HERE FOR YOU
par wisegirl2772
traduction de m13a
Chapitre 32
La nouvelle de l'abrupte arrivée au pouvoir d'Ombrage ne fut surpassée en degré d'improbabilité que par une chose : l'échappée d'Albus Dumbledore. À chaque coin de couloir on racontait une nouvelle version de ce qui s'était passé ce soir-là, toutes plus dingues que la précédente. Tout cela aurait été très amusant, si l'on omettait le fait qu'Ombrage s'était auto-proclamée Directrice, mettait son nez dans toutes les affaires de l'école, et avait instauré une escouade d'élèves choisis pour gouverner le château. Amy se retenait tant bien que mal d'enlever des points aux membres de la brigade inquisitoriale, qui eux, se pavanaient et avaient pris l'habitude de retirer des points à tous les élèves qui n'étaient pas à Serpentard dès qu'ils en croisaient.
Alors que les élèves tentaient de comprendre ce qu'il s'était réellement passé dans le bureau de Dumbledore, les professeurs, eux, se demandaient plutôt comment ils allaient s'en sortir maintenant que leur pire cauchemar était à la tête de l'école. McGonagall était persuadée qu'ils devaient faire comme si de rien n'était afin de maintenir un semblant de stabilité pour les élèves, et n'arrêtait pas de rejeter l'idée d'Amy selon laquelle ils feraient mieux d'enfermer Ombrage dans un placard à balais sans sa baguette. Amy en était extrêmement déçue.
Plusieurs fois, Amy avait considéré envoyer une lettre à Charlie, mais s'était retenue, de peur que le message ne tombe entre les mauvaises mains, des mains boudinées de bagues de mauvais goût. Elle ne pouvait même pas lui parler par cheminée, car Ombrage contrôlait tout le réseau maintenant. Elle avait du mal à l'admettre mais elle ne tenait plus en place, à la fois parce qu'elle était loin de Charlie, mais aussi car elle n'avait aucune idée d'où elle allait pouvoir aller si elle était renvoyée de Poudlard. Amy s'était donc contentée d'écrire à sa mère, une correspondance bien moins risquée. En plus de cela, elle savait très bien que sa mère allait s'inquiéter plus que de raison si elle ne recevait aucune nouvelle de sa cadette. Amy avait beau être une sorcière parfaitement adulte, et avoir été éduquée dans l'une des meilleures écoles américaines, ce qui voulait dire qu'elle se débrouillait plutôt bien avec une baguette, elle resterait toujours la petite fille de sa mère. Ce que sa famille n'hésitait pas à utiliser pour se moquer d'elle.
Dans ses lettres, la sorcière expliquait à sa mère qu'il y avait actuellement beaucoup de… changements dans le monde sorcier et à Poudlard, mais qu'elle allait bien quand même. Elle ne s'attarda pas sur Voldemort, les Mangemorts ou bien le fait qu'elle allait probablement perdre son travail dans les prochains jours, cela ne ferait que l'inquiéter. Et il n'y avait rien de pire que Maman Wyman inquiète. Non, Amy préféra parler de ses élèves, des espoirs qu'elle avait pour eux lors des examens qui approchaient, du changement de direction de l'école. Elle expliqua qu'elle était curieuse de voir comment la nouvelle directrice allait réformer l'école, mais elle ne précisa rien de plus.
Même si Ombrage était toujours aussi furieuse que Dumbledore se soit enfui, et indignée de ne pas pouvoir entrer dans le bureau de la direction qui lui revenait de droit (selon une rumeur diffusée par les portraits, où Ombrage avait été vue traverser l'école de long en large, rouge et fulminante), elle avait l'air plutôt satisfaite d'elle-même. Chaque fois qu'Amy croisait la sorcière en rose, elle remarquait son sourire malfaisant et son air condescendant. Amy suspectait qu'Ombrage était en train de préparer son renvoi dans les moindres détails, et même si elle n'était pas encore certaine des détails, Amy sentait que cela allait arriver bien vite. Elle s'efforçait donc de profiter du peu de temps qu'il lui restait au château.
Elle n'avait cependant pas réalisé que le peu de temps qui lui était alloué serait si court.
Cela commença au déjeuner. Amy s'était installée à une chaise de la table principale, faisant attention de choisir un des sièges les plus éloignés de celui du directeur, car elle supposait qu'Ombrage allait se l'approprier. Dès qu'elle avait posé un pied dans la Grande Salle, elle avait noté la tension palpable qui régnait entre les différentes maisons. De nombreux regards noirs étaient adressés à Malfoy et sa cour à la table de Serpentard. Ce qu'Amy ne remarqua pas, par contre, ce fut les jumeaux Weasley, cachés dans une des niches de la pièce, chuchotant avec agitation. Non, l'enseignante avait commencé son repas et en profitait pour noter les devoirs abandonnés sur son bureau la veille au soir. Sa plume était en l'air, prête à se mettre au travail. Cependant, on aurait dit qu'il y avait quelque chose à Poudlard qui souhaitait à tout prix l'empêcher de noter ces dissertations.
A la seconde où l'encre toucha le parchemin, la Grande Salle explosa dans un nuage de couleurs aveuglant. Les élèves criaient dans la poussière et les étincelles qui emplissaient l'air, les tables tremblaient tellement que les assiettes et les verres vibraient jusqu'à tomber au sol pour certains dans une cacophonie de métal et de verre brisé. Amy se leva, tirant sa baguette de la manche de son pull. Elle la pointa sur le nuage grandissant de fumée et de cendres, se préparant à faire disparaître la source de cette diablerie quand tout à coup, des feux d'artifices s'échappèrent du centre du nuage de suie. Ils explosèrent en hauteur, illuminant le plafond magique et les murs de la Grande Salle d'une myriade de couleurs. Des bleus vibrants, des rouges saisissants, des verts explosifs se réfléchissaient dans la grisaille de la pièce. Dès qu'ils se croisaient, ils explosaient de plus belle, allaient rebondir sur les murs et les tables. Ils tourbillonnaient dans la salle sans perdre en couleur, et s'attiraient l'admiration de tous les élèves. Le nuage de fumée finit par s'estomper, pour révéler une boîte clairement étiquetée FEUXFOUS FUSEEBOOM WEASLEY, qui finit par brûler suite aux explosions continues des feux d'artifices.
Amy n'en croyait pas ses yeux. Tout autour d'elle, les feux d'artifice semblaient prendre de l'ampleur, devenir plus énergiques, et paraissaient transmettre un peu de cette énergie aux élèves spectateurs. Après le choc initial et la surprise, les élèves admiraient en riant le spectacle coloré des feux qui formaient des mots et dessins dans les airs. C'était la première fois depuis longtemps qu'Amy voyait les adolescents heureux, et Amy ne put retenir un sourire.
Jusqu'à ce que la porte de la Grande Salle ne s'ouvre en grand sur une Ombrage fumante et un Rusard hébété. Tout le monde sortit de son admiration et se tourna vers les deux nouveaux arrivants. La nouvelle Directrice avait la bouche grande ouverte dans un rictus comique, qui la faisait un peu ressembler à un poisson, sa baguette pendait inutilement à ses côtés, sa main la retenant mollement.
Les élèves, stoppés en plein fou rire, échangeaient des regards entre eux tout en observant le Crapaud, et tentaient de rester sérieux alors que les feux d'artifices continuaient à épeler des insultes dans l'air. Amy se mordit la lèvre, rassembla ses papiers du mieux qu'elle put sans se faire remarquer. Se faufilant, elle quitta la table des professeurs et se dirigea de l'autre côté de la pièce. Après une explosion particulièrement imposante, les élèves prirent également leurs affaires et se précipitèrent hors de la Grande Salle, bousculant Ombrage au passage tout en retenant leurs éclats de rire. Amy s'arrêta sur le pas de la porte pour observer Ombrage et Rusard crier après les étincelles qui les attaquaient, essayant de les éviter pour ne pas prendre feu.
« Dépêchez-vous, Rusard ! » aboya Ombrage, se redressant. « Si l'on ne fait rien ils vont se propager dans toute l'école en un temps record ! » Elle leva sa baguette, la pointa sur un feu d'artifice qui fonçait droit sur elle, et s'écria « Stupéfix ! » Mais au lieu d'arrêter les étincelles, cela ne fit que les dupliquer.
Ombrage s'avança dans la Grande Salle, lançant des sorts à tout va sur les feux d'artifices. Elle s'énerva sur Rusard, lui ordonnant d'arrêter de stupéfixer les feux d'artifices, courant dans tous les sens pour éviter que ceux-ci ne la touchent. Amy sortit de la grande pièce maintenant vide, s'écartant pour laisser passer une salve d'étincelles.
« Vous voilà bien occupée, Ombrage ! » s'exclama Amy alors qu'Ombrage passait devant elle, lui lançant un regard mauvais. Amy leva une main en l'air, et agita légèrement ses doigts, moqueuse, continua : « J'aurais beaucoup aimé vous aider, mais malheureusement, la gestion de feux d'artifices enchantés ne fait pas vraiment partie de mes fonctions. »
Amy s'en alla presque en sautillant, des étincelles explosant tout autour d'elle.
...
La journée complète se passa au son des feux d'artifices explosant dans les couloirs du château et des rires des élèves qui s'amusaient de voir Ombrage courir d'un couloir à l'autre en soufflant. Amy déclara sans filtre aux autres professeurs qu'elle trouvait la situation plutôt drôle elle aussi. Elle avait entendu Ombrage et Rusard chasser les feux d'artifices toute la journée dans les couloirs.
D'après ce qu'elle avait compris, les autres professeurs avaient finalement adopté pleinement le décret d'éducation numéro vingt-six, et donc au lieu de s'occuper des étincelles enchantées, ils appelaient Ombrage à tout bout de champ pour qu'elle vienne faire le sale boulot à leur place. Et c'était du sale boulot. Entre ses classes, quand Amy sortait dans le couloir pour surveiller la situation, elle apercevait parfois le Crapaud, les cheveux en pétards et le visage couvert de suie noire. Amy était surprise que la sorcière ne se soit pas encore évanouie de fatigue.
Pour la première fois depuis longtemps, la journée se déroula dans les rires et la bonne humeur, une situation étrangère au château depuis des semaines, voire des mois. Alors qu'Amy parcourait les couloirs plus tard dans la soirée, elle admira les feux enchantés qui étaient enfin redescendus, et s'agitaient maintenant au sol comme bon leur semblait. Amy s'arrêta, s'appuya contre l'encadrement d'une fenêtre, les bras croisés. Elle soupira, profitant de la brise nocturne. L'air était frais, mais le vent lui faisait du bien, et contrastait avec la chaleur de Poudlard. Les étincelles continuaient de craquer ici et là, des explosions de couleur apparaissant sous les paupières closes d'Amy.
Amy avait toujours aimé la nuit. C'était à ce moment-là qu'elle réfléchissait le mieux, et puis, nombreux de ses meilleurs souvenirs avaient eu lieu la nuit. Elle avait rencontré Georgie un soir lors d'une fête à l'école, tout comme la sœur de Georgie. Sa première soirée pyjama avait été chez Georgie, et elle se rappelait parfaitement cette soirée, elles deux dans le même lit à six ans avec leurs pyjamas roses, les petits doigts croisés dans une promesse. Chaque année sa famille faisait un road trip pour aller rendre visite à ses grands-parents, et ils partaient toujours de nuit. Elle avait un souvenir très net de Chicago la nuit, brillante de milles lumières, presque magique. Avec le lac tout près, et l'agitation constante, Chicago avait longtemps été son propre château. Il faisait noir également quand Amy avait reçu la lettre l'informant de son statut de sorcière, la nuit avait ressemblé à celle d'aujourd'hui. Une soirée de feux d'artifices, belle et joyeuse, gâchée seulement par la chouette qui volait vers elle. Amy avait ensuite passé de longues nuits à réfléchir à son futur, avant de se décider à suivre sa destinée. Son premier baiser avait eu lieu à l'ombre du porche de sa maison un soir (même si elle ne l'admettrait jamais devant ses parents). Il faisait également nuit lorsqu'elle avait rencontré Charlie, et lorsqu'elle avait réalisé qu'elle avait des sentiments pour lui, cette nuit de danse dans la Grande Salle. Elle respira l'air froid, heureuse, perdue dans ses souvenirs. Elle aurait pu passer la nuit ici, à la lumière des étincelles, elle l'aurait fait…
BANG
Amy sursauta, fit volte-face la baguette en main (ce qui semblait lui arriver fréquemment en ce moment). Elle faillit trébucher vu la vitesse de son mouvement, mais réussit à se maintenir debout. Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais ça n'était pas la première fois qu'elle avait pris peur aujourd'hui, étant donné que les feux d'artifices choisissaient souvent le moment le plus calme pour exploser de plus belle. Cependant, au lieu d'un Mangemort ou d'une araignée mangeuse d'hommes, il n'y avait qu'Ombrage face à elle. Amy aurait pu soupirer de soulagement si elle n'avait pas pris en compte l'apparence du Crapaud, qui bien que comique, faisait peur à voir.
De la fumée s'échappait des cheveux d'Ombrage, apparemment en provenance de ses oreilles. Son visage était renfrogné à tel point que la sensation de sérénité qui avait enveloppé Amy quelques instants plus tôt s'envola définitivement. Ombrage leva un doigt devant son visage, tremblant légèrement alors qu'elle le pointait sur Amy, qui elle tentait de garder son sérieux, et regardait la sorcière de loin.
« Vous, » clama le Crapaud, dans une expression rageuse. « C'est de votre faute. » Elle s'avança d'un pas menaçant au milieu des pétards qui continuaient d'exploser, illuminant le ciel noir de la nuit tombée. Amy était presque sûre d'avoir entendu un feu d'artifice rentrer dans le saule cogneur, mais elle n'osa pas se retourner pour voir. On ne pouvait pas vraiment faire confiance à un crapaud, et certainement pas un crapaud fumant de colère comme ça.
Amy souleva un sourcil, regardant la petite sorcière de haut. « Moi, professeure ? » demanda-t-elle innocemment, sursautant à peine alors qu'une autre explosion retentissait juste à côté d'elle, des étincelles emplissant l'air entre les deux sorcières. « Par Morgane, mais qu'est-ce que vous pensez que j'ai fait ? » Elle souriait, admirant les couleurs vives qui flottaient autour de sa tête. Autant s'amuser un peu avant de retourner au lit.
« Vous avez rempli la cervelle de ces gamins d'idées destructrices, » siffla Ombrage, son nœud rose brûlé gigotant furieusement sur son crâne. « Vous leur avez appris à être impertinents et irrespectueux envers leurs… leurs supérieurs ! » Elle regarda Amy de haut en bas, les yeux plissés en deux petites fentes. « Vous les avez corrompus. » Amy se dit qu'Ombrage aurait pu lui cracher aux pieds si elle n'avait pas été aussi distraite par les pétards qui semblaient attaquer ses cheveux cramés.
Amy fronça les sourcils, perdue dans ses pensées. « Vraiment ? » questionna-t-elle, tapotant son menton d'un doigt, concentrée. « Je croyais que je leur enseignais les Sortilèges… » Elle haussa lassement les épaules, se délectant de la rage visible dans les traits d'Ombrage. « Enfin bon, chacun son opinion. » Elle tourna les talons, repoussant ses cheveux derrière son épaule d'un geste aussi peste que possible.
Elle était bien plus loin dans le couloir lorsqu'elle entendit les paroles suivantes. Elle faillit ne rien entendre du tout à cause des Feuxfous Fuseboom, mais la voix suintante d'Ombrage enserra Amy, sa froideur la remplissant d'effroi.
« Vous êtes virée. »
Amy se figea sur place, clignant bêtement des yeux alors que les mots prenaient sens, la glaçant jusqu'au cœur. Elle serra les poings, se forçant à croire qu'elle avait mal compris ce qu'avait dit le Crapaud. Elle devait tenir un peu plus longtemps que cela. Cela faisait à peine deux jours que Dumbledore était parti, et maintenant c'était son tour de se faire jeter ? Elle ne pouvait pas laisser ça se passer comme ça, elle le refusait tout court.
Elle se retourna lentement, d'abord la tête, puis le torse et les jambes tremblantes. Elle plissa les paupières vers Ombrage, qui la regardait avec des yeux ronds et l'expression jubilatoire d'un enfant. La tête d'Amy sembla pousser le Crapaud à être encore plus mauvaise, car son sourire devint alors sadique, ses dents pointues visibles, presque diabolique.
« Pardon ? » murmura Amy.
« Vous. Êtes. Virée. » énonça très clairement Ombrage, sa voix rauque résonnant dans le couloir froid. Amy ne pouvait détacher son regard de la sorcière face à elle, frissonnant alors que les mots d'Ombrage venaient tirailler ses entrailles.
Ombrage se dandina de quelques pas en avant, fière d'étaler son sourire vainqueur devant la jeune sorcière. Elle n'était plus qu'à un mètre de la tremblante Amy. « Vous êtes virée, » souffla le Crapaud, les pupilles brillantes de triomphe. « En tant que Directrice, je vous ordonne de rassembler vos affaires. Je vous veux hors du château dans moins d'une heure. » Ses yeux brillaient d'une lueur malsaine. Elle détailla Amy nonchalamment de haut en bas, ne se préoccupant pas que celle-ci grelottait, de froid, de peur, de colère.
« Voilà une bonne chose de faite, je n'aurais pas pu imaginer de meilleure manière de célébrer ma nomination en tant que Directrice de Poudlard que d'enfin pouvoir me débarrasser d'une racaille comme vous ! » Ombrage partit dans un rire moqueur. « Quoique, ça n'est pas surprenant que quelqu'un d'aussi peu qualifié et déméritant que vous soit licencié. Les gens de votre sorte sont la pire espèce de… »
Du sang jaillit du nez d'Ombrage, la sorcière reculant sous le choc, ses bras battant l'air comme un ridicule moulin à vent. La respiration d'Amy était calme, profonde, sa main lui faisait mal, mais elle ne fit que la secouer légèrement. Elle ignora la sensation de picotement dans les jointures de ses doigts, préférant regarder le Crapaud, dont les mains entouraient son nez, du sang coulant le long de ses poignets rosâtres.
Ombrage avait eu le temps de se reprendre et de retirer ce qu'elle avait dit. Amy n'allait pas laisser passer aussi facilement des insultes envers sa famille, ou même « les gens de sa sorte ». Dans ce cas-là, elle ne répondait plus de ses poings. Elle avait deux grands frères moldus, évidemment qu'elle savait se battre, et pas de la manière la plus propre qui soit.
« Que ce soit bien clair, » déclara Amy à la sorcière choquée, d'une voix étrangement calme pour quelqu'un qui venait de perdre son travail : « Vous êtes une sale conasse. »
...
Charlie soupira, se pencha en arrière et laissa échapper un grognement alors qu'il s'étirait, les bras hauts en l'air. Cela faisait plusieurs heures qu'il travaillait, penché sur la table de son salon, révisant des montagnes de paperasse. Ses doigts étaient maculés d'encre noire, ses yeux lourdement cernés.
Il s'était dit (ou plutôt avait espéré) qu'en restant en Angleterre au lieu de rentrer en Roumanie, il allait vite se rendre compte que travailler au Ministère à la régulation des créatures magique était aussi excitant que d'être sur place à la réserve aux côtés desdites créatures. Malheureusement, il s'était trompé, et le fait qu'Amy soit repartie n'arrangeait rien. Il n'avait pas honte d'admettre que la sorcière lui manquait, et même s'il était heureux qu'elle soit protégée et occupée à Poudlard, il ne pouvait s'empêcher de souhaiter qu'elle soit de retour avec lui.
Il fut sorti de ses pensées par le léger bruit de quelqu'un toquant à sa porte. Se demandant qui pouvait bien lui rendre visite si tard le soir, Charlie se leva avec précaution de son fauteuil, la baguette prête en cas de besoin. Il fit un mouvement de la main : les lumières de son appartement s'éteignirent, ne laissant que des ombres bleutées dans la pièce. Il glissa jusqu'à la porte, faisant attention à ce que ses pas ne fassent pas craquer le plancher. Il savait bien que ce n'était ni son père, ni sa mère – ils lui auraient passé un coup de cheminette avant de venir – et il doutait fortement que ce soit Bill, qu'il avait vu quelques heures auparavant seulement. Cela ne laissait que la possibilité d'une visite surprise de son chef ou de Mangemorts, et pour être honnête, il ne voyait absolument pas pourquoi Dirk Cresswell se déplacerait en personne pour voir un petit soigneur de dragons de son niveau.
Il agrippa la poignée en métal d'une main, se préparant à lancer un sortilège si nécessaire. Il inspira longuement, tentant d'aiguiser ses sens embourbés dans la torpeur de son cerveau en manque de sommeil, puis ouvrit la porte en grand d'un seul coup, la baguette brandie dans le noir.
Amy l'observait depuis le couloir, enveloppée dans un manteau épais, un sac de voyage sur l'épaule et plusieurs malles à ses pieds. Son visage, bien que figé dans une expression de surprise, montrait des vestiges de pleurs. Charlie abaissa sa baguette, détaillant Amy un instant.
« Salut, » fit Amy, un petit sourire au coin des lèvres malgré sa voix rauque. « Je me suis fait virer. »
Charlie la regarda encore un moment, essayant d'assimiler l'information, mais tout ce qu'il parvint à penser tournait autour du fait qu'Amy était à nouveau sur le pas de sa porte (et en avance de quelques mois, selon son calendrier). Il haussa les épaules, un sourire naissant sur les lèvres.
« Eh bien, entre alors. »
Bonjour, bonsoir,
Comme promis voici le chapitre 32 (j'ai failli dire le deuxième chapitre… enfin bref, le deuxième chapitre depuis ma reprise quoi), qui est un peu plus mouvementé ! J'espère que la satisfaction d'Ombrage se faisant taper aura été grande pour vous aussi, d'ailleurs, est-ce que « conasse » traduit bien « bitch » selon vous ? 😉
Dans le prochain chapitre on s'éloigne un peu de l'action du Tome 5 pour suivre Amy en exclusivité, c'est très sympa, je vous assure 😊
See you soon,
Emma
