Hello à tous !
Voici le nouveau chapitre de la semaine. J'espère que ces premiers jours de confinements se sont bien déroulés pour vous tous.
Bonne lecture !
Réponses aux reviews anonymes :
Lu Dona : Je te remercie pour tes compliements et ta fidélités. La suite risque de se corser et j'espère que tu ne vas pas trop me détester ! J'attends avec impatience ton commentaire sur le prochain chapitre.
Le lendemain matin, Dorea s'était réveillée un peu plus tôt que ses camarades et avait décidé de descendre petit déjeuner.
Alors qu'elle parcourait distraitement la Gazette du Sorcier, ses trois amis, ainsi que son petit ami, arrivèrent ensemble et s'installèrent à côté ou en face d'elle, le regard lumineux de curiosité et d'excitation.
Elle comprit aussitôt que Drago leur avait parlé de ce qu'il s'était passé dans le dortoir des garçons la veille.
Dorea replia lentement son journal et contempla ses amis, un à un, avec sérieux.
- J'attends vos questions, murmura Dorea en reprenant sa fourchette pour manger une portion d'œufs brouillés.
- On en a qu'une, dit Blaise.
- Laquelle ?
- Une démonstration ? demanda Théo.
- Là, maintenant ? fit Dorea d'un air étonné.
- Tu m'as bien dit que tu pouvais maitriser n'importe quel esprit ? dit Drago. Je serais très heureux de voir Weasmoche se prendre un poing dans la figure par ton frangin, sourit-il d'un air sournois.
- Tu es vraiment tordu, marmonna Dorea en remuant la tête avec dépit.
- Et le pire, c'est que tu adores ça, rétorqua-t-il de but en blanc.
Faisant fi de la dernière remarque du jeune homme, elle posa délicatement la fourchette sur la table et embrassa du regard la Grande Salle, cherchant sa proie. Son regard s'arrêta alors à la table des professeurs, sur le professeur Ombrage. Peut-être qu'une petite vengeance personnelle s'imposait depuis le temps, elle qui n'avait jamais eu de représailles de ses immondes actes. C'était le moment parfait.
Un rictus mauvais s'étira sur les lèvres de la rousse et les quatre verts et argents suivirent des yeux le regard de leur amie.
- Oooh, mercredi-jeudi-vendredi-samedi-dimanche, jura Daphné.
- Tu n'es pas sérieuse, tu ne vas pas prendre Ombrage pour cible, s'offusqua Drago.
- Je vais me gêner, murmura Dorea.
- Artwood, dit Drago d'une voix menaçante.
Dorea dévia ses prunelles émeraudes vers son petit-ami et arqua un sourcil.
- Eh bien tu pourras me dénoncer après … si t'en ai capable, bien évidemment. Mais je te rappel qui si j'écope d'une retenue, je n'aurais plus de temps à t'accorder, donc c'est toi qui vois.
Drago grogna et plissa les yeux en fixant la rousse.
- Il faut avouer une chose, mec, dit Blaise en tapant sur l'épaule du jeune homme, qu'elle est aussi machiavélique que toi. Vous allez tous les deux franchement bien ensemble.
- Allez Dott', vas-y ! s'impatienta Théo.
Dorea reporta son attention sur le professeur de défense contre les forces du mal. Quelques secondes passèrent pendant lesquels la jeune fille fixait sa cible sans cligner une seule fois. Puis soudainement, Ombrage prit son assiette de porridge et le déversa sur sa tête.
Un liquide flasque et bleuté se mit à couler sur ses cheveux et son visage de rascasse.
Les élèves éclatèrent de rire et Dorea lâcha Ombrage du regard qui dodeliner de la tête, se demandant ce qu'il venait de se passer.
- Pas mal, ricana Blaise.
Daphné tapa dans la main de Dorea et Théo applaudit silencieusement. Drago, souriait, amusé malgré lui, par l'impudence de sa petite-amie.
Le lundi soir, tout deux s'étaient retrouvés après les cours dans un placard à balai, profitant de ces moments privilégiés qu'ils s'accordaient régulièrement.
Drago, qui embrassait la jeune fille depuis deux bonnes minutes, glissa ses mains sous sa jupe, caressant sa peau nue et douce puis remonta dangereusement vers ses hanches effleurant du bout de ses doigts le tissu de son sous-vêtement. Un gémissement d'anticipation s'échappa des lèvres de Dorea qui le laissa faire, sachant très bien qu'à chaque fois il repoussait un peu plus ses limites. Ce qui n'était pas pour lui déplaire.
Elle sentit les doigts du garçon s'infiltrait entre le tissu du côté de son shorty et sa peau et Dorea, s'arrêta de respirer dans un souffle, le repoussant bien malgré elle, mettant fin au baiser. Drago comprit aussitôt que la jeune fille avait atteint sa limite.
Il expira, réprimant son impatience et posa son front contre celui de Dorea.
- Tu me tue, murmura Drago d'une voix rendue rauque par le désir. De quoi tu as peur ?
Dorea s'éloigna et s'adossa contre le mur.
- Je n'ai pas peur, répondit Dorea.
- Alors ? s'énerva le blond.
La jeune fille fronça les sourcils voyant l'impatience du blond. Elle amorça un geste pour sortir de la pièce exiguë, cependant Drago la rattrapa par le bras, pour la replacer avec douceur contre le mur. Il appuya ses deux mains contre ce dernier de part et d'autre du visage de Dorea, appréciant l'emprisonner entre lui et son corps.
- Je m'excuse, chuchota-t-il. C'est juste que j'aimerais savoir quand ça va arriver. Tu m'as déjà montré beaucoup, et j'ai envie d'en découvrir plus.
- La gourmandise est un vilain défaut Monsieur Malefoy, réprimanda Dorea d'une petite voix bordée de sarcasme.
Drago se détendit, en voyant la moue déridée de la rousse. Il se pencha et commença à embrasser le cou de Dorea, mordillant ici et là, goûtant à son odeur vanillée qui le troublait plus que de raison. Dorea couina, sa respiration se faisant de plus en plus haletante. Elle sentit le sourire de Drago s'étirait contre sa peau et elle le repoussa une nouvelle fois d'un mouvement brusque.
- Vil serpent ! dit Dorea dans une invective feinte.
- Je crois avoir trouvé ta zone hérogene, rigola Drago.
Le visage de Dorea resta sérieux, l'air préoccupé et le sourire du blond se fana.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu … tu en a vraiment envie ? demanda-t-elle avec hésitation.
- Oui, répondit-il d'un ton distinct.
Il arqua un sourcil en apercevant Dorea se dandiner d'un pas sur l'autre et baisser les yeux tout en se mordillant la lèvre.
- Mais on ne fera rien si tu t'y sens obligée, ajouta-t-il d'un ton plus ferme. Forcer une fille n'est pas mon genre. Jusqu'ici, elles ont toute été consentantes et certaines en ont même redemandé. Ce que j'espère arrivera avec toi, dit-il avec un rictus en coin.
Dorea leva les yeux aux ciels devant l'humilité feinte de son petit-ami.
- Je … je ne suis pas prête, pas pour le moment, dit Dorea. Et … sincèrement, ça arrivera un jour ou l'autre, mais pas maintenant. Je préfère te prévenir.
- Ok, dit Drago en levant les mains en signe de réédition. Alors, pour le moment, on n'ira pas plus loin de ce que l'on fait actuellement. Ça te va ?
- Ça me va, répondit Dorea.
Drago tendit la main à Dorea qu'elle empoigna pour conclure leur nouveau deal. Le jeune homme en profita pour la tirer vers lui et la plaquer contre son torse, afin de l'embrasser une nouvelle fois.
Dorea mit fin rapidement au baiser et entreprit de sortir du placard.
- Où tu vas ? s'enquit le jeune homme d'un ton qui suintait la déception.
- Je vais à la bibliothèque terminer mon devoir d'Arithmancie.
- Ok. Je peux venir avec toi si tu veux, j'ai fini le mien. Je ne pourrais pas rester longtemps, mais … je peux t'aider, si tu veux, dit-il d'un ton suggestif.
- Euh, coupa Dorea avec un léger malaise. Je ne sais pas pour combien de temps j'en ai. Honnêtement, il vaut mieux se retrouver ici après ?
- Tu sais que tu n'as pas le droit de te promener dans les couloirs au-delà de neuf-heures du soir ? fit Drago en plissant les yeux.
- Tu peux me couvrir ? demanda Dorea avec un sourire malicieux
- Vous profitez drôlement de mon insigne de préfet.
- Comme dit Blaise, a quoi ça sert, si tu ne peux pas en faire profiter tes meilleurs amis et par conséquence ta petite amie.
- Une petite amie qui me rend dingue, marmonna Drago.
- Une petite amie dont tu es dingue, corrigea Dorea d'un ton badin en levant le menton avec fierté.
- Ça tu l'as dit, grogna le jeune homme d'un ton rauque.
Dorea écarquilla aussitôt les yeux sous la surprise devant la déclaration du blond. Ce dernier profita de ce moment de flottement pour la rattraper par la taille et l'embrasser de nouveau, ne pouvant se passer de ses lèvres et de tenir son corps contre le sien.
Dorea pensa qu'elle avait dit ça en l'air, mais entendre le jeune homme l'avouer sans ambages, même si elle s'en était doutait après les dire de ses amis, était tout autre chose. Et cela l'électrisait encore plus.
Bon, elle devait rester calme et garder la tête froide, il n'avait pas dit non plus qu'il était amoureux.
Drago se détacha et prit le temps de détailler les prunelles de Dorea, brillant dans la pénombre.
- Je dois y aller, murmura la jeune fille en se dirigeant vers la porte. On se retrouve dans la salle commune après ou … ici ? Enfin … quand je reviendrais ? bredouilla-t-elle en se retournant vers lui.
- Je ne serai pas certain d'être là.
- Pourquoi ?
- Un truc de préfet, dit-il en haussant des épaules.
- Ok, dit Dorea en acquiesçant. A toute alors !
- A toute !
Les deux serpentards s'embrassèrent chastement, puis après avoir vérifié le couloir, sortirent de la pièce, chacun se dirigeant dans le sens opposé, Dorea cheminant vers les escaliers de marbres, Drago vers la salle commune de Serpentard.
- Dott', tu en a mis du temps ! s'exclama Harry.
- Désolé, j'étais un peu occupée à la bibliothèque, dit-elle en entrant dans la salle-sur-demande.
- C'est étrange, intervint Hermione, j'y suis passé il y a dix minutes et je ne t'ai pas vue.
- Achète-toi des lunettes, Granger, rétorqua la serpentard avec aplomb.
Dorea, étant la dernière arrivée s'installa près de Cho Chang, s'étonnant de ne pas voir son amie Marietta.
- Edgecombe ne vient plus ? questionna-t-elle à la brune à voix basse tandis que Harry expliquait ce qu'était le sort du patronus et comment l'exécuter.
- Non, seulement ce soir, répondit Cho perplexe. Je ne l'ai pas vu de la journée.
La rousse, tout aussi perplexe, reporta son attention vers son frère qui fit une démonstration.
- Spero Patronum ! s'exclama le gryffondor en pointant sa baguette vers le fond de la salle.
Une sphère argentée sortit de la baguette et fila vers l'autre bout de la pièce pour se transformer en un grand cerf majestueux. Des acclamations et des applaudissements fusèrent parmi les élèves.
- Dorea, dit Harry en se tournant vers sa sœur tandis que le cerf s'évaporait. Tu veux bien nous montrer ton patronus ?
La jeune fille se leva et se posta à côté de son frère, pointant sa baguette au même endroit que l'avait fait Harry. Elle se mit alors à penser au souvenir le plus heureux qu'elle détenait.
C'était un matin de Noël, elle avait six ans, tout au plus, sept. Elle s'était levée pour tenter d'ouvrir ses cadeaux que le père noël lui avaient apportés. Seulement, il lui était interdit de le faire tant que ses parents n'étaient pas levés. Alors elle s'était subrepticement glissée hors de sa chambre et avait entreprit de descendre les escaliers menant au hall d'entrée. C'est là, qu'elle avait aperçu son père Goderic et sa mère Hermance, dansant, riant, s'aimant. Elle avait compris qu'ils formaient tous une famille heureuse, débordant d'amour, et que jamais ils ne l'abandonneraient.
- Spero Patronum !
Une boule argentée se transforma en un aigle, survolant la salle dans un vagissement retentissant.
Le public fut statique jusqu'à ce que Harry réclame leur attention.
- Bien, vous avez tous comprit ? dit-il en frappant dans ses mains. Levez-vous et trouvez-vous un coin dans la salle pour vous exercer, Dorea et moi, passerons parmi vous pour vous corriger si besoin est.
Une vingtaine de minutes plus tard, Dorea qui venait de donner quelques conseils à Ginny, s'avança vers Hermione où sa baguette n'émettait qu'un filet d'argent.
- C'est un bon début Hermione, mais tu devrais essayer de te détendre et moins te fixer sur la réussite que sur l'exécution en soi.
Hermione acquiesça et ferma les yeux prenant une grande inspiration puis elle rouvrit ses prunelles ambrées et darda sa baguette.
- Spero Patronum !
Soudainement une loutre argentée s'en échappa et gamba autour d'elles.
- Bravo Hermione ! félicita la serpentard, alors que la loutre s'évapora.
Hermione dévisagea alors Dorea l'air tout à coup suspicieuse.
- Dis-moi Dorea ? Avec qui était tu dans la bibliothèque lorsque je t'ai rejoint l'autre jour ?
Le sourire de Dorea se fana subitement.
- Personne, rétorqua la rousse restant impassible.
- Si tu le dis … mais c'est étrange, j'ai entendu une voix masculine, et avec du recul, elle était légèrement trainante. Le seul que je connais qui est une voix et une attitude aussi nonchalante se nomme Drago Malefoy. Et ce qui est encore plus étrange, c'est de te retrouver avec suçon dans le cou alors que deux minutes avant il n'y avait rien.
Dorea observa Hermione et pensa que cette fille était bien trop intelligente pour son bien-être. Elle jeta un coup d'œil rapide à Harry qui était en train de converser avec Neville.
- Je n'ai rien dit à Harry, mais vous devriez être plus prudent à l'avenir et plus discret, chuchota Hermione. Ça le briserait, s'il savait que sa sœur s'est entichée de son pire ennemi et en plus de cela un fils de mangemort.
- C'est toujours facile de critiquer quand on ne connait pas la personne, répondit Dorea à voix basse, avec dédain.
- Je ne critique personne Dorea, réfuta Hermione calmement. Et je comprends très bien que tu aies une expérience différente de la nôtre et que tu as découvert ainsi un autre visage de Malefoy. Mais n'oublie pas non plus cette personnalité qui t'a poussé à la frapper lors du match de Quidditch. Celle qui te rebute tant.
A cet instant, Dobby, l'elfe de maison, apparut dans la Salle-sur-Demande. Le petit elfe se dirigea vers Harry et commença à tirer sur sa robe. Dorea et Hermione, pressentant qu'il se passait quelque chose d'anormal en percevant l'agitation de l'elfe, se rapprochèrent pour écouter la conversation.
- Salut Dobby, dit Harry. Qu'est-ce que tu … Qu'est-ce qu'il se passe ? fit-il en apercevant l'elfe trembler des pieds à la tête.
- Harry Potter, monsieur …, couina l'elfe. Harry Potter, monsieur, … Dobby est venu vous avertir … Mais on a ordonné aux elfes de maison de ne rien dire …
Dobby se précipita vers le mur mais avant qu'il n'ait pu se brutaliser contre, Harry le rattrapa par la peau du cou et s'agenouilla pour regarder en face la créature au globule bleu.
- Qu'est-ce qui se passe, Dobby ? repéta Harry en le maintenant par le bras pour le tenir à l'écart du mur.
- Harry Potter … Elle…elle…
Dobby, de son bras libre se donna un grand coup de poing sur le nez et Harry lui immobilisa les deux bras.
- Qui ça, elle ?
- Harry …, intervint Dorea en comprenant soudainement de qui il s'agissait.
Il l'interrompit d'un geste de main et reporta son attention sur l'elfe.
- Ombrage ? demanda-t-il l'air subitement horrifié.
Dobby acquiesça d'un signe de tête et un silence de stupeur parcourut la salle-sur-demande.
- Et alors Dobby ? dit Harry essayant de garder son calme. Dis-moi, elle n'a quand même pas découvert ce qu'il se passe ici ? Elle n'a pas découvert l'A.D ?
Dobby afficha une expression effarée et tenta de s'échapper de la poigne d'Harry puis tomba à genou.
- Elle arrive ? demanda-t-il dans un souffle.
Dobby lâcha une longue plainte puis murmura :
- Oui, Harry Potter, oui !
Harry se redressa et observa un à un ses camarades se raidissant sur place.
- QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ? s'écria Dorea. DEGUERPISSEZ !
Tous se précipitèrent vers la porte sortant promptement de la Grande Salle.
- Harry, Dorea, venez vite ! cria Hermione au centre de la cohue, aux deux jumeaux qui étaient restés avec Dobby.
Dorea s'empressa de suivre les autres élèves alors qu'Harry saisit Dobby pour lui ordonner de retourner en cuisine, de ne pas hésiter à mentir à Ombrage et de ne pas se punir.
Dorea lança un dernier regard inquiet à son frère avant de se retrouver dans le couloir. Elle courut alors pour pouvoir regagner au plus vite sa salle commune et se retourna pour voir si Harry était sorti également de la Salle-Sur-Demande.
Elle percuta subitement et brutalement un torse qu'elle reconnut comme étant celui de son petit-ami, Drago Malefoy. La jeune fille chuta en arrière sur ses fesses et c'est seulement en levant les yeux qu'elle vit la mine furibonde du blond.
- J'aurais dû m'en douter, grogna-t-il.
Il lui agrippa le bras et la releva d'un geste leste puis la retourna collant sont buste à son dos, tout en lui entourant la taille d'un geste possessif.
- Va tout de suite à la salle commune, je te couvre mais on réglera nos comptes après, lui murmura-t-il d'un ton bilieux.
Il la repoussa en avant par les épaules et Dorea partit vers les escaliers de marbre en le regardant avec curiosité et hésitation. La scène, ne passa pas inaperçu auprès d'un certain gryffondor qui sortait tout juste de la Salle-Sur-Demande.
Elle réussit à atteindre les escaliers, les dévala jusqu'à se retrouver au sous-sol, puis emprunta la petite porte, descendit une autre volée de marche, sillonna les cachots et arriva haletante devant le passage de la salle commune. Elle pénétra la salle quelques peu essoufflée et monta directement dans son dortoir pour s'y enfermer, sous les regards interrogateurs de ses amis.
Dorea l'avait échappée belle. Elle était passé tout juste à côté de la catastrophe. Et tout ça grâce à Drago.
Est-ce que son frère aurait autant de chance ? Elle espérait qu'il ait pu s'échapper à temps.
Mais que faisait Drago dans ce couloir ? Était-il là sous ordre d'Ombrage ? Était-ce de cela qu'il s'agissait quand elle leur a demandé de leur parler après le cours de défense contre les forces du mal le lundi précédent ?
Était-ce cette mission de préfet sur laquelle il était resté si évasif ces derniers jours ?
La jeune fille prit conscience qu'elle avait déjà la réponse à sa question et qu'elle allait devoir faire face au courroux de Drago Malefoy. Car même, si elle se défendait et défendrait bec et ongle son frère, elle savait parfaitement qu'ils étaient en tort.
Une dizaine de minutes passèrent puis brusquement elle entendit un cri rageur résonner dans la salle commune.
- POTTER ! cria la voix de Drago.
Dorea, assise sur le rebord du lit, ferma les yeux. Ça, ça voulait dire qu'elle allait en prendre pour son grade.
Elle entendit des pas rageurs monter les escaliers, la porte s'ouvrir sur un Drago fou de colère, suivit de Daphné, Blaise et Théo, qui eux, se demandaient ce qu'il se passait.
Le jeune homme s'avança vers elle, qui affichait une expression comme celle d'une enfant prise en faute, lui empoigna avec brutalité le bras puis la tira à sa suite hors du dortoir.
- Drago, qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce qu'il se passe ?! s'exclama Daphné en s'affolant devant l'attitude enragée du jeune homme et l'inertie de Dorea.
Le jeune Malefoy ne répondit pas et descendit les escaliers pour sortir de la salle commune, passant devant une Pansy Parkinson des plus réjouies.
Drago s'engagea dans le sombre couloir et trouva rapidement une salle de classe, celle de potion, vide.
Il se retourna vers elle, les yeux sortant de leur orbite et la jeune fille hésita à se boucher les oreilles.
- TU PEUX ME DIRE CE QU'IL T'A PRIT DE PARTICIPER À CES RÉUNIONS ?! SI ELLE DÉCOUVRE QUE TU EN FAISAIS PARTIE, ELLE VA TE RENVOYER ! tonna le jeune homme.
Drago observa Dorea la bouche entrouverte, expirant toute sa colère. Dorea se renfrogna ne comprenant pas pourquoi il se sentait si en colère. Ne devait-elle pas l'être aussi ?
- Et toi, qu'est-ce que tu cherchais à faire ? A renvoyer mon frère et la plupart des élèves de notre promotion ?! se récria-t-elle avec hargne.
- Exactement !
- ALORS TU N'ES QU'UN FOUTU MALEFOY !
- ET TOI UNE ECERVELÉE POTTER !
- CE N'EST PAS POTTER, C'EST ARTWOOD !
- QUAND TU FAIS CE GENRE DE CONNERIE, C'EST POTTER !
Le silence retomba entre eux, l'atmosphère s'électrisant.
- Comment ?! s'exclama Dorea.
- Comment ?! s'agaça le blond. Je vais t'expliquer comment, cracha-t-il. Ombrage savait depuis longtemps qu'il y avait un groupe clandestin créer par Potter et ses amis et qui organisaient des réunions à son insu. La semaine dernière, elle nous a demandé, à Pansy et moi, de réunir un groupe de serpentard, pour essayer de savoir où se déroulaient ces fichues réunions ! Et ce matin, Edgecombe est venue voir Ombrage et lui a tout révéler sur l'endroit exacte où ça se passait ! L'armée de Dumbledore ! dit-il la moue rebuté. On aura vu mieux comme nom !
- Et au moment où tu as su qu'Harry avait créer ce groupe, tu ne te doutais pas que j'en faisais partie ?!
- Non, parce-que je te pensais plus intelligente que ça et au-dessus de ça ! Je ne t'ai jamais vu quitter la salle commune à des heures indues !
- Moi au-dessus de ça ?! C'est toi qui te rabaisses à poursuivre un groupe rebelle tout ça dans le but de faire renvoyer ton pire ennemi et qui plus est, EST LE FRÈRE DE LA FILLE QUE TU BÉCOTE DANS UN PLACARD À BALAI ! dit Dorea en se remettant à hurler sous le coup de la colère qui grandissait en elle.
- J'AI FAIS CE QUE L'ON ME DEMANDAIT ! JE SUIS PRÉFÉT JE TE SIGNAL ! ET CE N'EST PAS UNE NOUVEAUTÉ, TU SAIS TRÈS BIEN QUE JE DESTESTE TON FRANGIN ! cria Drago à son tour.
- ALORS POURQUOI TU ES AVEC MOI DANS CE CAS LÀ !?
- PARCE QUE J'AI DES PUTAINS DE SENTIMENTS POUR TOI ! dit-il sans réfléchir.
Dorea eut un mouvement de recul devant la déclaration du jeune homme. Un silence de plomb retomba, glaçant les alentours et le cœur de la jeune fille s'arrêta de battre.
- Tu … tu as des sentiments pour moi ? répéta-t-elle d'une petite voix.
Drago obstrua ses prunelles ombrageuse et contracta la mâchoire ainsi que ses poings. Puis il rouvrit ses yeux, les encra dans ceux de la rousse et se mit soudainement à fuir son regard.
Un silence de plusieurs seconde s'étala dans la pièce et enfin, Drago se dirigea vers la porte et posa sa main sur la poignée.
- Oublies ce que je viens de dire, dit-il d'un ton froid. Et vaudrait mieux que l'on s'arrête ici, ça ne peut pas marcher tout les deux.
A ces mots, claquant l'air telun fouet, Dorea sentit son cœur, et tout son être se précipiter dans une chute vertigineuse. Et comprenant la portée de ses dernières paroles, Dorea éprouva une fureur à l'encontre du jeune homme remplacer sa douce colère. Il lui demandait d'oublier ce qu'il venait de déclarer, n'ayant eu le temps de lui répondre que c'était réciproque. C'était lâche et lamentable.
- Pour une fois on est d'accord. On n'a rien à faire ensemble, dit-elle sèchement en croisant les bras sur sa poitrine, sans perdre la face et d'une voix étonnamment calme et impassible.
Drago, tourna légèrement la tête pour la regarder en coin, puis ouvrit la porte et la referma, le son résonnant brutalement dans la pièce. Dorea sursauta et se laissa aller à sa peine.
La jeune fille sécha rapidement ses larmes. Elle n'était qu'une « madeleine », ces derniers temps. Pleurant pour un oui ou pour un non. Avant, elle était beaucoup plus forte que ça et elle devait le redevenir. Elle ne pleurerait pas, elle s'interdisait de ressentir la moindre peine. Et encore moins pour Drago Malefoy.
La colère commença à la gagner et le venin de la vengeance coula dans ses veines.
Après lui avoir délibérément dit qu'il ressentait des choses pour elle sans lui avoir laissé le temps de retourner la pareille, il lui demandait d'oublier aussi facilement qu'un sort d'oubliette et par conséquent, il niait ce qu'il lui avait avoué.
Il l'avait alors jeté comme toutes les autres. Tel un chiffon que l'on mettait à la poubelle après en avoir fait usage. Seulement, elle n'était pas les autres. Et elle n'allait certainement pas larmoyer après.
Dorea emprunta le chemin du retour et à peine eut-elle pénétré le passage de la salle commune que Daphné, Blaise et Théo lui sautèrent dessus avec un millier de questions franchissant leurs lèvres.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? questionna Daphné.
- Drago s'est enfermé dans le dortoir, pourquoi ? interrogea Blaise.
- Vous avez rompu, ou quoi ? s'enquit Théo.
Dorea décida de se caler dans un coin de la salle commune et de tout leur avouer concernant l'A.D, puisque dès demain, ce ne sera plus un secret pour personne, ainsi que les évènements de la soirée.
A la fin du récit, tous restèrent sans voix.
- Waouh ! dit alors Blaise.
- C'est tout ce que tu trouves à dire ? demanda Dorea en fronçant les sourcils.
- Ben, il faut dire que là, ma vieille, t'a sacrément déconné….
- Et pas Drago ?! coupa Dorea offusquée.
- Redescends « la tueuse », dit Blaise en balayant ses mains pour la calmer.
Dorea se détendit, s'affalant sur le dossier de sa chaise. Il y avait une éternité que Blaise ne l'avait pas appelé par ce surnom.
- J'allais dire que oui, t'a déconné, poursuivit son ami, mais que tu as eu raison de le faire.
- Ouaip ! Dommage que les gryffondors me détestent, j'aurais bien aimé participer à ce genre de réunion moi, commenta Théo en se grattant le menton.
Les trois serpentards pivotèrent leur tête d'un même mouvement vers le jeune Nott.
- Bah quoi, je peux être rebel aussi ! s'exclama-t-il en haussant les épaules.
Daphné et Blaise roulèrent des yeux et reportèrent leur attention sur Dorea.
- Tu sais, pour Drago, tu ne peux pas lui en vouloir, dit alors Daphné. Il ne faisait qu'exécuter les ordres. Et puis … tu ne le sais peut-être pas, mais avant la rentrée, son père lui a demandé de se faire bien voir d'Ombrage. Les dîners avec elle et le ministre au Manoir Malefoy se sont multipliés durant l'été.
- Pourquoi ?
- Parce que Lucius Malefoy a besoin de se mettre le ministère dans la poche, tout comme mon géniteur, répondit Théo. Pas besoin de t'expliquer le pourquoi du comment.
Dorea ferma les yeux et expira, sentant la migraine poindre. Elle se prit la tête entre les mains, appuyant ses coudes sur la table.
- Qu'est-ce que je vais faire ? gémit la rousse.
- Lui faire des excuses, proposa Daphné. Ce serait déjà un bon début.
- Non, ça jamais ! rétorqua Dorea en redressant vivement la tête pour observer la blonde.
- Et pourquoi pas ? demanda Blaise.
- Parce qu'il m'a dit qu'il avait des – je répètes – « putains de sentiments pour moi ». Ensuite, il m'a demandé d'oublier et m'a tout bonnement jeté en disant que ça ne pouvait pas marcher entre nous.
- Et … qu'est-ce que tu as répondu ? demanda Daphné avec hésitation comme si elle marchait sur des œufs.
- Que j'étais tout à fait d'accord avec lui, pour une fois.
Les trois verts et argents soupirèrent de lassitude.
- Vous n'êtes pas croyables ! se récria Théo à voix basse en s'énervant. Franchement, vous allez tous nous faire devenir chèvre avec vos histoires.
- Je ne ferais pas le premier pas, fit Dorea d'un ton sans réplique.
- Vous êtes tous les deux aussi butés que des hippogriffes, dit Blaise en dodelinant la tête de dépit.
Ses trois amis se levèrent et s'éloignèrent la laissant à sa réflexion.
Non. Définitivement non. Elle ne s'excusera pas auprès de Drago Malefoy. Elle avait peut-être mal agi, mais lui également. Ils étaient tous les deux en fautes et cette fois, ce ne serait pas à elle de faire le premier pas.
Hello à tous !
Voici le nouveau chapitre de la semaine. J'espère que ces premiers jours de confinements se sont bien déroulés pour vous tous.
Bonne lecture !
