Chapitre 32 : Lockhart
Résumé :
Après la proposition du club de duel, Rogue demande à Harry ce qu'il pense de Lockhart. Il n'apprécie pas la réponse.
Note de l'autrice :
AVERTISSEMENT : suspicion de maltraitance/comportement inapproprié d'un adulte envers un mineur. En gros, quand on fait une liste des actions de Lockhart envers Harry, ça devient vite très malsain, et Rogue le remarque.
Un club de duel. Géré par Lockhart. Quelle idée absolument stupide, songea Severus en parcourant le parc à grand pas, se dirigeant vers la forêt. Interdite aux élèves et généralement évitée par l'équipe enseignante, elle permettait de trouver le calme en plus de l'air frais, et il avait besoin des deux.
Il s'était porté volontaire pour superviser cette absurdité, bien sûr. Il fallait bien que l'un d'eux le fasse. Au moins, pendant que Lockhart faisait démonstration de son grotesque pour le bénéfice des élèves, les autres membres du personnel pourraient fouiller le château de façon plus approfondie, et vu l'état de ses réserves magiques, Severus était plus à sa place dans la distraction que dans l'enquête.
Ils allaient faire un essai la semaine suivante, avait décidé Dumbledore. Cela donnerait aux enfants un sujet autre que les pétrifications pour discuter pendant les vacances. Severus retint un ricanement. Connaissant Lockhart, cela allait être un véritable désastre.
Severus repéra des crins de sombral sur un buisson de houx, et réfléchit à l'idée de pister la harde. Dans la boue neigeuse, les traces étaient clairement visibles, et il savait qu'ils avaient tendance à se rassembler. À cette époque de l'année, les poulains étaient en plein sevrage, et ce serait assurément distrayant.
Derrière lui, il pouvait entendre des cris venant du terrain de Quidditch. L'équipe de Poufsouffle, s'il se rappelait l'emploi du temps correctement. Il soupira. Même s'il avait très envie de disparaître dans la forêt pour une demi-journée, il avait des choses à faire. Les vacances de Noël n'étaient que dans quelques semaines ; il prendrait plus de temps pour lui à ce moment là.
- Euh, Professeur ?" Mlle Deauclaire ouvrit la porte de son laboratoire et y passa la tête. "Harry Potter est ici ? Il dit que vous lui avez demandé de venir." Il était fortement sous-entendu qu'à cette heure Severus était censé avoir rendez-vous avec elle.
Severus dissimula sa grimace à la hâte. Quand il avait pris Potter à part après le déjeuner pour lui demander de passer dans l'après-midi, il avait oublié. "Toutes mes excuses," dit-il calmement. "Ça ne devrait pas prendre longtemps – pas plus d'une demi-heure. Peut-être pourriez-vous commencer aujourd'hui avec la notation de devoirs, et nous ferons le travail au chaudron après." Il avait, au moins, bien insisté auprès de ses protégés pour leur faire comprendre l'importance de la discrétion. Il était peu probable que la présence de Potter sur place provoque des rumeurs par l'action de Mlle Deauclaire.
Heureusement, la jeune fille ne protesta pas, et il lui désigna une pile de parchemins sur une des tables avant de se retirer avec M. Potter dans la piège adjacente.
- Merci d'être venu me voir, Harry," dit-il. "Je voudrais parler avec vous à propos du professeur Lockhart."
- Le professeur Lockhart, monsieur ?" dit le garçon en fronçant les sourcils, perplexe. "Pourquoi ?"
Severus fit signe à Harry de s'asseoir.
- Techniquement, je me pose des questions à propos de vos trois nouveaux professeurs," expliqua-t-il. "Il est peu probable que l'un d'eux ait quelque chose à voir avec les pétrifications, mais il est important de vérifier. Vous allez avoir un point de vue différent du mien et peut-être avoir vu des choses que je n'ai pas vues. Nous savons aussi que vous avez été visé au moins une fois, donc le responsable des attaques va peut-être se comporter de façon différente près de vous. Est-ce que vous comprenez ?"
Harry prit un instant pour réfléchir.
- Vous pensez vraiment que ça pourrait être le professeur Mulpepper, monsieur ? Ou le professeur Kirby ?
- Non," reconnut Severus. "Cependant, il est important de rassembler des preuves plutôt que de s'appuyer sur des suppositions. Est-ce que l'un d'entre eux s'est comporté différemment envers vous par rapport à vos camarades ? Ont-ils eu des comportements suspicieux ? Votre cicatrice vous a-t-elle fait mal ?"
Le garçon secoua la tête.
- Le professeur Mulpepper est vraiment gentil," dit-il. "Tout le monde l'aime bien. Et le professeur Kirby est exigeante, mais elle n'est pas…"
- Elle n'est pas cruelle," conclut Severus. Il était content de voir que ses impressions d'eux se révélaient exactes. "Et le professeur Lockhart ? Je me rappelle ce qui s'est passé pendant le match de Quidditch. A-t-il fait autre chose qui vous a rendu mal à l'aise ?"
Le professeur Severus Rogue, Directeur de la Maison Serpentard, envoie ses salutations à Andromeda Tonks, Maîtresse Guérisseuse.
Je vous saurais gré de me donner votre avis au sujet d'un jeune élève qui a été traité de façon particulière par un de ses professeurs. Il m'a indiqué que jusqu'ici cette année, le professeur a :
● Retenu l'enfant après son cours à de multiples occasions pour discuter de sujets extérieurs au programme
● Insisté pour manifester une familiarité avec lequel l'enfant est inconfortable, comprenant l'appeler par son prénom et passer son bras autour de ses épaules à de multiples occasions
● Émis l'hypothèse que l'enfant souhaite suivre ses traces
● Arrangé des occasions de se faire photographier avec l'enfant
● Relâché en classe une créature d'un danger supérieur au niveau des enfants, sans intervenir quand les enfants ont été incapables de la maîtriser, et laissé l'enfant et deux de ses amis seuls dans la classe pour capturer la créature à la fin du cours
● Insisté pour que l'enfant l'assiste dans des reconstitutions de divers affrontements entre des créatures dangereuses et leurs victimes, impliquant occasionnellement des simulacres d'agression physique
● Suggéré de façon répétée qu'il pouvait donner à l'enfant des cours privés sur une variété de sujets
● Insisté pour 'guérir' une blessure de l'enfant, d'une façon si incompétente que l'enfant a dû passer la nuit à l'Infirmerie
Il va sans dire que je suis fortement inquiet. L'enfant a établi une habitude d'évitement autant que possible, mais le contact est inévitable compte tenu du fait que l'homme est un de ses professeurs. Je ne crois pas que quelqu'un d'autre ait fait le lien entre ces incidents jusqu'ici, en raison de la personnalité générale du professeur qui fait de lui un agacement persistant plutôt qu'une véritable menace.
À votre avis, à quel point est-il urgent que je fasse remonter ces informations ?
S. Rogue
Il se donna vingt-quatre heures pour y réfléchir. Prit grand soin de ne pas montrer plus de mépris que d'habitude envers Lockhart quand il le croisa. N'empoisonna pas ses repas. N'enseigna pas à Harry un sort de castration. Lut la réponse d'Andromeda avec une froide satisfaction. Et puis, le lundi soir, il toqua à la porte de Minerva, le 'téléphone' glissé dans sa poche.
- Minerva," dit-il d'un ton grave, quand elle eut ouvert la porte. "Je voudrais vous parler."
Note de l'autrice :
Je ne… sais vraiment pas ce qui va arriver à Lockhart. Genre, pas du tout. Mais, euh, il va certainement se produire quelque chose. Je ne vais probablement pas le pousser du haut de la tour d'Astronomie. Je pense.
Note de la traductrice :
La note précédente a été écrite juste après le chapitre, avant la parution du chapitre suivant (quelques heures plus tard). Alors que je traduis ceci trois autres chapitres ont été publiés (il arrivent dès que possible).
Les lecteurs de la VO ont fait montre d'une certaine imagination en ce qui concerne la réponse appropriée aux actions de Lockhart, proposant non seulement de le pousser du haut de la tour d'Astronomie mais aussi de "le suspendre… de son poste ou par les pieds, peu importe", de laisser Andromeda "faire ressortir son côté Black", de le faire s'étouffer sur une saucisse, de lui faire subir une castration chimique, de le réduire en ingrédients de potions, de lui lancer un sort de "Laxativus Permanentus et/ou Castratus Horribilis", et, sans donner plus de précision, de le "massacrer".
