CHAPITRE 45

OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews si l'histoire vous intéresse. Ça fait toujours plaisir.

Je tiens aussi à faire une annonce: cette histoire sera potentiellement suivie d'une suite mais qui sera beaucoup plus courte que toutes celles que j'ai écrit. Toutefois, cette mini-série sera certainement la dernière de Transformers que j'écrirais.

Sur ce, bonne lecture.

« Une porte dorée menant au subconscient… »

Autour de lui, il n'y eut rien. Rien que du vide…

Un vide sans aucune vie…son environnement oscillant entre le blanc et le gris. Vos savait qu'il était en plein rêve, qu'il était au beau milieu de l'expérience.

Il marcha. Comme il s'y attendait, ses jambes étaient lourdes. Mais rien de plus normal. Rien qui n'alerta, n'alarma Vos.

Il espérait juste qu'il ne se réveille pas au moment de toucher son but. Au moment d'accéder à la porte dorée qui le mènerait à l'intérieur du récipient psychologique, dans lequel il pourrait observer ses souvenirs d'un œil neuf…repérer les vulnérabilités…

Quelles vulnérabilités ? Il n'y avait rien d'imparfait dans sa manière de faire…dans sa psychologie.

Alors pourquoi la structure du récipient psychologique était-elle plus faible que lorsqu'Elita-One en devenait le propriétaire ?

Comme il l'avait pu l'étudier…

Vos marcha. Il marcha sans savoir où aller.

Il se demanda s'il avait le contrôle sur son rêve…s'il pouvait faire apparaître cette porte dorée par la volonté de son processeur.

Mais il essaya. Cela ne fonctionna pas.

Il continua de marcher dans une direction inconnue.

Autour de lui, le silence. De temps à autre, des chuchotements…des éclats de voix, lui laissant entendre des phrases dont il se souvenait…

« On t'a aperçu suivre ces deux fembots ! Qu'est-ce que tu veux d'elles ? »

« Réponds, le maigrelet ! »

« C'est un plaisir de vous rencontrer, enquêteur. »

Vos se laissa porter par ses jambes.

Rien ne changeait dans son environnement.

« Cynicus…vous avez été condamné à mort au nom de la Charte de l'Etat de Varas. Vous êtes condamné à la fonte en public. »

« Quel est ton nom ? Ton vrai nom ? »

Sa première rencontre avec Megatron…

Vos persévéra.

« Quel est ton vrai nom ? Dis-le-moi… »

« Tu t'appelles Vos…ton nom sera Vos dorénavant. »

Cynicus…Vos…

« Tu n'es pas Vos. Tu ne seras jamais Vos. Tu n'es pas digne d'un tel titre. »

« Bon sang, parle-nous ! Apprends notre langue ! Ce n'est pas si compliqué, quand même ! »

Par contre, cela devenait…de plus en plus audible.

« Hé. Je m'appelle Tess. »

« Vos…ce n'est même pas ton vrai nom. C'est juste le nom d'une Cité fait pour te déposséder de ton identité. »

« On est ta famille…non ? »

« On n'aurait jamais dû te laisser seul à Carcer… »

« Tu me déçois tellement, Vos…Tu nous déçois tous tellement. »

« Encore une fois…tu es plein de surprises. »

Il comprit qu'il se rapprochait. Qu'il se rapprochait de ses souvenirs. Les voix devenaient de plus en plus fortes parce qu'il touchait au but.

Parce que ses souvenirs l'appelaient…parce que ses supposées vulnérabilités nécessitaient une étude approfondie.

Ses jambes devinrent presqu'insupportables à utiliser.

« C'est un plaisir de vous rencontrer, enquêteur. »

« Quel est ton vrai nom ? »

Une lumière…Une lumière jaune…qui éblouissait Vos au fur et à mesure qu'elle s'agrandissait…

« Quel est ton vrai nom ? »

Il arrivait à l'entrée du récipient psychologique.

La porte dorée…La voilà qu'il apparaissait.

Vos s'arrêta enfin de marcher.

Faites que je ne me réveille pas. Pas maintenant.

Il pensa qu'il devait trouver un moyen de rester en recharge pour éviter un tel risque…

Vos tendit le bras vers la porte.

Elle ne disparut pas. C'était comme si le récipient lui-même attendit qu'il entre.

Mais quand il essaya de l'ouvrir, un boîtier apparut, ancré sur la porte, attendant qu'il compose le code.

La configuration…La configuration pour pénétrer à l'intérieur.

Ceux dont avaient parlé les scientifiques et les mnémochirurgiens dans ses livres.

Vos se mit à réfléchir à toute vitesse, son processeur tournant à toute allure.

Il devait se souvenir…

Lentement, il tendit le bras et commença à entrer la configuration dont il se souvenait être la bonne.

Comme un mot de passe.

Parce qu'il fallait le voir de cette manière… Un antivirus scannant le processeur, la mémoire de l'individu, lui faisant état des vulnérabilités de son être, de sa psychologie, de son spark…même quand l'individu lui-même croyait se sentir parfaitement bien.

Et un mot de passe pour accéder à ces vulnérabilités…

Vos acheva la configuration. Il recula et attendit.

Il attendit.

Combien de temps ?

Le temps s'était figé ici. Dans cet espace. Dans cette gravité.

La porte dorée s'ouvrit.

Le subconscient se trouvait de l'autre côté de cette porte.

Vos n'avait plus qu'à effectuer les trois pas pour pénétrer à l'intérieur.

N'y vas pas.

Vos s'immobilisa.

Un sentiment qu'il avait cru avoir enfoui depuis si longtemps, dont il avait cru s'être débarrassé depuis son arrivée chez les Decepticons, à la DJD…

Qui ne l'avait pas repris depuis qu'il avait été condamné à la fonte en public.

N'y vas pas.

La peur.

Malgré lui, il avait peur. Peur de revivre des souvenirs quand bien même Vos ne se rappelait pas avoir vécu des souvenirs particulièrement insupportables et douloureux.

Même si cela était le cas, il avait su s'en détacher. S'en libérer.

Alors, pourquoi… ? Pourquoi avait-il peur de découvrir ce qui se cachait dans son subconscient ?

Il n'avait aucune vulnérabilité, n'est-ce pas ?

Il ne se sentait pas…imparfait.

Vos hésita. Il hésita entre s'arrêter ou continuer.

S'arrêter ou continuer…

Autour de lui, son environnement devenait de plus en plus obscur.

N'y vas pas.

« Quel est ton vrai nom ? »

Mon vrai nom…

Cynicus…Vos.

Non. Ce n'était pas la question.

Un pas…Deux pas…

Vos tendit les bras devant lui.

Trois pas.

Il fut de l'autre côté.

La porte dorée se referma derrière lui.


« D'où est-ce que cela sort ? »

Vos se retrouva à la forteresse. Au sommet, avec Elita-One.

Non…Avec Eupa.

Ils venaient d'entendre l'explosion. Eupa venait de dégainer son arme en même temps que Vos.

Elle l'invitait à le suivre à travers les ruelles.

« Allons-y. »

Discrètement, Vos ne put s'empêcher de l'observer.

Il se rappelait d'Eupa, de son apparence lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Au lieu d'être peinte de la couleur de l'energon, elle avait été rouge et blanche.

Rouge…et blanche.

Vos s'observa lui-même.

Son apparence n'avait pas changé. Il était toujours lui-même. Ou plutôt…il était celui tel qu'il était quand il était entré dans le récipient psychologique.

Le fusil-sniper de Megatron…

L'ennemi arrivait.

Cynicus et Eupa s'étaient placés dos à dos, prêts à affronter les ennemis qui les encerclaient.

Vos savait comment cela se finirait…Il abandonnerait Eupa. Il prendrait l'argent. Il serait par la suite impliqué et condamné pour trahison.

Les intrus de la forteresse surgirent devant eux.

Vos s'éleva. Il pointa son arme sur le plus proche.

Il se reçut un laser…

Et la douleur en fut insupportable. Il vacilla et manqua de tomber.

Il…ne l'envisageait pas. Il ne l'avait pas prévu…

Il ressentait la douleur…

Il avait mal…pourtant, dans un rêve, lorsqu'on ressentait la douleur, on se réveillait.

C'était le scénario le plus probable…Il ne pouvait pas mourir dans un rêve. Ni même être réellement blessé.

Mais il ne se réveillait pas.

Il évita un autre tir.

Pourtant…il ne s'agissait pas d'un rêve.

Il était dans sa tête…mais il ne s'agissait pas d'un rêve.

Vos manqua de recevoir un autre laser. Il finit par changer de stratégie et tira sur l'individu le plus proche de lui.

Eupa ne lui accordait aucune attention.

C'était comme s'il n'existait plus à ses optiques…

Un autre à la jambe.

Vos cria. Il s'effondra, plaçant sa main à l'endroit même où il avait reçu le tir du laser.

Il ne se réveillait toujours pas…

Il regarda partout autour de lui.

Il devait abandonner son but. Il devait retourner à Carcer. Maintenant. Il devait sortir.

La situation était trop grave…il s'agissait de l'un de ses souvenirs les plus dangereux à revivre.

Et il pouvait en être blessé.

Et le pire était que Vos n'avait aucun contrôle. Il ne pouvait même pas adapter son environnement selon sa volonté, selon ses besoins. Pas comme dans un rêve.

« Quel est ton vrai nom ? »

Malgré les tirs, malgré les cris, les détonations, il entendait cette voix…Cette voix, comme un appui.

Ses souvenirs l'appelaient.

Il devait sortir…et Vos comprit la manière dont il le pourrait.

Il devait chercher la porte dorée…une porte dorée…

Malgré la guerre, malgré la fusillade, Vos observa attentivement les alentours. Sur le toit de la forteresse, dans les ruelles, dans les immeubles l'entourant…

Un éclat doré…

Un autre sauta sur lui par-derrière, armé d'une épée.

S'il se prenait un coup mortel…Vos n'osait même pas imaginer ce qui se passerait.

Vos laissa tomber son arme et sauta sur l'individu, se jetant à plat ventre sur lui.

L'individu cria, se débattit, essaya de lui briser les câbles…

Vos porta la main à son visage pour le retirer.

« Wear my face. »

Quelque chose qu'il n'avait jamais utilisé dans ses souvenirs.

Il plaqua son visage sur celui de son agresseur. Ce dernier s'immobilisa dans un dernier souffle qui parvint à atteindre les audios de Vos.

Vos ne se redressa pas immédiatement. Au-dessus de sa tête, la bataille faisait rage. Dans ses souvenirs, il avait été plus performant et courageux.

Mais il connaissait cet endroit, il avait compris ce qui se passait…

Alors qu'ici…il ignorait ce qui l'attendait.

Il resta allongé sur le cadavre, récupérant discrètement son visage avant de le replacer sur le sien. A sa véritable place.

S'il l'oubliait…et qu'il revenait à la réalité sans…il n'avait aucune envie de devoir revenir pour le récupérer.

La porte dorée…

Un éclat doré…il devait le trouver.

Vos fit le mort. Mais du coin de l'œil, il regarda autour de lui.

« Quel est ton vrai nom ? »

Il finit par distinguer la porte dorée dans le recoin d'une ruelle, barrée par deux individus armés qui se tenaient devant, tirant à vue.

Eupa…Eupa se battait toujours. Elle était déjà venue en aide à son Second.

Normalement, Vos la trahissait à ce moment précis. Il recevait l'argent et on lui informait qu'il avait été impliqué dans l'explosion.

Vos n'avait pas envie de revoir cela. De revivre cela.

Et s'il tardait trop, peut-être que la porte dorée disparaîtrait…

Il ne connaissait pas encore bien le récipient. Il devait se préparer à toutes les éventualités.

Vos se prépara. Il demeura au sol, sur le cadavre en-dessous de lui.

Un…deux…trois…

Vos bondit et se rua en avant, courant à toute vitesse vers la porte dorée.

Tant bien que mal, il esquiva les tirs autour de lui, se couvrant le casque au cas où il recevrait un tir perdu.

Les gardes l'aperçurent. Ils pointèrent leurs armes sur lui, prêt à l'allumer.

Vos sauta en l'air et se transforma.

Son mode fusil se braqua sur eux.

Les tirs respectifs de chaque arme partirent en même temps, se visant l'un l'autre.

Vos avait esquivé de justesse le premier tir, mais pas le second qui le projeta en arrière, le forçant à se retransformer. La douleur fut tellement vive qu'il eut du mal à se relever pour continuer sa course.

Il avait été tiré dans le bas-ventre…

Heureusement que le nucléaire que la DJD avait décuplé sa force et l'avait rendu bien plus résistant qu'autrefois.

Vos étouffa sa douleur. Il se remit à courir.

Il avait tué l'un des gardiens. L'autre était encore debout.

Vos bondit sur lui avant qu'il ne puisse recharger son arme. Il lui administra un coup de coude derrière le casque avant de l'agripper par la taille pour l'attirer contre lui.

D'un geste sec, il lui brisa la nuque.

La porte dorée…n'avait pas encore disparu. Mais son éclat diminuait.

Ce n'était pas du tout bon signe. Vos se dépêcha de l'atteindre.

Un autre tir frôla son épaule. Le boîtier l'invitant à entrer le code apparut à nouveau.

Pendant un instant, une pensée sombre frappa Vos. Et si la configuration ne marchait qu'une fois ?

S'il ne pouvait pas sortir…comment pourrait-il se réveiller ?

Les bruits s'intensifièrent derrière lui.

Autant essayer.

Vos entra la configuration. La même qu'à son arrivée.

Ouvre-toi.

Il attendit, appréhendant.

Ouvre-toi.

Les secondes durant lesquelles la porte demeura close lui parurent durer une éternité.

Vos crut être piégé pour de bon dans cette réalité, dans ses propres souvenirs, dans sa propre tête…

Jusqu'à ce que la porte s'ouvre. Vos ne s'attarda pas à pousser un soupir de soulagement et se précipita dedans.

Peu importe ce qui l'attendait de l'autre côté.


Il crut voir l'éclat d'un espace vide...blanc et gris...le même qu'à son entrée dans le récipient, avant d'accéder à la première porte dorée...

Tout tourna autour de lui...il eut l'impression de tomber...

Mais cela ne dura pas.

Il se réveilla en sursaut. La terreur n'avait pas disparu et Vos se redressa d'un bond sur son lit, poussant de longues inspirations durant plusieurs minutes.

Une nausée le prit et Vos réalisa qu'il ne pouvait même pas vomir. Même pas pour se soulager. Il dût se rallonger, attendre que cela passe.

Cela ne passa pas. Le mur du plafond de sa chambre rencontra ses optiques et Vos ne put même pas se sentir ravi d'être retourné à la réalité, même s'il était à Carcer.

La douleur physique ne s'était pas atténuée non plus. Non. Loin de là. Peut-être avait-il moins mal que durant son souvenir, mais elle était toujours présente.

Lorsque sa respiration devint normale, Vos se risqua à jeter un coup d'œil aux endroits auxquels il avait été touché par les tirs.

Des cicatrices…

Il ne les avait pas auparavant. Pas avant d'entrer dans le récipient. Pas avant d'entrer dans sa tête.

Ou du moins, il ne se rappelait pas…

« Quel est ton vrai nom ? »

Presque comme un automatisme, il pensa répondre « Cynicus. »

Mais ce n'était pas son vrai nom…Il le savait.

Son vrai nom…quel était-il déjà ?

On l'appelait…Cynicus.

Non. Pas Cynicus.

Vos…se souvint-il. Il s'appelait Vos.

Pourquoi l'avait-il oublié ? Même l'espace d'un instant ?

Ce n'était pas normal…et il était sûr de ne pas avoir utilisé son visage sur un ennemi durant l'embuscade à la forteresse.

Alors, pourquoi s'en souvenait-il ?

Pourquoi était-ce si confus ?

Vos cligna des optiques. Il œuvra pour se remettre debout, encore tremblant par les évènements qu'il venait de subir.

Il avait vécu pire…Mais il se sentait affreusement mal.

Il jeta un coup d'œil au récipient psychologique.

Il était dangereux…

Il était dangereux car si on revivait ses souvenirs, on était susceptible de ne pas leur rester fidèles.

Et la personne…pourrait risquer d'avoir sa mémoire altérée.

Comme cela s'était passé pour Vos.

Et encore…si la personne ne mourrait pas dans sa propre tête. Car il pouvait être réellement blessé, détruit en revivant ces souvenirs…

Etait-ce dans ce souvenir précis que le récipient avait décelé une vulnérabilité ?

Vos croisa les bras, pensif. Ce récipient psychologique…une invention de génie de la part de son créateur. S'il pouvait trouver le nom du mnémochirurgien qui en était responsable…

C'était dangereux, risqué…

Mais qu'est-ce que cela pouvait être utile.

Mais encore fallait-il que la personne ne se réveille pas avant d'y être entrée…Une fois entrée à l'intérieur, il n'y avait que par la porte dorée qu'elle pouvait en sortir.

Vos se mit à réfléchir.

Et cette fois-ci, il veilla à ne pas tomber en recharge. Il veilla à ne pas se retrouver pris à son propre piège.


Quand il entendit les tirs, Vos crut qu'il avait replongé dans ses souvenirs.

Il crut être de retour à Varas, à la forteresse…

Mais non. Il était bel et bien dans la réalité.

Il était encore à Carcer. Mais les tirs…les tirs étaient réels.

Cela provenait de l'extérieur.

On attaquait.

Vos eut comme premier réflexe de cacher le récipient psychologique afin qu'on ne le trouve pas.

Il le planqua sous son lit. Ce n'était pas la meilleure cachette mais…il reviendrait le chercher. Il savait qu'il reviendrait le récupérer.

Puis, il quitta sa chambre pour se rendre au lieu même d'où provenait la source du combat qui s'était amorcé.

Mais il n'eut pas le temps de l'atteindre. Elita-One vint à sa rencontre. Elle portait une arme dans ses bras…

Un fusil.

« Tes anciens camarades ont mis leur menace à exécution. Il va falloir se battre pour Carcer. »

Vos la regarda.

Comme à l'époque.

« D'où est-ce que cela sort ? » lui demanda-t-elle, inquiète, lui désignant d'un signe de tête les cicatrices qui recouvraient son corps, en particulier celle liée au tir qu'il avait reçu dans le bas-ventre.

D'où est-ce que cela sort ?

Vos garda le silence. Il se contenta de recevoir le fusil qu'elle lui tendait alors qu'Elita-One avait dégainé un laser-gun.

« Allons-y. »

Vos la suivit.

Comme à l'époque, Vos la suivit.

Il défendrait Carcer comme il avait défendu Varas.

Rouge et blanc…

Les problèmes venaient en rouge et blanc.

Mais à présent, Elita-One portait la couleur rose. La couleur de l'energon.

Il n'y avait plus de problème…lié au rouge et blanc d'autrefois. Mais Vos ne put s'empêcher de penser que ce mélange de couleurs lui allait mieux que maintenant.

Ce mélange de couleurs appartenait à Eupa. Pas à Elita-One.

Vos couvrit Elita-One, prêt à tirer sur n'importe quelle menace qui apparaîtrait devant eux.


Elita-One l'avait conduit à la salle de contrôle. A l'intérieur, Obsidian avait ordonné à leurs hommes de déployer les canons pour les pointer en direction du Peaceful Tyranny.

Par le biais des caméras de surveillance, ils purent observer ce qui se produisait à l'extérieur.

La Decepticon Justice Division avait quitté leur vaisseau. Ils attaquaient Carcer, comme promis.

Vos put voir Kaon, Helex, Tesarus et Tarn lutter chacun de leurs côtés contre les hommes d'Elita-One qui chargeaient. Ils les empêchaient d'entrer à l'intérieur de Carcer pour anéantir le vaisseau.

« Ils n'auront aucune chance face au Titan », grinça Obsidian.

Elita-One plissa les optiques, furieuse par la scène qui se présentait à eux.

- Carcer ne se transformera pas.

- Je le sais, Commandant ! Mais nous devons faire quelque chose ! Et très vite ! Nous avons l'avantage en nombre mais rien n'arrêtera la DJD.

Celle qui avait été choisie chargea son laser-gun.

- Je conduirai l'assaut !

- Elita-One ! Vous êtes la Première du Vaisseau ! Sans vous, la colonie n'aura aucune chance de mener à bien notre cause !

Mais Elita-One ne l'écoutait pas.

- J'ai dit que je conduirai l'assaut, articula-t-elle d'une voix sans appel. Je n'ai pas œuvré pour voir Carcer tomber aux mains de cette bande de fanatiques. Je conduirai l'assaut et je protégerai Carcer.

Vos sentit une légère chaleur envahir son spark.

Elita-One…il devait lui reconnaître qu'elle ne manquait pas de courage.

- Cynicus…reste avec moi.

Vos acquiesça.

Il chargea son arme à son tour et suivit Elita-One à travers le couloir, prêt à ouvrir le feu sur ses camarades.


Ils s'étaient rendus au dernier étage de Carcer.

Vos et Elita-One, ainsi que quelques hommes, s'étaient placés au sommet du vaisseau-prison. De cet angle, les membres de la DJD ne pourraient pas les atteindre à moins d'avoir beaucoup de chance. Le plan d'Elita-One était simple. Il s'agissait de les cibler. S'ils pouvaient les tuer ou du moins, les endommager sévèrement, cela laisserait le champ libre aux hommes d'Elita-One pour pouvoir les achever.

« Ils ne sont pas invincibles », grinça Elita-One, ayant troqué son laser-gun contre un fusil.

Vos l'imita, pointant son arme sur Helex qui avaient déjà agrippés deux soldats pour les placer dans son four.

Il visa, calculant avec précision les dommages qu'il causerait au robot aux quatre bras…

Il tira.

Son intervention parvint à épargner l'un des prisonniers, Helex reculant et levant la tête, furieux de voir son ancien camarade prendre les armes contre eux.

« Sale traître ! » hurla le robot aux quatre bras.

Elita-One esquissa un sourire.

« Bien joué, Cynicus », le complimenta-t-elle alors qu'elle rechargeait son arme.

Elle avait pointé son fusil directement sur Tarn. Il comprit son intention. Elle voulait mettre leur leader hors d'état de nuire pour que la DJD tombe.

Elle le visa. Son tir n'atteignit pas Tarn qui riposta par un tir de canon qui passa à quelques centimètres de la tête d'Elita-One.

Sa portée était puissante, mais pas suffisamment précise pour les atteindre.

Contrairement à lui.

Et Elita-One parut réaliser la même chose.

« …Comme à l'époque. »

Comme à l'époque.

Vos s'exécuta et se transforma.

Elita-One saisit le fusil-sniper et sans hésiter plus longtemps, elle le braqua sur Tarn.

« Carcer ne tombera pas entre leurs mains ! »

Elle visait directement le spark.

Vos attendit le signal.

« Maintenant ! »

Vos tira.

Mais le tir tomba à côté de Tarn. Ce dernier s'était écarté de justesse, fusillant du regard Elita-One et Vos qui se tenaient toujours en hauteur.

Elita-One grogna.

« Raté. »

De loin, ils virent Tarn faire de grands gestes à Kaon et Tesarus, pointant Carcer du bout du doigt comme pour leur donner l'ordre d'entrer.

Elita-One plissa les optiques.

« Il faut qu'on descende. Ils ne tiendront pas si on n'intervient pas. »

Vos hocha la tête.

Ils devaient descendre…

« Je sais que tu te débrouilles au corps-à-corps… » fit Elita-One alors qu'elle se relevait, sommant ses hommes de la suivre.

Et ses hommes seraient davantage motivés par la présence de leur Commandant contre la DJD.

Le groupe, mené par Elita-One, descendait les escaliers quatre à quatre. En bas, les hurlements se faisaient entendre.

Au fur et à mesure, ils se rapprochaient de l'objectif…

Vos garda son arme dans les mains tandis qu'il accélérait.

Encore une fois, il couvrait Elita-One…Mais pas cette fois.

Cette fois, il fallait qu'il soit en première ligne.

Ainsi, dès l'instant où les autres hommes du groupe furent hors de vue, Vos changea de direction et se rendit à son étage.

« Cynicus ! »

Elita-One l'appela. Vos se retourna. D'un accent horrible, il lui informa :

« …Kaon. Tesarus. »

Elita-One grogna.

« Ils sont déjà entrés ? »

Vos hocha la tête.

Elita-One serra la mâchoire. Elle jeta un œil à l'escalier, puis à Vos. Elle était tiraillée entre rejoindre ses hommes en bas ou suivre Vos pour mettre Kaon et Tesarus à terre.

Le plus urgent eut force de loi. Elle suivit Vos.

« Tu ne t'en sortiras pas seul ! »

Vos ne réagit pas et accéléra le pas, mettant de la distance entre lui et Elita-One, son canon en avant.

« Cynicus ! Attends-moi ! »

Vos ralentit le rythme.

Il s'arrêta légèrement et lui pointa la direction du couloir. Il lui indiqua qu'ils devaient tourner à droite et ils tomberaient sur Tesarus et Kaon.

Elita-One fronça les sourcils. Et son visage se décomposa quand Vos lui fit comprendre par des gestes qu'il attaquerait le premier.

« Non…c'est une mauvaise idée. Cynicus…Ne va pas te sacrifier inutilement. »

Vos demeura muet.

Il lui adressa un signe de tête en guise de réponse. Il s'agissait du seul moyen.

« Cynicus…Je suis le Commandant de Carcer. Je t'ordonne de m'obéir. »

Vos se détourna d'elle.

Ils n'avaient pas de temps à perdre.

Vos effectua un pas…deux pas…trois pas.

« Cynicus ! »

Il se mit à courir.

Comme à l'époque…

Elita-One lui criait après, s'élançant à sa poursuite.

Vos fut plus rapide…

Il traversa le couloir et disparut derrière l'angle qui menait à la direction où il rencontrerait Kaon et Tesarus.

« Cynicus ! »

Elita-One fut plus proche qu'il ne l'avait prévu.

Vos attendit. Il attendit.

Encore et encore…

Son spark accélérait au fur et à mesure. Mais il prit une longue inspiration.

Il devait rester calme.

Il se mit en position défensive, son fusil en avant…

Il attendit.

Encore…encore…

Elita-One apparut enfin, prête à combattre.

« Cynicus ! »

Vos se retourna d'un bloc vers elle.

Puis, il leva son arme et frappa Elita-One en plein visage. Le choc la désarma et elle tomba à la renverse.


Cela aurait pu être plus facile…

Il aurait dû ne pas mettre autant de temps…Mais s'il avait précipité les choses, la confiance d'Elita-One n'aurait pu être regagnée.

Comme à l'époque.

Elita-One fut étourdie, mais elle était encore consciente. Elle ne s'était pas rendue compte qu'ils étaient parvenus à l'étage de leurs quartiers. Vos la souleva en plaçant ses bras sous les aisselles, la tirant en arrière pour la mener vers ses propres quartiers.

Puis, une fois qu'ils furent à l'intérieur, Vos verrouilla la porte. Il se tourna vers Elita-One dont les lèvres s'ouvraient et se refermaient.

« …Cynicus… »

Vos garda un optique sur elle pour la surveiller.

Il porta la main à son oreillette pour activer la communication.

En Ancien Cybertronien, Vos indiqua à Tarn de cesser d'attaquer. Elita-One était emprisonnée avec lui.

Il n'y avait plus qu'à mener la suite de leur plan.

- Tu n'as pas eu de difficultés à l'enfermer ?

Vos lui déclara qu'à part les hommes qui entouraient Elita-One, non. A l'autre bout du fil, Vos devina un sourire ravi derrière le masque de Tarn.

- Donc…tu vas lui soutirer les informations ?

Vos acquiesça.

- Parfait. Laisse-nous te couvrir, Vos. Attention, je vais activer ma faculté.

Le scientifique le laissa prendre les rennes.

Il entendit son leader ordonner à leurs camarades de baisser les armes.

The Empyrean Suite s'éleva.

Le thème de la DJD. Le thème de Vos. Son thème.

Vos désactiva ses audios.

Tarn annonça aux robots de Carcer qu'une bombe était à l'intérieur du vaisseau-prison. Et que s'ils tentaient quoi que ce soit, non seulement leur Commandante serait mise à mort, mais Carcer ne serait plus qu'un tas de cendres…

A moins qu'ils ne leur obéissent et qu'ils ne tentent rien.

Obsidian protesta.

Tarn le paralysa.

Vos se tourna vers Elita-One. Si ses hommes étaient intelligents, ils obéiraient.

« …Si vous activez la bombe…Carcer risque de réagir et de se transformer…vous nous mettrez tous en danger… »

Tiens donc.

Il savait bien qu'il ne s'agissait pas de Tempo, le Titan qu'ils contrôlaient.

Elita-One paraissait si faible…L'incrédulité fut remplacée par la fureur et la répulsion qui ancrèrent ses optiques.

« Je t'ai donné…une chance de te racheter. »

Vos haussa les épaules.

Mine de rien, elle l'avait cherché. A force de tirer sur la corde, de lui octroyer une confiance qu'il ne méritait pas…elle avait provoqué son destin.

Tarn avait raison. Elle n'était pas aussi intelligente qu'elle ne le croyait. Autrement, elle aurait compris que Vos serait toujours Vos.

Ce n'était pas Cynicus ou un autre nom.

Juste Vos. Rien de plus.

Et cela lui était plus que convenable.

Pour la première fois, Vos s'exprima en Cybertronien moderne. Il cita une phrase qui était composée par plus que trois mots.

« …Le temps est très beau aujourd'hui », railla-t-il, moqueur.

Il reprit son fusil.

Il ne laissa pas Elita-One se relever.

Il était temps d'obtenir ces informations une bonne fois pour toute et de rentrer à la maison.

Vos lui asséna un coup en plein visage qui l'assomma pour de bon.