Bonjour à toutes et à tous ! Je suis heureuse de vous annoncer que, grâce au NaNo, j'ai pris un peu d'avance sur la fanfic (le chapitre 36 est en cours d'écriture au moment où je parle). Normalement, vous n'aurez pas de problèmes à avoir les chapitres à l'heure (sauf imprévu) jusqu'à la fin de l'année !
En bref, je vous souhaite une bonne lecture et vous invite à me donner votre avis en review ;)
Lorsque Lily put enfin sortir de l'infirmerie, et se balader tout simplement seule sans que ses chiens de garde ne s'en mêlent, Severus tenta de l'approcher. Il fut rapidement arrêté par son regard, haineux plus que déçu, triste plus que perdu. Elle le pensait coupable, elle aussi.
- Lily, ce n'est pas moi ! tenta-t-il tout de même, en vain.
Il n'eut pas besoin qu'elle lui dise pour comprendre qu'elle ne le croyait pas. Quelqu'un l'avait empoisonnée et ce n'était pas lui. Pourquoi aurait-il fait ça, de toute façon ? Il n'avait strictement rien à y gagner et jamais il n'aurait pris le risque d'écrire son propre nom sur l'arme du crime. Severus n'était pas un idiot fini.
De son côté, Lily peinait à croire à tout ce qui avait bien pu arriver depuis son retour à Poudlard. Toutes les histoires étaient revenues à ses oreilles, même et surtout celle au cours de laquelle James refaisait le portrait de Severus au beau milieu du couloir de l'infirmerie. L'utilisation de la violence ne lui avait pas spécialement fait plaisir mais cela lui avait honnêtement fait du bien. Quelqu'un avait pris sa défense.
Le reste de Poudlard avait aussi beaucoup appris de cette histoire. L'ambiance avait irrémédiablement changé après que chacun ait appris que la grande Lily Evans avait été victime d'empoisonnement. Là où les né-moldus se pensaient auparavant en sécurité, il ne restait plus que des animaux méfiants, toujours en meute. Les seuls qui osaient encore se balader sans compagnie et qui aimaient le clamer haut et fort restaient les sorciers au sang pur. C'était comme si l'école avait été scindée en deux.
Même les Maraudeurs semblaient scindés. Ils passaient beaucoup de temps à se disputer sur plusieurs sujets différents. Sirius avait une idée en tête que Peter et James qualifiaient de "complètement stupide" et de "totalement dangereuse". Bizarrement, ils se débrouillaient toujours pour en discuter lorsque Remus n'était pas dans les parages. Un autre sujet de discussion qui fit débat fut lancé par James et Lily, un soir où cette dernière, en compagnie d'Alice, traînait avec les garçons.
Là où Alice se faisait battre à plates coutures par Peter aux échecs, Sirius et Remus s'étaient rapprochés jusqu'à, sans y faire attention sans doute, se donner la main. Sans même se concerter, James et Lily avaient bondi en les pointant du doigt.
- Ah ha ! s'étaient-ils écriés.
- Maintenant, vous allez devoir tout nous dire, avait rajouté James.
Le silence avait flotté pendant quelques secondes avant que Remus ne prenne ses affaires pour s'enfuir dans le dortoir.
- Merci les gars, vraiment, déclara Sirius avant de suivre son petit-ami.
Tout commença à se calmer lorsque le Quidditch revint dans les esprits de tout le monde. Après la victoire de Serpentard face à Serdaigle, deux cent soixante-dix points contre cent, le mois de Février devait également donner lieu à un nouveau match de Quidditch : Gryffondor contre Poufsouffle.
Trop occupée à réviser les cours qu'elle avait raté, Lily n'alla même pas voir son équipe jouer.
- Elle m'avait dit qu'elle viendrait… avait déclaré James, le coeur à moitié brisé, après être ressorti des vestiaires.
Le reste de la maison Gryffondor était extatique après leur victoire cent quatre-vingts à cent qui les ramenait en deuxième place du championnat mais James, lui, était juste triste. Il avait passé tellement de minutes à scruter les gradins pour rien.
- James, tu devrais lui parler tu sais, conseilla Sirius. Tu peux pas rester accroché à elle indéfiniment, mon vieux, il faut que tu te la sortes de la tête.
Les conseils de Sirius, James les connaissait déjà par coeur. Ce n'était pas la première fois que son meilleur ami les le lui disait et lui-même y avait déjà pensé. Honnêtement, il n'était pas sûr d'être capable d'abandonner totalement l'idée d'être avec Lily un jour. Il l'aimait tellement et depuis tellement longtemps que cela lui semblait impossible de tout oublier du jour au lendemain. C'était peut-être cliché mais James en était persuadé : Lily ne pouvait être que la femme de sa vie… mais, en même temps, si lui n'était pas l'homme de la sienne, à quoi bon ? Si Lily voulait de lui, il se serait déjà passé quelque chose. Il n'y aurait pas cette situation d'amour à sens unique où James continuait à analyser le moindre petit geste comme un signe d'amélioration avant de finir, comme à chaque fois, un peu plus déçu.
Il était peut-être vraiment temps de laisser tomber, après tout.
- Je lui poserai la question une bonne fois pour toute et on verra bien, ok ? demanda James à Sirius. C'est pas rien, ce que tu me demandes.
- Je sais, frérot. Je sais.
Dans un signe d'amitié, Sirius le prit dans une accolade ridiculement virile avant de lui proposer de profiter comme il se doit de l'alcool illégal de la soirée qui se profilait très rapidement devant leurs yeux.
- Tu n'es pas venue au match, aujourd'hui, attaqua Alice tout en se préparant pour la fête.
- Je ne savais pas que tu avais quelqu'un à draguer, ce soir, répliqua Lily tout en tournant une page de son livre.
Les deux rigolèrent avant de redevenir sérieuse.
- Je ne m'habille pas pour quelqu'un d'autre mais juste parce que j'en ai envie, répondit Alice.
- Et moi, j'aime lire et je te trouve belle quoi que tu portes.
Alice soupira avant de poser sa trousse de maquillage moldu que lui avait offert Lily l'année précédente. En son for intérieur, Alice ne désesperait pas de voir, un jour, Lily et James ensemble. Il semblait cependant que quelque chose bloquait et ce n'était pas facile de deviner exactement quoi.
- Tu viens, ce soir ?
- Je sais pas, répondit vaguement Lily. Peut-être en coup de vent. Ne m'attend pas, en tout cas.
Dans la salle commune, la fête débutait et chacun se tournait vers les joueurs de l'équipe, les héros du jour. James était beaucoup demandé, à tel point qu'il en oublia totalement Lily. La plupart des préfets surveillaient le tout et empêchaient les plus jeunes de boire une seule goutte. Leur devoir était également de les renvoyer dans leurs chambres une fois un certain horaire passé.
De son côté, Remus, lui, était bien éloigné de toute cette agitation.
- Tu vas m'éviter encore longtemps ? demanda Sirius qui venait enfin de le retrouver.
Le sort de désillusion que Remus s'était lancé à lui-même s'estompa. Il vit que Sirius tenait la Carte. Bien sûr qu'il avait fini par le retrouver.
- Tu sais, je vais presque finir par être vexé, continua Sirius.
- Te vexe pas, s'il te plait…
Au moins avait-il droit à une réponse. Sirius se demandait sérieusement ce qui poussait Remus a être mort de trouille à ce point.
L'heure était tardive lorsque Lily se décida enfin à bouger de sa chambre. Elle voulait vérifier que tout allait bien, même si le fait que personne ne soit venu la chercher en courant était un indice rassurant, et, par la même occasion, peut-être essayer de récupérer Alice.
La salle commune avait une sale tête, à n'en pas douter. Les élèves, eux, n'étaient clairement pas mieux. L'alcool commençait à faire des ravages et Lily prit la décision d'arrêter cette petite fête. Elle voulut chercher Remus des yeux pour avoir un peu d'aide mais celui-ci était aux abonnés absents tandis que les autres préfets avaient rapidement oublié leur rôle une fois quelques verres d'alcool ingurgités. Les fêtards restant rouspétèrent face à cette nouvelle arrivante qui semblait vouloir détruire leur soirée mais aucun n'osa rien dire, une fois avoir croisé ses yeux… sauf une personne.
- Pourquoi tu fais toujours ça Evans, hein ! s'écria James tandis que la plupart des autres personnes étaient déjà en train de remonter dans leurs chambres. Pourquoi tu détruis toujours la joie des autres, hein ?
Lily n'était pas tellement familière de ce genre de situation. Elle n'avait pas du tout l'habitude de se faire critiquer par un adolescent bourré et décida donc, pour se protéger, de simplement éviter de réagir ou de répondre.
- Tu m'avais promis que tu viendrais au match !
A vrai dire, Lily n'avait rien promis. Elle aimait le Quidditch, oui, mais pas non plus au point d'y aller en plein mois de février où les températures n'étaient pas tant que ça clémentes.
- Je t'ai cherchée, tu sais.
Vraiment ?
- Et toi, t'es juste pas venue. Est-ce que, un jour, tu feras attention à moi ? Moi je donnerais tout pour toi !
En dépit de ce qu'elle s'était pourtant ordonné à elle-même, Lily répondit.
- James. Tu es saoul. Tu as des traces de rouge-à-lèvres sur tout le contour de ton visage. Je pense que tu as très vite oublié mon absence à ce match auquel je n'ai jamais promis que je viendrai. Maintenant, va dans ta chambre avant que je ne t'y emmène moi-même en te prenant par la peau des fesses.
Dans le cerveau embrumé de James, plusieurs réponses voulurent sortir mais aucune n'y parvint proprement.
- Pardon ? demanda-t-elle.
- Est-ce qu'un jour tu arrêteras d'éloigner tout le monde ?
Lily prit une grande inspiration avant de faire léviter ce foutu… Potter. Suivie par son paquet humain, elle entra dans le dortoir des garçons pour lâcher James, sans aucune douceur, sur son lit. Avec un peu de chance, il allait avoir mal au dos le lendemain.
Personne ne remarqua que deux lits demeuraient vides : celui de Sirius et celui de Peter. L'un dormait dans le lit de son petit-ami, ce dernier dans les bras. Quant à l'autre, il avait sûrement décidé de prendre l'air.
- Tu comptes me dire ce qu'il s'est passé hier soir ? demanda Alice à une Lily plus ronchon que jamais.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
Alors qu'elle prenait déjà le temps et l'énergie d'éviter Severus depuis l'épisode du cadeau empoisonné, voilà que, désormais, Lily les prenait également pour éviter James Potter. Peut-être qu'il ne se souvenait même pas de leur pseudo-discussion mais Lily préférait encore ne pas le découvrir. De toute façon, ce n'était pas comme s'ils avaient été amis à une époque de leurs vies. La meilleure relation qu'ils aient jamais eue pouvait se résumer à un échange secret de bouts de papiers.
- Et quid de tes résolutions, ma chère Lily ?
Ses résolutions ? Qu'elles aillent au Diable ! Si James Potter n'était pas un idiot, alors peut-être aurait-elle pu les suivre sans les briser.
- Mes résolutions ne m'interdisent pas d'avoir un jardin secret, que je sache.
Dans le but d'éviter les futures questions qu'Alice ne manquerait pas de lui poser et, sans aucun doute, de la harceler avec, Lily prit la fuite, totalement imperméable aux regards que lui lançaient Severus et James.
Le reste de l'année, s'il devait se continuer ainsi, allait être bien compliqué.
- Tu es un idiot, murmura Sirius à un James totalement perdu dans sa contemplation de la jeune femme.
- Je sais, Sirius. Crois moi, je sais.
Les deux garçons se regardèrent un instant avant de convenir qu'ils avaient besoin d'une réunion de crise pour réparer cette histoire.
Si Sirius avait pu trouver l'amour même si, selon lui, il ne le méritait pas, alors James pouvait également y avoir droit.
