Bonjour et bienvenue pour un nouveau chapitre :-)

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 32 :

Un rayon de Soleil

Pour un cœur triste

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Musique : Porcelain Heart – BarlowGirl

Au Terrier, le samedi 18 août 1990

Le temps était triste. Il pleuvait des cordes, ou des hiboux selon notre monde… Des larmes coulaient sur le visage émacié d'un adulte, au premier étage qui observait la prairie environnante et inondée.

Les nuages noirs contredisaient toutes les prévisions météorologiques du mois d'août, et la pluie s'abattait durement sur la maison déjà fragile.

Son cœur se brisait, peu à peu. L'homme n'avait pas la force d'effacer les larmes qui coulaient le long de ses joues et de son cou en cette journée d'été qui aurait dû être agréable et chaude.

Les oiseaux avaient déserté le paysage depuis longtemps. Dès que la pluie avait menacé de tomber et peu avant que les cris déchirent une famille déjà en partie détruite…

Il n'avait plus confiance. Il en avait honte, mais il n'avait plus confiance en sa famille.

La maison était plus calme qu'une heure auparavant. Toujours aussi fragile en apparence, les étages supérieurs suspendus dans le vide dû à un côté trop égocentrique du créateur… grâce à la magie. A quoi tenait la vie, au final ? Dormir dans une chambre qui donnait sur le vide, menaçant, en réalité, de tomber à chaque instant, se balançant au gré du vent… quelle pauvreté d'esprit. Leur vie de famille était aussi incertaine que la tenue de la maison si jamais la magie venait à disparaître du monde…

Les oiseaux s'étaient donc envolés, comme mûs d'un septième sens. Des cris résonnèrent dans la prairie environnante alors qu'un puissant Mage apparaissait devant la bâtisse. Devant le Terrier

L'homme avait parcouru les derniers mètres précipitamment et ouvrit la porte à la volée sans prendre en compte le fait que ce n'était pas sa maison.

- Molly ! Tu n'as aucunement le droit de renier un de nos enfants ! Hurla Arthur.

- Oh que si ! Ton avis m'importe peu, Dumbledore sera d'accord avec moi sur le fait que cet enfant fout sa vie en l'air pour aller s'occuper d'animaux qui n'ont pas besoin de lui alors qu'il a une carrière offerte au Ministère !

- Maman, intervint Bill d'une voix grave. Pourquoi veux-tu que nous travaillons tous au Ministère, au juste ?

Bill en avait marre. Il avait pu partir sans faire trop d'histoire et suivre la voie qu'il souhaitait même si sa mère désapprouvait fortement et qu'il n'avait plus le droit de dormir sous le même toit. Mais sa réaction face à la décision de son petit frère, déjà adulte, était bien plus virulente.

- Parce que ce sont les seuls postes dignes d'être occupés ! Et il vous faut des bonnes places, pas comme celle de votre incapable de père !

- Pardon ? fit dangereusement le père de famille.

- Oui ! Tu as très bien entendu ! cracha la mère de famille, rouge de colère. Ron et Ginny, eux, au moins sont dans les bonnes grâces d'Albus ! Il vient leur enseigner plus de deux heures par semaine !

- Deux heures d'enseignements par semaine, tu trouves cela suffisant, vraiment ? se moqua amèrement Arthur.

- Albus sait y faire ! Il est adorable…

- Albus Dumbledore est directeur de Poudlard, pas éducateur et encore moins spécialisé dans l'enseignement pour enfants de moins de dix ans ! Je ne vois même pas ce qu'il a à faire au milieu de notre famille !

- Tu es égoïste et méchant, Arthur ! Albus a tout fait pour nous, nous a offert une maison, nous…

- Parce que nous n'avions peut-être pas de Manoir dans lequel nous aurions pu vivre tranquillement et surtout où les enfants auraient pu avoir leur propre chambre ?

- Albus a dit que…

- Je me fiche éperdument de ce que dit Albus, Molly ! Ne vois-tu pas que tu fiches notre vie de famille en l'air à cause des idées farfelues et inhumaines de cet homme ?

- Farfelues, inhumaines ? cracha Molly. Toi, le fanatique des objets moldus insulte Dumbledore d'avoir des idées farfelues ? Et ta voiture volante, elle est peut-être mieux ? Tu peux aller aisément vivre dans ta voiture, alors !

- Molly !

- Et inhumaines, comment oses-tu ?

- Molly, Dumbledore te manipule !

- Je ne suis pas aussi débile que toi, Arthur ! hurla Molly.

- Maman a raison, firent Ginny et Ron d'une même voix. Le professeur Dumbledore nous a bien dit de rester près de maman et de la protéger de tes manigances, rajouta Ron en se levant de table, rapidement suivit de sa sœur, en croisant les bras.

Arthur, la bouche grande ouverte, ne sut quoi répondre.

- Peu importe votre avis, fit Charlie étrangement calme. Je pars et je ne reviendrai plus, maman.

- N'ose donc plus jamais m'appeler maman, jeune idiot qui ne pense qu'à soit ! Ne vois-tu pas tous les efforts que nous avons faits pour toi, et tout ce qu'Albus avait prévu pour ton avenir ?

- Tous les efforts, sérieusement ? fit Charlie d'une voix bien trop calme. Tu ne penses qu'à Ginevra et Ronald, tu nous ignores et dégrade Fred et George à tout bout de champ. Si ça ne tenait qu'à moi, je les emmènerai avec moi !

- Tu n'en as pas le droit ! cria Molly.

Arthur secoua la tête en voyant Albus entrer dans la cuisine. Décidément, quelle poisse. Il arrivait toujours au bon moment, vraiment, et son regard semblait lancer des éclairs.

- Et les plans du Ô Grand Albus Dumbledore m'intéressent autant que la couleur de ton mouchoir, maman !

- Ne m'appelle plus « Maman » !

- Très bien, Lady Weasley, cracha alors Charlie. Ou Lady Prewett, peut-être ?

- Charlie ! s'égosilla Molly. Comment… comment oses-tu me rappeler mon appartenance à cette famille infâme ?

- Infâme ? Tu te rends comptes des débilités que tu débites à la minute au moins, chérie ? fit mielleusement Arthur.

- Un peu de calme, intervint alors Albus. Monsieur Charlie Weasley, n'oubliez pas que vous devez vous rendre à Poudlard pour y suivre votre dernière année. Il serait… dommage, qu'une terrible chose vous arrive durant l'année vous forçant à rester à Londres… voyez-vous, une place toute fraîche vous attend au Ministère après vos ASPICs et…

- Vieil homme, allez vous faire cuire un œuf de phénix et laissez ma famille tranquille ! fit alors Charlie qui cachait tant bien que mal ses émotions. Si vous portiez ne serait-ce qu'une petite importance à mon avenir, vous auriez déjà remarqué que je n'existe plus dans vos crétins de registres poussiéreux à deux Mornilles !

Laissant les adultes digérer et surtout comprendre les derniers mots, Charlie prit son manteau déchiré peu avant par sa mère qui ne voulait pas le laisser sortir ainsi que son sac en cuir et quitta la maison. Arthur observa tristement son fils disparaître devant la maison avec un portoloin que personne n'avait remarqué, qui avait été offert peu avant par Lord Potter.

- Comment ? fit Molly qui se retenait à la commode branlante en bois. Comment… il n'a pas pu transplaner il…

- Il n'a pas encore passé son permis transplanage, fit Arthur dont la voix était rauque, mais dénudée d'émotions.

- Il a donc dû mourir écartelé à cause de son égocentrisme, fit froidement Dumbledore.

Après cela, Arthur avait quitté la pièce et s'était enfermé dans la chambre conjugale afin de réfléchir, tout en observant la tempête qui faisait ravage aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de son cœur.

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Charlie Weasley avait atterrit dans la prairie près de chez son ancien professeur de Potions. Fatigué et ébranlé, le jeune adulte s'adossa contre un arbre et laissa couler les larmes qu'il avait retenues durant la dispute familiale.

Fred et George avaient essayés de le soutenir, bien qu'ils fussent légèrement jaloux de leur grand frère qui avait le courage de partir. Eux aussi, auraient pu, mais ils attendaient le feu vert de leur père dans un dernier espoir de réconciliation avec leur mère…

Des libellules voletaient près de l'adulte, effondré au sol comme un enfant ayant trop d'émotions à contenir. Deux mains puissantes le saisirent doucement et l'amenèrent contre un torse large à l'odeur de framboise et de menthe.

- Chut, ca va aller mon grand. Nous sommes là pour toi, fit l'homme âgé de 44 ans. Chut…

- Le départ s'est mal passé, je présume, fit Hardwin alors que sa femme levait les yeux au ciel.

- Fabian, nous te laissons avec Charlie d'accord ? fit Elizabeth. Nous allons déjà voir Sev.

L'homme hocha la tête puis caressa le dos de son neveu.

- Charlie, ça va aller.

- Elle… elle voulait me renier… elle a imposé sa loi à papa qui a refusé… je… je suis tellement désolé de causer autant de problème… je… j'aurais dû accepter de… de travailler au Mini…

- Dis pas de bêtises, jeune homme, grogna Fabian. Ça aurait été de la faiblesse de te laisser avoir de la sorte. Tu as un don pour ta passion et tu as la chance que ce soit un métier qui pourra te faire vivre. Suis tes rêves, vis ta vie, mon petit. Nous sommes là pour te soutenir, et Arthur aussi. Viens, maintenant. Rentrons.

Ils se levèrent alors, avant de suivre le petit ruisseau qui menait au Manoir. Ils traversèrent les frontières magiques grâce au fidelitas et un sortilège d'identification.

Severus les attendait à l'entrée, un léger sourire sur les lèvres. Il les fit entrer et ils rejoignirent les Potter dans le grand salon.

- Charlie, commença directement Severus, comme tu le sais, je ne suis plus ton professeur. J'impose alors le tutoiement. Tu seras désormais, en mon absence, le gardien des lieux avec l'aide des elfes. Ta chambre est située au premier étage, et tu as accès à la cheminée de l'étage qui est reliée à la demeure de Fabian et à celle des Potter. Tu pourras te rendre chez eux si besoin, et tu passeras par chez les Potter les vendredis et les lundis afin de te rendre à l'école avec Abigaelle Potter. Tout ce qui se trouve dans la chambre qui t'es destiné t'appartient. Aussi bien les meubles que les objets apportés par ton oncle ou rajoutés par nos soins. Absolument tout. Nous comptons sur toi pour en prendre soin. Les règles de la maison sont les suivantes : seuls les Meliov, les Potter ou encore les Prewett peuvent se rendre en ses lieux. Ton père se rendra, de temps à autres, chez Fabian sous sortilèges de glamour. La famille du professeur Chourave a accès au rez-de-chaussée, aux serres et au jardin. A part eux, ce qui fait déjà pas mal de monde entre nous, personne d'autre n'a le droit de rentrer ici. Il se peut que, lorsque je serai là, tu rencontres mon oncle ou ma grand-mère mais tu seras prévenu dans ce cas. A part ta chambre et quelques autres pièces, les étages supérieurs ne sont guère aménagés. Tu auras le droit, si tu t'ennuies, de regarder et de ranger le contenu des pièces non rangées avec mes elfes. Pas de drogue, pas d'alcool en ces lieux sans mon accord, compris ?

- Oui, monsieur, fit Charlie d'une voix rauque. Je… Merci.

- De rien, fit Severus d'une voix dénuée d'émotions en lui montrant le couloir. Nous allons te laisser t'installer et tu pourras redescendre quand tu seras prêt, car nous partirons ensuite pour l'Irlande.

Il acquiesça et suivit l'elfe qui le conduisit à sa nouvelle chambre. Légèrement gêné, il ouvrit la porte en bois massif d'un beige agréable et resta sur le pas de la porte, admiratif devant la pièce simple, grande, et magnifiquement décorée.

Devant lui, sur la droite, se tenait un grand lit avec deux oreillers, quelques coussins et un couvre-lit. Des draps et une couette étaient disposés en pied de lit avec une boîte emballée de papier cadeau. Près de lui, sur la droite également, se trouvait une porte noire. Sur sa gauche se trouvait deux fenêtres immenses avec des rideaux d'un rouge sombres aux filaments dorés et argentés. Devant la première fenêtre se tenait un bureau en bois massif, marron foncé, et sur le mur d'en face était placé un petit canapé qui avait l'air bien confortable, duquel on pouvait regarder par la seconde fenêtre. Sur le mur face à lui se tenait aussi une commode et une grande armoire. Il se décida alors à entrer doucement, retirant ses chaussures afin de ne pas abîmer le sol en bois qui brillait au soleil. Il aperçu, derrière la porte, une haute étagère remplie de divers livres anglais, irlandais, américains ou encore français. Seules quatre niveaux étaient vides, certainement afin qu'il puisse y rajouter, plus tard, quelques livres qu'il choisirait.

Il ouvrit alors, délicatement, la petite porte. Il y découvrit une salle de bain : sur la droite, un lavabo ainsi qu'une baignoire. En face de lui, une commode ainsi que des WC puis un dressing sur la gauche.

C'était grand. Bien grand pour lui qui avait toujours, ou presque toujours, dû partager une pièce bien moins spacieuse avec ses frères. Il retourna dans la chambre et déposa son sac près de l'armoire. Il n'avait prit que quelques objets : il avait laissé ses livres de cours de Poudlard au Terrier. Seule une boussole, une couverture et quelques vêtements délavés trônaient au fond du sac troué.

Il replia délicatement les t-shirt abîmés par le temps – heureusement que Bill avait toujours fait attention à ses vêtements – et ouvrit l'armoire pour les y ranger avant de rester figé de stupeur devant les étagères remplie.

Un petit mot attira son attention alors.

« Ces habits sont pour toi, Charlie. Fais-nous l'honneur de les porter et d'en prendre soin.

Tous mes vœux de bonheur,

Lady Ornelia Prince, la grand-mère maternelle de ton horrible professeur de Potion. »

Il rit alors, malgré lui. Cette femme avait l'air adorable et semblait avoir de l'humour. Mais il n'en revenait pas et fronça les sourcils.

Il y avait une dizaine de T-shirt, tous de couleur différente, puis des shorts et des pulls d'une qualité merveilleuse qui le faisait déjà frissonner : il aurait tellement peur de les abîmer… Puis il ouvrit l'autre porte de l'armoire et y découvrit une penderie. Là se trouvait douze chemises, elles aussi de couleurs différentes, ainsi que quatre pantalons : deux jeans et deux pantalons noirs.

Dans les tiroirs se trouvaient une vingtaine de boxer et de chaussettes, sans compter les quatre écharpes différentes et très certainement tricotées par Ornelia Prince. Dans les commodes se trouvaient des draps propres ainsi que deux serviettes de bain. Il décida donc de regarder à nouveau le contenu de la salle de bain. La commode entre la baignoire et les WC comprenait plusieurs produits ; du shampoing, du gel douche, du bain moussant… et certains produits portaient même le nom du laboratoire de son professeur. Il y avait aussi quelques baumes de soins basiques et du coton.

Il découvrit encore quelques gants de toilettes, six grandes serviettes et quelques serviettes à placer près du lavabo pour les mains.

Il tourna la tête de gauche à droite, n'y croyant presque pas.

Le dressing, quant à lui, était dans la continuité de la salle de bain et comprenait d'autres vêtements : des vestes moins strictes, des vêtements plus modernes et des capes de voyages allant des plus chaudes à celles qui seraient parfaites pour l'été. Il y avait aussi deux tenues de bal et quelques cravates, sans compter les sept paires de chaussures différentes disposées sur des étagères.

- Sérieusement ? marmonna le jeune adulte.

Un léger rire se fit entendre derrière lui. Fabian s'était régalé des expressions de surprises qu'il avait vues sur le visage de son neveu.

- Ça te plaît ?

- Je… c'est… géant. Je… je ne mérite pas tout ça, mon oncle.

- Oh que si, mon grand. Tu vas représenter deux grandes familles sur le territoire irlandais et il est hors de question que tu t'habilles aussi mal qu'avant. Sache que Bill est venu chez nous, le week-end dernier. Comme il est également parti du Terrier, il a pu recevoir plusieurs choses aussi bien de la part de ton père que de la nôtre. Il s'était déjà procuré quelques vêtements mais il ne peut plus se permettre de prendre un travail à côté de ses études car il n'en a pas le temps. En tant que Lord et en tant que votre Oncle, j'ai pris la responsabilité de prendre soin de vous. Severus aussi, d'ailleurs. Nous construisons actuellement un manoir familial, avec Lisa. Ses deux filles grandissent et nous voulions qu'elles aient leur propre chambre. Lorsque tout cela sera terminé, vous serez les bienvenus. Je suis désolé de ne pas pouvoir t'accueillir moi-même…

- Mon oncle, ne t'inquiète pas. Ce serait trop dangereux de toutes façons, si Dumbledore venait à le découvrir. Et… je suis impressionné par les lieux et votre bonté.

- Va remercier Snape, déjà. Ornelia te rendra certainement visite aussi. C'est elle qui a tenu à ce que Silius et Severus te trouvent tous ces vêtements. Ils auraient préférés te laisser choisir mais ils ont été traînés de magasins en magasins !

Charlie se laissa rire un instant.

- Merci, Fabian.

L'homme ouvrit alors les bras afin de prendre son neveu contre lui.

Il y avait des solutions à tout, et Charlie Weasley pouvait enfin commencer la vie qu'il voulait.

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Poudlard, mardi 21 août 1990

- Severus ! s'exclama joyeusement Albus en le voyant entrer dans le Hall accompagné du professeur Flitwick. Votre voyage s'est bien déroulé ?

- Très bien, Albus, fit le petit professeur de sortilèges. Quand se déroulera notre réunion de prérentrée ?

- Cet après-midi à quatorze heures et dix-neuf minutes, Filius, fit joyeusement Dumbledore. Severus, j'aimerais m'entretenir avec vous dans mon bureau, est-ce possible ?

- Puis-je d'abord déposer mes affaires dans mon appartement, Albus ? demanda Severus en haussant un sourcil, ce qui fit rire le directeur.

- Bien entendu, mon enfant. Je vous attends dans une vingtaine de minutes, ne vous perdez pas en chemin !

Severus hocha alors la tête, ignorant royalement le sous-entendu concernant son absence prolongée. Il aurait pu, en effet, repasser au Château, mais n'en avait pas eu ni la volonté ni le temps.

Il déposa alors rapidement ses affaires, puis croisa McGonagall sur le chemin du bureau directorial.

- Comment allez-vous, Severus ?

- Très bien, et vous, Minerva ?

- Pareillement.

- Navré de ne pouvoir discutailler plus longuement mais Albus souhaitait s'entretenir avec moi…

- Je vous accompagne, dans ce cas. Après tout, je suis la sous-directrice et déléguée du personnel, fit-elle dans un demi-sourire. Je devais également lui ramener quelques magazines de tricot venant d'Ecosse. Allez, venez cher collègue.

L'engouement était faux, il le sentait à plein nez, mais ils étaient surveillés par d'immenses tableaux. Il en avait déjà marre de jouer le bon espion, mais il devait s'y faire : le procès contre ce drogué au citron n'était pas encore prêt…

Lorsqu'ils arrivèrent devant la gargouille, celle-ci s'actionna et laissa apparaître les escaliers montant jusqu'au bureau ovale.

- Minerva ! Je ne vous attendais pas aussi tôt ! Fit Dumbledore dans un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

- La réunion commence bientôt, et je souhaitais vous amener votre commande en main propres, fit Minerva d'un ton aimable.

- Merci infiniment, ma chère. J'ai toujours adoré le tricot, rajouta le vieil homme à l'attention de Severus. Bien, je souhaitais m'entretenir avec Severus à propos de ses futures missions, vous pouvez donc disposer, Minerva.

- Oh, mais cela m'intéresse voyez-vous ! Nous faisons parti de la même organisation, après tout.

Dumbledore soupira. Il ne pouvait décemment pas refuser la présence de Minerva de par ses propres obligations.

- Bien dans ce cas, asseyez-vous ! Voulez vous boire du thé ?

- Oh non, merci Albus, fit Minerva sur un ton d'excuse. Ma cousine m'en a fait boire durant tout mon séjour, je crois que j'ai assez bu pour l'année entière !

Severus laissa échapper un petit rire moqueur. Sa collègue adorait le thé et il était peu probable qu'elle puisse s'en passer pendant une année entière, mais c'était bien tenté.

- Et vous, Severus ?

- Non merci, Albus, je prendrai du café durant la réunion. Que souhaitiez-vous me dire ?

- Il y a eu quelques attaques, certes mineures, dans le sud de l'Angleterre et je crains qu'il ne faille pas prendre cela à la légère.

- Pensez-vous que le Seigneur des Ténèbres va refaire surface cette année, Albus ? demanda alors Severus.

- Cette année, ou l'année prochaine, cela serait probable en effet. Certains membres de l'ancien Ordre du Phénix sont en faction autour de la maison qu'abrite notre jeune Harry. Pourriez-vous y faire quelques tours de garde ?

- Bien sûr, Albus, fit Severus comme si de rien n'était.

- Ne vous faites pas apercevoir par la maîtresse de maison, surtout.

- Bien entendu, fit Severus qui cachait tant bien que mal son exaspération. Depuis quand postez-vous des factions de surveillances ?

- Depuis le début des vacances d'été. Mrs Figg surveillait la maison jusqu'ici, mais elle est hospitalisée depuis bientôt quatre mois à cause de son genou. Elle n'a plus eu à garder Harry depuis ses huit ans, donc j'imagine qu'il doit y avoir une nourrice lorsque les deux parents travaillent.

- Certainement, approuva Minerva.

- Vous pourriez faire le tour de garde ensemble, pensa Dumbledore, si cela vous convient.

- Quand serait-ce ? demanda alors Severus, qui espérait fortement que ce ne soit pas durant ses cours du soir.

- Le lundi et mercredi prochain, les en informa le directeur.

- Très bien, nous y serons.

- Je vous donnerai le lieu et l'heure la veille, dans ce cas. Bien. Et Severus, je te demanderai de rester prudent, continua Albus sur un ton paternaliste. J'ai entendu dire que la famille de ta mère rôde en angleterre, il serait fâcheux qu'ils prennent contact avec toi.

- Pourquoi le feraient-ils ? demanda froidement Severus.

- Tu fais partie de la famille Prince et tu es professeurs de Potions. Il est probable qu'ils te veuillent dans leurs rangs. Mais, comme tu le sais, c'est une famille sombre qui a toujours été du côté des Sang-Purs et donc du Seigneur des Ténèbres.

Un raccourci à ne pas faire… pensa Minerva.

- Pensez-vous réellement que j'accepterais des contacts avec des personnes qui ont reniés ma mère, Albus ? demanda Severus en haussant un sourcil.

- Non, du tout, bien sûr que non, fit Dumbledore en souriant légèrement. Mais je voudrais que tu gardes en mémoire ton engagement d'octobre 1981. Il serait dommage que la famille Prince arrive à t'empoisonner, vois-tu.

- Ce serait fâcheux, en effet, répondit Severus.

Albus les congédia alors, et Minerva invita silencieusement son collègue à la suivre jusqu'à ses appartements.

- Sérieusement ? Nous allons devoir perdre notre temps ?

- Il vaut mieux, en effet, grogna Severus. Si cela ne se résume qu'à une ou deux fois par mois…

- Ok, capitula Minerva. Vraiment… et cette histoire de famille, que pensait-il ?

- Je ne sais pas, mais son approche était… spéciale ?

- Plutôt, oui !

- Et personne n'aurait rien remarqué parmi les membres de l'Ordre ? Pourtant, la maison doit être vide ou…

- La maison a été revendue depuis, Minerva. Une autre famille a dû y emménager. Avec un peu de chance…

- Je vois… bon, nous allons devoir aller à la réunion.

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Lundi 27 août 1990, Little Whinging, Surrey

Il faisait chaud. Severus et Minerva se promenaient tranquillement, l'air de rien, dans les rues du quartier tout en rejoignant Privet Drive. Ils disparurent au coin d'une rue, sous un sortilège de silence, de confidentialité et de désillusion.

La maison du 4, Privet Drive, semblait animée. Minerva observa avec intérêt la famille qui avait pris place dans la maison ayant vu souffrir leur protégé.

Un enfant brun courait dans la cuisine et riait à plein poumons avec son frère qui lui était blond.

- Jamie ! Laisse-moi du chocolat ! Maman ! Maman !

Minerva laissa échapper un rire alors que le plus grand sorti de la maison avec plein de chocolat sur le visage.

Le couple était assis dans le jardin en sirotant une limonade.

- Doudou, laisse ton frère tranquille voyons, fit la mère de famille. Pourriez-vous faire la vaisselle, que je prépare le repas de ce soir ?

- Oui m'man ! fit le plus âgé, rapidement suivit de son petit frère.

Les deux garçons étaient minces et musclés, et surtout plein de vie. Le jardin avait été agencé autrement que lorsque les Dursley y vivaient et des fleurs dessinaient un rectangle autour du grand jardin.

La mère avaient les cheveux blonds foncés, tout comme Pétunia Evans et était grande, fine et élégante dans sa longue robe noire. L'homme était un peu moins gros que Vernon et avait les cheveux châtains. Il semblait aimer faire du sport, au vu du vélo d'appartement et d'un appareil de musculation visible par une des fenêtres du premier étage.

- Ca m'étonne tout de même, fini par dire Minerva. Personne n'a mentionné que les prénoms utilisés étaient différents… est-ce que les membres de l'Ordre surveillent réellement ?

- Aucune idée, mais je l'espère tout de même un peu… On peut confondre facilement Jamie avec Harry, si on ne se concentre pas bien sur les paroles lointaines, après c'est aussi un surnom utilisé pour James… et Doudou… aucune idée, vraiment, fit Severus en soupirant.

Il aurait largement préféré être dans son salon, à siroter un bon café digne de ce nom… et ce n'était, malheureusement, pas la dernière soirée qu'ils allaient passer et perdre dans ce quartier ennuyant.

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Durant l'après-midi du 28 août 1990…

Albus était allé rendre visite à la famille Tonks. La discussion qu'il avait devant lui allait être assez délicate mais il y tenait. Il frappa à la porte et attendit qu'on lui ouvre.

- Bonjour, professeur Dumbledore, fit aimablement Ted. Entrez donc ! Nous allions justement prendre le thé !

Il souriait aimablement, tout comme sa femme qui le salua lors de son entrée dans le salon. Albus n'y vit que du feu. Il se vit alors accepter une tasse de thé ainsi qu'une part d'un merveilleux gâteau au chocolat.

- Merci beaucoup, Andromeda.

- De rien Albus, fit-elle amicalement. Voudriez-vous du sucre pour votre thé ?

- Non, merci, c'est parfait ainsi.

- Vous avez dit souhaiter parler de l'Ordre, n'est-ce-pas ? fit alors Ted en prenant également place dans un fauteuil.

- En effet. J'ai plusieurs preuves d'un retour en force de mangemorts, et il ne fait aucun doute que Lord Voldemort refasse surface d'ici peu.

Albus exposa les faits, ne remarquant pas la présence d'un vampire dans le coin de la pièce sous un puissant sortilège de disparition. Le russe fulminait de rage et gérait au mieux sa colère.

Comment cet homme osait-il manipuler ses soi-disant « proches amis » ?

Arsene Meliov n'avait qu'une seule envie : détruire Albus Dumbledore d'un coup de baguette. Mais non, il ne pouvait pas. Sa famille et leurs amis souhaitaient le punir par procès, et par sanctions plus dures qu'une simple mort. Ils souhaitaient lui prouver à quel point il avait tort…

Le vampire se concentra à nouveau lorsqu'il aperçu quelques étincelles sortir de la poche de l'intrus. Des étincelles rouges sang. Il utilisait alors des sortilèges de pression psychologique sur ses amis ? Non. Non, il n'en avait pas le droit. Le regard légèrement perturbé d'Andromeda prouva à Arsene qu'il devait faire quelque chose. Il contra alors, silencieusement et avec grâce, chaque sortilège effectué par le Maître du Plus Grand Bien. Heureusement pour lui et pour ses protégés, Albus n'y vit que du feu. Tout du moins, au début de la conversation sans fin.

Il allait sûrement remarquer que quelque chose clochait… mais quand ?

- Et j'ai une demande un peu plus délicate, fini par annoncer Albus en lançant discrètement un sortilège de persuasion sur les deux adultes.

- Posez votre question, nous y répondrons, fit alors Ted, feignant la confiance en cet homme.

Ils connaissaient pertinemment la raison de cette visite. Ils n'étaient pas dupes, bien qu'Andromeda doutait encore que Dumbledore oserait réellement demander une telle chose.

- Voyez-vous, la guerre a fait des ravages et je dois nous trouver un endroit sûr, ou même le faire construire, à vrai dire je n'ai pas encore d'idée bien précise, mais il nous faudra un nouveau Quartier Général.

- Vous souhaitez faire revivre l'Ordre du Phénix, fit alors Ted.

Ce n'était pas une question.

- En effet, fit Albus dans un sourire.

Son plan semblait fonctionner.

- En effet. Il nous faut nous entraîner et surveiller tout l'entourage qu'aura le petit Harry. Nous avons… des raisons de penser que lui seul saura combattre Lord Voldemort et il est important qu'il ait des amis stables et sûrs, ainsi que des protecteurs puissants. Et ce lieu nous permettrait de nous entraîner afin de combattre les forces du Mal, voyez-vous ?

- En effet, affirma Andromeda.

- Il nous faudra un financement, fini par annoncer Dumbledore. Et j'ai entendu dire que vous aviez reçu l'héritage de Lord Malefoy, n'est-ce-pas ? Vous n'êtes pas sans savoir que cet homme a détruit des centaines et des centaines de vies, sans compter les actions de ses amis mangemorts.

Un sortilège de conviction fusa alors vers les deux hôtes, sortilège que contra Arsene. Ce que Dumbledore n'avait pas vu, en plus de la manigance du vampire, c'était le regard fermé et glacial de ses deux hôtes.

On en venait enfin au fait.

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