Note: Coucou, un chapitre de transition avec Arya.
Bonne lecture,
Chapitre 37 : Arya
Cela ressemblait à être Nymeria, se dit Arya, en s'affalant davantage sur la fourrure étalée sur le sol en-dessous d'elle. Ici à cet instant précis, tout était confortable et naturel. Ils étaient dans la cabane d'Ilirian, celle où il vivait autrefois avec sa mère, Ilirian lui avait proposé de l'y accompagner alors qu'il allait récupérer des affaires qu'il avait laissé là-bas. Arya avait accepté sans hésiter, elle adorait Winterfell mais l'agitation nerveuse qui y régnait en ce moment était presque insoutenable pour elle. Bizarrement cette pauvre hutte exiguë lui paraissait moins oppressante La présence d'Ilirian, elle devait bien l'admettre, lui était plus agréable que celle de beaucoup d'autres. Il n'éprouvait pas le besoin de la traiter comme une créature dangereuse ou mythique, comme on la traitait souvent au château, et acceptait ses bizarrerie sans frémir. Elle ne blâmait pas les autres d'avoir plus de difficultés, mais toujours était-il qu'Ilirian voulait bien discuter de prémonitions et de rêves verts comme si c'était normal. Elle lui avait également montré sa collection de masques, de visages en peau humaine, en lui expliquant qu'elle ne savait trop si elle devait les garder et contrairement à Jon et Sansa qui avaient frémis tous deux de révulsion ne s'était pas immédiatement écrié que c'était monstrueux. Il lui avait demandé de raconter l'histoire qui l'avait mené à les avoir et lui avait dit que cela dépendait d'elle, de peser l'intérêt que pouvait avoir ses qualités de sans-visage pour protéger sa famille, et ce que cela lui coûtait à elle de se mettre dans la peau d'un mort. Personne, pas même Gendry n'avait été capable d'accepter cela chez Arya.
Ilirian devenait donc malgré elle, un ami précieux.
-Tu dis que tu as un mauvais pressentiment concernant les hivernales, interrogea-t-elle, en se rapprochant de la petite cheminée.
-Je ne sais pas si c'est lié aux hivernales, nuança-t-il, c'est juste que, à partir de cette échéance, le futur que je vois dans mes rêves est brouillé et chaotique
-On pourrait en parler au conseil et annuler les célébrations, proposa Arya, essayant de masquer la note d'espoir dans sa voix.
Ilirian se pencha pour récupérer les marrons grillés au bout de piques, qu'il avait placé dans la cheminée, il lui tendit.
-Cela n'arrangerait rien Arya, fit-il, ils vont quand même devoir partir pour Port-Réal.
-C'est ça qui m'embête, je n'aime pas l'idée de savoir Bran là-bas. Jon non plus en fait, avoua-t-elle.
-Je sais, mais quel autre choix y-a-t-il ?
Arya ne répondit pas, frustrée. Ce n'était pas son domaine. Elle n'avait rien à faire de ce que pouvait penser Daenerys, le roi, la cour, et tous les habitants de Westeros. Si son petit frère et Joy Hill avaient déniché un œuf de dragon, cela n'aurait dû les concerner qu'eux, et le conseil du Nord. Elle comprenait la nécessité d'agir diplomatiquement mais cela l'énervait plus que tout.
-Est-ce que tu veux les accompagner? questionna Ilirian.
-Je ne sais pas, marmonna-t-elle en mordant dans un marron, le craquement sonore résonna anormalement fort dans sa tête, elle n'aimait pas l'idée de voir sa meute séparée de nouveau alors qu'elle venait à peine d'Être réunie, et si elle allait à Port-Réal avec les garçons, alors Sansa serait seule ici.
-Sansa aura toujours plein de monde avec elle ici, fit Ilirian, devinant ses pensées, et puis elle s'en est tirée quand tu étais en voyage à l'ouest de Westeros.
-Daenerys a failli la brûler vive et elle a décidé de renouer avec Tyrion Lannister, rétorqua vivement Arya.
-Hé bien Daenerys est à Port-Réal, maintenant et je croyais que tu n'avais plus de problèmes avec leur mariage ?
-Cela ne me pose pas de problèmes, fit-elle et c'était vrai, s'aperçut-elle avec surprise, mais ça aurait pu être quelqu'un d'autre... quelqu'un qui aurait pu lui faire du mal.
-Elle ne s'est pas mêlée de ton histoire avec Gendry pourtant ? finit par lâcher Ilirian.
-Parce que je sais me défendre, assura-t-elle, c'est moi qui fait du mal aux gens, pas le contraire.
Sa voix était glaciale, même à ses propres oreilles, mais cela ne la dérangeait pas. Cela faisait fuir les émotions dont elle ne voulait pas.
-Arya, s'il te plaît, arrête ça, soupira Ilirian, son regard triste s'encra dans le sien, qu'elle savait inébranlable.
-Arrêter quoi ?
-Ce n'est pas parce que tu peux faire du mal que tu le fais. C'est comme... un loup, si Nymeria se sent agressée, elle pourra dévorer n'importe quel animal, mais elle n'a jamais fait de mal à Fantôme ou à un humain bien intentionnée.
Arya éclata de rire, elle n'eut pas le temps de s'en empêcher et cela faisait un temps fou qu'elle ne l'avait pas fait. Ilirian rit aussi, apparemment emporté par son élan de gaieté.
-Dans le cas de Gendry, je l'ai tout de même vraiment fait souffrir, se reprit-elle sombrement, je lui ai fait croire que quelque chose était possible entre nous pour finalement lui dire que je ne l'épouserai pas et m'enfuir dans mon voyage.
-Tu ne lui as rien dit de plus que la vérité de ce que tu ressentais à deux moments distincts, corrigea Ilirian, sans indiscrétion tout le monde sait que c'est la veille de la longue nuit.. c'est-à-dire, de la fin du monde que tu... que vous enfin que votre relation avait commencé.
Ilirian luttait de toutes ses forces pour formuler une phrase cohérente, mais il s'arrêta à ce résultat médiocre, sous le regard moqueur d'Arya.
-On dirait ma sœur, commenta-t-elle, exaspérée, je ne vois pas le problème dans le fait de dire que Gendry et moi avons couch...
-C'est bon interrompit brusquement Ilirian, j'ai compris. Arya s'apprêtait à enfoncer le clou en se moquant de lui mais elle s'aperçut que ce n'était plus l'embarras qui animait ses traits, plutôt une sorte d'énervement contenu, du moins de reluctance à poursuivre le sujet.
Arya n'avait pas l'intention de le mettre vraiment mal à l'aise, sa seule intention avait été de le taquiner un peu, comme elle le faisait avec Sansa, aidée de Faérie en lui posant des questions crues, et en employant certains mots qui ne manquaient pas de la faire réagir. Mais si Sansa prenait une couleur pivoine, elle finissait par rire avec elles, Ilirian semblait au contraire être en train de plonger dans une mélancolie sombre.
-Tout ça pour dire, je pense que Gendry et moi n'étions pas faits pour être ensemble, finit-elle par continuer, on se ressemblait beaucoup, mais on arrivait pas à se comprendre.
Ilirian demeura pensif, les marrons qu'il tenait au bout d'une broche étaient en train de roussir d'une façon alarmante dans l'âtre. Arya contempla distraitement son bras tendu vers les flammes, malgré les couches de vêtements qui le recouvraient, il était clair qu'il était maigre. Il vivait au château depuis près de trois semaines mais le manque de nourriture dont il avait souffert pendant toute sa croissance avait laissé des traces durables. Il n'était plus rachitique mais sa morphologie restait très svelte, à dix mille lieux de la massivité et de la muscularité d'un ouvrier, d'un fermier ou même de nombre de chevaliers. Il apprenait bien les techniques de combats qu'elle lui enseignait, particulièrement les méthodes de Syrio Forell qui reposaient sur l'agilité et la rapidité. Mais ce n'était pas un combattant. Ses doigts noueux s'accordaient parfaitement aux cordes de son luth. Étrangement, cela ne dérangeait pas Arya, elle aimait l'entendre jouer, et si elle espérait pour sa santé que la malnutrition dont il avait souffert se résorberait vite pour lui permettre d'atteindre un poids susceptible de supporter les rigueurs de l'hiver, elle ne voulait pas du tout voir disparaître son air rêveur.
Arya secoua la tête, comme pour remettre de l'ordre dans ses réflexions, il ne lui arrivait jamais d'ordinaire de penser de la sorte à ce genre de détails à propos de qui que se soit.
-Raconte-moi encore ton dernier rêve, demanda-t-elle, en lui prenant la broche des mains pour sauver les derniers marrons. Une fois qu'elle eut sélectionné les moins crammés, elle les lui posa dans la main.
-Pas grand chose, répondit-il, juste un immense mur de glace séparant deux groupes, j'ai surtout senti une grande souffrance émotionnelle. Mais... je crois que cela ne concernait pas ce qui nous inquiète:... je crois que c'était personnel.
-Je croyais que tes prémonitions devaient toujours avoir un lien avec le destin du Nord, s'étonna Arya, se retenant de demander en quoi il pensait que c'était personnel.
-Oui, approuva-t-il, cela devait être un cauchemar normal, rien de magique là-dedans.
-Et pourquoi aurais-tu peur du mur de la garde de nuit ? ne put-elle s'empêcher de demander.
-Ce n'était pas ce mur-là, affirma-t-il, et puis, ce n'est pas le mur en lui-même qui me fait peur, protesta-t-il.
-Je me disais aussi, lança-t-elle d'un ton ironique, promis, on ne t'enverras jamais à la garde de nuit.
-Merci infiniment Lady Arya, se moqua-t-il en faisant une révérence.
-Ne me remercies pas trop vite, ça veut dire que tu devras supporter mes entraînements au combat tant que tu resteras ici.
-Cela devrait être surmontable sourit-il.
Arya bailla, s'étira sur la fourrure, puis se roula en boule. Elle ne se souciait pas du protocole qui disait qu'une jeune fille noble aurait dû être assise bien droite sur un fauteuil et non affalée près d'une cheminée. Elle était un loup, à un sens beaucoup plus littéral que le reste de sa meute. Ilirian était demeuré assis, le regard perdu dans les flammes.
-On devrait rentrer au château, crut-elle l'entendre dire au bout d'un moment, mais sa voix était lointaine, et le sommeil l'avait entraîné par surprise.
-Dans cinq minutes, s'entendit-elle marmonner.
Elle eut l'impression qu'Ilirian laissait échapper quelques notes de son rire mélodieux.
Elle courait, ses pattes voltigeant avec aisance sur la surface gliçante du lac, son frère la suivait. Il y avait quelque chose de différent ces jour-ci. Plusieurs choses. Elle ne savait pas exactement quoi. D'abord, la terre était plus meuble, plus sucré, plus odorante, lorsqu'elle y enfonçait son museau, elle pouvait suivre la trace d'un lapin sur de très longues distances. Pendant la tempête, fantôme et elle étaient seuls dans les forêts entourant Winterfell. Désormais, la nature grouillait de vie qui avait disparu depuis longtemps. Soudain, Fantôme s'arrêta les oreilles dressées et lui communiqua que des humains approchaient. En effet, elle pouvait entendre leur démarche maladroite dans les feuillages. Arya avait envie de savoir qui c'était, ils se tapirent derrière un sapin.
-Est-ce qu'il y aura le roi de Westeros, ou la lady qui a des dragon, ? demandait un petit garçon à une fermière qui devait être sa mère.
-Non, les hivernales, c'est une fête Nordienne, c'est pas les affaires des suderons, grogna la femme d'une voix fatiguée par une vie de travail physique exténuant.
Elle marchait avec une lourdeur désolante au goût de la louve, alors que le garçonnet gambadait près d'elle:
-Et maman, est-ce qu'on pourra voir l'œuf de dragon de Lord Bran et de l'autre jeune lady ? Il paraît qu'il est moins gros que ceux des Targaryen. Mais je crois bien que j'aimerai quand même le voir.
-Raconte pas de sottises, Daren réprimanda sèchement la femme, qui t'as encore mis ces histoires de dragons dans la tête ? Ça ne te mèneras nulle part, même si c'était vrai. On pourra s'estimer heureux s'ils ont du ragoût à nous servir au banquet.
Le petit humain écarta le ragoût d'un revers de mains:
-Tout le monde en parle maman ! Après le dragon, j'aimerai voir les Stark, leur parler, Lord Bran qui a vu le futur et le passé, et lady Arya qui a pourfendu le roi de la nuit, Lady Sansa, qui a ouvert l'école et lord Jon qui est marié à la Lady des dragons !
La femme eut un gros soupir résigné et las:
-Du moment que tu es poli et que tu ne parles pas du dragon, les enfants d'Eddard et Catelyn Stark ne te feront pas de mal je suppose...
Le petit ne tenait pas vraiment compte de ce que disait sa mère, sa voix aiguë faisait bourdonner les oreilles sensibles de la louve.
-Et les loups ! Les vrais je veux dire... je veux les voir !
Fantôme, soit qu'il se sentit d'humeur sociable, soit que comme elle, il en eut assez des cris perçants bondit à découvert sous les cris effrayés de la mère et fasciné du petit.
Nymeria sortit à son tour à un rythme plus modéré. La mère tenta de faire reculer le petit, mais Fantôme poussa un japement inoffensif qui disait en fait "salut toi" et se pencha pour poser un instant son museau sur l'épaule de l'enfant.
Nymeria s'assit par terre, prête à endurer le numéro de fantôme, et Arya s'éveilla.
Quelqu'un, indubitablement, réalisa-t-elle, Ilirian, avait glissé un oreiller en dessous de sa tête, et avec l'épaisseur des fourrures elle aurait pu se croire dans son lit à Winterfell.
Elle s'assit brusquement et vit Ilirian qui n'avait pas bougé de sa place près de ses pieds, assis non loin de la cheminée.
-Bien dormi, Lady Arya ? interrogea-t-il, un sourire dans la voix.
-J'étais Nymeria, répondit-elle pour détourner l'attention d'Ilirian du fait qu'elle s'était assoupie sans aucune raison au beau milieu de l'après-midi. La raison réelle était qu'elle s'était sentie à l'aise et en sécurité, détendue, et qu'elle avait eu envie d'en profiter pour tenter de trouver un sommeil sans cauchemars pour une fois.
-Que faisiez-vous ? demanda curieusement Ilirian.
-ho pas grand chose, on écoutait juste un petit qui avait hâte d'être aux hivernales, marmonna-t-elle vaguement.
-Décidément, le sort est contre toi, rit-il, personne ne veut que tu oublies cette fête !
-Ce qui me pose problème, c'est que tout le monde n'a pas forcément un hivernale, confia-t-elle, de nombreuses personnes m'ont aidé à survivre pendant l'hiver, mais je ne peux pas dire que ma survie a vraiment dépendu d'un d'entre eux.
-Tu n'es pas obligé de nommer quelqu'un rassura-t-il, et c'est un symbole tu sais que la plupart des gens ne choisissent pas quelqu'un qui leur a sauvé la vie, surtout en temps de paix, ils parlent souvent d'un soutien émotionnel, d'un allié, d'une personne qui compte, qui a fait d'eux ceux qu'ils sont aujourd'hui. Toi, tu es trop spéciale pour cela, tu n'as suivi que ta propre volonté et tu n'as dépendu que de toi-même jusqu'à présent.
-J'ai pensé à Jon, mais je suis furieuse contre lui parce qu'il reste marié à Daenerys alors qu'elle a fait du mal à notre famille. Sansa dit que c'est la chose honorable à faire, mais je ne vois pas en quoi ça l'est. Il n'a qu'à revenir vivre ici avec nous. Même avec les bébés s'il veut.
Arya s'interrompit brusquement horrifiée de ce qu'elle avait laissé échapper devant témoin.
-Jon regrette infiniment d'avoir dû épouser Daenerys, commenta Ilirian, bien qu'il l'aimait, qu'il l'aime toujours peut-être, Jon n'a jamais pu reprendre leur relation où ils l'avaient laissé la dernière fois que Daenerys était à Winterfell.
-Je ne nommerai personne, conclut Arya, ce n'est juste pas pour moi, pas cette fois.
-Je comprends, admit Ilirian, écoute Arya, je pense que je n'ai pas besoin de te le dire pour que tu saches que je comptais te choisir comme hivernale. Si tu ne veux pas que je le fasse, je ne dirai rien à la cérémonie de la désignation, mais cela ne change pas le fait que tu restes mon hivernale. J'avais quelque chose à te montrer, si tu voulais venir avec moi.
-Où ?
-Dans la forêt.
-C'est un peu louche comme suggestion, sourit Arya, mais venant de toi, je suis certaine que c'est inoffensif et si cela peut t'empêcher de t'écrier devant tout le monde que je suis ton hivernale... allons-y.
Arya ne pouvait pas nier qu'elle s'y attendait, du moins qu'elle l'espérait secrètement, elle n'était pas une jeune fille incertaine comme sa sœur. Étrangement, alors que des enfants Stark, elle avait toujours été la moins sociable, à part Jon, elle était la seule à déjà avoir eu une véritable relation amoureuse. Arya rejeta cette pensée de sa tête. Déclarer que quelqu'un était votre hivernale n'était pas synonyme d'amour romantique, on pouvait nommer ses parents, amis et frères et sœurs. Seulement, Ilirian ne la regardait pas comme une amie ou une sœur, selon elle. Quant à elle, elle ressentait définitivement quelque chose pour lui.
Au début, elle avait eu du mal à l'admettre, parce que cela ne ressemblait pas à l'amour qu'elle avait ressenti pour Gendry. C'était plus tranquille et plus doux, moins passionné mais plus sérieux aussi, tout en étant plus délicat.
-A-t-on le temps d'y aller avant qu'il fasse nuit ? s'enquit-t-elle en se levant.
-Oui, à cheval, c'est à mi-chemin entre ici et Winterfell, assura-t-il.
-Je ne vois pas ce que cela pourrait être, se plaignit-elle, je n'aime pas les surprises.
-C'est parce que tu n'as eu que de mauvaises surprises jusqu'à présent.
Ils prirent donc les chevaux et après avoir suivi le sentier jusqu'à mi-parcours pour Winterfell, Ilirian tourna à gauche et se mit à se frayer un chemin au milieu d'une végétation fournie. Ils finirent par attacher leurs montures, le terrain devenant trop glissant et continuèrent à pied. Ils tournèrent autour d'un bosquet d'arbres larges et sans doute bicentenaires lorsqu'Il apparut.
C'était un chalet de bois, peint en blanc par la neige qui s'était accumulé sur son toit de mélaise.
-Je l'ai découvert il y a quelques semaines, expliqua Ilirian, et je me suis dit que ça serait un endroit qui pourrait te plaire où tu pourrais aller quand la vie au château devient trop dur à supporter. Alors je l'ai aménagé un peu.
Il arborait un sourire nerveux et lui tendit une clé:
-Il n'y avait plus de porte, ni de serrure, commenta-t-il.
Sans un mot, Arya s'approcha et tourna la clé dans la serrure puis la poignée de la porte. La première pièce comportait une grande cheminée, une table et des chaises, et, adossé à un mur un arc et un carcois.
Arya haussa un sourcil surpris:
-Je ne savais pas que tu avais un arc? Il a l'air solide en plus.
-Ce n'est pas moi qui l'ai mis là, regardes le carquois.
Arya obtempéra et vit qu'un nom et un prénom y étaient gravés :
"Lyanna Stark".
-À un moment ou un autre cet cabane a dû être à ta tante, sourit-il, quand j'ai vu ça je me suis dit que je t'y ammènerais pour les hivernales, ce n'est pas un vrai cadeau parce qu'elle ne m'appartient pas mais...
-Merci, l'interrompit-elle à voix basse, je n'aurai rien aimé autant que ça.
Il y avait une autre pièce avec un lit et une armoire remplie de couvertures, de vêtements chauds, de dagues et de cartes des forêts alentours.
Arya n'avait pas menti, Ilirian avait précisément trouvé ce qu'il lui manquait et avait passé son temps depuis presque un mois à rénover le chalet et à l'approvisionner en équipement pour qu'elle puisse l'utiliser.
Certes, il avait eu beaucoup de chance de trouver cet endroit, car il avait un statut de roturier, et à Westeros, c'était souvent du pareil au même à être dans le dénuement. Il était sorti de la pauvreté en rejoignant le conseil restreint du nord, où on veillait à ce qu'il ait de quoi manger, se vêtir et procéder aux dépenses personnelles dont il avait besoin, mais cela ne le mettait tout de même pas en possession d'une fortune suffisante pour acheter quoi que se soit de luxueux. Seuls les Lannister peut-être possédaient encore un peu d'or, mais les Stark n'étaient eux-même pas plus riches que leur propriétés foncières et mobilières.
-Comment as-tu su que j'avais envie d'avoir un endroit à moi ? demanda-t-elle, en examinant avec ravissement l'arc et les flèches de la jeune mère de Jon, heureusement son voyage à l'ouest lui avait enseigné à utiliser cette arme. Mais peut-être faudrait-il qu'elle la donne à Jon ?
-He bien déjà, tu n'as jamais aimé rester trop longtemps dans le château, tu disais que tu avais peur que cela te transformes en Lady, se souvint-il avec un sourire, Arya abandonna ses réflexions sur l'arc et se concentra sur lui, il reprit plus sérieusement: tu semblais aimer venir avec moi dans mon ancienne maison, alors qu'elle est pitoyable comparée au château honnêtement.
-Peut-être que j'avais une autre raison pour vouloir venir avec toi, admit-elle, aussi bien à Ilirian qu'à elle-même.
-Arya... soupira-t-il tristement, ne joues pas avec moi s'il te plaît je ne suis pas fait pour ça.
-Ce n'est pas mon intention, assura-t-elle, promis.
Il se pencha légèrement vers elle, sans doute inconsciemment Arya s'avança, pour sa part, très consciemment en levant la tête. Arya n'avait jamais auparavant ressenti ce genre de sentiments pour Ilirian. La dernière fois qu'elle l'avait vu avant de connaître Gendry, et avant la guerre, elle n'avait que onze ans et se fichait comme d'une guigne des garçons ou de l'amour.
Arya aurait pensé qu'elle aurait toujours envie d'être avec quelqu'un de fort, et pourtant, ce n'était pas Ilirian. Il effleura sa joue du bout des doigts comme s'il avait peur d'abîmer l'aile d'un papillon, et son expression de joie incertaine aurait pu lui briser le cœur. Son autre main se posa timidement sur son épaule. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Arya aurait voulu compter ses cils. Il ne lui en laissa pas le temps.
Pris d'un élan de courage, il l'embrassa. Arya crut presque qu'elle avait replongé dans la peau de son loup car la poussée d'énergie qui la submergea, le courant de joie pur qui sembla bouillonner dans ses veines, la fit se sentir plus vivante que jamais. être avec Ilirian, c'était comme être Nymeria, courant dans une grande forêt Nordienne, ou comme être la petite Arya apprenant à se battre avec une épée en bois, ou bien juste Arya, une jeune fille qui avait eu beaucoup de chance.
Ilirian la serra dans ses bras, inhalant profondément il s'écarta:
-Qu'est-ce que cela signifie exactement pour toi ? interrogea-t`il, sa voix était rauque, peu maîtrisée.
-Cela signifie que je ne rejette pas ta déclaration et ton présent, sourit-elle, et que je ne veux pas qu'on s'arrête là, et surtout, je veux que tu restes avec moi et qu'on essaie de créer quelque chose de solide. Si c'est ce que tu veux...
Arya retint son souffle, elle savait qu'Ilirian n'était pas comme Gendry, il avait besoin de certitudes, et elle était prête à les lui donner. Ilirian avait besoin d'elle, et elle acceptait d'avoir besoin de lui. Sauf qu'il garda le silence une seconde. Elle commença à se sentir mal à l'aise.
-Tu es sérieuse, constata-t-il en plongeant ses yeux noirs dans les siens. Il paraissait ahuri, presque sonné.
-Et tes visions ne t'avaient pas averti ? questionna-t-elle ironiquement, elle savait bien que non, la magie ne marchait jamais comme on le voulait.
-Si seulement, soupira-t-il, il tremblait imperceptiblement d'émotion.
Arya passa ses bras autour de son torse, étant trop petite pour atteindre son cou ou ses épaules, et enfouit sa tête contre son menteau de fourrure, son cœur battait au creux de son oreille. Ilirian serait de sa meute, quoi qu'il arrive.
Lorsqu'Arya et Ilirian revinrent au château un corbeau était parvenu de la Citadelle annonçant la fin imminente de l'hiver.
-Ne devrait-on pas attendre un signe plus concret du printemps Nordien pour le célébrer ? interrogea Faérie, je veux dire, il ne faudrait pas oublié que ce foutu royaume est encore totalement enneigé et que je n'ai aperçu aucun bourgeons dans le coin.
-L'air est différent, assura Jon d'un ton solennel alors que Sansa répondait d'une même voix:
-Le nord est rarement dégagé de sa neige. Et nous n'avons pas tout notre temps. En plus, si l'hiver est toujours susceptible de venir, et que nous devons nous y attendre, le printemps est censé être une surprise. Bon , Arya, viens avec moi nous avons encore un ou deux petits détails à régler.
Arya rejoignit donc Sansa dans sa chambre ce soir-là. Des messagers avaient été dépêchés pour prévenir les nordiens des alentours que Winterfell fêterait les hivernales à partir du lendemain et que tous ceux qui le souhaitaient pourraient assister aux célébrations. Plus de doute, désormais Arya devrait se plier à cette fantaisie ridicule qui paraissait avoir saisi tout le monde, même Ilirian même si elle ne s'en plaignait pas vraiment. AprÈs tout, elle était heureuse, et même si elle n'avait pas le goût de ces démonstrations d'affections publique, elle devait admettre qu'elle ne pouvait pas pleinement être mécontente.
-Alors quelle est le programme des tortures ? demanda-t-elle, moqueuse.
-Ne poses pas de question dont tu ne veux pas connaître la réponse, grogna Sansa, en s'affalant près d'elle, dis-moi plutôt... est-ce que tu approuves ?
-Est-ce que j'approuve quoi ? s'étonna-t-elle, les hivernales ? ce n'est pas toi qui les as inventé que je sache ?
-Je ne parle pas de ça, s'agaça Sansa.
-Alors parles plus clairement Sansa, j'avoue que je ne comprends pas.
Sansa se tordit les doigts, puis elle se mordilla la lèvre, elle était nerveuse comprit Arya. Ce n'était pas quelque chose qu'elle saisissait bien. Ses frères et elle-même étaient tous plutôt calmes et imperturbables. Mais elle savait qu'il ne fallait pas brusquer Sansa dans ces moments-là.
-Je vais me marier avec Tyrion, lâcha-t-elle.
Arya sourit:
-Oui, je pense que j'avais compris ça avant toi.
-Bon, si c'est pour être comme ça Arya, va-t-en je suis morte de peur et tu ne m'aides pas.
Arya soupira, elle souhaitait beaucoup de courage à Tyrion pour gérer les sautes d'humeur intempestifs de Sansa. Une part d'elle avait envie de s'enfuir par la fenêtre, mais elle avait aussi envie d'aider sa sœur. Il y avait si peu de personne devant lesquelles elle laissait tomber son armure de glace qui la protégeait du reste du monde, Arya sE devait d'être là pour l'aider.
-Qu'est-ce qui t'effraies ?
-Un tas de choses... soupira Sansa, et si je ne parvenais pas à gérer ces hivernales. S'ils se révoltaient contre mon choix... Si Tyrion changeait d'avis... Je suis plus jeune que lui...
Arya saisit sa main. La voix de Sansa tremblait, Arya comprenait que ce qui lui tenait vraiment à cœur s'était échappé de ses lèvres en dernier.
Arya eut une fois de plus envie de réssuciter Cersei, Littlefinger et Ramsay pour pouvoir les tuer elle-même et leur faire payer ce qu'ils avaient fait à sa soeur. Elle ne le mesurait pas encore complètement, mais c'était une chose de plus qu'elle remarquait maintenant. Sansa avait été une enfant confiante, pas exactement vaniteuse, mais étant certaine qu'elle méritait l'attention générale et même l'amour. La Sansa dont elle se souvenait ne se serait jamais inquiétée de ne pas être assez bien pour Tyrion Lannister. Au contraire, elle aurait été persuadée qu'il n'était pas assez bien pour elle. Arya était heureuse que sa sœur ne soit plus une peste et réalise que l'apparence d'une personne ne définissait pas qui elle était mais elle détestait le fait que cette nouvelle Sansa qui, pour le coup méritait d'être aimée ne se considère pas comme assez bien pour cela.
-Sansa, tu es irrationnelle, je ne te laisserai pas épouser Tyrion si je n'étais pas certaine qu'il était inconditionnellement et irrévocablement amoureux de toi, martela-t-elle pour que les mots parviennent au cerveau troublé de sa sœur à travers son crâne visiblement épais, maintenant tu vas dormir, pour être en état d'être la gardienne du nord demain matin.
Sansa, déjà en tenue de nuit, acquiesça et se glissa dans son lit sans protester, mais Arya perçut bien vite qu'elle n'allait pas s'endormir avant longtemps si elle n'intervenait pas.
-est-ce que tu veux que j'aille chercher Tyrion ? Pourquoi n'est-il pas là d'ailleurs ? demanda Arya, surprise.
Arya allait se lever du lit déjà sur ses gardes mais Sansa la retint par le bras la mine affolée.
-Non Arya ne fais pas ça. Il a sans doute besoin d'être un peu seul et de réfléchir pour ne pas prendre une décision hâtive. Et puis, Père et mère auraient été outrés s'ils savaient que dans leur propre foyer j'ai partagé mon lit avec mon mari quelques heures avant mon mariage.
-Qu'est-ce que ça peut bien faire ? s'esclaffa Arya, il a déjà dormi ici et sans mon intervention involontaire vous auriez
-Arrête supplia Sansa en rougissant et en lui rappelant ainsi Ilirian, c'est déjà assez pénible que ma petite sœur soit au courant de ça.
-Tu es impossible Sansa, soupira Arya avec un sourire, même si elle sentait vraiment une migraine poindre.
-Cela fait longtemps que tu as décidé de ne pas respecté tout ce que père et mère nous avaient inculquer sur notre rôle en tant que filles et ainsi que les convenances de Septa Mordane. Pourquoi changer cette fois-ci ? J'aimerai toujours père et mère mais nous ne pouvons pas changer nos personnalités et nos visions des choses pour eux, cela ne les ramènerait pas.
-Je n'ai jamais eu l'âme d'une rebelle comme toi, admit Sansa, son menton était appuyé sur sa main et une mèche de cheveux lui barrait le visage, en cet instant, elle ressemblait parfaitement à la gamine qui lui criait à chaque dispute : "Je serai reine un jour", comme si c'était un fait, comme si cela empêcherait sa petite sœur de se moquer d'elle.
-Et puis, poursuivit Sansa, cela ne me coûte rien, mon union n'est pas... enfin elle n'est pas encore scellée, autant me marier pour ne pas attiser la colère des vieux Nordiens. Mais si tu voulais être une sœur formidable, tu lui apporterais ça.
Arya vit sa sœur tendre le bras vers sa table de nuit et lui passer une note pliée et signée.
-Tu trouves ça romantique, comprit Arya, éberluée.
-Ne dis pas le mot "romantique" comme si c'était une insanité, tensa l'autre jeune fille en cachant sa tête dans son oreiller.
-Je vais lui apporter, trancha-t-elle, mais c'est parce que j'ai pitié de lui, et pas pour encourager tes idées stupides... après tout, il se pourrait bien que tu sois reine, un jour.
-Je ne crois pas, je consacrerai mon existence à poursuivre le travail de père. Winterfell sera un endroit sûr.
Arya balaya ses dénégations d'un revers de main:
-Dors maintenant, je vais transmettre ton message.
-Merci Arya, murmura la gardienne du Nord d'une petite voix tremblante, tu sais que je m'en veux pour la façon dont je te traitais autrefois. Mais bon, aujourd'hui tu dois être heureuse, félicitations pour Ilirian et toi.
Arya faillit s'étrangler de surprise:
-Comment sais-tu ça ?
-J'ai mes sources, lâcha l'autre jeune fille vaguement.
-oui c'est ça, ne me dis pas qu'il est venu t'en parler avant ?
-Il n'en a pas eu besoin je lui ai demandé directement sourit Sansa, j'avais déjà deviné qu'il avait des sentiments pour toi il y a sept ans, avant que nous partions pour la capitale. Tu étais trop jeune alors, mais Jeyne Pool et moi le trouvions plutôt attachant et j'avais même songé à demander à père de les faire anoblir lui et sa mère pour que tu puisses l'épouser.
Les deux sœurs partirent d'un fou-rire.
Malgré tous les défauts de Sansa, et sans doute les siens aussi, malgré leur différences, Arya se dit que cela faisait du bien d'entendre ce son qui avait si peu résonné dans leur vie. Cela sonnait juste et pur, comme lorsqu'Ilirian jouait du luth en lui souriant, ou lorsqu'Aiguille fendait l'air vers un adversaire, ou que les vents du nord sifflaient dans les oreilles fines de Nymeria, là-bas au loin, dans la forêt.
-Bonne nuit Sansa, murmura-t-elle, elle aurait voulu la rassurer, ou lui faire un sermon sur son manque de maturité pour ce qui regardait les questions de l'amour, ou juste lui dire qu'elles étaient une meute, mais elle ne sut comment. Exprimer ses émotions n'était pas son fort, heureusement que Tyrion excellait avec les mots, Sansa avait besoin de quelqu'un qui pourrait la contre-dire et la rassurer tous les jours de sa vie.
-Bonne nuit, Arya, fit écho la voix de sa sœur alors que la cadette plongeait la pièce dans l'obscurité en la quittant avec la dernière lampe allumée.
Ce fut Une Sansa bien différente qu'Arya retrouva le lendemain matin sur la place de la ville d'hiver où on avait dressé une estrade. Sansa et quelques uns des membres du conseil restreint ainsi que des gardes, subtilement mélangés aux conseillers pour donner le change se tenaient là . Arya pour sa part avait refusé tout net de rejoindre les autres sur l'estrade et étonnamment, personne n'avait insisté.
Lorsque Sansa se détacha du groupe et s'éclaircit la gorge un silence presque total se fit, elle ne tenait aucun papier ce qui signifiait qu'elle avait dû apprendre par cœur ce qu'elle comptait dire.
-Merci d'avoir interrompu votre travail quotidien pour assister à ces célébrations. Je voudrais d'abord rappeler que si le printemps arrive, cela ne change pas les mots de ma famille, l'hiver vient, toujours. Il y a toujours des difficultés auxquelles se préparer et une des façons de le faire est de réaffirmer notre unité et notre amitié. Ces trois jours de célébrations ne se dérouleront pas seulement en banquets et en rire non productifs. Nous avons un royaume à tenir, mon conseil et moi en organisant ces journées avons décidé de joindre l'utile à l'agréable.
Sansa se redressa reprit son souffle:
-Certains n'ont pas d'hivernales à honorer parce que les personnes qui auraient dû recevoir cet hommage sont morts, mais comme de tout nous pouvons apprendre, et c'est ce qu'à fait Lady Meera Reed.
Sansa se recula pour laisser la place à Meera, qui portait une cape orné d'un loup Stark sur une épaule et du blason de sa maison sur l'autre.
-Mon hivernal est mon petit frère Jojen Reed, il est mort parce qu'il travaillait pour que Lord Bran et moi accomplissions notre destin. C'est grâce à lui que je suis en vie. Alors je voulais faire quelque chose pour lui rendre hommage. Dans l'école ouverte par Lady Sansa, les enfants nordiens qui ont des habilités particulières, comme mon frère, comme Lady Arya et Lord Bran, seront encadrés pour pouvoir apprendre à maîtriser ces pouvoirs et pour qu'ils ne finissent pas par être ostracisés par des personnes qui ne croient pas en l'existence de leur talent. À Winterfell, plusieurs personnes sont en mesure de les aider. L'existence de ces cours sera communiqué au reste du Nord et de Westeros, et les parents les plus pauvres n'auront pas à payer pour y envoyer leurs enfants.
Arya sourit, elle ne savait pas si c'était l'idée de Meera, de Sansa, ou de quelqu'un d'autre, mais cela lui plaisait. Ilirian et de nombreux autres enfants pauvres avaient été rejetés par leurs communauté ou parfois même par leurs parents et perdaient tout accès à une future carrière. Si cette forme de magie mal comprise commençait à être étudié cela ne pourrait être que positif pour eux tous.
Les nordiens semblaient partager leur avis car ils applaudissaient et approuvaient vigoureusement de la voix. D'autre peuples auraient considéré que c'était une mesure mineur, mais ici, les gens savaient que cela signifiait que le conseil du Nord voulait prendre en compte les particularités de tous. Bien sûr, Sansa avait sans doute l'intention de se servir de ces pouvoirs politiquement, mais ce n'était pas en soi une mauvaise chose.
Sansa reprit ensuite la parole:
-Vous savez tous que Winterfell a l'habitude d'élire un hivernale du Nord, quelqu'un qui nous aura tous permis d'arriver ici. Les hivernales ne sont pas une manifestation politique, c'est une fête traditionnel. Et je trouverai cela inapproprié de procéder à un vote. Quelqu'un m'a suggéré un choix, et ce choix m'a paru évident. Cette personne a tué le roi de la nuit, nous a débarrassé de la menace des marcheurs blancs, et c'est ma sœur, Arya Stark, la vraie louve de Winterfell.
C'était totalement arbitraire, et pourtant, tout le monde paraissait être au courant à l'avance sauf elle. Sansa n'avait pas du tout l'air de la jeune fille fragile qu'Arya avait quitté la veille au soir. Elle se tenait droite sur l'estrade, l'expression décidée, adulte, personne n'aurait pu découvrir en cet instant, tous les doutes derrière le masque.
Arya sentit qu'Ilirian l'entraînait vers l'estrade.
-Vous avez tous comploté contre moi, murmura-t-elle.
-Es-tu vraiment en colère ?
Elle soupira et fit non de la tête.
- Arya ne supporterait pas que nous l'acclamions comme elle le mérite, assura Sansa, je vous dirai simplement qu'elle sera désormais l'instructrice militaire de Winterfell, elle apprendra à tous ceux qui le souhaitent à se défendre qu'ils soient des hommes ou des femmes.
Jon adressa un sourire contrit à Arya, lui aussi devait être au courant.
Arya ne savait plus si elle souhaitait étrangler sa sœur ou sauter dans ses bras.
Note : Voilà, le prochain chapitre sera les Hivernales ! Merci d'avoir lu !
À bientôt,
