CHAPITRE 43
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews si l'histoire vous intéresse. Ça fait toujours plaisir.
« Tu es néoprimaliste, scientifique. Tu l'as toujours été. »
Ce furent les mots d'Elita-One une fois que les prières s'achevèrent. Avec ceux qui avaient assisté à la messe, ils sortirent en rang du lieu aménagé pour les croyants à bord du vaisseau. Elita-One le conduisit à part du groupe et les deux furent à nouveau seuls dans le couloir.
Vos répondit par la négative.
Il ne l'était plus. Il avait cessé de l'être.
« Je ne te crois pas », sourit Elita-One, sans aucun reproche dans sa voix. « On est néoprimaliste un jour. On le reste. Bien sûr, on peut toujours avoir des périodes de doute. Mais au final, on le redevient toujours. Notre croyance ne s'effrite jamais. »
Elle marqua une pause.
« Je doute même qu'elle soit partie un jour. C'est juste que tu la refoules. J'ai l'impression que vous refoulez beaucoup de choses, à la DJD. Tout pour la Cause alors que vous avez également des aspirations personnelles. A moins que Megatron ne vous ait demandés de devenir un seul groupe avec une conscience collective. Au service de la Cause. »
Vos…n'eut rien à répondre à cela.
Elle avait raison. Même s'ils avaient des heures de liberté entre deux missions, ils avaient tous une même conduite à adopter. La vie professionnelle et la vie personnelle se mélangeaient. Il n'y avait jamais eu de ligne concrète entre ces deux vies.
Et beaucoup de choses leur avaient été interdites. A tous.
Interdiction de pratiquer une religion, interdiction d'avoir une relation personnelle à côté de la Cause, qu'elle soit amicale ou romantique, interdiction de lire des livres qui comporteraient des propos potentiellement contraires à la Cause…
Vos avait cru cela normal. Il avait toujours pensé que c'était normal.
Elita-One hocha la tête. Elle avait deviné qu'elle avait marqué un point.
« Ce n'est pas une vie, Vos. Je doute que vous sauriez rester sains d'esprit en vous soumettant à un tel règlement. Vous n'êtes même pas considérés comme des individus. »
Vos se désigna, pour justifier qu'il l'avait choisie. Qu'il avait choisi cette vie.
Mais assister à ces prières…cela lui avait rappelé quelque chose qu'il avait perdu au moment de la guerre. Bien avant d'être empoisonné…bien avant de rejoindre les Decepticons.
« Je doute que vous soyez les Inquisiteurs sans émotion comme on vous appelle », déclara Elita-One. « Tu as des émotions. Cela se voit. Mais vous les refoulez. Et je pense que de vous tous, Tarn est le pire. »
Elle s'appuya contre le mur. Sérieusement, elle lui adressa :
« Est-ce que cette vie te convient ? Vraiment, Vos ? »
Vos voulut répondre que oui.
Oui, cela lui convenait. Il ne vivait que pour la Cause. Il était membre de la DJD avant tout le reste.
Mais une voix dans la tête lui chuchotait que ce n'était peut-être pas totalement vrai.
Les prières, l'appel à Primus…cela avait été une illustration.
« Tu sais. Si tu n'aimes pas cette vie, rien ne t'oblige à rester à la DJD, Vos. Tu peux obéir à une Cause. Tu peux servir les Decepticons. Mais rien ne t'oblige à mettre de côté ta vie personnelle. A toujours jurer par la Cause, à toujours vivre pour la Cause…Au bout d'un moment, cela risque d'être épuisant. »
Elita-One inclina la tête sur le côté, un sourire amer sur son visage.
« Mais je ne peux pas t'en vouloir. Moi aussi, j'obéis à une Cause. J'agis pour elle. Mais…est-ce que je m'empêcherais de vivre pour autant ? J'ai rarement de vie personnelle à Carcer aussi…Mais disons que je ne m'empêche pas de m'octroyer un quart d'heure rien qu'à moi. Un quart d'heure de plaisir. »
Elle lui adressa un air significatif.
« Comme je le fais actuellement. »
Vos sentit une chaleur lui monter à la tête.
« Peut-être que Megatron t'a aveuglé. Mais je doute qu'il ait raison sur tous les points. Rien ne t'oblige à suivre le même comportement que tes camarades. »
Vos cligna des optiques.
Il n'avait pas envie de croire qu'elle ait raison.
Elita-One croisa les bras. L'air malicieux, elle l'interrogea :
« Et si on sortait demain ? Tous les deux. »
Vos releva la tête vers elle.
« Il n'y a aucun piège. Et ne t'inquiète pas…Si tu penses pouvoir me berner, m'attaquer…Je crois pouvoir me défendre. »
Il n'avait aucun doute là-dessus.
Mais Vos…Plus il y pensait, plus il se disait qu'Elita-One serait l'une des rares personnes qu'il ne saurait être en mesure de torturer ou de tuer. Ou même de lever la main sur elle.
Vos devrait refuser…Il devrait dire que demain, au soir, l'échéance serait écoulée. Il retournerait à la DJD…il devait user de ce temps pour découvrir le fonctionnement du récipient psychologique.
Et obtenir les informations…tel avait été l'objectif initial de leur venue à Carcer.
Vos n'hésita pas plus.
Il accepta.
Cela sembla ravir Elita-One. Elle était sur le point d'ajouter quelque chose quand elle fut interrompue par Obsidian qui arrivait à leur rencontre.
« Commandant. La maintenance a fini d'évaluer les dégâts. L'explosion a causé un très léger dommage dans la coque du vaisseau. »
Elita-One se retourna vers lui. Son sourire avait disparu. L'air grave et sérieux, elle lui demanda :
- Aucun indice sur les coupables ?
- C'est certainement la DJD, grinça Obsidian.
Il jeta un œil méprisant et suspicieux à l'égard de Vos.
- Je suis sûr que c'est lui.
- Non, refusa Elita-One. Pourquoi m'aurait-il sauvée la vie ? Cela n'a pas de sens.
- La DJD n'a pas de sens.
- Peut-être que ses camarades y sont pour quelque chose. Mais je doute qu'il y ait pris part. Il a été surveillé nuit et jour. Comment aurait-il pu trouver le temps ?
Vos la regarda, intrigué.
Elle était prête à le défendre…
- Il faut trouver un moyen de combler le trou du vaisseau.
- Alors, quelqu'un doit se porter volontaire. Autrement, le Titan risque d'être hors de contrôle.
Le fusil-sniper ne comprit pas.
Du peu qu'il en savait, Tempo était une divinité bienveillante. Il regroupait autrefois les philosophes porteurs de nouvelles vérités.
Pourquoi serait-il hors de contrôle ?
- Alors, focalisez-vous sur les coupables. Quand on les retrouvera, leurs carcasses serviront à combler le trou.
- A vos ordres, Commandant.
Leurs carcasses serviront à combler le trou.
C'était…bizarre. Etait-ce un autre aspect de la Cause ? Lorsqu'Obsidian s'éloigna, Elita-One se tourna vers Vos.
Son expression était déterminée et féroce.
- Ils mourront en héros. Une chance pour des traîtres à notre Cause.
Comme pour eux…le seul moyen de chercher l'absolution auprès de la Cause Decepticon était par la mort.
Apparemment, c'était également le cas à Carcer. Le même principe.
Le troisième jour…
Vos put le voir se lever à travers les murs de sa cellule.
A la fin de cette journée, il ne serait plus emprisonné.
Il retournerait là où il appartiendrait.
Le récipient psychologique entre les mains, Vos contempla l'endroit qui lui avait servi de chambre.
Il sortirait avec Elita-One aujourd'hui…
Etait-ce quelque chose qu'on appelait un rendez-vous ?
Elita-One n'avait pas explicitement dit qu'il en s'agissait d'un.
Mais Vos ne put s'empêcher d'espérer. Cela atténuait son stress par rapport à la journée qui l'attendait.
Quelqu'un entra.
Elita-One…venait-elle déjà le chercher ?
Il releva la tête. Celle qui avait été choisie apparut en face de lui. Mais elle n'était pas seule.
Elle était accompagnée par un individu qu'il n'avait jamais croisé sur le vaisseau. Un robot aux couleurs ocre et vermillon, un parchemin sous le bras.
« Scientifique. Je te présente le traducteur. »
Vos contempla ce dernier avec curiosité.
Il paraissait…apeuré de le voir. Savait-il déjà de qui il s'agissait ? Sûrement. A moins qu'Elita-One n'ait pas eu besoin de l'en informer et qu'il le connaissait de réputation.
- J'avais promis, lui adressa Elita-One.
Vos opina du chef.
Elle tenait ses promesses.
- Dis-nous ce que tu as découvert d'autres au sujet du récipient psychologique. Il traduira pour toi. Ensuite…je vous laisserai seuls.
Vos se redressa.
Lentement, il expliqua.
- Il…il dit que le récipient psychologique appartient à un propriétaire. A celui qui le tient dans ses mains. Et la structure du récipient peut changer selon le type de propriétaire.
- Pourquoi donc ? l'interrogea Elita-One.
- Le récipient psychologique lit l'état psychologique du propriétaire. Plus l'état psychologique est fort et stable, le récipient aura une structure plus solide selon les individus.
- …Je vois.
Même si cela n'expliquait pas pourquoi celui d'Elita-One indiquait une structure plus solide que celle de Vos quand il tenait le récipient.
- Et pour l'ouvrir ? L'utiliser ?
Vos se gratta le casque.
- Il dit qu'il ne sait pas encore. Il aurait besoin de plus de temps.
- Je doute qu'il aura le temps. Pas en une journée.
Vos le savait.
Il n'aurait jamais le temps en une journée.
Elita-One parut embêtée par ces informations. Mais il devinait que c'était plus que ce que ses scientifiques lui avaient apporté.
- …Je vous laisse, déclara-t-elle avant de se diriger vers la porte.
- Mais…bredouilla le traducteur.
- Je vous ai fait une belle proposition. Il désire apprendre le Cybertronien moderne.
Cette personne…serait donc son professeur. Et manifestement, il n'était pas ravi de l'être.
Mais cela était égal à Vos.
S'il pouvait apprendre et par la suite, communiquer avec Elita-One.
- Je reviendrai chercher le scientifique quand vous aurez fini.
Elle lui adressa un clin d'œil…Et Vos sentit une pointe d'excitation dans son spark.
Quand elle referma la porte, le professeur pâlit davantage quand Vos se rapprocha.
Le silence tomba…Le traducteur se racla la gorge, essayant d'adopter une posture plus assurée.
- Nous…nous allons commencer.
Ce n'était pas comme si Vos pouvait lui trancher les câbles à tout moment.
Mais le fusil-sniper s'assit, l'invitant à commencer.
« Le temps est très beau aujourd'hui. »
Vos répéta avec plus ou moins de difficultés.
« Le temps est très beau aujourd'hui. »
Vos répéta.
« Le temps est très beau aujourd'hui. »
Vos leva les optiques. Il n'y arrivait pas, manifestement. Le traducteur le reprenait encore et encore pour le corriger sur la même phrase.
« Vous pouvez comprendre le Cybertronien moderne à l'écriture, mais vous avez été programmé pour user ce langage. Cela sera difficile de vous déprogrammer pour apprendre un nouveau langage. »
Vos le fusilla du regard. Tout de suite, le traducteur recula.
« Mais vous y arriverez. J'en suis sûr. Répétez après moi : le temps est très beau aujourd'hui. »
Le fusil-sniper soupira mais obéit malgré tout.
Il devait admettre…c'était autre chose que les leçons apprises au Peaceful Tyranny. Bien sûr, Tarn avait essayé de lui apprendre quelques phrases. C'était comme ça qu'il avait pu communiquer avec certaines de ses victimes.
- Wear my face.
- Le temps est très beau aujourd'hui.
Mais c'était autre chose que les leçons de Tarn. Ici, le contexte s'y apparentait. Le contexte lui permettait davantage d'apprendre. Et il se sentait lui-même plus motivé. Peut-être était-ce lié au fait qu'il avait un vrai professeur. Tarn se contentait du strict minimum et la mission les rappelait à chaque fois à l'ordre, au point qu'ils ne finissaient jamais ce qu'ils commençaient. Peut-être était-ce parce que son leader était désespéré par son manque de progrès.
Peut-être était-ce lié à son désir de parler avec Elita-One.
Vos devait persévérer. Il avait été programmé au Primal Vernacular. Il devait être programmé au Cybertronien moderne.
Et s'il pouvait y arriver…
La leçon se finit. Le professeur appela un garde.
- Nous continuerons demain.
Il ne serait plus là demain.
Le traducteur quitta la cellule, laissant Vos seul. Mais cette solitude ne dura pas longtemps. Peu de temps après, Elita-One vint le chercher.
Elle était prête à partir.
- Nous pouvons y aller, lui susurra-t-elle.
Vos se leva et laissa de côté le récipient psychologique.
Comme le disait Helex, il fallait profiter du moment.
Il ne devait pas penser à ce soir.
Elita-One lui tendit la main.
Vos hésita mais finit par la lui prendre.
« On dirait que cela se passe bien, avec ton professeur. »
Vos hocha la tête. Lui et Elita-One se promenaient dans les rues de la Cité la plus proche. La même Cité où il était allé chercher ses livres et le bouquet pour Elita-One. C'était de cette manière qu'il avait pu comprendre les effets du récipient psychologique par rapport à son propriétaire.
Autour d'eux, les habitants allaient et venaient. Certains leur jetèrent des coups d'œil intrigués.
Ils croyaient sûrement qu'ils étaient un couple.
Vos ne pouvait pas nier que cette pensée ne lui déplaisait pas.
« J'ai choisi le plus expérimenté d'ici. Cela lui fera les fins de mois. Et…je pense que si tu ne l'as pas tué, c'est qu'il sait se débrouiller avec toi. »
En effet.
« Tu sais…j'étais sérieuse. »
Vos se tourna vers elle, surpris.
Sérieuse ?
« Quand je t'ai proposé de prendre la tête du département scientifique. A Carcer. Enfin, au début, je ne le pensais pas vraiment. Je voulais me moquer de toi mais…depuis que tu m'as sauvée la vie, j'ai reconsidéré ma proposition. »
Vos s'arrêta pour qu'elle lui en dise plus.
Elita-One n'avait toujours pas lâché sa main.
« Je t'ai observé. Et…Je crois sincèrement que tu as suivi le groupe. Ton groupe. Tu n'y peux rien. C'est l'effet de groupe qui t'a poussé à commettre ces actions. Tu pensais que c'était normal. Mais une fois que tu t'es séparé de ton groupe…tu as repris tes aises en tant qu'individu. Et tu parais être une personne…décente. »
Une personne décente…
C'était la première fois qu'il entendait un tel terme à son égard.
Bourreau, boucher, animal…Mais jamais décent.
« Tu ne devrais pas laisser un groupe affecter ce que tu es, scientifique. Vos…ce n'est même pas ton vrai nom. C'est juste le nom d'une Cité fait pour te déposséder de ton identité. Les autres ne sont peut-être plus maîtres de leurs identités…Mais rien ne t'oblige à partir. »
Elita-One précisa, voyant l'expression du fusil-sniper changer.
« Je sais que Cynicus n'était pas ton vrai nom non plus. Il s'agissait de ton pseudonyme pour ta couverture. Mais…je me demande quel est ton vrai nom. Si tu t'en rappelles. Car…Je n'ai pas envie de continuer à t'appeler Vos jusqu'à ce que tu repartes. »
Elle prononça cette dernière phrase, visiblement contrariée.
Contrariée à ce qu'il reparte… ?
« …Sauf si tu acceptes ma proposition et si tu décides de rester. »
Vos plissa les optiques.
Elle lui proposait de rester…alors qu'il l'avait trahie dans le passé ?
Cela signifiait qu'il avait été pardonné ?
Qu'elle lui avait pardonné ? Parce qu'il n'y avait pas d'autre explication pour l'inviter à rester.
« Optimus Prime lui-même disait autrefois que chacun avait une chance à la rédemption. Tu peux, toi aussi. Mais tu ne l'obtiendras pas en restant à la DJD. Cela va t'empoisonner l'esprit.»
Vos resta sans voix…
Elita-One lui proposait de rester avec elle.
De rester à Carcer…
Et en plus, elle lui offrait une proposition alléchante.
Scientifique en charge du département…il ne lui obéirait qu'à elle.
Il pourrait redevenir néoprimaliste.
Et il pourrait rester avec elle…la voir tous les jours.
« Je comprends. C'est si soudain comme proposition. Mais sache qu'elle tient toujours, aussi longtemps que tu seras à Carcer. A toi de choisir si tu veux rester mélangé à un groupe que tout le monde déteste…ou si tu désires récupérer ton individualité, scientifique. »
Scientifique…
Pas membre de la DJD. Scientifique.
Vos repensa au récipient psychologique, aux heures qu'il avait passées dessus.
Il n'avait pensé à rien…à rien d'autre que son objectif. Un sentiment qu'il appréciait, qu'il adorait.
Il n'avait même plus pensé à la mission. A Overlord, à la DJD.
« Où aimerais-tu aller ? On pourrait se prendre un verre quelque part ? » lui proposa Elita-One.
Vos sortit de ses pensées. Il acquiesça et la suivit dans les ruelles.
Ce fut à ce moment-là qu'il aperçut deux silhouettes au loin.
Deux silhouettes qu'il reconnaîtrait parmi tant d'autres…Vos jeta un coup d'œil à Elita-One. Elle aussi les avait remarqués.
« On dirait que tu as de la visite. »
Tesarus et Nickel étaient venus à leur rencontre, la Minicon assise sur l'épaule du géant.
Vos et Elita-One étaient restés à leur emplacement. Vos avait lâché la main de la Commandante mais il devinait qu'ils l'avaient déjà remarqués.
Vos garda le silence. Il y eut un léger temps de latence avant que Tesarus ne s'exprime le premier.
« Qu'est-ce que tu fabriques, Vos ? »
Vos croisa les bras, cherchant ses mots.
- On se balade, lui répondit tranquillement Elita-One. On n'a pas le droit ? Dois-je avoir votre autorisation ?
- Ce n'est pas à vous que je m'adresse ! grogna Tesarus, les poings serrés.
Vos lui fit un geste de la main, l'invitant à se calmer.
- Alors, Vos ? Tu nous expliques ?
Le fusil-sniper soupira.
Il confirma les dires d'Elita-One.
- Loin de notre part de te critiquer, déclara Tesarus. Mais…je crois me rappeler que tu as…je ne sais pas. Une mission à accomplir ?
Il répliqua qu'il y travaillait, vague.
- Ouais, mais Tarn commence à être fatigué d'attendre. On commence à être fatigués d'attendre.
- Cela n'a jamais été votre point fort, n'est-ce pas ? La patience, commenta Elita-One.
- Vous savez que si on n'obtient pas ces informations avant la fin de la journée, on attaquera Carcer ? grogna Nickel à son encontre.
Elita-One ne parut nullement ennuyée par ces menaces.
Vos leur indiqua que ce n'était pas une bonne idée.
- Ah oui ? Et pourquoi donc ? Quoique, non. Ne me dis rien. On sait pourquoi. Vous passez du bon temps ensemble, commenta Tesarus, le ton montant de plus en plus.
- Cela vous dérange ? Vous devriez plutôt être soulagés que Vos ne soit pas traité comme un otage, lui lança Elita-One. Car les otages à Carcer…ont la vie dure, vous savez.
Si les optiques de Tesarus avaient pu être entraperçus, Vos devina qu'il l'aurait fusillée du regard.
- Ce serait dommage de te placer dans ma turbine. Surtout que ce n'est pas une bonne idée d'être seule avec nous.
Sa menace fut comme un déclencheur.
Aussi vite qu'il ne put l'imaginer, Vos se plaça entre eux.
Sa réaction déconcerta ses deux camarades.
- Qu'est-ce que tu nous fais, Vos ? Qu'est-ce que tu es en train de faire ? cracha Tesarus. Tu vas m'empêcher de lui broyer les parties ?
Vos garda le silence.
Il l'invita cependant à ne pas poursuivre.
- …Je vais vous laisser vous expliquer, ricana Elita-One alors qu'elle s'éloignait de quelques mètres, laissant les membres de la DJD seuls entre eux quand bien même elle observait la scène de loin.
Nickel lui adressa une expression furieuse. Elle descendit de l'épaule de Tesarus en actionnant ses fusils avant de se planter devant Vos.
Contrairement à Tesarus, elle paraissait toutefois plus inquiète et concernée qu'en colère.
- On a une mission, lui rappela Nickel. Ecoute, on comprend que tu ne veux pas faire de mal à Elita-One. Vous avez un passé ensemble…
- …Mais on a une mission. Elle importe plus que le reste, renchérit Tesarus.
Vos hocha la tête.
Il dit qu'il savait.
- Alors, pourquoi tu fais cela ? Pourquoi tu te balades avec elle ? J'ai compris ! Tu essaies de regagner sa confiance, n'est-ce pas ? le questionna le géant, avec un brin d'espoir. Pour qu'elle nous livre les informations !
Vos laissa les bras tomber le long du corps.
Il répondit que non.
- Non ?
Non…Il passait du temps avec elle…parce qu'il avait envie de passer du temps avec elle.
Tesarus et Nickel en demeurèrent bouche bée.
- Tu n'es pas sérieux ? fit Nickel.
- Avoue. Tu déconnes.
Vos secoua la tête.
Tesarus se frappa le visage.
- On n'aurait jamais…jamais dû te laisser seul avec elle ! A Carcer ! Elle t'a retourné le processeur, c'est ça ?
- Vos…Elita-One n'est pas une fille pour toi ! le réprimanda Nickel.
Qu'est-ce qu'elle en savait ?
- Mais regarde-la ! Je ne vois pas une once de sincérité dans son comportement !
- Reviens parmi nous ! fit Tesarus. Et Tarn comprendra. Il te pardonnera.
Tesarus était sur le point de contacter Tarn pour demander une téléportation.
Vos l'interrompit d'un geste.
- Tu as oublié la mission, Vos. On te ramène à la maison.
Puis, Vos leur lâcha une bombe.
Une nouvelle qui les mettrait en colère et leur ferait sûrement énormément de peine.
Il leur dévoila qu'il ne comptait pas revenir.
Tesarus ouvrit la bouche tandis que Nickel écarquilla les optiques.
- Pardon ?
Mais sache que la proposition tient toujours, aussi longtemps que tu seras à Carcer.
Il resterait à Carcer.
Il resterait avec Elita-One.
Il était désolé pour ses camarades mais…la décision était prise.
- ...Tu rigoles ? Dis-moi que c'est une blague.
- Vos…est-ce que tu te rends compte de ce que ça implique ?
Tesarus fit un pas vers lui. Vos recula, le toisant avec défi dans ses optiques.
- Si tu décides de nous lâcher, tu deviendras un traître. Ton nom sera sur la Liste. Ton vrai nom. On te traquera et on te tortura. Tu le réalises ?
Vos le savait…
Tout cela, il le savait.
- Ne nous oblige pas à te torturer. Ne m'oblige pas à te torturer, dit Tesarus. Tu ne vas pas faire comme le précédent Vos…n'est-ce pas ?
Vos haussa les épaules.
Vos était le titre maudit, de toute manière. Pour de bonnes raisons.
Mais lui n'était pas un espion. Il était sincèrement membre de la DJD.
Vos jeta un œil en direction d'Elita-One derrière lui.
- …Tu seras tué, le prévint Nickel, la voix blanche.
Il était prêt à prendre le risque.
- Juste…dis-nous pourquoi. Dis-moi pourquoi, balbutia la Minicon.
Vos détourna la tête.
Ce regard de la part de Nickel…c'était plus dur à encaisser qu'il ne l'imaginait.
- On est ta famille, non ?
Oui.
Vos lui déclara qu'il voulait être libre. Indépendant. Qu'il avait trop mis de côté sa vie personnelle.
Il ne pouvait pas obtenir ce qu'il désirait à la DJD. Plus maintenant.
- …Tu me déçois énormément.
La déception…
Vos savait qu'il devrait affronter la colère de Tarn…Mais à l'heure actuelle, c'était la déception de Nickel qui fut le plus insupportable.
- Dernière chance, Vos. Rentre.
Vos refusa la chance offerte par Tesarus.
Les deux anciens camarades de Vos s'échangèrent un regard troublé et bouleversé. Nickel se couvrit le visage, désemparée, tandis que Tesarus posait sa main géante sur son casque, adressant une expression dure à Vos.
- Quand on se retrouvera…je te jure que je te ferais souffrir.
Vos ne réagit pas.
Les deux demandèrent à Helex un moyen de téléportation.
L'instant d'après, le fusil-sniper les vit disparaître sans un au revoir.
Elita-One s'approcha de lui. Délicatement, elle posa la main sur son épaule, le regard sympathique.
- Allons prendre un verre. C'était dur…c'est moi qui paie.
Vos baissa la tête mais la suivit dans la rue.
Il avait trahi ses camarades…c'était nécessaire mais il avait trahi ceux qui avaient été sa famille tout ce temps.
- …Je suis triste que tu aies dû dire au revoir à tes camarades. Mais sache une chose : je suis contente que tu aies accepté ma proposition.
Je suis contente.
Lui qui adorait être en sa présence…Cette fois-ci, Vos évita de la regarder.
« Vous n'avez jamais eu l'intention de nous donner ces informations. »
Elita-One revenait de sa sortie avec Vos. Elle avait ordonné aux gardes de déménager les affaires de Vos dans une chambre plus grande.
De préférence, non loin de ses quartiers à elle.
Elle reçut un appel…et pour être franche, elle fut surprise que cela ne soit pas arrivé plus tôt.
Il lui avait donnée rendez-vous à l'extérieur de Carcer. Accompagnée par deux gardes, Elita-One s'y était rendue.
Elle se sentait…sereine. Confiante.
« Je suis sûr que vous avez menti tout du long. Pour vous approprier Vos. »
Tarn se tenait droit. Mais Elita-One devinait qu'il n'était pas à l'aise. Qu'il était encore sous le choc par les dernières nouvelles.
Elle connaissait sa dangerosité. Mais elle était le Commandant. Celle qui avait été choisie.
Elle ne reculerait pas devant lui. S'il devait la tuer, ainsi soit-il.
Mais Elita-One ne fuirait pas.
- Je n'ai jamais menti, déclara-t-elle tranquillement. Je sais où se trouve Overlord. Mais j'ai connu Cynicus bien avant vous.
- Son nom n'est pas Cynicus.
- Son nom n'est pas Vos non plus.
Tarn releva le menton vers elle. Ses optiques rouges s'étaient plissées derrière son masque.
Elita-One garda les mains jointes, le long de son corps. Avec dignité, elle se justifia :
- Et je ne me suis pas appropriée Vos. C'est lui qui a choisi de rester.
- Personne ne quitte la DJD.
- Allez-le-lui dire. Je lui ai seulement rappelé qu'il était un être. Avant d'être partisan de la Cause Decepticon. Vous, la DJD…Vous êtes des fanatiques. Vous lui ôtez toute liberté personnelle et individuelle. Juste pour obéir à votre Cause.
- La Cause le nécessite.
- Au point de refouler toute émotion. Vous ne croyez pas que c'est malsain ? Au fond de vous, vous le savez.
Tarn ferma les optiques, prenant une inspiration.
- Vous vous moquez de lui. Vous n'avez fait que le manipuler.
- Tout comme vous. C'est osé de votre part, de me faire la leçon. Surtout que c'est vous qui avez laissé Vos entre mes mains pour qu'il soit mon otage, juste pour découvrir des informations sur Overlord. A croire que ce dernier était si important pour que vous sacrifiez un camarade.
- Je vous aurais tué si vous lui aviez fait du mal.
- Vous restez un manipulateur. Peu importe qu'il s'agisse de votre équipe ou pas.
Elita-One le pensait sincèrement.
Elle possédait des talents de manipulatrice. Mais à côté de Tarn, elle aimait se croire inoffensive.
Au moins, elle laissait à ses subordonnés la faculté de rester des individus. Ce n'était pas le cas de Tarn. Il avait conduit ses camarades à devenir des psychopathes qui agissaient en tant que groupe, non en tant que personne avec du libre-arbitre.
- Dans ce cas, on attaquera Carcer.
- Mais je vous en prie. On vous attend.
Elle fit un signe de tête à ses gardes. Il était temps de rentrer à l'intérieur.
- Vous attaquerez Vos aussi…N'est-ce pas ? Alors qu'il a été votre camarade.
- C'est lui qui ne me laisse pas le choix, répondit-il, le ton sourd.
- Ce n'est jamais de votre faute.
Cela ne fit qu'accentuer le mépris d'Elita-One envers Tarn et ses camarades.
Rien n'était jamais de sa faute alors qu'il avait tout provoqué…
- Et je suis surprise que vous n'usez pas de votre faculté, alors que vous pourriez le faire.
- …Je ne serais pas aussi confiante que vous à votre place, Elita-One.
Elita-One haussa simplement les épaules.
- A bientôt, alors.
Tarn ne lui adressa aucun « au revoir » ou aucune forme de politesse.
Il se contenta de demander un moyen de téléportation à ses camarades.
Elita-One fit de même…Quelques minutes plus tard, elle fut à nouveau à l'intérieur de Carcer.
Elle ne devait pas crier victoire trop vite.
Elita-One savait qu'ils n'en auraient pas fini avec la DJD…surtout si Vos avait décidé de les rejoindre.
Non. Plus Vos.
Cynicus. Tel qu'elle l'avait toujours connu.
Quand elle revint à ses quartiers, Obsidian l'interpella.
- Quoi ?
- …On a trouvé les coupables derrière l'explosion.
Elita-One haussa un sourcil.
La stupeur la saisit quand Obsidian lui donna les noms. Les noms de ceux qui avaient perpétré un attentat contre Carcer.
Ce n'était pas la DJD.
Ils auraient pu légitimement le croire…Mais il ne s'agissait pas de la DJD.
Non…A la place…
On les amena à la salle du trône. Les trois d'entre eux.
Les trois coupables.
« Vous avez trahi Carcer. »
Ils avaient beau supplier, plaider leur innocence…ils jurèrent qu'ils n'étaient pas coupables, qu'ils n'avaient rien fait…
Mais on avait retrouvé les explosifs dans leurs quartiers.
Elita-One eut du mal à les croire.
Ces trois-là avaient déjà protesté contre l'autocratie de Carcer…à plusieurs reprises. Mais elle avait pensé qu'ils s'étaient assagis.
La preuve que non.
Mais Elita-One n'aurait jamais pu penser que cette attaque aurait eu lieu en interne. Peut-être avaient-ils légitimement pensé qu'ils n'auraient qu'à accuser la DJD pour ces crimes. Il s'agissait de la meilleure opportunité.
Elita-One adressa un regard à Cynicus qui se tenait dans l'assemblée pendant qu'elle les jugeait.
« …Vous êtes des traîtres mais vous mourrez en héros. »
Elle les condamna à l'ultime sentence.
Ils seraient exécutés et leurs carcasses combleraient le trou causé par l'explosion.
Cela maintiendrait Vigilem en vie et sous contrôle.
Ils crièrent. Ils ne cessèrent de plaider jusqu'à ce que le coup fatal soit porté.
Elle prendrait leurs casques…ils serviraient à son trône.
Elita-One se sentit puissante. Elle ne s'était jamais sentie aussi puissante que durant une exécution.
Elle…luttait pour une noble cause.
Et Cynicus l'accompagnerait.
Une cause en échange d'une autre. La vraie Cause.
