CHAPITRE 2

— Papa? répéta Harry, ayant peur d'avoir bien compris.

La petite se contenta d'hocher positivement la tête et le garçon se décala du Survivant une moue triste au visage. Il baissa la tête et se tortilla les mains avant de soupirer. L'enfant s'approcha de la fillette et lui murmura une phrase à l'oreille que personne n'entendit mais tous virent ce qui suivit ce simple geste: elle se retourna et se dirigea rapidement vers une Hermione Granger toujours aussi surprise en s'exclamant haut et fort à ce qui ressemblait à un « Tata Mione! Grand frère a dit que tu vas me raconter une histoire de princesses ».

C'est ainsi qu'une infime partie de la classe dont Hermione, Neville, Ron et quelques filles de gryffondor s'occupèrent d'occuper la petite fille tandis que le reste des personnes entourées Harry et le dit "grand frère".

— Papa, qu'est-ce que ça veut dire? demanda l'Elu du monde sorcier, n'étant pas sûr de ce que cela signifiait.

— Ça veut dire que tu es papa, notre papa, répondit doucement l'enfant sans relever la tête.

Un long silence suivit cette réponse plus ou moins clair et tous étaient plongés dans leurs pensées.

Ces enfants... est-ce qu'ils seraient, et bien, mes enfants? Mais comment? Qui serait la mère? Mais le garçon n'avait pas parler de son père?

Les pensées d'Harry étaient chaotiques et se fut le professeur Rogue qui l'en sorti en s'approchant de l'enfant qui, lui, releva la tête surpris. Le garçon ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois puis finir par sangloter en s'écroulant au sol.

— Je suis désolé, dit-il entre deux sanglots, je suis désolé tonton Sev.

Il pleura de plus belle avant de se traîner au sol jusqu'au professeur qui ne laissait rien paraître, seul son sourcil droit qui était hausse montrait l'incompréhension qui l'habitait. Le petit s'accrocha à la jambe de Rogue en continuant de pleurer.

— C'est ma faute, je suis désolé, j'aurai jamais dû sortir de la maison, dit-il en serrant la jambe de l'adulte plus fort. Père m'avait dit que c'était dangereux et je suis quand même allé, continua-t-il en reniflant, je suis désolé, c'est ma faute si tu es mort, c'est ma faute.

Et il continua à répéter que c'était de sa faute et qu'il était désolé alors que les élèves étaient sans voix. Leur professeur était mort? Que voulait dire l'enfant en disant que c'était sa faute?

Harry qui était resté silencieux comme les autres depuis le début, alla vers l'enfant et lui caressa les cheveux tendrement. Celui-ci releva la tête dans sa direction en essuyant ses larmes de ses mains. Il stoppa son geste et un air paniqué prit place sur son visage d'ange.

— Papa dis pas à père que j'ai pleuré s'il te plaît, je lui avais promis de pas pleurer, dit-il plaintivement, mais c'est... c'est parce que c'est ma faute.

Et il se remit à pleurer sous le regard mi-perdu mi-paniqué du dit "papa". Celui-ci le prit dans ses bras sans même réfléchir et le berça doucement en lui répétant que tout allait bien et que tonton Sev était toujours en vie. L'enfant se calma après un moment et un silence quasi-religieux prit place dans la salle de cours, quasi puisqu'on entendait la voix d'Hermione dans le fond qui racontait une histoire à la petite fille. Harry inspira profondément avant de poser l'une des questions qui lui trottait dans la tête.

— Comment t'appelles-tu petit? Et quel âge as-tu? demanda-t-il d'une vois douce.

— Elias et j'ai sept ans, souffla-t-il tristement.

— Elias comment? dit-il intrigué

— J'ai pas le droit de le dire devant eux, père a dit que ça ferait plein de problèmes, chuchota-t-il mais tout le monde l'entendit et le Survivant hocha la tête.

— Et qui est ta maman Elias? continua-t-il doucement.

— Alors t'as vraiment tout oublié, dit-il dépité, j'ai pas de maman, y'a que papa et père, continua l'enfant.

— Pas de maman? dit-il surpris

— Pas de maman, affirma Elias.

Le jeune s'apprêtait à lui poser une nouvelle question mais la porte de la salle de potion s'ouvrît violemment sur le professeur Dumbledore et le petit se crispa de peur. Le directeur s'approcha vivement d'eux dès qu'il les repéra et Elias se pencha à l'oreille de d'Harry.

— Je veux pas lui parler, il est méchant, lui murmura-t-il.

Le jeune sorcier haussa un sourcil mais hocha tout de même la tête et prit la main de l'enfant. Albus Dumbledore s'arrêta lorsqu'il fut face à eux et Harry sentit une petite main se faufiler dans sa main de libre et il vit la petite sœur D'Elias lui sourire innocemment. L'Elu replaça son regard émeraude dans celui du grand mage blanc et attendit que celui-ci prenne la parole.

— Que s'est-il passé ici? Et qui sont ces enfants Severus? demanda le vieil homme.

— Ces enfants ont... commença Severus avant de se faire couper par Harry.

— Ce sont mes enfants, dit-il d'une voix qui ne trahissait aucune hésitation et il sentit son dit "fils" resserrait leurs mains.

Tous les regards se dirigèrent vers lui sous l'étonnement de cette affirmation. Dumbledore fronça les sourcils puis reprit la parole d'une voix qui n'acceptait aucun refus.

— Severus, Harry et les enfants dans mon bureau. Les autres vous pouvez y aller, déclara-t-il.

Mais Harry ne fut pas de cet avis lorsqu'il vit certains serpentard avoir un sourire en coin qui ne prévoyait rien de bon, pour lui du moins.

— Malfoy, appela-t-il et les élèves s'arrêtèrent, curieux. Aucunes informations ne sortira de cette salle, c'est clair?

— Et puis quoi encore Potter, ricana-t-il d'un air mauvais. Je vais me gêner tiens, dit-il en reprenant sa marche.

Harry jura intérieurement avant de soupirer.

— Aucune information ne sort de cette pièce et on aura une discussion sur tu-sais-quoi, déclara le rouge et or ce qui stoppa net le jeune blond.

Cette phrase plus que mystérieuse attisait la curiosité de plus d'un. Depuis quand Drago Malfoy et Harry Potter avaient des secrets entre eux? Même Hermione et Ron, les plus proches amis du Survivant, n'étaient au courant de rien et observaient cet échange dans un silence total.

— Tu le promets? demanda le vert et argent soudainement intéressé.

— Je te le promets, dit-il après un silence. Tu-sais-où, même jour et même heure.

A peine la phrase prononcée, l'héritier Malfoy sortit de la salle de classe, un léger sourire aux lèvres, et les autres suivirent le mouvement, la tête pleine de questions. Le jeune Potter ferma les yeux un instant et soupira fortement. Par Merlin, qu'il détestait sa vie.

Sans un mot, Dumbledore ainsi que son professeur sortirent de la pièce et Harry les suivit, les enfants à ses côtés. Ils parcoururent quelques couloirs désert et prirent un certain nombre d'escalier pour arriver à leur destination: le bureau du directeur. Ce dernier marmonna un mot de passe qui ressemblait étrangement à « canne en sucre » et gravit les escaliers rapidement suivi par les autres.

Chacun prit place dans le bureau, le directeur du collège s'installa à sa place habituelle alors qu'Harry s'asseyait de l'autre côté du bureau pour lui faire face, la petite fille sur ses genoux et Elias sur le siège à sa gauche, tandis que le professeur de potion préféra rester debout dans un coin de la pièce.

— Bien. Pouvons-nous à présent commencer? demanda Dumbledore d'une voix neutre rompant ainsi le silence qui s'était installé depuis leur sortie de la salle de classe saccagée.

Et commença un long et difficile interrogatoire.