Chapitre 74 : Uncontrollable Wolves

La baignoire s'avéra un peu petite pour les accueillir tous les deux.

Derek fut contraint d'adopter une drôle de position, une jambe passée par-dessus le rebord, une autre repliée.

Stiles était allongé sur son torse et se laissait savonner par les mains douces et patientes du garou. Celui-ci faisait son possible pour le débarrasser des dernières traces de sang devenu marron avec le temps, tout en évitant soigneusement de mouiller son pansement. Pendant ce temps, le lycéen jouait distraitement avec la mousse devant lui.

La chaleur dans la pièce était presque étouffante et les effluves du gel douche un peu trop puissants pour le loup qui préférait l'odeur naturelle de son humain.

— Je crois que cette fois, c'est officiellement raté pour notre week-end !

La constatation de l'adolescent résonnait des échos de sa résignation si bien que l'ancien alpha grimaça, le cœur lourd de provoquer la peine de son amant.

— Ce n'est que partie remise !

— Je sais… De toute façon, j'aurai sûrement encore de la fièvre jusqu'à mardi, alors…

Malgré sa nonchalance, Derek pouvait voir à ses épaules crispées qu'il était déçu. Il embrassa son cou juste au-dessus de la morsure et sentit l'hyperactif frissonner contre ses lèvres. Avec la fièvre, il était encore plus sensible qu'à l'accoutumée.

Le clapotis de l'eau reprit ses droits sur le silence relatif de la pièce envahie de vapeur.

Ils étaient bien ainsi, malgré l'inconfort de la position, comme si l'angoisse de la nuit avait glissé de leurs peaux grâce au savon, les emplissant d'une sérénité réconfortante.

Bien sûr, ils avaient conscience de n'être qu'au commencement des problèmes, mais cette fois, ils étaient prêts à les affronter et seraient plus vigilants.

Derek se laissa aller dans l'étreinte chaste. Jamais il n'aurait imaginé qu'un jour, lui et l'humain trouveraient un équilibre dans leur relation. Après des débuts des plus difficiles, ils avaient pourtant réussi à s'apprivoiser…

Une nouvelle grimace souleva les traits du bêta.

Il ne se souvenait que trop bien de la façon dont tout avait commencé.

Il ne se revoyait que trop bien perdre le contrôle sur son côté animal et agresser l'humain.

Stiles lui avait donné non pas une deuxième, mais une énième chance et lui… lui s'était-il au moins excusé ?

— À quoi tu penses ?

Derek se tendit un peu plus.

De qui avait-il hérité son incroyable perspicacité ? Jouissait-il d'une intuition sans limites qui lui donnait ce don particulier, comme un sixième sens particulièrement aiguisé ?

— Je pensais… au jour où Lydia et toi avez rompu et… plus précisément à ce qui s'est passé juste avant, au loft ! Je n'arrive pas à comprendre comment tu as pu me pardonner.

Il entendit l'expiration amusée qui s'échappa des lèvres de son amant avant que celui-ci n'entreprenne de se retourner. La manœuvre fut plus compliquée que prévu à cause de l'étroitesse de la baignoire et, après avoir longuement gigoté, glissé, et s'être contorsionné, Stiles parvint enfin à lui faire face, allongé sur le ventre, le visage relevé pour lui offrir son sourire, les avant-bras en appui sur les cuisses du loup.

— Tu parles de ton mode grand méchant loup salivant à l'idée de dévorer un petit cochon… Oh merde ! Cette phrase sonnait moins bizarre dans ma tête !

Derek ne put contenir le rire qui lui échappa et Stiles retroussa le bout de son nez en l'observant, puis le moment s'évapora comme il était venu et la sombre réalité de ses actes passés rattrapa le bêta.

— Je t'ai agressé… il n'y a pas d'autres mots ! Si tu ne m'avais pas frappé, je n'ose même pas imaginer jusqu'où je…

Le doigt léger de l'adolescent l'invita au silence.

Un sourire à la fois triste et amoureux souleva les lèvres du garçon avant qu'il ne laisse sa tête reposer contre le cœur battant de l'adulte qui resserra l'étreinte de ses bras sur le corps plus fin.

— Tu t'es arrêté justement… c'est déjà énorme. Tu as su reprendre le contrôle ! Ce n'est pas rien…

— Je n'aurais pas dû le perdre de prime abord !

Stiles prit le temps de la réflexion avant de lui répondre.

— Au début, Scott avait du mal à gérer sa lycanthropie. Il n'avait jamais été violent avec moi avant, ni physiquement ni verbalement. Je sais que ce n'était pas lui ! Je ne sais pas vraiment comment ça se passe, mais j'ai cru comprendre que vous deviez trouver un équilibre entre votre côté animal et humain, sans étouffer le loup, mais sans, non plus, lui laisser vous contrôler ! Je me doute que ce n'est pas si évident qu'il n'y paraît… et c'est aussi pour ça que je ne veux pas de la morsure !

Le ton calme et posé de l'adolescent offrait un contraste saisissant face à celui énergique et intransigeant de son compagnon. Paresseusement, le lycéen faisait danser ses doigts en une douce caresse sur le torse de l'homme, l'apaisant par son calme peu commun.

— Sauf que ce n'était pas la pleine lune et que j'ai appris à me contrôler depuis longtemps, Stiles…

Il sentit le sourire du garçon s'agrandir contre son torse. Il semblait presque amorphe contre lui, comme si la chaleur finissait de l'engourdir de fatigue.

— Les raisons étaient différentes, mais… n'essaie pas de me faire croire que ton côté loup n'a pas pris le dessus ! Moi, je sais que tu ne me ferais jamais de mal. D'ailleurs, quand tu t'es rendu compte que je m'étais blessé, tu as tout de suite repris tes esprits.

— Je ne veux pas que tu minimises ce qui s'est passé… ce qui aurait pu se passer !

Dans leur position, Derek ne pouvait pas affronter les prunelles du garçon et celui-ci ne semblait pas décidé à bouger, bien trop heureux de pouvoir se laisser bercer par la musique s'élevant du torse de son homme.

— C'est pas ce que je fais. Ton loup est parti en vrille… Les animaux sont plus instinctifs que nous. Tu me voulais… ton côté lycan a décidé d'assouvir ce besoin en… me possédant !

Stiles haussa les épaules, presque avec nonchalance avant de poursuivre.

— Mais tu as réussi à te reprendre, Der' ! Je ne serais certainement pas allongé sur toi dans cette baignoire si ce n'était pas le cas ! J'essaie de voir ça différemment. Je me dis que… déjà à ce moment-là, même si tu refusais de l'accepter, tu étais accroché à moi autant que je l'étais… Mais… moi non plus je ne l'avais pas encore compris ! Ça m'aurait évité de me conduire comme un con avec Lydia !

Le thorax de l'ancien alpha se souleva dans un soupir silencieux avant qu'il ne pose ses lèvres dans les cheveux du garçon alanguis contre lui.

— Ce n'est pas pour ça que mon comportement est acceptable !

— Non, c'est vrai !

Stiles soupira à son tour et malgré son air presque déprimé, le bêta fut heureux qu'il partage son avis.

— Je ne vais pas te dire que je n'ai pas eu super peur, que je ne me suis pas senti… vulnérable et en danger. Mais ce n'était pas toi et je sais que ça n'arrivera plus. Je suis bien…Comme jamais je ne l'ai été auparavant. On ne peut malheureusement pas réécrire notre histoire. Je veux juste… continuer à être bien avec toi. Ne m'enlève pas ça !

Même si l'adolescent lui avait pardonné, il n'était pas certain de pouvoir en faire de même.

Il posa à nouveau ses lèvres contre la chevelure humide du garçon et soupira silencieusement. Il était conscient de la chance qu'il avait. Malgré ses nombreuses erreurs, Stiles continuait de l'accepter dans sa vie, son cœur et son lit, sans peur ni barrière, sans retenue et avec passion.

— Je suis désolé !

Il sentit le sourire de Stiles contre sa peau.

— Je sais !

— Et je t'aime !

Cette fois, ce fut la vibration du rire de l'humain qu'il sentit contre son torse.

— Je sais, répéta Stiles avant de se redresser avec un air canaille.

Il semblait aller mieux, ou moins mal…

Leurs lèvres se trouvèrent dans un effleurement aérien, juste le temps d'un battement de cœur avant que le lycéen n'entreprenne de s'extirper de la baignoire.

Derek l'aida à sortir de l'eau avant de l'imiter et d'attraper deux serviettes-éponges.

Ils se séchèrent et s'habillèrent de frais, retrouvant par la même occasion un semblant d'humanité maintenant qu'ils étaient débarrassés des derniers vestiges de cette triste nuit.

Stiles avait retrouvé son allure habituel et avait enfin remisé son pyjama au placard.

Le jean était un peu lâche sur ses hanches preuve qu'il avait vraiment perdu du poids... Et que dire de ces éternels cernes violacés qui ne le quittaient plus, sa carnation claire n'aidant pas à les camoufler !

Il ne refréna pas son envie d'ébouriffer les mèches encore humides, faisant râler le garçon juste avant qu'il n'ouvre la porte.

Ils se figèrent tous les deux, comme des gosses pris la main dans le pot de confiture face à l'air sévère de Noah, appuyé au chambranle de la porte, les bras croisés.

— Je passe pour cette fois… prévint-il d'une voix dure qui fut trahi par une quinte de toux.

Il offrit un sourire aimant à son fils avant de s'engouffrer à son tour dans la salle d'eau.

Stiles offrit une mimique un peu comique à son petit-ami semblant signifier qu'ils l'avaient échappé belle !

Midi était passé depuis longtemps, mais la journée avait pris un rythme inhabituel suite à la longue nuit qu'ils avaient traversée.

— Va te reposer un peu, je vais nous préparer à manger !

— Non ! Franchement, j'ai l'impression de passer mon temps à dormir. J'en peux plus des quatre murs de ma chambre ! Je t'aide et après, je me reposerai devant un film avec toi si tu veux !

Malgré la formulation semblant laisser le choix à l'ancien alpha, celui-ci sentait bien qu'il n'avait pas intérêt à s'opposer à son compagnon. Ils préparèrent donc un rapide repas qu'ils partagèrent avec le shérif avant que celui-ci ne s'absente pour passer une série d'appels. Même assigné à domicile, il ne pouvait s'empêcher de gérer les affaires en cours et se devait de se tenir informé tout en donnant des instructions à ses adjoints.

Derek choisit un Marvel qu'il n'avait jamais vu. Il savait que Stiles affectionnait particulièrement cette franchise et fut ravi d'entendre chaque commentaire du lycéen entre les quintes de toux et les sessions mouchage.

Peut-être que l'humain ne se reposa pas vraiment, mais avoir une activité, aussi calme soit-elle, semblait lui faire du bien. Le bêta n'était pas assez cruel pour le priver de ce maigre réconfort.

Enlacés l'un à l'autre dans le sofa, ils s'offraient de douces caresses aussi aériennes que chastes ponctuées par moment de petits baisers volés.

Aucun d'eux ne pouvait oublier la présence du shérif non loin et l'idée de se faire surprendre par le père de famille dans une situation compromettante suffisait à les contenir.

Le générique de fin débuta pourtant sans que le shérif ne réapparaisse.

— J'ai l'impression que tu profites de ma maladie pour me poser des questions.

— Disons simplement qu'on a rarement l'occasion d'être seuls sans obligation de meute et sans qu'on ne se saute dessus comme deux affamés !

Le rire joyeux de Stiles résonna contre son torse avant de se transformer en quinte de toux.

Derek prit soin d'absorber la douleur qui souleva les bronches du garçon le plus discrètement possible.

— C'est vrai, mais comment résister ?

L'adolescent se retourna pour venir cueillir les lèvres de son adoré au moment précis où les deux autres loups de la meute passaient la porte de la demeure des Stilinski.

— Oh pitié ! râla Isaac en levant les yeux au ciel. Vous ne cessez jamais de vous bécoter ?

— Il est jaloux ! chuchota Stiles à l'oreille de Derek.

— Je t'ai entendu !

Scott bouscula l'épaule de son bêta en riant à l'instar de son meilleur ami. Il se laissa ensuite tomber dans le sofa malgré le peu d'espace disponible !

Il ne sembla pas gêner par la promiscuité des deux amoureux, mais il était coutumier de ce genre de pratique avec Allison.

Malgré l'arrivée des deux lycans, Derek n'esquissa aucun mouvement.

Lui, qui n'avait jamais laissé voir le lien qu'il avait avec Stiles, ne semblait plus s'en soucier le moins du monde. Après tout, durant la nuit, Scott et Isaac l'avaient vu au plus bas, anéanti à la vue de son compagnon inconscient et blessé… Il ne souhaitait plus se cacher.

— Les filles sont toujours fiévreuses, mais sinon tout va bien, expliqua Scott. J'ai préféré mettre Chris au courant de tout pour qu'il reste sur ses gardes et Isaac va squatter chez Lydia à partir de maintenant !

Derek ne put qu'être admiratif des mesures prises par l'alpha. Il n'avait même pas besoin de lui transmettre les recommandations du shérif. Scott était un parfait chef pour leur meute.

Pour la première fois depuis qu'il lui avait offert, sans le lui dire, son allégeance, il se sentait parfaitement à sa place.

Loin des états d'âme de son mentor, Isaac s'installa dans le fauteuil de Noah en bougonnant.

— Tu as l'air d'aller mieux ! nota-t-il à l'adresse de Stiles.

Par réflexe, l'humain se redressa et effleura de la pulpe des doigts le pansement à son cou avant d'offrir un sourire à son ami.

— Ce n'est pas un petit bobo de rien du tout qui va me mettre sur la touche. Et toi ? Derek m'a raconté ce que ces deux enfoirés t'ont fait…

— On voulait justement faire le point, coupa Scott.

Il se redressa un peu dans le canapé, adoptant une attitude plus sérieuse.

— Je pense qu'il faut qu'on revienne sur les événements de la nuit. Tout s'est passé très vite, mais peut-être qu'on va trouver un détail qui nous aurait échappé… Chris a une piste. Un ancien chasseur qui habite à Phoenix doit le recontacter. Concernant Deaton, il ne répond à aucun de mes appels… J'espère qu'il ne lui est rien arrivé !

Le silence suivit l'information de l'adolescent avant que celui-ci ne redonne l'impulsion nécessaire au bon avancement de cette réunion improvisée.

La parole fut donnée au bouclé qui se concentra pour relater, avec le plus de détails possibles, sa confrontation avec les deux Everfool.

Pourtant, il eut à peine le temps de faire allusion à l'accoutrement des deux loups-garous que Stiles le coupa sans pouvoir s'en empêcher.

— Quoi, t'es sérieux ? C'était genre… des ninjas-garous ?

— J'avais plus pensé à un maître Jedi et son Padawan, mais ça le fait aussi, s'enthousiasma Isaac avant d'être interrompu par le regard sévère de Derek.

Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre… Si en plus ils s'encourageaient mutuellement, Scott et Derek n'allaient plus avoir une minute de répit.

— Stiles ! Évite de l'interrompre sinon on ne s'en sortira pas.

Ce fut clairement compliqué pour le fils du shérif de suivre la consigne de son frère de cœur.

Derek fit son possible pour le contenir tandis qu'il se tortillait entre ses bras. L'adolescent commença à jouer avec ses doigts dans un tic nerveux tout en mordillant sa lèvre inférieure pour s'exhorter au silence. Son impatience semblait fourmiller dans ses veines tant et si bien que son amant ne put s'empêcher de jouer avec ses mèches pour l'apaiser.

Enfin, le récit d'Isaac prit fin et comme s'il s'agissait d'un signal, Stiles lâcha les vannes du barrage qu'il s'était forcé à ériger.

— Toujours pas de troisième loup… Vous pensez qu'il donne des ordres dans l'ombre ? Un alpha ?

L'hypothèse avait déjà été émise lors de la réunion qui avait suivi l'abandon du loft.

— Ou une dissension dans leur rang !

Aucun d'eux — même pas les loups — n'avait entendu Noah approcher. Il était adossé au mur séparant le salon de la cuisine et semblait être là depuis un petit moment déjà.

— Vous ne feriez pas de très bon gardien, releva le shérif avec un sourire qu'il voulait amusé malgré la fatigue évidente qui marquait les traits de son visage pâlichon.

Il s'approcha doucement avant de se planter devant Isaac, lui offrant ses yeux ronds comme seul et unique sommation de quitter son fauteuil !

Tout être surnaturel qu'il était, le louveteau ne demanda pas son reste avant de déguerpir et s'installer sur l'accoudoir à la gauche de Scott.

— Si j'ai bien suivi l'histoire, vous recherchez trois lycanthropes, mais seulement deux vous pose problème et même eux ne semblent pas vraiment s'entendre.

— Eh, j'allais y venir ! râla Stiles apparemment frustré de ne pas avoir pu en parler avant son père.

L'homme se contenta de faire courir son regard sur lui et son petit-ami, toujours blottis l'un contre l'autre.

Comme s'il avait été rappelé à l'ordre, Derek commença à se redresser, mais c'était sans compter sur son amant qui resserra son emprise sur lui.

— On ne fait rien de mal, papa !

Les deux Stilinski s'affrontèrent du regard quelques secondes avant que finalement le shérif n'abdique avec un simple hochement de tête. Autour d'eux, l'atmosphère s'était faite plus lourde si bien qu'aucun loup n'avait osé bouger une oreille.

Scott se força à reprendre la parole comme si l'altercation entre le père et son fils n'avait pas eu lieu et apporta plus de précisions afin d'appuyer les suppositions de Noah.

Non seulement la louve n'avait pas aidé son coéquipier, mais en plus, elle avait, selon Isaac, protégé celui-ci… Sans parler de la posture dans laquelle l'alpha l'avait trouvé.

Tout portait à croire qu'elle ne les combattait pas de gaieté de cœur.

— Je ne comprends pas ! Il n'y a rien de clair. Ils nous donnent des avertissements. Répandent un virus même pas mortel. Attaquent Isaac avec l'occasion de le tuer, mais n'en font rien… Même chose pour moi… Qu'est-ce qu'ils veulent ?

Aucun d'eux n'avait la réponse ce qui ne faisait qu'ajouter du mystère à cette série d'attaques dont ils étaient les victimes.

— Peut-être juste un tour de force pour vous prouver qu'ils sont plus forts que vous ?

En homme d'investigation, Noah semblait voir le problème sous un autre angle.

— Dans quel but dans ce cas ? Leur meute est située à plusieurs centaines de kilomètres d'ici.

Là encore, la question de Scott ne trouva aucune réponse.

— C'est justement en comprenant leurs motivations que vous prendrez l'avantage. Il y a forcément quelque chose.

— La famille de Derek a déjà eu affaire à eux, mais c'était il y a… quoi ? Dix ans ?

— Quinze, rectifia le concerné suite aux mots de son ancien bêta.

Noah se passa une main fatiguée sur le visage, peu convaincu.

Les cinq visages arborèrent une expression concentrée tandis qu'ils tentaient de démêler les indices. Stiles plus que les autres avait l'air perdu dans ses souvenirs.

Invité par son frère, il raconta à son tour comment s'était déroulée l'attaque.

Il en fit le récit d'une voix affreusement détachée comme s'il racontait le dernier film qu'il avait vu et Derek frissonna en se souvenant de la manière dont il lui avait raconté la manière dont sa mère avait tenté de le noyer…

Était-ce ainsi que l'humain continuait d'avancer avec le sourire ? En se détachant de ce qu'il vivait ?

— Je n'ai pas vu son visage, j'ai… juste entendu sa voix… sa grosse voix de loup mal léché.

Il secoua la tête comme pour mettre fin à ses tristes souvenirs.

— Désolé, ça n'aide en rien !

— Parfois, c'est dans les détails insignifiants qu'on résout une enquête, répliqua son père avec un sourire.

L'homme se leva de son fauteuil avec un dernier regard pour chacun et avança vers la cuisine mettant ainsi fin à la réunion improvisée.

Pourtant, arrivé dans le couloir menant à la cage d'escalier, il se stoppa et se tourna à nouveau vers les quatre garçons installés dans son salon.

— Le fait qu'ils n'attaquent qu'à la pleine lune signifie qu'on est tranquille jusqu'au mois prochain ?

Il ne s'était clairement pas attendu à ce que quatre visages surpris se tournent vers lui.

— J'avais pas réalisé…

La voix de Scott fut coupée par un juron incompréhensible de Derek, attirant cette fois l'attention sur lui.

— On fait mauvaise route depuis le début, il n'y a pas d'alpha !