CHAPITRE TRENTE-QUATRE
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Hermione se réveilla avec les réminiscences d'un rêve qui s'effaçait déjà. Elle était allongée sur un lit de fortune, un épais matelas recouvert d'un duvet. Voldemort se trouvait près d'elle et elle se défit de ses jambes. Le froid lui saisit aussitôt le côté qui avait été en contact avec lui. Elle l'observa alors à travers le brouillard de ses boucles brunes. Il s'assit et étira ses bras au-dessus de lui. Les muscles de son dos se contractèrent autour de cette cage thoracique qu'elle avait si fermement agrippé durant leur nuit passionnée.
Lorsqu'il rejeta la couverture et se leva, Hermione l'observa avec admiration. Il avait un corps magnifique, avec de larges épaules et des hanches étroites. Son ventre semblait un peu gonflé depuis la veille qu'il l'avait portée et il se frotta l'estomac en grognant.
— Êtes-vous endolori, Seigneur ? demanda Hermione en essayant de cacher l'envie qui perçait dans sa voix.
Il tourna la tête vers elle.
— Cela faisait trop longtemps.
— Cela veut juste dire qu'il vous faut travailler plus.
— Si j'avais tenu plus longtemps, mon dos se serait brisé.
Hermione se cacha dans son oreiller, incapable de se retenir de rire. Le Lord disparut alors derrière le rideau et la jeune femme entendit des bruits de vêtements lui indiquant qu'il était en train de s'habiller. Elle s'étira alors et un frisson secoua son corps nu. La tente était faite d'un épais tissu qui gardait l'obscurité. Elle ferma donc les yeux et se sentit bientôt repartir dans les bras de morphée. Elle ne l'entendit pas avant qu'il ne soit juste au-dessus d'elle. Elle sentit ses mains s'enfoncer dans le matelas et un air chaud sur son visage. Il demeura ensuite immobile et elle sentit son regard sur elle. Au bout d'un moment, le lit s'enfonça et il l'embrassa vivement.
Hermione lui rendit son baiser sans pour autant ouvrir les yeux. Il resta un moment accroché à elle puis s'éloigna quand il y eut des pas à l'entrée de la tente. Il se mit à parler et une ou deux voix lui répondirent. Hermione ne parvint pas à entendre ce qu'ils se disaient, les voix étant assourdies par la tente. Elle se demanda si elle ne devrait pas se lever et s'habiller ; s'il allait quelque part, elle voulait y aller. Elle n'avait aucune envie de demeurer derrière, seule dans la forêt.
Haussant les épaules, Hermione se replia sous les couvertures. S'il partait, il le lui dirait très certainement.
Après quelques minutes, il y eut le craquement d'un Transplanage qui résonna entre les arbres. La porte de la tente s'ouvrit ensuite et des pas approchèrent. Ils s'arrêtèrent puis reprirent en direction d'Hermione. Un corps s'affala alors sur le matelas, remplissant l'espace près d'elle et une main commença à jouer avec ses boucles brunes. Hermione sourit, mais le Charme Serpentine se mit à lui piquer la peau et elle perdit son sourire. Elle roula ensuite et tomba nez à nez avec celui qui s'était vautré sur le lit.
Un sentiment d'horreur s'empara d'elle quand elle rencontra les yeux couleur de boue de Barty Croupton Junior, et il esquissa un rictus.
— Salut.
Hermione hurla et s'enroula dans la couverture, s'éloignant autant que possible de cet homme. Barty se mit à rire en se tenant les côtes puis roula hors du lit. Un sorcier qui se tenait dehors l'appela alors en lui demanda si tout allait bien, et Barty lui répondit rapidement que oui, posant ses mains sur le lit, avant de crier aux autres sorciers que tout allait bien et qu'ils ne devaient pas entrer avant qu'il ne dise le contraire. Il reporta ensuite son attention sur Hermione, un rictus relevant les coins de sa bouche.
Le Charme Serpentine était toujours en train de brûler Hermione ; elle resserra les couvertures autour d'elle et se mit à grogner.
— Qu'est-ce que vous faites là ! s'exclama-t-elle.
— Allons, on se détend, répondit Barty en levant les mains.
Il se redressa et s'assit sur le lit avant d'ajouter :
— Le Maître nous envoie, Dergus et moi, pour s'assurer que vous êtes à l'aise. Nous avons apporté du bois pour le feu, de la nourriture, des vêtements…
— Voldemort vous a envoyés ?
Le visage de Barty se crispa au nom de son maître, mais il esquissa un sourire.
— Disons que je me suis proposé… Quand j'ai étendu que vous étiez arrivée, j'ai voulu être le premier à vous souhaiter officiellement la bienvenue, dit-il en souriant.
Hermione n'aimait pas la façon dont il la regardait. Ses yeux noirs la regardaient avec bien trop d'insistance. Elle n'avait pas oublié ce qu'il avait tenté de lui faire sur le bateau après qu'ils se soient échappés de Menkar. Elle s'était mentalement préparée à lui jeter un sort si elle avait eu besoin.
— Vous n'avez pas retenu la leçon lors de la dernière fois où nous nous sommes retrouvés seuls tous les deux ? demanda la jeune femme.
— Oh, vous voulez parlez du Doloris ? Une gentille petite morsure. Cela ne me dérangerait pas d'être à nouveau ensorcelé par vous, un jour.
— Si vous insistez encore un peu, votre souhait pourrait se réaliser, prévint Hermione.
Barty agita ses sourcils, mais ne bougea pas. La jeune femme renifla et ajouta :
— Très bien. À présent, je vais m'habiller.
Un sourire pervers apparut sur le visage de Barty.
— Seule, ajouta Hermione en se renfrognant.
Barty perdit aussitôt son sourire, opina, puis avec un dernier regard, tourna les talons et quitta la tente. Hermione soupira comme le Charme Serpentine se détendait enfin. Ça avait été moins une. Il s'était allongé près d'elle alors que seule une couverture cachait son corps. Hermione frissonna. Ça avait été vraiment moins une… Elle avait réussi à repousser cet homme depuis sa toute première arrivée au Manoir Jedusor, mais il était tellement persévérant… Elle espérait vraiment que sa chance ne la laisserait pas tomber un jour.
Récupérant ses vêtements, gardant toujours un œil sur l'entrée de la tente, Hermione s'habilla rapidement et passa ensuite la tête hors de la tente en regardant d'elle. Barty était affalé contre le tronc d'un arbre, portant sa robe de Mangemort et une veste sale par-dessus. Dergus, un garçon à l'air doux et au crâne chauve, se tenait près d'un tas de paquets et une caisse de petit bois. Il fut le premier à la voir et s'inclina aussitôt face à elle.
Au moins, il est respectueux… songea Hermione en jetant un regard noir à Barty qui s'approcha en lui faisant un clin d'œil.
— Toute habillée, à ce que je vois. Quel dommage… sourit-il.
Dergus fronça les sourcils à l'intention de Barty, mais baissa rapidement les yeux et se baissa pour ramasser un des paquets. Posant un genou au sol, il le présenta à Hermione.
— Des vêtements, dit-il. Le Lord Noir a dit qu'il souhaiterait que vous changiez de vêtements pour ceux-ci avant de le rencontrer dans le quartier général, Ma Dame.
— Merci, répondit Hermione en prenant le paquet. Je vais aller me changer pendant que vous deux déferez tout ça.
— Comme vous voudrez, Ma Dame, répondit Dergus.
Barty la gratifia d'une révérence moqueuse, avant de s'approcher de la caisse et de commencer à empiler le bois.
Dergus s'inclina avant de se relever. Hermione retourna ensuite dans la tente et défit le paquet de vêtements. Une cascade de velours vert glissa entre ses doigts ; c'était une robe et encore plus belle que la verte qu'elle avait empruntée à Narcissa. Celle-ci possédait une broderie compliquée aux ourlets et à l'encolure, et Hermione se frotta le visage avec la douce étoffe. C'était indubitablement très cher. Elle avait envie de sourire et d'accepter gracieusement le cadeau, mais elle avait quelque chose qui lui piquait l'estomac, un sentiment étrange. Voldemort voulait qu'elle se change avant de le retrouver aux quartiers généraux, mais tout ce qu'il voulait, c'était la montrer elle à tous les Mangemorts. Le vert de Serpentard, une robe pour montrer à tous leur « Dame ».
Hermione tenta de faire passer un sentiment de dégoût et de culpabilité. Elle voulait être heureuse, elle avait Voldemort à nouveau près d'elle, le père de son bébé… Elle devrait être heureuse. C'était un magnifique cadeau après tout.
Elle se remémora alors la veille, ce qu'ils avaient ensemble. Elle avait été si proche, elle avait pu le sentir, de lui permettre de faire confiance à ses propres émotions ! L'affection était là, il tenait à elle, mais elle avait juste besoin qu'il réalise ce qu'il pouvait possiblement ressentir pour elle, pouvait être désigné comme de l'amour. Mais le pousser à réaliser cela sans mettre de côté l'existence de leur enfant, allait être compliqué.
Pour le moment, elle devait faire en sorte qu'il soit heureux, et cela incluait de porter cette splendide robe.
Hermione se déshabilla et, tout en gardant un œil sur l'entrée de la tente, se glissa dans la douce étoffe de la robe. Elle possédait des manches courtes, avec un col en V et l'ourlet affleurait parfaitement ses orteils. Comme il faisait frisquet, elle récupéra sa cape, à présent sèche, et s'en drapa. Quand elle fut prête, elle sortit et les deux Mangemorts allèrent déposer des vivres dans la tente.
— Magnifique, souffla Barty en passant près d'elle.
Hermione détourna le regard, le rose lui colorant les joues.
Quand ils eurent terminé de tout déballer, Barty enroula un bras autour de la taille de la femme, elle tenta aussitôt de le repousser, mais Dergus s'approcha et, posant sa main sur l'épaule de Barty, il les fit transplaner tous les trois. Elle reparut avec eux dans une série de trois craquements, quelque part à l'orée d'une forêt.
Droit devant eux se trouvait une grande ouverture donnant un large champ d'herbes. Un peu plus loin, le champ remontait en une petite colline où se trouvait une grande tente. Hermione eut une impression de déjà-vu, avant de se rappeler un rêve qu'elle avait fait quelques nuits en arrière. Elle grimpait cette même colline dans ce rêve, et de l'autre côté, le monde brûlait. Elle déglutit nerveusement alors qu'ils se mettaient tous trois en marche pour rejoindre la colline.
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Barty et Dergus se hâtèrent de lui ouvrir les pans de la tente et Hermione entra. On aurait dit une scène d'un film de guerre. Il y avait une grande table au ventre de la tente, recouverte d'une carte du monde entier, pas seulement du monde sorcier. De petits personnages animés se tenaient dessus, représentant chaque camp. Les murs de la tente étaient couverts avec des coupures de presse. L'une d'elle sauta aux yeux d'Hermione, celle qui titrait que le Lord Noir était devenu fou, avec Voldemort, Barty en réalité, en photo juste en-dessous. La jeune femme avait du mal à croire qu'elle avait éprouvé tant de douleur et d'agonie à la vue de cette photo, alors que tout le long, ça n'avait été que cet épouvantable Barty Croupton Jr.
Quelqu'un se racla soudain la gorge et cela attira l'attention d'Hermione. Elle se détourna des journaux et découvrit Voldemort et Mag se tenant à l'autre bout de la tente. Le Mangemort s'inclina avec un « Ma Dame » et elle lui retourna son salut d'un signe de tête. Il n'y avait plus qu'eux trois, Barty et Dergus l'ayant laissée seule.
Voldemort la regarda alors de haut en bas, une expression de satisfaction sur le visage.
— Cette robe est magnifique, merci, dit la jeune femme.
— Vous êtes ravissante, Ma Dame, dit Mag. Mon Seigneur a très bon goût.
— Elle était à ma mère, répondit le Lord en s'approchant d'Hermione. L'une de rares choses sauvées des flammes.
Hermione ouvrit les yeux plus grands.
— Avez-vous réussi à sauver quelques livres ?
Voldemort aboya un rire.
— Tu vois, Magnus ? Qu'est-ce que je t'avais dit ! Elle avide de savoir tout autant que moi.
— Vous aviez raison, mon Seigneur, en effet.
— Bien entendu, répondit Voldemort avant de faire signe à Mag de partir. Laisse-nous.
Magnus s'inclina et quitta la tente. Voldemort pivota ensuite et s'approcha de la large carte.
— Quelques livres ont pu être sauvés, avoua-t-il. Mais trop peu pour vous satisfaire, je le crains.
— Il n'y aura jamais assez de livres pour me satisfaire, répondit la jeune femme.
Le Lord lui fit face et elle nota qu'il avait un petit sourire.
— Ah, nous sommes si semblables, ma chère… Connaissance et pouvoir, c'est la même chose.
Hermione se tenait près de lui devant la carte. Agitant la main pour désigner la tente, elle demanda :
— Donc ceci est le nouveau quartier général ?
— La partie principale, mais pas la plus importante.
Hermione fronça les sourcils mais attendit qu'il s'explique. Il appuya ses mains sur la table, regardant les petits bonhommes sur la carte.
— Croyez-moi quand je dis cela, dit-il. J'ai utilisé mon petit temps libre avait une grande efficacité. Sans le Ministère sur le dos, j'ai un plus grand accès au monde. Un exemple serait ce tournoi illégal. Si j'avais réellement disparu, cela aurait été un carnage. Voilà en quoi me faire passer pour Marek a été la meilleure chose à faire.
Il lui jeta un coup d'œil.
— Et tout ceci est grâce à vous. Croyez-le ou non, mais vous avez un rôle bien plus important dans tout cela que n'importe qui.
— Vraiment ? Parce que je ne l'ai pas ressenti ainsi.
— Pensez-y. Si vous ne m'aviez pas donné l'idée « d'effacer » ma mémoire, alors nous n'en serions pas là. Nous serions de retour au Manoir Jedusor, morts et carbonisés avec tout le reste. Mais plus importe, nous n'aurions pas d'armée.
Le cœur d'Hermione loupa un battement et elle eut un hoquet. Après une petite toux, elle demanda lentement :
— Une… armée ?
Voldemort opina, un rictus s'étirant sur son visage. Hermione parvint à percevoir l'excitation qui grandissait en lui.
— J'ai été aveugle pendant la Bataille de Poudlard. Je voulais une seule chose et c'était Harry Potter, tout en gagnant encore plus de fidèles en chemin, mais j'étais aveugle. Vous voyez, j'ai toujours que m'emparer de Poudlard aurait été la fin de tout. Que vaut un monde sorcier dans éducation magique ?
Hermione songea que c'était une question rhétorique, mais répondit néanmoins.
— C'est le gouvernement. Sans Ministère de la Magie, cela aurait été le chaos dans le monde entier, Poudlard n'aurait jamais…
— Exactement, répondit Voldemort en se penchant sur la carte.
L'exaltation brûlait dans ses yeux.
— Poudlard n'est qu'un bras du monde magique. Pourquoi m'en prendrais-je à un bras quand je peux frapper directement au cœur ?
Hermione sentit quelque chose lui grignoter les entrailles à mesure qu'elle comprenait ce qui était en train de se passer.
— Vous voudriez… vous emparer du Ministère ?!
Le large sourit du Lord répondit à la question et Hermione manqua lâcher un grand éclat de rire.
— C'est impossible ! s'exclama-t-elle. Le Ministère de la Magie est impénétrable ! Il n'y a aucun moyen que vous puissiez vous en emparer par la force.
— Si, il y a un moyen, répondit le Lord en reculant d'un pas. Laisse-moi te le montrer.
Il se dirigea vers une autre porte de la tente, à l'opposée de celle par laquelle elle était entrée. Alors qu'elle se dirigeait vers lui, le Lord repoussa les pans de la porte révélant à Hermione ce qui se trouvait de l'autre côté de la colline. Sa mâchoire lui en tomba aussitôt et l'air lui manqua.
Au pied de la colline se trouvait des tentes. Des tentes et encore des tentes, et encore des tentes, aussi loin que portait l'œil. « Armée » était sous-estimé. C'était une ville entière !
Voldemort se plaça alors derrière la jeune femme.
— Rien n'est impossible quand vous assez de monde. Et vous voulez savoir quelque chose ? Ces gens, là, ils sont là pour nous. Ces gens croient en vous et en moi. Alors laissez-moi rendre cela parfaitement clair, ma chère.
Son souffle était brûlant sur la peau d'Hermione.
— Poudlard n'était qu'un test, souffla-t-il. Grâce à vous, j'ai pu quitter cette bataille en vie. Merci, car ainsi, nous avons une seconde pour une complète et totale puissant !
Ses doigts glissèrent alors dans le dos d'Hermione, suivant le chemin du Charme Serpentine et la jeune femme sentit le serpent se tortiller au même endroit…
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