CHAPITRE 44

OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews si l'histoire vous intéresse. Ça fait toujours plaisir.

« L'activité de Carcer a diminué de 95%... »

Assise sur son trône, Elita-One écouta d'un audio attentif les dernières informations fournies par Obsidian.

« Il n'y a plus de secousse depuis le dernier sacrifice. »

Il n'employait pas le terme « exécution ».

Sacrifice. Tel était le seul sort réservé à ceux qui protégeaient Carcer. Le seul sort réservé aux héros.

Ceux qui avaient provoqué l'explosion étaient morts en héros. Et c'était la seule version qui sortirait des lieux de Carcer. Ils méritaient un sort pitoyable, mais elle leur avait fait cette fleur.

Cela accentuerait sa popularité sur Cybertron…Starscream avait beau être chef, si elle se faisait connaître suffisamment, elle pourrait en tirer profit.

- Cela sera tout ? l'interrogea Elita-One une fois qu'Obsidian eut achevé son récit.

- …Pas vraiment.

Elita-One plissa les optiques à cette remarque.

Obsidian prit une inspiration, comme s'il cherchait ses mots.

- Certains ne sont pas ravis par…ce sacrifice.

- On a trouvé les explosifs dans leurs quartiers, Obsidian. C'est la loi d'ici. Elle est dure mais juste.

- Ils le savent. Mais…ils ne sont pas ravis non plus que vous ayez pris Vos comme Scientifique en chef.

Allons bon.

Elita-One reposa ses mains sur les bras de son trône. Elle se sentait en sécurité assise dessus. Comme si le trône prendrait vie pour la protéger. Protéger Celle qui avait été Choisie.

- Son nom est Cynicus. Vos n'est plus. Cela fait un cycle qu'il est là. Et de ce que je sache, il n'a rien fait de plus que ce que je lui ai demandé.

Et ses camarades n'avaient pas encore attaqué. Ils avaient beau être à proximité de Carcer, le Peaceful Tyranny n'ayait toujours pas décollé, mais ils n'avaient pas encore donné l'assaut. Toutefois, cela ne les empêchait pas de les menacer de temps en temps, par les canons sortis du vaisseau de la DJD pointés sur Carcer ou des agressions quotidiennes de la part des membres quand certains des subordonnés d'Elita-One se devaient de sortir.

Elle comprenait qu'ils faisaient cela pour les effrayer. Mais depuis l'entrée de Cynicus à Carcer, ils étaient tous le qui-vive.

- Il demeure un membre de la DJD.

- Il n'est plus membre de la DJD.

- Je doute qu'il ait si facilement tourné le dos à son ancienne équipe, Commandant. Ce sont des fanatiques. On ne sort pas facilement d'un endoctrinement.

Elita-One poussa un léger soupir.

- Certains croient que vous avez des sentiments pour lui…et que cela risque de vous porter préjudice. De nous porter préjudice. Ainsi qu'à Carcer et à la cause.

Celle qui avait été choisie lui adressa un regard dur.

- Beaucoup de Decepticons ont changé de camp quand ils sont tombés amoureux d'un membre de l'autre faction. C'est également le cas pour certains Autobots qui sont devenus Decepticons.

- Mais Vos n'est pas…un Decepticon normal. Il est membre de la DJD.

- Il mérite sa chance, Obsidian.

Elle suspectait qu'Obsidian partage le point de vue de ceux qui étaient contre sa décision. Autant répondre d'une pierre deux coups.

- Mais vous…êtes-vous amoureuse de lui ? finit-il par l'interroger. De Vos ?

Elita-One ne put qu'émettre un sourire narquois à sa question.

- Tu poses des questions sur des sujets qui sont trop intimes, Obsidian.

Et peut-être n'était-ce pas plus mal qu'il le croie.

- Mais…le principal ait qu'on est un membre de la DJD qui nous soit utile. Rien de plus. C'est seulement pour obéir à notre Cause. Quand il aura rendu un rapport sur le récipient psychologique, on saura l'utiliser sur Vigilem ainsi que contre Liege Maximo. Découvrir ses plans. Parce que depuis le temps, depuis qu'on a accepté cette mission, il a certainement des idées pour nous anéantir tous.

- Cela a toujours été le cas, Commandant.

Elita-One ne répondit pas à son commentaire.

- Mais allons-nous garder Vos avec nous ?

- Tu ferais mieux de commencer à l'appeler Cynicus dès maintenant.

Elle en avait assez. Cette discussion tournait en rond depuis tout à l'heure.

Oui, les autres étaient contre ses plans. Ils étaient contre sa décision…Mais ils n'avaient pas leur mot à dire. Elita-One avait fait ce choix. Elle s'y tiendrait.

Elle ne s'était pas peinte de la couleur de l'energon pour rien.

- Cela sera tout ?

- …Cela sera tout.

Obsidian s'inclina.

- Mais j'espère que vous savez ce que vous faites.

- Bien sûr.

Son second était sur le point de sortir de la salle du trône. Néanmoins, il s'arrêta avant de l'interpeller.

Elita-One s'aperçut qu'il était en pleine communication.

- La DJD nous contacte.

Elita-One joignit ses mains, excitée.

- Il était temps.


Depuis qu'il était officiellement entré en tant que Scientifique en charge du Département, Elita-One avait le loisir de rendre visite à Cynicus tous les jours si elle le voulait. Et avec facilités.

Le quotidien de Cynicus ne changeait pas. Et pour être franche, cela convenait au Commandant. Il travaillait dans ce même laboratoire nuit et jour. Parfois, il se rendait aux prières de Primus quand elles se produisaient. Et bien sûr, il poursuivait ses leçons avec le traducteur pour apprendre le Cybertronien moderne.

Elita-One prétendait être occupée mais elle venait parfois le voir dans ses quartiers, à l'improviste. Elle le surveillait encore, mais de moins en moins.

Quand Carcer aurait fait le plein et qu'ils auraient quitté les lieux, ou dès que la DJD quitterait les lieux, elle n'aurait plus à faire cela.

« Toujours aussi travailleur. Fidèle au poste. Cela me fait plaisir à voir. »

Cynicus se retourna vers elle.

Il portait une cape similaire à celle de l'époque où il résidait à Varas. Une cape bleu pâle, qui cachait le symbole Decepticon sur son châssis.

Peut-être qu'un jour, il l'ôterait de lui-même.

Mais cela serait la prochaine étape.

« Tu as trouvé d'autres informations ? »

Cynicus hocha la tête. Cela la satisfit.

« Dans ce cas, je demanderai à ton professeur de me traduire ce que tu as découvert. Mais cela me plaît, Cynicus. Continue comme ça. »

Cynicus reporta son attention sur le récipient psychologique, feuilletant un livre en même temps qu'il l'étudiait.

Elita-One croisa les bras. Autant l'en informer le plus rapidement possible.

« Cynicus. La DJD est entrée en contact avec nous. »

Elle le vit se raidir.

« …Ils veulent te parler. »

Cynicus refusa.

« Tu sais…je comprends que tu sois très attaché à ta nouvelle position mais…Ils attaqueront. Les ignorer ne nous sauvera pas. Si tu pouvais les convaincre de nous laisser tranquille…cela aiderait énormément Carcer. »

Cynicus s'arrêta dans son ouvrage.

« Et puis, il s'agit de ton ancienne équipe. Tu devrais leur parler. Leur témoigner un peu de respect…en souvenir du bon vieux temps. »

Elle tendit le bras vers lui, touchant du bout des doigts sa cape.

Si douce…

« Tu sais que je saurais te témoigner de ma reconnaissance, Cynicus. Ne l'oublie pas. A l'heure actuelle, j'ai besoin de toi. »

D'un geste taquin, sans insistance, elle laissa courir ses doigts sur ses épaules.

Cynicus abaissa la tête. Il finit par accepter à contrecœur.

Ses doigts glissèrent dans son dos.

« J'ai donné rendez-vous à Tarn à l'extérieur de Carcer. Je t'y téléporte. »

Il la remercia.

« Cynicus ? »

Il posa le récipient psychologique, reportant son attention sur elle.

« …Je suis tellement heureuse qu'on travaille ensemble. »


Vos savait qu'il y avait des caméras à l'extérieur de Carcer.

Dans tous les cas, la conversation serait surveillée, enregistrée. Elita-One lui avait dit qu'elle était prête à intervenir si les choses dégénéraient.

Pendant un instant, Vos eut envie de retirer sa cape. De se présenter à son chef tel qu'il avait toujours été. Tel qu'il l'avait toujours connu.

Mais il apparut à lui en tant que Cynicus. En tant que membre de Carcer. En tant que scientifique.

Tarn était déjà sur les lieux quand il apparut. Vos prit une inspiration.

Finalement, lentement, il s'avança vers le leader de la DJD d'une démarche qu'il essayait de maintenir assurée.

Il était venu seul. Tarn le laissa venir. Vos s'arrêta à quelques mètres de lui, droit et raide.

Le silence tomba. Vos et Tarn se dévisagèrent, comme s'ils ne s'étaient pas revus depuis des millénaires.

Alors qu'un cycle s'était seulement écoulé.

Tarn fut le premier à prendre la parole.

« …Regarde-toi. »

Vos ferma les optiques. Le ton du robot masqué était dur et froid. Pourtant, il se contenait. Il contenait sa colère.

« …Elle t'a incroyablement changé. Et en mal. »

Tarn tendit le bras vers Vos.

Sans douceur, il écarta sa cape pour laisser entrevoir l'insigne Decepticon plaqué sur son châssis.

« Pourquoi le caches-tu ? »

Vos déclara qu'il n'était plus membre de la DJD.

« Tu restes Decepticon. Que tu le souhaites ou non. »

Tarn le repoussa. Il paraissait répulsé par ce qu'il voyait.

Qui pouvait le blâmer ? Il avait été membre de la DJD, l'un de ses plus fidèles membres, fusil-sniper de Megatron…Avoir porté le nom de Vos était un honneur.

Et il les avait lâchés. Abandonnés.

« Le précédent Vos…il était beaucoup de choses. Un espion. Une balance. Appelle cela comme tu le veux. Mais il n'avait jamais été Decepticon pour commencer. Par conséquent, il avait l'excuse d'avoir commis ces actions. »

Il marqua un temps, avant de reprendre plus durement :

« Mais toi…tu étais Decepticon. Tu l'as toujours, toujours été. Et tu le resteras. Et tu as osé partir, nous trahir, me trahir…c'est de la trahison pour moi. Et pas au même niveau que les traîtres qui se sont retrouvés en bas de la Liste pour telle ou telle raison. »

Vos demeura inexpressif.

« Tu es en haut de la Liste, maintenant. Et je ne sais pas ce qui me retient de t'abattre là. Tout de suite. Parce que c'est tout ce que tu mériterais. Après tout ce qu'on a fait pour toi, tout ce que Megatron a fait pour toi…Franchement, je n'ai aucun terme assez fort pour décrire ce que je ressens à ton égard. »

Vos opina du chef.

Son ton était devenu sourd. Il remonta d'un cran quand Tarn inspira, comme pour reprendre son calme.

« …Mais…nous n'avons pas encore attaqué. Pas encore. Je n'ai pas encore donné l'ordre. Tu devines pourquoi ? »

Oui.

« Je pense que…j'ai encore du mal à le croire. A avaler le fait que tu aies si facilement tourné le dos à la Cause. Comme le tristement célèbre Deadlock a pu le faire. Je sais que tu n'es pas Deadlock. Et je refuse de laisser le fusil-sniper que portait Megatron partir aussi facilement. Tu es Vos. Je n'ai aucun intérêt ou désir de te remplacer. Parce qu'il n'y a que toi. Juste…toi. »

Il voulait récupérer son camarade.

« Alors…Que désires-tu, Vos ? Que puis-je faire pour te convaincre de revenir ? Là où tu appartiens ? »

Le marchandage.

Ils étaient à présent dans cette phase. Et Tarn l'exprimait bien.

« Si c'est Elita-One que tu désires…si c'est juste cela qui t'a fait partir…Dans ce cas, cela peut s'arranger. Elle serait notre esclave. On l'enfermerait et tu serais avec elle. Comme tu le désires. N'est-ce pas un bon arrangement, Vos ? »

Vos lui rétorqua qu'il ne s'appelait plus Vos.

Son nom était Cynicus.

Tarn explosa.

« Tu as pris un nom qu'elle t'a imposé. Cynicus n'était pas ton vrai nom. Elle ne connaît même pas ton véritable nom ! »

Vos lui répondit qu'il lui avait imposé le sien.

Celui de Vos.

« Parce que c'était un honneur de porter le nom des premières Cités Decepticon que Megatron a conquises ! Ne me fais pas rire, Vos ! Ne me fais surtout pas rire ! Tu en étais honoré à l'époque ! Tu ne vivais que pour cela. Tu abattais les traîtres avec plaisir, comme nous. Maintenant, tu oses me dire que tu en as honte ? »

Vos lui déclara qu'il en avait assez de cette vie.

Vivre au nom de la Cause, vivre pour traquer des traîtres…

Il était scientifique. Il avait été scientifique avant d'être membre de la DJD. Et il souhaitait le redevenir.

« Et qu'est-ce qui t'empêche d'être scientifique pour le compte de la DJD ? »

La réponse de Vos fut immédiate.

Lui.

C'était lui qui l'en avait empêché. Qui avait empêché Vos d'être ce qu'il désirait être.

« Moi ? »

Tarn le fixa, incrédule.

L'expression dure, Vos lui signala qu'il n'avait jamais laissé de libertés personnelles à ses camarades. Que cela l'avait tellement étouffé qu'il ne désirait plus qu'une chose : partir.

Partir et ne jamais revenir.

Il voulait vivre avec Elita-One et mener ses expériences comme il l'entendrait.

« …Tu me déçois tellement, Vos. Tu nous déçois tous tellement. »

Oui. Il s'en voulait de les décevoir. Mais Vos lui répliqua qu'il n'avait qu'à s'en prendre à lui-même.

Tout cela était de sa faute.

« Et tu penses que la soi-disante Cause menée par Elita-One te donnera ces libertés ? Dès qu'elle en aura assez de toi…elle trouvera une façon de t'exécuter. Je te le garantis. »

Vos ne répondit rien.

Il avait assez parlé.

Tarn lui adressa, presque dans un chuchotement :

« Dans ce cas…tu ne me laisses pas le choix. Je vous ai laissés un répit. Toi, Elita-One, Carcer…mais ne crois pas qu'il s'agissait d'un acte de clémence parce que tu étais mon camarade. Non. C'est un acte de torture. Parce que c'est fini. Et tu regretteras de m'avoir trahi, Vos. »

Vos se raidit sous la menace de son leader.

« Quand le moment sera venu…je n'utiliserai même pas ma Voix pour t'achever. Je laisserai Tesarus te broyer. Je laisserai Helex te fondre vif et te faire manger ton processeur. Je laisserai Kaon t'électrocuter…et autant de fois que cela nécessite. Aussi longtemps que tu seras en vie…jusqu'à ce que tu meures. Et je veillerai à ce que le prochain Vos ne me trahisse pas comme toi tu m'as trahi. C'est dommage…un si bel atout dans notre équipe. »

Un si bel atout…

Vos plongea son regard dans celui de Tarn.

Ses optiques mentaient…et il savait que cela lui coûtait de dire ces mots.

C'est normal. Les autres avaient toujours répété que Vos était le préféré de Tarn. Celui qui ne l'avait jamais déçu. Mais ce dernier n'avait jamais su si c'était réellement vrai quand bien même il en profitait.

Tarn s'éloigna de quelques mètres. Indice qu'il était sur le point de repartir.

Vos se retourna vers Carcer. Il leur fit signe.

La conversation était terminée. Il n'était plus en danger immédiat.

Tarn allait repartir.

Son leader demanda un moyen de téléportation à Kaon, aux coordonnées de son emplacement.

Puis, il observa Vos silencieusement, l'expression indéchiffrable derrière son masque.

Vos lui adressa un signe de tête. Avant de disparaître, Tarn se rapprocha de lui.

Le fusil-sniper releva la tête vers lui. Tarn posa sa main sur l'épaule de Vos, la lui serrant affectueusement.

Tout va bien.

Le leader de la DJD disparut quelques minutes après.


Dans la salle de contrôle, Elita-One avait observé la séquence entière sur les écrans, en compagnie d'Obsidian.

Cynicus avait enduré cette épreuve avec brio. Et Elita-One ne put s'empêcher de ressentir un élan de fierté face à ce qu'elle avait pu voir.

Cynicus avait réaffirmé sa loyauté à Carcer. A Elita-One. Il avait tenu tête à Tarn.

Il n'était plus membre de la DJD. Et il l'avait prouvé à ceux qui en doutaient encore.

« Qu'est-ce que je t'avais dit ? »

Obsidian ne parut pas convaincu.

- Cela ne signifie pas que nous sommes hors de danger, Commandant.

Bien sûr. Mais elle profita du moment. De l'instant présent. Intérieurement, elle savoura sa petite victoire.

Satisfaite, Elita-One tourna les talons pour quitter la salle de contrôle.

- Nous réunirons un conseil demain matin. Nous discuterons tous ensemble de nouvelles mesures et d'un plan d'attaque contre la DJD. Il va falloir nous préparer à une riposte.

- Comme vous le souhaiterez.

A l'heure actuelle…Elita-One avait quelque chose à faire.

Elle reprit l'ascenseur pour se rendre dans ses quartiers. Une fois qu'elle les rejoignit, elle referma la porte derrière elle.

Elle s'observa dans le miroir, traquant n'importe quelle imperfection qu'elle serait susceptible de dénicher.

Elle marcha en direction du mur où était accrochée la photo de son ancien Conjunx.

Optimus Prime…si valeureux, si vaillant…

Si beau…

Elle plaça deux doigts sur ses lèvres, y déposant un rapide baiser avant de les poser sur la photographie d'Optimus Prime.

« Tu me manques. »

Et c'était sincère.

Orion Pax lui manquait…

Ariel et Orion Pax…Optimus et Elita-One…

Si seulement le destin avait été moins cruel, elle ne serait même pas ici. A Carcer, à diriger une prison, à maintenir sous contrôle un Titan qui risquerait de tous les annihiler.

Elita-One prit une inspiration et quitta ses quartiers pour se rendre à ceux de Cynicus.

Ce dernier les avait déjà rejoints par téléportation. Quand elle entra, elle le trouva assis à une table, lisant un des livres qu'il avait acheté les premiers jours où il avait été à Carcer. Avant de les rejoindre de manière définitive.

Lentement, il releva la tête vers elle avec curiosité.

« C'était parfait, Cynicus. Encore une fois, tu es plein de surprises. »

Cynicus ne répondit pas.

Elita-One marcha vers son bureau et se plaça en face de lui. Elle se pencha, son visage à quelques centimètres du sien.

« Nous discuterons demain d'un éventuel plan d'attaque. Je doute que la DJD ait dit leur dernier mot. Et…je crois que j'aurais encore une fois besoin de ton aide. Pour que tu nous donnes des éléments sur leurs éventuels points faibles. Ce dont je suis sûre est qu'on n'y arrivera pas sans toi. »

Cynicus baissa la tête.

Il acquiesça une nouvelle fois.

« Tu ne me refuses jamais rien. Et j'en suis honorée. C'est loin d'être fini. Cette histoire est loin d'être achevée…mais ce soir, j'aimerais penser à autre chose. »

Le répit était terminé.

Tels avaient été les mots de Tarn.

Cynicus n'ajouta rien.

Sans un mot, Elita-One tendit le bras vers son livre pour le refermer.

Cynicus fronça les sourcils, surpris. Elita-One se contenta de lui adresser un clin d'œil avant de lui prendre la main, l'invitant à se lever.

Cynicus s'exécuta. Son châssis toucha le sien et Elita-One enveloppa ses épaules de ses bras dans une puissante étreinte, enfouissant son visage dans son épaule.

« Tout va bien, scientifique. Il n'y a que toi et moi. »

Le scientifique garda le silence, immobile dans ses bras.

Elita-One se décala, gardant toujours un bras autour de sa taille. Avec l'autre main libre, elle prit délicatement le menton de Cynicus, l'invitant à la regarder.

Elle lui sourit et posa ses lèvres à l'emplacement où les siennes auraient dû être.

Cynicus ferma les optiques et elle le sentit se détendre dans ses bras. Elita-One sourit à travers son baiser et ferma les optiques à son tour, insistant pour l'approfondir. Elle retira sa main de son menton et ses deux bras commencèrent à masser le châssis du scientifique.

Cynicus se laissa faire. Il enveloppa même ses bras autour de sa taille dans une étreinte pour la rapprocher de lui. Cela lui fit plaisir et Elita coupa au baiser avant d'en initier un autre, beaucoup plus intense et passionné.

« Aah… »

Ses gémissements sonnèrent comme une musique à ses audios. Elita-One prit l'avantage et laissa glisser sa langue à l'extérieur, frôlant discrètement le visage de Cynicus. Ce dernier tressaillit et Elita-One s'écarta pour l'embrasser dans le cou, lui mordillant les câbles tandis que sa cheville caressait celle de Cynicus qui se laissait faire.

« Hmm…Hmm… »

Elle appréciait aussi. Elle appréciait dominer, avoir le contrôle sur un autre. Elita-One ré-initia un nouveau baiser et commença à lui ôter la cape bleu pâle qui tomba au sol. Elle saisit ensuite ses épaules pour le plaquer sur la table afin de se mettre sur lui.

Cynicus la repoussa.

Elita-One insista et essaya de l'embrasser encore. Cynicus la repoussa une nouvelle fois.

« …Qu'est-ce que tu fais ? »

Son geste l'outra. Cynicus s'excusa d'un geste absent. Il se redressa et s'abaissa ensuite pour ramasser sa cape pour la replacer sur ses épaules.

Pas ce soir, comprit-elle.

A contrecœur, Elita-One obtempéra. Il souhaitait se rendre au département Scientifique. Il lui indiqua expressément qu'il souhaitait poursuivre ses recherches.

« L'appel à la science. »

Elita-One se gratta le casque, essayant de masquer sa frustration.

« Je te rendrai visite plus tard, alors. De toute manière, je suis occupée aussi. »

Cynicus la remercia d'un signe de tête avant de quitter ses quartiers, laissant Elita-One seule.

« Elita-One ? » l'appela Obsidian par le biais de la communication.

Elita-One décrocha.

- Oui ?

- La DJD nous contacte encore. Mais cette fois, c'est vous qu'ils désirent voir.

Après tout, le point fort de la DJD n'était pas la patience.

Elita-One poussa un soupir. Il fallait qu'elle trouve un plan le plus rapidement possible afin que la DJD les laisse tranquilles.

Elle devait penser à sa mission. Pas à ses intérêts personnels.

C'était la faute de Cynicus, de toute manière. Depuis qu'il était présent sur son vaisseau, elle s'octroyait de plus en plus des quarts d'heure de plaisir…

Elle était la Commandante. Elle devait agir en tant que telle.


« …Sachez qu'il y aura des conséquences si vous attaquez Carcer. »

Encore une fois, elle fut accompagnée par deux gardes. Une nouvelle fois, ce fut Tarn qui se présenta à elle. Seul.

Ce qui était bon signe. S'il avait été accompagné par ses camarades, cela aurait signifié le début du combat. Entre Carcer et la DJD.

Néanmoins, elle ne put s'empêcher de s'interroger sur la raison de sa présence.

« Je suis venu vous poser une question », lui précisa simplement Tarn.

Son ton était las, fatigué. Elita-One fit signe à ses gardes de reculer tandis que Tarn s'approchait.

- Pourquoi vous intéresser à Vos ?

- Son nom n'est pas Vos.

Tarn soupira.

- Admettons. Mais ce n'est pas Cynicus non plus.

- Allons-nous avoir la même conversation à chaque fois qu'on se croisera ?

Un regard de la part du robot masqué l'invita à ne pas s'aventurer davantage. Elita-One laissa couler.

- Je l'ai connu avant vous. Je vous l'ai déjà dit.

- Cela ne répond pas à ma question.

- Il est intelligent. Il est un brillant scientifique. Sa place est dans un laboratoire.

- Il est aussi un fusil-sniper. Le meilleur de Megatron. Sa place est aussi sur un champ de bataille.

- Vous êtes venu négocier ?

- Je veux seulement savoir.

Elita-One eut de la peine à cacher sa réjouissance à voir Tarn aussi dépassé, aussi impuissant face à elle.

- Vous tenez vraiment à lui. Autrement, vous auriez déjà attaqué.

- Je peux quand même remplacer Vos.

- Mais vous ne le faites pas. Pas encore. Vous tenez à lui ?

Elle devina qu'il leva les optiques derrière son masque.

- Je tiens à toute mon équipe.

- A certains plus que d'autres…aux dires de Cynicus…Pardon. De Vos.

Tarn ne le nia pas.

- Cela serait si incroyable que cela si je vous disais que je tiens à lui ?

- Il vous a trahie.

- Et je lui ai pardonné. Parce que j'ai suivi le conseil d'Optimus Prime. J'ai choisi de pardonner. Contrairement à Megatron qui ne laisse aucune chance. Et il a su gagner cette seconde chance. Il a œuvré pour l'obtenir.

Elle le vit se tendre dès qu'elle évoqua Megatron.

- L'amour est une faiblesse, commenta-t-il. Tout comme le pardon.

- Je ne suis pas d'accord.

- Soit vous êtes une incroyable bonne menteuse, soit vous êtes un leader pitoyable. L'amour est un énorme obstacle à notre devoir en tant que leader. Vous devriez le savoir. L'amour n'a jamais rien apporté.

- Pourquoi ? Vous avez subi une peine de spark dans le passé ?

Tarn plissa les optiques à cette remarque.

- Je refuse de croire que la grande Elita-One, que certains ont considéré, -à tort à mes optiques-, comme étant une seconde « Megatron », se soit abaissée à tomber amoureuse d'un membre de la DJD. Parce que cela mettrait en péril beaucoup de choses. A commencer par votre Cause.

- J'imagine. Mais c'est vrai. Croyez ce que vous voulez.

- Vous n'avez pas besoin de prétendre davantage, Elita-One. Vous me donnez les informations que vous avez…et on vous laissera tranquille.

Elita-One esquissa un sourire.

Peut-être était-ce plus aisé de tout leur révéler…

Après…cela contredirait son plan.

- Et si on travaillait ensemble, Tarn ?

Cela prit le robot masqué au dépourvu. Il l'invita à préciser.

- La Cause n'est plus. Megatron sera soumis à un procès. Il dira à tout le monde qu'il renonce à la guerre, qu'il abandonne la Cause. Il veut s'amender, il recherche l'absolution.

- Il n'a jamais eu besoin de l'absolution. Et pour la dernière fois, je ne crois pas en ces rumeurs. Megatron n'a pas dit que la guerre était finie.

- Mais elle l'est. Et quand la guerre sera finie…que vous restera-t-il, Tarn ? A toi et à ton équipe ?

Ils connaissaient tous les deux la réponse.

Rien. Il ne leur restera rien.

- Alors, pourquoi ne pas vous mettre à mon service ? Je vous offrirai une nouvelle Cause à servir. Défendre Carcer. On traquerait Overlord ensemble. Vous serez sous ma juridiction. Et personne ne s'en prendra à vous. Parce que…vous serez soumis à un procès. Vous serez condamnés à la peine capitale pour tous vos crimes, même si vous justifiez que vous aviez fait cela pour le compte de Megatron. Vous serez protégés car je suis la seule qui déciderait du sort de mes subordonnés.

Elita-One risqua un pas, deux pas dans sa direction.

C'était une proposition honnête…et elle avait raison. Il n'avait aucune raison de la refuser.

- Pourquoi faire cela ?

- Parce que je suis clémente, Tarn. Cela vous éviterait la peine de mort et cela éviterait un massacre inutile.

Et surtout…

Cela ne ferait qu'accentuer sa popularité. Être celle qui a mis la DJD à genoux…la réputation qu'elle aurait aux yeux de l'univers.

Personne ne s'en prendrait à elle…et cela serait un avantage indéniable contre Liège Maximo. Avoir les machines de guerre de Megatron autour de son petit doigt.

- Vous aurez une belle vie pour ce que vous êtes. Vous retrouverez votre Vos. Vous retrouverez vos vrais noms. Vous serez à mon service mais vous avez toujours été des suiveurs plutôt que d'être des leaders, non ?

Tarn ne répliqua rien.

Elle marqua un point.

C'était osé…mais Elita-One se risqua à tendre le bras vers lui et, s'apercevant qu'il ne réagissait pas, posa le bout des doigts sur son châssis.

- Franchement…n'est-ce pas mieux de laisser tomber une Cause qui n'a plus aucun sens et trouver un véritable objectif ?

Tarn croisa son regard.

Se sentant en confiance, Elita-One caressa légèrement son châssis, formant des cercles moqueurs à l'endroit même où son spark était placé, si tenté qu'il en possédait un.

Tarn réalisa ce qu'elle était en train de faire et se dégagea violemment. Elita-One se retint de rire tandis que les gardes se placèrent pour la protéger.

- Il n'y a qu'une Cause. Celle des Decepticons.

Brusquement, Elita-One réalisa qu'elle ne pouvait plus bouger.

Tarn la toisa froidement…et elle le réalisa.

Il utilisait sa faculté…sa Voix…

- Je n'obéirais à personne d'autre que Megatron. Et nous terminerons la guerre que quand il le dira, la menaça-t-il. Et à l'heure actuelle…rien ne m'empêche de vous anéantir. Vous et Carcer. Rien ne m'arrêterait.

- Vous…vous n'oseriez pas.

Elita-One avait également du mal à parler.

Elle sentit la peur lui envahir le corps.

Elle avait l'impression que l'étincelle de son spark faiblissait…faiblissait au point de s'éteindre.

- Vous ne gagneriez pas contre Carcer…

- Mais j'ai déjà gagné contre vous.

Elita-One tomba au sol. Les gardes se précipitèrent vers elle pour vérifier qu'elle aille bien.

- Vous avez peur…cracha Elita-One.

La colère la prit.

Tarn la contempla, ne cachant aucunement son mépris et son animosité à son égard.

- Vous avez peur qu'on vous abandonne. C'est pour cela que vous ne lâchez pas l'affaire avec Cynicus. Vous avez peur qu'il vous abandonne ! Et si encore ce n'était que lui…

Tarn tourna les talons.

Il s'éloignait peu à peu, la démarche furieuse mais en même temps...hésitante. Mais Elita-One était déterminée à dire ce qu'elle avait à dire. Jusqu'à la fin.

- Vous avez peur de n'avoir aucune identité. Et c'est le cas. Vous n'avez aucune identité et de ce fait, vous avez peur que les autres se détournent de vous. Vous avez peur que Vos se détourne de vous. Vous avez peur que vos camarades se détournent de vous. Et plus que tout…

Elle hurla au même titre qu'elle lancerait une bombe sur son ennemi :

- …Vous avez peur que Megatron se détourne de vous ! Et cela se produira. Cela se produira et vous n'aurez plus aucune raison de vivre. Vous mettrez fin à vos jours de vous-mêmes !

Ses mots avaient fait mouche.

Mais Tarn était déjà parti. Et Elita-One fut presque déçue de ne pas voir sa réaction.

Il mettrait fin à ses jours…et cela sera un bien meilleur avenir pour tout le monde.


Les livres évoquaient des portes…des portes dorées dans un récipient psychologique.

Vos relut plusieurs fois pour être certain de bien comprendre. Il tenait enfin quelque chose. Un indice sur la manière d'accéder au contenu du récipient psychologique.

Ces portes dorées apparaissaient selon une combinaison spéciale du récipient psychologique. Sous la forme d'un code, comme un code qu'on entrerait pour ouvrir une porte dans la vie de tous les jours.

Vos l'avait dénichée mais aucune ouverture ne permettait d'entrer ce code.

A moins qu'il n'ait raté quelque chose…

Vos relut le passage du livre.

« Une porte dorée menant au subconscient… »

Vos secoua la tête. Il n'était pas un psychologue ou un psychiatre. Le subconscient, l'inconscient…tout cela ne signifiait rien pour lui. Il ne s'agissait pas de son domaine, après tout.

Un code…

Une combinaison…

Vos chercha.

« Une porte dorée menant au subconscient… »

Qu'avait-il lu sur le subconscient ? Comment se manifestait-il ?

Il contempla le récipient psychologique, perplexe.

Comment accéder au subconscient…à la mémoire…

Il avait l'impression d'avoir la réponse juste en face de lui.

Une porte dorée…

Subconscient…inconscient…

Vos fouilla dans son processeur.

« Une porte dorée… »

C'est un plaisir de vous rencontrer, enquêteur.

D'où est-ce que cela sort ?

Brusquement, Vos rouvrit les optiques. Il se frappa le visage.

Il venait de comprendre. Il venait de réaliser ce que cela signifiait.

Il avait repensé à ses souvenirs qui étaient remontés à la surface depuis qu'il était entré ici. A ces souvenirs qu'il avait eu l'impression de revivre de manière littérale.

Cela s'était produit à chaque fois qu'il tombait en recharge et qu'il rêvait.

Accéder à ce récipient psychologique…une porte dorée qui mènerait au subconscient…

En gardant le récipient avec lui, il en devenait le propriétaire. Et seul le récipient évaluait son état psychologique. Cela expliquait la structure qui changeait et devenait plus ou moins solide selon le propriétaire. Et par le biais de cette évaluation, un lien se créait entre le propriétaire et le récipient, de la même manière qu'un antivirus scannait et évaluait les fichiers et les données d'un ordinateur pour trouver des failles.

Le récipient fonctionnait comme un antivirus…il recherchait les vulnérabilités du propriétaire et les mettait face à lui-même.

En accédant au contenu même de ce récipient par le biais de la combinaison, on pouvait comprendre précisément où étaient situées ces vulnérabilités. La plupart du temps, elles étaient cachées dans les souvenirs...

Car le souvenir, les expériences vécues, forgeaient la psychologie d'un individu.

Il se voyait comme étant l'unique propriétaire du récipient psychologique.

Vos poussa un soupir de soulagement.

Il avait trouvé la clef. Il avait compris le fonctionnement de ce récipient psychologique.

Maintenant, il devait le tester.

Vos reprit la sphère de Memory Mansion. Lentement, il se dirigea vers son lit pour s'allonger dessus.

Pour entrer dans le récipient…il devait tomber en recharge.

Et le plus important, il fallait qu'il rêve.