatures. C'était une explication plausible. Mais il s'en fichait. À sa vue, des années lui revenaient en mémoire.
Si elle n'était jamais venue chez les Dursley, ils seraient venus le chercher et tout se serait déroulé comme prévu. À cause d'elle, il avait cru son frère mort pendant plusieurs années. Pire encore, alors même qu'il l'avait retrouvé, ils se trouvaient encore séparés, par Voldemort, oui, mais il savait que c'était l'éducation qu'elle avait fournie à son frère qui l'avait mené sur cette voie.
Il ne s'était jamais rendu compte de sa haine envers Bellatrix Lestrange avant aujourd'hui, mais il ne l'avait jamais non plus vu en face de lui. Mis à part lorsqu'il l'avait dénoncé à Pré-au-Lard, mais il ne savait pas encore la vérité sur Harry à ce moment. Maintenant qu'il y repensait, il se souvenait l'avoir croisé avec son frère à la librairie alors qu'il était encore très jeune. Elle avait eu l'audace de se moquer de ses parents au sujet de la soi-disant mort de son frère alors qu'elle l'exhibait à ses côtés aux yeux de tous !
Le choixpeau ne l'avait pas placé à Gryffondor par erreur. Sans réfléchir, poussé par l'émotion, il entra dans la mêlée en lançant un stupéfix en direction de Bellatrix, perdant par le fait même son invisibilité. Cette dernière le bloqua bien entendu, mais il n'avait pas dit son dernier mot. La mangemort se tourna vers lui en ôtant son masque, laissant apparaître un énorme rictus :
— Mais c'est bébé Potter ! Tu viens jouer dans la cour des grands ?
Liam vu rouge et s'élança sur la sorcière.
Il ne suffit que d'une seconde pour que Harry disperse sa troupe dans la formation désignée lors de la dernière rencontre. Toutefois, il ne manqua pas de remarquer qu'ils s'étaient placés discrètement tout autour de lui, comme pour le protéger. Il s'agissait d'une bonne intention, mais Harry refusait de se faire traiter comme l'enfant qu'il n'était plus depuis longtemps. Sans compter que cela pourrait ressembler à une faiblesse que l'Ordre pourrait être tenté d'exploiter.
Ils recevraient une mauvaise surprise, car il était loin d'être sans défense, mais il ne voulait pas que l'Ordre soit encouragé par une soi-disant preuve que l'armée du Seigneur des ténèbres n'était pas aussi invincible qu'ils le craignaient. Le plus tôt ils se rendraient compte de la futilité de leur opposition, le plus tôt ils pourraient annoncer la victoire de Voldemort.
Pour prouver à sa troupe que leur effort était inutile et que ses membres feraient mieux de se concentrer sur leur propre combat, il profita du premier sort venant dans sa direction pour montrer qu'il savait se défendre et qu'il n'avait pas obtenu sa place par favoritisme. Il bloqua l'attaque et riposta aussitôt, trop rapidement pour que le sorcier ennemi puisse l'éviter. Il se retrouva propulsé vers l'arrière et ne se releva pas. Il ne l'avait pas tué, mais il n'allait pas se relever de sitôt.
L'effet fut immédiat. Le cercle qui s'était formé autour de lui s'éloigna tout en restant en formation et sa troupe passa en mode offensif. Harry en fut satisfait et les imita. Il ne voulait pas que sa troupe soit celle avec le plus de blessés. Au contraire, il voulait montrer aux autres qu'ils étaient à craindre.
Le chaos était assez majeur, mais il avait été entraîné toute sa vie pour l'ignorer. Avec son don, il avait dû très tôt apprendre un type de concentration que très peu de gens possédaient et qui s'avérait très utile en situation de combat. Il avait l'impression que tout allait au ralenti et qu'il pouvait sans peine bloquer et attaquer dans la même seconde. Il se trouva bien vite dans une sorte de transe. Il ne tuait personne, mais les mettait hors d'état de nuire. L'Ordre aurait probablement été surpris, mais il n'avait pas reçu l'ordre de tuer.
Après tout, les sorciers et sorcières ne formaient qu'un nombre réduit d'individus et Voldemort avait pour ambition de régler ce problème. Son plan commencerait bien mal si pour ce faire il devait tuer tous ceux qui s'opposaient à lui. Non. Une fois la bataille finie, il les arrêterait et ils serviraient d'exemples. Certains par leur assimilation d'autres par la peine capitale.
Il commençait à comprendre sa mère. Jamais il ne s'était senti aussi vivant. D'ailleurs, il venait d'entendre son rire. Ils avaient commencé les combats dans des positions opposées, mais elle semblait plus proche à présent. Ce devait être bon signe. La troupe ennemie qui les séparait rapetissait.
Il tourna la tête vers l'endroit d'où émanait son rire. Elle était en plein combat avec un sorcier. Harry repoussa un autre combattant puis un second avant d'écarquiller les yeux et de regarder de nouveau sa mère et son adversaire. Cela lui avait pris quelques instants avant d'enregistrer ce qu'il avait vu, tout simplement parce qu'il ne l'avait pas cru possible.
Liam était là ! Non seulement il était là, mais il était en plein affrontement contre sa mère !
Délaissant sa formation, il s'avança en direction des deux personnes chères à son cœur. Il avait essayé de repousser son amour pour Liam, celui-ci le détestait sans doute après ce qu'il lui avait fait subir sur le chemin de Traverse, mais il en avait été incapable. Depuis qu'il avait retrouvé ses sentiments, pas une journée ne passait sans qu'il ait au moins une pensée pour lui. Quant à Bellatrix, c'était sa mère. Si la moindre chose arrivait à l'un des deux…
Il ouvrit un chemin dans leur direction, assommant tous ceux qui se trouvaient devant lui. Pour la première fois depuis les débuts de combats, tout sembla se dérouler trop vite. Liam et sa mère évoluaient devant lui à grande vitesse alors que lui-même semblait pris dans des sables mouvants. Il n'avait même pas prévu ce qu'il allait faire lorsqu'il les aurait rejoints.
Il vit avec effroi la lumière verte fatidique sortir, non pas d'une, mais des deux baguettes au même moment. Liam aurait peut-être pu sauter pour éviter de recevoir le sort. Le sortilège de Liam n'aurait peut-être pas fonctionné alors qu'il avait été lancé en désespoir de cause pour la première fois. Sa mère n'aurait donc eu rien à craindre. Cependant, il s'agissait d'hypothèses et dans la fraction de seconde où tout se déroula, Harry ne voulut pas prendre ce risque.
– Non !
Il se jeta entre les deux et la salle entière trembla.
Fini!
J'espère que vous avez aimé! N'oublier pas de laisser un commentaire si c'est le cas. Je ne répond pas toujours, mais je les lis tous. Sur ce, il ne reste plus q'un autre chapitre et cette histoire est finie! J'ai encore un peu de misère à le croire... Je vais essayer de publier le dernier chapitre avant la fin de l'année ou début janvier sinon.
À la prochaine!
